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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 14:53
En 1979 Lula avait visité Paris pour la première fois. Je l'avais rencontré et il avait  accepté de venir au siège du PS, rue Solférino. C'était alors, avant tout, un leader syndicaliste. Il n'était d'ailleurs pas venu seul; une délégation de responsables syndicaux "paulistas", du quartier Saõ Bernardo de Saint Paul, l'accompagnaient. Ils avaient longuement conversé avec le Secrétaire aux Relations internationales, Lionel Jospin. Cette entrevue n'était pas improvisée: elle était le résultat d'un long travail de contacts préliminaires, d'une recherche de partenariat avec les forces de gauche les plus représentatives du plus grand pays du sud continent.
Le Brésil était alors, depuis quinze ans, contrôlé par les forces armées. Dictature atténuée, mais dictature mise en place, le 31 mars 1964, avec la bénédiction active de la Maison Blanche et de son Département d'Etat, en amont (et en exemple) de toutes celles qui allaient suivre, en Uruguay, au Chili et en Argentine (le Paraguay était "tombé" dans les années 50), et que l'on justifiera comme indispensables à la Sécurité occidentale. Nixon avait déjà dit: "là où ira le Brésil, ira l'Amérique latine".
C'est dans un tel contexte que le PS multipliait les prises de contact. Ils étaient établis depuis longtemps avec des personnalités vivant, ou ayant vécu, en exil en Europe. Fernando Henrique Cardoso était de ceux-là qui deviendra bientôt Sénateur du MDB (seul parti d'opposition autorisé), avant de fonder, après le retour à la démocratie, le PSDB (et de devenir, pendant deux mandats, Président de son pays). Mais il y avait aussi Leonel Brizola, le "gaucho"(originaire de Rio Grande do sul), dirigeant charismatique du parti fondé par Getulio Vargas, le Parti travailliste.
Lula venait d'un autre univers. Celui des ouvriers de la grande industrie, souvent liés à la gauche chrétienne et fidèles à leurs favelas du Nord Est d'où ils provenaient le plus souvent.
Le PS tenait beaucoup à ce nouveau front relationnel. Finalement c'était la classe ouvrière que nous connaissions le moins dans ces contrées lointaines.
Le Premier secrétaire du PS avait payé de sa personne en rendant visite à de nombreux pays latino-américains. Hélas, le Cône sud était sous la botte des militaires. Faute de pouvoir librement les visiter lui-même, il avait chargé Jospin et son équipe de suivre de près les dossiers les concernant.
Il fallait se préparer au pouvoir sur ce terrain aussi.

Le PS ne se contentait pas des apparences médiatiques dans ses relations avec la gauche des pays en développement. Au coeur de la lutte pour la démocratie et la justice, le Parti tissait systématiquement un réseau solide d'amitiés sur le plan personnel et organisationnel. Le but n'était pas d'être photographié en boubou, avec un poncho ou un burnous au milieu des assistants à une conférence internationale exotique, mais d'accumuler et de disséquer des dossiers sur le fond des affaires concernant les pays en développement et, souvent, vivant sous un régime non constitutionnel.
La vigilance des socialistes français devait, en dépit des difficultés liées à la nature du régime, être particulièrement en éveil  pour tout ce qui touchait une puissance comme le Brésil.

Antoine Blanca
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 10:59
Le Brésil est unique. Avec le reste de l'Amérique du sud, il a surtout en commun sa situation géographique. La langue est différente, tout comme son histoire moderne (celle de son indépendance) et son immensité. Sa singularité concerne aussi sa vie politique. Les Brésiliens ont des convictions, mais ils sont rarement bigots. Les pays de langue espagnole, du Rio Grande à la Terre de Feu, ont été marqué dans les premières décennies de leur indépendance, par la guerre idéologique opposant Libéraux et Conservateurs. Dans un pays comme la Colombie elle s'est souvent transformée en vrais conflits armés, sanglants et prolongés.
