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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:17

Nous avons croulé sous les éloges venant de bords divers et variés à l'annonce de la mort de Glucksmann. A les entendre l'ex-"nouveau philosophe" serait digne d'entrer au panthéon des grands intellectuels, l'un des rares à avoir été, nous répète-t-on, aussi un homme d'action. François Hollande et Manuel Valls se sont eux-mêmes sentis obligés de contribuer à l'édification du monument funéraire. Sans doute ont-ils estimé que c'était leur devoir...Pour ma modeste part je ne verserai même pas une larme microscopique.

André Glucksmann aura été successivement stalinien acharné, maoïste admirateur des gardes rouges chinois qui persécutaient les vieux révolutionnaires de la "Grande marche" en les humiliant, les couvrant de bonnets d'âne... Avant de découvrir l'archipel du goulag et Soljenitsyne et d'entreprendre, sans s'excuser pour autant, de démolir tout ce et tous ceux qu'il avait adoré. Ensuite il a poursuivi une dérive droitière inarrêtable. Ses derniers exploits: le soutien à Bush jr. dans son invasion de l'Irak sous un prétexte mensonger (inexistantes armes de destruction massive)*, et celui à Nicolas Sarkozy contre la gauche à la présidentielle. Comme il appuie Netanyaou en va-t-en guerre. Glucksmann et moi appartenons à la même génération et j'ai bien senti, comme militant socialiste, que le stalinien qu'il était aurait bien envoyé, s'il en avait eu le pouvoir, le "social-traître" que j'étais à ses yeux travailler dans des mines de sel.

Et je me demande enfin en quoi son oeuvre philosophique et journalistique mérite tant d'admiration affichée. En vérité la dite oeuvre est bien mince en plus d'être contradictoire. Je me console en pensant qu'il va retourner au néant d'où il n'aurait jamais dû sortir.

Antoine Blanca

* La guerre du petit Bush a détruit partiellement l'Irak, fait 250000 morts et ouvert les hostilités entre chiites et sunnites.
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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 11:09

Ce que l'on se plaît à qualifier pudiquement de "populisme" progresse partout dans le monde. Sous les auspices du vote démocratique. Pour le moment en Europe l'extrême-droite n'est au pouvoir qu'en Hongrie. Mais à chaque élection on assiste, comme hier encore en Pologne, à sa progression sous des camouflages divers. La peur de l'autre, de l'étranger en particulier, attise la haine la plus primitive.

Longtemps j'ai refusé de croire à un danger lepéniste en France. Je considérais ce mouvement comme un clan familial, sans projet politique cohérent, sans adhérents, sans cadres pour gouverner, fût-ce une petite ville. Je me trompais, je l'avoue. Non que ce parti fascisant ait amélioré ses capacités de gouvernance. Mais son message de rejet de tout ce qui vient d'ailleurs passe au-delà de l'imaginable. Alimenté par les conséquences des événements du Moyen-Orient, de la situation dramatique en Erythrée ou au Soudan et la persistance, parfois l'aggravation de la grande misère de ce que l'on nommait jadis Tiers-Monde...De quoi alimenter le discours xénophobe qui rencontre un écho grandissant chez les électeurs.

Il est temps de nous mobiliser. Sachons que dans le monde influent de la grande presse, qu'elle soit écrite, parlée ou télévisée, personne va nous aider: le FN (et son discours) sera traité comme un parti comme les autres. Son audience grandissante d'après tous les sondages justifierait un accueil de plus en plus ouvert des médias. C'est la règle. C'est même, vous dit-on, la loi. Si bien qu'on ne peut plus tourner un bouton, ouvrir un journal, une revue, sans tomber sur le discours lepéniste. Aussi, démocrates sincères, réagissons avec force et lucidité. Car une bonne moitié de Français refuse, pour le moment, de considérer la montée du FN comme un danger.

Un jour prochain il pourrait bien être trop tard...

Antoine Blanca

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 10:33

Hier mardi 3 novembre, Valls s'est rendu à l'invitation des étudiants de Sciences Po. Dans le grand amphi ils étaient 400 venus débattre avec le Premier ministre. La première heure passée (ambiance plutôt soporifique selon le journaliste de LE MONDE, le conférencier ayant développé des thèmes bien connus d'un public de connaisseurs), une bonne question, doctement provocatrice, donna enfin le signal d'un vrai débat musclé. Notamment sur le thème des réformes tous azimuts engagées par le pouvoir...et parfois corrigées, voire retirées un peu à la hâte.

