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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 12:17

Mes correspondants me l'ont confirmé: ce sont bien entre 7 et 13 millions de personnes, des milliers de  femmes parmi elles, qui ont réclamé pendant des heures, puis pendant des jours, le départ du président de la République, Mohamed Morsi. En fait on veut mettre la Confrérie des Frères musulmans en déroute. Aujourd'hui le point principal à retenir des événements, c'est le passage des militaires dans l'opposition. Le gouvernement islamique s'est d'ores et déjà disloqué.

Depuis les années 1950, et jusqu'à la chute de Moubarak, l'armée a exercé le pouvoir de facto. Elle a commencé par renverser la monarchie décadente personnalisée par le roi Farouk, puis par proclamer un pouvoir nationaliste arabe, clairement Tiers-Mondiste. Nasser en était la figure de proue. Anouar el Sadate, réputé timide, effacé, lui succéda. La surprise fut d'autant plus grande quand il déclencha la fameuse guerre du Kippour qui allait prendre Tsahal par surprise et provoquer un mouvement de panique en Israël. C'est Sadate aussi qui, fort de ce demi-succès, débarqua un jour à Tel Aviv, s'adressa à la Knesset, conclut un accord de paix. Les deux pays ennemis allaient établir des relations diplomatiques, ouvrir des ambassades. Elles n'ont jamais fermé depuis en dépit des orages.

L'Armée est donc une force politique majeure en Egypte. 500000 hommes bien équipés. Mais quelque 10 millions de manifestants ont fait réfléchir les généraux. En vérité, le corps des officiers n'a jamais aimé les 'Frères'. C'est un complot terroriste organisé par ces derniers qui avait, par exemple, coûté la vie à Sadate et à plusieurs personnalités nationales ou diplomatiques lors du défilé militaire traditionnel annuel.

Mais depuis les élections qui s'étaient traduites par le succès relatif des 'Frères', les uniformes paraissaient accepter de se soumettre au nouveau pouvoir. Jusqu'à l'explosion énorme de ces derniers jours. La manifestation géante a fait preuve, dans la durée, d'une telle intensité, que les généraux ont décidé de choisir leur camp: celui des laïcs. Lesquels viennent de se donner un leader en la personne de l'ancien chef de l'AIEA, l'agence de l'ONU chargée de l'énergie atomique. Un événement considérable, si l'opposition confirme son unité. Je crois savoir que l'Armée ne veut pas prendre le pouvoir. Elle préfère jouer les arbitres, les conciliateurs. Et la personnalité de Mohamed el Baradéï leur convient. Autant qu'elle rassure la communauté des Nations.

 

Antoine Blanca


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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 12:41

Qui est José Manuel Barroso, encore président de la Commission européenne? Il a provoqué une polémique intolérable avec le gouvernement français à propos de notre position résolue à préserver notre identité culturelle face à l'agressivité impérialiste des Etats-Unis. Puissance qui prétend contrôler les créateurs du monde entier. Barroso n'est que de passage à son poste. Chez lui, aucun attachement à l'idée d'une Europe unie et généreuse, celle que voulaient ses pères fondateurs et Jacques Delors, premier président de la Commission.

Il a commencé sa carrière politique dans la 'gauche prolétarienne portugaise', le MRPP, le maoïsme des bords du Tage. C'est alors que je l'ai croisé, entouré des cris, des chansons d'espoir et de joie du 25 avril 1974. On sera en admiration devant ses titres universitaires. Mais il a décidé de les faire fructifier en faisant preuve d'un cynisme total.

