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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:31

La prochaine échéance électorale en Espagne: le 24 mai. On renouvellera ce dimanche-là les municipalités et les communautés autonomes régionales. Certains évoquent même l'éventualité d'avancer à janvier 2016 les élections générales. Le grand parti de la gauche, le PSOE, avec un quadragénaire (Pedro Sànchez) à sa tête, se prépare, dans une certaine fièvre, à affronter une année cruciale. La question que tout le monde se pose: quel impact aura, sur l'électorat, l'intrusion d'un mouvement, Podemos, généré par les manifestations des indignados. Il s'est donné un jeune chef charismatique (Pablo Iglesias*) qui ne s'est pas contenté de populariser sa queue de cheval et sa tenue de soixante-huitard attardé: il fait surtout acclamer, dans les quartiers populaires de Madrid, le vieux mot d'ordre, "sortez les sortants". Autrement dit, l'objectif de mettre fin à l'alternance au pouvoir des 2 partis traditionnels, le socialiste et le conservateur (PP).

La gauche espagnole est en alerte rouge depuis que des sondages mettent Podemos en tête dans les intentions de vote. Personne n'ignore que les électeurs ne supportent plus la cure d'austérité qui leur est imposée, de l'extérieur, depuis 3 ans. D'autant moins que la droite au pouvoir multiplie les mesures réactionnaires. Mais c'est le PSOE, parti qui à vocation à gouverner depuis les élections post-franquistes de 1977, qui court le plus grand risque de faire les frais de ce changement dans le spectre politique.

Aussi y a-t-on décrété la mobilisation générale pour définir un renouvellement programmatique substantiel. Finies les rentes de situation de longue durée à la tête des villes ou des régions. Les projets qui vont être étudiés (en vue de leur adoption) par les instances régulières du Parti visent à donner un coup de jeune perceptible par tous et douloureux pour beaucoup.

Antoine Blanca

* comme je l'ai rappelé en son temps, il s'agit du prénom et du nom du fondateur du PSOE et de sa centrale syndicale, l'UGT.

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 11:30

Sans pour autant perdre une parcelle de ma liberté et de mon indépendance critique, je soutiendrai, pour l'essentiel, François Hollande dans son action en 2015 comme je le fais, dans le même esprit, depuis son installation à l'Elysée.

Je le fais le coeur en paix. Et pas uniquement parce que je suis, depuis mon adolescence (depuis bientôt 60 ans donc...), membre de la famille socialiste. Mais aussi, mais surtout, parce que j'ai la conviction profonde que la politique qu'il mène n'a pas de solution alternative. Du moins si on souhaite échapper à l'horrible austérité qui accable presque tous les autres européens, et garder un cap de justice sociale. Certes notre objectif fondamental, créer une société uniquement fondée sur l'égalité véritable, éloignée du pouvoir absolu de l'argent, de la spéculation et de leur serviteurs, cette société est encore trop lointaine. Même si grâce aux socialistes, nous nous en sommes rapprochés.

Je défie une certaine gauche de nous indiquer d'autres chemins raisonnablement praticables. S'enfermer dans l'utopie est aussi un mensonge. Et ne parlons pas aujourd'hui de la menace que la droite extrême, même habillée de bleu marine, fait courir à la France et aux Français, à l'Europe et aux Européens.

Alors, je vous y invite tous: soutenez l'action de François Hollande. Du moins pour l'essentiel.

Antoine Blanca

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 19:35

Oui nous devons l'admettre et, pour une part, nous soumettre à la loi de la majorité. Qui la dirige actuellement en Europe? Depuis de trop longues années, la droite conservatrice.

L'unité européenne s'était construite autour de la cohabitation positive de deux piliers politiques: un centre droit bâti sur le modèle démocrate chrétien à l'allemande et une gauche réformiste composée pour l'essentiel de démocrates socialistes. Cet équilibre a été bel et bien rompu. Non seulement par le comportement imprévisible des groupes écologistes, mais aussi par l'intrusion significative de partis sans idéologie claire comme celui de Beppe Grillo.

