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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 10:26

La nouvelle Constitution tunisienne, adoptée par la quasi totalité des députés, est remarquable par son affirmation démocratique. Elle garantit la liberté de conscience, l'égalité entre l'homme et la femme, même dans le domaine électoral, elle est remarquable aussi par les garanties qu'elle donne en matière de droits fondamentaux et de libertés.

Bien entendu les puristes feront remarquer de sérieuses imperfections. Ils n'auront pas tort, par exemple, de s'inquiéter de la menace potentielle que fait planer sur les citoyens l'article 6 (le même article, par ailleurs, qui garantit la liberté de conscience). Cette partie de article 6 "prohibe l'atteinte au sacré", sans autre précision. Cela ouvre la voie aux interprétations les plus inquiétantes. Les chevaliers de La Barre* potentiels tunisiens devront se tenir sur leurs gardes. Par ailleurs, en matière d'égalité ente hommes et femmes une faille existe quand il s'agit d'héritage. Enfin il faut signaler que le compromis entre législateurs n'a pas pu retenir une claire référence à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Mais quand il fait la somme et le reste, le citoyen du monde a toutes les raisons d'être satisfait. Une assemblée encore à majorité Ennahda, islamiste donc, s'est sentie contrainte d'avaler, par la pression populaire, beaucoup de couleuvres. Et une fois le vote proclamé, ses députés se sont levés pour acclamer longuement la nouvelle Constitution.

Pour ma part, je croyais rêver.

Antoine Blanca

* rappelons que, au XVIIIe siècle, le Chevalier de la Barre fut supplicié à mort pour ne s'être pas découvert au passage d'une procession en temps de Carême; et même d'avoir chanté une chanson jugée blasphématoire par les autorités ecclésiastiques.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 10:54

A quoi servent l'Internationale socialiste et, plus précisément pour nous, le Parti socialiste européen, le PSE? Il ne s'agit pas d'adoption d'une ligne politique commune. Cela n'a jamais été fait. Mais de se concerter, de confronter difficultés et expériences. D'organiser une table de réflexion commune. Au Danemark, par exemple, le gouvernement à direction PS vient de perdre ses alliés du PSP, membre aussi de l'IS, après que la camarade Premier ministre ait annoncé la vente d'une entreprise publique jugée stratégique par l'aile gauche du mouvement socialiste. C'est la démonstration de la faille idéologique: la gauche démocratique, quand elle est en position d'exercer le pouvoir (ou de le partager, comme en Allemagne aujourd'hui), doit-elle défendre le contrôle par l'Etat des entreprises stratégiques pour l'économie?

Ce qui est certain c'est que les socialistes réformistes, qu'on les appelle social-démocrates ou non, ne parviendront pas, en agissant de manière isolée, à changer la politique imposée par la Commission. La religion libérale, la pratique de l'austérité comme moyen de sortir de la crise et de retrouver la croissance n'a causé que des dégâts économiques et humains. Le gouvernement français se bat, seul contre presque tous, pour faire sortir la France du trou sans toucher ni aux acquis sociaux, ni aux entreprises jugées stratégiques pour notre indépendance.

Ne serait-il pas temps pour le PS d'appeler à une grande conférence du PSE pour tenter de définir une vision commune pour affronter les défis mortels qui sont devant nous?

Antoine Blanca

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 11:02

Yasmina Khadra est un nom désormais familier de la littérature française moderne. L'histoire de sa vie est singulière: militarisé par la volonté de son père chez les "Cadets de la Révolution" il quittera l'Armée Nationale Populaire (ANP) en prenant une retraite anticipée à 49 ans. Le Commandant Mohammed Moussehoul devient alors pour le public l'écrivain Yasmina Khadra. Un nom de femme supposé égarer l'ennemi djihadiste, pour cet homme marié et père de 3 enfants.

L'officier qu'il était abandonna l'uniforme (mais pass son amis officiers) sans renier pour autant les combats qu'il avait livrés au sein de l'ANP pour empêcher l'intégrisme et son intolérance criminelle de mettre la main sur son pays. L'écrivain ne renia rien et dut affronter une certaine gauche française qui assimilait l'intervention militaire, destinée à empêcher la victoire électorale du FIS/GIA*, à un coup d'Etat. Les exactions, les massacres massifs de civils commis par les islamistes intégristes durant les sept ans de guerre civile (200000 morts) ont définitivement détourné le peuple algérien de ce mouvement extrémiste et très rares sont ceux qui ne sont pas reconnaissants à l'ANP pour cette opération de sauvetage d'une nation et de son peuple. En Europe, en revanche, un petit monde intellectuel persiste à la tenir pour une armée de coup d'Etat. Florence Aubenas, alors journaliste à Libé, refusa ainsi d'interviewer l'écrivain algérien en lui jetant au visage des mots très durs.

