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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 16:31

Jean-Pierre Raffarin a demandé au gouvernement de faire les gestes d'apaisement susceptibles de ramener les citoyens à la sérénité. Je pense que cet appel d'un ancien Premier ministre aurait pu être reçu cinq sur cinq, si ce grand sage du Poitou avait fourni un début de mode d'emploi.

Et surtout s'il s'était adressé, en parallèle, à ses propres amis. Les chefs de l'UMP sont à ce point vent debout contre le gouvernement et contre le Président, sur les plateaux télés, les stations de radio et l'Assemblée Nationale qu'ils ne sont pas en état d'entendre quelque conseil de sagesse que ce soit.

Regardons les vociférer, brocarder, insulter. Nous avons parfois du mal à reconnaître des personnes qui, dans la vie ordinaire, sont courtoises, parfois même affables.

Geste d'apaisement dans l'affaire Cahuzac? Tout ce qui devait être dit, l'a été. Le mensonge a été assumé, les yeux dans les yeux, jusqu'au bout, par le menteur. Et nous avons tous souhaité le croire, jusqu'à l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire. Après tout est allé très vite. Et l'interview à BFM-TV, opération de com bien montée, n'a rien changé. Alors que peut faire le pouvoir pour apaiser la droite? Que dire, que faire qui ne serait pas immédiatement l'objet de manipulation.
Les manifs contre la loi ouvrant le mariage à tous? Quel geste contenterait le dernier carré d'irréductibles désormais controlés par les groupuscules d'extrême droite? Quant aux parlementaires UMP et assimilés, ils ont pu longuement débattre, des jours et des jours, fins de semaines compris, de leurs amendements retardataires.. N'est-il pas temps de passer à autre chose?

Pour tout le reste, c'est à l'application législative du programme de François Hollande qu'on se doit d'aller. Nous ne l'avons pas annoncé pour nous asseoir dessus. Bien entendu, donner un nouvel élan à la croissance tout en tenant mieux les dépenses publiques ne sera pas tâche facile. Il faut s'accrocher et ne pas écouter les sarcasmes défaitistes de certains.

J'entendis l'autre soir, au Grand Journal de Canal+, Jean-Michel Aphatie dire que, de toute manière notre choix était entre la catastrophe et la catastrophe. Je vois mal un homme d'Etat s'exprimer ainsi, fermer toute porte à l'espoir. Les gens qui parlent comme Aphatie finissent toujours par avoir tort. Heureusement l'intéressé, s'il accomplit bien son devoir électoral, nous a dit mettre dans l'urne un bulletin blanc. Couleur du drapeau de la reddition.

 

Antoine Blanca

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:51

D'ordinaire j'aime plutôt la chaîne franco-allemande ARTE. Y compris l'émission de débats, 28 minutes, qui suit le journal de 19h45. Un peu hâtif, mais acceptable dans l'ensemble. Pourtant hier, 15 avril, la rédaction a carrément pété les plombs. C'est d'ailleurs souvent le cas quand elle traite de l'Amérique latine et surtout de la gauche dans cette région du monde. Quand un thème concernant Cuba est abordé, l'émission sombre alors dans le post maccarthisme. Sur certains thèmes, ARTE est toujours dans la guerre froide...

Pour tenter de comprendre ce qui se passe à Caracas, explique la présentatrice, "nous avons invité Un Tel, journaliste au Figaro". On comprend tout de suite que l'objectvité nous sera garantie.

Confirmation rapide: pour ce 'spécialiste', il faut comprendre qu'après la mort de Chàvez, la direction du Parti socialiste unifié du Venezuela, PSUV, s'est divisée en trois factions. Celle de l'héritier proclamé, Nicolàs Maduro, représentant les intérêts cubains; celle de l'actuel président de l'Assemblée, Diosdado Cabello, homme de l'armée, et Elìas Jàua, leader historique et ministre des Relations extérieures. Maduro aurait  souffert de la contestation de ses 'supposés' amis qui auraient poussé à l'abstention, voire même au vote Capriles, candidat unique de l'opposition.