Mais l'interrogation majeure de la Commission de Bruxelles concerne l'apparition, avec une force inattendue, de la gauche radicale. Les prochaines législatives en Grèce vont sans doute encore alimenter l'inquiétude des héritiers de ceux qui ont patiemment construit l'Europe.

Il ne faut pas s'étonner de cette situation. Quand on vise à affaiblir la social-démocratie en imposant le dogme de l'austérité à tout prix l'électorat progressiste se trouve érodé presque mécaniquement. Il est impératif de donner une priorité absolue à la croissance porteuse d'emplois. La France ne cesse de militer en faveur d'une telle politique qui, seule, peut contribuer à sortir l'Europe de l'ornière dans laquelle elle s'embourbe jour après jour.

Antoine Blanca

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 12:18

Hollande nous fait découvrir, par sa propension à s'entourer d'énarques réputés brillants, les super-salaires dont bénéficient ses camarades d'école quand ils quittent le service public pour celui du privé. Grâce à l'obligation faite désormais aux ministres de rendre publics leurs revenus et leur patrimoine, chacun a pu découvrir ce qu'Emmanuel Macron a gagné pendant les quatre années passées chez Rothschild. En moyenne un million d'euros par an. Cela appelle deux observations de ma part:

1) Si l'une des plus plus grandes banques d'affaires du monde avait misé si gros sur notre futur ministre des Finances , c'est sans doute que, dans la logique de l'économie libérale, sa valeur marchande (pour parler comme ces gens-là), est considérable.

2) Macron, s'il s'offre l'immense satisfaction de servir désormais les Français, le bien public au lieu de l'univers de la Finance (que le candidat Hollande avait dénoncé avec vigueur), est en train de voir ses revenus mensuels réduits de manière considérable. Altruisme? Patriotisme?

En tout état de cause il est compréhensible que nombre d'électeurs de gauche soient surpris, parfois choqués voire même indignés. Pourtant, cette révélation résulte de la transparence voulue par le Président. Et, quand tous ces chiffres étaient tenus secrets, des militants venus de la grande banque peuplaient déjà les ministères dans les années 80, et François Mitterrand lui-même avait accordé toute sa confiance à André Rousselet, fondateur des Taxis G7 et futur créateur de Canal+. A un niveau plus anecdotique, il avait été séduit par un Bernard Tapie qu'il avait encouragé à présenter une liste concurrente de celle conduite par Michel Rocard, alors Premier secrétaire du PS...Au motif inavouable qu'il détestait celui qu'il s'était vu contraint de prendre à Matignon pendant trois années. Qui lui avaient paru interminables...

Antoine Blanca

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 11:29

Pierre Joxe contraint à un silence de trappiste pendant les neuf années passées au Conseil Constitutionnel, s'en donne désormais à coeur joie dans une critique sans nuance du projet de loi que présentera bientôt le Ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. La grande presse a retenu surtout le passage de son interview à Médiapart, qu'il consacre au travail dominical. Et d'évoquer la loi de 1906 que Georges Clémenceau, alors ministre du Travail, avait fait adopter. Une loi de progrès qui se verrait remise en cause dans ses fondements, disent certains aujourd'hui, par notre jeune ministre de l'Economie.

Or une simple lecture du texte adopté il y a 108 ans, démontre que, loin d'être enfermée dans la rigidité, la loi sur le repos dominical permet des adaptations en fonction des circonstances et du terrain. La loi de 1906 marquait certes un progrès significatif du Code du Travail, mais se situait dans un contexte ignorant la durée de travail hebdomadaire, pour ne donner qu'un exemple.

Le projet Macron ne revient d'ailleurs pas sur le respect du repos dominical. Il concerne 5 à 12 dimanches par an, prévoit un bonus salarial consistant et charge les maires de choisir les dimanches eouvrés dans sa commune, sur la base du volontariat, pour ce travail supplémentaire dûment rétribué.

Je fais confiance à Pierre Joxe pour contribuer, grâce aux parlementaires qui partagent ses vues, à l'amélioration du projet qui fera l'objet de prochains débats.

