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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 11:17

Obama vient de nommer, en attente de confirmation par le Sénat, le maire de San Antonio, Texas, ministre (secrétaire d'Etat) au Logement. Il appartient à la minorité hispanique. Le président des Etats-Unis a annoncé cette nomination en langue espagnole, même s'il a terminé par quelques mots en Anglais. La nomination de Julian Castro confirme la montée en puissance des hispaniques dans la vie politique de la grande puissance*. En effet, le même (encore) maire de San Antonio (1,3 millions d'habitants, 6e ville du pays peuplée très majoritairement par des citoyens d'origine mexicaine) avait été déjà chargé de prononcer le discours d'ouverture de la Convention Démocrate de 2012. Il a fait jusqu'ici une carrière fulgurante: conseiller municipal à 26 ans, maire à 32 il est désormais, à 39, sur les starting blocks pour être candidat à la prochaine présidentielle (comme vice-président).

Petit-fils d'une mexicaine combative, la première de la famille à traverser le Rio Grande, sa mère est, pour sa part, connue dans tout le Texas comme activiste de la défense des droits des Chicanos. Le frère jumeau de Juliàn est membre de la Chambre des Représentants (député). Il a donc de qui tenir. Ses origines modestes ne l'ont pas empêché, grâce à l'obtention de bourses, de faire de brillantes études universitaires.

Il lui faudra encore s'affirmer dans le milieu impitoyable de Washington. Et, j'ajoute (à titre personnel) améliorer sa prononciation de la langue de Cervantes, à peine meilleure de celle d'Obama.

Antoine Blanca

* les hispaniques sont actuellement 50 millions en situation régulière et, pour la plupart, devenus citoyens du pays d'accueil. Mais ils sont, en outre, une quinzaine de millions en attente de régularisation après avoir vécu et travaillé depuis plus de 5 ans aux Etats-Unis. Les Républicains font tout pour bloquer régularisations et naturalisations. Si cet obstacle partisan venait à être franchi, le vieux parti de Lincoln aurait beaucoup de mal à être majoritaire.
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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 18:00

L'hebdo Le Point, choisi par l'ex-président pour faire part aux Français de ses réflexions sur l'Europe, est bien le seul à tresser des lauriers à M.Sarkozy. Si à gauche on s'est contenté de hausser les épaules en soulignant l'inconsistance de l'argumentation, dans son camp, à droite, l'accueil a été plutôt froid. Même le chef théorique de l'UMP n'a pu dire autre chose que: "la parole de Nicolas Sarkozy est toujours la bien venue". Minimum syndical. Tous les autres ténors du parti ont multiplié les contorsions verbales pour finalement ne rien dire. Mais François Fillon, lui, a pratiquement déclaré la guerre au faux-retraité. "Ce n'est pas une telle déclaration qui constituera le centre du débat des européennes". Et de démolir pratiquement chacun des arguments de celui qui fut son patron pendant cinq ans.

De toute manière Sarkozy est très en retard: s'il avait finalement choisi d'intervenir dans une campagne électorale, ce qui signifie son retour dans la politique active, il se devait de s'exprimer beaucoup plus tôt. Lui qui aime tant la pratique du vélo devrait admettre qu'il est arrivé hors délai.

Antoine Blanca

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 11:44

Dimanche 25 mai les citoyens colombiens sont appelés aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle. On notera la coïncidence de date avec les Européens, même si les enjeux sont différents, tout comme l'ambiance. Car dans le grand pays sud-américain ( très marqué par sa côte Caraïbe et par sa fenêtre ouverte sur le Pacifique*), aller voter est une fête. C'est du moins encore une fête, car cette heureuse tradition a tendance à se perdre dans le brouillard de la modernité. Mais aussi, et c'est positif, parce que la démocratie a gagné beaucoup de terrain aux Amériques Latines et le libre suffrage a cessé d'être un pied-de-nez aux dictatures civiles et militaires. La banalisation tue la fête. Même la banalisation de la liberté.

On s'attend à ce que ce premier tour place le président sortant, Juan Manuel Santos, en position d'être confortablement élu au tour décisif. S'il est ainsi admis à un second mandat consécutif, il le devra curieusement à celui qui est devenu son féroce ennemi, son prédécesseur Alvaro Uribe. Lequel, au sommet de sa popularité, mit fin au principe du mandat unique de quatre ans "pour pouvoir achever son oeuvre". Santos était alors son ministre le plus puissant. Mais ce dernier, une fois assis sur le fauteuil présidentiel en 2010, retrouva l'âme réformiste de sa famille libérale; quand Uribe s'enfonça, comme jamais, dans les sombres profondeurs du conservatisme.

