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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 10:02

La première singularité de Pablo Iglesias Turrion est de porter le prénom et le nom du fondateur du PSOE et de l'UGT. La différence? Le deuxième nom de famille, celui de la mère. Celui de l'historique Pablo Iglesias était Possé, celui du fondateur de Podemos (yes, we can) est Turrion. Il a 35 ans, est à la fois docteur en droit et en Science politique (oui, en Espagne c'est au singulier), et animateur de débats à la radio et à la télé. Enfant d'une famille de gauche, né dans le quartier populaire de Vallecas, à Madrid, ce n'est pas par hasard que sa militante de maman lui donna le prénom du premier leader socialiste.

En prenant la tête du mouvement Podemos (5 députés au Parlement européen), cet ancien des JC a sans doute bénéficié de l'écho positif de patronymes restés vivaces dans le coeur de la classe ouvrière en particulier et de la gauche en général. Il a aussi joué un rôle dans l'agitation des Indignés. Et ce garçon élancé, portant chignon, est devenu, à l'âge de 35 ans, populaire parmi la jeunesse de gauche.

Un nouveau gauchiste à la Mélenchon? Oui et non. Oui parce qu'ils font partie, l'un et l'autre, d'un même mouvement contestataire. Non, parce que le nouvel Iglesias sait se servir avec talent, sang froid et sens de la répartie, des grands moyens de communication. Il donne le sentiment à auditeurs et téléspectateurs d'être compétent et pondéré. A l'opposé du comportement de son homologue français. Dans cette période de crise du PSOE, l'autre Pablo Iglesias peut contribuer à réunir ceux qui auraient tendance à désespérer du grand parti traditionnel. En préservant les chances d'une future unification dans un congrès d'Epinay à l'espagnole. Espérons!

Antoine Blanca

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 17:09

Sur ce point la quasi totalité des amateurs de foot sont d'accord: organiser une Coupe du Monde dans un micro Etat pétrolier comme le Qatar est une aberration. Il ne disposait, au moment du vote de la FIFA, ni de stade digne de ce nom et, de ce fait, n'organisait pas de championnat national. Ajoutez à tout cela des températures de four et l'histoire pourrait être bouclée.

Restent les soupçons fondés de distribution sélective de pots de vin. C'est ainsi que, quelques semaines avant le vote de la FIFA (décembre 2010), Michel Platini (UEFA) était convié à l'Elysée pour participer à une réunion avec l'Emir du Qatar et l'hôte de la maison, Nicolas Sarkozy. Un peu plus tard l'ancien héros des Bleus votait pour le Qatar et...Laurent Platini, fils de son papa, "se voyait offrir un emploi lucratif par un équipementier sportif qatari" (The Times, 1er juin).

En l'occurrence, les dénégations du président de l'UEFA peinent à convaincre. Pourquoi, par exemple, a-t-il ignoré les réticences très affirmées de la totalité de ses conseillers. Dont on mesure aujourd'hui combien elles était avisées...

En tout cas, si le Qatar comptait sur l'organisation de la prestigieuse Coupe pour s'affirmer en tant que grand Etat, c'est l'effet contraire qu'il a produit. Sans doute a-t-il vu trop grand, ayant perdu le sens de la démesure.

On parvient ainsi à convaincre l'opinion de ce qu'une procédure régulière peut être contournée avec, dit un chroniqueur du Times, suffisamment de graisse et beaucoup de pattes disposées à se salir.

Antoine Blanca

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 23:10

Le roi Juan-Carlos 1er a fini par suivre la voie de la sagesse en abdiquant. Le Prince des Asturies lui succède sous le nom de Philippe VI. Lequel va se voir contraint d'être simplement un monarque constitutionnel. Comme il y en a tant en Europe.

Son père a joué, à partir de la mort de Franco le 20 novembre 75, et surtout au lendemain du 23F, un rôle qui débordait, du fait des événements, les pouvoirs que lui accordait la constitution. Après la tentative de coup d'Etat orchestrée par celui qui était connu pour être son mentor en matière militaire, le général Armada, le roi s'était affirmé comme Chef des Armées et comme garant de la démocratie. Applaudi par l'immense majorité de ses concitoyens.

Aujourd'hui, les faits sont connus, il est cerné par les scandales touchant sa personne et une partie de sa famille. Le nouveau roi va devoir gérer des moments difficiles avec le procès de sa propre soeur. Les Bourbon chancellent.

Mais je pense toutefois que l'heure de la proclamation de la IIIe République n'a pas encore sonnée. L'Espagne est parmi les pays d'Europe l'un de ceux qui affrontent la crise la plus profonde. Et un changement de régime, de drapeau, d'hymne ne peut se faire que dans une atmosphère d'ample consensus national. Ce qui n'est pas le cas, loin de là. Les républicains devront attendre.