Le summum de l'ignorance ou de la mauvaise foi (de l'une et l'autre sans doute), fut attteint quand le pseudo-spécialiste du Figaro, affirma qu'une partie de l'électorat vénézuélien est trop marquée par le douloureux souvenir de la tentative d'invasion cubaine. Quel débarquement, quelle invasion? Les marines US eux, étaient venus, à plusieurs reprises, sur les plages du pays. Mais la 'puissante et expansionniste Cuba?!... Nous sommes dans la mauvaise fable. L'animatrice de l'émission a joyeusement gobé ça et aucun des deux journalistes présents sur le plateau (dont un de l'OBS, régulièrement associé à l'émission), n'a trouvé à redire. 

A quoi se référait-il notre glorieux latino-américaniste du Figaro? Sans doute à la naissance d'une mouvement de guérilla, vers 1963, animé par l'économiste vénézuélien Teodoro Petkoff Malek. Régis Debray et Elisabeth Burgos-Debray, étaient aussi dans le coup. Fidel les avait aidés à l'époque, considérant ce riche pays pétrolier comme important au triomphe de la révolution dans le sous-continent et les Caraïbes. Voilà la terrible invasion et ses combattants. Il y a 50 ans. A en croire le pitoyable spécialiste du quotidien de droite, les vénézuéliens seraient marqués à jamais par ce douloureux souvenir...

Au point, pour une minorité, de leur faire oublier les apports du gouvernement de La Havane au peuple vénézuélien: 40000 médécins, infirmières, et membres d'autres professions médicales.

Ils ont réalisé un travail considérable et très apprécié. Le journaliste du grand quotidien de droite, 'spécialiste' du Venezuela dixit. Une concession verbale faite comme en passant...

 

Antoine Blanca

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 11:31

Mes informations sont claires. Nicolàs Maduro a gagné face à son concurrent Henrique Capriles, gouverneur de l'Etat de Miranda, proche de la capitale. Il l'emporte avec seulement 50,66% des suffrages contre 49,07% à son adversaire.

Ce résultat, beaucoup plus serré que lors du récent triomphe de Chàvez face au même adversaire (56 contre  44) démontre, a contrario, la transparence du scrutin. L'opposant a demandé que les votes soient recomptés, un par un. Le sortant a accepté. Le Conseil National Electoral va donc entreprendre ce travail. Mais cela ne changera pas grande chose car les observateurs internationaux, et l'armée vénézuélienne, ont suivi de très près les opérations électorales sur tout le territoire. Et aucune irrégularité sérieuse n'a été notée.

Maduro sera bel et bien le Président de cette république fédérale que Hugo Chàvez avait proclamée 'bolivarienne'.

S'il venait à me demander conseil je dirais au nouvel élu:

 

1--La coupure dans le pays n'est pas seulement électorale. Une victoire à 50,66% n'a jamais, dans une démocratie stable, handicapé l'exécutif. D'autant que le 'chavisme' peut s'appuyer sur une large majorité parlementaire et sur 21 gouverneurs d'Etat sur 24. Il demeure que deux sociétés s'affrontent dans une atmosphère de guerre civile froide. Le peuple chaviste vit dans les quartiers pauvres. Aujourd'hui, ils le sont beaucoup moins. Ils ont pleinement accès aux soins de santé et à la culture. Et ses habitants pouvaient dialoguer chaque semaine avec Chàvez-Jésus, et obtenir des réponses empreintes de fraternité et d'évocations du Très Haut.

Les battus d'aujourd'hui ont toujours, ou presque, occupé le pouvoir dans le passé. Par la voie des urnes ou par celle de la force. Mais Maduro aurait tort de penser qu'ils représentent uniquement la société des riches. Ces derniers, au fond, n'ont aucun besoin de l'Etat. Ils vivent, sur-protégés, dans leurs propriétés et leurs appartements de luxe, envoient leurs enfants étudier aux Etats-Unis et méprisent leurs compatriotes trop bronzés ou trop métissés. La plupart d'entre eux sont de 'petits blancs' qui trouvent difficilement leur place dans le nouvel univers 'bolivarien'. Ni trop pauvres, ni suffisamment riches, ils se sentent exposés à la violence quotidienne , à la vétusté des services publics, à l'inefficacité et à la corruption des fonctionnaires.

2--L'armée a fait preuve de neutralité en garantissant le bon déroulement des processus électoraux succéssifs. Mais chavistes et anti-chavistes appellent les officiers à prendre parti. Maduro devra s'engager à préserver l'apolitisme des forces armées.

