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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 10:37

L'immense catastrophe ferroviaire qui a frappé les Espagnols, a d'abord renforcé les sentiments de fraternité qui m'unit à ce peuple. Et puis, les souvenirs sont remontés à ma mémoire. En premier lieu celui  de ma tante Elvira, la plus pieuse de la famille. Elle manifestait une dévotion particulière pour Saint Jacques, qu'on appelle Santiago en Espagne. Comment aurait-elle interprété le tragique événement? Un déraillement historique, un désastre humanitaire à la veille des festivités qui devaient honorer, aujourd'hui, celui que les catholiques considèrent comme 'l'évangélisateur de l'Espagne'! Et qu'une tradition, moins spirituelle, elle, que l'on a longtemps tenté de fixer dans l'esprit des petits espagnols*, affuble du titre douteux de "Santiago matamoros". C'est à dire "Saint Jacques le massacreur de Maures"(sa divine apparition, à cheval et armé d'une énorme épée, avait fait tourner une bataille décisive à l'avantage des Chrétiens).

Tante Elvira aurait trouvé à ce drame de saintes explications. Au choix: Santiago voulait mettre à l'épreuve la piété des fidèles soumis aux tentations de la vie moderne; et y cédant trop souvent. Ou bien le démon aurait tenté de gâter le jour sacré de la Saint Jacques. Dans l'une et l'autre de ces hypothèses la seule réponse était l'exigence d'un redoublement de foi et de prières.


A côté de l'interprétation religieuse de la catastrophe, je propose une réflexion politique: Santiago de Compostela proteste contre l'utilisation de son Nom par la droite espagnole au pouvoir, avec un Président de gouvernement, Galicien de surcroît, sérieusement mis en cause dans une vaste affaire d'enrichissement personnel.

Autre thème: la destination finale du train martyr était le port de El Ferrol. Ville natale de Franco. Au temps du régime fasciste, le Généralissime avait changé le nom de la cité par celui de "Ferrol del Caudillo". La démocratie a remis les choses à leur place. Depuis l'enfer où il grille à petit feu le 'Caudillo invaincu' se rappelle au bon souvenir de son peuple, en continuant de pratiquer sa distraction favorite: tuer des compatriotes

 

Antoine Blanca.

 

* Cela figurait comme vérité d'Evangile dans les manuels scolaires officiels de CM2.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 10:57

La naissance d'un petit prince à Londres (avec une maman roturière et tout...), une abdication royale à Bruxelles, ont provoqué une forte poussée de fièvre parmi les amoureux et les amoureuses de contes de fées couronnées. Les paparazzi font des heures supplémentaires et la revue spécialisée "Point de vue/images du monde" triple son tirage.

Pour tenter de donner un éclairage moins bling-bling à cette actualité para-monarchique, une émission matinale de France-Inter avait fait appel à un groupe d'historiens et de journalistes compétents. Au milieu de propos pleins de pertinence sur le rôle des têtes couronnées dans des démocraties modernes, un intervenant a dit et répété 'que les Espagnols étaient redevables au roi Juan-Carlos du retour à la démocratie dans leur pays, alors qu'il aurait pu continuer d'exercer les mêmes pouvoirs que le dictateur". Même si le journaliste a ajouté que le Roi serait avisé d'abdiquer en faveur du prince Felipe (il évoquait ainsi le scandale majeur dans lequel sont mis en examen la fille aînée du Roi, Cristina, et son flibustier de mari), la vérité mérite d'être rappelée à propos de la succession de Franco.

Un accord entre le père du roi actuel et le dictateur avait bien assuré que le jeune Juan-Carlos viendrait vivre en Espagne, y suivrait des études universitaires et militaires dignes d'un prince héritier, et qu'une loi de succession serait adoptée le moment venu par les Cortes franquistes assurant la couronne au Bourbon, lequel serait doté des mêmes pouvoirs que ceux exercés par le 'Generalisimo'. Mais dans l'Europe de 1975 l'avènement d'un roi/dictateur était inimaginable. Juan-Carlos n'avait pas le choix: il ne pouvait être qu'un monarque constitutionnel comme le Belge, le Britannique ou le Suédois.