Antoine Blanca

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 12:15

Quel symbole! Le Président de la super-puissance annonçant, simultanément avec son homologue cubain, la reprise des relations diplomatiques et la réouverture des Ambassades. Aucun pays latino-américain n'était parvenu à imposer une telle reconnaissance paritaire. On doit à la vérité de dire qu'il s'agit là d'une victoire de la Révolution. Même si l'heure n'est pas à proclamer ce type de triomphalisme. Je retiendrai donc un peu ma prose pour rappeler simplement certains faits.

1) Fidel n'avait ni cherché, ni souhaité la rupture avec son grand voisin. Dès le premier gouvernement révolutionnaire installé à La Havane, il s'était rendu à Washington et New-York. Pour nouer des liens d'un type nouveau correspondant à la nouvelle situation. Le moins que l'on puisse écrire est qu'il fut mal accueilli, snobé, ignoré. La Maison Blanche et le Département d'Etat étaient persuadés que le jeune guérillero ferait comme tous les autres, qu'il se coucherait. Mieux, Eisenhower et Nixon ne croyaient pas que le nouveau pouvoir durerait plus de quelques mois. Cela obligea Fidel à accélérer, à approfondir les mesures révolutionnaires, à se proclamer socialiste. A conclure une alliance avec l'autre super-puissance, l'URSS.

2) Fidel ne changea pas de logique. Il ne s'aligna pas inconditionnellement: il devint un allié modèle qui, en paraissant devancer les désirs de Moscou, gardait l'initiative. Exemple, l'Afrique. L'URSS avait échoué dans ce continent. Cuba décida d'intervenir seule pour sauver l'Angola et le Mozambique qui étaient sur le point de devenir des dépendances de Prétoria et de l'apartheid. Ce fut la plus importante opération militaire jamais conduite par un pays latino au-delà des océans.

3) Le 1er congrès du PC cubain ne fut célébré qu'en 1975, dix ans après sa création. L'apparence était une copie conforme d'un congrès du PCUS. Fidel avait troqué son battle-dress pour un uniforme de commandant en chef à la soviétique...les décorations en moins (à l'exception de la médaille de Héros de l'Union soviétique). Mais en revanche aucun membre du parti communiste traditionnel, le PSP, ne fit partie du Bureau politique dont les sept membres étaient des compagnons du M26, les fidélistes les plus sûrs.

4) Le contrat signé avec Moscou faisait bénéficier La Havane de tous les avantages du pays le plus favorisé. Avant que l'effondrement du camp communiste en Europe ne conduise Cuba à une révision déchirante de sa politique commerciale. La période spéciale aura été l'épreuve la plus rude vécue par le socialisme cubain, qui avait perdu son grand allié et partenaire. Au lieu de s'effondrer, de pleurer sur son sort, Cuba trouva un réseau solide de nouveaux amis en Amérique latine. Aujourd'hui une forte majorité de gouvernements de la région demande à ce que Cuba participe au prochain sommet des Amériques. On revient de loin: en 1961 tout le monde, Mexique excepté, avait rompu les relations diplomatiques avec la grand île.

Cuba a gardé, contre vents et marées, en butte avec une presse internationale intoxiquée qui caricature grossièrement le régime. Et tente de masquer ses énormes succès en matière de culture, d'éducation, de santé, de sport, de recherche scientifique. Et d'indépendance politique.

Antoine Blanca

Un nouveau chapitre s'est ouvert dans la relation complexe entre deux pays voisins.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 11:33

Le PS se transforme, parfois dans la douleur, pour être en phase avec la société du XXIe siècle. L'appel au recrutement en masse est au coeur de cette entreprise de changement. Cet appel est bien dans la continuité des grandes initiatives qui ont déjà bouleversé la vie militante. La plus révolutionnaire fut sans doute la méthode choisie pour désigner le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012. Trois millions de citoyens se rendirent aux urnes à cette occasion, onze fois plus que le nombre (fluctuant) d'adhérents au PS. Avec des débats télévisés entre candidats à la candidature qui ne pratiquèrent pas la langue de bois. L'application de la constitution de la Ve République, le personnalisation du pouvoir par l'élection du Chef de l'Etat au suffrage universel, ont mis les partis politiques au défi de s'adapter ou de décliner.

