Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 10:42

Le premier tour de la présidentielle vient de se tenir en Uruguay le 26 octobre. Le 1er mars 2015, selon toute vraisemblance, le socialiste Tabaré Vàzquez s'installera au pouvoir en tant que leader du Frente Amplio, la vaste alliance démocratique, allant du centre à l'extrême gauche, qui rassemble les héritiers politiques de tous ceux qui s'étaient opposés à la dictature militaire. Celle qui avait humainement mutilé le pays de 1973 à 1985.

L'Uruguay est né de l'amputation d'une province argentine, à l'est du bassin du Paranà. Les peuples des deux pays sont demeurés très proches. Les raisons de la sécession demeurent inexplicables pour beaucoup de latinos. Sauf que Montevideo a longtemps connu la stabilité démocratique, quand Buenos Aires connaissait une vie institutionnelle beaucoup plus chaotique.

A part cela l'Uruguay était surtout connu pour être le plus petit pays ayant été champion du monde de foot. A deux reprises d'ailleurs. Jusqu'à ce que "Pepe"Mùgica fut proclamé président le 1er mars 2010. Cet ancien révolutionnaire tupamaro*, devenu socialiste, est célébré dans le monde entier pour sa simplicité extrême. Nullement affectée. Pas de maison présidentielle pour lui. Mais sa ferme minuscule, son béret usé, avec ses poules, ses chèvres et sa vieille chienne à trois pattes. La presse du monde entier veut l'interviewer. Il accepte les entrevues au compte-gouttes.

Antoine Blanca

* Pepe (prononcer pépé) Mùgica, a passé 13 ans dans le pénitencier de Libertad (ah! l'imagination des militaires!). Les candidats de droite sont heureusement là pour respecter les traditions du pays. L'un est un Lacalle, fils d'un ancien président conservateur du 'parti blanco'. L'autre, Bordaberry, rejeton d'un autre président, 'colorado' celui-là. Oui, le Bordaberry qui ouvrit le chemin du coup militaire en juin 1973....

Repost 0
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 10:11

Avec les moustaches gauloises de José Bové, une partie des Verts et les éternels violents toujours à la recherche d'une raison de casser du flic et du matériel, se dissimule un conservatisme paralysant pour le progrès des infrastructures en France. Pas de nouveau barrage, pas de nouvel aéroport, pas de projet moderniste dans l'agriculture. A suivre les maigres, mais avides d'action, troupes de la Confédération paysanne, la France rurale devrait revenir au bon temps de la charrue à boeufs.

Pourtant, sans chercher très loin, les exemples de modernisation forcée se multiplient sous nos yeux. Dans mon hameau de la Creuse, par exemple, il y avait sept petites exploitations agricoles il y a 40 ans. Il n'y en a plus une seule. Un agriculteur plus jeune du hameau voisin a pris en fermage toutes les terres exploitables des deux hameaux. Avec son fils, il exploite désormais 350 hectares, élève une centaine de bovins. La modernisation du matériel et des méthodes d'exploitation n'ont pas été un choix, mais une obligation.

A l'évidence notre agriculteur voisin n'a pas choisi cette forme d'agrandissement, de progrès. Il n'avait d'autre choix que celui qui s'est imposé à lui et à son fils. Son père travaillait sur 17 hectares, aidé par sa femme et ses enfants. Son héritier, devenu gros éleveur, travaille une superficie vingt fois supérieure. Il lui a bien fallu recourir à l'emprunt pour acquérir du gros matériel agricole.

L'autre option était de laisser des centaines d'hectares en friche. Quel aurait été le choix de José Bové s'il avait été mis en situation?

