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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 10:45

J'ai mis un long moment à réaliser l'énormité de ce qu'avait dit Emmanuel Macron pour définir son "mouvement" en voie de création: quand un enfant ne sait pas distinguer sa droite de sa gauche, il est urgent de consulter un spécialiste. Le ministre de l'Economie est sans aucun doute une pointure de l'ENA, une tête d'oeuf comme nous disions autrefois: mais je prédis qu'il n'ira nulle part dans la vraie compétition politique. En démocratie il y a certes des situations extrêmes qui justifient l'appel à l'unité nationale. Nous nous sommes rassemblés spontanément dans les coeurs et dans les rues au lendemain des horribles attentats terroristes, par exemple. Mais quand il s'agit de questions économiques et sociales ce type de rassemblement ne peut se produire sans étaler des contradictions insurmontables. Je m'adresse à mes amis de l'exécutif: faire les yeux doux à la droite ne nous apportera pas une seule voix. Ces gens-là ne nous supportent pas et ne pensent qu'à nous éliminer. En revanche, défier, comme le fait Macron, les citoyens de gauche a un coût élevé. Entre la gauche et la droite il y a un abîme dans lequel Macron nous invite à nous précipiter.

Jeune dirigeant en 1964 j'avais assisté à la déconfiture de Gaston Defferre qui voulait créer une "grande Fédération" unissant la gauche et le centre: le chef des centristes, le démocrate-chrétien Jean Lecanuet n'en voulut pas. Le maire de Marseille fut envoyé au tapis et la FGDS naquit autour de François Mitterrand qui obligea, en 65, De Gaulle à disputer un deuxième tour. La longue marche vers la fondation du PS d'Epinay commença alors...

Antoine Blanca

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 10:47

La constitution espagnole avait, croyait-on, prévu la possibilité d'un blocage législatif si les partis représentés au Congrès des députés (350 membres) ne parvenaient pas à trouver une majorité pour gouverner. Ainsi le texte fondamental ouvre-t-il même la voie à un gouvernement ne pouvant compter que sur une majorité simple. Mais celui que le roi avait chargé de réunir ces conditions, Pedro Sànchez le leader socialiste (90 élus), vient d'échouer par deux fois: d'abord à rassembler une majorité absolue, ensuite une majorité simple (davantage de "ouis" que de "nons"). C'est que ni la droite de Rajoy (123 élus), ni la gauche "indignée" (69 élus de PODEMOS et assimilés) ne veut céder sur ses principes. Rajoy parce que n'acceptant de participer au pouvoir que s'il le dirige ("nous sommes le 1er parti du pays"); PODEMOS parce que, tout en proposant un "front de gauche"*, continue d'exiger la tenue d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne (inenvisageable pour le PSOE qui juge que l'unité de la nation ne peut être un enjeu électoral).

Conclusion: je ne vois pas comment le recours à de nouvelles élections peut être évité devant cette double intransigeance.

Antoine Blanca

* le "front des gauches" proposé par le leader de PODEMOS ne compte pas, non plus, de majorité solide potentielle.
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:40

Les accords ont été signés par Louis Joxe au nom de De Gaulle, et par le chef militaire Krim Belkacem pour les Algériens. Dans quel contexte? Côté pied-noir l'OAS tentait de maintenir sa pression par la terreur. Côté FLN/ALN on s'aperçut vite que les différentes willayas (régions militaires) étaient épuisées militairement et moralement, privées de toute logistique. Mais on constata aussi que la population était bien encadrée et prête à occuper massivement les rues des grandes villes. Les événements du 26 mars 1962 marquèrent dans la douleur la fin de la terreur fasciste. L'OAS avait invité les masses à descendre de leurs quartiers et à converger vers le centre d'Alger. Mais rue d'Isly, près de la Grande Poste, des tireurs embusqués sur les toits tirèrent à vue sur une foule civile désarmée. Un massacre. Là commença l'exode massif des Européens...La valise ou le cercueil...*

L'Assemblée Nationale avait décidé en 2012 de commémorer la date du 19 mars. Commémorer n'est pas fêter. Sarkozy, le FN et des élus de la droite de la région PACA ont jugé électoralement utile de dénoncer cette commémoration. Une manipulation à mon avis honteuse, voire cynique. En particulier s'agissant du sort des harkis que le gouvernement de la droite au pouvoir avait décidé, en 62, de livrer à la vindicte des "vainqueurs"...Ceux qui arrivèrent sur le sol français furent parqués et enfermés dans des camps comme indésirables. Voilà une partie du côté obscur de ce morceau de notre histoire.
Antoine Blanca
* officiellement on continue d'ignorer l'identité et les motivations des tireurs/assassins des toits de la rue d'Isly. En procédant par élimination: le FLN doit être écarté: impossible à cette époque pour un Algérien d'approcher les quartiers européens; l'armée régulière, gendarmes et CRS, n'auraient, à mon avis, jamais obéi à de tels ordres. Reste les "barbouzes"alors utilisés contre l'OAS et ses tueurs. Mais qui a ordonné un massacre destiné à accélérer le départ des pieds-noirs?....
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 11:04

La droite brésilienne est riche et puissante. Elle possède ou contrôle la quasi-totalité des médias. Depuis la première élection de Lula à la présidence de cette fédération d'Etats, il y a déjà 14 ans, la bonne bourgeoisie ronge son frein: elle n'est pas prête à supporter davantage. Après huit ans de présidence Lula et bientôt six de l'ancienne guérillera anti-dictature militaire, Dilma Rousseff, le Parti des travailleurs affichait le projet de présenter, de nouveau , son fondateur. Il fallait empêcher ça à tout prix...

Or, tant que la forte croissance était là tout le monde, ou presque, y trouvait son compte. Les pauvres, bien entendu (leur nombre a été divisé par trois et les favelas ont été, à 80%, dotées de services publics convenables); mais aussi les chefs d'entreprise et les cadres en costume/cravate. Difficile de s'attaquer à un pouvoir aussi populaire...Mais la crise, désormais, est là, qui persiste. La croissance est aujourd'hui en berne.
La droite a jugé que le moment était venu. D'avoir la peau de Lula en lui faisant un procès confus mais bien relayé par une presse qui transforme les rumeurs en vérités bibliques. Et, si possible, de destituer Dilma en gardant les apparences du respect de la Constitution.

La bourgeoisie carioca et paulista* est dans la rue. Ce qui rappelle aux gens de mon âge les manifs indécentes des dames BCBG de Santiago du Chili, tapant sur des casseroles, accompagnées de leurs servantes en uniforme, et criant à l'intention de Salvador Allende: "pan, pan, pan, queremos pan!".(pain, pain, pain, on veut du pain!"). J'invite mes lecteurs à ne pas se laisser abuser par notre presse française. Mal informée, par ignorance ou par malice.

Antoine Blanca

* carioca, habitant de Rio; paulista, habitant de Sao Paulo
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 11:29

Nous sommes nombreux à vouloir croire à l'authenticité démocratique du soulèvement populaire à Damas (avant de s'étendre dans le pays) qui devait, hélas, aboutir à la plus sanglante des guerres et à l'explosion littérale, territoriale, de la Syrie. Or, si la réalité que nous soutenions était vraie pour des milliers de citoyens lassés de supporter la tyrannie du BAAS et du clan des Assad, les masses populaires d'opposition étaient très majoritairement contrôlées, comme toujours, par les Frères musulmans*. Et, la violence s'intensifiant, par les extrémistes d'Al Nosra. Plus récemment, on le sait, par ceux de DAECH.

Quand on cherche la vérité, l'authenticité, on se rend compte que tous les dés sont pipés. Bachar, comme Hafez son père fondateur de la dynastie, ne tient pas son pouvoir des seuls baassistes et de leurs frères en religion alaouite, mais de toutes les minorités menacées d'anéantissement par le salafisme des Frères (soutenus par les armes et les dollars de Riad). Chrétiens, Druzes, Chiites, Kurdes se sentent protégés par un pouvoir de Damas qui se proclame laïc et les laisse vivre.

La chute des tyrans en Irak comme en Libye n'a apporté que désordre, confusion et massacres. En Algérie, la communauté démocratique internationale (comme la majorité des Algériens aujourd'hui) est reconnaissante à l'autorité militaire d'avoir empêché par la force, et au prix de beaucoup de sang, le salafisme armé de prendre le pouvoir...par les urnes.

En Syrie la douloureuse question est posée à notre communauté internationale: sa priorité ne devrait-elle pas être d'empêcher une nouvelle Libye?

Antoine Blanca

* Il y a un quart de siècle Assad père réprima sans pitié un soulèvement de Frères centré à Alep. Le pays fut fermé pendant plusieurs semaines dans l'indifférence générale. On parla de liquidation physique de la Confrérie...
On sait que le BAAS est un parti panarabe se proclamant socialiste, nationaliste et laïc. Hafez el Assaz en fut, avec le chrétien Michel Aflek, l'un des fondateurs. Mais le BAAS irakien de Hassam s'appuya rapidement sur la minorité sunnite, celle de son chef, tout comme son frère ennemi syrien sur les minorités religieuses. A commencer par celle à laquelle appartenaient les Assad, l'Alaouite. "Real-politik" oblige...
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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 10:28

Avant que nous établissions une relation d'amitié (grâce à la FGDS et au PS), le nom du journaliste de gauche Claude Estier m'était déjà familier: mon père s'était abonné à "l'Observateur" de Claude Bourdet dès sa parution et recevait régulièrement "Libération" sans partager toujours, pour autant, leur orientation qu'il jugeait trop laxiste par rapport aux communistes. C'est notre passion partagée pour la presse engagée qui devait nous réunir quand nous nous retrouvâmes, militants au PS et admirateurs de François Mitterrand. Lui, mon aîné de dix ans, avait vécu en relation directe avec de grands noms de la presse (Emmanuel d'Astier, Claude Bourdet, Raymond Barillon, Gilles Martinet...), qui étaient pour moi des mythes lointains...et le plus souvent hostiles à mon engagement fidèle à la SFIO.

Qui aurait juré que je deviendrai diplomate et lui, sénateur. Il sera même, pendant 16 ans, président du Groupe socialiste de la Haute assemblée (où il mit enfin de l'ordre). Avec sa femme Victoria Man, parfois avec leur fille Eléna, il vinrent nous visiter dans les capitales (Washington, Lima...) où je représentais la France en qualité d'ambassadeur.

Retraité à partir de 2001 (lui quittera la présidence du groupe trois ans plus tard) je déjeunais régulièrement avec Claude pour poursuivre nos interminables échanges de souvenirs et de points de vue commencés en 1971. Il avait la passion de l'écriture (en fait il écrivait tout le temps) et j'avais quelques fois collaboré à l'hebdo l'UNITE dont il était directeur.

Claude Estier était entré dans la Résistance dès l'âge de 17 ans, en 1942, à Lyon et avait exposé sa vie, comme responsable FFI, jusqu'à la victoire.

Antoine Blanca

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 11:09

Martine Aubry paraît avoir perdu tout bon sens. Le sens de la loyauté due à son parti et à ses camarades, le sens de l'Etat et, pensent certains, le sens de l'honneur. Elle dérive et, comme toute dérive, cela ne mène nulle part. Certes elle garde toute sa capacité de pure nuisance. Elle peut faire du mal. Mais en aucun cas elle ne se fera du bien.

Elle était, jusqu'à présent, la personnalité socialiste la plus connue dans l'ex-région Nord-Pas-de-Calais. Mais elle s'est refusée obstinément à son devoir de conduire les socialistes dans les élections régionales. Elle aurait certainement réalisé un meilleur score que le courageux camarade qui s'est dévoué à sa place. Elle porte une responsabilité, sinon dans la défaite retentissante du PS et de ses alliés, du moins dans son ampleur. Depuis la primaire de fin 2011, elle n'a cessé d'incarner l'échec.

Jusqu'ici j'avais toujours voté pour elle. Par fidélité à Pierre Mauroy qui l'avait couronnée Maire de Lille. Et qui, depuis, n'avait cessé de lui apporter son soutien. La dernière fois, il est vrai, avec un enthousiasme très forcé...Mais je n'avais jamais mesuré ce besoin de détruire qui semble l'habiter. Et peut-être, de s'autodétruire. Le président Hollande, de retour d'un voyage épuisant, sans doute le plus long qu'il lui ait été donné d'effectuer, va devoir tenter de reprendre les cartes en main. De panser des blessures qui laisseront, de toute manière, des cicatrices...

Antoine Blanca

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 17:52

Mauvaise foi ou ignorance? Certains médias disent d'étonner de la réserve du Président face à la polémique voulue par Martine Aubry et d'autres amis de gauche. Or, d'une part, le Chef de l'Etat ne s'exprime jamais sur le sol étranger à propos de thèmes de politique intérieure. D'autre part sa haute fonction exige en permanence, de sa part, la plus grande réserve concernant des thèmes de polémique partisane.

Antoine Blanca

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 11:02

Ainsi l'aîné des frères Castro, le paysan de la fratrie, est mort hier(la presse). Je l'ai connu en octobre 1974 quand je faisais partie de la délégation qui accompagnait François Mitterrand dans son voyage de Premier secrétaire du PS à Cuba. Ramon (Mongo pour les Cubains), était chargé d'un ambitieux programme visant à doter l'île révolutionnaire d'un bétail digne de celui du Limousin et d'autant de produits laitiers que la Normandie. Le centre expérimental que nous visitâmes se situait dans un paysage de collines verdoyantes, la vallée de Picadura. Accompagnés de Fidel nous fûmes reçus dans la ferme modèle, centre de l'expérimentation. Un déjeuner nous fût servi*. Ramon décrivit avec passion les étapes de la réussite de l'acclimatation au climat tropical d'une nouvelle race bovine destinée à remplacer progressivement les traditionnels (et squelettiques) zébus. Les Cubains auraient bientôt de la bonne viande et du lait à profusion....

Hélas cette nouvelle race ne pouvait se nourrir des végétaux que l'île produisait en abondance. Il fallait importer l'aliment...Au lendemain de l'effondrement de l'Union soviétique il fallut abattre boeufs, veaux et vaches. En 1991 le rêve né à Picadura prit fin.

Je m'entretins brièvement avec Ramon en décembre 75 et ne l'ai jamais revu depuis. Contrairement à son petit frère Raùl il n'avait participé ni aux combats du Moncada, ni à ceux de la Sierra Maestra. Il avait continué à exploiter la ferme familiale dans la partie orientale du pays. Mais ses conseils pendant la réforme agraire furent écoutés et la majorité des petits agriculteurs (guajiros) sont restés fidélistes. Jusqu'à sa mort, à 91 ans, Mongo a continué à apporter ses lumières dans le domaine de l'agriculture. Quand on lui disait qu'il ressemblait beaucoup à son frère Fidel, il répondait avec humour que c'était le contraire...car l'aîné c'était lui.

Antoine Blanca

* Les Français avions apporté le fromage. Des Camembert fermiers dont Fidel a toujours été friand.
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 11:55

Attali avait été recruté par Mitterrand après le congrès d'Epinay. Le patron du PS voulait du sang neuf, ne provenant ni de la SFIO, ni de la Convention. Un futur président qui s'était formé, exclusivement, dans le combat politique quotidien était alors à la recherche de super-doués du monde universitaire. C'était le cas de son nouveau sherpa, jeune homme de bonne culture et économiste social-libéral. Un intellectuel moderne en marge du militantisme traditionnel. Convoqué un jour par le Premier secrétaire dans son bureau du 7bis place du Palais Bourbon, je me souviens avoir vu, dans la vaste anti-chambre, Attali et Fabius assis côte à côte derrière un long bureau tenant davantage de ce qu'on appelle à la campagne une "table de batteuse". "Des super-doués des plus grandes écoles", me confia Paulette Decraene, collaboratrice de confiance du grand chef.

Attali demeura longtemps attaché à François Mitterrand, au-delà de la défaite parlementaire de 1986 et de la première cohabitation. Mais il ne quitta pas finalement l'Elysée en bons termes. Après avoir retrouvé sa pleine liberté de parole et, surtout, d'écriture, Attali a alimenté, de la manière la plus prolixe, les maisons d'édition. Dans le domaine de l'économie tout indique qu'il a continué de se situer sur le terrain du réformisme éclairé modernisant, de tonalité libérale. Autrement dit que le projet de réadaptation du Code du travail serait, a priori, de nature à lui convenir. Pourtant, à lire sa tribune que publie LE MONDE hier soir, les propositions que présente la ministre El Khomri l'ont indigné.

Ne croyant pas, pour ma part, à la vraisemblance d'une reconversion idéologique marxisante de l'auteur, mon explication est que le président Hollande (son ancien jeune collaborateur au cabinet de Mitterrand) a froissé l'ego sur-dimensionné de ce grand penseur des XXe et XXIe siècles.

Il ne lui a été confié aucune grande mission nationale ou internationale. Et, en cette affaire de "mise à plat" du Code, le Chef de l'Etat a fait appel à Badinter. Alors que Jacques Attali estimait sans doute que Jacques Attali était l'homme de la situation. De quoi provoquer une indignation bien compréhensible, sinon justifiée...

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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