3-- La priorité donnée par Chàvez aux habitants des quartiers pauvres devrait perdre son côté exclusif. C'est le pays tout entier qui est en soins intensifs. Coupures d'électricité à répétition, routes défoncées, service d'eau potable détérioré. Le pays est riche en pétrole,  mais pauvre en infrastructures et en maintenance.
4--Last but not least: la sécurité. Les quartiers qui proclament leur adoration pour Chàvez paraissent résignés à vivre en permanence dans une sorte d'auto-défense. Mais la majorité des vénézuéliens veulent une police efficace et honnête. Et pensent que le pays a les moyens de se l'offrir.

 

Bref, si le culte de Chàvez a permis d'assurer cette victoire posthume étriquée, il n'y en aura pas de nouvelle sans que de changements profonds ne soient conduits par le nouveau gouvernement. Sa composition doit sortir des dosages entre courants chavistes, entre copains et entre cousins pour devenir celui des ministres compétents, probes et efficaces.

 

Antoine Blanca

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 11:06

Aujourd'hui*, dans les rues des villes espagnoles, il n'est pas de défilé revendicatif sans drapeaux républicains. Brandis, le plus souvent, par de jeunes manifestants. C'est que le sentiment républicain est profondément ancré dans le coeur de la gauche espagnole tout entière.

La monarchie, elle, est mal en point. Les frasques amoureuses du roi, finalement si bien installées, si pantouflardes, ne sont pas la cause de cet affaiblissement institutionnel. En revanche l'implication d'une princesse royale dans une très sale affaire dont son conjoint est le personnage principal, duc de Palma par mariage, mais businessman douteux par profession, a porté un vrai coup aux Bourbons d'Espagne. En outre, dans un pays à l'économie brisée par la crise, socialement meurtri par le chômage de masse et par les drames bancaires à répétition, la mésaventure de Juan-Carlos 1er au cours d'une chasse à l'éléphant, en Afrique du sud, a été vécue avec indignation par l'opinion publique. La légèreté de la chose a été prise pour de l'indifférence face aux malheurs de la vie quotidienne de la majorité de ses compatriotes.

C'est que les Espagnols ont cessé d'être monarchiques de coeur depuis 1812, quand les Cortes (parlement) réunies à Cadix, votèrent une constitution démocratique que Ferdinand VII s'appliqua à ignorer. Depuis, ils acceptent ce type de régime par convenance, non par conviction.

Si les circonstances et le vécu post-franquistes avaient conduit la majorité des citoyens à plébisciter, de facto, un Prince de la dynastie bourbonienne, c'est parce qu'il allait être le garant de la stabilité fondée sur une Constitution adoptée par vote populaire (1977).Un peuple avait tiré les leçons des meurtrissures du passé.

Les deux grandes forces susceptibles, historiquement, de s'opposer à la couronne (PSOE et PC), s'étaient ralliées à elle et à son drapeau. Il n'y eut d'ailleurs, pas de véritable contestation à cette décision responsable et mûrement réfléchie. L'épreuve du 23 février 1981**, quand une tentative de coup militaire faillit mettre à mal la démocratie, le monarque revêtit son uniforme de Capitaine Général et choisit le bon camp. Ce fut d'autant plus décisif que l'on découvrit progressivement que l'on était passé très près de l'abîme.

Mais ces années de communion intime entre le Roi et le peuple appartiennent déjà à l'Histoire. Elles ne servent surtout pas d'alibi aux erreurs du présent. Car les fautes d'aujourd'hui, après avoir choqué par leur légèreté, ont dressé un abîme difficile à combler entre le palais de la Zarzuela et la citoyenneté.

Seule la peur du vide institutionnel garantit un sursis à un Juan-Carlos mal en point. Le changement ne sera donc pas pour aujourd'hui. Quant au drapeau tricolore républicain, il restera au coeur de l'Espagne libre et rebelle. Mais je suis certain que le symbôle de la Nation restera le même, orné des armoieries constitutionnelles. Le drapeau bicolore est, après tout, celui du pays depuis des siècles. En ces temps de revendications séparatistes en Catalogne et au Pays Basque il serait insensé d'affaiblir davantage l'autorité centrale.

 

Antoine Blanca

 

* Le peuple espagnol fête aujourd'hui le 82e anniversaire de la proclamation de sa 2e République.

