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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 09:54
Les musulmans de l'Afrique subsaharienne vivaient, jusqu'ici, leur religion d'une manière que l'on pourrait qualifier de paisible. Dans les pays où ses fidèles cohabitaient avec des chrétiens et des animistes, les conflits étaient rares. Jusqu'à l'entrée en scène de la nébuleuse Al Qaïda, dans le prolongement de la guerre sainte d'Afghanistan, suite à l'invasion soviétique en 1979.
Un objectif central du fondamentalisme armé et de ses mercenaires est le continent africain, globalement imperméable, jusque là, aux idées extrémistes et aux méthodes utilisées pour les imposer. Le Mali a failli tomber entre leurs griffes et, sous d'autres formes, le Centre-Afrique, en proie à l'anarchie, est devenue une nouvelle cible. Ici les luttes sordides pour le pouvoir ont ressuscité les vieux antagonismes entre la minorité musulmane du nord et la majorité chrétienne du reste du pays. Les groupes armés, tels les 'Grandes Compagnies' de notre Moyen Age, se sont livrés au pillage avec son sinistre cortège de massacres de villageois, de viols et de saccages. La menace de génocide à la rwandaise se profilait.
La nébuleuse Al Qaïda, a vite saisi l'occasion de créer un nouveau point de fixation au coeur du continent africain. Ces dernières semaines les miliciens islamistes avaient des nationalités différentes, principalement la tchadienne. Mais on entendait aussi parler l'arabe du Golfe. Et pour une bonne raison: cerveau, financement et ravitaillement en mercenaires et en armes ont les pays du Golfe pour origine. Et la pratique wahabbiste de l'Islam pour idéologie.
Derrière la respectabilité gouvernementale des princes milliardaires, il y a un renouveau de fanatisme religieux. Ce totalitarisme a ressuscité les guerres d'un autre temps des sunnites contre les chiites. Et prétend aujourd'hui mettre à profit chaque opportunité pour que l'Islam paisible des Africains retrouve les chemins sanglants de la guerre sainte.
A ceux qui reprochent, de manière plus ou moins ouverte, à la France d'être intervenue en solitaire (ce que dit la droite), nous devons rappeler:
1- que sans la détermination de Hollande AQMI serait installé à Bamako et gouvernerait le Mali;
2- que la France agit avec l'appui unanime (chinois et russes inclus) du Conseil de Sécurité et de l'Organisation de l'Unité africaine;
3- que l'Union européenne est à nos côtés, même si elle se contente d'applaudir depuis les gradins et de fournir un peu d'aide matérielle;
4- qu'à Bangui et en République centre-africaine le bain de sang a d'ores et déjà été évité et que la population a accueilli les soldats de ce qui fut sa puissance coloniale en sauveurs.
"Vous n'avez pas à jouer aux pompiers", entend-on ici et là. Curieux reproche venant des mêmes qui nous critiquaient pour être restés, tout comme les casques bleus, l'arme au pied pendant les génocide des Tutsis rwandais.
Nous avons simplement tiré les leçons des erreurs du passé et la France le fait avec plus de clairvoyance, et de détermination, que tous les autres.

Antoine Blanca

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:38
L'opposition prétendait transformer les élections municipales en une sorte de référendum contre le chavisme au pouvoir. Cela n'a pas été le cas dimanche 8 décembre.
En chiffres globaux, le Président Maduro voit même son pouvoir renforcé. Elu président à une courte majorité (51%), le successeur d'Hugo Chàvez et son parti (le PSUV), ont gagné, cette fois, avec une marge de près de 7%. Même si la coalition (composée de 17 partis d'opposition, majoritairement de droite) l'emporte dans des capitales de certains Etats importants (la perte la plus douloureuse pour le pouvoir, à quelques voix près, étant celle de Charinas, lieu de naissance d'Hugo Chàvez). Le PSUV l'emporte dans 16 des 24 Etats.