Pour assurer la transition il fut bien aidé par la modération du PC espagnol (Santiago Carrillo se rallia à la monarchie et à son drapeau pendant la Semaine Sainte de 76), par la détermination du Président du Conseil Adolfo Suàrez et par celle de l'étoile montante du PSOE Felipe Gonzàlez. Sans ces apports la stabilité du pays aurait dangereusement été mise en cause. Le nouveau roi fit simplement preuve de clairvoyance. Il céda au réalisme plus qu'à des convictions démocratiques établies.

 

Antoine Blanca

NB: Officiellement le régime franquiste était un royaume ('un reino'). Cela figure dans le préambule de la Charte constitutionnelle régissant la dictature. Francisco Franco lui-même était "Caudillo de Espana por la Gracia de Dios".

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 10:43

Dans le cadre de la visite papale au Brésil, pour les JMJ de Rio, radio et télé insistent sur une statistique classant le grand pays sud-américain 'premier pays catholique du monde'. C'est sans doute vrai. Mais une autre statistique devrait doucher les enthousiasmes vaticanesques: si aujourd'hui 64% des Brésiliens se confessent catholiques, ils étaient 86% il y a vingt ans...

D'où l'empressement de la Conférence des évêques  locaux à saisir toutes les occasions pour faire appel à la grande vedette hollywoodienne tout de blanc vêtue, la seule, l'unique, à pouvoir rassembler des multitudes.

C'est que la situation est critique. L'affaiblissement accéléré du catholicisme se fait au profit des églises évangélistes d'origine anglo-saxonne. Spécialement américaine. Disposant de gros moyens et, aujourd'hui, le plus souvent liés au mouvement ultra conservateur 'Tea parties"

Les raisons de ce constant fléchissement sont multiples:

-- on trouve plus facilement un prédicateur 'chauffeur de salles', qu'un prêtre formé pendant des années dans un grand séminaire; même un diacre... uliime recours de plus en plus recherché dans les paroisses, doit être sérieusement éduqué; les fidèles évangélistes peuvent, eux, se contenter de chanter 'Alleluïa' sur tous les rythmes en tapant des mains. Un bon catho est contraint, pour sa part, dès l'enfance, d'apprendre son cathéchisme, puis de préparer une 'première communion' suivie de 'confirmation'. A chaque étape il faut des éducateurs volontaires, eux-mêmes...etc...La machine est lourde!

-- les 'offices évangélistes' font une large place à une prédication simpliste, le plus souvent rythmée par les battements des main des fidèles; tout cela se termine fréquemment par une distribution de vivres et (ou) de vêtements; d'une manière générale l'ambiance est festive...

 

Les catholiques, il faut le souligner, ne se contentent pas des vistes épisodiques du Saint Père pour arrêter l'hémorragie de croyants. Dans nombre de dioscèses le changement est désormais sensible dans toutes les célébrations religieuses. C'est le plus souvent un succès. Les fidèles activistes s'effocent d'y infuser une bonne dose de joie de vivre et de fête.

Bref, pour l'Eglise de Rome, la situation est grave, mais pas désespérée. Nous verrons bien... 

 

Antoine Blanca

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 10:21

Au cours du procès disciplinaire qui devait le mettre à la retraite d'office à l'âge de 52 ans, Aristides de Sousa Mendes déclara;

"J'obéissais à des raisons d'humanité qui ne font pas de distinction entre les nationalités, les races ou les religions". Quel était le motif de la sanction qui frappa un diplomate exemplaire? Entre le 16 et le 23 juin 1940 le consul du Portugal à Bordeaux avait attribué 30.000 visas à des réfugiés dont 10.000 étaient Juifs. A cette date la grande ville girondine était capitale provisoire d'une France qui était en train de perdre la guerre. Des centaines de milliers d'étrangers assiégeaient les consulats à la recherche du visa qui leur permettrait de fuir légalement le nazisme.