Une fois qu'il a senti que le marxisme-léninisme à la sauce chinoise le menait à une impasse, il a adhéré à la droite libérale la plus intransigeante. Et c'est ainsi qu'il a atterri à Bruxelles. D'où il prétend maintenant nous donner des leçons. En réalité il veut avant tout, envoyer un signe fort à ses futurs employeurs. Car l'année prochaine il devra impérativement quitter son poste. Ce qu'il ambitionne? Une position importante dans 'l'internationale'. Et il estime que le bon message doit être adressé aux Etats-Unis. A l'actuel exécutif mais aussi, et peut-être surtout, à la droite américaine. D'ores et déjà il se montre bon serviteur. Tout indique que ce ne sont pas les positions européennes qu'il défend, mais celles de ses futurs protecteurs. Pas un mot de protestation, par exemple, pour dénoncer le vaste système d'espionnage mis en place par la NSA pour "écouter" les membres de l'UE, le Parlement européen et la Commission elle-même. 

Quant à son bilan? Nous rêvions d'une Union des peuples et non celle des marchés financiers. Où est passée l'esprit de la solidarité vis à vis des membres en état de faiblesse profonde. Ainsi Mme Merkel s'oppose à la plus petite réduction de la dette grecque alors, qu'en 1953, l'Europe avait effacé 60% de la dette allemande. Le malheur d'un pays frère la laisse indifférente. Avec Barroso elle fait une belle paire.

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 


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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 17:50

Je ne sais pas si tout le monde mesure la gravité du retour en arrière que signifient les dernières mesures annoncées par le gouvernement des Frères musulmans installé au Caire. Derrière le Président Mohamed Morsi,  son visage rond et son air bonhomme, des millions d'Egyptiens pressentent que se cache le fondementalisme religieux, qui utilise les salafistes à la fois comme fer de lance et comme alibi. La manifestation de vendredi a fait trois morts. Cela témoigne de la brutalité policière. Les mêmes hommes, portant les mêmes uniformes qu'au temps de Moubarak. Derrière le simple autoritarisme se dissimule toujours la dictature. Elle guette les milliers de manifestants qui bravent la répression.

Concrètement, aujourd'hui, la femme égyptienne est plus que jamais la cible de ceux qui s'arrogent le droit de parler au nom du Coran et des hadiths. On n'a jamais vu autant de rigueur dans le port du voile, autant de jeunes filles contraintes, en ce début d'été, de se baigner sur les plages d'Alexandrie habillées de  'robes de bain' les couvrant de la tête aux chevilles. Jamais les  chrétiens coptes n'ont autant vécu la peur au ventre. On saccage leurs églises. On assassine les fidèles sans que les forces de l'ordre lèvent un doigt pour empêcher ces crimes. Même si je crois surtout à la tolérance, celle qui dicte que l'on est libre de croire ou de ne pas croire, je suis révolté par ce drame quotidien. Les Coptes vivaient déjà depuis quatorze siècles en Egypte quand les premiers cavaliers de l'Islam sont arrivés au bord du Nil. De quel droit les accuse-t-on de reniement, voire d'hérésie?

Morsi et les siens préparent un retour progressif à la loi de la Charia, telle que l'interprètent les fondementalistes.

Les démocraties occidentales devraient prendre garde. Un jour elles seront accusées de passivité complice. Peut-être que les Etats-Unis regarderont les choses de plus près depuis qu'un de leurs compatriotes est tombé, hier, sous les balles des répresseurs, par solidarité avec le peuple cairote.

 

Antoine Blanca

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 10:30

Le grand chahut brésilien se calme rapidement.

Chahut seulement? La signification de ces manifs sans dirigeant donnent lieu à réflexion tant elles ont éclaté comme un orage dans un ciel sans nuage. Ensemble, nous avons tenté de chercher l'erreur. Une présidente dont la compétence est appréciée par 70 à 75% des citoyens; une croissance soutenue, même si elle vient de ralentir légèrement; un taux de pauvreté réduit de moitié; une consolidation spectaculaire de la classe moyenne; une scolarisation, à tous les niveaux des études, qui ne cesse d'avancer.
Inutile de continuer sans entrer dans les plaisanteries recurrentes à propos du géant sud-américain. Genre: "le Brésil a été, est et sera toujours un pays d'avenir"...