Personne ne s'est hasardé à contester la limpidité du scrutin. La propagande promue par la droite internationale, qui présentait volontiers le pouvoir comme dictatorial, va devoir, une fois de plus, avaler sa rhétorique. Si le style propre au président défunt pouvait surprendre (autant que ses amours débridés pour des personnages tels qu'Ahmadinedjad) par son charisme à la Peron, et ses provocations, la gouvernance exercée par Nicolàs Maduro est celle d'un homme de terrain. Ayant eu à répondre, jour après jour, à des campagnes de déstabilisation économiques, il n'a pas hésité à recourir à toutes les armes que donne une économie pétrolière contrôlée par le pouvoir.
Aujourd'hui encore il rassure son électorat populaire avec l'annonce d'un encadrement des prix à la consommation. Tout cela fait un peu démodé et peut difficilement tenir lieu de politique à long terme. Sa position personnelle légitimée et consolidée, Maduro doit maintenant s'attacher à la définition d'un vrai programme de modernisation d'un pays qui n'a jamais su utiliser convenablement ses richesses considérables. Les Vénézuéliens se sont habitués à bien vivre ou à survivre au jour le jour, à coups de corrections quotidiennes. La droite n'a pas de leçon à donner en la matière: on l'a vue à l'oeuvre en maintes occasions dans un passé pas si lointain...
Venezuela doit cesser d'être sinonyme de pagaille, de gaspillage et de système D. Le président Maduro serait bien inspiré de montrer le chemin de la prospérité justement redistribuée et de l'ordre bien administré.
Antoine Blanca

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:11
Graça Machel n'est pas n'importe quelle militante africaine. Même si elle n'a jamais recherché les feux de l'actualité. Et s'est tenue dans l'ombre, avec beaucoup de naturel, au moment où l'humanité honore la mémoire de Mandela (Madiba pour les siens), son mari. Graça est Mozambicaine. Elle a combattu dès son adolescence pour l'indépendance de son pays, colonie portugaise jusqu'au triomphe de la révolution du 25 avril 1974 au Portugal.
Elle avait, dans la clandestinité, épousé le héros national Samora Machel. Premier président de son pays libéré. Mort dans un accident d'avion demeuré mystérieux alors que le régime de Prétoria s'impliquait à fond dans le sabotage systématique de la jeune république.
Veuve de Chef d'Etat en 1976, elle va vivre un deuxième veuvage dans les mêmes conditions. Mais l'image que nous garderons d'elle est celle de son total mais discret dévouement au cours des derniers combats de Madiba pour la vie. Elle lui a tenu la main pendant chaque hospitalisation, couché chaque nuit auprès de lui sur un lit de camp. Et s'est tenu à l'écart de toutes les sourdes querelles autant partisanes que familiales dans une vaine tentative de captation d'héritage par certains.
Ce n'est pas une mince affaire tant il y a eu des côtés inavouables, à la limite du sordide, à l'abri la grandeur du disparu.
Graça Machel, veuve Nelson Mandela, mérite bien quelques mots de reconnaissance au moment où elle va retrouver sa solitude.
Antoine Blanca

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 17:22
Je suis surpris par la dimension prise par l'affaire ukrainienne après le retrait de la candidature de Kiev à son adhésion à l'Union. On a ainsi artificiellement gonflé le nombre de manifestants hostiles à la Russie, donné largement la parole à des représentants d'une opposition hétéroclite (incluant un important parti néo-nazi), réduit le gouvernement, pourtant démocratiquement élu, à un groupe d'intérêts lié au prix du gaz...
Le Quai d'Orsay vient opportunément de préciser que, à ses yeux, les manifestations qui ont lieu dans la capitale de l'Ukraine ne sauraient être présentées comme une tentative populaire de renversement par la force de l'exécutif en place. Une minorité agissante ne se substitue pas à la volonté populaire exprimée dans les urnes.
La réalité est tout autre et l'Histoire doit y retrouver son compte: l'Ukraine a toujours été liée à l'empire russe, qu'il soit tsariste ou qu'il soit soviétique. Une bonne partie de la population est russophone et les motivations des pro-occidentaux ne sont pas toujours limpides. C'est le moins que l'on puisse dire. Alors pour quelles raisons nous lancerions nous dans la redoutable épreuve de tenter d'intégrer un géant slave avec la certitude d'entrer en conflit avec Moscou? Je n'imagine pas que ce soit l'intérêt de la France en dépit des pressions de Berlin dans cette direction.