Je crois utile de rappeler des faits qui démontrent que le changement radical de statut social de Mohammed Moussehoul en Yasmina Khadra se fit dans la douleur et dut vaincre mille incompréhensions. L'écrivain vit aujourd'hui bien en France, mais demeure fidèle à sa patrie et n'a jamais renié son passé de soldat.

Antoine Blanca

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 11:09

La presse occidentale a pris clairement position dans l'affaire ukrainienne. Il y a d'un côté les gentils: ils sont démocrates, ouverts sur l'ouest et hostiles à la Russie. De l'autre, il y a les pro-russes, vivant majoritairement dans la partie est de ce vaste pays où les russophones sont particulièrement nombreux. Nostalgiques du temps de l'Union Soviétique? On va jusqu'à le suggérer parfois.

La réalité n'est pas aussi simple. Du côté des manifestants, les éléments les plus durs appartiennent au nationalisme fasciste. Héritier direct du mouvement qui donna, dans les années 40, tant de supplétifs aux SS et à la Gestapo. Connaissant le terrain, ils envoyèrent à la mort des dizaines de milliers de juifs ukrainiens et dénoncèrent tous les activistes communistes qu'ils eurent le plaisir de fusiller ou de pendre eux-mêmes. Leurs descendants idéologiques forment aujourd'hui les commandos de choc des pro-Europe. Ils ont infiltré leurs rangs sans difficulté quand la situation s'est détériorée au point de laisser la première place à la violence.

Quel est l'intérêt de l'Union européenne dans ce qui peut se transformer en guerre civile ou en sécession? Nous savons bien que, contrairement à ce que souhaitent les Ukrainiens pro-Europe, nous ne pouvons pas accepter l'adhésion de ce vaste pays, ni satisfaire ses besoins énergétiques.

Notre diplomatie doit favoriser une sortie de crise négociée. L'intégrité territoriale du pays doit être préservée et l'apaisement recherché. Dans le même esprit nous devons calmer les va-t-en guerre anti-russe. Au prétexte que Poutine et son style imprévisible nous sont antipathiques, nous ne devons pas ouvrir un nouveau front en Europe. Il faut, au contraire, appeler au calme, à l'apaisement par la négociation.

Antoine Blanca

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Antoine Blanca
28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 12:07

Ce sont 32 des 33 Chefs d'Etat d'Amérique latine et des Caraïbes qui se réunissent à La Havane à l'occasion du sommet de la CELAC*. Pour la première fois depuis 1959, le Secrétaire général de l'OEA visite aussi Cuba, pays qui avait été exclu de l'organisation régionale (laquelle a son siège à Washington) en 1962.

Dans le même temps la présidente brésilienne Dilma Roussef (son pays finance le projet) inaugurera, avec le Président Raùl Castro, le premier tronçon (700 mètres) du nouveau port de Mariel, à 45km de la capitale. Il est appelé à devenir, dans deux ans, l'un des plus grands ports de la région ouvrant ainsi la voie à un développement accéléré du commerce international et du tourisme.

Autre raison pour les Cubains de se réjouir: le Mexique vient d'annuler la dette de la grande île caraïbe et d'annoncer la très prochaine visite d'Etat du Président mexicain Pena Nieto. Le Mexique reprend ainsi sa politique de relations spéciales d'amitié avec Cuba. Le retour du Parti révolutionnaire (PRI) au pouvoir explique ces décisions. En 1962 le plus grand pays de langue espagnole avait été le seul membre de l'OEA à refuser de rompre les relations diplomatiques avec Cuba (je crois utile de rappeler que, dans le même esprit les Mexicains avaient, de 1939 à la mort de Franco en 75, s'étaient abstenus de reconnaître le régime dictatorial de Madrid).