Officiellement neutre, le Portugal de Salazar était en réalité ouvertement pro-fasciste (il appelait son système 'o Estado Novo'). De Sousa avait reçu une circulaire d'instruction sans ambigüité: il devait refuser l'octroi d'un visa "aux étrangers de nationalité indéfinie, aux apatrides, aux Juifs expulsés de leur pays d'origine ou du pays dont ils sont ressortissants"...

Retraité, le diplomate allait survivre encore 12 ans avec sa maigre demi-solde pour n'être réhabilité que trente ans plus tard.

Il existe deux fondations portant le nom d'Aristides de Sousa Mendes, l'une à Lisbonne, l'autre à New-York. Sa maison de famille, aujourd'hui très abîmée, va être transformée en musée dans son village natal de Cabanas de Viriato ( centre du pays), grâce à la générosité d'un new-yorkais descendant de bénéficiaires de visas sauveteurs. Comme l'a écrit l'historien Yehuda Bauer: "il s'agit de la plus grande action de sauvetage menée par une seule personne pendant l'Holocauste".

De Sousa n'appartenait à aucun parti, à aucune organisation de résistance au salazarisme. Il n'était ni spécialement pieux, ni même Franc-Maçon.
Il était simplement ce que l'on appelera beaucoup plus tard, un Juste.

 

Antoine Blanca

NB: La dictature salazariste fut la plus longue ayant sévi en Europe (1926-25 avril 1974)


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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:13

Depuis l'éviction et l'arrestation de Mohamed Morsi le 'Guide suprême', et le groupe dirigeant de la confrérie des Frères musulmans, avaient demandé à leurs troupes de se mobiliser autour de la légitimité démocratique du président. Cela avait l'avantage, aux yeux des pays occidentaux auxquels le message s'adressait, d'être incontestable, pris au pied de la lettre. Et, de fait, Européens et Américains se sont trouvés confrontés à une situation inconfortable.

D'autre part la dimension des manifestations anti-Morsi démontraient qu'une majorité d'Egyptiens, du moins dans les villes, se refusait à subir une application progressive de la Charia interprétée de la manière la plus restrictive, l'incompétence de ministres d'un autre siècle et une intrusion permanente de religieux dans la vie individuelle de croyants et de moins croyants. En outre la minorité chrétienne (Copte) savait qu'elle allait vivre dans le cauchemar infini. Sans le dire à voix haute on espérait, en Occident, que l'alliance de personnalités expérimentées et de l'Armée, au sein d'un gouvernement provisoire, allait remettre le pays sur les rails, faire revenir les touristes et lui redonner une crédibilité internationale indispensable à l'équilibre de la région.

Malheureusement les chefs traditionnels de la confrérie se sont trouvés débordés par leurs propres groupes armés qu'ils gardaient en réserve. Ceux-ci ont entrepris une campagne d'attaques des garnisons dans le Néguev et des installations pétrolières, d'attentats à la bombe et, depuis hier soir, les activistes ont de remplacé les gourdins par des pistolets mitrailleurs au cours des rassemblements de nuit de Ramadan.

Nous nous trouvons donc dans une situation nouvelle. A l'algérienne? (où la guerre entre islamistes et militaires soutenus par la société civile dura 7 ans). Ce sera difficile,  ne serait-ce que parce que la géographie des deux pays est très différente. Espérons que l'islamisme armé soit rapidement neutralisé et que le plus important des pays arabes retrouve, avec la paix, son rayonnement...Et le bonheur de ses compositions musicales, des ses mélodies chantées et de ses films. Avec une presse puissante et libre.