Dans des périodes plus récentes, des partis de masse sont apparus qui ont entraîné une adhésion quasi-religieuse de centaines de milliers d'adeptes, au Mexique, avec l'officieux PRI, au Venezuela avec "adecos" et "copeyanos", en Argentine avec l'UCR et les péronistes, au Pérou avec l'APRA...Au Brésil, une république fédérale ou chacun de ses Etats membres tient à sa proppre culture et à ses propres traditions, de tels enracinements à l'échelle nationale sont plus rares, même si le communisme a eu ses héros légendaires et d'immenses personnalités du monde culturel.
A part la dictature, au populisme ambigu, de Getulio Vargas avec son travaillisme, le petit peuple ne s'est pas manfesté , temporaiement, de manière organisée.
Aussi la constitution, puis l'organisation à travers tout le pays, du Parti des travailleurs, PT, à partir du syndicalisme ouvrier des métallurgistes de Saõ Paulo, était-elle inattendue. Le PT a pu s'implanter partout parce que, si ses premiers militants étaient "paulistas", leurs familles étaient originaires d'autres régions moins industrialisées, venaient  même souvent, comme Luiz Inacio "Lula" da Silva, du misérable Nord-Est.
Presque tous les pionniers du PT avaient fait leurs premières armes comme militants de la gauche catholique, sous l'égide de prêtres ouvriers, alors que le militaires étaient au pouvoir depuis le 31 mars 1964.
Avaient-ils songé à la possibilité de se transformer en parti de gouvernement? En tout cas Lula s'est avéré être, sans renoncer à ses convictions profondes, un homme politique habile qui a su tisser les alliances indispensables, même si elles ont été parfois surprenantes, pour faire du PT un solide et indispensable maillon de la démocratie brésilienne.

Antoine Blanca
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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 10:31
La popularité dont jouit le Président brésilien ne garantit nullement qu'elle se reportera de manière automatique sur le candidat ou la candidate qu'il soutiendra lors des prochaines élections. Son parti, le Parti des travailleurs, a pourtant fait son choix: ce sera Dilma Rousseff, bras droit du Chef de l'Etat. Elle dirige l'ambitieux "Programme de croissance économique" qui est en train de faire passer le Brésil  du statut de puissance régionale, à celui de puissance mondiale. Dilma est admirée pour son extraordinaire puissance de travail, sa réelle compétence et son intégrité. Lula et son parti la soutiennent sans aucune restriction.
Mais voilà que la future candidate a révélé qu'elle a un cancer et qu'on lui a extirpé une tumeur du système lymphatique. Elle doit maintenant se soumettre à une série de séances de chimiothérapie.
Du coup le monde des médias et celui de la politique bruissent de rumeurs. Et chacun va de son hypothèse. Par exemple, se demandent certains, est-ce que Lula da Silva ne va pas tenter de faire modifier la Constitution afin d'être autorisé à se présenter pour un troisième mandat. Cette question est très "tendance" dans la région (Colombie, Venezuela, Equateur, Bolivie).
Pour ma part j'ai la conviction que le leader brésilien ne changera pas son fusil d'épaule. Pas de troisième élection consécutive. En revanche il est vraisemblable qu'il retournera devant les électeurs en 2015...Dans le respect de la loi constitutionnelle en vigueur.
Mais, heureusement pour le débat démocratique, d'autres partis sont en situation de faire élire leur candidat. En premier lieu le Parti socialiste démocratique brésilien, le PSDB de Fernando Henrique Cardoso (ce dernier, un éminent universitaire francophone et francophile, a exercé la présidence du pays pendant huit ans). Ce sera ou le maire de Saõ Paulo, José Serra, ou le gouverneur du riche Etat de Minas Gerais, Aécio Neves.
Plus à gauche, une personnalité socialiste jouit d'une réelle popularité et pourrait venir troubler la fête des favoris: Ciro Gomes.

Je vais continuer à parler du Brésil dans mes prochains papiers.