Tous ces événements renforcent le nouveau cours réformiste entrepris sous la présidence de Raùl Castro. Avec même un pied de nez des latinos aux Etats-Unis: la CELAC va intégrer Porto-Rico, pays annexé par Washington en 1898 avec le statut curieux d'"Etat libre associé"...

Antoine Blanca

*CELAC: Communauté des Etats latino-américains et caraïbes
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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 10:44

Le FN recherche la respectabilité. Marine a des électeurs aux motivations très diverses. Mais elle n'a que peu de militants. Grosso-modo, les 2 à 3000 qui défilent le jour de Jeanne d'Arc (du moins dans la région parisienne). Beaucoup d'adhérents du FN hésitent à se montrer publiquement. Ce qui explique la difficulté rencontrée par les dirigeants à trouver des candidats crédibles pour les élections municipales.

Les organisateurs qui ont fait appel à la rue hier dimanche n'ont pas eu ce type de difficulté. Le gros des troupes (17000 selon la police, chiffre très vraisemblable) venait des associations catholiques intégristes (nos salafistes en quelque sorte), habitués à défiler en famille 2 fois par an avec, en cette occasion, le renfort des anti-mariage gay. Les autres groupes (type 'amis de Dieudonné') étaient très minoritaires.

Ces gens là forment un pot-pourri d'extrêmes droite, sans projet électoral, mais potentiellement violent. Hier dimanche ils ont tout de même été débordés par plus durs qu'eux et par les casseurs traditionnels toujours à l'affût d'une occasion propice au caillassage et au pillage.

Mais ce qui vient de se passer démontre qu'il y a deux extrême-droites. Le FN demeure la propriété privée de la famille Le Pen (seule autorisée à accéder à la télé*) et s'est donnée pour objectif de profiter d'une conjoncture jugée propice, pour obtenir des voix et des élus. Celle du 'collectif anti-Hollande' voudrait, quant à elle, déstabiliser nos institutions républicaines. Une nébuleuse fascisante qu'il convient de prendre au sérieux. La manifestation aura en tout cas permis au Ministère de l'Intérieur d'enrichir son fichier de nuisibles de quelques 260 noms. Il faut en faire bon usage dans le cadre d'une politique de prévention du crime.

Antoine Blanca

* seul élément 'étranger', un ancien espoir du chévénementisme, qui parade souvent dans les émissions politiques. Je veux oublier son nom...

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 10:22

Juan Manuel Santos, sexagénaire audacieux, termine cette année son premier mandat de 4 ans et sera sans doute candidat à un deuxième. Tous les vrais démocrates de la région, tous les amis de l'Amérique latine souhaitent qu'il puisse rester à la tête de son pays jusqu'en 2018.

Santos nous a surpris en prenant le contre-pied, sur des questions essentielles, de la politique ultra-conservatrice de son prédécesseur Alvaro Uribe dont il avait été pourtant le ministre (de la Défense) le plus en vue. En fait il a tout bouleversé: il a rétabli des relations normales avec ses voisins, Equateur, Venezuela avec la médiation enthousiaste de l'ancien président brésilien Luiz Inàcio da Silva Lula, a liquidé complétement les milices para-militaires et fait voter une loi pour rendre aux paysans les terres que ces milices armées, payées par les gros propriétaires terriens, avaient confisquées par la force criminelle. Il a commencé à s'attaquer sérieusement au drame de la grande pauvreté qui touche 40% de la population. Enfin il est parvenu à un accord avec la guérilla communiste des FARC en vue de parvenir à un accord définitif de paix.

La France devrait considérer plus sérieusement sa relation avec un grand pays d'Amérique du sud qui mène une politique proche de la brésilienne de Lula et de Dilma. La politique progressiste conduite par Santos inspire déjà les hommes politiques au-delà des frontières de la Colombie.

Juan Manuel Santos n'est pas tombé du ciel. Il est l'héritier de l'une des plus grandes familles libérales du pays, propriétaires du plus grand quotidien du pays (El Tiempo), des réformateurs profondément démocrates qui ont beaucoup agi, tout au long de l'histoire post-indépendance du pays, pour préserver la Colombie de dictatures militaires et de gouvernements conservateurs à outrance.

Je vous invite, amis lecteurs, à jeter un regard neuf sur ce pays plein de richesses connues ou encore à découvrir.

