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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 16:53

La réaction des socialistes qui disent appartenir à la gauche de leur parti me désole. Sur le fond comme sur la forme. Sur le fond car le 'pacte de responsabilité' qui sera au coeur du débat de confiance avait été négocié, puis ratifié par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Sur ce point, comme sur d'autres, tout aussi essentiels, celui de Manuel Valls se situe dans la continuité. Le débat public qu'ils ont provoqué ressemble davantage à celui, bien familier au petit monde socialo, de la 'commission des résolutions' chargée de négocier, entre chefs de délégation, la déclaration finale d'un congrès.

Sur la forme, car cette minorité, même grossie par le ressentiment personnel de Martine Aubry vis-à-vis de Valls (elle avait déjà alimenté la primaire ouverte PS avec ses quolibets contre Hollande), se doit de respecter la discipline du groupe politique auquel elle appartient, tant à l'Assemblée Nationale qu' au Sénat.

En tout cas tout cet étalage de petites phrases faciles est préjudiciable à la position de la France dans ses délicates négociations avec ses partenaires européens. Alors même, qu'à l'intérieur de la majorité, l'exécutif est confronté aux états d'âme capricieux des alliés Verts (on connaît leurs contradictions intimes), et aux réticences du PC, on offre un spectacle assez médiocre.

Antoine Blanca

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:03

Une semaine après la victoire d'Anne Hidalgo, c'est vers Bertrand Delanoë que vont mes pensées. Il va soudain se retrouver bien seul dans la semaine à venir. A-t-il une idée précise sur l'organisation de sa nouvelle vie ? Je ne le crois pas. Hollande lui a proposé un important poste ministériel, consacrant même beaucoup de temps à tenter de le convaincre d'accepter. En vain. Alors je laisse aux spécialistes de la chose la liberté d'émettre toute sorte d'hypothèses. La spéculation pure, c'est leur domaine.

La vérité est que personne n'en sait rien. A commencer par l'intéressé lui-même. Il a simplement le sentiment d'avoir bien accompli une mission de haute importance. La conscience tranquille, il va laisser l'avenir décider pour lui. Sans le forcer. Mais en scrutant l'horizon.

Bertrand Delanoë est un homme d'exception, intègre et clair dans sa pensée, déterminé dans son action. Paris aura trouvé, en lui, le grand réformateur qu'il mérite. Les militants qui avaient connu le jeune député du XVIIIe, le chef de l'opposition municipale à Chirac et à son indigne successeur Jean Tibéri, le candidat à la candidature PS à la mairie de Paris ont, au fil des mois, découvert le gestionnaire rigoureux, l'inventeur de nouvelles vies dans la Cité, l'orateur digne de rivaliser avec les plus grands. Il a jugé que sa tâche parisienne était suffisante et renoncé, le jour même de son installation à l'Hôtel de Ville, à son siège de sénateur. Il a transformé l'immense appartement de fonction en crèche. Ouvert les salons aux expositions de créateurs du monde entier et accueilli les conférences les plus controversées. Enfin il s'est refusé à faire plus de deux mandats et préparé, de longue date, sa succession.

Il devrait servir d'exemple à d'autres. Alliant sobriété et élégance, innovation et continuité dans l'engagement, il a parachevé son chef-d'oeuvre parisien en transmettant le flambeau à une disciple déjà émancipée.

On n'a plus qu'à se découvrir devant lui.

Antoine Blanca

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:23

En déposant, comme il l'avait fait en vain il y a dix ans, sa candidature à la présidence de la République, Ali Benflis, ancien Secrétaire général du parti dominant, le FLN, ancien ministre de la Justice, brièvement chef du gouvernement, ne peut ignorer la portée du défi qu'il lance au système.

Il y a quelques mois, alors que personne n'imaginait que le sortant pût prétendre à un quatrième mandat en raison de son état de santé, je me risquais à parier sur cet 'historique' (né à Batna, ville pilier de la révolution) pour succéder à Bouteflika*. Je ne pouvais alors mesurer la profondeur des désaccords entre la Sécurité militaire, le parti institutionnel FLN et l'Etat-Major de l'ANP**. Situation qui a propulsé, en urgence, le sortant à une candidature sur chaise roulante.

La question est: qu'est-ce qui fait courir Ali Benflis? Ambition? Besoin de prendre date dans le cas où le mandat de Bouteflika viendrait à se trouver écourté? Appui secret de l'un des 'appareils'? En tout cas, à bientôt 70 printemps il risque de ne plus y avoir pour lui de nouvelle échéance.

