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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 11:21

Toutes les élections législatives partielles récentes ont marqué la même double tendance: irruption confirmée d'un électorat FN aux contours mal définis et abstention massive affectant principalement le peuple de gauche. Bien entendu c'est surtout le PS qui est pénalisé. Mais je note que ses très mauvais résultats ne profitent pas pour autant au Front de gauche. Pas plus d'ailleurs qu'à EELV: incapable de choisir entre une écologie responsable, constructive, et un gauchisme résistant mal à l'aventure de la violence.

En revanche la droite conservatrice, en dépit du spectacle piteux qu'elle offre, garde grosso modo ses pions autour des personnalités locales qu'elle présente. Sans bénéficier pleinement de son statut de principale force d'opposition, l'UMP ne s'effondre pas. C'est qu'elle demeure seule à occuper son espace: le fameux "centre", qui nous était annoncé avec le rapprochement UDI/Modem, n'est pas près d'accoucher de son improbable rejeton. Bayrou va avoir le temps de compléter ses connaissances sur le règne d'Henri IV...

Dans les faits, toutes les options me paraissent ouvertes à moyen terme. Y compris celle d'un retour à la dure réalité pour Marine Le Pen, riche d'un électorat potentiel important, mais toujours misérable en matière de cadres locaux et régionaux capables d'assumer, encore moins d'expliquer aux masses, les contorsions idéologiques de sa présidente. Une extrême-droite honteuse n'a pas les moyens d'aller bien loin. Je reste donc raisonnablement optimiste pour le moyen terme.

Antoine Blanca

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 15:06

Obama vient d'annoncer un projet de régularisation de 5 millions de travailleurs sans-papiers. Cris et menaces de la droite. Tea party et les autres. On s'attend à des débats houleux au Congrès. A y regarder de plus près cette ouverture, si elle aura des répercussions positives sur l'électorat d'origine latino, sera aussi bénéfique à l'économie des Etats-Unis. Trois études scientifiques viennent encore confirmer, en effet, que l'immigration, loin de coûter au pays hôte, lui rapporte économiquement, financièrement et même en matière d'emploi des autochtones.

1) Une étude réalisée sur tout le Royaume-Uni (de 1995 à 2011), conduite par l'éminent professeur Ian Golding (Oxford) conclut que les immigrés provenant de pays en développement ont payé plus d'impôts et de cotisations que reçu d'aides de l'Etat ou d'organismes sociaux reconnus.

2) Dès 2006 un rapport de la Banque mondiale établissait que l'immigration contribue à élever le niveau des rémunérations dans le pays d'accueil.

3) Les immigrés, même peu qualifiés, favorisent la croissance. Car en absorbant davantage de main-d'oeuvre, donc en accroissant leur capacité de production, créent aussi des postes plus qualifiés, essentiellement pour les autochtones (étude du professeur Giovanni Peri, de l'Université de Californie). Ce que confirme un document récent de l'Organisation International du Travail, OIT.

Les études abondent qui, toutes, démolissent les arguments du FN et de ses semblables européens (sans oublier une bonne partie de la droite classique). Ces études sont malheureusement oubliées par la plupart de nos grands commentateurs de la grande presse. Regrettable pour la vérité.

Antoine Blanca

PS: l'article de Debora Mac Kenzie publié par New Scientist de Londres.
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 11:36

L'élection d'un Président issu de la majorité noire du pays, l'implication personnelle de Nelson Mandela dans l'immense tâche de réconciliation nationale (cf. film Invictus*), l'acceptation par les Afrikaners de nouveaux symboles nationaux (hymne, drapeau, manuels d'histoire...), n'ont encore pas permis de réaliser une véritable intégration de la population de la République sud-africaine. Disproportion des revenus (10% de blancs possèdent 80% des richesses), inégalités dans l'éducation et dans la répartition de la propriété foncière, encadrement majoritairement afrikaner dans la police et dans l'armée. Tout comme dans les grandes entreprises industrielles et commerciales...

Si la situation n'est pas figée, les choses n'avancent qu'à pas comptés dans le sens d'une société plus juste. Une nouvelle bourgeoisie noire est en train de s'installer dans le paysage économique et social. Mais, encouragée par une forte démographie, la proportion des habitants vivant sous le seuil de pauvreté progresse plus vite encore. Quant à la sécurité elle est inexistante dans les grandes villes comme Johannesburg (20 assassinats par jour). Aussi les riches, majoritairement blancs, Indiens ou métis, ont-ils tendance à se barricader et à élever leur progéniture en marge de la société réelle.

Les responsables politiques des différentes communautés évitent de noircir le tableau conscientes de la chance qu'ils ont de vivre dans un pays plein de potentialités. Mais les égoïsmes et les peurs peuvent, à tout moment, reprendre le dessus. La vigilance est nécessaire si l'on veut éviter autant la stagnation que les tentations d'accélérations mortelles.

Antoine Blanca

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:26

Le plus peuplé des pays d'Afrique (174 millions d'habitants), avec un sous-sol riche en pétrole, disposerait des moyens de se doter d'infrastructures ambitieuses, d'équipements performants, mais aussi de ceux de protéger la sécurité de ses frontières et celle de ses propres citoyens grâce à de forces armées et à une police modernes et convenablement formées.

Ce n'est malheureusement pas le cas. Si la manne pétrolière doit bien aller dans certaines poches, il est certain que ce ne sont pas celles des Nigérians ordinaires. Le carburant s'évapore sans doute ici plus vite qu'ailleurs...

Ce qui est certain c'est que les autorités, tant civiles que militaires et policières, assistent, impuissantes (et presque impassibles), à l'offensive des membres de la secte musulmane Boko Haram (traduction approximative "l'Occident, c'est péché"). En fait elle est plus mafieuse que religieuse et ses troupes s'apparentent aux tristement célèbres 'Grandes compagnies' de notre Moyen-Age (mais qui seraient équipées d'armes du XXIe siècle). Elles pillent, tuent et rançonnent. Mais aujourd'hui Boko Haram est passé à la vitesse supérieure: on occupe désormais des territoires et des villes. Et on ne s'en prend plus au seuls chrétiens et animistes, mais aussi à tous les musulmans qui ne les rejoignent pas, détruisent mosquées et bâtiments maraboutiques...

Si la France est en alerte rouge dans la région, les autres occidentaux ne paraissent pas s'inquiéter outre mesure. Quant à l'ONU, elle ne peut intervenir dans les affaires intérieures d'un Etat membre qu'à la demande de ce dernier et avec l'approbation de l'Assemblée Générale ou d' une résolution du Conseil de Sécurité. En attendant la crise gagne du terrain et menace les équilibres précaires de tout l'ouest africain.

Antoine Blanca

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 09:59

Il fallait bien qu'un autre Président français aille à Dakar redonner à la France ses vraies couleurs. Sarkozy avait gravement offensé les peuples et les nations de tout un continent en décrétant, en expert, "que l'homme africain n'était pas suffisamment entré dans l'histoire". A l'époque les réactions indignées à cette bavure monumentale avaient été rares, et s'étaient surtout manifestées en France. Les gouvernements de la région concernée avaient fait la sourde oreille: les relations avec l'ancien colonisateur étaient déjà trop complexes pour qu'on les charge d'une nouvelle polémique. Une timidité coupable, mais explicable, somme toute: chacun pressentait que cette sentence traduisait bien la suffisance de la pensée sarkozyenne.

Hier, au sommet de la Francophonie célébré à Dakar, Hollande n'a pas eu à faire des tonnes. Sur la tombe de Léopold Sedar Senghor, il s'est limité à rappeler que le grand poète avait fait, à lui seul, entrer l'Afrique dans l' histoire universelle. Les Dakarois avaient alors déjà fait un triomphe à notre président, dans les rues de leur capitale. Les raisons de cet accueil africain ne manquent pas: ils s'appellent Mali, République Centre-africaine. Et plus récemment Burkina Faso où notre appui sans équivoque, ni atermoiement, contribue à rétablir la démocratie, un moment ébranlée au pays des "hommes intègres".

Au temps de Giscard, la France en Afrique était symbolisée par Bokassa 1er. En celui de Chirac, par Omar Bongo et la manne pétrolière...Hollande, lui, se comporte en homme de gauche, comme était en train de le faire Jospin, avant d'être abattu en plein vol. La vraie rupture, somme toute, avec le néo-colonialisme gaulliste et pompidolien. Dont le ténébreux Foccart était la figure représentative...

Antoine Blanca

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 10:10

Israël nous donne froid dans le dos quand le gouvernement Netanyahou entonne le chant sinistre de la force des armes pour justifier une politique que la communauté internationale condamne. En violation de tous les principes définis par les Nations Unies, il prône la conquête de territoires, l'expulsion de ses habitants légitimes et annonce même une loi discriminatoire, frappant 20% de ses propres citoyens: les Arabes, souvent chrétiens.

Au nom de quoi? Certainement pas en celui de la démocratie. Encore moins en celui de la laïcité si chère aux pères fondateurs de l'Etat, David Ben Gourion en tête.

De la sécurité de ses frontières? Mauvaise plaisanterie s'agissant d'un pays surarmé, disposant de la force de dissuasion suprême, la bombe atomique.

Alors, assez attendu, contribuons activement, nous grand pays souverain, à la mise en oeuvre de la décision de l'ONU prônant la création d'un Etat souverain en Palestine. Nous Français, qui avons prouvé, dans les circonstances les plus dramatiques (guerre de 1956, par exemple), que toucher à l'intégrité du territoire israélien, dans ses frontières internationalement reconnues, serait considéré comme une agression contre nous-mêmes.

Nous sommes donc les mieux placés dans le monde pour aider à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant dont la légitimité a été, d'avance, reconnue par l'ONU.

On pourrait alors préparer les conditions d'une paix juste et durable. Nous avons refusé, hier, le mur de Berlin. Dénonçons avec force le dernier Etat démocratique à pratiquer une politique de construction systématique de murs de la haine et de la honte. Le dernier Etat colonialiste au sens propre de ce mot...

Antoine Blanca

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:59

Notre Président est admirable de constance. Il continue de creuser son sillon, sur ce vieux champ pierreux dont il a hérité, ignorant le temps mauvais comme les piques destinées à le meurtrir. Qui le meurtrissent peut-être sans qu'il accuse, pour autant, les coups. Des piqûres de moustique sur une peau de pachyderme. Il n'est là ni pour se plaindre ni pour se résigner. Sa fonction le lui interdit. Alors il assume.

En revanche moi, je m'excuse de l'avouer, souffre à chaque mauvaise nouvelle, ne finis jamais de m'étonner des réserves de bassesse que certains, certaines, paraissent avoir accumulées.

Non que j'approuve tous les aspects de l'action présidentielle. Mais l'inconduite de certains m'oblige à taire mes désaccords. Surtout celle qui émane d'amis politiques hier, parfois, encore ministres. Ils ont dû sans doute souffrir en silence leur participation à l'exercice du pouvoir...Braves coeurs...

Nous ignorons, bien entendu, ce que le proche avenir réserve au Président Hollande. Une chose est certaine pourtant: ce dernier sera toujours là demain, respectant son programme de travail qui est, après tout, celui de la France. Un service qui n'admet pas de pause.

Antoine Blanca

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 10:37

Les dernières images qui nous sont parvenues de l'exécutif algérien ne sont pas rassurantes. Pour l'anniversaire du 1er novembre 54, le président Bouteflika est apparu sur sa chaise roulante, a embrassé drapeau national qu'un officier lui présentait, avant de retourner à ses soins de grand malade. Fin de la séquence. Fermez le ban.

En Algérie tout débat est, de facto, proscrit. Non que la loi l'interdise. Mais le citoyen ordinaire pressent que la réserve est l'attitude préférable. Il y a bien deux ou trois partis d'opposition avec leurs instances propres et leurs leaders. De ce côté aussi c'est un silence accablant qui est perceptible, même aux malentendants. A la fin de la dernière campagne les observateurs attentifs ont bien cru entendre une sorte de grognement: c'était le secrétaire général du FLN qui s'en prenait vertement à un Etat-Major de l'ANP théoriquement en fin de vie institutionnelle. Mais, ce qui aurait pu être une passe d'armes entre gens du même monde, s'est perdu dans le silence habituel.

Alors? Le débat est-il vraiment impossible dans l'Algérie "démocratique et populaire"? Erreur! Il existe bel et bien dans une presse de qualité où les rédacteurs sont passés maîtres dans la pratique de la "prudence audacieuse". Les éditorialistes ne sont jamais menacés par l'Etat. Ils le sont en revanche par des correspondants qui s'identifient comme islamistes. Des terroristes ou qui souhaitent se faire passer pour tels.

Je retiens que, dans l'ensemble, la situation n'est pas très saine.

Antoine Blanca

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 11:43

Les Tunisiens sont allés voter en masse. Et nous avons de bonnes raisons de penser que le scrutin du premier tour a été honnêtement conduit. Un bon exemple pour le reste de l'Afrique de Nord, en incluant la Libye. Même s'il convient d'attendre le tour définitif, pour Noël, nous pouvons d'ores et déjà tirer quelques enseignements des résultats.

Car si tout donne à penser que M.Essebsi sera le prochain chef de l'Etat, les observateurs impartiaux sont en droit de se demander comment, une révolution populaire, à l'avant-garde de laquelle se trouvait le jeunesse, va accoucher d'un vétéran de 87 ans.

Tout en admirant l'énergie et l'optimisme dont ce vieillard fait preuve, des explications me viennent à l'esprit:

1) la majorité des électeurs croient aux vertus de l'expérience. Ils ne veulent plus de décisions aventureuses prises sous la pression du moment. Le passé d'Essebsi est de nature à apaiser les plus inquiets. Ancien ministre de Bourguiba, il ne s'est pas rallié (comme le prétend imprudemment une certaine presse) à Ben Ali. Mais il a accepté de présider une Constituante laquelle, pensait-il, pouvait seule assurer une transition paisible. Tirant les leçons de son erreur d'appréciation, il s'est mis en réserve de la République. Attitude peu glorieuse, qu'il faut situer dans son contexte historique.

2) Son concurrent pour le 2e tour, le sortant Merzouki, un homme intègre, bon musulman, est connu aussi, selon mes sources, pour être un caractériel.

3) Les électeurs soulignent enfin que la Constitution donne des pouvoirs limités au Chef de l'Etat. Une nouvelle majorité parlementaire est négociable, dans laquelle la gauche (Front populaire), pourrait trouver sa place.

Les faits à venir nous diront si la prudence du vote tunisien se trouve justifiée.

Antoine Blanca

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 10:44

Aujourd'hui, cela ne fait aucun doute, les électeurs/électrices de droite, ceux et celles qui se disent "convenables", ont choisi Juppé pour champion. Des conservateurs plutôt ouverts au dialogue et que le style 'grande gueule' de Sarko incommode. La plupart se seraient bien ralliés à Fillon. Mais l'ancien Premier Ministre, après être tombé dans tous les pièges qui lui étaient tendus, a commencé à adopter, sans fausse honte apparemment, certains des thèmes de campagne du FN. C'est trop pour les 'convenables'.

Alors Juppé, après tout...

Un homme expérimenté, un bon maire d'une grande ville (il est vrai que dotée d'un budget autorisant bien de projets). Quand il s'exprime, à doses homéopathiques, il évite insultes et anathèmes excessifs. Le récent passé qui lui valut un an d'inéligibilité, un exil universitaire au Canada, quelques dérives, dans l'attribution de logements sociaux de la Ville de Paris? On veut l'oublier au profit de "l'homme qui sait de quoi il parle". Un énarque pur jus, un fort en thème...A Bordeaux il a refait sa vie politique après un départ difficile...

D'aucuns disent que, finalement, la droite n'aura d'autre choix que de finir par se rallier à lui. Sarkozy, ne s'y résignera pas qui a déjà sorti sa boîte à malices. Les stratèges du conservatisme ne se font pas trop de souci. "Si Nicolas s'obstine, plus dure sera sa chute" disent-ils...

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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