Manuel Valls n'est jamais meilleur que lorsqu'il doit combattre dans l'arène. Même si les corridas ont été interdites dans sa ville natale, Barcelone, le PM a le coeur d'un vrai matador de toros. Ce fut sans contestation possible un débat décomplexé de haut niveau qui s'instaura. A la fois serein et musclé.

Mais pour une certaine presse, celle qui ne recherche que le sensationnel d'un titre, forcément réducteur, la discussion du grand amphi n'a jamais eu lieu. Ou peu s'en faut...Ainsi le Grand journal de Canal +, celui animé par cette Maïtena Biraben (celle qui proclama à l'antenne que Mme Le Pen "parle vrai", n'a retenu que le mini-chahut intéressant une petite poignée d'étudiants gauchistes. Et de donner d'ailleurs le micro au porte-parole des perturbateurs.

Le fond des questions traitées n'intéressait visiblement pas la chaîne à péage. Tant pis pour ses abonnés...

Antoine Blanca

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:50

C'est sans doute la fin d'un péronisme, celui incarné par le couple Nestor Kirchner/Cristina Fernandez qui aura tenu le haut du pavé dans leur pays ces 12 dernières années. Bien entendu il faudra attendre le 2e tour du scrutin, qui opposera le 22 novembre les deux candidats candidats arrivés en tête hier, dimanche 25 octobre, pour savoir qui présidera aux destinées du pays jusqu'en 2020. Mais le revers subi par Daniel Scioli, gouverneur de la grande province de Buenos-Aires (39% des habitants) est d'une telle ampleur qu'aucun observateur de bonne foi peut encore espérer un retournement de la situation. M. Mauricio Macri, ancien maire de la capitale et, last but not least, président de Boca Juniors*, sera le prochain Chef de l'Etat. La défaite du camp des sortants est partout, même au niveau de l'élection des gouverneurs de provinces où M.Macri s'était allié aux radicaux de l'UCR, le parti dont le chef incontesté, jusqu'à sa mort, fut Raùl Alfonsin. Le régime est celui d'une fédération de provinces.

Certains ont beau qualifier Macri de "péroniste de droite", il ne sera pas moins élu sous le signe de l'anti-justicialisme. Le 3e candidat, M. Massa, ancien kirchnériste lui aussi (21% des suffrages), va conclure un pacte avec le vainqueur.
Lequel avait déjà rassuré le "peuple péroniste" en inaugurant dans la capitale la seule statue dédiée au "général du peuple"...

Antoine Blanca

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 11:07

Les associations humanitaires, "Médecins du monde" en tête, sont dans leur rôle quand ils s'émeuvent des conditions dans lesquelles vivent les 6000 migrants (ils pourraient être deux fois plus à la fin de l'année) de la zone connue comme "jungle" à Calais. Mais quand 800 artistes, intellectuels de tout poil et journalistes signent un texte dans LE MONDE appelant le gouvernement français à régler cet épineux problème, on tombe dans les domaines de la mauvaise foi et de l'ignorance perfide.

Personne n'avançant la moindre proposition de solution, on doit bien constater que les signataires de l'interpellation rendent la France seule responsable d'une situation d'urgence intolérable. C'est d'autant plus injuste que pas un de ces malheureux, qu'il soit réfugié politique ou économique, ne souhaite travailler en France. S'ils squattent la région de Calais, c'est pour tenter de rejoindre l'Angleterre toute proche et le laxisme de sa législation en matière d'emploi. En outre nombre d'entre eux sont peu ou prou anglophones. Et certains ont de la famille déjà installée outre-Manche. Or Londres reste imperméable à nos demandes, à la fois discrètes et pressantes, de rechercher en commun les voies d'une solution. Aux mangeurs de grenouilles de se débrouiller seuls pour assurer le fonctionnement des transports terrestres et maritimes, la sécurité alimentaire et sanitaire, le logement décent ! En attendant les autochtones sont exaspérés et Marine Le Pen se frotte les mains.

