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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 10:43

On aurait pu espérer que l'aboutissement du psycho-drame grec ferait réfléchir ceux qui s'étaient précipités à Athènes pour féliciter Tsipras et Syriza pour leur victoire...avant des lendemains bien "désenchanteurs". Cela n'a pas été le cas avec PODEMOS. L'inflexibilité de son programme économique ferme la porte à un pacte de gouvernement avec les socialistes. Or le parti hétéroclite du professeur Pablo Iglesias pèse très lourd électoralement. Sans sa participation, pas de solution à gauche. La position, aberrante à mes yeux parce qu'enfermée à double tour dans le théorique, du mouvement issu des "indignados", ne s'explique que par son impossibilité à surmonter les contradictions idéologiques dans ses rangs. Autrement qu'en mettant la barre programmatique très haut et en se refusant toute concession. Alors on verrouille en attendant le déluge...

Lequel pourrait se produire au mois de mai si, devant le blocage de la situation, le roi Philippe VI se voyait contraint, par les textes constitutionnels, à appeler à de nouvelles élections législatives. Elles se tiendraient alors le 3 ou le 10 juillet. Et offriraient une chance à la droite parlementaire de se refaire...A moins d'un miracle démocratique: la sagesse citoyenne prévalant pour rappeler le peuple de gauche vers le PSOE, son seul grand parti ayant exercé des responsabilités de gouvernement.

Antoine Blanca

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:38

Depuis son indépendance le Mexique a une constitution résolument laïque. Ainsi, lors de la mémorable visite d'Etat que réalisa De Gaulle en 1964 au pays de Zapata et de Pancho Villa, notre général assista seul, avec son épouse, à la messe dominicale. Son hôte mexicain s'excusa de ne pouvoir l'accompagner pour respecter la Constitution...

Avant la visite du pape François, le Vatican avait déjà accepté des invitations de Mexico à l'une desquelles, par exemple, l'inévitable Jean-Paul II ne manqua pas d'y répondre. Aujourd'hui on présente cette nouvelle visite comme une sorte de pélerinage pastoral à la Vierge de Guadaloupe, Sainte patronne du principal pays de langue espagnole dont l'immense majorité des 100 millions d'habitants sont baptisés catholiques.

Il est pourtant indispensable de rappeler que le premier gouvernement constitutionnel révolutionnaire (Plutarco Elias Calles, 1924), décida d'interpréter de la manière la plus intransigeante l'article 130 de la constitution réglementant le rôle de l'Eglise. La guerre des cristeros, déclenchée à la vendéenne par des paysans fanatisés, dura au moins 3 ans (1926-1929) et ne prit fin que lorsque le Saint-Siège et l'Etat mexicain conclurent un "arrangement" en 1929. La guerre (l'historien français Jean Meyer la qualifie de "christiade" dans son ouvrage qui vient d'être réédité) fit au moins 50000 victimes.

J'ai estimé utile de rappeler cet événement majeur de l'histoire du Mexique moderne.

Antoine Blanca

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 10:36

Le général (de corps d'armée) en retraite Piquemal passe aujourd'hui en correctionnelle pour avoir défié, et incité à défier, l'interdiction à manifester contre les migrants à Calais. A l'âge de 75 ans, il ne risque sans doute qu'une condamnation symbolique. De principe. Mais ce dernier combat du vieux légionnaire est pitoyable. Pris en flagrant délit au milieu d'un groupe d'extrémistes violents armés de "coups de poing américain", de matraques et de battes de base-ball, il a déjà perdu son dernier misérable combat.

Je me souviens d'une boutade prononcée, en 1959 dans l'Algérie tourmentée, par un colonel ami de mon père: "Dans l'armée il n'y a pas que des cons, mais tous les cons y sont". Une boutade reste une boutade, et la connerie humaine est loin d'être l'apanage des militaires. Pas plus qu'elle n'appartient à une tranche d'âge, comme le chantait si bien le grand Georges Brassens. "Le temps ne fait rien à l'affaire...quand on est con, on est con...Con caduc ou con débutant, petit con de la dernière averse, ou vieux con des neiges d'antan".