On reviendra ainsi à la tradition du pays. Libéraux contre Conservateurs, Rouges contre Blancs. Les changements de sigle adoptés par les deux vedettes du scrutin, Santos contre la marionnette d'Uribe (ce dernier n'a plus droit de candidature par disposition constitutionnelle). Un interminable duel commencé, par les urnes ou par les armes, dès le lendemain de l'indépendance**.

Gabriel Garcia Màrquez, observateur amusé et passionné depuis sa ré Carsidence mexicaine, de tout ce qui se passait dans son pays, aura manqué de peu ce dernier épisode.

Antoine Blanca

* Au lendemain de l'ouverture au trafic du canal de Panama, les Etats-Unis jugèrent opportun d'aider la province colombienne de Panama à proclamer son indépendance en 1903. La Colombie se trouva ainsi amputée de la partie de son territoire qui lui donnait autorité sur la nouvelle voie d'eau stratégique unissant les deux grands océans. Les Etats-Unis ananexèrent alors ce qu'ils appelèrent 'Zone du Canal' qui leur permettait de contrôler la voie d'eau et les terrains qui la bordaient où les fonctionnaires de Washington s'installèrent dans leurs confortables villas, leurs clubs de golf, leur paradis gazonné. Les Panaméens, libérés de la tutelle de Bogotà, contemplaient ce paradis américain derrière le haut mur grillagé. Les 'Accords Carter/Torrijos' mirent fin à cette situation en 1968.
** En 1821 fut proclamée l'indépendance de ce qu'on appela 'Grande Colombie', un rêve de Simon Bolivar. Outre l'actuelle Colombie (dont Panama faisait alors partie), il y avait l'Equateur et le Venezuela. En 1829 Quito et Caracas 'reprirent leurs billes.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:48

'Amores en tiempos del colera' est un des plus célèbres romans de feu Garcia Màrquez, dit Gabo. Remplaçons amours par gouverner, et nous illustrons assez bien la situation politique en Europe à la veille des élections du 25. Le choléra étant, bien entendu, le populisme qui s'apprête à dé-gouverner l'Europe. Car c'est bien une maladie potentiellement mortelle que la Le Pen et ses semblables de Grèce, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et d'ailleurs, veulent répandre au Parlement de Strasbourg. On ne courait pas un tel risque il y a cinq ans: celui d'un blocage institutionnel.

Les responsables d'une telle situation sont sans doute divers et variés. Comme les raisons de la colère...Mais c'est surtout l'abstention qui joue en défaveur de la démocratie. Alors que cette fois, oui, nous avons obtenu que ce soient nos parlementaires qui élisent le Président de la Commission! C'est à pleurer.

Avons-nous les moyens de changer la tendance? Dans tous les cas cela vaut de le tenter. L'effort demandé aux citoyens n'est pourtant pas bien grand: prendre une pièce d'identité, faire quelques pas, saluer le président du bureau de vote et quelques voisins, glisser son bulletin dans l'urne...

Avec l'assurance que nous avons que, de toute manière, notre opinion comptera.

Antoine Blanca

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 10:01

Madame NKM, Dame de Longjumeau (son fief dans l'Essonne qu'elle eût été aviser de ne pas quitter), n'a rien trouvé à se mettre sous la dent contre la gestion de Bertrand Delanoë. Elle a donc rabattu son regard torve sur l'éventuelle attribution provisoire d'un bureau au maire sortant devant lui permettre de clôturer certains dossiers qu'il suivait plus personnellement et de recevoir d'anciens collaborateurs.

A la droite parisienne on ne rappellera jamais assez que le comportement personnel du magistrat socialiste a été à l'opposé de celui de ses deux prédécesseurs RPR, Chirac et Tibéri. Chacun se souvient que l'une des premières décisions de nouveau premier magistrat de Paris fut la suppression des appartements privés, avec leur personnel et leurs cuisines, qui permettaient au Maire de mener une vie princière. Non seulement il ne les occupa pas, mais encore les transforma-t-il en garderie pour les enfants du quartier. Un vaste domaine rendu à la société.

