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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 12:49

François Hollande a suivi minute par minute les discussions qui ont abouti à la signature d'un accord/cadre entre le gouvernement provisoire malien et le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad*). Autrement dit des représentants de la force armée Touareg un moment alliée à AQMI.

Pour le Président français, un tel accord est nécessaire au bon déroulement de l'élection présidentielle qui donnera, le 28 juillet, un gouvernement au Mali investi d'une vraie légitimité démocratique.


Pourquoi Bamako avait-il perdu, presque sans réagir, 60% de son vaste territoire?

1- Parce que la capitale était la proie de querelles de pouvoir entre civils et militaires. En réalité l'armée s'était déchirée au point d'avoir perdu toute cohésion. On peut même estimer qu'elle était incapable de jouer son rôle de défense de l'intégrité nationale. Le pouvoir civil était, quant à lui, en pleine déliquescence.

2- Parce que trop occupés à de vaines luttes de pouvoir, les Maliens avaient oublié la partie nord de leur patrie, méprisant les Touareg qui avaient, pour leur part, constitué leur force armée**. Ce peuple du désert sait devenir guerrier pour sauvegarder son identité, ses traditions. Depuis son fief de Kidal, le MNLA a estimé qu'une alliance tactique avec les djihadistes s'avérerait avantageuse pour leur cause. Erreur qui aurait pu s'avérer fatale.

 

Aujourd'hui le préambule d'accord signé au Burkina Fasso constitue un pas décisif dans la bonne direction. Mais, comme l'ont fait remarquer, en marge de la réunion, les représentants de la force onusienne (MINUSMA) et ceux de l'opération Serval, certains blancs restent à remplir. Par exemple où se trouveront les 'cantonnements' des miliciens du MNLA; et quel sera leur rôle dans le maintien de l'ordre à Kidal et sa région.

L'excellente atmosphère dans laquelle se sont déroulées les discussions, et le bonheur affiché par tous les signataires sont un bon présage pour l'avenir.

L'accord est désormais soumis à l'épreuve du terrain.

 

Antoine Blanca

 

* AZAWAD, territoire supposé être celui du peuple Touareg, historiquement.

** Comme d'autres le MNLA s'est largement approvisionné en armes provenant de la liquidation de l'armée de Kadhafi.


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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:24

A propos  des événements qui agitent de grandes cités brésiliennes, je souhaite faire observer:

-- qu'à la différence de ce qui s'était passé en Egypte et en Tunisie le cadre revendicatif est celui d'un grand pays démocratique; que le droit à manifester y a été parfaitement respecté;

-- que la réaction des autorités fédérales* a été exemplaire; le recours à la force publique a été limité à répondre à l'action violente de groupes de délinquants de droit commun; que ce sont, dans un premier temps, les organisateurs improvisés du mouvement qui sont intervenus pour protéger les bâtiments publics; et parfois les personnes physiques (journalistes et fonctionnaires par exemple); on ne déplore jusqu'ici ni mort, ni blessé

-- que ce n'est pas le peuple des favelas qui est descendu sur les grandes avenues mais des citoyens et des citoyennes en position de communiquer par les réseaux sociaux, un peu comme les indignados de Madrid et de Barcelone il y a peu; représentatifs des classes moyennes les mieux éduquées.

 

Les télés françaises ont souvent traité l'événement avec légèreté, se focalisant sur des manifestants masqués lançant des cocktails molotov contre des bâtiments publics. Priorité donnée au spectaculaire au mépris de la vérité.


Nombre de Brésiliens voulaient crier leur ras-le-bol: contre le budget destiné à financer la Coupe du Monde de foot 2016; contre des parlementaires parfois accessibles à la corruption; contre des augmentations du coût des transports urbains (tout est parti de Saõ Paulo où le maire, M.Haddad a décidé d'augmenter de 20 cts le prix du ticket de bus).


En résumé,

-La Présidente Dilma Rousseff recueille toujours 70% de taux de popularité.

-Même si la croissance a ralenti depuis un an (elle se situe entre 3 et 4%), le grand pays de 200 millions d'habitants ne cesse de progresser. Le ministres véreux ont été lessivés sans ménagement. Le père spirituel du nouveau Brésil, Luiz Inàcio Lula Da Silva, appuie inconditionnellement celle qui lui a succédé.

