Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:53

Les anciens ministres Jégo et Yade se sont manifestés dans la perspective des discussions sur le plan d'économies proposé par le Premier ministre, Manuel Valls. L'un et l'autre, figures de l'UDI, aujourd'hui en recherche de chef, l'ont fait sur un ton plus proche de la provocation, voire de l'insulte, que de l'esprit de dialogue républicain.

Sommes-nous surpris par ces agressions verbales? Malheureusement non. Car ces prétendus centristes paraissent davantage préoccupés par le désir de ne pas se laisser distancer, sur leur droite, par l'UMP, que par celui de constituer, comme annoncé le jour de leur création, une force d'équilibre.

Jégo fustige un manque d'autorité de Valls sur sa majorité. Raison invoquée? Le groupe socialiste a vivement débattu, en interne, pour décider de proposer quelques améliorations au projet gouvernemental. Une démarche démocratique, en conformité avec la manière d'être du PS.

Les députés socialistes ne votent pas comme des automates. Ils entendent voir leurs idées examinées par l'Exécutif et, pourquoi pas, prises en compte. Surtout quand ces élus manifestent, ce qui est fondamental, leur accord sur la nécessité d'un plan d'économies de 50 milliards d'euros.

La citoyenne Rama Yade, qui s'efforce de faire parler de sa personne avant les élections européennes (elle est candidate...), ne mégote pas, en revanche, sur le montant des économies à faire. Et d'avancer, à la louche, le chiffre de 80 milliards...

Pauvre 'Centre', sans leader et sans âme. Quant aux élus PS, il n'est pas question, pour nous, de minimiser la violence du coup qu'ils viennent d'encaisser. La voie, pour reconstruire un avenir commun, est dans l'unité. Pas dans le "silence dans les rangs". Les raisons d'un certain optimisme commencent d'ailleurs à se profiler. Sachons les valoriser et les encourager. Rien n'a jamais été donné à la gauche au pouvoir.

Antoine Blanca

Repost 0
21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 10:43

Rome avait mis presque cinq siècles à réaliser que notre Pucelle de Domrémy méritait son auréole. Même si l'Eglise pouvait justifier cette longue réflexion par le fait que c'est elle-même qui l'avait envoyée sur le bûcher. En revanche il a suffi de quelques décennies pour canoniser le bon Jean XXIII, et une petite poignée d'années pour décider de la gloire éternelle du vigoureux Jean-Paul II.

En fait c'est ce dernier qui a banalisé béatifications et canonisations*. Elles se font désormais à tour de bras. Les nouveaux saints sont souvent, aujourd'hui, nos contemporains. Du coup le mythe perd un peu de son côté mystique. Et des mystères qui l'entouraient. Ainsi, quand je préparais ma première communion, le curé prétendait-il que le futur Saint-Laurent demandait sur son gril, à ses bourreaux de le retourner, étant déjà cuit à point d'un côté.

Je n'ai jamais oublié ce que je considérais déjà comme une aberration. Le bon abbé perdit alors à mes yeux tout le prestige dont je l'avais, jusqu'alors, entouré. Cela avait sans doute contribué à faire de moi un mécréant.

Mais revenons à l'actualité pascale. Le Pape François, dont on chante les louanges de danseur de tango et d'homme à la charité infinie, va devoir canoniser ses prédécesseurs. Seul héritage prestigieux que lui ait légué Benoît XVI. Heureusement celui-ci, coulant toujours une retraite paisible à Castel Gandolfo, qui est un peu au Saint-Père ce que le Fort de Brégançon est à nos Présidents, ne peut encore faire l'objet d'un procès en Béatification. On évitera ainsi, du moins provisoirement, de connaître un pape ancien des Jeunesses hitlériennes.

Antoine Blanca

* pour accéder à la sainteté il faut obligatoirement passer par la case béatification. Un peu comme on ne peut devenir bachelier sans réussir auparavant son bac de Français.
Repost 0
19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 11:04

Nous pouvons aisément imaginer le désarroi d'une jeunesse algérienne, majoritairement éduquée, souvent diplômée, devant le spectacle désolant donné par le régime au pouvoir. Même si le président Abdelaziz Bouteflika conserve, nous disent des observateurs indépendants, toutes ses facultés mentales, l'image donnée par l'illustre électeur en allant voter en chaise roulante, après avoir été absent de la campagne, est meurtrier.