Bien entendu, même si nous avons été pris de court par la multiplication de nouveaux arrivants (conséquence de l'aggravation de la situation au Moyen-Orient), nous ne restons pas les bras croisés face à tant de détresse. Mais on serait reconnaissant aux 800 signataires de l'interpellation en question de s'adresser en priorité à M. Cameron, impassible Premier ministre de Sa Majesté...

Antoine Blanca

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 11:26

Naturellement j'ai voté via internet au référendum en question. Et d'autres hommes et femmes de gauche ont agi de même autour de moi. J'ai accompli mon devoir de militant. Pourtant l'initiative de la direction du PS m'a surpris pour plusieurs raisons: le moment choisi, après toute une série de scrutins internes et la pertinence de la question elle-même. Entre autres choses. S'il s'agissait, comme on peut le penser, d'inciter à serrer les rangs face au danger que nous ferait courir un succès de l'extrême droite aux régionales, la précipitation avec laquelle on a procédé n'était pas de mise. Il aurait fallu que la question soit largement débattue, au-delà du cadre partisan institutionnel, et que ce soit une liste de personnalités éminentes (syndicalistes, artistes, intellectuels...) qui appellent à l'unité.

On a le sentiment que la chose a été bâclée.

Ceci étant dit je me demande, puisque on a mis en avant, ici et là, de manière plutôt convaincante, la possibilité de tricherie, qui trouverait intérêt à prendre le risque de tricher.

Ma réponse est claire: rien ni personne.

Conséquence: much ado about nothing.

Antoine Blanca

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 17:02

Aujourd'hui, la partie de la grande presse qui daigne encore évoquer la situation en Grèce, titre sur le thème: "Tsipras entre dans l'austérité à contre-coeur". Comme s'il était concevable de pratiquer une telle politique dans la joie et l'enthousiasme! Le leader de gauche (que l'on qualifie de radicale) aura en vérité, tout tenté pour ne pas avoir à demander au peuple de continuer à se serrer gravement la ceinture: jamais les citoyens du pays d'Aristote n'auront autant de fois été appelés aux urnes, que ce soit pour des législatives ou pour un référendum. Au point de les lasser, prétend-on, comme si c'était là leur principal motif de lassitude...

Tsipras s'est résigné à affronter la dure réalité. Certes ce ne sont ni lui, ni la coalition Syriza qui sont directement responsables du désastre. Mais quand on prétend diriger un Etat (et ils se sont portés candidats pour le faire), on ne peut qu'accepter le passif autant que l'actif. Sauf à faire la révolution léniniste...En bon marxiste le chef du gouvernement sait depuis le début que, comme on disait au bon vieux temps, que "les conditions pour la conduire ne sont pas réunies".

Je n'ai jamais écrit, contrairement à ce que certains de mes lecteurs ont compris, que Tsipras était devenu "social-démocrate". Mais, quels que soient ses sentiments intimes, le chemin réformiste s'est imposé à lui, comme l'unique. Et sans choix alternatif possible. Il va donc s'efforcer de faire porter les sacrifices sur les plus riches, en épargnant les plus faibles. Mais il est des limites à cela dans la société libérale qui domine le monde. Il n'est pas (encore?) question, toutefois, de toucher aux monstrueux privilèges dont jouit l'église, de proclamer la laïcité de l'école et de l'Etat, de diminuer significativement le budget militaire, toujours disproportionné quand on connaît la situation des finances du pays...On est vraiment dans la logique réaliste à tous égards. Et on a choisi de s'allier à la droite nationaliste, plutôt qu'au PASOK des Papandréou...

Mais la politique grecque va continuer d'être dominée par une figure charismatique. Et, sur ce point, avec plus de résignation que d'enthousiasme, on a fait entrer Tsipras au Panthéon de la politique.

Avec, à mon sens, beaucoup de sagesse...

Antoine Blanca

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:38

L'actualité préoccupante au Moyen-Orient et en Turquie paraît avoir laissé de côté deux événements électoraux majeurs dans notre Europe.