Au lieu de rouler en luxueuse limousine avec chauffeur à casquette, il utilisa une petite voiture de ville qui devint, ces dernières années, voiture électrique. Un modèle de maire modeste. Le refus d'une véritable protection rapprochée faillit toutefois lui coûter la vie lors de la première 'Nuit Blanche'... Simplicité de comportement et sécurité de la personnalité potentiellement menacée ne font pas bon ménage.


L'attribution d'un petit bureau au maire sortant est pratique courante dans des dizaines de villes grandes et moyennes. Voulez-vous, Dame de Longjumeau, que je vous donne la liste de vos amis de droite qui ont bénéficié un temps de cette pratique? C'est une affaire de savoir vivre, une bonne manière par accord mutuel. Nullement une obligation.

Voilà en tout cas un mauvais procès fait à un homme qui a volontairement décidé de ne plus postuler à sa propre succession, au terme de son deuxième mandat. Mais s'agissant de NKM, rien de ce qui est petit ne saurait lui être étranger.

Antoine Blanca

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 16:44

Ségolène Royal est un personnage encombrant. Depuis 2007 elle se voit comme première Présidente femme et, au fond d'elle-même, est convaincue d'avoir été injustement privée d'Elysée. Pour preuve il suffirait de se souvenir de l'étonnant show auquel elle s'était livrée dès l'annonce de sa défaite: arrivée au siège du PS, rue Solférino, dont elle avait annexé la terrasse pour se promener, cheveux au vent comme une déesse grecque, acclamée par quelques centaines de jeunes partisans. Je me trouvais face à un écran télé aux côtés d'un Pierre Mauroy médusé par tant d'audace."A la regarder, on pourrait croire qu'elle a gagné. Je n'avais jamais vu ça!"

Une poignée de semaines plus tard, voilà qu'elle organisait un grand meeting au Zénith de Paris. Avec des personnalités du spectacle, des intermèdes musicaux. Comme si la campagne continuait. "Il me restait un petit trésor de guerre", confia-t-elle à des proches. C'était vrai. Mais c'était vrai aussi qu'elle organisait autour d'elle un véritable 'parti dans le parti' nommé 'Désirs d'avenir', avec siège national et groupes de fans locaux.

Ces efforts s'effilochèrent rapidement, faute de consistance idéologique et programmatique. De financements aussi. La chute vint avec la primaire ouverte de fin 2011. 6%. Larmes. Pour la consoler, on lui promit la circonscription de La Rochelle qu'elle convoitait. Alors que le candidat avait déjà été désigné par la base. Echec mémorable. Adieu présidence de l'Assemblée, Hôtel de Lassay, réception de Chefs d'Etat étrangers. Un nouveau revers d'autant plus douloureux qu'il n'était pas question de revendiquer un portefeuille ministériel avec un tel profil de perdante.

A coups de petites phrases elle parvint cependant à ne pas se laisser oublier. La presse l'aime bien qui espère toujours se régaler de l'un de ses éclats...Et, avec le gouvernement Valls on espéra la mettre enfin sous contrôle en lui donnant un portefeuille et une place de choix dans la hiérarchie ministérielle. Peine perdue: la voilà qui prétend juger sur le fond, publiquement, des dossiers de ses petits camarades.

"C'était par plaisanterie", s'est-elle défendue piteusement. Je crois savoir qu'elle se tromperait en espérant pouvoir recommencer...Mais résistera-t-elle à la tentation?

Antoine Blanca

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 16:43

L'immense tragédie qui endeuille le peuple turc, nous remet en mémoire Zola et son Germinal. La différence est que notre grand romancier écrivit son oeuvre à la fin du XIXe siècle et que les mineurs du charbon qui sont morts par centaines en Turquie sont nos contemporains du XXIe, que le gouvernement conservateur/islamiste d'Erdogan avait été alerté sur l'imminence du danger, que le Premier ministre turc avait refusé la création d'une commission destinée à préconiser des mesures de prévention.

Erdogan est bien coupable de crimes massifs par mépris ou par négligence. Télés, radios et quotidiens européens grondent et titrent sur la colère qui monte en Turquie, sur le gouvernement en accusation etc, etc...Mais gardons-nous de tout optimisme: la droite anti-laïque au pouvoir n'est pas menacée.