Mais la problématique des migrants de Calais, eux qui ne veulent surtout pas du sol français, problématique insoluble par définition, est un élément parmi d'autres qui sert de prétexte à un mouvement xénophobe organisateur de manifs violentes à l'échelle européenne. Un parti fasciste, parti d'Allemagne, est en train de s'organiser au coeur de l'Europe, sous couvert de lutte contre les migrants et les réfugiés.

A côté de cette réalité inquiétante, le procès du retraité Piquemal est anecdotique.

Antoine Blanca

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 09:51

PODEMOS est incontournable si l'on souhaite la formation d'un gouvernement de gauche. Mais la question est: ce mouvement hétéroclite issu des manifs des indignados, veut-il vraiment gouverner? Chaque jour qui passe apporte une preuve supplémentaire de l'irresponsabilité de ces gens-là: pour participer à une coalition il convient de négocier vraiment. Ce qui suppose de faire des concessions aux socialistes qui demeurent la principale force de gauche. Or le leader de PODEMOS, curieusement appelé Pablo Iglesias (nom et prénom du fondateur du PSOE et de l'UGT), est incapable de discipliner ses troupes aux origines disparates. Comme on on l'avait déjà constaté au lendemain des régionales...

PODEMOS ne paraît se plaire que dans l'opposition: on propose un programme susceptible de plaire au plus grand nombre d'électeurs, mais on ne fait rien pour le mettre partiellement en oeuvre. Le leader PSOE, Pedro Sànchez, chargé par le roi de former un gouvernement, est contraint de porter une croix de plomb. Sans possibilité, même pour le condamné, d'atteindre le Golgotha du sacrifice...

Conclusion: avoir PODEMOS pour allié potentiel est une épreuve quasi-impossible à surmonter. Ce groupe tient davantage du chaht d'un amphi universitaire, que du parti de gouvernement. Les Espagnols risquent bien de retourner aux urnes dans quelques semaines...Sans doute pour remettre la droite au pouvoir, lassés de l'instabilité...Rajoy pourra alors remercier chaleureusement Iglesias et les siens...

Antoine Blanca

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 11:06

On ne peut empêcher nos concitoyens de se prêter au jeu des sondages. Et la grande presse les adore parce qu'ils aident à faire vendre du papier. LE JOURNAL DU DIMANCHE en publie un chaque semaine et, en général, il est commenté par tout le monde, à la télé, à la radio comme par ses confrères de la presse écrite. Celui de ce matin 31 janvier donne des résultats assez extraordinaires, qui place Nicolas Hulot, l'homme du business écologiste, collaborateur de Sarkozy puis du président Hollande, comme le préféré de la gauche. De même révèle-t-il que les Français sont très majoritairement favorables à l'organisation d'une primaire pour la désignation d'un candidat commun au PS, EELV, Front de gauche...

Si je balaie sans commentaire l"hypothèse Hulot, pour son absurdité, je prends davantage au sérieux la question de la primaire à gauche. Il est clair que les promoteurs de l'affaire sont, consciemment ou non, décidés à torpiller les derniers mois (forcément décisifs), de la présidence Hollande. Que ce dernier soit finalement candidat à sa propre succession, ou qu'il ne le soit pas, son gouvernement serait fatalement handicapé si l'attention de ses électeurs est détournée par le débat interne sur les propositions des uns et des autres. Qu'une personnalité aussi expérimentée que Martine Aubry (celle qui a perdu le Nord sans combattre), se dise partisane de l'organisation d'une primaire, démontre le caractère revanchard de ceux et celles qui avaient perdu la primaire de 2011.

En fait ces gens-là travaillent, objectivement, pour la droite.

Antoine Blanca

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 10:08

Christiane Taubira est une femme politique brillante. Pendant près de 4 ans elle aura tout fait pour concilier les spécificités de son engagement avec le devoir de réserve qu'un ministre doit observer. Tant le Président que les premiers ministres successifs (Ayrault et Valls) lui ont manifesté une solidarité sans faille, alors qu'elle était l'objet de basses attaques de la part de la droite et de l'extrême-droite. Aujourd'hui son départ donne lieu à toutes sortes de réactions. Elles ont un seul point commun: tenter d'affaiblir le pouvoir. Pour le quotidien LE MONDE, par exemple, Hollande a simplement décidé de se passer de sa gauche...Jugement bien hâtif de la part d'un journal réputé pour son goût de l'équilibre, de la retenue...