Antoine Blanca
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 17:49
Quand les journalistes veulent faire une place à l'opposition tout en rendant service au gouvernement, ils invitent Jack Lang ou Manuel Valls à participer à leurs émissions.
Jack y fait son numéro habituel:
"je suis contre le gouvernement à 90 %. Mais je ne peux tout de même pas aller contre mes convictions profondes en ce qui concerne, par exemple, des dispositions constitutionnelles renforçant le pouvoir du Parlement ou sécurisant les droits des créateurs mis en danger par internet. Je ne saurais voter contre ce que je crois, en mon âme et conscience".
Chacun est prié de s'émouvoir devant un tel étalage de sincérité.
Manuel Valls danse une toute autre sardane, mais sur le même régistre consensuel avec la droite. Il dit à ses encore camarades:
"Ne faisons pas de l'anti-sarkozysme obsessionnel. Certes, il faut bien, en démocratie, une droite et une gauche. Je suis de gauche. Mais d'une gauche qui doit tenir compte des impératifs sécuritaires et de la nécessité de préserver la libre entreprise. C'est cela la social-démocratie à laquelle j'adhére".
Djack et Manolet (diminutif de Manuel en catalan) sont des socialistes à temps partiel. Il jugent ne pas avoir encore intérêt à faire le grand saut. Rester membres du PS est leur seule sauvegarde politique. Mais ils se gardent, avant tout, de mécontenter le pouvoir.
L'un a trouvé refuge chez les marins pêcheurs du Pas-de-Calais, grâce aux socialistes de ce département ouvrier, après avoir été chassé par les électeurs de Blois: le Parti l'a hissé sur sa barque après qu'il ait perdu le château.
L'autre ne doit ses mandats qu'au dévouement de deux ou trois générations de militants qui ont planté le drapeau à la rose au poing sur un département récemment venu au monde. Il n'attaque jamais la droite de front, mais fait ami-ami avec Sarko dans les avions vers Marrakech ( souvenirs de copinages d'hémicycle, sans doute), flirte publiquement avec Alain Bauer, conseiller officieux de l'Elysée, cet ancien Grand Maître du Grand Orient qui s'était empressé d'écrire un brûlôt anti-maçonnique dès qu'il eut quitté son bureau de la rue Cadet, chante les louanges de la politique sécuritaire du pouvoir.
Le PS ferme les yeux sur de tels agissements, estimant sans doute que sévir contre ces indisciplines inavouées pourrait nuire à son image de tolérance.
Une erreur.
Faisons leur avaler leur arrogance misérable de demi-mondains de la politique en exigeant d'eux un comportement public en conformité avec les orientations démocratiquement décidées par les militants.
Pour le moment, c'est encore eux qui auraient à perdre en notoriété et en crédibilité s'ils venaient, enfin, à être mis au pied du mur.
Antoine Blanca
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 17:35
Ricardo Martorelli est le roi du super-marché. Un milliardaire qui veut, depuis quelques années, s'investir dans la politique. Lors de la dernière présidentielle, il n'avait pas atteint le  seuil de 5% des voix. Cette fois il a employé les grands moyens: l'homme des grandes surfaces à l'échelle de la région a visé l'électorat des pauvres, ceux que Marx appelait le lumpen. Autrement dit la grande majorité des panaméens. Il ne s'est pas embarrassé de principes éthiques et a visé le ventre et la soif de consommation qui habite la  masse de ceux qui se sentent marginalisés.
Avec la crédibilité que lui confère son statut de grand commerçant, il a proposé, par exemple, de baisser les prix des produits de première nécessité. Cette fois il a obtenu près de 60% des voix.
La Constitution n'autorisait pas le sortant à se représenter. Il pouvait pourtant se prévaloir d'un extraordinaire bilan. Le pays a modernisé ses infrastructures (et en premier lieu le Canal qui est le poumon économique et stratégique d'un pays à cheval sur l'Amérique centrale et l'Amérique du sud), consolidé son indépendance et donné un nouveau souffle à ses universités. Martin Torrijos, le fils du général progressiste qui avait rendu le canal à son peuple, demeure lui-même très populaire. Sa réelection aurait été une formalité.