 

Antoine Blanca

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:24

Je vais vous faire un aveu qui me coûte: parce que j'étais un jeune militant socialiste très orthodoxe, j'ai longtemps refusé de croire qu'un gouvernement à direction SFIO, avec, à Alger, un Ministre-Résident, Robert Lacoste syndicaliste et résistant, pouvait employer des méthodes identiques à celles de la Gestapo contre nos soldats de l'ombre. Jusqu'en juin 57 j'étudiais à Toulouse. Cet été là je retournais en Algérie et, à l'automne j'étais inscrit à la Fac de Lettres d'Alger tout en commençant à travailler dans l'Education nationale. Avant de quitter la ville des violettes, j'avais participé, dans le service d'ordre, au Congrès national de mon Parti. Je parvins à m'entretenir en privé avec Guy Mollet (dont le gouvernement qu'il dirigeait était tombé), et le Ministre Lacoste, toujours en fonction. L'un et l'autre affirmèrent la main sur le coeur que la torture n'était pas pratiquée en Algérie ('même s'il peut y avoir des bavures' reconnurent-ils).

Je lus le livre d'Henri Alleg peu de temps après sa publication (interdite) en France. Sur beaucoup de points son témoignage fut pour moi une révélation. Il s'agissait d'un ouvrage format Que sais-je?. Prose sobre, affirmations factuelles comme si le torturé n'était pas l'auteur. Il rapportait aussi son séjour dans une cellule de la prison de Barberousse, dans les hauteurs de la ville, aux limites de la Casbah. Les 'aubes de guillotine' le chant 'man djabellina'(de nos montagnes), qui montait des poitrines des prisonniers disant ainsi 'adieu' aux condamnés. Le journaliste communiste algérien (il dirigeait le quotidien algérois Alger républicain*). Finalement le supplicié aura vécu jusqu'au bel âge de 92 ans. Un gars solide dans son corps comme dans sa tête.

Le drame algérien est lourd à porter. Je venais de lire La question quand, revenant de donner un cours en grande banlieue algéroise, je fus pris en stop par deux bérets rouges (un lieutenant et un sergent-chef). Je m'installais sur le siège arrière et les militaires poursuivirent une conversation déjà entamée. Le lieutenant avait dirigé une séance de torture 'à la baignoire' sur une jeune algérienne."Le plus difficile fut de la faire mettre complétement nue. Madame avait ses pudeurs". Suivaient tous les détails sur les électrodes placés aux endroits du corps le plus sensible, les hurlements, le refus de parler...Je réussis à descendre un peu avant d'arriver à destination.

 

Antoine Blanca


* Contrairement à ce que dit la presse, Alger républicain n'était pas le porte-parole du PCA. Le Comité central de ce parti avait un hebdo officiel, Liberté. C'est important de le rappeler car le quotidien dont Alleg était patron de la rédaction se voulait aussi lieu de libre expression des mouvements nationalistes. Notamment du MTLD de Messali.

 


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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 12:48

Voici les questions auxquelles on doit répondre pour expliquer la prolongation infinie de l'affaire Cahuzac:

1 - Côté presse: la revue en ligne Mediapart  a lancé l'affaire. Edwy Plenel s'est vu offrir sur un plateau les éléments qui lui ont permis de se mettre en avant. Mais depuis cette publication, qui vit de la dénonciation de scandales, n'a rien de nouveau à dévoiler. Or ses promoteurs ont un besoin urgent de rentrées financières. Autrement dit, d'abonnés. Pour le moment, l'inquiétude prévaut dans la petite équipe. Il faut continuer de faire vivre la petite histoire...

2  - Côté politique politicienne: les moyens offerts par la Commission d'enquête parlementaire présidée par un homme de droite, François de Coursan. Depuis 2009 un accord PS/UMP implique que la Commission des finances des assemblées parlementaires soit présidée par un opposant. C'est ainsi que Jérôme Cahuzac, PS, inaugura cette disposition pour l'Assemblée Nationale. En juin 2013 c'est l'élu de droite François de Coursan qui prenait la relève.