Je souhaite répondre au rédacteur en chef du grand quotidien du soir qu'il trompe, volontairement ou non, ses lecteurs. L'exécutif applique simplement une ligne de conduite qui n'a pas varié depuis les assassinats de masse du vendredi 13 novembre 2015. Mieux assurer la sécurité de ceux qui vivent ou viennent à séjourner chez nous. La problématique de la déchéance de nationalité pour les tueurs de français définitivement condamnés, se heurtait à un seul problème (et il est de taille): établir ou non un distinguo entre citoyens, suivant qu'ils aient ou non une deuxième nationalité. Or il est avéré désormais que cet obstacle, qui m'avait perturbé moi aussi, va disparaître dans le projet définitif. La ministre aurait pu, (aurait dû) attendre avant de précipiter ses adieux. Elle a préféré choisir, et je le regrette, la facilité d'un départ médiatisé en vélocipède. Il paraît que c'est là une attitude de gauche.

Antoine Blanca

J'en doute pour ma part...

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:12

Edmonde Charles-Roux a certainement signé l'un des plus grands romans du XXe siècle avec "Oublier Palerme". Le Prix Goncourt récompensa ce chef-d'oeuvre en 1966. Edmonde vient de nous quitter, mais la France se souviendra de la combattante, de la résistante, de la journaliste de talent autant que de la romancière et femme de grande culture. Je l'ai connue à Cuba, en octobre 1974. Elle avait épousé, quelques mois auparavant, Gaston Defferre, et nous faisions partie d'une délégation qui accompagnait le chef du PS, François Mitterrand, sur l'île révolutionnaire. La visite dura une bonne semaine. Fidel ne quitta jamais ses hôtes. La romancière, elle, devait sympathiser avec Vilma Espin, intellectuelle et femme d'action, épouse de Raùl Castro jusqu'à devenir, me confia-t-elle, amies. Je n'ai revu la veuve de mon camarade Gaston que, très brièvement, à Genève où je dirigeais le Palais des Nations au début des années 90. Faute de temps, peut-être, la rencontre manqua de chaleur.

L'écrivaine, fille d'un illustre ambassadeur, faisait sans aucun doute partie du monde parisien des "intellectuels progressistes". Mais je ne crois pas qu'elle portait le PS dans son coeur. Elle coupa toute relation avec ceux qui auraient pu prétendre à la succession du maire de Marseille et, refusant de suivre sa vocation de journaliste, elle se dépêcha de liquider le grand quotidien de son mari, LE PROVENCAL, "quotidien des patriotes socialistes et républicains"*. Paix donc à son âme.

Antoine Blanca

* plus fort tirage de la presse quotidienne du Sud-Est
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:12

DAECH ou Al Qaïda? Laquelle de ces organisations sera la plus barbare, tuera le plus cruellement? Quels seront leurs théâtres de prédilection? Après le dernier attentat à Ouagadougou la sanguinaire compétition est ouverte. Et pas seulement en Afrique et au Moyen-Orient. Elle concerne tout le monde musulman: Pakistan et Afghanistan, bien entendu, mais aussi plus que jamais l'Indonésie, pays du monde qui compte le plus de fidèles à la prédication coranique.

Certains observateurs pensaient que l'Etat Islamique, avec son projet de nouveau Califat, était sur le point de marquer sa suprématie dans l'univers djihadiste. N'avait-il pas conquis des territoires et des sites pétroliers en Irak, en Syrie comme en Libye? Mais voilà que la nébuleuse fondée par Ben Laden revient de son oubli relatif, avec ses propres kamikazes, que des allégeances changent de camp. C'est le cas d'AQMI et de sa branche Al Mourabitoune du funeste Mokhtar bel Mokhtar, celle qui a vient de frapper au Burkina.

Il n'y a pas, toutefois, matière à nous réjouir de ces divisions du monde terroriste. Les uns comme les autres cherchent à nous viser au coeur et à étouffer économiquement les pays amis.

Le Conseil de Sécurité de l'ONU vient, pour la première fois avec une telle solennité unanime, de décider de combattre ensemble ces organisations criminelles. C'est là une étape de franchie. Nécessaire mais pas suffisante. Il est urgent de passer désormais à la phase opérationnelle la plus ample et la plus effective.