** Le 23 février 81 un lieutenant-colonel de la Guardia civile et quelques autres militaires priirent le contrôle de la Chambre des députés (Cortés) en plein débat d'investiture. On sut par la suite que le complot impliquait plusieurs généraux et Capitaines généraux.

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:54

L'ONU, tout comme les organisations régionales (en l'occurrence la Ligue arabe) ont failli jusqu'ici à protéger les droits des minorités arabes. Les puissances occidentales préfèrent, quant à elles, tourner leurs regards dans une autre direction. Ce cri en faveur des minorités religieuses au Moyen Orient est celui d'un laïc face à la mort annoncée des communautés, notamment chrétiennes, hier encore fortement enracinées dans les pays de leurs ancêtres.

En quoi, par exemple, un arabe chrétien, druze ou alaouite, est-il moins Arabe qu'un musulman sunnite?

La France et le Royaume Uni ont, avec des accents héroïques, appelé à une aide militaire conséquente aux ennemis du régime syrien des Assad. Avec une ignorance voulue de la réalité sur le terrain. Or le fameux Conseil National, censé représenter cette opposition, n'existe plus que sur les plateaux des télés occidentales. En revanche, Al Qaïda a bel et bien pris la place, tant dans le domaine politique que militaire, des Frères musulmans de Syrie, autrefois fer de lance de l'anti-baassisme. La victoire de ces fanatiques signifierait, en clair, la liquidation immédiate ou progressive de toute minorité. En premier lieu celle des arabes chrétiens.

L'exemple de Alep, capitale économique du pays, est significatif. Quatre-vingt dix pour cent des chrétiens en sont partis. "Ce ne sont pas de vrais syriens", vient de déclarer le chef de l'une des factions islamistes armées, au journal panarabe Al Hayat. Déclaration d'autant plus inacceptable que les chrétiens arabes d'Alep furent les pionniers du vaste mouvement intellectuel de renaissance (Nahda) de la civilisation arabe de la fin du XIXe. 

En fait les chrétiens sont chassés de partout dans la région. Même en Egypte, où les Coptes sont près de 10 millions, les persécutions sont quotidiennes. Leurs églises sont brûlées. Les fidèles ont de plus en plus de mal à assister aux offices. Les commerçants sont boycottés. Gare aux musulmans qui viendraient à se convertir au christianisme: pour l'avoir fait, le tribunal de Beni-Souef (au centre de l'Egypte), vient de condamner à quinze ans de prison une mère et ses sept enfants. Les Coptes sont trop nombreux et trop pauvres pour quitter leur pays. Il n'est personne d'ailleurs disposé à les accueillir...Indifférent au sort des coptes égyptiens, le Président Morsi a fait diversion en appelant les Juifs à revenir à ce qui fut leur pays.

Voilà qui pourrait faire sourire si on avait le coeur à le faire...

La prétendue libération de l'Irak de la dictature de Saddam s'est traduite par un désastre pour l'importante communauté chrétienne de ce pays. Cette population atteignait 1,3 millions de personnes en 1991. Elle s'est considérablement réduite aujourd'hui. Les chrétiens de l'ancienne Babylone ne seraient plus que 3 à 500.000 selon les dernières estimations. Pris en tenaille entre sunnites et chiites, les chrétiens sont exposés à toutes les brimades. Voire à l'assassinat. Les orthodoxes arméniens s'étaient souvent réfugiés dans le Kurdistan irakien autonome, seule zone sûre du pays. Mais aujourd'hui des groupes terroristes islamistes les enlèvent et les rançonnent. Parfois les assassinent. Ceux qui peuvent partir, le font.

J'arrête là. Mais il serait bon que l'on prenne conscience du génocide culturel qui se cache souvent derrière la lutte des occidentaux contre les régimes dictatoriaux. Sur les différents terrains, pour les minorités exposées, les choses sont moins simples. Souvent dramatiques.

Cette politique du 'tout musulman' est encouragée presque ouvertement par la famille régnante d'Arabie Saoudite. Amie déclarée des démocraties occidentales. On a entendu, à la sortie d'une conférence culturelle coranique, un prince dire: "nous avons liquidé le peuple du samedi, il reste à liquider celui du dimanche!"

On est en train de vider le Moyen-Orient de ce qui constituait l'une de ses richesses culturelles. Chrétiens et Juifs pratiquaient librement leur culte bien avant la naissance du Prophète Mahomet. Lequel respectait toutes les religions du Livre.

Cette vérité historique est foulée aux pieds. Par ignorance volontaire des textes. Un génocide culturel est en marche. Je retiens, pour conclure, cette citation de Keldo Ramzi, secrétaire chrétien des Jeunesses chaldéo-assyriennes d'Erbil: "Nous sommes le maillon faible de la mosaïque irakienne. Quand on veut envoyer un message aux Etats-Unis, on s'attaque aux chrétiens d'Irak ou on fait sauter leurs églises". 

 

Antoine Blanca

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 11:51

Milton Friedman avait obtenu le prix Nobel d'Economie grâce à une oeuvre universitaire qui exaltait l'hyper-libéralisme économique. Le dépassement du rôle de l'Etat, la liberté absolue d'entreprendre. Ses nombreux disciples, "Chicago's boys" (Friedman était enseignait dans une université de cette grande métropole du nord) se répandirent ensuite à travers le monde, imposant, par la voie démocratique ou par la violence dictatoriale, leur loi cruelle. On se souvient du best-seller présomptueux 'La fin de l'Histoire', qui annonçait, en toute simplicité, la fin de toute forme de socialisme. Cela s'est traduit dans les faits, en Grande-Bretagne avec Mme Thatcher, aux Etats-Unis avec Reagan, au Brésil avec le régime militaire et, de la manière la plus fanatique, la plus aveugle, au Chili de Pinochet. Liste non limitative...

En tant que numéro 2 de l'ONU (Directeur général à la coopération économique internationale, DIEC en abrégé onusien), à la fin des années 80 et au début des 90, j'ai vu de très près comment le FMI et la Banque Mondiale se chargeaient, impitoyablement, de contraindre les pays en développement à mettre en oeuvre ce type de politique. Face à l'agressivité du capitalisme et de ses gendarmes internationaux, la machine de l'ONU s'avérait impuissante.

Ces politiques ultra libérales imposées n'ont sauvé aucun pays du Tiers-Monde. Seuls ceux qui s'en sont, peu ou prou, affranchis sont parvenus à  sortie la tête de l'eau. Beaucoup ont même prospéré, parfois de manière spectaculaire, comme le Brésil

.

Mais en Europe nous ne jouons pas dans la même division que les pays du Tiers Monde de l'époqua. Au sein de l'Union européenne les leaders sont des vieilles nations industrialisées, dotées de bonnes administrations et ont établi, depuis des lustres, des relations cepital-travail relativement satisfaisantes. Pour quelle raison devons nous nous soumettre au tchatchérisme ordinaire du président de la Commission et aux penchants droitiers de l'Alllemagne dominante. D'une manière ou d'une autre, il faut appeler au combat contre le 'tout austérité'.

Nous savons que François Hollande partage ce sentiment. Même s'il a choisi le chemin de la fermeté discrète, plutôt que celui de la rupture qui blesse. Quoi qu'il en soit, il faudra vite changer de cap.

Dans les années trente le Président Roosvelt nous avait déjà fourni les recettes pour sortir de ce genre de crise par le haut.

Il n'est que de les adapter, puis de les appliquer.

 

  Antoine Blanca


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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:37

Avec la chute de l'Ancien Régime, l'épisode napoléonien, les mouvements unitaires italien et allemand au XIXe, et la naissance de la Yougoslavie après la Grande Guerre, nombre d'historiens pensaient que des pas irréversibles avaient été accomplis dans la voie de l'unité européenne.

Ils se trompaient. En Espagne la fin du franquisme allait être le point de départ de nouvelles revendications d'indépendance. Elles prenaient une réelle ampleur en Catalogne et avaient recours à la violence terroriste au Pays Basque.

Certes, dans ces deux régions, le nationalisme était enraciné depuis l'unification de tous les royaumes chrétiens. Mais cette faille allait être bientôt comblée: Charles II d'Espagne (empereur Charles Quint d'Allemagne), puis Philippe II affermirent sans contestation possible la domination castillane. Ils avaient des raisons de gonfler le torse. Ils incarnaient une grande puissance impériale sur laquelle, affirmait-on, le soleil ne se couchait jamais. Offrant en outre l'aventure du grand large aux hidalgos basques et aux commerçants catalans.