Cette immobilité humaine est soulignée davantage encore par le sentiment, justifié, d'avoir affaire à une sorte de monolithe pesant, gigantesque, que rien ni personne ne peut bouger. Mais en avançant dans la réflexion, nous observons que la machine au pouvoir a choisi d'attendre, de retarder les échéances inéluctables.

On a demandé à Bouteflika "d'y aller" une fois de plus pour que les puissants, qui sont derrière la scène, aient le temps de régler entre eux le problème, majeur, de sa succession.

Les couteaux sont sortis des fourreaux, mais restent encore cachés derrière le dos des tueurs.

La jeunesse paraît sacrifiée, sans perspective d'avenir. Ce n'est pas seulement un système de pouvoir qui est méprisé, c'est un pays, hier encore prospère, auquel on ne croit plus. Le 17 avril c'est moins Bouteflika qui a été élu, qu'une nouvelle porte qui a été fermée.

Antoine Blanca

Repost 0
18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 13:17

Aquilino Morelle est un brillant énarque, un premier de la classe sympathique de surcroît. Il réunissait toutes les qualités pour devenir un conseiller de François Hollande, son condisciple et, peut-être, l'ami. Je précise deux choses: 1) c'est sous un gouvernement de droite qu'il avait été nommé à l'inspection générale des affaires sociales en 2007; 2) au sein du PS il était connu comme zélateur de l'aile gauche du Parti.

Il vient de quitter de lui-même son poste de Conseiller. Pourra-t-il se laver, comme il le laisse entendre, des accusations, très graves, portées par Médiapart? Tout le monde, à présent, en doute. Moi aussi. Comme je suis certain que, si les faits reprochés venaient à se confirmer, le Président n'en avait jamais eu connaissance avant les révélations du journal d'Edwy Plenel.

Il demeure que l'intéressé (n'y voyez pas double sens) aura bien contribué à gâcher la vie de celui qu'il était censé servir. Le Président serait en tout cas bien avisé de faire vérifier avec une nouvelle vigilance, le CV de tous ses proches collaborateurs. Et ne pas abandonner ce rôle à Médiapart, qui a tout de même mis sept ans pour faire cette découverte. Laquelle vient à propos pour relancer sa campagne (vitale) d'abonnements.

Antoine Blanca

Repost 0
16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 11:45

Gattaz a ressorti des cartons poussiéreux du gouvernement Balladur des années 90 la provocation patronale du SMIC jeunes. Quitte à nous faire douter de sa volonté de discuter sérieusement du Pacte de responsabilité. Même Mme Parisot a traité son successeur d'esclavagiste. C'est peu dire que ce comportement de marchand de tapis ne facilite pas la tâche d'un gouvernement Valls soucieux, avant tout, de trouver des solutions négociées susceptibles inverser la courbe du chômage.

François Hollande, déjà soumis aux pressions dévergondées du patronat français, se trouve confronté aux déclarations publiques des organismes économiques et financiers de la Commission européenne. Autant dire que derrière ces agences se trouve toujours le gouvernement d'Angela Merkel qui paraît s'être donné comme priorité la déstabilisation de son principal partenaire, la France. De sa part c'est idéologique puisque cette dernière est dirigée par les socialistes.

Gattaz et Merkel coordonnent-ils leurs efforts pervers? Si ce n'est pas le cas, cela en a bien l'air.

Si l'on ajoute à ces manoeuvres de droite, celles d'une certaine gauche, on mesure les difficultés au milieu desquelles notre Président et son Premier ministre doivent se débattre.

Antoine Blanca

Repost 0
15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:04

Comme la plupart des hommes de gauche j'ai regardé la politique de Chàvez avec un a priori favorable. Dans l'univers droitier on a souvent moqué la relation spéciale entre 'socialisme bolivarien' et Cuba. Echanger aide pétrolière contre une politique de santé clé en mains, où est, après tout, le scandale? Outre l'originalité de la chose, il n'est pas interdit aux Cubains 'd'exporter' une expertise sociale confirmée contre une solution, partielle, de son déficit énergétique.

Mais reconnaissons que l'héritage politique du bouillant comandante, basé sur l'improvisation permanente, s'avère, le temps passant, désastreux. D'autant que les 17 partis qui composent l'opposition n'offrent aucune politique de rechange....