Antoine Blanca

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 18:35

Personne ne devrait s'en réjouir: les sondages se succèdent qui traduisent la méfiance des citoyens vis-à-vis de leurs représentants qu'ils ont pourtant élus démocratiquement. C'est le cas en France mais aussi, on le constate dans chaque consultation, quelle que soit sa nature, dans tout le reste de l'Europe, à l'exception peut-être de l'Allemagne. On ne peut rien contre les chiffres, surtout quand ils se répètent. Mais il y a de quoi être inquiet. Aucune alternative crédible n'est offerte. Pas même par les extrêmes fut-ce, en France, par le parti de la famille Le Pen.

Il convient donc de ne perdre ni espoir, ni sang froid. Si les Français baissent les bras, cèdent à la tentation de croire au 'tous pourris', conviction qui a peu à voir avec la réalité, nous frôlerons le précipice. L'immense majorité des élus locaux sont dévoués à leur mission et fondamentalement honnêtes. Curieusement les électeurs, qui les connaissent de près, en sont convaincus.

C'est bien là que se trouve la contradiction insensée. Dans notre pays en particulier la reprise, et donc la croissance, dépendent d'un retour à l'optimisme. Or les raisons ne manquent pas qui pourraient le justifier.

Antoine Blanca

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 10:42

Les reporters du monde entier sont arrivés à Rio pour couvrir la Coupe du monde. Et du même coup ils découvrent le pays tout entier. Or le Brésil est un immense territoire, avec d'immenses problèmes. Mais c'est aussi une démocratie qui fonctionne, même si c'est encore un peu cahin-caha, dotée d'un gouvernement fédéral, basé à Brasilia lequel, en dépit de tout, et contre tout parfois, est en passe de réduire fortement les inégalités. La grande pauvreté a été ainsi réduite dans la proportion de près de 70% et 95% de la population est scolarisée.

A partir de Rio on peut faire des reportages colorés relatifs à l'insécurité, une réalité commune à toutes les banlieues des grandes villes du continent; au coût exorbitant des nouveaux stades (accent mis sur l'historique Maracana) à l'apparente misère des fameuses favelas. Or la police fédérale n'est plus ravagée par la corruption; les stades serviront aussi pour les prochains Jeux Olympiques; et la vie dans les favelas a été notablement améliorée (accès à l'eau courante, à l'électricité, aux services municipaux de nettoyage, au transport scolaire...).

Certes Rio, son Maracana et ses favelas, ce n'est pas tout le pays. Mais les reporters seront appelés à voyager car le mondial de foot concerne l'ensemble des villes, grandes et moyennes. Et ceux qui connaissent un peu déjà le pays pourront constater, s'ils sont objectifs, les immenses progrès accomplis ces derniers 25 ans. En espérant qu'ils tiendront compte qu'il s'agit d'une fédération d'Etats et que, ni tous les lauriers, ni toutes les critiques ne peuvent concerner le seul gouvernement de Brasilia.

Antoine Blanca

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 12:39

On a peu commenté en Europe les élections en Colombie. Nous étions trop occupés, c'est naturel, par nos propres consultations avec ses surprises (mauvaises en France, bonnes en Italie...), et par les événements en Ukraine.

Il demeure que ce qui se passe en Colombie ne saurait nous laisser indifférents puisque de la réélection ou non de Juan Manuel Santos dépend la poursuite du processus de paix avec les FARC (8000 combattants), dernier mouvement de guérilla existant en Amérique latine.

Au 1er tour Santos (25,67%), a été devancé par le candidat de la droite dure, Oscar Ivan Zuluaga (29,14%). Mais il demeure, grâce à l'appel à voter pour lui au 2e tour (15 juin), des partis de gauche, dont l'Union Patriotique. Au Sénat (102 membres), les partisans du président sortant sont nettement majoritaires (45 sénateurs contre 21 pour la droite dure). J'espère, pour ma part, que la recherche de la paix sera poursuivie malgré l'apparition d'une sorte de front anti-négociation. Mais la principale réalité est bien le taux d'abstentionnistes qui a atteint 60%, un record.

C'est dire que la majorité des Colombiens demeure perplexe et se tient à distance d'un monde politique qui semble n'avoir pas été en mesure de se faire respecter. C'est pourtant une part de leur avenir national qui se joue dans les négociations avec les FARC qui se tiennent à La Havane depuis plusieurs mois, et dont on a commencé à enregistrer des résultats positifs.

Antoine Blanca

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 10:12

Je lis dans la presse des commentaires sur la dernière réunion du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale. La réaction de certains députés socialistes m'irrite sérieusement. Sans me surprendre quand j'apprends les noms de ceux qui paniquent. Attitude indigne de la part d'élus de la nation. De gauche de surcroît. Très à gauche même, estiment-ils.

Certes, on ne peut rester indifférent, au lendemain d'une nouvelle lourde défaite électorale. Mais il convient aussi de donner la priorité à une froide analyse de la situation. Pour préparer la contre-attaque. Faut-il, pour autant, ajouter le drame à l'inquiétude, aussi justifiée cette dernière soit-elle?