Mais de toute évidence son parti, le Parti révolutionnaire démocratique qu'avait fondé Omar, son père, ne bénéficie pas  suffisamment du rayonnement et du charisme de Martin.
La République de Panama va donc être gouvernée par un propriétaire de chaînes de supermarchés, un milliardaire maladivement démagogique qui n'a d'autre principe que de ne pas en avoir.
C'est d'autant plus inquiétant que tout le monde paraît s'accorder à dire que c'est la volonté de présenter un programme sérieux, réalisable, structuré, qui a perdu le PRD (membre de l'Internationale socialiste). Un parti pourtant fort, officiellement, de 700000 adhérents dans un pays qui ne compte que 2,5 millions d'électeurs! Selon les meilleurs observateurs de la presse latino-américaine, c'est la crainte de se voir taxer de proximité avec Chavez qui a retenu la main des cadres du PRD. "Pas de démagogie, surtout !"
Les pauvres attendaient autre chose, des mesures plus immédiates.
C'est ce qu'a compris le Berlusconi des tropiques.
La technocratie, cette fois, était à gauche avec ses projets à moyen  et long terme.
Chavez sait, lui, parler au petites gens.
Il appartient désormais au PRD de tirer les leçons d'un échec qui peut être limité si l'on prépare bien les échéances à venir.
Antoine Blanca
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:12
Le récent sommet inter-américain de Trinidad a permis à Obama d'envoyer quelques signaux forts à ses partenaires de la région. Sans annoncer, pour autant un projet cohérent s'inscrivant dans la durée. Si ses quelques annonces n'ont pas surpris, son nouveau style relationnel et les messages envoyés aux cubains (gouvernement et émigrés confondus) ont suffi à faire soufflerdes vents nouveaux. Il était temps: depuis les événements du 11 septembre 2001 on avait le sentiment que le dossier "amériques" était rangé dans les fonds de titoir, tant au Département d'Etat qu'à la Maison Blanche.
Tant que les républicains étaient au pouvoir, je m'en réjouissais: moins ils s'occupaient des latinos, mieux ces derniers se portaient. Nous ne sommes heureusement plus dans ce cas de figure.  L'heure est venue pour que le Président des Etats-Unis, et l'Europe avec lui, configurent un projet nouveau avec un monde qui leur est humainement, culturellement et politiquement très proche.
En ces temps de crise ce projet devrait être, s'il est convenablement adapté, et par conséquent bien reçu, bénéfique à toutes les parties en cause.
La seule administration démocrate américaine qui avait conçu, et commencé à réaliser, un plan ambitieux et s'incrivant dans le long terme, était celle de John F. Kennedy. "L'Alliance pour le Progrès", en pleine guerre froide et alors qu'une partie significative de la jeunesse du Continent regardait Fidel avec sympathie, voulait créer les conditions de l'épanouissement économique et culturel en s'appuyant politiquement sur les forces démocratiques et sociales des pays considérés, avec la participation du système des Nations Unis (PNUD, CEPAL, UNICEF, FAO...) et de l'OEA que Washington serrait de près.
Ce programme de longue haleine commençait d'être appliqué quand Kennedy fut opportunément assassiné.
Johnson enterra rapidement, avec un minimum de discrétion, ces programmes qui ne pouvaient réussir que sur la durée. Le politicard et sulfureux texan reprit aussitôt la politique du gros bâton. Saint Domingue et surtout Brasilia ouvrirent la voie du nouveau cours qui allait mettre la bride sur le coup aux militaires dans tout le Cône sud et aux assassins fascisants dans toute l'Amérique centrale.