On a beaucoup parlé de ces problèmes et des manifs, devenues parfois violentes, qu'ils ont entraînées. En revanche on passe le plus souvent sous silence la politique militaire, clé de voûte et bouclier du chavisme. Le 'socialisme bolivarien' a, en effet, son bras armé. Hugo Chàvez, étant lui-même officier supérieur, a pris soin d'avoir ses compagnons d'armes de son côté. Quand la grande crise a éclaté dans la rue, le successeur, Nicolas Maduro, a encore amplifié cette politique en uniforme. Si bien que l'on trouve très souvent des officiers à la tête des agences d'Etat les plus 'payantes'. Un chiffre est parlant par lui-même: pour une force armée de 120.000 hommes on compte 1.200 généraux. Un général pour 100 soldats...On ne fait mieux nulle part...

On l'espère en tout cas: des militaires aussi bien servis ne feront pas de coup d'Etat...

Antoine Blanca

Repost 0
13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 12:35

Radios et télés l'ont dit et répété: Laurent Fabius visitait Cuba. Une visite officielle de travail dont le précédent se situait 31 ans plus tôt, en 1983. Ayant accompagné le Ministre à cette occasion je suis en mesure de porter témoignage.

Le ministre des Relations Extérieures (ce fut le titre que porta le patron du Quai d'Orsay de 81 à 86), s'appelait Claude Cheysson. Sa visite à Cuba se situait au terme d'une visite exceptionnelle à plusieurs pays d'Amérique latine dont le Brésil. Une panne d'avion nous fit arriver à La Havane avec neuf heures de retard sur l'horaire prévu. L'homologue cubain de Cheysson, Isidoro Malmierca nous attendait à l'aéroport, alors que le Ministre s'attendait à ce que Fidel lui-même vint l'accueillir. Une marque spéciale d'amitié qui pouvait s'expliquer par le fait que la visite se situait dans un contexte particulier: les autres pays de la Communauté boycottaient (sans employer ce verbe) Cuba, pour plaire aux Etats-Unis en général et à Reagan en particulier...

La suite de la visite fut triomphale. Le président Castro accompagna son visiteur pendant 48 heures. Et répondit personnellement à l'invitation à dîner de notre ambassadeur Jean-Louis Marfaing. A la fin du repas Claude Cheysson et son illustre hôte s'isolèrent dans une pièce pour une interminable conversation privée. Nous tombions tous de sommeil malgré notre enthousiasme justifié par le succès exceptionnel de la visite. Nous partions le lendemain et le Chef de l'Etat cubain accompagna son invité français jusqu'au pied de l'appareil. Cerise sur le gâteau.

Fidel Castro n'avait pas oublié que François Mitterrand était venu, à l'automne 1974, visiter la grande île révolutionnaire pendant près d'une semaine. Je faisais déjà partie de la délégation accompagnant le Premier secrétaire du PS qui venait d'être battu de justesse, par Giscard, à l'élection présidentielle.

Fidel qui vint en visite officielle à Paris avant la fin du second mandat de Mitterrand. Et devait revenir en France pour la cérémonie funèbre à la mémoire du Président français célébrée à Notre Dame.

Antoine Blanca

Repost 0
12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 12:40

Ce serait pécher par simplification que de situer le rôle de l'armée en Algérie au même niveau que le militarisme dans de nombreux pays africains. Même si l'ANP n'a plus qu'une lointaine relation avec l'ALN de la guerre d'indépendance, elle en est l'émanation officielle. C'est son brevet de légitimité, celui qui l'autorise, estime son Haut Etat-Major, à intervenir dans la vie politique et économique, à veiller sur la paix sociale, fût-ce au prix de répressions brutales. "Une exigence patriotique. Que serait l'Algérie sans nous?" me disait un général, à présent à la retraite. L'ANP n'avait-elle pas empêché le terrorisme islamiste de prendre le pouvoir par les urnes? En tout état de cause, l'armée demeure le passage obligé en vue du règlement des situations difficiles. L'élection présidentielle du 17 avril ne semble pas devoir échapper à ce schéma.