Antoine Blanca

Repost 0
26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 11:12

Décidément il est des journalistes désoeuvrés, à la recherche d'une cause, des patrons d'instituts de sondage en mal de clientèle. C'est parmi ce micro-univers sans véritable raison d'exister (autre que celle de facturer des services par lui inventés) qu'une petite lumière a jailli de l'obscurité familière: "et si l'on posait la question fondamentale de savoir, si oui ou non, il faut dissoudre le PS?" Ainsi, tout serait laissé sur un coin de table (gouvernance européenne, retour à la croissance et au plein emploi, développement durable et environnement etc...) et on commencerait à démonter, pièce par pièce, le parti de Jaurès, celui qui, aujourd'hui, est aux commandes de la République!!!

Les problèmes essentiels ne proviendraient pas de la crise européenne, des guerres saintes qui nous touchent tous, de notre adaptation à une nouvelle industrialisation...Leur origine serait unique: les structures du PS. Qu'on les enterre et mille fleurs feront renaître le désert.

On atteint ainsi des sommets dans l'absurde...

Le temps des congrès rénovateurs viendra sans doute. Mais nous parlons de rénovation, non d'une abracadabrantesque dissolution.

Antoine Blanca

Repost 0
22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 13:07

Benoît Hamon semble avoir perdu le nord. A peine sorti du gouvernement, il voudrait accélérer une crise de la république. Alors qu'un danger couru en commun devrait au contraire appeler tous les élus de gauche à la défense des institutions. Mais pour Hamon, le précipice est là et il semble pressé de s'y jeter en entraînant les autres...C'est politiquement mal vu et moralement inacceptable.

Car soyons sincères, dans notre environnement national et européen, aucun changement de fond de notre politique n'est possible. Mais la sincérité est aux abonnés absents chez les 'frondeurs'. Cette petite quarantaine de parlementaires, Hamon, ex-chef se la gauche du parti nommé par Emmanuelli, la veut pour lui. Martine Aubry voudrait la manipuler, et souhaite surtout être le recours.

Le mot d'ordre chez ces désordonnés qui se cherchent un chef: Valls peut réussir, il faut donc le tuer politiquement.

Tout cela est malsain. J'ai vu, au cours de mes 49 ans de militantisme beaucoup de croc-en jambes, de coups portés à l'abri de la mêlée, mais il manquait les assassinats à la sortie du Palais Bourbon. Entre camarades...

Antoine Blanca

Repost 0
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 17:11

L'Islam extrême sortira affaibli de son offensive armée.

Selon mes sources le forces kurdes, aidées par les frappes aériennes occidentales, ont déjà regagné une partie du terrain perdu hier. On le dit encore moins (semer l'alarmisme étant plus rentable pour une certaine presse...): les troupes de l'Emir auto-proclamé ont été d'abord stoppées, et certaines commencent désormais à faire retraite, en plus ou moins bon ordre. Finis l'effet absolu de surprise des premiers jours, la supériorité de l'armement au sol, le soutien de la majorité des sunnites hier humiliés par ...Seule la peur panique de la police religieuse, celle qui coupe les mains et les têtes, subsiste. Cela ne constitue pas une idéologie.

Enfin les voies du ravitaillement massif ont été coupées et l'ère du dollar facile est terminée. Même les petits chefs qataris n'envoient plus rien. Conquérir du territoire a sa logique absolue: reculer, c'est perdre. Nous saurons bientôt si la route du pétrole tient encore.

En conclusion, rien n'est encore gagné mais l'Etat islamique commence à perdre. La mouvement hier fidèle à Al Qaïda, a décidé de couper les ponts avec le "presque Calife" Al Bagdadi. Le schisme est consommé au sein du djihadisme. L'Etat islamique n'a aucune influence parmi les musulmans vivant à l'ouest de Bagdad, c'est à dire en Asie.

Antoine Blanca

Repost 0
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 11:51

Les allocations familiales ont été établies sous la pression de la droite, de la démocratie chrétienne européenne et des syndicats chrétiens. Elles seront distribuées sur la base de l'universalité, les familles bénéficiant de revenus élevés ou confortables percevant la même somme qu'un famille prolétaire.