Souvenons-nous des manifestations monstres, il y a deux mois à peine contre ces gens-là. Les médias occidentales annonçaient la vraisemblable défaite de la droite aux municipales qui suivaient de près les mouvements de rue. Ces élections ont eu lieu et le conservatisme islamique a renforcé ses positions. Même dans les villes comme Istanbul et Ankara où les abus religieux étaient davantage ressentis par une classe plus éduquée.

Outre que le pays n'a pas été touché par la crise qui frappe encore l'Europe, on pressent qu'une partie de la population, près d'un siècle après sa chute, éprouve comme une nostalgie des temps de l'empire ottoman, quand les hommes portaient sarouel et fez; les femmes voile et robe longue. La jeune Mme Erdogan et les épouses des collègues de son mari portent toutes, bien serré autour du cou, un strict foulard qui ne laisse dépasser le moindre cheveu.

La Turquie fait dans la mode rétro. Laquelle fait fureur. Même si des photos majestueuses du père de la République laïque, Atatürk, figurent toujours dans tous les lieux officiels avec ses bustes et ses statues monumentales.

Moralité: si personne n'ose enterrer une deuxième fois le Père (mort en 38), il est malheureusement certain qu'Erdogan va remuer encore longtemps.

Antoine Blanca

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 11:08

La communauté internationale a bien fini par s'émouvoir après l'enlèvement de 277 fillettes au Nigeria par l'organisation criminelle Boko Haram*. Mondialement retransmises par les télés, les déclarations provocatrices du chef de cette rébellion qui se réclame de l'Islam, sont venues à bout de la patience 'exemplaire' des occidentaux. "Celles qu'on a converties seront données à des maris musulmans. Les autres seront vendues comme esclaves! Ha! Ha!" Un bras d'honneur à la civilisation, un gros embarras pour l'immense majorité de ses coreligionnaires.

Nous sommes en droit d'espérer de rapides résultats d'une mobilisation d'une ampleur inédite. Tardive? Pas si l'on prend en compte plusieurs faits:

1) Le Nigeria est non seulement le pays d'Afrique le plus peuplé, mais encore le plus riche (bien que la majorité de la population n'est pas inscrite dans la liste des bénéficiaires).

2) Le Nigeria a une armée nombreuse et bien équipée. Du moins en matériel dernier cri.

3) Le Nigeria compte une minorité musulmane, mais chrétiens et animistes sont beaucoup plus nombreux.

Alors, au Quai d'Orsay comme dans les services français de sécurité extérieure on se pose la question: "pourquoi ce pays littéralement imbibé de pétrole n'a pris, jusqu'à ce jour, aucune mesure sérieuse pour lutter contre ce banditisme d'esprit moyenâgeux de haut vol? Que n'ont-ils créé un puissant service de renseignements susceptible d'empêcher ces assassins de frapper, dans une partie du pays, 'comme ils veulent et quand ils veulent'?

Les questions restent posées. Sans réponse naturellement. Mais, dans l'urgence, services français, britanniques et américains ont tout de même décidé d'employer les grands moyens...Gémissons, mais espérons.

Antoine Blanca

Boko Haram: Boko, dans une langue indigène, désigne tout ce qui vient des occidentaux. Haram veut dire péché en Arabe, langue unique du Coran (que ces ignorants de la secte armée n'ont certainement pas lu)

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 12:22

Le Président François Hollande termine aujourd'hui une visite, intéressante pour notre balance commerciale, dans les anciennes républiques soviétiques du Caucase (aujourd'hui indépendantes). Elles sont riches en gaz et en pétrole et le Chef de l'Etat a décidé de s'employer lui-même dans l'effort général entrepris pour tenter d'équilibrer nos relations dans le domaine économique avec des pays susceptibles d'acheter, plus et mieux, des produits français. On est en droit de trouver cette démarche d'autant plus légitime qu'elle répond à une exigence plus générale de rigueur et de développement.

Naturellement de bonnes âmes n'ont pas tardé à nous reprocher de commercer avec des gouvernements autoritaires. La plupart de nos partenaires européens le font depuis longtemps sans états d'âme. Nous devons, nous aussi, éviter de tout mélanger. D'ailleurs François Hollande a rencontré partout, à l'ambassade de France, les représentants de l'opposition.

La Maison Blanche nous demande, pour sa part, d'annuler une commande russe, déjà en cours d'exécution par les Chantiers de Saint-Nazaire, de frégates de type Mistral. Heureusement nous venons de répondre fermement qu'il n'en était pas question. Avec une logique pareille on s'interdirait de faire commerce avec les trois quarts de la planète. A commencer par le Chine et la Russie.