Pourtant, depuis la promulgation de la Constitution par Chadli Bendjedid en 1989 (Président de 1978 à 1992), le pluralisme a été instauré. Cette loi constitutionnelle n'a jamais été abrogée. Mais rares sont les Algériens qui croient en sa réalité. Pourtant, comme le rappelle Maître Koroghli dans "Le quotidien d'Oran", le colonel Rahal, alors directeur du commissariat politique de l'ANP, avait déclaré en 1989, à propos du pluralisme, que l'armée "ne saurait s'impliquer dans le jeu complexe des tendances, qu'elle était une force au service du seul pouvoir légal, qu'elle cessait de se considérer comme le bouclier de la Révolution. Désormais sa seule mission était la défense nationale".

Le 17 avril le 'pluralisme' aura respecté les apparences. Seulement les apparences. Il y aura bien, sur le papier, plusieurs candidats dont l'ancien Premier ministre Benflis. Mais le jeu de rôles permettre au sortant d'être réélu en dépit de son état de santé et de son absence personnelle pendant la campagne. Je pense pourtant que cet exercice ambigu ne sera, très bientôt, plus supporté par la société algérienne. Tous les acteurs de la vie publique, civils et militaires, devront tout remettre à plat et préparer l'avènement d'une Algérie nouvelle.

Pour pouvoir regarder sa jeunesse les yeux dans les yeux.

Antoine Blanca

Repost 0
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 10:45

Sarkozy avait, par ses caprices et son incompétence diplomatique cassé les liens d'amitié qui nous unissaient avec le plus grand pays de langue espagnole, le Mexique.

Rappelons les faits:

Devant réaliser une visite d'Etat, en compagnie de son épouse Carla, au Mexique, Sarkozy émet le pressant souhait d'arriver en avance pour profiter de la chaleur et des plages d'Apaculpo, dans la Californie mexicaine. Il demande à être logé dans une villa, ce qui embarrasse son hôte, le Président Calderon. Ce dernier, par disposition constitutionnelle, ne peut posséder d'autre résidence que celle de la capitale fédérale, Los Pinos. Qu'à cela ne tienne, Sarko sollicite un milliardaire du pays hôte, lequel se montre empressé de loger le couple présidentiel dans une de ses luxueuses propriété de bord d'océan. Une fois la visite officielle d'Etat commencée, après deux jours de farniente sur le Pacifique, notre président fait savoir qu'il entend repartir du pays visité avec Florence Cassez dans ses bagages. Française qui avait été condamnée, à tort ou à raison, par la justice du pays, à une peine interminable pour séquestration et autres délits. Calderon fait valoir que dans son pays il y a séparation des pouvoirs et qu'il ne peut libérer une condamnée en vertu de son bon plaisir. A ses proches Calderon confie: "Ce Français prend le Mexique pour une république bananière". Sarkozy retourne à Paris furieux. Et annule l'année du Mexique en France. Scandale dans toute l'Amérique latine offensée.

La France a un nouveau président. Le Mexique aussi: Enrique Pena Nieto. Situation similaire en France avec, en prime, changement de couleur politique de part et d'autre.

Tout paraît concourir à faire de la visite de Hollande au Mexique un succès. Et aura en outre la vertu de réparer ce que Sarkozy avait cassé.

Antoine Blanca

Repost 0
8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 12:33

Jusqu'ici la plupart des élus PC continuaient de pratiquer l'union de la gauche en participant aux exécutifs locaux, départementaux et régionaux. Aux municipales, contrairement au parti de Mélenchon, leurs partenaires officiels au sein du Front de gauche, les communistes sont restés alliés, le plus souvent compétents et fidèles, du PS.

Je pense, par expérience, que cette alliance est positive pour toutes les parties. Or, en votant contre la confiance au gouvernement Valls, avec l'UMP et ses amis de l'UDI et du Modem, le PC prend la responsabilité unilatérale de rompre le pacte d'union. Certes non écrit, mais bien vivant dans les faits.

J'espère qu'il s'agit d'un mouvement d'humeur et non d'une décision stratégique. Car si cette option venait à se confirmer, il faudrait que les communistes sortent de la contradiction dans laquelle vivent leurs élus. Rapidement.

Sur le terrain les militants, souvent bousculés par l'irresponsabilité mélenchoniste, se demandent s'ils ne vont pas devenir un parti marginal voué à pratiquer un gauchisme de témoignage.

Antoine Blanca

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens