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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 17:22

On s'était étonné, à droite comme à gauche, de voir le président Sarkozy garder Patrick Buisson auprès de lui aussi fidèlement. Etait-il concevable de suivre les conseils d'un ancien patron de l'hebdo fascisant Minute? Mais quelques mois avant l'échéance suprême, assuré par tous les sondages d'une défaite cuisante, le maître de l'Elysée n'hésita pas: il donnerait à l'électorat d'extrême droite des signes de plus en plus clairs d'adhésion à ses idées.

A l'occasion de chaque débat, de chaque interview, de chaque meeting, il envoyait les mêmes messages. Et il notait qu'ils étaient bien reçus par ses audiences. Attention: on se rapprochait des idées, pas du parti et des personnes qui les avaient portées.

Cette tactique, si elle ne lui apporta pas la victoire, contribua à atténuer la défaite.

On ne pensait pas toutefois que ce serait François Fillon qui deviendrait, à son tour, le disciple de Buisson. Même si on voyait mal pourquoi, lors des primaires de l'UMP, des hommes aussi marqués à droite qu'Estrosi et Ciotti s'étaient résolument rangés derrière la bannière de l'ancien Premier Ministre. On se trompait: après analyse de la situation électorale, peut-être sans conviction intime mais sans restriction, Fillon a décidé de pousser aussi loin que possible son flirt avec l'électorat FN.

Et tant pis pour Juppé et Raffarin accablés. Et tant mieux si Copé reste sans voix...

 

Antoine Blanca

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 10:17

La droite dans un régime démocratique, parlementaire, répond à un certain nombre de valeurs. La principale étant le libre exercice du droit de vote dans un système pluraliste s'appuyant sur la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen. Les forces conservatrices ont gouverné les pays occidentaux pendant la plus grande partie du XIXe siècle et une partie du XXe. Les différences, souvent sensibles, étant apportées par la nature et le caractère des hommes; par la spécificité aussi dans la défense de certains intérêts économiques et sociaux.

L'industrialisation dans une société plus urbaine avait fait apparaître deux nouvelles forces: 1) le libéralisme, ouvert sur le droit des citoyens (droit de vote universel ou pas, liberté de la presse, accès à l'enseignement pour tous); 2) le syndicalisme ouvrier et ses différentes expressions politiques dont le marxisme deviendra la principale.

Au lendemain de la guerre mondiale, et après la chute du Mur, les politologues estimaient généralement que les démocraties occidentales et celles qui suivaient leur exemple dans le monde, allaient vivre une alternance gauche/droite; conservatisme/démocratie-socialiste.

On se trompait: manipulant des inquiétudes sécuritaires et identitaires,  jouant sur toutes les peurs, la droite extrême a refait surface. Ceux qui la croyaient enfouie dans les ruines du Berlin nazi, ou pendue par les pieds dans une place de Milan se trompaient. En France elle revint dès le milieu des années 50 avec l'exploitation des derniers soubresauts du petit commerce adepte du marché noir, d'un paysannat incapable de s'adapter, d'une agriculture familiale déboussolée. Le mouvement lancé par Pierre Poujade obtint, en 1956, 15% des suffrages. 

Depuis, plus ou moins ouvertement, attrapant toutes les inquiétudes sur son passage, l'extrême droite n'a cessé de vivre, défiante ou masquée. Sarkozy y avait vu une manière ultime de sauver sa candidature en 2012. Aujourd'hui François Fillon est encore plus clair.

Qui aurait pu penser que ce conservateur aux allures de chef de service du contentieux pouvait un jour en appeler aux forces obscures du lepénisme, tenter de se faire accepter par la famille qui a fait main-basse sur l'amalgame qui, un jour, avait donné naissance à la honte pétainiste.

 

Antoine Blanca

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 17:09

Tout le monde se dit désormais favorable à une sortie de la grave crise syrienne par la négociation.

En premier lieu le président Poutine et le Secrétaire d'Etat Kerry ont compris que nous courions à l'impasse politique, diplomatique et militaire. Ce qui arrive quand personne ne peut perdre la face. L'ONU a décidément un bon patron qui a dit et fait ce qu'il était en mesure d'accomplir.

C'était une porte ouverte à New-York, sur la scène internationale.

En Europe François Hollande a, un moment, porté seul le poids de la paix ou de la guerre. Tout le monde a fini par le rejoindre.