Le coût de l'opération serait à tout point de vue trop élevé.
Alors, laissons l'Ukraine décider seule de son destin.
Antoine Blanca
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 17:02
Entre souci d'information objective et refus de subir une manipulation médiatique, la presse avait le choix. En général elle a préféré laisser le lecteur se débattre tout seul avec des chiffres contradictoires.
A notre sens, ce n'est pas cela que les lecteurs attendent de leurs journalistes préférés. Exemples:
-- les 'bonnets rouges bretons' auraient été entre 10 et 17000 à se réunir autour d'un maire de ville moyenne et de son écharpe aux couleurs de la Bretagne fabriquée pour l'occasion. Autour de l'élu, des milliers de bannières de la région. On aurait aimé savoir: quelles revendications recouvrent encore port de bonnets rouges et exclusion de fait de toute référence à la République et à la France. Personne ne s'est donné la peine de nous éclairer. Il appartenait, semble-t-il, au lecteur de déduire des images et du son que ce mouvement hétéroclite était à bout de souffle..
-- routiers: il a fallu que plusieurs organisations de chauffeurs routiers avouent publiquement leur incapacité à réunir la dizaine de camionneurs nécessaires à l'établissement de trois ou quatre barrages filtrants sur l'ensemble de l'hexagone. On aurait gagné beaucoup de temps si cet échec avait été annoncé dès vendredi 29 novembre. On a, au contraire, donné libre voie à...l'intox.
-- Jean-Luc Mélenchon a tenté de nous faire douter de notre science mathématique. Pour lui 7000 = 100000. Une partie de la presse, par intérêt politique ou par paresse (il suffisait de vérifier sur place que le compte était très loin d'être bon...). En général, sans cautionner complètement le gros mensonge, on a préféré jouer les Ponce Pilate.
Ce n'est pas un travail correct...
Antoine Blanca
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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 09:52
Seules la France, l'ONU et des organisations sous-régionales de ce vieux continent se disent mobilisées pour empêcher l'éclatement et le chaos en Centre-Afrique. Si l'approbation de l'Organisation mondiale est un préalable nécessaire à toute intervention (en la circonstance elle a non seulement été donnée mais ardemment souhaitée), elle ne garantit pas pour autant troupes entraînées, matériel, moyens de transport et financement de projets de développement.
Le Secrétaire Général Ban-Ki-Moon sait ce qu'il fait en s'adressant prioritairement aux Français pour contribuer à sauver leur ancienne colonie du chaos. Non seulement le terrain des opérations nous est familier, mais nos intérêts en Centre-Afrique touchent à des domaines sensibles de notre économie. Dans le domaine minier en général et celui de la production d'uranium en particulier... AREVA...
L'intervention française a commencé déjà, en renfort de troupes africaines et sous les auspices de l'ONU.
Il s'agit d'une opération de police destinée à liquider le grand banditisme et ses 'grandes compagnies' qui ne connaissent ni foi ni loi.
Mais il reste que la communauté internationale devra, dans un proche avenir, secouer sa passivité coupable pour empêcher une nouvelle pièce maîtresse du puzzle africain de sombrer dans le chaos.
Antoine Blanca
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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 12:07
En Espagne la droite parlementaire, actuellement au pouvoir avec M.Rajoy à la présidence du gouvernement, prenait grand soin de ne pas apparaître comme héritière du camp franquiste. Avec Aznar, fils et petit-fils de phalangistes historiques, et ayant lui-même, dans son adolescence, porté l'uniforme de José-Antonio (fondateur du parti fasciste), les initiés en politique espagnole étaient fondés à se poser des questions. Mais l'actuel chef de fil du Parti populaire n'a aucune des tares de son prédécesseur. Un conservateur ordinaire en somme.
Mais c'est à la base que cela a commencé à déraper. Il ne se passe plus de jour sans qu'un leader provincial ou régional, ne revendique ouvertement l'héritage politique du franquisme. L'évocation élogieuse après un long silence.