Antoine Blanca

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 11:06

L'Afrique possède dans son sol et son sous-sol, un tiers des richesses minières mondiales. Pour certains minerais essentiels à l'industrie la plus sophistiquée, cette richesse est fabuleuse (80% du platine, 89% du chrome, 81% du cobalt, 40% de l'uranium, 46% des diamants etc...). Convenablement exploitée au bénéfice des nations et des peuples, une telle manne devrait garantir un développement accéléré de l'économie et des sociétés.

Tel n'est pas le cas. Du fait de la rapacité des grandes compagnies minières internationales dont de nombreux dirigeants africains sont les complices intéressés. Nombre de gouvernants et leurs proches s'enrichissent en effet sans complexe, tout en regardant avec indifférence la misère de leur peuple. Si cette observation ne concerne pas tous les pays, elle vaut, hélas, pour la majorité d'entre eux.

Les cas les plus désolants touchent des dirigeants qui se disaient révolutionnaires, partisans d'une société socialiste. L'Angola est le plus révoltant de ces exemples. Le parti qui hérita de l'indépendance est toujours au pouvoir avec les mêmes dirigeants qui prétendaient, hier, agir pour la juste répartition des richesses au bénéfice des Angolais. Aujourd'hui le Chef de l'Etat et ses ministres ont des comptes millionnaires dans les paradis fiscaux et même les enfants du Chef (la propre fille du Président Dos Santos vient d'acheter plusieurs banques au Portugal par exemple) profitent outrageusement des abus inconsidérés de pouvoir.

Le pillage d'une grande partie de l'Afrique se réalise bien grâce à la complicité des responsables politiques avec les grands groupes miniers et financiers internationaux.

Antoine Blanca

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:27

Paul Krugman est, à ma connaissance, le seul Prix Nobel d'économie des quarante dernières années à développer une pensée anti-libérale. A ce titre, les citoyens de gauche le respectent sur tous les continents. Or, le voilà qui manifeste sa déception à l'égard des récentes annonces de Hollande. Il qualifie ses propositions de "soumission" à l'idéologie dominante*.

Pour la France, cependant, il demeure positif: "...la France n'est pas si mal lotie. Certes elle reste à la traîne derrière l'Allemagne (portée par ses exportations), mais obtient de meilleurs résultats que la plupart des autres pays européens...La croissance française a même dépassé celle des piliers de l'orthodoxie libérale comme la Finlande et les Pays-Bas".

Heureusement Krugman situe bien le coeur du problème dans l'Europe en crise. Ce qu'il appelle le centre-gauche (lire la social-démocratie), n'a pas su inventer une nouvelle politique pour combattre celle des partisans de l'austérité. En somme, il voudrait que nous affrontions le monde entier du libéralisme, dans la solitude. Les Français affronterions seuls le FMI, la Commission européenne, les agences de notation et la nébuleuse de la finance. Don Quichotte combattant les moulins à vent.

Je respecte profondément la personnalité de Paul Krugman, et partage ses analyses que je juge pertinentes.

Il est fondé à critiquer et à exprimer ses déceptions. Mais la gauche française gouverne et, si elle comprend les critiques exprimées de bonne foi, elle est en droit d'attendre, de la part d'un Prix Nobel progressiste, des propositions concrètes pour sortir de la crise sans toucher aux acquis sociaux, quand on n'a, comme Hollande, aucun allié dans le monde pour soutenir une telle politique?

* The New York Times du 16 janvier

Antoine Blanca

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:46

Cette 2e Conférence qui se déroule au Palais des Nations à Genève n'a aucune chance de réussir. Du côté des participants institutionnels (membres du Conseil de Sécurité) on en est tout aussi convaincu. Comme le sont secrètement les intervenants syriens. C'est que l'objectif officiel de la réunion, créer les conditions d'un compromis aboutissant à la formation d'un gouvernement de transition, relève de l'utopie. Ni Bachar et les forces qui le soutiennent (et jugent qu'un tel compromis équivaudrait pour eux à une sentence de mort) ne veulent à aucun prix céder une parcelle de leur pouvoir. Quant à la véritable force militaire d'opposition, les différentes factions djihadistes, leur seul but est d'occuper un pouvoir dominé par des sunnites de la tendance wahabbite. Les monarchies du Golfe appuient cette position.

Allez donc, dans ces conditions, trouver une solution diplomatique...Mais l'ONU a l'habitude de ces exercices stériles, mais incontournables aux yeux des puissances...

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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