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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:26

Au lendemain d'une consultation électorale d'ampleur nationale, et à la veille d'une autre (européennes), évoquer un remaniement de la composition du gouvernement ne relève plus de l'hypothèse (comme c'est le cas depuis des mois dans la presse comme dans le monde politique), mais de la quasi certitude.

Jean-Marc Ayrault, qui ne s'exprime qu'après concertation avec le Président, a ouvert une piste que les parieurs en tout genre devraient explorer sérieusement: celle du maintien du Premier ministre à Matignon, mais à la tête d'un gouvernement resserré.

Cela me semblerait raisonnable. En mai 2012 François Hollande avait paru désireux d'associer toutes les sensibilités de la majorité à l'action ministérielle. Ainsi que la géographie électorale du pays. Cela faisait du monde. Souvent du beau monde d'ailleurs. Mais même les vieux routiers comme moi avons eu du mal à nous retrouver dans ces méandres.

Je sais que l'on entend beaucoup dire, dans le maquis socialiste, que l'actuel chef de gouvernement est usé par deux ans particulièrement difficiles. Même s'il connaît des coups de fatigue j'estime qu'il y a chez lui davantage de gain en expérience, que d'épuisement dans la durée.

A moins d'une catastrophe majeure (improbable à mon avis), il serait sage de reconduire, au mois d'avril, le sortant de Matignon, à la tête d'une équipe ne dépassant pas 20 ministres et sous-ministres.

Antoine Blanca

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 12:14

L'hebdomadaire "Le Point" met M.Copé, président contesté de l'UMP, d'avoir confié, sans appel d'offre préalable, l'organisation des meetings, la campagne d'affiches de la dernière présidentielle, à la société créée à la hâte par deux de ses amis et anciens collaborateurs. Coût estimé: 8 millions d'euros. Et selon les estimations, le double de la valeur réelle de la prestation. Copé crie au complot. C'est triste et cela vaut bien une larme de notre part...L'intéressé est tellement aimable et compréhensif de nature!

Mais où pourrait être le complot quand l'hebdo dénonciateur se situe plutôt au centre-droit et que les journalistes ayant cherché et réuni la documentation sont connus pour leur sérieux. Ils disent attendre, en salivant de plaisir par avance, le procès que veut lui intenter le chef de l'UMP. En effet ils disposeraient, en réserve, de documents d'une authenticité incontestable, encore plus accablants pour le maire de Meaux.

En fait c'est toute la campagne présidentielle de Sarkozy qui est frappée d'irrégularités. On se souvient par exemple de l'important dépassement des frais autorisés (pour combler le trou multi-millionnaire, on fit appel à la générosité des adhérents). L'affaire Copé vient donc s'ajouter à un dossier déjà lourd.

Je comprends mal que l'on ne se contente pas des énormes sommes officiellement attribuées à tous les candidats autorisés (ayant réuni 500 signatures d'élus). Mais beaucoup plus fortes pour les "importants", Sarko et Hollande. La manipulation à laquelle se serait livrée Copé a mérité ce commentaire de son concurrent à l'UMP, Fillon:"J'ai eu Copé au téléphone. Il affirme que ces accusations ne sont pas fondées...Je n'ai pas de raison de ne pas le croire..." Le jésuitisme de cette déclaration est exemplaire.

Antoine Blanca

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 11:41

LE SALVADOR où la gauche l'emporte:

Jusqu'en 1991 Le Salvador était en guerre civile. Quand l'ONU proposa aux deux belligérants de négocier un accord de paix sous son égide, le pari était risqué. La lutte avait été sanglante entre l'extrême-droite, ARENA*, et le FMLN**. Le premier parti nommé contrôlait le pouvoir et ses para-militaires assassinaient ceux qui dénonçaient leurs crimes. Le FMLN, à l'origine force d'idéologie castriste, avait vu ses soutiens civils s'élargir de représentants des social-démocrates (FDR fondé par Guillermo Ungo), et de catholiques démocratiques (après l'assassinat, en pleine messe, de l'archevêque de la capitale). Quant au président du pays, l'avocat Castellani en 91, leader de l'ARENA, il commença à pressentir que cette guerre civile ruinait son pays et sa population laborieuse sans qu'une issue ait une chance d'apparaître. Tout le monde accepta de venir à New-York négocier au siège de l'ONU. Castellani occupait mon bureau***. Les guérilléros, ceux des membres de mon cabinet. L'accord fut signé à minuit pendant le Réveillon du Jour de l'An 91/92, à la minute où le Secrétaire Général, Pérez de Cuéllar, terminait son deuxième et dernier mandat.