La France, elle, n'avait pas attendu pour prendre sa pleine responsabilité. On est en droit d'espérer que d'autres vont, sous les auspices onusiens, la rejoindre dans un même esprit de détermination.

Antoine Blanca

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 10:41

Je dois personnellement beaucoup à François Mitterrand. Investi de sa confiance, je devins son ambassadeur auprès de tous les pays "d'Amérique du Sud, d'Amérique Centrale et des Caraïbes" à peine se fût-il installé à l'Elysée. C'était une époque historique où les guerres civiles déchiraient le Nicaragua sandiniste, le Salvador et le Guatemala, tandis que des dictatures militaires meurtrissaient le Cône sud. Nos alliés de Washington avaient transporté la guerre froide dans ce qu'ils tenaient pour leur zone naturelle d'influence. Or notre pays fait partie de la région considérée, avec les Antilles, la Guyane et Saint-Pierre et Miquelon. Nous avons une longue frontière, par exemple, avec le Brésil...

En me nommant, le Président avait surmonté les préventions qui étaient les siennes vis-à-vis de tous ceux de sa nouvelle famille provenant du "vieux parti" socialiste SFIO. Déjà, à partir de 74, je l'avais accompagné dans ses voyages de Premier secrétaire, à Cuba, au Mexique, au Costa-Rica et au Venezuela. Sept ans plus tard j'étais intégré au Ministère des Affaires étrangères avec le grade de Ministre plénipotentiaire...Ma vie avait changé de cours et, je crois, j'espère en tout cas, ne pas avoir déçu sa confiance.

Mais c'est d'une manière plus générale que le militant que je suis est reconnaissant à François Mitterrand. Essentiellement parce que sa détermination à assumer une politique fondamentale basée sur l'union de la gauche, et sur la signature du programme commun de gouvernement qui en résultait, libéra la démocratie socialiste de son complexe atlantiste. Le socialisme libre, loin d'être marginalisé par la puissance du PCF, devint la composante largement majoritaire de la nouvelle union. Si le PS est aujourd'hui un grand parti de gouvernement, il le doit pour une bonne part à la détermination du Président disparu il y a aujourd'hui 20 ans. Et à son choix clairvoyant et courageux.

J'évoquerai toujours son nom avec émotion.

Antoine Blanca

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 11:13

Au Quai d'Orsay on m'a toujours dit que, aux yeux de la France, il n'existe qu'une seule catégorie de nationaux. La possession d'un second passeport relève d'une démarche individuelle. Parler de franco-algérien, franco-marocain, franco-argentin ou franco-péruvien, par exemple, est une aberration en droit international. Mais je devais avoir mal compris puisque la notion de bi-nationalité paraît désormais admise si la personne concernée est condamnée pour actes de terrorisme. S'il s'agit d'un Comorien d'origine, né à Bobigny, il sera renvoyé vers le pays de ses ancêtres. Ce qui ne saurait être le cas, évidemment, pour une Ernestine Berrichon, née à Bourges, convertie à l'Islam et radicalisée, ayant assassiné, elle aussi, des compatriotes dégustant paisiblement un petite Kronenbourg à la terrasse de "La belle équipe" un vendredi soir.

Je me trompe ou il y a bien, désormais, deux catégories de citoyens devant la justice?

Naturellement on voit clairement l'ironie tragique de la chose. Français dès mon enfance en conséquence de la naturalisation de mes parents, réfugiés politiques espagnols, ayant confirmé ce choix à ma majorité civile et militaire, je n'ai évidemment aucune intention de passer dans le camp des assassins. D'être condamné pour fait de terrorisme et donc d'être déporté à Alicante, le "douar d'origine" de ma famille. Ma situation juridique est aussi limpide que celle de personnalités aussi illustres que Manuel Valls ou Anne Hidalgo.

Nous entrons là, on le voit, dans le domaine de l'absurde. D'autant que je doute que la perspective de perdre la nationalité française dissuade un "serial-killer" de massacrer ses compatriotes...

Mais j'espère très fort que demain soir le Président trouvera les mots qui dissiperont mes doutes théoriques...

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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