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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 11:37

Il est de bon ton dans la presse étrangère de minimiser la portée des réformes proposées par le gouvernement Valls.

Du côté 'droite' le grand quotidien de Francfort Frankfurter Allgemeine Zeitung, décrète l'inexorable déclin de notre pays en prenant comme référence les difficultés d'Alstom dont les projets manquaient 'd'envergure'. Côté centre-gauche, El Pais Madrid, par la voix de son correspondant à Paris, promet à Valls le sort du chef socialiste espagnol Zapatero: condamné par le peuple pour ses réformes néo-libérales.

Le gigantesque Financial Times surprend en revanche en refusant de partager un tel pessimisme. Le plus important des quotidiens économiques du monde souligne "que la France bénéficie du fait que les investisseurs institutionnels, comme les compagnies d'assurance du nord de l'Europe, les banques centrales (considèrent) que la France est encore considérée comme faisant partie du noyau dur de l'Europe, les obligations hexagonales à plus haut rendement trouvent preneur..."

La réalité doit être regardée en face: nous avons hérité de lourds déficits structurels. Nous sommes contraints de recourir à l'emprunt sur les marchés internationaux. Et grâce à une politique qui rassure ces marchés, nous empruntons à des taux très bas. La différence fondamentale avec les politiques de droite c'est notre volonté de préserver les acquis sociaux qui sont très appréciables. On est en droit de mettre 'l'autre gauche', les écolos, au défi de définir une autre politique. Le refus de voir que nous sommes confrontés à un monde très majoritairement hostile à la gauche, qu'un gouvernement de gauche dans la France de 2014 avance sur le fil du rasoir, est irresponsable, purement électoraliste, et le plus souvent hypocrite.

Et Financial Times de conclure: Le changement est dans l'air en France plus que certains ne le croient. Si vous cherchez d'où peut venir une menace systémique pour la zone euro, regardez ailleurs...L'axe franco-allemand reste le moteur de l'intégration européenne.

Antoine Blanca

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 11:38

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a hérité de Lula, son ami, camarade de parti* et prédécesseur, de projets aussi ambitieux que la Coupe du Monde de foot l'été prochain (là-bas ce sera l'hiver), et des Jeux Olympiques en 2016. Nul doute: Lula a bénéficié de l'effet d'annonce, les Brésiliens ayant à l'époque applaudi à ce double succès patriotique...Il revient à Dilma, de payer l'addition. Laquelle dépasse, bien entendu, l'inflation chronique et la corruption aidant, toutes les prévisions.

J'ai entendu un vice-président du CIO se plaindre d'avoir à traiter avec trois interlocuteurs pour les Jeux**: l'Etat fédéral à Brasilia, l'Etat de Rio de Janeiro et la municipalité carioca, surnom donné à l'ancienne capitale et à ses habitants. Mais le gouvernement a surtout des soucis avec ceux qui, du jour au lendemain, se sont mis à contester ce qu'ils acclamaient hier. La presse nationale et internationale a amplifié l'écho des protestations.

Tout le monde se met à donner des leçons. Elles sont de deux sortes. Les unes ont un caractère nostalgique: ainsi la modernisation du stade historique de Maracana est critiquée par de doctes journalistes qui considèrent que les Brésiliens n'ont pas besoin d'installations aussi sophistiquées, eux qui préfèrent jouer pieds nus sur les sables des plages. Je trouve que de telles analyses sont à la limite de l'insulte.

Les autres donneurs de leçon s'en prennent au côté social et économique des rénovations. D'une part on a dû augmenter le prix des entrées. Au détriment donc des supporteurs les plus humbles. D'autre part ces travaux gigantesques (on a dû aussi agrandir des stades dans des villes provinciales moyennes qui n'ont pas d'équipe en première division), vont alourdir la dette du grand pays sud-américain.

Tout cela comporte sa part de vérité. Mais c'est oublier que le puissant Brésil est la nation de l'optimisme indestructible. Et que, loin d'oublier le social, les gouvernements Lula et Dilma ont réduit de 70% le taux de pauvreté, amélioré de manière spectaculaire l'accès au logement, pacifié la plupart des favelas, et combattu énergiquement la corruption tant civile que militaire. Reste que le gouvernement fédéral, central, n'est pas maître de tout. C'est le cas des 26 états (et un district fédéral), des grandes villes et même du Parlement où l'exécutif a des alliés confus, voire troubles. Moi, je voterais pour Dilma Rousseff à la présidentielle de 2015, et demanderais aux journalistes français d'être à la fois mieux instruits des réalités brésiliennes et plus équilibrés dans leurs jugements.

Antoine Blanca

* Le Parti des Travailleurs, créé par Luiz da Silva Lula, à partir du grand syndicat de métallurgistes qu'il dirigeait à Sao Paulo. Il est désormais au pouvoir à Brasilia depuis 11 ans, mais n'a pas de majorité parlementaire.
** Les JO sont concentrés dans une ville, pas dans un pays comme l'est le 'mondial' de foot. En 2016 tout se passera à Rio.
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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 11:33

Tous les lecteurs francophones de romans connaissent Yasmina Khadra. Et l'histoire de son apparition dans la littérature. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'est pas commune. Fils de héros des maquis FLN vivant de sa notoriété passée, prompt à se marier et à répudier, il confiera son fils Mohammed* à l'école militaire réservée aux enfants de la nomenklatura des anciens de l'ALN **. A la fin de ses études il était officier de l'ANP. Lecteur passionné, il ne cessait d'écrire en secret des textes en Français, tout en accomplissant son métier d'officier. C'est alors qu'il adopta le pseudo de Yasmina Khadra, les deux prénoms de sa femme. Ce sera son nom d'écrivain. L'ancien commandant connut très vite le succès littéraire.

Son dernier roman vient d'être publié chez Julliard. "Qu'attendent les singes" est le premier à prendre l'Algérie contemporaine pour cadre. Algérie dont il décrit, sans complaisance, avec férocité parfois, la société et la dégénérescence de la minorité qui s'est organisée pour se perpétuer au pouvoir. Lisez l'ouvrage: il vous éclairera sur un pays qui ne peut laisser aucun Français indifférent. J'ai reconnu l'espièglerie de l'Algérien dans les personnages baptisés rboba, ou 'décideur de l'ombre'. Ceux qui ont la particularité de nager dans les eaux troubles sans jamais se mouiller. Tout en accumulant les richesses. Khadra n'est pas tendre pour la société de son pays. Et c'est nouveau pour une plume qui avait pris soin d'éviter de regarder son pays en face. Ses grands succès (les hirondelles de Kaboul, l'Attentat, les Sirènes de Bagdad...), avaient pour cadre l'Afghanistan, l'Irak ou encore Israël et la Palestine. Domicilié depuis longtemps à Aix-en-Provence, avec sa famille, il ne voulait pas prêter le flanc à ceux qui auraient la tentation de le traiter d'anti-patriote.

Désormais il s'expose au grand jour, avec une sorte d'amour désespéré. C'est la révélation faite par son dernier roman. Celui de l'un des grands de nos romanciers modernes.

Antoine Blanca

* le vrai nom de Yasmina Khadra est Mohammed Moulesshoul.
** Armée de Libération Nationale qui sera remplacée, à l'indépendance, par l'Armée Nationale Populaire, l'ANP, beaucoup plus classique.
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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 13:49

Il n'est pas aisé de diriger le PS quand celui-ci est au pouvoir. Lionel Jospin et François Hollande ne le savent que trop. Ils 'ont fait le job' pendant de longues années, avec suffisamment de brio pour être remarqués par les observateurs... et de doigté pour éviter de mettre l'exécutif en difficulté.

En revanche, la désignation de Harlem Désir comme numéro 1 du Parti, au lendemain de l'entrée de Hollande à l'Elysée, surprit beaucoup de monde. Et, comme on pouvait le craindre, le nouveau leader confirma toutes leurs craintes. Heureusement rares étaient ceux qui s'intéressaient à ce que pouvait faire et dire le fondateur de 'SOS racisme'. Mais sa présence au 10 de la rue Solferino devint carrément insupportable quand il démontra son incapacité à arbitrer les conflits locaux dans les fédérations départementales. Et quand il tenta de le faire, il le fit mal.

Cambadelis a une autre carrure. Il a accumulé toutes les expériences possibles dans le monde touffu de la gauche. Comme tant d'autres de ses camarades (ou anciens camarades tel Mélenchon), il a été à l'école trotskyste. Elle a été souvent, j'ose le dire, formatrice de bons dirigeants. L'important avec le trotskisme, c'est d'en sortir à temps...

Dans l'état désastreux où se trouve le PS il faudra à Camba. manifester partout sa présence avec discernement, faisant en sorte qu'elle se révèle utile sans être ni trop parisienne, ni trop pesante. Il a la charge d'un corps malade. Et il faut lui redonner la santé.

Je suis de ceux qui lui souhaitent de réussir dans cette épreuve qui s'annonce bien délicate.

Antoine Blanca

Antoine Blanca

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:51

Mario Vargas Llosa aime faire de la politique. Nous pourrions avancer, sans risque d'être démentis, que c'est devenu sa passion. Mais la nature de son engagement a, elle, radicalement changé. Celui qui fut, dans ses jeunes années, l'enthousiaste soutien de la révolution cubaine, s'est transformé en missi dominici du libéralisme pur et dur, en chantre de l'action des Thatcher et Reagan, supporteur de l'économiste Milton Friedman*, le grand gourou de la doctrine.

Le prix Nobel de littérature de 2010 avait fait une première incursion significative en politique en présentant sa candidature à la présidence de son pays, le Pérou. Elle s'était, chacun s'en souvient, soldée par un cuisant échec**. L'écrivain partage désormais son temps entre l'Espagne (où le Roi l'a fait marquis), et des tournées dans les pays latinos d'Amérique pour y donner des conférences, répondant à l'invitation d'universités privées ou de cercles fréquentés par la grande bourgeoisie locale. Il est devenu la coqueluche de cette classe sociale qu'il a férocement décrite dans ses livres.

Il se trouve aujourd'hui en Colombie, après un séjour très remarqué à Caracas consacré à soutenir l'opposition au régime installé par feu Hugo Chàvez (régime qui a pris sa visite pour une provocation, prouvant une fois de plus, hélas, sa propension à l'autoritarisme).

Quant à Vargas Llosa, il a, depuis des années déjà, apparemment renoncé à son métier de romancier. Celui où il excelle. Le chroniqueur occasionnel de El Pais, le polémiste héraut de la droite conservatrice ne sont, eux, nous devons le reconnaître, pas vraiment géniaux. Si j'étais son ami je lui conseillerais, alors qu'il a fêté ses 78 ans il y a quelques semaines, de nous régaler avec un nouveau roman. En oubliant la politique politicienne...

Antoine Blanca

* Milton Friedman, prix Nobel d'économie, est le 'père' de la tristement fameuse école de Chicago, dont la doctrine, appliquée en Amérique latine, avait été destructrice des structures et des hommes.
** Election qui aboutit à l'élection d'Alberto Fujimori.
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 10:31

Le Premier Ministre, en obligeant, sans y être contraint par les institutions, les députés à se prononcer sur son plan d'économies de 50 milliards, sait désormais sur qui il pourra vraiment compter dans les débats difficiles qui s'annoncent. Exercice d'autant plus nécessaire que l'exécutif ne pourra bientôt plus compter sur une majorité sénatoriale qui lui apportait beaucoup de confort et d'agilité dans l'action.

Dans tous les votes budgétaires à venir, Manuel Valls sait maintenant qu'il peut compter sur une majorité claire (267 voix contre 232) et solide puisqu'elle a déjà résisté à l'épreuve du feu.

Ce qu'on appelle "l'aile gauche du PS" a désormais des visages. Jusqu'ici, en dépit du fait qu'elle a son leader au gouvernement (Benoît Hamon, ministre de l'Education Nationale) elle a préféré les incantations au courage de "chercher la vérité et de la dire". Car je n'ai vu apparaître, de leur part, une seule proposition sérieuse.

Lors des primaires ouvertes ayant précédé la désignation de François Hollande, cette fameuse aile gauche avançait masquée derrière plusieurs visages: Aubry, Montebourg pour ne citer qu'eux. Ce n'est apparemment plus le cas. En d'autres temps on aurait dit que ses membres formaient "une tendance". Jusqu'à la Libération d'ailleurs les tendances avaient un caractère officiel de 'parti dans le parti'. Ce n'est heureusement plus le cas. Rien n'est figé. Et nos 'révolutionnaires' retrouveront vite les délices unitaires quand le gouvernement commencera à remporter des succès.

Antoine Blanca

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 12:34

Le monde anglo-saxon (et il n'est pas le seul), a la fâcheuse tendance à répandre l'idée que les Français ne travaillent pas suffisamment. Notre péché originel serait en quelque sorte l'amour des loisirs. Les congés payés depuis 1936, la loi sur les 35 heures plus récemment, sont souvent avancés comme 'preuves' de notre dérive. Or, les chiffres donnés par les organisations internationales spécialisées qui ont le culte du libéralisme économique, démentent nettement ces rumeurs pernicieuses. Le grand hebdo américain The Nation* commente ainsi la chose: "Le pathos de la belle vie n'a pas empêché l'OCDE de classer la France parmi les pays les plus productifs en termes de PIB par heure travaillée...(et) les Français travaillent en fait 40 heures environ par semaine, soit un peu moins que les Allemands mais à peu près autant que la moyenne européenne". Et l'hebdo de conseiller aux Américains de voir dans cette prétendue paresse française l'efficacité tempérée par la joie de vivre. Et de préciser: "les Français consacrent chaque année des centaines d'heures de plus qu'eux à des activités de loisir...ils ont deux fois plus de jours de vacances et jouissent malgré tout d'un pouvoir d'achat supérieur d'un tiers..."

Nous sommes en droit de manifester notre perplexité: comment expliquer, dans ces conditions le pessimisme endémique de nos compatriotes. Supérieur, par exemple, à celui d'un citoyen afghan...Les Français devraient faire un effort pour se valoriser.

Antoine Blanca

THE NATION est un hebdomadaire ayant un tirage de 80.000 exemplaires, dont 50.000 abonnés. C'est la seule grande publication américaine à se reconnaître de gauche. Ses journalistes sont réputés pour leur sérieux, toujours soucieux de fonder leurs analyses sur des sources incontestables. Il a connu, comme la plupart de ses confrères, des difficultés économiques et ce sont des acteurs comme Paul Newman ou Robert Redford qui sont venus à la rescousse, avec succès.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 11:20

Les habitants de Rome ont un regard particulier vis-à-vis des Grandes Messes vaticanes et des rassemblements gigantesques auxquelles elle donnent lieu. Le Pape a beau être, institutionnellement, Evêque de Rome, les citoyens de la ville sainte ont tendance à la fuir en pareilles circonstances. Les visiteurs étrangers font la fête, tant religieuse que profane. Les Romains ramassent les ordures et subissent les bruits. Même ceux qui vont à la messe n'apprécient pas. Tous sont blasés, même les commerçants qui font rarement des affaires avec ces foules qui se nourrissent de sandwiches et sèment des papiers gras.

Moi j'ai toujours visité Rome en privilégié. N'ayant jamais fait partie d'une délégation officielle, j'ai pu éviter les festivités. Dans ma vie militante, comme représentant du 'Comité pour l'Espagne' quand, à l'époque du franquisme, je me réunissais avec mes homologues italiens, particulièrement actifs et motivés par la solidarité anti-fasciste. A Paris comme à Rome c'était, dans les années soixante, le seul lieu de rencontre entre socialistes et communistes.

Quand j'étais numéro 2 de l'ONU, je travaillais avec les institutions onusiennes chargées de la lutte contre la faim et pour le développement de l'agriculture. FAO, Programme alimentaire mondial etc... ont la capitale italienne pour siège. C'est alors que j'ai été reçu à plusieurs par le cardinal français Etchégaray (auquel la France vient de remettre la plus haute des distinctions). Il bénéficiait alors d'une résidence officielle extraordinaire dans la Cité vaticane avec une belle terrasse embrassant toutes ses merveilles architecturales. Son Eminence était un homme de son temps qui me parlait, avec d'autant plus de liberté, que l'Etat du Vatican n'a jamais accepté d'être membre de l'ONU.