Depuis les combats entre FMLN et ARENA sont exclusivement électoraux. Un ancien chef de maquis, Mauricio Funés termine son mandat et le premier tour de la présidentielle place son camarade Sebastian Sànchez Cerén, en tête avec 49% des voix. La victoire au tour décisif est assurée (mandat 2014-2019). Le parti ARENA est non seulement battu par les électeurs, mais encore acculé par la justice: une accusation très documentée met l'ancien président ARENA, Francisco Flores(1994-1999), sur le banc des accusés. Il aurait détourné à son profit 70 millions de dollars et quelques autres millions prélevés sur l'aide étrangère (aide au développement de Taïwan notamment) à son pays. Lâché par son parti, M.Flores est actuellement en fuite et cherche à gagner un pays frontalier(précisément le Guatemala).

VENEZUELA

Devant faire face à une opposition qui est descendue dans la rue, inquiet surtout de la tournure des derniers événements alors que des milliers d'étudiants organisaient leurs propres manifestations (la police aurait tiré sur les jeunes faisant 5 morts), le Président Arturo Maduro a pris des initiatives destinées à faciliter un dialogue constructif avec l'opposition et a fait arrêter des officiers de police présumés coupables d'avoir fait tirer à balles réelles sur la foule.

Antoine Blanca

* ARENA, Alliance républicaine nationale, parti créé avec l'appui des grands propriétaires terriens, dont les milices armées s'appliquaient à liquider toute personne ne partageant pas ses idées.

** FMLN: Farabundo Marti de Libération nationale dont les guérilléros étaient aussi des hommes politiques capables de négocier comme ils l'ont prouvé.

*** J'étais alors n°2 de l'ONU.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:42

Le Président Bouteflika sera sans doute, au lendemain de la présidentielle du 17 avril, Président pour la 4e fois. Cela ne répond pas à une dérive due à un ego surdimensionné. Je pense qu'au contraire sa candidature est une forme de sacrifice patriotique, une volonté désespérée de sauver les apparences. Logiquement le candidat de la continuité aurait dû être choisi parmi les hautes personnalités membres ou proches du parti FLN. Un ancien Premier ministre par exemple. Dans un précédent article j'avais moi-même parié sur M. Benfis dont la compétence est largement reconnue. Mais il n'y aura pas de renouvellement au sommet. Tout simplement parce qu'aucun accord n'a pu être trouvé entre le FLN, l'Etat-Major de l'ANP et la Direction de la Sécurité.

La date limite pour le dépôt des candidatures approchant à grands pas, tous ces importants se sont tournés vers le sortant, Bouteflika. Très malade, celui-ci aurait aimé passer la main dans les meilleures conditions. Du moins telles que le régime les conçoit...

Tous ceux qui ont approché récemment Abdellaziz Bouteflika m'ont confié que, si cette personnalité éprouve des difficultés de locomotion, si elle économise sa parole, son jugement n'est nullement atteint par ses accidents de santé successifs. On m'assure que pour pallier ces difficultés, une équipe solide assistera le Président dans l'exercice de sa haute fonction. A lui de trancher entre les solutions proposées, grâce à son expérience, à sa bonne connaissance des hommes, tant civils que militaires.

Antoine Blanca

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 17:22

Nous avons déjà eu l'occasion de le dire: Europe Ecologie n'a pas le sens de ses responsabilités de parti de gouvernement. Le comportement de ses leaders, à la veille de la désastreuse manifestation de Nantes contre la construction d'un nouvel aéroport, confirme notre sentiment. Le projet a déjà pris des décennies de retard du fait de l'hostilité belliqueuse d'un conglomérat informe d'hommes et de groupes en mal d'agitation. Légalement, rien ne s'oppose depuis longtemps à sa réalisation. Du point de vue économique son intérêt est indiscutable. Pour les régions directement concernées (Pays de Loire et Bretagne) comme (Juppé le crie avec force) pour l'Aquitaine. Les opposants sont contraints, pour ne pas se ridiculiser dans la rue, de faire appel à des contestataires systématiques de France et de Navarre. La poignée d'agriculteurs au nom desquels on prétend se battre ont été indemnisés largement, et depuis belle lurette, pour quitter des terres marécageuses, impropres à l'agriculture et à l'élevage. Quels arguments peuvent développer les dirigeants d'EELV? En quoi l'écologie est-elle menacée davantage que la construction, par exemple, d'un complexe industriel qui donnerait du travail à des milliers, voire à des dizaines de milliers de personnes. Veut-on retourner aux temps de la cueillette?

Et puis il y a les silences insupportables. Celui des habitants de l'agglomération de Nantes, que l'on sait massivement favorables à l'aéroport de Notre Dame des Landes. Celui du PC, et surtout de la CGT, qui ont approuvé, en son temps, le projet. Celui des autres acteurs de la vie économique auxquels le projet ouvrirait des perspectives de développement. Quant à EELV, abandonnons-les à leurs ambitions contradictoires et, souvent, misérables. Tout en nous lamentant de ne pouvoir, dans le contexte politique actuel, débarrasser le gouvernement de ces alliés de circonstance.

Antoine Blanca

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 17:02

On saura, avec la marche du temps, que la pression des insurgés de Maïdan n'explique pas, seule, les bouleversements politiques en Ukraine. La Constitution a été bousculée: circonstances exceptionnelles obligent. Mais comment expliquer le retournement total des partisans du désormais ancien président? J'y vois pour ma part la main de Vladimir Poutine qui a jugé que le moment était venu de lâcher son allié "indéfectible".

Je souhaite bonne chance aux autorités qui vont avoir à gouverner. La plupart des leaders de l'insurrection n'étaient pas pressés de revoir Mme Timochenko revenir dans le jeu politique. Les tensions entre les vainqueurs sont déjà perceptibles. L'heure n'est plus à chanter l'hymne national la main sur le coeur (attitude jusque là purement américaine, mais qui gagne du terrain). Il va falloir affronter les réalités. D'abord l'obstacle extrémiste: nationalistes et fascistes ont infiltré en profondeur le mouvement insurrectionnel. Ensuite, et surtout, les cruelles réalités économiques: le pays est en faillite et l'Europe a beau faire des sourires, elle ne veut, ni ne peut, payer la sortie de crise de l'Ukraine.

Reste la Russie. Sans elle Kiev s'enfoncera dans l'insolvabilité. Et sera privée d'énergie. Poutine, plus que jamais incontournable, attend que l'on vienne à l'appeler à l'aide pour poser ses conditions.

Antoine Blanca

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 13:32

La démocratie veut la vérité sur les crimes commis par les militaires en Amérique du Sud entre 1964 et 1983. L'opération secrète 'Condor', décidée par le pouvoir militaire dans huit pays du continent (dont le Brésil, le Chili, l'Argentine et l'Uruguay)* visait à liquider les réfugiés politiques résidant dans les pays concernés. Des parlementaires (dont les principaux leaders de l'Uruguay, assassinés en Argentine), des généraux (le chilien Carlos Prats), des intellectuels connus, furent assassinés dans le pays 'frère' qui leur avait accordé asile. Mais aussi, surtout, des centaines de militants anonymes. Même quand il y avait des divergences entre les dictateurs de service, la neutralisation de leurs ennemis, où qu'ils se trouvent, les unissait.