L'appréciation de Dilma sur les événements se résume bien à cette déclaration:

Il s'agit d'un message direct à tous les gouvernements, de rejet de la corruption et de l'utilisation indue de l'argent public.

 

Le message a bien été reçu. Mais elle n'en était pas la seule destinataire. En démocratie, surtout en régime fédéral, le Chef de l'Etat ne peut pas tout...

 

Antoine Blanca

* Le Brésil est une Fédération comprenant 22 Etats, 3 territoires et un District fédéral, Brasilia. Les Maires des grandes villes disposent pour leur part d'une autonomie considérable.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 11:15

Jusqu'à la dernière partielle dans le Lot-et-Garonne j'ai eu tendance à minimiser l'importance du phénomène électoral FN. Après tout l'extrême-droite était autrement armée (parfois au sens propre du mot), dans les années trente. Les scandales politico-financiers faisaient les délices de la presse, et l'anti-sémitisme était d'une virulence assassine. Après une courte période de discrétion honteuse au lendemain de la Libération (pour cause de pétainisme et de collaboration), le phénomène reprit des couleurs dans les années 50, sous couvert de 'défense des petits commerçants et des artisans'. Je venais d'adhérer aux Jeunesses socialistes lorsque le parti de Pierre Poujade obtint 15% des voix aux législatives de 1956. Parmi les nouveaux députés: Jean-Marie Le Pen et le commissaire Dides qui introduisirent les thèmes toujours d'actualité au FN: anti-européisme, islamophobie, anti-parlementarisme...La liquidation de l'OAS et la fin de l'Algérie française signifièrent, sous le gaullisme, une longue période de traversée du désert pour la droite musclée. Son champion à la première présidentielle au suffrage universel ne dépassa pas les 5% des suffrages*.

Regroupée au sein du FN, l'extrême droite passe dans l'actualité par des hauts et des bas. Aujourd'hui avec le coup de jeune 'Marine', l'amplification de la crise, la mauvaise passe que connaît l'idée européenne, l'apparition de nouvelles 'affaires' encore en devenir, les mensonges misérables d'un ministre, le FN est dans son moment électoral optimal.


Dans l'élection de Villeneuve-sur-Lot ce qui m'a frappé le plus c'est, qu'en dépit du très faible taux de participation, le jeune candidat FN a obtenu un nombre de voix supérieur à celui réuni par le parti il y a un an. Un cas unique. C'est donc qu'il existe une dynamique lepéniste réelle.

Il est grand temps de prendre ce parti au sérieux, à la mesure de sa nouvelle dimension électorale. Il est temps surtout de lui demander des comptes. La démolition aveugle de toute action gouvernementale, c'est bon pour un groupuscule. Madame Le Pen veut nous faire quitter l'Europe et sortir de l'euro, rétablir les frontières d'antan. Mais ne propose rien. Aucun avenir pour la France et sa jeunesse. Pas de programme. Pas d'alternative. Donc pas de prise de risque. Ce n'est pas au niveau de ses prétentions proclamées.

Il faut la contraindre à se définir. A dire avec quel personnel elle gouvernerait par exemple.

Pour le moment on ne voit que sa petite personne, son jeune bras droit aux allures d'énarque égaré, son compagnon dans la vie. La nièce-député est une petite muette. Et le voisin de banc de cette dernière, un avocat un peu loqueteux**.

Mettons enfin la Marine sur la défensive. Nous verrons vite qu'elle est très mal à l'aise dans cette situation pour laquelle elle n'est pas préparée.