D'ores et déjà, toutefois, sa candidature rend service à l'image de l'Algérie, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Car le sacrifice d'Abdelaziz Bouteflika, répondant à la logique sui generis du système, atteint les limites de la respectabilité. Même si l'homme garde, comme on dit, 'toute sa tête', le fait qu'il ne puisse pas même assister à ses propres meetings, donne un sentiment de profonde détresse. Et l'Algérie mérite mieux que cela.

Antoine Blanca

* Benflis avait été le directeur de campagne de l'actuel président. Mais les deux hommes ont rompu toute relation.
** ANP pour Armée Nationale Populaire.
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 10:57

La plupart des éditorialistes se disent déçus. Les pauvres. Eux qui aiment tant la gauche et le PS souhaitaient un grand chamboulement. Exit tous les membres du gouvernement Ayrault. Ils auraient dû partir dans les valises de leur chef...Et le nouveau PM se devait de nommer une équipe resserrée composée de nouveaux, à la fois jeunes, compétents et sans expérience ministérielle...

Or le renouvellement avait bien eu lieu...en mai 2012. Ni Valls, ni Ayrault, ni Peillon*, ni Montebourg, ni Vallaud-Belkacem, ni Filipetti, ni une bonne vingtaine d'autres n'avait détenu de portefeuille de toute leur vie parlementaire (pas davantage, d'ailleurs, que le Président lui-même). Si le PS est riche en talents il ne peut pour autant fournir un gouvernement complet tous les deux ans, auréolé à la fois d'expérience et de jeunesse. Valls, en plein accord me dit-on avec le Chef de l'Etat**, recherche moins une nouvelle méthode, une nouvelle logique de travail, qu'un changement des orientations fondamentales.

Je lis par ailleurs que la réduction du nombre de ministres est modeste (16 au lieu de 20). C'est ne pas prendre en compte la différence entre Ministres-délégués et Secrétaires d'Etat (qui restent à nommer). Les premiers participent au Conseil des ministres et sont investis d'une large autonomie dans leur domaine de compétence. Pas les Secrétaires d'Etat selon Valls.

Je ne développe pas davantage, pour ne pas me montrer trop long. Je demande seulement aux observateurs de juger à l'avenir sur pièces, sur les résultats étalés sur les trois ans de mandat présidentiel qui restent. De ne pas tuer l'enfant avant même qu'il ait poussé son premier cri...

Antoine Blanca

* Peillon va diriger une liste aux élections européennes
** Les observateurs proclamaient que la composition du nouveau cabinet serait dévoilée mardi, tard dans l'après-midi. Il l'a été en milieu de matinée. Signe que les arbitrages ont été rapidement rendus et acceptés.
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 12:22

En mai 2012 François Hollande, à peine élu, avait jugé souhaitable de faire place à toutes les sensibilités de son parti. Et attribué deux ministères aux Verts dont celui, clé dans un gouvernement de gauche, du Logement.

Naturellement, répondre à une telle préoccupation, c'est donner naissance à un cabinet beaucoup trop large. Moi-même, pourtant très attentif à la vie politique, ai toujours eu du mal à mettre un nom sur chacun des ministres-délégués. Aujourd'hui ce défaut a été corrigé. Valls n'a proposé au Président qu'une liste limitée à 16 noms, respectueux de la parité hommes/femmes.

Europe Ecologie les Verts (EELV) n'a pas souhaité faire partie du nouveau gouvernement. Une décision que ses dirigeants ont prise dans la douleur car adoptée à une courte majorité. Une majorité précipitée par l'annonce sans consultation de leurs pairs, des deux ministres sortants du cabinet Ayrault.

Les écolos vont regretter une démarche qui traduit un manque évident de maturité collective. Quand on signe, après une longue négociation, un accord de législature, on doit s'y tenir et non considérer que l'on doive, en fonction des événements, se soumettre à leur changement d'humeur, voire à leurs caprices. Après tout, grâce aux accords conclus quand Aubry était Première secrétaire, n'ont-ils pas obtenu, grâce au PS, un groupe dans chacune des assemblées législatives? Une générosité appréciable de la part de la rue Solférino.

La fiabilité de la signature EELV est désormais douteuse.