Le cas du Président Joao Goulart (Jango pour les Brésiliens) est doublement symbolique: parce qu'il fut le premier président constitutionnel à subir un coup d'Etat (9 ans avant l'Uruguay et le Chili, 12 avant l'Argentine), et parce qu'il viendrait à être (comme l'enquête conduite par un grand juge argentin, Osorio, paraît le confirmer), le seul Chef d'Etat victime directe de l'opération 'Condor'.

Peu après le coup d'Etat dirigé par Videla, en 1976, Joao Goulart fut trouvé mort dans un hôtel de la capitale argentine, victime officiellement d'une crise cardiaque. Il avait 61 ans et paraissait, jusque là, jouir d'une bonne forme physique. Selon la police scientifique de Buenos-Aires, des indices concordants indiquent qu'on lui aurait fait ingurgiter un poison violent en altérant un médicament qu'il prenait régulièrement. 'Jango' résidait en Argentine dans sa propriété de Corrientes et la quittait rarement. Il était particulièrement haï des gros propriétaires terriens qui l'accusaient de trahir leur classe alors qu'il était un des leurs**. Les généraux pouvaient difficilement leur refuser un service...

Nous suivrons de près les progrès de l'enquête du juge Osorio...

Antoine Blanca

* Le plan Condor visait à traquer les démocrates, et singulièrement les militants de gauche partout où ils auraient trouvé refuge. La CIA suivit de très près l'exécution d'un plan dont elle était à l'origine.

** Goulart était membre du Parti travailliste fondé par l'autoritaire Getulio Vargas. A la fois patriotique et réformiste. Inspiré de la démarche mussolinienne dans les années 30, ses successeurs, dont Goulart, se rapprochèrent de la social-démocratie européenne et le parti adhéra en 1978 à l'Internationale socialiste.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 12:32

En Europe nos regards sont tournés en priorité vers l'Ukraine et la Syrie. La géographie et l'économie l'imposent. Même si on tente d'observer avec intérêt ce qui se passe en Centre-Afrique, ou encore au Sud-Soudan. Je tente pour ma part, bien modestement, d'informer mes lecteurs des réalités concernant ces pays, réalités plus complexes que les grands médias ne le laissent entendre.

Me voilà donc au Venezuela où, après le décès du charismatique Hugo Chàvez, le nouveau président, Nicolàs Maduro, démocratiquement élu comme l'ont été parlementaires et gouverneurs des Etats de ce pays fédéral, doit affronter dans la rue une opposition qui demeure unie en dépit de son caractère hétéroclite. Désormais rejointe par de forts contingents d'étudiants issus majoritairement des familles aisées. Il est vrai que ces dernières ont été bien bousculées par un 'chavisme' qui revendique une idéologie socialiste.

De fait il s'agit d'un début, sinon de guerre, du moins de bataille de classes qui se met en place. Ou plutôt des plus démunis contre les plus aisés. Personne ne paraît envisager la recherche d'une solution en utilisant les institutions démocratiques: le parlement national et ceux des 24 provinces. Quant à l'Organisation des Etats Américains (OEA), elle avoue son impuissance.

Il faudra pourtant bien sortir de cette situation qui risque de dégénérer en guerre civile. Et dans ce cas de figure, les forces armées, jusqu'ici muettes mais réputées plutôt proches du régime "bolivarien" fondé par le 'comandante' Hugo Chàvez.

Antoine Blanca

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 10:35

Le retour sur le devant de la scène médiatique des 1600 enfants emmenés administrativement en France métropolitaine pour "repeupler" les départements, comme celui de la Creuse, touchés par la désertification rurale, nous donne l'occasion de reparler de la figure de Michel Debré. Il a été à l'origine de cette politique contestable (certains parlent de déportation d'enfants). Ce fidèle du Général De Gaulle avait trouvé refuge électoral dans la lointaine Réunion, faute de trouver une circonscription 'sûre' en Métropole...

Mais Michel Debré est célèbre surtout pour d'autres raisons. Sa brillante progéniture (un fils chirurgien de renom et député du XVIe arrondissement de Paris, un autre président du Conseil Constitutionnel) ne doit pas occulter les exploits du papa.