 

Antoine Blanca   

 

* Maître Tixier-Vignancourt

** Le FN a eu quelques occasions de gouverner des villes moyennes. Et même la grande ville de Nice. Cela a toujours fini par des scandales, des démissions ou des changements d'étiquette. Force électorale aujourd'hui confirmée, le FN est poliitiquement un nain. Voire une affaire familiale.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:30

Je crois que la redécouverte de l'Islam par les Français prendra encore du temps. Nos compatriotes croyaient pourtant bien le connaître. N'avaient-ils pas côtoyé des musulmans pendant des décennies, parfois des siècles. En tant que colonisateurs, en Afrique du Nord et en Afrique Noire (comme on disait alors), ou en tant que représentants de la puissance tutélaire dans certains pays du Moyen-Orient (Liban, Syrie notamment). Mais à part quelques brillants universitaires ou chercheurs (reconnus pour leur qualité et plus nombreux que dans d'autres pays occidentaus), la connaissance de l'autre, de l'homme ou de la femme arabe, berbère, soufi sénégalais...demeurait jusqu'ici superficiielle. En Algérie par exemple, un Européen citadin ne fréquentait le voisin de travail ou de quartier que le temps nécessaire à un minimum de vie collective imposée.

Tel n'est pas l'avis général des Pieds-Noirs. La plupart d'entre eux ont toujours été persuadés qu'ils 'les' connaissaient bien, qu'ils se 'débrouillaient' en langue arabe, parce qu'ils utilisaient quelques mots ou phrases en arabe dialectal, qu'ils avaient une bonne relation avec les 'indigènes' (qu'ils appelaient en privé melons, ratons, pinsons) parce qu'ils bavardaient cordialement avec l'épicier du coin, qu'ils savaient tout de l'Islam parce qu'ils situaient les dates du jeûne de ramadan, et les fêtes principales de la religion mahométane. En fait un citadin Pied-Noir n'en savait pas plus sur ceux qu'il côtoyait de loin, qu'un Marseillais aujourd'hui.

Et voilà qu'ils découvrent,, en même temps que tous les Français, que la monde musulman est divers et complexe. Ils sont contraints par la brutale actualité de mettre un contenu derrière les mots sunnite, chiite, wahabbite, alaouite, soufi.... Que le terrorisme, dont ils pensaient être les uniques victimes potentielles, fait cent fois plus de victimes entre Irakiens ou Syriens, entre Somaliens ou entre Nigérians; que les attentats suicides sont la criminelle spécialité d'Al Qaïda contre les chiites bagdadis; que les djihadistes algériens ont mené une guerre de sept ans contre leur gouvernement et son armée. Faisant 80000 victimes mortelles; que les sunnites kurdes de Turquie, ont longtemps tué des sunnites turcs(qui répliquaient sans pitié ; que la pratique la plus intransigeante de la religion, l'intégrisme radical, est celle du régime saoudi, fidèle allié des Etats-Unis en particulier et des Occidentaux en général.

Alors, peut-être que nous allons porterr, désormais, un regard différent sur les millions de Musulmans français, ou vivant en France. Que ces derniers présevent, comme d'autres communautés (sans esprit communautatiste), une partie de leurs coutumes, de leurs particularités. Mais que d'une manière générale la volonté d'intégration est réelle. Ils sont souvent ouvriers ou artisans, mais aussi journalistes brillants, techniciens de cinéma ou de télé, animateurs et comédiens, profs, principaux de collège ou profs de fac. Les feux de l'actualité préfèrent se diriger, eux, pour mieux fausser nos sentiments, vers un tueur d'nfants et de soldats désarmés à Toulouse. Voilà qui fait beaucoup plus d'audience qu'un bon père de famille, animateur bénévole dans une cité. C'est pourtant de ce côté là que réside la vérité.

Le fanatisme religieux est un phénomène exceptionnel. Un musulman pratiquant (combien sont-ils?) veut simplement pouvoir...pratiquer en paix.

En outre nos musulmans sont, dans leur quasi-totalité, des sunnites. Ce n'est pas le cas en Grande Bretagne, en Allemagne ou dans les pays scandinaves.

Voilà qui simplifie les choses, croyez-moi!!!

 

Antoine Blanca


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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 12:23

Le Président Hollande ne fait pas de moulinets avec ses bras. Mais il fait progresser les choses dans le bon sens. Sans apparat, mais avec une redoutable efficacité. C'est ainsi qu'il a été le promoteur d'une condamnation ferme de la délinquance fiscale. Et qu'il a été rejoint dans ce combat de justice par d'autres pays européens affectés et, en tout dernier lieu, par les Etats-Unis eux-mêmes.

L'inquiétude, puis la peur ont progressivement gagné les fraudeurs, les banques qui abritaient indûment leurs avoirs et, enfin, la majorité des Etats complices d'Europe. Soucieux de ne plus se trouver exposés à des dénonciations fondées. Leur respectabilité se trouvait déjà bien affectée. La grande presse a, récemment, rejoint journaux et revues spécialisées dans la finance et l'économie dans le combat purificateur. Parce que le sujet intéressait les lecteurs. Non pas, rassurons-nous, par un accès soudain de vertu.

Le résultat est à peine croyable: les fraudeurs français se bousculent depuis quelque temps à Bercy, siège du ministère concerné, pour négocier les conditions du retour de leurs avoirs au bercail. La faute impardonnable de Jérôme Cahuzac a-t-elle, indirectement, contribué à accélérer le processus? Peut-être, en fin de comptes. Car l'exposition de ce système en pleine lumière a, sans doute, étendu le champ de la colère publique. A un moment où, sans doute, la tendance paraissait être à la résignation.

D'une tout autre nature est le succès remporté par le gouvernement français sur le thème de ce que l'on appelle communément "l'exception culturelle". Le gouvernement français avait, contre lui, les 26 autres pays membres de l'Union et le président de la Commission en personne, le Portugais João Manuel Durão Cardoso. Ce dernier, qui doit impérativement abandonner son poste l'an prochain, est à la recherche d'un 'job' prestigieux à la tête, par exemple, de l'ONU ou de l'une de ses grandes agences. Dans un tel cas, l'appui de Washington est hautement recommandé.

En tout cas, tous ceux qui s'opposaient à l'exception culturelle à l'occasion de la prochaine négociation Europe/Etats-Unis, ont été contraints de céder devant un Astérix déterminé. Lequel a finalement gagné, une fois encore, seul contre tous.

Dans les deux cas mentionnés, l'opiniâtreté "hollandaise" a été la plus forte.

 

Antoine Blanca

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 15:14

Les Etats-Unis sont comme paralysés. Et, avec leur chef de file, ce sont ses alliés qui se sentent impuissants. Obama parle de ligne rouge sans trop savoir où la situer. La France et le Royaume-Uni parlent d'envoyer des armes sans dire ni à qui précisement, ni comment les acheminer. La Syrie de Bachar a pu ainsi entrer dans la phase décisive de la guerre. Le régime retrouvera beaucoup de ruines et des centaines de milliers de pauvres gens à accueillir et à nourrir à leur retour.

L'ONU n'ose pas prédire ce que vont devenir la Syrie et les Syriens. Et se contente de trouver des fonds pour ses institutions humanitaires dont les caisses sont vides.


La Turquie, membre de l'OTAN, est en pleine crise identitaire. L'élite, toutes tendances politiques confondues, veut un pays moderne, laïc, démocratique. Le Premier ministre Erdogan veut exactement le contraire. Et il a pour lui, tout à la fois, le monde de l'économie libérale internationale, et le petit peuple de paysans et de commerçants. Satisfaits de voir leurs femmes et leurs filles remettre robes longues et hijabs. A l'image de la très sage Mme Erdogan. Les dernières élections ont donné des ailes au gouvernement islamiste, renforcé son  goût prononcé pour l'autoritarisme, avec sa censure et sa police brutale.

L'Europe se contente d'observer la tendance et de froncer un peu le sourcil....

 

En Iran, c'est un fait acquis: les mollahs ignares et leur Guide enturbanné, Khaménéi, ont déjà gagné. Les sanctions économiques et l'incompétence poisseuse des dirigeants ont plongé le pays dans une quasi-misère. Sous l'oeil vigilant des milices islamistes toujours prêtes à cogner. Là aussi les occidentaux sont comme désarmés. A moins que les Etats-Unis ne parviennent à empêcher les Israéliens de déclencher une guerre d'une ampleur imprédictible, tout, surtout le pire, peut arriver. Car  aucun des deux candidats susceptible de gagner la présidentielle à Téhéran, ne donne de signe de vouloir négocier l'arrêt du programme nucléaire.

 

Et nous, Européens, avons trop le nez dans notre propre crise économique pour voir arriver l'éventuelle tourmente moyen-orientale. Car où qu'on regarde, c'est la guerre, ou les prémices de la guerre. Tandis que Washington, meurtri dans son orgueil en Irak et en Afghanistan, se contente de défendre ses "zones vertes" et les installation pétrolières amies.

 

Antoine Blanca

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:05

Pierre Mauroy était le n°2 du PS/SFIO, incarnait l'espoir du changement et du renouveau de ce que l'on appelait alors "la gauche non communiste", quand il donna une preuve indiscutable de son engagement unitaire. Impressionnante pour ceux qui se souviennent de l'ambiance de 'guerre froide' qui habitait toujours les esprits de beaucoup à la SFIO. Pierre avait impérativement besoin d'occuper un mandat électif national. Les militants de la circonscription du Cateau-Cambrésis lui offrirent cette possibilité. Encore fallait-il être en tête de la gauche. Ce qui ne s'était pas produit depuis l'institution de la Ve République. S'il y parvenait, l'élection au 2e tour serait une formalité. Mais 2000 voix de différence, ce n'était pas facile à combler.
L'année 1967 s'annonçait pourtant favorable pour la FGDS, union des partis démocratiques et socialistes que présidait François Mitterrand depuis sa  belle participation à la présidentielle de 1965. Il avait été le candidat de tous les partis de gauche, des socialistes au PCF. Et il avait mis De Gaulle en ballotage. Pour Mauroy, c'était en réalité le début d'une nouvelle stratégie d'union, une nouvelle espérance qui se tranformerait en réalité le jour où la démocratie socialiste dépasserait les communistes dans les urnes. C'est à cette condition que les électeurs français se laisseraient convaincre de porter la gauche au pouvoir.

Or, au soir du 1er tour le candidat PCF le dépassait d'une petite poignée de voix. Je me souviens, ayant fait toute sa campagne avec ma femme, de l'appel qu'il reçut, aussitôt le résultat connu, de Georges Marchais, alors bras droit de Waldeck-Rochet*. "Pas de problème, Pierre. Notre candidat se retirera en ta faveur. Le Bureau politique vient de le décider". -

Mais lundi matin nous apprenions que, dans la circonscription voisine du valenciennois, le maire socialiste de Saint-Amand-les-Eaux, Georges Donnez, dit 'Jojo', bien que distancé largement par le PCF, avait décidé de se maintenir, faisant ainsi un clin d'oeil coquin à la droite pour qu'elle vote en sa faveur. Il poussa sa triste comédie jusqu'à se faire hospitaliser, devenant injoignable pendant les heures décisives. Mauroy n'hésita pas: il appela Marchais pour lui faire savoir que, si Donnez persistait dans sa dissidence, il ferait voter PC au 2e tour. Ce qu'il fit en dépit de l'affaiblissement de sa position politique nationale.

Il ne devait arriver à l'Assemblée qu'en 1973. Elu de la 1ére circonscription de Lille, ville dont il était le 1er adjoint au Maire depuis 71**. Quelque semaines plus tard, il s'installa comme patron du beffroi de la capitale des Flandres.

 

Antoine Blanca

* Secrétaire général du PCF à cette époque.

** Le maire de Lille, Augustin Laurent, lui avait fait savoir qu'il ne laisserait la place que s'il gagnait sur la droite la 1ère circonscription.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:49

Patrick Buisson vient de "Minute", hebdo fascisant qu'il dirigea longtemps. Il se proclame 'nationaliste', mais préférerait la France sans les Français. Ils ont beau être 66 millions, aucun d'eux n'aurait la carrure d'un Chef d'Etat.

A l'exception, bien entendu, de Sarkozy. Son ancien et toujours conseiller le dit et le répète: notre pays est orphelin du grand homme que ses électeurs ont renvoyé étudier les lois au Conseil Constitutionnel. Le propos destructeur du conseiller vise moins François Hollande que François Fillon. Un ingrat qui vient de répéter que l'ancien Chef d'Etat devrait affronter ses amis de parti dans une primaire. Si d'aventure il venait à se représenter. Une offense qui a mis l'ancien maire de Neuilly/s/Seine dans un état proche de la furie. 


Mais revenons à Buisson. On dit dans la presse et dans les cercles politiques qu'il fut le conseiller qui parvint à convaincre le président-candidat, de droitiser au maximum sa position, pour piquer des voix au 'le pénisme'. Je suis convaincu que les choses ne se sont pas passées comme cela. C'est trop commode d'accréditer une interprétation qui arrange beaucoup de monde dans l'ancienne sarkozye. Ainsi la droite parlementaire aurait été prise par surprise, à contre-pied en quelque sorte, par le brutal changement de ton du Chef. 'Il avait des mauvaises fréquentations'; ou encore: 'il faisait trop confiance à des esprits malhonnêtes'. Dans les familles on trouve ainsi toujours un bouc émissaire extérieur pour expliquer le détestable comportement de l'enfant qui file un mauvais coton. Le patron flirte un max avec la droite extrême? "C'est la faute à Buisson et Sarkozy est sa victime...


En l'occurrence j'ai la conviction que l'ancien Président a recruté Buisson en pleine connaissance de cause. Il tenait ainsi, dans son cabinet, la 'voie facho' en réserve. Il sortirait le diable de sa boîte si nécessaire, le moment venu. Ce qu'il a fait à la vue des sondages difficiles de mars 2012. Celui que M.Buisson tient pour 'seul français ayant carrure d'homme d'Etat' est avant tout un joueur cynique qui calcule très en avance ses coups. Et si Buisson demeure à ses côtés pendant sa rentable traversée du désert (conférences à 100000 dollars pièce, tout de même), c'est que la montée électorale du FN l'incite à sauvegarder la possibilité de se représenter sur un programme musclé.

Rien n'est encore décidé...Mais on peut dire que, d'ores et déjà, Buisson joue son rôle de brouilleur de pistes. Quant à l'UMP, elle a déjà éclaté.

Personne n'envisage sérieusement de voir le paysage se dégager à droite au cours des quatre prochaines années.

 

Antoine Blanca

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:47

J'ai rencontré Mauroy à Saint Martory, Haute-Garonne, à l'occasion d'un congrès départemental des Jeunesses Socialistes dont il était l'invité d'honneur. C'était en mars 1955. Nous ne nous sommes jamais quittés depuis. Je l'ai suivi tant aux JS qu'au Parti, passant tout mon temps libre et une partie de mon temps de sommeil à militer à ses côtés. Quand j'ai pu obtenir un détachement de l'Education Nationale, je l'ai rejoint à la Fédération Nationale Léo Lagrange fondée en 1953. A son initiative.

Guy Mollet, le patron du Parti, avait le sentiment qu'on lui avait forcé la main. Créer une organisation formellement indépendante de la discipline partisane, liée à l'Etat par des obligations contractuelles, tenue au devoir de réserve et davantage consacrée à l'animation et à la formation de cadres de l'éducation permanente qu'à la préparation d'une réunion de section tenait un peu du sacrilège. Pierre Mauroy résista à toutes les pressions. Sans affrontement public, mais avec la persévérance propre à un colosse venu des forêts du Nord où ses aïeux étaient bûcherons ou forgerons.

Il imposa sa raison: celle de faire sortir le peuple socialiste des étroites limites du débat doctrinaire ou politicien. La Fédération devint l'une des très grandes associations reconnues d'utilité publique. A l'avant-garde de tout un mouvement de rénovation où même les frontières infranchissables laïc/confessionnel pouvaient être franchies pour pouvoir avancer des solutions consensuelles concrètes.

Aux yeux des gérontes de la SFIO il devint un personnage à la fois respectable et dangereux par son esprit d'ouverture sur le monde. Il faisait certes partie de la "maison", aucune indiscipline caractérisée ne pouvait lui être reprochée. Mais il voulait dialoguer, ouvrir, moderniser, combattre une sclérose qui rouillait l'appareil. En 1963 le modernisateur était le dauphin naturel imposé par une large base composée de militants et de sympathisants. Dauphin que le cercle dirigeant n'avait pas désigné. Mais qui était devenu incontournable. La FGDS et le Parti d'Epinay sont, en bonne partie, le résultat de la rencontre de Mitterrand et de Mauroy.