Mais la perte en 1898 des trois dernières possessions espagnoles (Cuba, Puerto Rico et les Philippines) fut un premier grand choc national. Plus près de nous, la répression exercée par les dictatures de Primo de Rivera et de Franco, donnèrent une force nouvelle aux séparatistes de tout poil. La IIe République (dimanche 14 avril on fêtera le 82e anniversaire de sa proclamation) avait accordé de larges libertés culturelles à Basques et à Catalans. Les uns et les autres furent actifs, dans le camp républicain pendant la guerre, puis dans la lutte clandestine. La démocratie devait élérgir encore le champ de leur autonomie, au-delà de ce qui avait été fait dans les années trente.


Mais une majorité des Espagnols refuse énergiquement de nouvelles concessions au séparatisme. Certaines revendications de ces clans relèvent d'ailleurs de la pure folie. Ils s'appuient le plus souvent sur des reférences historiques remontant au Moyen Age. Regroupés au sein d'une European Free Alliance*, les mouvements les plus radicaux (ERC ou gauche républicaine catalane, BNG galicien, ETA...) ont pour projet ultime de priver la France de la Bretagne (Breizh), de la Cerdagne, du Roussillon, du Béarn, de la Savoie, de la Corse, de l'Alsace et de la Lorraine...et j'arrêterai là (nous gagnerions en revanche la Wallonie)...

Quant à la nouvelle Catalogne, outre les territoires gagnés sur la France, elle s'agrandirait des îles Baléares, du Pays Valencien....Euskadi obtiendraitrait la Navarre et, naturellement, la partie française du Pays Basque.

Cartes médiévales en main que ces balkanisateurs expriment leur droit 'inaliénable' sur les hommes et sur les terres. C'est folklorique et, anecdotique. En partie. Car les 'nationalistes' Basques et Catalans, appuyés par une forte minorité de leur population, nous parlent de tout cela sérieusement. Et cela ne fait pas rire.


Je commente cela à titre d'information. En marge du match Barça/PSG de ce soir. Et j'en profite pour poser la question sportive idiote: dans quel championnat national jouerait dans un cas de figure extrême le prestigieux Barcelona F.C.?

 

Antoine Blanca

 

* L'European Free Alliance a un inter-groupe au Parlement de Strasbourg. J'ai été stupéfié de découvrir qu'un parti 'andalousiste', fort d'un bon pourcentage de votes dans sa région, revendique aussi son autonomie. Pour ressuciter le Califat musulman de Cordoue!!!!!! Par des andalous chrétiens, faut-il le préciser?

 

 

 


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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 10:48

Voilà un sujet de querelle (a priori nantaise) dont j'entends parler depuis 40 ans, sans que cela m'ait conduit à approfondir la question. Ce qui a fini par m'interpeller c'est la manif à laquelle participaient, pêle-mêle, Mélenchon*, Bové, Besancenot et consorts. Je me suis demandé quelle urgence révolutionnaire les amenait à défiler, en terre inconnue, dans la boue et les bouses, pour s'opposer à la construction d'un aéroport, projet jugé indispensable --par la quasi-totalité des élus départementaux et régionaux--, au développement économique inter-régional. Puissant créateur d'emplois dans l'immédiat , et bien davantage dans un proche avenir.

J'ai cependant compris qu'il y avait, pour certains, le goût de l'aventure, une saveur du Larzac** des parents ou des grands-parents, un mini Woodstock aussi. Deux adolescentes avaient pris ainsi la clé des champs, depuis le Var lointain, pour rejoindre le théâtre des opérations. Mettant parents et Gendarmerie Nationale en émoi...Alors je me suis dit qu'on était entré dans un épisode de grande dimension avec ses conséquences inévitables sur sur la production cinématographique...

Je peux comprendre que des agriculteurs du coin se sentent affectés. Que les indemnisations, aussi justes fussent-elles, ne suffisent pas à compenser l'effacement affectif de tant de souvenirs liés à la terre et à leur environnement.