Carter n'eut pas la possibilité matérielle de redresser le cours des choses (il signa avec Torrijos un traité historique qui libérait le Canal de Panama, et donna des signes de compréhension aux sandinistes qui allaient abattre la tyrannie des Somoza), et Clinton aida à la consolidation de démocraties renaissantes sans s'illustrer, pour autant, dans la politique latino-américaine qu'il se contenta de gérer.
Avant lui, il y avait eu le désastre de huit années de Reagan, suivies  de quatre années de Bush senior. Difficile de réparer le dégâts.
L'avantage pour Obama est que Bush junior a ignoré le sud du continent, sauf quand la politique intérieure et électorale était en jeu (immigration, drogue, minorités cubaines de Floride).
Le nouveau Président a un boulevard ouvert devant lui pour mettre en oeuvre un nouveau type de relation. Il vient de commencer. à travailler. On comprend son souci d'avancer avec précaution, d'éviter de s'aliéner le Congrès dans sa politique de réformes. Mais on attend aussi, de sa part, une bonne dose d'audace.
Antoine Blanca
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 14:15
Les événements de mai 68 n'avaient été ni prévus ni, évidemment, programmés. Les seules organisations qui auraient, à cette époque, pu envisager de déclencher, en le contrôlant, un mouvement de masse susceptible de mettre en péril la société capitaliste étaient alors la CGT et le PCF. La première obéissait aux consignes du PC, lequel était aux ordres de l'Union soviétique. Or Moscou s'accommodait très bien du gaullisme et ne souhaitait encourager aucune "aventure" en France.
Je comprends bien les raisons des jeunes vieillards qui se  remémorent avec nostalgie cette grande fête, ses slogans et ses affiches créatives, les ébats amoureux et les débats philosophiques dont elle favorisait l'épanouissement. Mais politiquement, au bout du compte, quel fut le résultat?
Treize ans ininterrompus de pouvoir absolu de la droite. Avec Pomidou et Giscard succédant à onze années de gaullisme arrogant.
Pour ma part, avec tous les socialistes de la FGDS, j'avais tenté de participer à l'organisation d'une reprise en main. Mais le mouvement nous échappait dramatiquement. Il était évident que nous glissions inéluctablement vers le précipice et que nous ne pouvions nous accrocher à rien. Même la magie du verbe de François Mitterrand, qui tenta son va-tout dans sa conférence de presse de l'Hôtel Continental, ne nous permit pas de nous accrocher aux wagons soixante huitards. En  vérité, sorti du néant, le convoi ne pouvait aller que vers le néant . Où nous allions tous nous enfoncer pour très longtemps, avec lui.
Aujourd'hui seule la droite peut avoir intérêt à un grand éclat de ce type. Mais cette droite sait qu'elle jouerait alors non seulement avec le feu, mais avec un incendie.
Quant à la gauche, elle doit penser élections et marteler un programme de véritable changement.
Comme le PC n'est plus que ce qu'il est ; que la CGT cherche à gérer, conflit après conflit, son influence; que l'extrême gauche se limite, avec un certain succès de circonstance, à tabler sur la bonne mine du facteur de Neuilly, il n'y a que le PS pour préparer l'avenir. Bayrou peut avoir des voix à titre personnel, mais il n'a ni parti, ni élus.
Nous, socialistes,  avons une incroyable implantation dans les régions, les départements et les communes. Comme nous sommes la seule force d'opposition parlementaire digne de ce nom.
D'où la responsabilité qui est, collectivementl, la nôtre: ne nous cachons pas cette évidence derrière les vastes plis d'un boubou où les mascarades télévisuelles des plus médiatiques des camarades qui dosent leur adhésion en fonction des événements.
La rue ne peut être que l'une, parmi d'autres, de nos armes. Notre programme et notre capacité à le communiquer aux citoyens en est la principale.
Antoine Blanca

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 14:37
Avant la première élection de Rafael Correa la communauté internationale  désespérait de voir un jour ce pays latino-américain, admiré pour la qualité de ses fleurs, la splendeur et la diversité de ses paysages, la richesse de sa côte poissonneuse et celle de son sous-sol, parvenir à une cetaine stabilité politique, un  minimum de continuité gouvernementale.