Il est plaisant de constater que, pour beaucoup, les années passant, victoires et défaites électorales se succédant, le Modernisateur était devenu le symbole de ce que la presse appela "l'Eléphant socialiste". Peut-être à cause de son physique large et puissant. Mais avant tout, synonime de lourdeur.

Pierre Mauroy a quitté ce monde vendredi 7 juin à 9 heures du matin. Tard dans l'après-midi, quand Florelle et moi pûmes enfin rester seuls devant son corps drapé de tricolore, je me souvenais de bien de choses. Mais, allez savoir pourquoi, de ce qu'il m'avait dit de l'animal qu'il était censé incarner: "Vois-tu, Antoine, on se trompe(!) toujours en caractérisant ce pachiderme par son volume, sa pesanteur, la mesure de son mouvement. Alors qu'au contraire, ce qui assure sa survie dans la brousse, c'est sa rapidité étonnante, son intelligence qui lui permet d'apprécier un danger et juger d'une situation en fonction du terrain. Intelligent et foudroyant. Ses potentiels prédateurs le savent bien..."

 

Antoine Blanca

NB: J'ai vu Pierre, pour la dernière fois en vie, le 2 avril dans son bureau du 12 cité Malesherbes. Sa femme Gilberte l'accompagnait.  Florelle était à mes côtés. Ils avaient été, l'un et l'autre, témoins à notre mariage. Pierre attendait le moment de rejoindre péniblement ses invités dans la grande salle du rez-de-chaussée. Il animait la conversation avec brio. Mais on pressentait aussi son immense fatigue. Et peut-être le besoin de dire au-revoir définitivement à ceux qui l'attendaient.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 11:36

La force de l'Histoire a imposé aux traditionnalistes catholiques et fascistes du monde entier, d'éviter, en Europe occidentale du moins, d'associer les Juifs à un complot planétaire de destruction. Du coup les Francs-Maçons se retrouvent bien seuls à préparer leurs crimes déicides et généocidaires dans le fond de leurs  catacombes. Certes il est difficile de leur coller la mort du Christ sur le dos. S'ils avaient pu être sur le Golgotha, que l'un d'eux avait pu placer la couronne d'épines sur la tête de Jésus, on n'aurait pas hésité à les dénoncer. Mais la Maçonnerie moderne est née au XVIIIe siècle et, même si les Frères font remonter leurs sources à la construction du Temple de Salomon, il est difficile de les inculper de l'assassinat d'un prophète qui devait naître...2000 ans plus tard. Les Maçons ont seulement donné à la civilisation Mozart et Voltaire. Puissent leurs péchés être pardonnés.


Un nouveau quotidien de droite est né en ces temps difficiles pour la presse écrite. Fondé par l'un des enfants de l'inventeur des Echos, l'Opinion est un journal de droite, à la limite de la droite la plus extrême. Sa raison d'être serait l'économie, le CAC 40, les grandes places boursières. Mais en politique intérieure Le Pen et Patrick Buisson ne sont pas loin quand on lit entre les lignes.
Hier ils ont 'révélé' un complot. 'Franc-mac', bien entendu. Selon, le journaliste chargé de l'enquête, des officiers de notre armée prépareraient un coup. Révoltés par la mise au point de listes noires d'officiers bien-pensants. Des fidèles de l'église intégriste de Nicolas de Chardonnet se sentiraient visés par une purge massive dirigée par le Ministre Le Drian lui-même. Parlementaires, hauts fonctionnaires, poliiciers liés à la rue Cadet seraient à la manoeuvre. Les vrais soldats de Dieu seraient invités à frapper les premiers.

Bref, du très mauvais Alexandre Dumas. Le nouveau quotidien L'Opinion, en a pourtant fait son feuilleton de fin de printemps.

En attendant ce sont des skin-heads qui veulent ressuciter Maurras (qu'ils n'ont sans doute pas lu), et qui viennent d'assassiner un garçon de 18 ans. Parce qu'il était de gauche.

 

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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