On votait au Portugal pour renouveler le parlement. Et dans la prestigieuse capitale de l'Autriche, Vienne, gouvernée par les socialistes depuis plus d'un siècle (exception faite de la sinistre parenthèse hitlérienne). Dans l'un et l'autre cas les "spécialistes" prédisaient la défaite des nôtres et, à Vienne précisément, une vraisemblable victoire du parti de la droite radicale, du parti fondé par le peu regretté Haider, le nazillon du Tyrol. Tel n'a pas été le cas.

La gauche, les rouges du SPÖ, se sont mobilisés en masse dans l'ancienne capitale de l'empire austro-hongrois et ont ainsi évité le déshonneur. Avec 40% des voix la ville restera solidement socialiste. Quant au FPÖ, son score est inférieur de 5 points à toutes les prévisions des sondeurs. A l'Hôtel de Ville, hier soir, des milliers de militants pleuraient de joie.

Au Portugal la droite gouverne depuis 2011. Cette année là elle avait triomphé (coalition du PDS et du CDS), avec plus de 50%. Aujourd'hui elle est tombée à 38% et perd 24 sièges. Outre la bonne résistance du PS, il convient de souligner la percée des "indignados" version lusitanienne. Le PC, allié c!ette fois aux écolos, stagne. Si toute la gauche venait à s'unir (pure hypothèse), elle pourrait gouverner avec une confortable majorité parlementaire.

C'est dire que la mobilisation paye quand l'électorat prend conscience du risque de fascisation d'une ville, d'une région ou d'un pays. En France on n'en est pas là. Pas encore tout au moins. Certains responsables se refusent à voir le danger, chez les écolos, autour du nombril de Mélenchon par exemple. Ou encore à la direction du PS qui organise un "référendum" invraisemblable au beau milieu d'une campagne électorale à haut risque!

Antoine Blanca

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 11:06

On aura beau le caricaturer en Occident, il demeure que Vladimir Poutine a réintroduit son immense pays dans le grand jeu diplomatique mondial. Bien entendu nous pourrions nous limiter à plaisanter sur ses démonstrations de judoka, d'hockeyeur sur glace ou d'adepte de la gonflette...Mais ce serait là une erreur. Son dernier coup en Syrie fait renouer Moscou avec les relations historiques de l'Empire russe et du Moyen-Orient. Tandis que l'Europe, France exceptée, tergiverse, les Etats-Unis bafouillent, Vladimir doit jubiler.

Dans son éditorial de cette semaine, Courrier International cite à bon escient le poète et diplomate russe du XIXe Fiodor Tiouttchev: "on ne peut comprendre la Russie par la raison, ni la mesurer en mètres usuels. Elle a son caractère à elle: la Russie, on ne peut que croire en elle".

Antoine Blanca

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 10:43

Dimanche 4 octobre on vote dans tout le Portugal, sur le continent comme dans les îles. La droite a de bonnes chances de garder le pouvoir, même si la gauche (PS, PCP, gauche populaire), sera majoritaire en voix. C'est que, comme toujours, elle part divisée au combat...

En dépit des enjeux la campagne a été d'une insignifiance, d'une platitude extrêmes. Les conservateurs affichant leur étrange fierté d'avoir imposé une austérité en apparence insupportable...pour le bien de l'économie du pays et de l'Union européenne dont ils affirment être les meilleurs élèves. Et, en effet, une certaine croissance est de retour, et le chômage (énorme), a baissé.

Les socialistes font valoir leur expérience de parti de gouvernement, la sagesse de leur administration qui n'oubliait pas de se préoccuper des plus démunis. Antonio Costa présente, en tant que Secrétaire général du PS, un programme à la fois réaliste et crédible. Il y a une semaine encore les siens étaient donnés en tête dans les sondages. Mais à la veille du scrutin la tendance paraît s'être inversée...

L'autre gauche, avec des communistes et des gauchistes furieusement anti-européens, ne paraît pas disposée à favoriser une évolution vers le réformisme social.

Beaucoup de citoyens se sentent confrontés à un horizon bouché. Les jeunes, surtout les diplômé, ont tendance à émigrer (Afrique lusophone, Brésil. Et le prochain gouvernement ne devrait pas être appuyé par une majorité de parlementaires. Malgré tout on ne sent pas de vent de révolte dans les rues de Lisbonne. Tout au plus une indifférence qui se traduira par un taux d'abstention (42/45%) inhabituel dans la patrie de Camoês.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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