La gauche, SFIO en tête, avait finalement approuvé ce principe contraire au principe d'égalité. Avec mauvaise humeur. Mais un accord PS/MRP, l'esprit de discipline au sein des groupes parlementaires, rigoureusement respecté à l'époque, avaient vaincu les réticents, même les plus anti-cléricaux. Après tout les 30 Glorieuses s'annonçaient et il s'agissait de distribuer des 'bénéfices'. Une fois mise en route la machine était inarrêtable. La minorité des groupes parlementaires émit de véhémentes protestations qui ne s'entendirent pas à l'extérieur. Des durs de la défense de la laïcité en général...

Maurice Deixonne, plus tard président du groupe socialiste, animait alors d'une main ferme le Planning familial. En cette qualité il mena un combat impitoyable dontre les partisans de l'universalité. Dans un discours que je n'ai pas oublié, ce vénérable universitaire s'exclama:

"Comment peut-on accepter que certains gagnent, avec une partie déterminée de leur individu, ce que d'autres font en travaillant de leurs mains!"

Antoine Blanca

Repost 0
9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:47

La nouvelle a fait la une de toute la presse latino. Mais en Europe, il faut la chercher dans les pages "Eco" des quotidiens. La faillite depuis longtemps annoncée de ce pays de 43 millions d'habitants est motif à sourires entendus, ou à des clins d'oeil complices. Comme si on disait: "Que voulez-vous? C'est l'Argentine!"

Mais nous ne sommes plus dans les années 80, quand Reagan et ses boys s'acharnaient sur les pays qui avaient hérité des régimes militaires d'une désorganisation extrême de l'économie et des finances. Cette situation les mettaient à la merci de la Maison Blanche et de ses toutous du FMI de l'époque.

Depuis le Brésil, l'Uruguay, le Paraguay ont rétabli un ordre certain. Tous les autres l'ont fait depuis longtemps. Si l'on étudie à part le cas du Venezuela...

En Argentine tout était factice. Mme Kirchner renvoie les compétences et les remplace par des incompétents prétentieux, proches de la famille et de ce qui reste du péronisme. Aujourd'hui la monnaie nationale, le peso argentin, n'a plus aucune valeur d'échange. Et ceux qui le peuvent font jouer le billet vert. Il est une classe sociale argentine qui vit de la débrouillardise. Et certains vont encore tirer avantage de cette pagaille. Ils nagent et surnagent bien. Mais le simple salarié? Le travailleur qui continue d'être payé en pesos? Certains n'ont vu de dollars qu'à la télé! Ce n'est pas sur la CGT péroniste, vendue à Cristina Kirchner. Sans doute en monnaie américaine...

Antoine Blanca

Repost 0
7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 11:28

Mon titre utilise une expression sportive commune au sprint cycliste et à l'athlétisme sur piste. Dilma "tient la corde" préfigure sa victoire au 2e tour de la présidentielle pour un deuxième mandat qui ne pourra être renouvelé immédiatement.

En dépit des analyses superficielles ou malveillantes de la presse internationale, les mandats exercés successivement par Lula et par Dilma auront été largement bénéfiques tant au petit peuple des favelas qu'à l'économie de ce grand pays(en dépit d'une petite baisse de régime ces derniers mois).

Les manifs contre le coût élevé de la construction de stades et autres infrastructures en relation avec la Coupe du Monde de foot, n'ont pas été le fait des quartiers pauvres mais de la jeunesse universitaire et d'une classe moyenne en plein essor. J'en veux pour preuve la tristesse partagée par le pays tout entier qui a serré les rangs au lendemain de l'élimination humiliante du Brésil sur ses terres.

La Coupe du Monde est finie, mais les beaux stades restent qui serviront pour d'autres compétitions, à commencer par les prochains Jeux Olympiques.