3 - Coups médiatiques: alors que le PS n'avait pas exploité de manière polémique sa position (2009-2012), la droite, avec un de Coursan qui cherche à se faire un nom, multiplie les déclarations et les initiatives polémiques. On voulait une Commission essentiellement studieuse, dans un esprit d'unité nationale. Avec les conservateurs on  assiste à une série de petites phrases assaassines, puis à la mise en marche d'une machine de guerre contre le gouvernement, voire contre le Président.

4 - Fausses annonces: sur le fond Coursan, contrairement à ce qu'il laisse entendre, ne dispose d'aucun élément nouveau par rapport à ceux avancés il y a des mois par Edwy Plenel, à savoir que le pouvoir aurait eu connaissance de l'enregistrement attribué à Cahuzac, dans lequel ce dernier se référait à un compte en Suisse. On avait des raisons de le trouver douteux parce que partiellement inaudible et dévoilé par l'adversaire politique local du Ministre du Budget. Cahuzac niait les faits devant le Président, devant son ministre de tutelle et, plus solennellement encore, devant l'Assemblée Nationale.

La confirmation de la fraude fiscale et du mensonge n'eut lieu que plus tard. Alors que le Président avait déjà demandé, et obtenu, la démission du Ministre.

La droite continuera le plus longtemps possible à faire vivre une affaire qui appartient désormais au pouvoir judiciaire. Elle qui ne cesse de proclamer que l'important est ailleurs, dans la recherche de solutions à la crise.

 

Antoine Blanca

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 10:43

A plusieurs reprises j'avais alerté mes lecteurs sur les conséquences de la disparition de la Somalie en tant qu'Etat. Depuis un semblant de gouvernement s'est installé à Mogadiscio, en dépit des djihadistes chebabs et de la quasi sécession d'une province qui vit depuis 20 ans en marge des guerres civiles. La Communauté internationale a pris peur: la Somalie contrôle en partie la Corne de l'Afrique et, donc, le trafic maritime dans la Mer Rouge. Les Grands du monde se sont enfin remués, et ont aidé l'ONU et l'OUA à intervenir énergiquement.

Mais la disparition de l'Etat Centre-africain n'aurait pas les mêmes conséquences stratégiques.

C'est simplement un pays très pauvre (dont les richesses minières en or, diamants et fer échappent à tout contrôle national) aujourd'hui menacé de famine absolue. Une sorte de génocide alimentaire et sanitaire. Ceux qui aujourd'hui se disputent le pouvoir en pillant, violant, brûlant les villages, ne se réclament d'aucune idéologie. Tout au plus les gens du nord, majoritairement musulmans, tissent-ils des alliances avec les Tchadiens au nom de la religion, face aux populations du sud majoritairement chrétiennes ou animistes. Mais ceux qui ont renversé l'ex-président François Bozizé (lui-même auto-proclamé), un mouvement Séléka (Alliance en langue SANGO), est une sorte d'association de malfaiteurs qui veut le pouvoir pour mieux vendre le sous-sol au plus offrant.

La situation humanitaire est atroce. Les ONG et les grandes agences onusiennes comme UNICEF, PAM, FAO refusent d'envoyer des volontaires ou des agents pour raisons de sécurité. Tous les biens de ces organisations ont d'ailleurs été volés ou saccagés.

Alors, devant l'indifférence des Grands du monde, on continuera à ne voir ce pays qu'au travers des images grotesques du couronnement de Bokassa 1er imperator. Sans entendre les cris de détresse qui montent d'un peuple sacrifié..

Bientôt ces cris ne seront plus audibles: les moribonds et les morts sont silencieux.