Mais dans la mesure où le dossier répond au respect de la loi, je ne vois pas de raison d'arrêter un projet aussi porteur. Les 'progressistes' qui s'opposent, plus ou moins violemment, à cette évidente avancée paraissent souhaiter ramener la France à la vie rurale d'antan. Un aéroport, cela occupe des terres labourables. Tout comme les autoroutes, les lignes de chemin de fer, l'agrandissement des cités. Quant aux agriculteurs locaux, ils se comportent  un peu comme ceux qui prétendaient, autrefois, que le passage des locomotives faisait tourner le lait dans les mamelles des vaches. Alors, vous pensez, les avions!!!...

En fait, ce qui me choque le plus, c'est la passivité des habitants de l'agglomération Nantes-Saint--Nazaire. Puisqu'ils sont massivement favorables à l'aéroport, nous affirme-t-on, que ne le disent-ils pas, haut et fort, pacifiquement, mais avec détermination Qu'ils réagissent enfin à la mini-invasion des zozos en mal de cause. Ces citadins sont, après tout, les premiers intéressés.

 

Antoine Blanca

 

Mélenchon, en manifastant à ND des Landes, prenait à contre-pied ses alliés PC et ses 'amis'CGT lesquels sont officiellement favorables à la construction de l'aéroport. Les élus communistes ont d'ailleurs voté en faveur du projet.


* Sur le plateau du Larzac il s'agissait d'implanter un vaste camp militaire dans une région jusque là réservée à l'élevage d'ovins.

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:32

Rien ne serait plus catastrophique pour la France et les Français que l'irruption, au milieu de la situation économique et sociale que nous vivons, d'une crise de régime.

C'est pourtant ce que veulent, chacun de son côté, mais avec une simultanéité qui dérange, Mélenchon et son groupe, et le Front National et ses gros bras. Je pensais que le PCF n'allait pas entrer dans ce jeu hasardeux. Je me trompais: le quotidien L'Humanité est revenu aux titres et aux dessins du temps de la guerre froide contre les socialistes.

Extrême droite et extrême gauche sont donc partis, ensemble, pour un travail de démolition. Au même cri de :'tous pourris'.

Un sondage confirme, hélas, que ce sentiment est très majoritaire dans la citoyenneté. C'est injuste pour la quasi-totalité de nos élus. Mais il convient de réaliser que cet état d'esprit déplorable existe.

On s'acharne par ailleurs à maintenir à la une de l'actualité l'affaire Cahuzac. Voilà que la presse suisse s'en mêle à son tour. Rarement le conditionnel n'a été autant utilisé pour colporter des rumeurs. En général non corroborées par des faits.

Dans ce contexte je juge lamentable que le journal Libération se lance dans l'exercice déshonorant de la calomnie. C'est à ne pas croire ses yeux et ses oreilles. Le quotidien de la gauche instable met Laurent Fabius en question sur la base suivante: 'il paraîtrait que Mediapart s'apprêterait à révéler que l'ancien Premier ministre aurait des comptes frauduleux en Suisse'. Mediapart nie avec force une telle assertion jugée fantaisiste, Fabius, stupéfié et mortifié comme nous tous, met en action son avocat qui menace le quotidien (autrefois fondé par Emmanuel d'Astier de Lavigerie) d'une action en justice.

Libé est ainsi devenu une sorte de tabloïd de Murdoch.

Mais, dorénavant comment convaincre de sa bonne foi, les yeux dans les yeux, fut-ce son meilleur ami? Cahuzac a semé partout une espèce de suspicion préventive.

Difficile de lutter contre ce qui est infondé.


En marge de tout cela, nombreux sont ceux qui veulent pousser François Hollande à prendre des décisions majeures dans la précipitation et l'urgence. Ce n'est pas le style du Président. Il ne marchera pas au fouet des spéculateurs politiques, émaneraient-ils de ses propres rangs.

Il consulte beaucoup, il médite. Mais il refuse qu'on pense pour lui, qui a été élu par la nation tout entière.

 

Antoine Blanca


N.B. -- D'ores et déjà les membres  du gouvernement feront une déclaration de leur patrimoine avant le 15 avril.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:49

Merci d'accepter de partager, le temps d'un article, mes interrogations et mes inquiétudes. Ceux qui avons voté pour François Hollande et pour son parti venons de traverser, en sa compagnie, une semaine difficile. Presque douloureuse.