Avec la brillante réelection du président sortant, elle est rassurée.
Il s'affirme, sans complexe apparent, socialiste. En réalité il s'agit d'un réformiste conséquent, qui a déjà démontré sa volonté de donner la priorité aux plus démunis, c'est à dire à l'immense majorité de ses compatriotes, notammmenta dans la redistribution des richesses du pays.
Depuis son arrivée au pouvoir la manne pétrolière, par exemple, a permis une amélioration des services gratuits de santé et un renouveau de l'enseignement public. Dans ce pays à la géographie tortueuse faite de montagnes, de hauts plateaux et de fleuves puissants, rugissants, il a engagé un programme ambitieux de construction de routes et de création de transports publics. Ce n'est pas du rêve: les programmes sont déjà en voie de réalisation.
Pour poursuivre l'oeuvre commencée il est vraisemblable que le Président réelu comptera sur une courte majorité absolue au Parlement. Les élections ont été limpides et c'est pour respecter la tradition que tel ou tel opposant suggère l'existence de fraudes, en se basant sur la modernisation du système de vote.
Correa a fait, l'an dernier, adopter sa réforme constitutionnelle. Et la réponse a été positive, massive. Là aussi les résultats des différents scrutins sont incontestables.
Les authentiques réformes, celles qui transforment la physionomie d'un pays, vont donc se poursuivre. Et, si les finances le permettent, s'amplifier. Correa est professionnellement un économiste jugé talentueux par ses maîtres, à Louvain comme à Harvard.
Correa a annoncé sa victoire depuis Guayaquil, le grand port sur le Pacifique et poumon économique du pays. Commune gouvernée par un opposant. Sans doute le futur chef de l'opposition. Il a voté à Quito, sa ville natale, mais a tenu à démontrer que l'homme des montagnes savait qu'en restant juché à 3000m d'altitude il aurait ignoré la réalité de l'univers équatorien: andins, côtiers (noirs, asiatiques, européens, métis de toute sorte...) devaient se sentir part d'une même communauté.
Gouverner sera plus difficile qu'en 2006: la crise, c'est la baisse des cours mondiaux du brut, la diminution du montant des mandats envoyés par les trois millions d'exilés économiques à leur famille, la raréfaction du tourisme... Mais son premier atout, c'est la volonté de cohabitation manifestée par l'électorat. Les équatoriens sont, naturellement, respectueux de l'autre. La tolérance est l'une de leurs vertus.
Ami personnel depuis près de quarante ans de Rodrigo Borja, fondateur en 1969 de la "Gauche démocratique, parti membre de l'Internationale socialiste, ancien Président (1988-1992) respecté pour son intégrité et sa compétence, j'aurais été cependant un soutien ferme, si j'avais voté en Equateur, de Rafael Correa.
C'est que, comme d'autres dans la région, la "Gauche démocratique" a subi la loi de l'idéologie dominante libérale.
Et ce n'est pas ainsi que je comprends mon appartenance au Parti de Jaurès et de Guesde.

Antoine Blanca
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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 11:46

J'ai entendu dire et écrire bien de sottises à propos de la récente conférence sur les Droits de l'Homme connue comme Durban 2 (elle a pourtant été célébrée à Genève). Des journalistes et des hommes politiques sont allés jusqu'à proposer que les dirigeants de certains pays, dont les régimes sont notoirement dictatoriaux et irrespectueux des droits fondamentaux des personnes, soient écatés de certains débats internationaux. Exemples cités: Ahmadinejad et Kadhafi. Liste non limitative...