Antoine Blanca

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 15:54

40 ans après le 25 avril 1974 la Révolution des oeillets nous a révélé la plupart de ses secrets. Sa préparation, tant dans les casernes des colonies africaines que dans celles de la métropole. Ses instigateurs, avant de devenir acteurs: de jeunes officiers de rang intermédiaire (on parlera de 'révolution de capitaines'). La décision de rassembler le peuple par la prise de contrôle des moyens de communication, sans pour autant associer à la préparation du coup de force les partis et syndicats d'opposition. La volonté d'éviter d'utiliser la violence (il n'y aura ni mort, ni blessé), mais de procéder à une répression très ciblée par la neutralisation des principales personnalités salazaristes à l'aube du 25 avril.

Le rôle déterminant de l'Armée doit-il être considéré comme surprenant alors que le régime était largement militarisé? Non, si l'on se souvient que le principal opposant avait été (avant son assassinat en 1965 par la PIDE, la police politique, en Extremadoure, Espagne), le général d'aviation Humberto Delgado; et le plus célèbre, le capitaine de vaisseau Henrique Galvao, qui avait pris d'assaut le Santa Maria, un navire civil à partir duquel il télégraphia des messages dans le monde entier pour dénoncer la dictature (il accosta à Recife, Brésil, où on lui accorda l'asile politique). Les guerres coloniales (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Cap Vert...), les dérives qu'elles entraînèrent, dont personne ne voyait la fin, avaient épuisé une métropole pauvre. De nombreux jeunes officiers se mirent à épouser les idées révolutionnaires de ceux qu'ils étaient appelés à combattre...

Il me reste à élucider le degré d'information que possédaient le PS de Mario Soares et la PCP d'Alvaro Cunhal sur le préparation de l'insurrection. En effet j'organisais à leur demande, en février 74, une réunion secrète entre les 2 partis de gauche (trois de chaque côté), dans un appartement situé au 10 boulevard Poissonnière à Paris. La réunion dura deux jours. Et, que je sache, elle a longtemps gardé son secret.

Antoine Blanca

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 11:15

Pour une partie de la grande presse la visite de François Hollande à Carmaux, pour célébrer la mémoire de Jaurès, député de la circonscription jusqu'à sa mort, est avant tout prétexte à souligner les divisions au sein du PS. Ah! si les journalistes pouvaient faire parler un mort, quelle leçon de vrai socialisme le grand Jaurès administrerait à l'infidèle Président!

Heureusement ils ne vont pas jusque là. Ils se contentent de le laisser entendre. Il s'en faut de peu qu'ils ne mettent sur le dos de Hollande la fermeture des houillères du Tarn et le dénoncent comme allié du marquis de Soulages*.

Pourtant Jaurès connaissait bien les divisions d'un parti né de la fusion, en 1905, de plusieurs groupes. Lui qui devait répondre, au quotidien, aux attaques de l'aile ouvriériste, championne du marxisme scientifique, animée par Jules Guesde. Et à celles d'une petite dizaine d'autres tendances. Le député du Tarn fonda "l'Humanité" pour exprimer sa pensée et celle de ses amis. Elle se situait au centre du spectre idéologique interne du PS-SFIO. Un humanisme militant, un pacifisme réaliste basé sur la négociation pour éviter la guerre. Jaurès n'a jamais gouverné, ni même participé à un gouvernement...Ce que le 'gauchiste' Guesde fera, lui, en 1916.

J'ose affirmer pourtant que, confronté aux responsabilités auxquelles Hollande doit faire face aujourd'hui, il adopterait une politique très proche de celle qui est actuellement conduite. Un Président socialiste sera toujours en territoire ami à Carmaux.

Antoine Blanca

* Patron des houillères et adversaire politique de Jean Jaurès
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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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