Aux Etats-Unis de nombreux parlementaires se sont rendus compte que les choses risquaient de leur échapper en allant trop loin. Des fous de la droite républicaine style Tea Party rêvaient même de destituer Obama...

On était en plein délire. Je crois qu'on s'en est rendu compte. Y compris à Damas où Bachar el Assad s'est senti débordé par certains de ses services de sécurité. Alors même que les fous de Dieu d'Al Qaïda ont, depuis belle lurette, mis la main sur l'opposition armée.

Il est possible que l'on soit en train de nous préparer une acceptable sortie de crise. Les Syriens abandonneraient leurs stocks d'armes chimiques aux contrôleurs indépendants de l'ONU. Sans préjudice d'autres concessions acceptables par la Russie.

Une belle résolution du Conseil de Sécurité viendrait couronner tout ce montage. Mais attendons tout de même la fin...

 

Antoine Blanca

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 12:03

Tous les commentateurs s'accordaient pour condamner à l'avance la réunion de Saint-Petersbourg du G20.

Sur le dossier syrien en premier lieu. Le camouflet infligé à Cameron par la Chambre des Communes, la désertion spectaculaire des Allemands, l'indifférence de tous les autres membres...à l'exception suspecte de la Turquie (cf.bas de page), tout paraissait condamner la France à l'isolement...A Washington, Obama se morfondait: allait-il connaître le sort de son allié britannique devant son Congrès?


Sur le dossier économique les commentateurs insistaient sur l'affaiblissement de la situation des pays émergents: la timide reprise notée en Europe allait se voir affectée, affirmaient-ils, par la décélération de la croissance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Corée, Afrique du sud).


L'opiniâtreté négociatrice de François Hollande a changé la donne.


Elle a agi comme un puissant stimulant outre-Atlantique et a contribué a y changer, du tout au tout, les positions de forces. Le chef parlementaire des républicains s'est rallié à la position présidentielle. Et du coup il n'y a plus eu de nouvelle désertion, non plus, ches les démocrates.


En Europe, notre président a convaincu l'Allemagne, donc tous les autres hésitants, d'apporter leur appui politique, sinon directement militaire, à une intervention de principe en Syrie. Une déclaration spectaculaire qui a laissé sans voix la droite française.


Côté économique: avec l'appui des Brics et la ralliement de Merkel, la France réunit l'unanimité des participants autour, en premier lieu, de la priorité donnée à une politique favorisant la croissance.

Sans triomphalisme affiché, Hollande à apporté la preuve de sa capacité à convaincre de la valeur de ses arguments. Après son triomphe malien, notre président a affirmé une stature internatinale qu'il sera désormais difficile de lui contester.

 

Antoine Blanca

NB: dirigé par des islamistes sunnites, le gouvernement turc d'Erdogan fait la guerre à tout ce qui, de près ou de loin, pourrait s'approcher des chiites.


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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:07

Les débats qui ont eu lieu simultanément à l'Assemblée et au Sénat n'ont apporté aucun éclairage nouveau sur la situation en Syrie. La droite UMP, représentée par Christian Jacob, s'est appliquée à dire exactement le contraire de ce qu'avait exprimé, dimanche dernier, son président Jean-François Copé, lequel avait dit son accord, sur la forme et sur le fond, avec le Président de la République. Le porte-parole du PCF, Chassaigne, a fait semblant de croire, tout au long de son intervention, qu'il s'agissait, pour la France, de participer à une guerre au Moyen-Orient. Et Borloo à renvoyé aux calendes grecques toute action punitive : attendre les conclusions officielles de la commission de l'ONU, dans quelques semaines...alors même que la dite n'est chargée que d'émettre un avis technique sans désignation de coupable...

Tout cela avait quelque chose de malsain, de gluant, de mensonger.

Seul le Premier Ministre surnageait. Clair et précis, honnête sur le fond et dans l'exposition des faits, il a eu du mal tout de même à masquer son embarras: la gauche ne peut, sans préjudice pour ses principes, ignorer la Charte des Nations Unies. Il est vrai que l'Organisation n'a jamais trouvé autant de défenseurs inattendus...

 

Antoine Blanca

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 10:27

Les occidentaux se sont toujours trompés dans leur appréciation de la situation en Syrie.