 

Antoine Blanca

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 17:48

Au début du XXe siècle, l'Argentine était considérée comme le grenier à blé du monde. Au milieu des années 70 par exemple, Buenos-Aires exportait encore en URSS de quoi combler le déficit céréalier de la patrie de Lénine (entre 13 et 15 millions de tonnes par an si mes souvenirs sont exacts). On était alors en pleine dictature militaire à Buenos-Aires et, pendant que toute la gauche européenne était mobilisée par la dénonciation des crimes des Videla et Massera et consorts,  ( ces crimes allaient se révéler encore plus dramatiques que nous ne pensions), le PCF, à l'époque instruit par Moscou, nous invitait à modérer nos actions. Co-président de France-Argentine, je dus démissionner après que mon éditorial de sa revue ait été supprimé par mon camarade communiste Georges Fournial qui contrôlait l'imprimerie...

Et voilà qu'aujourd'hui la présidente Cristina Fernàndez va se voir contrainte, par l'enchérissement vertigineux du prix du pain et d'autres dérivés du blé (brioches par exemple), à établir une sorte de rationnement. Ce que l'Europe a connu en temps de guerre, mais qui, pour les Argentins, relève de la science-fiction. Alors que l'inflation a été de 25% au 1er semestre, le prix du kilo de pain a plus que doublé pendant la même période. Explication: pour éviter les taxes à l'exportation et à la consommation, les gros producteurs de céréales se sont orientés massivement vers le soja (bon rapport à l'exportation mais culture ruineuse pour les sols), et accessoiremment le seigle.

Première grande mesure prise par la "reine Cristina": interdiction de l'exportation du blé. L'urgence prime. Pour ce qui est des conséquences prévisibles sur la balance commerciale...on verra plus tard. Improvisations typiques des gouvernements péronistes.

 

Antoine Blanca


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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 15:21

En 1990 en Algérie, les Etats-Unis avaient joué toutes leurs cartes  sur le FIS. Résultat: une guerre civile de sept ans pour empêcher les islamistes de ramener le grand pays du Maghreb au Moyen-Age. Aujourd'hui la première puissance mondiale  se trouve désespérée devant l'échec de ses protégés égyptiens, les Frères musulmans. Mais leur fausse manoeuvre a commencé dès 1979 après l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques. Ce dernier grand avatar de la guerre froide. Affolement à la Maison-Blanche et au Pentagone. Les grands stratèges décident alors de favoriser à outrance la carte religieuse contre l'athéisme communiste. Washington est ainsi à l'origine de la naissance des Talibans. Et de la création de "brigades internationales islamistes" sur-entraînées et sur-motivées: elles allaient constituer la base de manoeuvre d'Al Qaïda. "Djihadistes de tous les pays, unissez-vous!". Plusieurs milliers d'Algériens arrivèrent d'Afghanistan, via les zones tribales pakistanaises, pour constituer la base des Groupes islamiques armés (GIA).

Depuis les échecs successifs n'ont pas fait que les Américains rectifient le tir. Leur politique est la même en Tunisie et au Maroc, par exemple. Dans la guerre civile quii ravage la Syrie, ils n'ont pas vu venir les fondamentalistes qui, maintenant, combattent ouvertement l'armée rebelle. Et voilà qu'Obama  exige des Egyptiens qu'ils libèrent Mohamed Morsi. Un clin d'oeil très appuyé à la confrérie qui vient de démontrer, en quelques mois, que ses membres n'ont pas la compétence nécessaire à la gestion d'un grand pays moderne.

Même quand la guerre civile entre le GIA et l'ANP algérienne battait son plein , la 'diplomatie islamiste' était reçue avec tous les honneurs au Département d'Etat à Washington. Avec plus d'égards que les représentants légitimes de l'Algérie. Témoin involontaire de cet aveuglement au plus haut niveau, j'étais sidéré par tant de persistance dans l'erreur de jugement. Erreur finalement criminelle.

Obama, que je pensais plus fin politique que ses prédécesseurs démontre, au plus mauvais moment, quelles sont ses limites.

Et quand les Etats-Unis se trompent, cela fait, fatalement, des dégâts...

 

Antoine Blanca


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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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