Certes, nous sommes "le pays des Droits de l'Homme", mais nous avons aussi une famille à nourrir. Et une maison à faire tourner. A bon entendeur...

Antoine Blanca

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 10:55

Dans nombre de pays d'Amérique latine l'alternance au pouvoir entre deux grandes forces politiques était la règle. Du moins quand on pouvait exercer librement son droit de vote...C'était le cas en Colombie entre libéraux et conservateurs, au Venezuela entre Action Démocratique ( gauche modérée, adecos), et COPEI (démocrates chrétiens 'copeyanos'), en Uruguay, entre 'blancos'(plutôt cathos et conservateurs) et 'colorados' (plutôt laïcs et d'origine italienne, au Chili: union des gauches et droite autoritaire. Au Pérou, entre deux coups militaires (réactionnaires ou gauchistes), l'Alliance populaire de Fernando Belaunde concurrençait le très structuré(je parle bien au passé) parti apriste* fondé par Victor Raùl Haya de la Torre. En Amérique Centrale les libéraux étaient le plus souvent réduits au silence par la force des armes.

C'était aussi le cas au Costa Rica jusqu'en 1948 quand un Catalan **, à l'allure de paisible pater familias, prit les armes, gagna une guerre civile courte (2 Mois), mais sanglante. Et, cas unique pour un vainqueur armé, il fit voter une constitution qui, pour l'essentiel, abolissait les forces armées et établissait la scolarité obligatoire. Depuis, au Costa Rica, on change de président(vote obligatoire) tous les 4 ans. Même s'il n'est plus interdit au Chef de l'Etat sortant de se représenter (à condition de laisser passer 2 mandats). Eh bien! dans cette aimable république centre-américaine, le système bi-partisan a aussi pris fin. Ni le PLN (héritiers rabougris de la révolution de 48), ni le PUSC de la droite catholique, n'exerceront le pouvoir. Du moins jusqu'en 2018. Je n'en suis pas encore revenu...Le nouveau président, Luis Guillermo Solis, a été élu (au 2e tour) sous les couleurs du PAC ou 'parti d'action civique', un pot-pourri de militants associatifs, de déçus des 2 partis traditionnels (Solis lui-même a travaillé avec un président PLN, le Prix Nobel de la Paix Oscar Arias). En un mot, les citoyens costariciens voulaient le changement. Suivant la mode d'un pays dominé par le réflexe de prudence, ils ont choisi un universitaire, essayiste politique, venu des milieux populaires, quinquagénaire rangé, bon père et bon époux. On change le système, mais pas le profil du leader.

La question plus globale qui est posée demeure: cette prolifération de forces politiques est-elle positive pour le fonctionnement de la démocratie? Difficile d'y répondre dans l'absolu. Il est plus aisé, en revanche, d'affirmer que les partis traditionnels ont globalement échoué. En Colombie, l'ex, Uribe, et l'actuel, Santos, sont des transfuges du grand parti Libéral, aujourd'hui disloqué. Au Venezuela, une coalition de 17 partis, hier encore féroces antagonistes, combattent le socialisme chaviste. Au Pérou, un Japonais inconnu a exercé le pouvoir pendant 10 ans (avant la catastrophe finale), et l'actuel Chef de l'Etat, Humala, est un homme indéfinissable, sans parti et sans appuis parlementaires. A mon sens la fin de l'alternance entre, grosso-modo, libéraux et conservateurs, a compliqué et fragilisé le jeu démocratique naturel. Et cela contribue à brouiller la politique aux yeux des citoyens. Mais nous ne pouvons rien y changer...

Antoine Blanca

* Partisans de l'APRA (Alliance pour la révolution américaine), parti qui se voulait une sorte d'internationale à l'échelle latino. Au Pérou le parti s'appelait officiellement le PAP (Parti apriste péruvien). Ce projet ambitieux échoua complétement.
** José (Pepe, prononcer Pépé) Figueres. Il exerça, en accord avec la constitution qu'il avait fait adopter, un seul mandat présidentiel et demeure un héros de l'anti-militarisme et de la liberté d'expression. Au Costa Rica l'analphabétisme est pratiquement inexistant.
N.B. : Les cas des 2 plus grands pays latinos (le Mexique, hispanophone, et la Brésil lusophone) sont trop spécifique pour être inclus dans un article à vocation généraliste...
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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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