Au début de la crise ils ont cru à un mouvement libertaire conduit principalement par la jeunesse. Bien vu. En revanche ils n'ont pas mesuré à quel point la réaction du régime n'allait pas être dans la demi-mesure. Depuis que Hafez el Assad, père de Bachar, était parvenu à consolider le pouvoir du parti Baas (socialiste, laïc et panarabe) l'unique ennemi organisé était la Confrérie de Frères musulmans. Chaque fois que ces derniers ont bougé, ils ont été impitoyablement écrasés.

Or, si ce n'étaient pas les 'Frères' qui étaient les organisateurs de la vague de manifestations démocratiques, ils les ont rapidement infiltrées, puis dominées. Avant d'être eux-mêmes dépassés militairement par Al Qaïda. Ces Talibans arabes, préparés à la guerre urbaine et au terrorisme, sont des musulmans sunnites qui ont pour objectif la liquidation des Chiites, des Chrétiens, des Alaouites (dont la famille Assad est adepte), les Kurdes et autres minorités. 

Par facilité la presse occidentale parle de Bachar comme exerçant une tyrannie personnelle. Erreur. Il n'est que la partie visible d'un régime policier, avec sa vingtaine de services de sécurité. La Syrie baassiste est le pays le plus fliqué du monde. Ces flics et ces militaires qui ont fait le choix de défendre le régime, combattent non seulement pour leur vie et celle de leur famille, mais aussi pour leur situation professionnelle. Leurs avantages acquis en quelque sorte..

Aujourd'hui je pense qu'ils ont gagné la guerre, au prix de dizaines de milliers de morts, de plus d'un million de réfugiés, de plusieurs villes et quartiers de grandes villes, de trésors culturels détruits de manière totale ou partielle.

En quoi d'éventuelles frappes ciblées occidentales, décidées dans une ambiance de division et de renoncements, organisé des débats parlementaires à grands coups de politicaillerie mesquine, en quoi, vraiment, ces frappes peuvent-elles changer la tragique réalité?

 

Antoine Blanca



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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:18

Heureuse ou moins heureuse, la décision de François Hollande de lancer une frappe punitive contre le régime syrien, traduit bien la force de caractère du Président, la conception élevée qu'il a du rôle qui est le sien. La renonciation forcée des britanniques, le refus absolu de nos alliés allemands, n'y changeront rien. C'est SA décision. Le Parlement est convoqué pour la forme. Il n'y aura pas de vote et l'Elysée a prévenu: il peut ne pas attendre la réunion de mercredi pour participer à une action de guerre.

François Hollande ne surprend que ceux qui ne le connaissent pas. Ou n'ont pas cherché à le connaître. Il a toujours eu ce que De Gaulle appelait une certaine idée de la France. "Nous sommes un pays important", rappelait-il à ceux qui, pendant la campagne, nous mettaient dans le même sac que des pays du sud de l'Europe en lutte pour leur survie.

Il est aussi le Chef de l'Etat qui a le mieux lu la Constitution de la Ve. Le Président est l'arbitre ultime dans l'action gouvernementale. Mais s'agissant de politique étrangère et de politique de Défense, il est le seul patron.


S'agissant du Mali ses décisions ont été justes de bout en bout. Notre succès a été impressionnant. Nos troupes sont arrivées à temps, ont nettoyé le terrain et l'énergique insistance de la France a permis une renaissance de la démocratie malienne: des élections libres et reconnues comme telles par les personnalités battues. Et par la totlité de la communauté internationale. Quelle gifle pour les grands hebdos qui ont multiplié les couvertures blessantes sur le thème du petit gros indécis et balloté par les événements!!

Dans le cas syrien il faut distinguer le fond de la forme. François Hollande est le seul Chef d'Etat ou de gouvernement à être resté, de bout en bout, droit dans ses bottes.

Sur l'opportunité pour nous d'intervenir militairement dans cette affaire, les lecteurs de ce blog connaissent bien nos fortes réticences.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 10:24

On tente de tromper l'opinion internationale à propos de la guerre en Syrie. Elle n'oppose pas les bons et les méchants, ceux qui n'utilisent que des armes propres à ceux qui ne respectent aucune éthique et sont prêts à franchir une ligne rouge pour s'assurer de la victoire. Aujourd'hui il s'agit d'un conflit impitoyable entre musulmans sunnites, noyautés par les miliciens d'Al Qaïda et forces armées régulières syriennes, appuyées par des mercenaires de tout acabit. Ceux qui défendent le régima Assad sont soutenus par une sorte d'internationale chiite allant de l'Iran au Hezbollah libanais. En passant, plus discrétement, par le pouvoir irakien à direction chiite.