Je pense, au contraire, que les élus doivent apporter à leurs électeurs les éléments de nature à relativiser la victoire d'une formation politique dont l'ADN est fascisante, en soulignant qu'elle ne possède ni programme crédible, ni personnel susceptible de participer à la direction des affaires de notre pays. Car ce n'est pas tant par ses idées que le lepénisme menace notre vie républicaine, que par son absence d'idées. A nos journalistes de renom de faire ressortir cette indigence au lieu de banaliser le FN.

Antoine Blanca

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:12

A en croire les éditorialistes de la presse sérieuse, les animateurs de ceux qui se réclament de l'aile gauche du PS ont déjà enterré le Président dans la perspective de 2017. De mon point de vue une telle attitude est proprement irresponsable. En résumé ces militants ont toute chance de se tirer une balle dans le pied en visant le coeur de leurs camarades de l'exécutif (auquel participe d'ailleurs leur propre leader comme ministre de l'Education Nationale).

Je dis à ces amis: comment pouvez-vous imaginer un succès, peut-être face à la Le Pen au tour décisif, si Hollande ne réussit pas dans sa haute mission? Son éventuel échec serait de toute façon également le leur.

Je les appelle donc à ne pas confondre leur rôle, important au sein d'un parti démocratique, de minoritaires critiques, avec celui d'opposants.

Qu'ils renoncent à se joindre aux attaques virulentes de nos adversaires chaque fois qu'un micro passe à leur portée. Ils ont un tout autre rôle à jouer en enrichissant la réflexion commune. Ne soyez pas partie à une campagne confusionniste dont ils sont, en fin de comptes lucide, aussi les victimes.

Antoine Blanca

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 10:29

Les éditorialistes, toutes tendances confondues sont, en ce matin du lundi 26 mai, aussi désorientés que les leaders des partis traditionnels. Pour le PS, on dit qu'il s'agit d'une 'première': mémoire courte car, à quelques dixièmes près, en 1994 la liste Rocard (on votait alors pour une liste nationale unique) avait obtenu le même pourcentage de 14%. Et des élections européennes sont sans commune mesure avec le séisme de 2002, quand le très estimé, à juste titre, Lionel Jospin, fut devancé par Le Pen père, à la présidentielle...

Non, ce qui diffère de tous les autres scrutins récents c'est 1) l'impressionnant résultat du FN, dont la mobilisation a été sans faille,

2) l'abstentionnisme massif des électeurs socialistes.

Mais une fois le désastre électoral pris en compte et analysé, Hollande et le gouvernement Valls n'ont d'autre choix que de tenir bon le gouvernail du navire France. Toute autre politique se traduirait par un désastre national.

Ces messieurs de Bruxelles et la Dame de Berlin ont-ils pris la mesure du message de désarroi envoyé par la majorité des peuples d'Europe? Ce n'est hélas pas certain. Mme Merkel, par exemple, plus forte que jamais (son homologue français se trouvant bien affaibli), tient entre ses mains les clés d'un changement de politique économique. Celui qui donnerait la priorité au retour à la croissance et au plein emploi. Mais il est à craindre que les ayatollahs européens, pas plus ceux de Bruxelles que celui de la CDU allemande, ne soient pas disposés à faire leur mea culpa.

Désastreuse persistance dans l'erreur dont seuls les autres payaient le prix....

Antoine Blanca

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:34

Au moment où j'écris ces lignes (dimanche 25 mai) nous ne disposons que de bribes d'éléments sur la présidentielle ukrainienne. Même si beaucoup prédisent la victoire, étrange conclusion des événements de la place Maïdan, du roi local du chocolat. Produit pas spécialement emblématique des pays slaves, encore que plus présentable que la vodka. Mais enfin, ce serait encore un oligarque, un de ces nouveaux milliardaires: ils ne peuvent, tous, acheter des clubs de football en Angleterre...

Tout cela n'a rien d'exaltant et résulte, en grande partie, d'un malentendu: tout en nous en défendant faiblement, nous avons donné aux citoyens de Kiev l'espoir que nous allions les aider à sortir la tête hors de l'eau. Mais le pays est en lui-même un océan de dettes et de besoins urgents qui relèvent d'une générosité dont ni l'Europe, ni les Etats_Unis, ont les moyens.

En outre, dans le seul but de faire la nique à Moscou, nous les avons encouragés, de facto, à prendre des décisions inacceptables pour leur grand voisin. La pire, la plus bêtement gratuite, aura été la suppression du russe comme seconde langue officielle.

L'Ukraine est, de plus, l'ancienne république soviétique qui a subi le plus de caprices de la part des successeurs de Staline. Ainsi l'Ukrainien Khrouchtchev enleva-t-il, pratiquement d'un trait de plume, certains territoires (dont la Crimée) à la grande Russie pour les attribuer à son pays de naissance. On mesure aujourd'hui les conséquences de ces mesures.

Bref les occidentaux avons péché par imprudence. Une imprudence d'autant plus coupable que nous avons donné un brevet de démocratie à un mouvement dont les activistes, comme ceux du parti Svoboda, pouvaient être proches des néo-nazis.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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