Gaulliste inconditionnel sans avoir toutefois un vrai passé de résistant, il fut l'un des plus acharnés défenseurs de l'Algérie française. On le classait alors à l'extrême-droite tant ses éditoriaux, dans son journal 'Le Courrier de la colère', étaient violents contre la IVe République et ceux qui la servaient. Le Canard Enchaîné le surnommait 'Michou la colère', surnom qui lui colla longtemps à la peau. Mais le retour du Général, sa nomination au poste de Premier Ministre, le fit changer radicalement d'opinion. Il se mit au service de la politique algérienne du Général qui se releva être aux antipodes de celle qu'il avait préconisée avec une sorte d'exaltation maladive.

Mais les défenseurs des valeurs laïques de la République ne peuvent oublier les lois dont il fut le promoteur. 'Les lois Debré' modifièrent en profondeur celles qu'avait fait adopter Jules Ferry et que les amis des principes laïcs allaient compléter et approfondir à partir de 1905. Le CNAL (Comité national d'Action laïque) appela au combat, fit signer des cahiers de pétition (12 millions de signatures) et mobilisa des foules impressionnantes dans les rues. Mais le pouvoir autoritaire tint bon. La blessure est toujours ouverte.

Je ne voulais pas manquer l'occasion de rappeler les tristes exploits de celui que la presse ne présente plus que comme l'un des bâtisseurs de la Ve République. Oubliant le passé de celui qui appelait à l'insurrection contre la IVe et ses serviteurs civils et militaires. Et le promoteur de lois assassines contre l'Ecole Laïque.

Antoine Blanca

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 10:39

Héritiers légitimes de la pensée de Jean Jaurès, les socialistes devraient se réjouir de voir leurs camarades communistes célébrer aussi son souvenir. Celui du centenaire de son assassinat et celui des 110 ans de la fondation, en 1904, du "journal socialiste quotidien" par le député du Tarn. Tel n'est pas le cas et je vais tenter de préciser les raisons de leur désagrément.

En premier lieu parce que, même si Jaurès n'a pas connu la scission du Congrès de Tours (derniers jours de 1920), et sans vouloir faire parler les morts, nous avons la certitude absolue que ce martyr "mort à l'avant des armées" le 31 juillet 1914*, aurait vivement condamné les 21 conditions imposées par le communisme international à tous ceux qui voulaient le rejoindre; comme il aurait approuvé mot pour mot le discours prononcé par Léon Blum, à Tours, au nom de la SFIO maintenue.

Le journal "l'Humanité" a tous les droits de saluer la mémoire de Jaurès, mais pas celui de se réclamer de la continuité de la ligne éditoriale de son fondateur. Rappelons simplement que dans son premier article, l'auteur de "l'Armée nouvelle" fixait deux règles: 1) la recherche d'information étendue et exacte pour donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde; 2) l'indépendance financière. Devenu maître du quotidien, le PCF oublia l'une et l'autre.

"L'Huma" était tombé, comme tous les autres biens du Parti socialiste SFIO, en toute légalité, entre les mains des majoritaires du Congrès de Tours. L'un d'eux, Marcel Cachin, était d'ailleurs depuis 1918 directeur du journal, où il avait succédé au jauressien Renaudel. Mais un acte notarié n'achète pas aussi la pensée politique du fondateur.

Le PCF a toujours entretenu dans le Tarn, département dont Jaurès était l'élu et où il était né (à Castres), la légende que le grand humaniste aurait choisi de se plier aux 21 conditions de l'Internationale communiste. Une simple consultation de l'édition française du 'dictionnaire socialiste', publié sous l'oeil vigilant du Komintern, devrait suffire à trancher la question: au chapitre qui nous intéresse on peut lire cette définition lapidaire: "Jean Jaurès, socialiste de droite".

Dont acte...

Antoine Blanca

* Villain, assassin de Jaurès, fut condamné mais, curiosité de la justice de l'époque, très vite libéré. Il se réfugia en Espagne, dans l'une des îles Baléares. Si ces dernières tombèrent entre les mains des franquistes, les républicains eurent le temps, en 1936, d'arrêter le personnage. Et de le fusiller.

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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