Antoine Blanca

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 12:08

Ce n'était pas forcément voulu, ni programmé. Mais la République française offre son meilleur visage de générosité et d'ouverture avec Anne Hidalgo, née Andalouse de Cadix, et avec le Catalan de Barcelone Manuel Valls. Si leur engagement ne fait pas l'unanimité dans la capitale comme dans le pays (heureusement), je note que leur élection par les Parisiens, ou désignation par le Chef de l'Etat ne donne lieu à aucune contestation publique concernant leur origine. Imaginons un tel événement dans les années trente!?

Nous, les enfants d'Espagnols, provenant de l'exil politique ou de l'immigration économique, nous sentons en ce moment particulièrement fiers d'être Français. En espérant que l'Europe puisse vraiment s'unifier en une vraie Fédération. Avec une carte d'identité indiquant:

Nationalité: Française Citoyenneté: Européenne

C'est alors qu'une page noire, faite de douleurs et de tourments, de champs de morts et de gueules cassées, appartiendra vraiment au passé.

Antoine Blanca

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 12:44

C'est le privilège douteux d'un vieux militant: des défaites électorales lourdes, j'en ai connues de meurtrières. Je me souviens de la phrase prononcée par Gaston Defferre après avoir obtenu 5,1% à la présidentielle de 1969: "tu vois, Pierre (Mauroy)...un jour on gagne, un jour on perd..."Une bonhomie de façade. Une candidature contestée gagnée au forceps à l'issue d'un congrès confus du PS. Je pensais à cette sentence philosophique marseillaise quand, dans la soirée et la nuit d'hier, de vieux bastions et des conquêtes de 2008, tombaient les uns après les autres.

En y regardant de près le triomphalisme provocateur de la droite dite parlementaire n'était pas justifié. La gauche avait été battue, mais par les abstentionnistes et par le rejet d'une politique du pouvoir trop compliquée à justifier et à expliquer.

Des jours difficiles attendent le PS. Déjà, dans la soirée d'hier, ceux qui s'autoproclament 'aile gauche' ont ouvert le débat révisionniste sur tous les écrans. On les avait envoyés pour défendre le pouvoir. Eux ouvraient les débats du prochain congrès. Certains écolos montraient aussi, déjà, leurs crocs dont on sait la voracité sous un voile transparent d'angélisme.

Quant à la droite, elle ne va pas tarder à se déchirer publiquement. Certains poussent Juppé (qui se pousse tout seul depuis quelque temps) comme candidat de compromis. Mais beaucoup d'autres, à commencer par Fillon, ne sont pas disposés à courber l'échine.

Enfin cette nuit funeste pour la gauche aura été aussi la proclamation de la mort du Centre que Borloo et Bayrou tentaient, sans vraie conviction, de ressusciter. Or l'UDI et le MODEM, même sous perfusion, n'ont pas trouvé leur place. Dans les débats post électoraux ils se sont montrés plus agressifs que l'UMP.

L'âme du PS doit tenir son rôle de premier plan à gauche de l'échiquier, avec les écolos brouillons et ambitieux, malgré les Placé et les Mamère; avec l'autre gauche en ignorant les insultes auto-destructrices du citoyen Mélenchon.

Antoine Blanca

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 11:51

Il est des jours où je voudrais être l'un de mes voisins, pour lequel une journée électorale se termine par une soirée comme les autres. Certes il se rend aux urnes (ce que tout le monde ne fait pas), se tient vaguement au courant des péripéties politiques... mais regardera ce, soir, à partir de 21 heures, le match de foot Lyon contre Saint Etienne sur Canal+. "De toutes manières les chaînes auront déjà donné les grandes tendances!" Tranquille donc comme Baptiste, et même raisonnablement bien informé. Il jettera un oeil à 'l'équipe du dimanche' de Canal, répondra à l'appel d'un ami attentionné qui lui donnera les résultats du village de son enfance ("j'ai été réélu conseiller!", et ira se coucher "parce qu'avec l'heure d'été, on perd une heure de sommeil".

Moi, je suis angoissé depuis des semaines, refais les comptes des résultats du 1er tour dans des 'villes clés', et devrai supporter sur les chaînes les gueules réjouies, les vantardises satisfaites, d'anciens ministres de Sarko, vrais responsables de la situation difficile que vit la France. Et se permettant même de donner de doctes leçons à ceux qui s'efforcent de réparer la machine qu'ils ont abîmée...