Fort de son expérience, François Mitterrand fit adopter les textes garantissant le financement des partis sur les fonds publics, en fonction de leur représentativité électorale. Les campagnes, à l'instar des américaines, coûtent désormais très cher et, sans financement public, on était contraint à faire appel aux grandes entreprises avec les compromissions que cela a, inévitablement, entraîné.

A gauche la législation permettant le financement des partis et des campagnes électorales a été bien accueillie. Mais on a eu toujours du mal à recruter de nouveaux adhérents à portes ouvertes. A brader des cartes à prix modéré, et unique, pour transformer les sympathisants en militants théoriques. Les primaires ouvertes pour la présidentielle de 2012 allaient dans ce sens. On se laissa alors bercer par l'illusion...avant que l'on prenne conscience de la difficulté de recruter à contre-courant d'une opinion publique majoritairement hostile.

Ceux et celles qui répondront à l'appel à l'adhésion au PS, seront plus déterminés en 2015 que ceux qui, de 2010 à 2012, étaient portés par les vents favorables. C'est du moins ce qu'on espère au 10 de la rue Solférino...

Antoine Blanca

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 10:04

Un colloque organisé par l'association "Amis de Pierre Mauroy" a réussi le tour de force de faire revivre l'ancien Premier Ministre, sa parole, sa démarche, sa manière de vivre son engagement. Sans fausse note. En quittant l'enceinte de la réunion, perdu dans des souvenirs que je venais de revivre, je me suis dit que, s'il y devait y avoir une conclusion synthétisant ce qui avait été dit, elle serait :"ch' gran Piaarrr" était un authentique disciple de Jaurès au pays de Jules Guesde. Il illustrait, dans la parole et l'action, la phrase le plus souvent citée du grand Tarnais "il faut aller à l'idéal et comprendre le réel"*.

Martine Aubry devrait savoir que communier avec l'homme qui lui avait transmis le flambeau dans la capitale du Nord ce n'est pas seulement donner son nom à un magnifique stade. C'est aussi s'inspirer de son comportement au sein de la famille socialiste. Et Mauroy, par exemple, n'aurait jamais utilisé la méthode des petites phrases assassines contre les camarades en charge du pouvoir. A la SFIO il a été en désaccord avec son chef (Guy Mollet), et l'a démontré en construisant une politique alternative... laquelle a fini par déboucher, après avoir dû vaincre plusieurs obstacles, au parti né à Epinay. Sans pour autant prendre à témoin l'opinion publique. Son dialogue avec Mitterrand, avant comme après 1981, a parfois été musclé. Certains pariaient même sur une rupture entre les deux hommes. Mais l'un et l'autre étaient jauressiens, chacun à sa manière. Ils surent toujours faire ensemble la synthèse entre l'idéal et le réel, en sacrifiant ce qui était personnel à l'intérêt collectif.

Aujourd'hui le réel est très dur pour ceux qui sont en charge de gouverner le pays. Chaque corporation a des arguments justifiés pour demander une augmentation de son budget. Mais au même moment une agence de notation (Fitch), nous pénalise, tandis que Mme Merkel et la Commission nous engueulent, dénoncent notre supposé manque de rigueur. On peut, au nom de l'idéal, s'enfermer dans les certitudes de la théorie, et défier le monde entier acquis, lui, à la pensée libérale. Mais le vrai courage c'est de chercher la dure vérité, et de la dire: prendre en compte le réel en l'affrontant dans le quotidien.

Ce que font Hollande et Valls. Il faut les soutenir dût-on, en cas de désaccord, proposer d'autres solutions en murmurant à leur oreille. Martine et ses semblables savent bien qu'ils seront écoutés. Sinon forcément entendus.

Antoine Blanca

* les citations de Jaurès le plus souvent choisies sont extraites de ce que, plus tard, on appela "discours à la jeunesse". En vérité, s'il l'était sans le savoir, Jaurès n'était pas encore formellement socialiste. La référence est le 'discours d'usage' que le professeur Jaurès, agrégé de lettres, fut chargé de prononcer à l'occasion de la remise des prix aux élèves distingués en fin d'année au Lycée d'Albi.
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 10:30

Les jeunes issus de famille catholiques qui se convertissent à l'Islam ne partent pas tous, il est bon de le préciser, combattre avec les fous d'Allah, à la frontière syrio-irakienne ou aux confins du Sahara. La plupart ne quittent pas, si l'on peut dire, la vie civile. Certains ne font même pas l'effort minimal, pour un musulman, de se faire circoncire et de se mettre à l'apprentissage de l'Arabe, langue unique du Coran*. Leur conversion est un simple défi à la famille et aux proches. On quitte les chemins de la routine, et on se garantit le vedettariat dans quelques dîners d'anniversaire. Il y a quelques décennies ils se seraient peut-être proclamés maoïstes ou disciples de Bakounine. Aujourd'hui la mode est à la religion. Alors on la suit.

Plus rares sont les jeunes qui affirment vouloir être admis dans la religion israélite. Mais là ils se heurtent à davantage d'obstacles, le judaïsme ne pratiquant pas le prosélytisme. Il faut choisir le rabbin adéquat comme guide. Et se soumettre, pour les hommes, au rite de la circoncision. Perspective suffisante parfois pour dissuader le candidat à la religion de Moïse...

La conversion revendiquée à une autre religion est en vogue dans la France laïque et républicaine où les chrétiens pratiquent rarement, ne visitant la maison de Dieu qu'à l'occasion de mariages et d'enterrements de proches. On sourit, on plaisante parfois... et on attend que le malade surmonte tout seul sa maladie infantile.

Ce qui doit être combattu, en revanche, c'est que le nouveau fidèle se transforme en combattant. Et en candidat à l'attentat suicide. Une tout autre histoire, une de celles que l'on évite de discuter en famille...L'anodin devenant alors tragique...

Antoine Blanca

* 85% des musulmans du monde ne parlent pas la langue du Prophète.
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 10:43

Aujourd'hui, 10 décembre, l'ONU demande à ses 193 Etats membres de célébrer les Droits de l'Homme. Une fête universelle qui est censée réunir, en une même résolution, les citoyens du monde et ceux qui les gouvernent, dans la volonté de défendre et de promouvoir la dignité de la personne humaine. La Conférence de San Francisco, qui devait accoucher de la Charte de l'ONU (au lendemain de la 2de Guerre mondiale), travailla avec le souci de n'exclure aucun pays de la planète. L'appartenance à l'organisation internationale d'un Etat n'était pas subordonnée à la nature de son régime. Si chacun était supposé adhérer à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme ( pur accommodement d'ailleurs...), il n'existait, en revanche, aucune définition précise de la Démocratie (multipartisme, pluralisme de la presse, libre suffrage...).

La guerre froide apporta, dans la pratique, certaines corrections. Ainsi l'URSS, membre permanent du Conseil de Sécurité, ne put exercer en 1950 son droit de veto lorsque les coréens communistes du Nord attaquèrent ceux du sud, pro-occidentaux. Les soviétiques avaient alors décidé de boycotter ses réunions...Les Etats-Unis et leurs alliés purent ainsi intervenir sous l'égide de l'ONU: revenue à la table du Conseil, l'URSS ne devait plus jamais la quitter.

Le Conseil économique et social renouvelait chaque année une partie des 53 membres de sa Commission des DH. Mais avec l'entrée en masse des anciennes nations colonisées la majorité de ses membres avaient une conception plus restreinte de ce que devaient être les droits de l'homme. En 2006, les Etats membres ne purent échapper à un sérieux traumatisme collectif lorsque la Libye de Kadhafi, gouvernement terroriste notoire (attentat de Lockerbie), prit la présidence de la Commission. On se décida alors à changer les règles, évitant ainsi que la vigilance par l'ONU des Droits de l'Homme ne perde toute crédibilité.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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