Plus sérieusement il y a, dans les revendications confuses massivement exprimées, des choses impossibles à changer. Exemples: la restauration, agrandissement ou construction de stades en vue de la prochaine Coupe du Monde de foot. L'interdiction de la corruption par décret du pouvoir exécutif de Brasilia. La volonté d'y parvenir existe. Mais il appartient au Congrès fédéral, à ceux des Etats fédérés de rejoindre la présidente dans son effort. La Constitution l'impose. Le système est certes pervers qui ne permet pas de dégager une majorité politique cohérente. Alors on procède à des négociations contre nature, on achète quelques voix pour faire passer une loi, aussi bonne fut-elle.

Là, seul un changement constitutionnel peut modifier les choses. Dilma Rousseff l'a proposé dans son appel à la Nation.

Mais surtout les Brésiliens ne se contentent plus d'être les premiers de la classe...des pays en développement. Ils veulent désormais passer la barrière, appartenir au monde industrialisé avec tout ce que cela comporte: transports de qualité, hôpitaux bien équipés, enseignement d'excellence sans discrimination. On veut enfin avoir des élus dévoués à la population dans leur diversité politique.

Maintenant que la selecção de foot s'est qualifiée pour la finale de la Coupe des "Confédérations" (ce sera après demain), on va se donner le temps de la réflexion. Une chose est certaine: la Présidente Dilma Rousseff paraît avoir bien reçu et interprété le message de son peuple. Et, quand on fait la somme et le reste, cela va lui donner un avantage notable sur la partie de la classe politique qui privilégie le cynisme.

 

Antoine Blanca


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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 12:33

Jérôme Cahuzac,

malgré mon lourd passé de militant, je ne le connaissais pas personnellement. Mais j'éprouvais de la sympathie pour un homme qui portait un nom de rugby, à la démarche souple d'un trois-quart-aile. J'étais pourtant dans l'erreur totale quant à sa formation. Comme droite et gauche s'étaient entendus sur sa désignation à la présidence de la commission des finances de l'Assemblée en 2009(une 'première' politique qui fut reconduite en 2012 dans le sens inverse), je le croyais économiste de formation. Si j'avais su que, médecin, il avait choisi la voie du business (chirurgie esthétique capillaire, cliniques privées, relations spéciales avec des laboratoires) j'aurais estimé qu'un tel personnage n'avait pas de vocation sociale. Moi Président, je ne l'aurais jamais nommé ministre.


Strauss-Kahn,

je le connaissais un peu. Comme je me suis résigné, par souci de réalisme, à une pratique réformiste du socialisme, je reconnaissais sa compétence en matière économique et financière. Un social-libéral. Il n'était pas le seul au PS. Mais je n'avais pas voté pour lui à la primaire de 2007 et je ne l'aurais pas fait davantage lors de la primaire ouverte de 2011.


Il demeure que, lorsque l'un et l'autre, en des circonstances et des lieux très différents, se sont trouvés dans la peine, j'ai réagi en militant. Et commencé par croire en leur version des faits. Dois-je m'en vouloir? je le devrais peut-être. Mais je fais partie d'une génération socialiste qui vénérait religieusement l'appartenance au 'Parti'. On commençait toujours par croire en la sincérité du 'camarade'. Il demeure qu'à l'avenir je serai plus exigeant sur la moralité des 'miens'. JFK était déjà connu pour ses débordements amoureux, même si je ne le crois toujours pas coupable de viol. Cahuzac, lui, est assurément coupable de fraude fiscale et de mensonge. L'un et l'autre ont eu, de toute manière, une conduite impardonnable et ne doivent jamais plus revenir dans nos rangs.

Comme tous les militants,(et beaucoup de citoyens avec eux), j'avais cru en la sincérité du Ministre-délégué au Budget. Hollande et Ayrault étaient du nombre. Aucune raison d'accepter, en son temps, les allégations de Médiapart comme preuves, quand la personne mise en cause niait, les yeux dans les yeux, de manière répétitive. Edwy Plenel a un passé reconnu en matière d'utilisation de fausses preuves.

 

Antoine Blanca

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 11:19

Ceux qui se souviennent encore d'Edouard Balladur (d'aucuns le croient mort depuis1995) savent que la seule fantaisie vestimentaire qu'il se permettait, du moins en apparence, était le port de chaaussettes rouges de cardinal. Il les commandait chez Gamarelli, la boutique romaine qui fournit le Pape et les cardinaux sédentaires ou de passage. Au bon temps de Matignon il les faisait acheter à la douzaine par un diplomate de notre ambassade du Palais Farnèse*.

Moi je trouvais que cette association, fût-elle pédestre, avec la gente cardinalice, seyait bien au Premier ministre (93-95). On l'imaginait aisément en prince de l'Eglise, avec son demi-sourire contraint, son regard suffisant et sa démarche guindée, précautionneuse. Distante.

Ce genre de personnage 'Renaissance' ne met jamais lui-même les mains dans le charbon. Ses gens peuvent le faire pour lui. Juges et policiers de la brigade financière qui enquêtent sur l'affaire dite des frégates SAWAN II destinées au Pakistan et à l'Arabie Saoudite, paraissent convaincus que c'est précisément ce qui s'est passé, dans le financement occulte de la campagne présidentielle de Balladur en 1995. Même si d'autres intermédiaires se sont, eux, fabuleusement enrichis dans cette affaire, l'un d'eux, le libanais Ziad Takieddine vient de se mettre à table (lire Le Monde daté du 27 juin). Fatigué d'être seul à payer, en prison, il ne s'arrête plus de chanter. Et de donner des chiffres: 6 M de francs de l'époque auraient été remis, en trois livraisons de mallette, à Genève, remplies de billets de 500 francs.

Le directeur de campagne, Nicolas Bazire, et l'homme de confiance de M.Sarkozy (alors trésorier du candidat Balladur) à la mairie de Neuilly/s/Seine, Thierry Gaubert, auraient été les récipiendaires de ces contributions occultes. 

Le but de cet article n'est pas de confirmer les révélations d'un grand quotidien du soir. D'autant que le témoignage de l'intermédiaire libanais, va bien au-delà de la sordide affaire Karachi, mouillant aussi le proche entourage de M.François Léotard, alors ministre de la Défense. Je souhaite simplement mettre en garde mes lecteurs contre les porteurs de chaussettes rouges cardinalices: ne leur donnez jamais le Bon Dieu sans confession.

 

Antoine Blanca

 

* La représentation diplomatique français à Rome a la chance d'occuper le plus beau palais de la capitale italienne, le palais Farnèse. D'ailleurs le ministère des affaires étrangères d'Italie, se contente du 'petit Farnèse' (la Farnesina).

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:59

En devenant Chef de l'Etat, François Hollande  n'a pas changé de style. Et, si la fonction l'avait autorisé à le faire, il n'aurait pas changé, non plus, de mode de vie. D'une certaine manière il est entré à l'Elysée comme il était entré en politique en Corrèze: en glorifiant le travail, et en misant sur la durée pour réussir. C'est une méthode qui s'accorde à son tempérament. Dans ce qui avait été le fief du radical Henri Queuille*, avant de devenir celui de Chirac, il n'a gagné son siège de député qu'en creusant péniblement les sillons les uns après les autres. Persévérant. Donnant du temps au temps. Conseiller général, maire de Tulle, député, président de l'assemblée départemental. Son succès local résultait de sa fidélité à ses longues visites aux marchés dominicaux, de sa présence à chaque remise de médaille du Mérite agricole, de l'écoute attentive prêtée aux doléances de ses administrés. Je suis certain que cette vie exténuante, l'activisme national allant de pair avec le provincial, l'avait comblé au lieu de l'accabler. Il l'avait dit: "j'aime les gens". Et c'est vrai.