Il est vrai qu'en Espagne il n'existe pas de parti d'extrême droite. " Nous n'en avons pas besoin puisque nous avons le PP qui fait l'affaire", me confiait un proche du sérail de ce parti. Restaient les apparences: elles ne sont presque plus respectées et la politique du pouvoir traduit bien cette dérive naturelle dans tous ses excès. La personnalité du monarque (trait d'union institutionnel entre dictature et démocratie), occultait ce type de problème: il avait passé avec succès l'épreuve de la tentative de putsch du 23 février 1981 en intervenant de manière décisive contre les nostalgiques du passé militariste. Mais Juan-Carlos 1er est désormais discrédité, autant que sa famille. Les manifs anti-gouvernementales se font autour des drapeaux tricolores de la République à laquelle une jeunesse de gauche veut redonner force et vigueur.
Cela se passe tout près de chez nous. Mais le nez collé à nos propres problèmes, nous ne voyons rien.
Antoine Blanca
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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 17:17
La communauté internationale ne peut que se réjouir de l'accord qui vient d'être signé par le groupe dit "5+1" avec le gouvernement iranien.
En premier lieu parce qu'il ouvre la voie à la réintroduction d'une puissance moyenne importante comme l'Iran, dans le débat démocratique qui reste le préalable à toute paix durable.
En second lieu parce qu'il situe la problématique de la recherche en matière nucléaire par Téhéran à un niveau enfin raisonnable. Moins aveuglée par les passions factices ou intéressées. Les provocations calculées d'Ahmadinedjad étaient parvenues à créer un climat de tension propice à une intervention préventive dans une région déjà explosive.
Personne n' aurait pu prévoir alors la magnitude de ses conséquences. Militaires, mais aussi économiques et politiques.
Enfin, et peut-être surtout, parce que, avec tous ses défauts, qui sont ceux de la République islamique elle-même, le gouvernement du président Rohani est représentatif de la nouvelle génération qui veut progresser vers plus de liberté. Même si elle le fait pas à pas, avec la prudence de celui qui avance en terrain encore miné. Il nous fallait prendre en compte ce nouvel état d'esprit.
Les battus dans cette affaire, outre M.Nétanyahou (dont on se libère du pesant chantage), le royaume wahabbite de Ryad et les mollahs les plus conservateurs.
Nous ne nous en plaindrons pas.
Antoine Blanca
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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 16:51

Depuis son entrée en vigueur la nouvelle présentation du blog m'empêche d'accéder aux commentaires et ne me donne plus d'indication sur le nombre de mes lecteurs. Très regrettable...

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 10:59
Les élections générales de dimanche 17 novembre n'ont pas été la promenade triomphale que certains avaient cru pouvoir annoncer à Michelle Bachelet. Avec près de 47% des suffrages exprimés au 1er tour, son résultat lui assurera une large victoire définitive, mais la mise en application de son ambitieux programme dépendra, dans sa partie institutionnelle tout au moins, des accords ou compromis qu'elle passera avec le Corps législatif (ou Congrès, Chambre des Députés et Sénat). "Les négociations seront délicates et nous allons connaître un mandat difficile", vient de confier Michelle à l'une de ses proches.
Car si dans les domaines de l'économique et du social, de l'Education accessible à tous et de la modernisation de la société, des majorités parlementaires simples seront aisées à réunir (gauche et centre-gauche), il n'en ira pas de même pour modifier les articles d'une Constitution empreinte encore d'esprit pinochétiste. Une majorité qualifiée des 2/3 sera souvent nécessaire pour atteindre les objectifs.
Le 2e tour opposera, symboliquement, deux filles de généraux: celle de Alberto Bachelet, mort sous la torture en 1973, celle de Matthéi, qui fut un ministre emblématique du dictateur. C'est assez dire que la droite dite parlementaire, qui a électoralement mieux résisté que prévu par les meilleurs analystes, ne s'est pas encore débarrassée de ses vieux démons autoritaires.
Antoine Blanca
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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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