Or les deux principes essentiels sur lesquels a été fondée l'ONU au lendemain de la deuxième guerre mondiale sont:
l'égalité absolue entre les Etats membres et la non intervention dans les affaires intérieures d'un pays (sauf quand l'Assemblée générale ou le Conseil de Sécurité décide qu'il y a menace sur la paiix et la sécurité). Par conséquent rien ne pouvait s'opposer à la désignation du Président iranien pour qu'il ouvre les débats de la conférence et prononce le premier discours. Le respect des mêmes principes expliquent le rôle protocolaire attibué à Muammar Kadhafi.
Les pays pauvres se défoulent en faisant jouer la loi du nombre qui, à l'Assemblée générale, leur est favorable. Surtout quand il s'agit d'une conférence purement consultative. Sans véritable conséquence autre que médiatique.
En revanche cet avantage des anciens pays colonisés ou soumis par l'un des impérialismes, est compensé par la composition du Conseil de Sécurité et par le droit de véto dont disposent, outre la France, le Royaume Uni, les Etats-Unis, la Chine et la Russie.
Le pouvoir du Conseil est de nature à faire presque toujours pencher la balance en faveur des grandes puissances.
Ces dernières ont beau jeu de proclamer leur esprit d'ouverture en faveur d'un élargissement raisonnable du Conseil, à condition qu'il tienne compte de la géographie. Ells n'ignorent pas que nous ne sommes pas à la veille d'un consensus entre l'Inde, le Japon et l'Indonésie, pour l'Asie; la République sud africaine et le Nigéria pour l'Afrique sub saharienne (pour le continent africain). Sans mentionner les pays de langue arabe du nord de la région, comme l'Egypte.

L'ONU est le centre de compromis permanents. Tous plus insatisfaisants les uns que les autres.
Et tous indispensables.

Antoine Blanca

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 14:46
Certains feignent de découvrir le caractère conflictuel du débat interne au Parti socialiste avec le Congrès de Reims en 2008. Ces observateurs sont ou naïfs, ou de mauvaise foi. La démocratie a son prix. Suivant que l'on en observe les règles (soumission collective à la ligne majoritaire et respect des minorités), ou non, il peut en résulter des divisions profondes et durables ou synthèse enrichissante. Lors du Congrès de 1905, c'est ce dernier concept qui prévalut entre guesdistes et jauressistes (pour se limiter à ces deux courants). Finalement l'esprit de synthèse prévalut presque toujours par la suite (parfois dans la douleur) et il n'y eut qu'une seule vraie rupture idéologique: en décembre 1920 à Tours. Démocratie socialiste et soumission totale aux décisions de Moscou étaient des concepts inconciliables.
La maladie révélée à Reims, et qui continue de miner le PS, couvait , en vérité, depuis longtemps. L'indiscipline des camarades qui refusèrent de se plier à la loi de la majorité clairement exprimée, sur le dossier européen, annonçait le drame du Congrès de Reims. Comment peut fonctionner la démocratie interne si l'on ignore le fait majoritaire. Toutes les dérives deviennent alors possibles.
La direction du PS opta pour le silence. En fait pour la soumission à l'indiscipline. Le virus était, dès lors, dans le corps que l'on choisit de ne pas soigner énergiquement.
Depuis c'est le règne des "egos". C'est pathétique et destructeur. Voire auto-destructeur pour les rois et la Reine du "je".
Le Parti socialiste ne saurait être un parti comme les autres. La vie politique ne sera jamais en France semblable à celle d'un pays fédéral  comme les Etats-Unis. Là bas il n'y a pas de structure partisane ayant les mêmes caractéristiques que les nôtres. On ne peut pas, chez nous, être socialistes à mi-temps comme le voudraient des amis comme Jack Lang ou Manuel Valls. On est dedans ou on est dehors. Besson est carrément un renégat. Il a choisi. Kouchner a, lui, depuis longtemps,  choisi d'être Kouchner. A se croire beaucoup alors qu'il n'a jamais été grande chose.
Mais à ceux qui ont choisi de rester socialistes, je leur dis: respectez la première vertu qu'un militant est en droit d'exiger d'eux ou d'Elle.
La modestie au profit du collectif.
Antoine Blanca
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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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