En participant à une action de guerre contre la Syrie d'Assad, on devient, dans les circonstances présentes, l'allié objectif des islamistes sunnites extrémistes.

Pour des raisons de stratégie militaire les Russes, eux, sont devenus les principaux soutiens des combattants chiites.

Dans cet imbroglio je crois que la France n'a pas à choisir militairement un camp sans mandat explicite du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Mon avis: renvoyer dos à dos le dictateur de Damas et les sunnites manipulés par les assassins d'Al Qaïda. Laissons faire Américains et Britanniques: ils sont habitués à passer outre la loi internationale comme Bush et Blair l'avaient fait en Irak.

 

Antoine Blanca

 


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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 12:50

On parle avec une nouvelle insistance d'une intervention occidentale en Syrie.

Elle serait, nous dit-on, moralement indispensable. Dans les faits elle est surtout impossible à réaliser. Nos gouvernements le savent qui ont décidé, cependant, de multiplier les gestes symboliques. On hésite à les qualifier de gesticulations plus ou moins spectaculaires. Déployer des flottes de guerre, menacer de passer outre la neutralisation, par la Russie et la Chine, du Conseil de Sécurité de l'ONU, inquiètent, à juste raison, l'opinion internationale.

Mais regardons la situation bien en face.

Nous ne sommes plus au temps, déjà bien lointain, du 'printemps syrien'. Il y avait alors la terrible dictature policière de Bachar et des siens, d'un côté, les aspirants à la liberté de l'autre. Les bons et les méchants.

On savait où se trouvait la morale.

Ce n'est plus d'actualité. Le pouvoir syrien a apporté la preuve de l'opiniâtreté de ses soutiens intérieurs et extérieurs. Les premiers largement inspirés par la peur panique d'un pouvoir religieux totalitaire et intolérant. Les seconds par des considérations stratégiques impératives.

D'une rébellion pour la démocratie, on est bel et bien passés à une mobilisation en grande partie contrôlée par l'islamisme armé. Al Qaïda a déployé tous ses moyens combattants pour établir un pouvoir sunnite intransigeant. Les leaders du 'Conseil  national syrien' ne maîtrisent plus rien sur le terrain.

La Syrie et les Syriens ont, eux, déjà perdu la partie. Une nation ravagée, des trésors culturels engloutis, une enfance et une jeunesse sacrifiées.


Antoine Blanca

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 10:29

En cette fin de mois d'août on reparle politique. Enfin, petite politique...

Les ténors de la grande presse reviennent et acèrent leurs dents critiques. Cible préférée, le PS. D'autant qu'il est au pouvoir. Ce blog a déjà parlé du psycho-drame supposé joué par Valls et Taubira. Anecdotique. Fort heureusement les retrouvailles traditionnelles de La Rochelle donnent du grain à moudre aux commentateurs.

Et d'abord, avec les feuilles d'impôt. L'addition est raisonnable et, déjà, mieux distribuée que par un récent passé. Aussi, la grande presse préfère-t-elle être globale, plutôt que sélective. Mais, tout le monde est d'accord, semble-t-il, pour dire qu'il faut arrêter les hausses. En évitant de préciser quel serait le ministère qui se verrait affecté par une éventuelle diminution de la contribution au budget de l'Etat.

La déclaration la plus inquiétante ne vient, toutefois, pas de La Rochelle. Elle est d'ailleurs passée presque inaperçue: Copé a dit que l'UMP devrait se préparer à annoncer une baisse significative et généralisée des impôts. Autrement dit: faire du Thatcher et du Reagan.

Aux Etats-Unis, par exemple, la guerre est en partie privatisée. De même que la lutte contre l'immigration clandestine et grand nombre de prisons. Des fortunes se font sur le dos des soldats, des prisonniers et des malheureux migrants. C'est le temps des mercenaires. Au Royaume Uni, l'Etat n'assume plus aucun de ses devoirs traditionnels. Enfin, presqu'aucun.

Le moment venu les citoyens français devront faire des choix. En connaissance de cause je l'espère...

 

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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