 

Président de la République, son comportement n'a donc pas varié. "Genio y figura hasta la sepultura, dit un célèbre proverbe castillan**. Labeur acharné et régulier pour bien s'imprégner des dossiers, pour mieux connaître les hommes et les femmes qui en sont la, finalité. Il ne recherche pas l'exubérance, il ne fait pas tirer des feux d'artifice à chacune de ses apparitions. Et il veut penser que les années qui restent finiront par lui donner raison.


Pour le moment l'opinion publique exprime, très majoritairement, de l'insatisfaction. Et il en sera ainsi tant que les premiers résultats positifs n'apparaîtront pas clairement sur les plans économique et social.


En principe mieux informée des réalités d'une situation complexe, dans un monde bouleversé, la presse ne joue pas son rôle pédagogique. Elle devrait précéder l'opinion. Or elle la suit, les yeux fixés sur la courbe des tirages et des profits. Les analyses critiques, fussent-elles très dures, peuvent être légiitimes. En revanche la première année de présidence Hollande ne justifie en rien un tel étalage de mépris à la limite de la haine. D'autant plus que, de l'autre côté de la barrière, il n'est que relents nauséabonds d'entreprises douteuses et de bilans catastrophiques.

 

Antoine Blanca

 

* Henri Queuille, homme politique de la IVe République qui fut Président du Conseil des ministres. Pendant l'Occupation il avait fait partie d'un réseau de Résistance. Membre du Parti radical et radical socialiste, dit 'valoisien'(le siège du parti radical se situait rue de Valois à Paris.

** Intraduisible littéralement. Avec beaucoup de liberté: nous restons les mêmes de la naaissance à la mort.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:02

Dans un certain microcosme parisien de la presse, le retour à 'Marianne', revue aux contours politiques incertains, de son inventeur Jean-François Kahn, est un événement. Même si cette arrivée donne un certain sentiment de déjà vu. Le vieux journaliste est présentement en train de faire son petit tour des studios, télés et radios, son dernier livre sous le bras. L'avez-vous remarqué? Pour être invité par les éminences de plateaux, il faut avoir écrit un bouquin. Sa qualité et son originalité importent peu. Samedi soir JFK était chez Ardisson pour 'Salut les Terriens'. Passage obligatoire pour un retour en notoriété. Aussi inévitable que la montée du Tourmalet sur la carte du Tour de France.

 

Cette réapparition du vétéran des médias aurait pu passer inaperçue. Après tout, ses pérégrinations variées avaient des chances de commencer à fatiguer le citoyen de base. L'homme a certes le bagout brillant, l'improvisation facile, la gestuelle digne d'un acteur acceptable. Mais ses sincérités successives sont aussi changeantes que la météo de haute montagne en automne. L'essentiel étant pour lui de ne jamais manquer un virage politique, économique ou  social significatifs. S'il n'a jamais appartenu aux extrêmes, il s'est reconnu successivement dans toutes les autres familles politiques. Sa plus récente incursion directe dans la vie publique aura concerné le MODEM. Non seulement a-t-il porté ses couleurs aux élections législatives, mais a-t-il encore fait partie de la direction exécutive du groupe centriste dirigé par François Bayrou.

Ce sont les claques retentissantes reçues dans un univers nouveau pour lui qui l'ont contraint à revenir à son vrai métier: le journalisme.

 

La singularité de ce retour aux sources a surpris par sa brutalité (toute la presse hebdo est hostile à François Hollande, a-t-il affirmé, donc 'Marianne' doit suivre le même chemin pour survivre); et par l'énormité de l'ambition proclamée (il faut tout changer en France, y compris les institutions). Et, nous dit cette belle plume de la presse, ce sont les revues, à commencer par la 'gigantesque?'Marianne, qui devront conduire le changement.

Car, nous dit ce grand studieux de son nombril, le Président des Français n'a pas de programme.

Par bonheur Jean-François est là...

 

Antoine Blanca

 

 


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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 11:25

Ce qui vient de se produire dans le Brésil est unique dans l'histoire d'un pays où les manifestations de rue sont très rares. Quand les Brésiliens prenaient d'assaut les avenues des villes dans les dernières années de la dictature militaire, c'était à l'appel des militants de  la clandestinité ou des associations humanitaires. Si les autorités voulaient négocier (à cette époque on se contentait d'envoyer la police et les mouchards), elles savaient à qui s'adresser.

Cette fois, tout est anonyme. Les fameux 'réseaux sociaux' sont un facteur garantissant un haut degré de diversité et d'anonymat.

En France les événements n'ont pas été correctement couverts par notre presse. On les a comparés aux printemps arabes alors qu'il ne pouvait s'agir, dans le grand pays sud-américain, de renversement d'une tyrannie corrompue et sanguinaire. Le Brésil est une grande démocratie. Très perfectible, certes, mais incontestable. Une Constitution fédérale, plus proche de celle des Etats-Unis que que de la nôtre. Le point de départ de la protestation a été l'augmentation des tarifs des transports urbains de São Paulo (20 millions d'habitants): et c'est le maire de cette métropole qui a pris la décision. Le gouvernement de Brasilia n'a aucune autorité dans un tel dossier. Quant aux frais engagés en vue de la Coupe du Monde de foot, le match est parti. Et ne peut être arrêté.

Si la Présidente Dilma Rousseff, toujours aussi populaire d'ailleurs, a tardé à  s'adresser à la Nation, c'est qu'elle ne savait pas quels pouvaient être ses interlocuteurs. Avec son équipe, on est enfin parvenu à mettre un peu d'ordre: ce seront les associations représentatives, les syndicats, les groupes humanitaires. On fait enfin appel aux manifestants pour qu'ils désignent leurs leaders. Ce qui ne sera pas facile dans ce petit monde confus, bourré de contradictions.

Il  y a seulement deux semaines les mêmes journalistes qui chantaient les louanges du 'Brésil nouveau grand du monde', clament leur panique et soulignent les faiblesses du pays. Cela s'appelle manque de vision. Et souvent incompétence. Certains hommes et femmes de presse auraient un besoin urgent de recyclage professionnel...

Je suis certain, pour ma part, que cet épisode singulier sera finalement bénéfique au Brésil et aux Brésiliens...

 

Antoine Blanca

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 17:09

Les pays occidentaux paraissent vouloir se donner du temps pour tirer toutes les conséquences de la victoire d'Hassan Rohani vendredi dernier à la présidentielle, pourtant bien encadrée par la République islamique iranienne.

Victoire inattendue mais d'autant plus réjouissante pour la démocratie.
On m'objectera que de toute manière la réalité du pouvoir est détenue par le Guide suprême, Ali Khaménéi; que le nouvel élu sort, lui aussi du sérail des mollahs; que le régime continuera de contrôler les forces de sécurité. Mais ce serait ignorer la puissance du mouvement populaire qui s'est exprimé dans la joie et l'espoir.

Les électeurs ont voté massivement (72% de participation) avec une intelligence et un sens politique collectifs extraordinaires. Ils ont moins dit OUI au candidat le plus modéré, que NON à tous les autres: au plus intégriste religieux, au plus ardent défenseur de la provocation atomique, à l'héritier présomptif d'Ahmadinéjad.

Le peuple iranien a fait sa part du chemin. A nous, occidentaux de faire savoir que le message a été reçu*. Les Iraniens veulent vivre en paix, libérés économiquement de toutes les sanctions discriminatoires que le président sortant entretenait avec un goût marqué pour la provocation. Ils veulent la libération vestimentaire et légale des femmes, la liberté de l'information, de la création culturelle.

Le grand cri démocratique devrait nous assourdir. Normalement seul M. Nétanyahou pourrait se sentir frustré: les excès de langage d'Ahamdi(nedjad) étaient ses meilleurs atouts de propagande.

 

Antoine Blanca

* seul, pour le moment, le Président Hollande s'est exprimé avec clarté depuis le sommet du G8. Seule note positive dans la morosité ambiante...

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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