Or la campagne qui se développe désormais vise à prolonger nos tourments. Notre Président avait confirmé son déplacement dans sa bonne ville de Tulle. Mais il a dû limiter son programme, supprimer sa visite amicale, réconfortante, à l'un des marchés du samedi. Même s'il n'y avait pas eu l'affaire Cahuzac, les précautions auraient été de mise. Dix jours auparavant, à Dijon où il cherchait un contact populaire, il a suffi de deux braillards pour gâcher la fête. Le plus emblématique des deux a été aussitôt invité par Denizot au plateau du 'Grand Journal', comme une personnalité de premier plan. Tous frais payés, il a pu venir brailler à Paris. Quand on sait que 'l'insulteur' se voit investi d'une telle promotion, on fait obligatoirement des émules. Des groupes de grandes gueules (anti-mariage-pour-tous, anti énergie du schiste, anti aéroport de Nantes), pour minoritaires qu'ils soient, deviennent des vedettes.

Et il se trouve des citoyens pour penser que c'est bon pour la démocratie...

On voudrait enfermer Hollande dans son château (en réalité il continue de vivre dans son appart' du XVe) qu'on ne procéderait pas autrement.


Si je m'interroge et si je m'inquiète, j'ai aussi des certitudes.


La première touche François Hollande. Je le connais. C'est un homme de bien, probe, de grande intelligence, des réserves d'énergie que l'on ne soupçonne pas. Et une réactivité rapide qui ne l'empêche pas de mûrir en silence ses décisions. Un faux 'père tranquille'. Un authentique démocrate.

La seconde concerne les responsables politiques français. Ma pratique internationale, partisane, diplomatique ou onusienne, m'a conduit à voyager dans le monde entier, ou peu s'en faut. Je peux comparer, et affirmer que ce qu'on appelle (l'expression ne ma plaît pas), 'classe politique' française est dans son immense majorité hônnete et dévouée. Elle a un sens aigu de l'intérêt général. Il y a les députés, les sénateurs, les centaines de milliers de conseillers municipaux. Les mauvaises exceptions sont bien rares.

Un grand journal berlinois, Die Tageszeitung, a écrit au lendemain de l'intervention télévisée présidentielle sur France 2: "Les Français doivent comprendre qu'ils ne doivent pas tout attendre du chef de l'Etat. Tous ne sont pas des Charles de Gaulle ou des Napoléon bis". Encore qu'il aurait été curieux de voir comment l'ancien héros de la France Libre aurait affronté la terrible crise économique et sociale qui nous frappe. De 58 à 69 il a gouverné sous l'égide généreuse des 'Trente Glorieuses'. Et il nous a laissé un réseau compact de barbouzes et de financements pas si occultes de sa politique. Quant à l'Empereur, il a laissé la France saignée à blanc, vaincue et occupée...

L'affaire Cahuzac doit être ramenée à sa juste proportion, tout en tirant les leçons des dégâts qu'elle a causés. C'est un drame avant tout douloureusement moral.

Sinon, qu'a-t-on dans notre voisinage européen immédiat. Une monarchie en Espagne qui se décompose plus vite que son gouvernement, un Portugal où tous les trésors de la nation sont à vendre, une Italie dominée par Berlusconi et Beppe Grillo lequel se constitue la fortune la plus opaque qui soit, à travers les bénéfices, sans factures, des publicités de son blog. 'Personne ne sait à combien se montent ces revenus dérivés...Au mépris de la transparence 'sauf Beppe Grillo et son principal associé Gianroberto Casalegio'*. Le comique du M5S (mouvement 5 étoiles) fait de très bonnes affaires. Quant aux 'exemplaires allemands', il est bien établi que leurs sociétés, leurs innombrables milliardaires et les grands noms de famille, de l'industrie et de l'aristocratie peuplent en abondance les paradis fiscaux.

L'évasion fiscale est une maladie planétaire que la France de Hollande combat. Avec ses limites. Mais avec plus de détermination que tous les autres européens.
Mon inquiétude est grande de voir se développer une entreprise tous azimuts qui, prenant prétexte de l'impardonnable dérive d'un seul homme, vise à l'affaiblissement de notre démocratie.

Amis de ce blog: ne vous laissez pas entraîner par les voix destructrices. Ce sont les mêmes qui ont tué Jaurès et Salengro. Ou qui ont monté l'affaire Dreyfus.

 

Antoine Blanca

 

* revue Panorama, de Milan.


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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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