Votre serviteur,lui, se ronge les ongles devant la télé, dans l'attente des résultats précis des villes importantes. Et de pleurer un peu en pensant aux amis honnêtes et dévoués qui ne méritaient pas de perdre.

Heureusement, avant d'aller au lit, avec la perspective d'une nuit agitée, je jetterai un oeil sur les résultats du foot. Histoire de compléter mon information...

L'amour du sport (aux côtés du PSG et du Stade Français), n'est pas incompatible avec la passion politique. Bien que cette dernière soit trop souvent douloureuse...

Antoine Blanca

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 17:36

Le FN peut gagner 5 à 10 municipalités en plus d'Hénin-Beaumont. Même si ledit parti en gagnait une seule, cela m'attristerait. Surtout pour les habitants des communes impliquées. Un bon catho pourrait dire:"mon Dieu pardonnez les car ils ne savent ce qu'ils font!". L'addition que présenteront plus tard les lepénistes sera lourde de toute manière. Ces gens-là ont déjà montré ici et là leurs talents de gestionnaires...Ils incarnent la notion de catastrophe. Ceux qui se souviennent de les avoir vus à l'oeuvre dans un récent passé pourraient en témoigner.

Mais soyons sereins. Il y a des centaines de municipalités de plus de 9.000 habitants en France. Le FN reste donc, avec sa petite poignée de villes, une force marginale. Ils ont eu d'ailleurs bien de difficultés à constituer des listes et, souvent, ont dû faire appel à de non-résidents permanents, voire à la tricherie. La cheftaine du parti de la droite extrême a beau aboyer, toute seule, depuis son QG familial de Nanterre, elle n'impressionne que les pisse-copie en mal de sensationnel et ceux et celles qui aiment à jouer à se faire peur. Nous ferons les comptes dimanche soir...

Antoine Blanca

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 10:21

Le Brésil s'installe solidement dans la démocratie. Le plus important pays latino (n°2 aux Amériques derrière les USA), a pourtant vécu, de 1964 à 1985, sous les bottes des militaires. Il y aura 50 ans le 31 mars, les Brésiliens et leurs amis à travers le monde (j'en étais et je me souviens) apprirent que le gouvernement librement élu de Joao Goulart avait été renversé et que les Forces Armées allaient exercer le pouvoir. La surprise fut totale. A l'exception du vaillant travailliste Leonel Brizola, qui résista un moment les armes à la main dans son Etat de Rio Grande do Sul, le nouvel ordre s'installa sans difficulté. La jeunesse de gauche universitaire s'organisa dans la clandestinité. La répression fut impitoyable et de nombreux Brésiliens (dont l'actuelle Présidente Dilma Rousseff) portent encore sur leur corps les traces de la torture qui avait été institutionnalisée comme arme de répression. Un enseignement des différentes manières de torturer fut même instauré dans des amphithéâtres à l'intention d'officiers et de sous-officiers. Le Pentagone envoya des spécialistes. Par dérision on appela cette sinistre université 'a Sorbona'.

Si j'insiste pour marquer cet anniversaire, c'est pour rappeler qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'Etat militaire comme les autres. Il était simplement à l'avant-garde d'un plan voulu par Washington à l'échelle du continent. Le plan Condor. C'était transporter la guerre froide chez les latinos pour empêcher 'un nouveau Cuba'. Le Paraguay étant déjà sous contrôle, La Paz, Montevideo, Santiago, Buenos-Aires suivirent. Pour parvenir à leurs fins les militaires utilisèrent tous les moyens.

Je suis conscient de ma lourdeur auprès de mes lecteurs. J'ai tant de fois parlé de ça! Mais je ne peux laisser passer ce cinquantenaire sans insister sur sa signification historique. Aujourd'hui l'Amérique Latine ne préoccupe plus les Etats-Unis. Et les citoyens de la région n'en sont pas fâchés. La démocratie prévaut un peu partout. Et, ici et là (surtout en Argentine), les anciens tortionnaires sont jugés et condamnés.

Les latinos n'ont pas oublié ces années noires. Mais ils en ont tiré les leçons. La violence n'est plus de mise. Les militaires ne tournent plus leurs armes contre leur propre peuple. Et les civils qui se proclament révolutionnaires cherchent leur légitimité dans les bulletins de vote. A El Salvador et en Uruguay les présidents sont d'anciens maquisards. Les citoyens paraissent apprécier ça...

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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