Quant aux résultats du premier tour, ils ont constitué un désaveu cinglant pour des journalistes venus à Rio se pourlécher du demi-échec souhaité de Dilma, et de l'annonce d'un duel serré entre l'évangéliste de choc Marina Silva et la sortante. Double déconvenue pour ceux qui avaient oublié le PSDB dans leur avide recherche du scoop. Une fois de plus ce sera un traditionnel duel gauche contre centre.

Le nouveau mandat de Dilma sera marqué par la lutte contre la corruption qui devra concerner les 26 Etats de la Fédération ainsi que les parlementaires...Ce n'est pas gagné à l'avance...

Antoine Blanca

Repost 0
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 12:50

En zappant un peu ce matin, depuis mon lit d'hôpital, je suis tombé, le hasard faisant mal les choses, sur le député UMP Mariton. Comme le font nombre de ses amis politiques (quand ils font une pause entre deux cruelles invectives contre Sarko), il a dénoncé l'absence en France d'un plan ambitieux de "réformes", d'un refus de s'attaquer à la générosité de notre système de protection sociale comme l'auraient fait tous les autres pays européens. Avec succès, bien entendu.

La droite a son langage à elle. Autrefois réformer était synonyme de progrès social. Pour les conservateurs modernes réformer c'est l'austérité: équilibrer les budgets en supprimant les avantages acquis gagnés au prix de longues luttes par les salariés. Le "tout privé", le tout libéral: liberté de licencier, liberté de fixer les salaires...

Seule la France, jusqu'ici, résiste face à cette avalanche antisociale contre le seul monde du travail. Toute la gauche, tous les écolos savent bien qu'on ne peut aller plus loin. Ils devraient soutenir sans faille ce gouvernement de progrès, isolé parce que socialiste. C'est loin d'être le cas, hélas.

Du coup la droite est allée chercher dans l'Europe du XIXe siècle, quand on qualifiait la Turquie (alors colonisant plusieurs pays européens), "d'homme malade de l'Europe". Pour Mariton comme pour nombre de ses amis en panne d'idées, le "malade" c'est aujourd'hi la France.

Une belle preuve de manque de patriotisme par calcul, misérable, politicien.

Antoine Blanca

Repost 0
23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 11:07

Une constante chez l'ancien président et toujours membre du Conseil Constitutionnel: il déteste la contradiction. Nous l'avons encore vérifié sur France 2 avec Delahousse. En fait il ne se sent à l'aise que dans le monologue, devant un public qui l'écoute avec dévotion. A l'Elysée il réfléchissait ainsi à haute voix devant des conseillers fidèles. Pour son retour politique à la télé, s'il avait pu, il aurait choisi Jean-Pierre Pernaut et TF1. Mais il a eu conscience que cela ferait vraiment mauvais effet.

Il paraît que, de toute façon, la mayonnaise n'a pas pris. Le journaliste de la 2 s'est bel et bien refusé à jouer les faire-valoir de l'homme de Neuilly.

Lui qui s'est montré si dur avec son successeur (après avoir annoncé qu'un tel procédé serait indigne de lui...) pourrait réfléchir à ce qui les sépare en matière de relation avec la grande presse. Hollande se livre sans autre précaution, deux fois par an, à la curée de 350 journalistes français et étrangers. Sarkozy ne s'y est jamais risqué. On se souvient que, interpellé par un ouvrier à quinze mètres de distance et à cinq de hauteur, à l'abri d'une douzaine de gardes de sécurité, il avait lancé au syndicaliste un: "casse-toi, pauvre con!" qui avait marqué les esprits sensibles aux bonnes manières.

Sarkozy n'est pas un homme courageux mais un bateleur génial dans le débat public contrôlé. Son retour, après avoir annoncé tout et son contraire au sujet de sa vie de retraité, n'affectera nullement la gauche. A droite, s'il peut compter sur Nadine Morano, NKM et Hortefeux, beaucoup d'autres commencent à préparer leurs couteaux. Et ce sont de belles lames...

Antoine Blanca

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens