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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:16

Pour moi, qui suis l'actualité bien au chaud au coin du feu de ma maison creusoise, les difficultés que connaissent des pauvres voyageurs, du fait du sale temps dans certaines régions de France, le spectacle télévisuel est avant tout pittoresque. Les prises de vue ont quelque chose de grandiose, filmées depuis l'hélico loué par Canal+. Le commentaire est prévisible, surtout quand on  donne longuement la parole à des 'naufragés' de la route ou du rail: il y a les inévitables gros râleurs et les philosophes qui disent s'armer de patience et de compréhension souriante. Bien entendu, à écouter certains, le grand exode de juin 1940 ne serait que broutille au regard de l'épisode neigeux exceptionnel que vit une partie du pays.

 

Sale temps aussi pour ceux qui utilisent les chaînes d'info 'en continu' type BFM ou I-Télé. Pour elles il ne se passe rien d'autre dans le monde que le 'drame' climatique dans l'hexagone*. Surtout quand on n'a rien à dire de nouveau du côté du Conclave et que les qualités ou défauts de tous les cardinaux 'papabile' ont déjà été passés au crible par des spécialistes appelés en renfort.


Sale temps aussi pour les membres de l'opposition qui avaient entonné le refrain: tout est de la faute du manque de prévision du gouvernement. Comme cette critique n'a pas pris sur l'opinion, la polémique s'est vite arrêtée faute d'audience.**

 

Sale temps enfin pour les anti-cléricaux: j'en compte un bon nombre parmi mes amis. Si ce matin, 13 mars, l'info en direct de la chapelle Sixtine s'est momentanément calmée, actualité climatique oblige, les affaires reprendront très vite, dès qu'apparaîtra la 'fumata bianca' annonciatrice de l'élection d'un nouveau Souverain Pontife. Les biographies sont prêtes, les experts des choses  du Saint Siège --de la Curie et du commerce spécialisé en garde robe pour serviteurs de Dieu, à tous les niveaux de la hiérarchie-- sont sur les starting blocks. Et tout le monde, croyants ou non-croyants, doit supporter cette avalanche informative arbitrairement imposée.

Mes amis attachés à la laïcité, à la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat, ont à l'esprit (saint) la parole et les actes du 'petit père' Emile Combes. Ecoeurés par ces défilés de robes rouges, de vieux prélats lisant leur bréviaire, ils ont de plus en plus de mal à retenir leur (sainte) irritation.

Sale temps, murmurent-ils entre les dents. La hiérarchie de l'église catholique romaine est bien l'organisme le moins démocratique du monde.. Et, sur le fond comme dans la forme, rien n'a changé depuis quinze siècles. Du moins l'affirment-ils...

C'est donc opportunément que Canal+ va diffuser une nouvelle série du téléfilm à gros budget sur les Borgia. Elle nous donnera un aperçu illustré de ce qui continue d'être un étrange et mystérieux jeu de pouvoir.

 

Antoine Blanca

 

* Il convient de rappeler que tous les voisins de la France doivent faire face  aux mêmes difficultés.

**En poste diplomatique à New-York et à Washington, j'ai assisté, au moins deux fois par an, à des épisodes neigeux similaires. La vie de ces deux grandes villes s'arrêtait presque complétement. Les écoles et les administrations, fédérales et municipales, fermaient leurs portes. Faute d'électricité le chauffage était coupé. J'ai participé à une réunion au Département d'Etat  dans un immeuble déserté par tous les fonctionnaires, à l'exception de quelques huissiers et de vigiles de garde. Les participants à cette conférence humanitaire, dont la date ne pouvait être reportée, avions dû garder nos manteaux, nos écharpes, nos gants et nos couvre-chefs. Et il en allait ainsi sur toute la côte est du pays.  

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:26

La cellule COM a convaincu le Président de prendre son bâton  de pélerin et d'aller au devant des électeurs. Pas d'intermédiaire: le 'peuple' veut que ce soit le grand patron lui-même qui vienne expliquer la mise en pratique de son programme. On comprend mal la difficulté ressentie à faire passer un message de gauche. Et on attend de François Hollande s'implique personnellement dans tous les aspects de la vie quotidienne, justifie les raisons qu'il a de croire à une amélioration sensible de la vie quotidienne des 'gens du commun'.

Hollande ne concevait pas son action présidentielle de cette manière. En fait il voulait revenir à la lettre de la Constitution, donner davantage de hauteur à l'Elysée et rétablir le Premier ministre dans son rôle de véritable chef du gouvernement. Il avait été choqué par le sarkozysme, qui transformait le Chef de l'Etat en homme orchestre, susceptible de changer la partition selon son humeur, et déclassant le chef du gouvernement au rang de simple collaborateur.

Certes notre Président est maintenant parvenu à mieux définir, et à mieux traduire dans les faits, le rôle de Jean-Marc Ayrault. Après quelques ratés initiaux ce dernier vit pleinement, sans restriction mentale ni morale, sa propre vie à Matignon. Un super-rrministre, super-occupé. On sent qu'il est chaque jour mieux dans sa peau, qu'il a heureusement épaisse. Nul besoin de dire, comme le fit Fabius à propos de Mitterrand, 'lui, c'est lui, moi, c'est moi'...Il n'y a pas cohabitation. Il y a vie commune.

Il demeure que François Hollande se voit, désormais contraint d'aller au-delà de la pratique présidentielle telle qu'il l'avait imaginée. Il voulait se faire plus rare, n'intervenir publiquement que dans des occasions exceptionnelles, comme Chef suprême des Armées et de la diplomatie. Avec sa longue visite à Dijon, qui sera suivie d'autres du même type, il va faire appel à toute l'expérience acquise comme président de la Corrèze et comme maire de Tulle. Sans doute aussi, mais ne le dites à personne, comme Premier secrétaire du PS. Car certains s'interrogent déjà sur son implication, pas si indirecte que cela, dans la campagne des municipales.

 

Antoine Blanca

 

RECTICATIF : Dans mon article d'hier concernant Anne Hidalgo je la fais naître à Séville. Petite erreur: si c'est bien en Andalousie qu'elle a vu le jour, c'est du port de Cadix qu'il s'agissait!

 


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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 13:21

Quand il y a consensus naturel, faut-il organiser une primaire pour le ratifier? Anne Hidalgo a simplement posé la question. Tout en sachant que la réponse appartient au PS. En vérité sa représentativité n'avait été contestée que par le député et conseiller de la capitale, Jean-Marie Le Guen. Or, aujourd'hui, le voilà qui retire sa pré-candidature. Invoquant, pour justifier sa renonciation, son désaccord sur le calendrier décidé par la Fédération de Paris qu'il estime précipité. Nous savons bien, nous qui le connaissons, qu'il s'agit là d'un habillage hâtif. Le Guen n'a trouvé, auprès des élus, comme des cadres parisiens du Parti, aucun soutien de quelque signification...


La force de la première adjointe de Paris est double: l'excellent travail accompli depuis qu'elle exerce les fonctions de numéro 2; l'appui inconditionnel, voire enthousiaste, que lui apporte Bertrand Delanoë.

En quelque sorte sa candidature va de soi. Et, selon les sondages, l'électorat est majoritairemment d'accord avec sa désignation.

Que vont décider les partis et les groupes qui auront participé, en 2014, pendant treize ans, à la majorité municipale? D'après nos informations, il leur appartiendra de décider: de participer à des listes d'union dès le 1er tour, ou  de mesurer au préalable leur force avant de conclure, avec le principal parti de la capitale, les conditions de leur appartenance au gouvernement de la ville.
La balle serait donc dans le camp de ces potentiels alliés.


Et la droite? Toujours très divisée, une seule candidate est d'ores et déjà en campagne et utilise tous les moyens médiatiques à sa portée. Nathalie Kosciuscko Morizet, dite NKM, débordante d'ambition, ne paraît pas manquer de moyens disons...logistiques. Ni surtout de scrupule éthique. C'est ainsi qu'elle a abandonné, comme un vieux chiffon, ses concitoyens de Longjumeau, ville dont elle est maire. Et elle a aussi proclamé, toute honte bue: "je suis la véritable héritière de Bertrand Delanoë".

Gonflé, tout de même, non?


Les obstacles viendront d'abord de son propre camp. Combien pèse la haine de Rachida Dati? Peu de chose sans doute en comparaison de la colère retenue de deux ou trois personnalités UMP qui travaillent dur, depuis longtemps, sur le terrain de la capitale. Et la Rama Yade, parachutée in-exrémis par Borloo et l'UDI? Trouvera-t-elle matière à consolation à son échec retentissant à Colombes, il y a six ans? Beaucoup de questions et peu de réponses. A droite on remonte la Seine à la rame.


La campagne sera intense. Mais une certitude: Anne et son PS ont des raisons de se montrer confiants.

Une femme pour la première fois, Maire de Paris, c'est non seulement possible, mais vraisemblable. Elle est née à Séville, olé!

 

Antoine Blanca

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 11:10

Quand on décide d'assurer le service minimum aux obsèques du Chef d'Etat d'un pays avec lequel on entretient des relations diplomatiques cordiales, on évite que le représentant de la France se livre à une sorte de conférence, pour exalter la figure du disparu. Autrement dit, le Quai d'Orsay aurait gagné à instruire, très précisément, Victorin Lurel, ministre délégué aux Outre-Mer. C'était trop peu ou c'était trop.
Non que ce qu'il a dit me choque personnellement sur le fond. Mais la chaleur démonstrative de ses propos est en contradiction avec le niveau modeste de la mission dont on l'avait investi.

Le ministre français, visiblement choqué par les déformations de la presse française (Chàvez était un dictateur ami de Ahmadinedjad et de Loukachenko...) qu'il a cru devoir corriger longuement. Il a pris le risque de la comparaison: 'Chàvez, c'est De Gaulle+Léon Blum'. Osé et, fatalement, provocateur.

Naturellement la droite s'est engouffré sur cette erreur d'appréciation formelle du gouvernement. Et, fatalement, ses représentants ont fait la démonstration de leur ignorance ou, le plus souvent, de leur absolue mauvaise foi.

Il n'y a pas de drame. Il y a surtout, tant de la part de notre gouvernement, que de celle du PS, une absence de véritable analyse historique et politique. Quand des obsèques officielles entraînent une telle passion populaire et mobilisent la quasi totalité des Chefs d'Etat d'Amérique latine et des Caraïbes, nos amis, la chose demande réflexion. Les Espagnols, eux, se sont fait représenter par le Prince héritier Felipe*.

 

Antoine Blanca

* A Caracas la présence de ces chefs d'Etat a facilité de nombreuses conversations politiques sur les sujets les plus divers, de manière informelle mais fort utile. Laurent Fabius aurait pu en faire son profit. On tend à oublier que la France est aussi un pays sud-américain et Caraïbéen. Il existe une Guyane vénézuélienne comme il y a une Guyane française (plus vaste région de France).

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 09:20

C'est bien connu, hélas: dès qu'il s'agit de l'Amérique latine l'ignorance de la plupart de nos grands journalistes est proverbiale.

Ainsi, dès que la mort de Chàvez a mis le sous-continent américain à la une de l'actualité, beaucoup ont osé le rapprochement entre deux personnages historiques du sous-continent, Peròn et Chàvez. C'était tentant.. L'un et l'autre étaient des militaires et sont devenus des idoles pour les classes populaires. Mais la comparaison s'arrête là.

Juan Domingo Peròn: jeune lieutenant, aspirait déjà à jouer un rôle politique à l'ombre d'un général "d'avenir". Les années 1930 étaient propices aux coups militaires directs ou indirects. Après 16 années de démocratie, le dernier président élu, le charismatique Hipòlito Hirigoyen, fut renversé et les dictatures s'enchaînèrent. Chaque fois, Peròn était dans le coup, même s'il arrivait sur la scène du 'crime' à la fin de l'épisode. Il était précautionneux et, pour tout dire, un peu couard. Quand le général qu'il avait choisi comme mentor vint à occuper un poste clé, il demanda à être nommé Directeur général du Travail, poste créé pour lui au moment où, par nécessité (guerre mondiale, pénurie de produits industriels), un million de travailleurs arrivaient de la campagne dans la banlieue de la capitale, pour satisfaire hâtivement les  besoins d'un pays contraint de s'industrialiser à marches forcées. La viande bovine et les céréales se vendaient à prix d'or. Les caisses de l'Etat débordaient de richesses. Peròn re-créa la CGT et combla de bienfaits cette nouvelle classe ouvrière qui se prit à l'adorer. Quand il fut destitué et arrêté sous la pression des Alliés vainqueurs de la guerre (Peròn était ouvertement fasciste, mouvement politique qu'il avait découvert comme attaché militaire en Italie), les classes populaires descendirent en masse sur les places. C'était le 17 octobre 1945, date fétiche, depuis, des péronistes. Il cumulait alors les fonctions de vice-président, de ministre de la défense et  de ministre du travail. Elu démocratiquement président de la République en 46, il devint un dictateur à la manière mussolinienne, avec ses gros bras, sa police politique, la pratique de la torture et les arrestations arbitraires. Le péronisme oscillaiit entre syndicalisme d'Etat et milices d'extrême droite. L'Argentine devient alors le réfuge suprême des nazis à la recherche d'une nouvelle identité. Mais les caisses de 'Banco Naciòn' étaient épuisées, il n'y avait plus rien à distribuer. Il fallut compenser ce manque par le verbe démagogique d'une Evita déjà atteinte par le mal qui allait l'eemporter à l'âge de 33 ans. Elle fut sanctifiée en vie et sacralisée après la mort. Son principal voyage à l'étranger avait été pour l'Espagne de Franco où elle fut la vedette d'un meeting de 50000 phalangistes en uniforme. Elle se rendit ensuite en France (où le président Auriol, un socialiste, succomba à la blondeur de son charme, platoniquement, je précise). Elle se rendit enfin en Suisse (on devine pour quoi...).

 

Hugo Chàvez n'a connu, à partir de l'adolescence, que la vie militaire. Celle de cadet, d'élève officier à l'Académie où il se prit d'affection pour la figure du Libertador Simon Bolivar dont il a magnifié l'oeuvre, peu soucieux de vérité historique. Très vite, il considéra que le monde politique était corrompu. Il mit ses espoirs dans une armée regénérée. Ses modèles: le général et président péruvien Juan Velasco; le chef guérilléro Fidel Castro. Quand il participa à un coup de force, il en prit la tête sans consulter sa hiérarchie. Il y perdit, fatalement, sa liberté. Quand il prit le pouvoir, enfin, il résista à la tentation d'instaurer une dictature. Le peuple alla aux urnes. Sous son régime, il n'y eut ni police spéciale, ni prisonniers politiques. L'épine dorsale qui assurait son pouvoir ne fut ni un parti, ni une confédération syndicale uniques. Mais un mélange, de force du verbe (le sien, inépuisable et, à mes yeux, lassant) et de forces armées choyées par le chavisme. La relation intime avec la Cuba révolutionnaire lui permit de satisfaire les besoins basiques en matière d'assistance médicale, d'améliorer les conditions de l'éducation nationale et la vie culturelle en milieu populaire. On a beaucoup insisté sur ses relations diplomatiques avec l'Iran ou la Biélorussie. Mais sa grande force était le réseau d'amitiés personnelles qu'il avait tissé dans les Amériques et les Caraïbes. Ce n'est pas un hasard si les Chefs d'Etat de la région affichaient leur peine lors de ses obsèques. Ce chagrin était sincère car tous les témoignages que j'ai recueillis concordent: Hugo Chàvez était un homme bon, sincère et sympathique.


 

A la lecture de cet article, déjà trop long, on appréciera la différence entre deux hommes et deux régimes. Même s'il est vrai que, à son retour au pouvoir après un très long exil dans l'Espagne de Franco, Peròn fut élu à l' issue d'une élection libre et démocratique. S'il est vrai aussi qu'une masse imposante l'attendait à l'aéroport d'Ezeiza comme on attendrait un Messie, le symbole du péronisme était moins enthousiasmant. Il y avait dans cette  foule immense, à la fois de jeunes péronistes désarmés, proches de la gauche extrême*; et une petite armée de gangsters d'extrême droite. Ces derniers ouvrirent le feu sur les jeunes 'montoneros'. L'épisode est connu comme 'massacre d'Ezeiza'. L'avion transportant Peròn, sa future veuve (et bientôt présidente, connue comme Isabelita), dut changer d'aéroport d'atterrissage. A la mort du Général, Isabelita deviendra chef de l'Etat et organisera, avec son sinistre ministre Lòpez Rega, la terreur que le régime militaire** devait institutionnaliser à partir de mars 1976...

 

Antoine Blanca

* Mouvement révolutionnaire 'montonero'. 'Montòn' signifie textuellement 'tas'. Les montoneros s'étaient inspirés d'un mouvement de révoltés de la campagne et des montagnes du XIXe siècle.

** Lòpez Rega avait organisé des groupes de tueurs sous le nom de triple A (Alliance anti-communiste argentine), qui devaient terroriser jeunes révolutionnaires, syndicalistes et intellectuels, comme un sinistre avant goût de la sanglante dictature des Forces armées (1976-1983).

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 10:10

L'ancien président a du mal à entrer dans sa peau de retraité de l'Elysée. Il supporte très mal que nombre de ses anciens collaborateurs organisent la droite en dehors de son illustre personne. Il n'a pas été dupe du petit rassemblement organisé par l'association de ses 'amis'. Puisque tout le monde y assistait, y compris ceux qui l'ont déjà enterré politiquement, la réunion était finalement dénuée de véritable signification. Quand il fait objectivement la somme et le reste, le nombre de fidèles authentiques est réduit et leur qualité peut être qualifiée de médiocre.

Impatient de reprendre la main, il a suivi le conseil de l'ancien membre de son cabinet le plus droitier, voire extrême droitier. Patrick Buisson a été directeur de deux hebdomadaires, Minute et Valeurs Actuelles. Le premier appartient à la grande tradition qui va des Croix de feu à Occident. Le second s'adresse au même lectorat, mais dans une version plus socialement présentable. Sarkozy avait suivi les conseils de Buisson pendant la campagne de sa défaite. Cela lui avait fait perdre en respectabilité ce qu'il avait gagné, au 2e tour, en report de voix Le Pen. Il a donc autorisé un déjeuner dans son bureau de l'avenue Miromesnil, avec les patrons de Valeurs. Et ils ont pu publier, avec son accord, ses propos dans ce qu'ils avaient de moins diplomatique.

De fait il a taclé en priorité ceux qui prétendent à sa succession. Avec Fillon et ses proches en point de mire. Lui, autrefois  génie de la magouille et des coups tordus, affiche désormais un mépris hautain à l'égard de la politique politicienne. Sarkozy observe désormais la France du haut de son ciel et, nouveau recours, De Gaulle à la fois rétréci et moderne, il se tient en réserve de la patrie.

La gauche est moins visée. Sans doute parce que l'hostilité à son égard va de soi. Je note cependant cet obus en direction de François Hollande au sujet de l'intervention française au Mali: "Il est une règle absolue que Hollande n'a pas respectée. On ne répond pas à l'appel d'un gouvernement provisoire". Si nous comprenons bien, il fallait permettre à Al Qaïda d'installer son Etat-Major à Bamako et de régner sur tout le Mali. C'est comme si, avant de porter secours à une personne qui se noie sous vos yeux, on exigeait préalablement qu'il justifie de son identité...

La droite est avertie: Sarkozy, fort de certains sondages, va s'agiter de plus en plus. A y regarder de plus près, sa valeur actuelle est pourtant en nette baisse. La gauche est impavide: toute cette agitation l'intéresse sans la concerner vraiment.

 

Antoine Blanca

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 11:01

Les réactions des démocraties européennes à la mort du président Hugo Chàvez m'ont éclairé davantage sur les raisons des incompréhensions persistantes entre la majorité de nos concitoyens et l'ensemble des latino-américains. A Paris, à Berlin ou à Rome, on retient de l'action du leader charismatique vénézuélien ses proclamations, parfois provocatrices, d'amitié à l'égard de  certains régimes dictatoriaux. On se dit par exemple, puisqu'il aimait tant Ahmadinéjad, Assad ou Poutine, c'est qu'il était comme eux. Erreur. 

Cela équivaudrait à penser que, puisque les Américains sont étroitement associés aux autocraties wahabbites du Golfe arabique (ils disposent même d'une base militaire gigantesque chez les saoudiens), ils considèrent ces régimes comme un modèle pour leur propre société. Soyons convaincus de ce que la priorité presque exclusive de la diplomatie du pays bolivarien est focalisée sur les pays frères du continent et des Caraïbes. Le reste obéit à une tout autre préoccupation, diversement appréciée par les occidentaux: comment amoindrir l'influence impériale des Etats-Unis. L'Iran est moins observée comme une autocratie des mollahs, que comme une puissance pétrolière avec laquelle le grand producteur de brut qu'est le Venezuela pourrait former une sorte de front.

Je m'empresse de dire que je ne partage pas cette manière de voir. Mais il est injuste de faire croire que Caracas considère Téhéran* comme un modèle  à imiter...

En revanche toutes les nations voisines du grand pays sud-américain, sans exception ou presque, saluent Chàvez comme un allié qui a contribué à faire progresser, à pas de géant, l'intégration latino-américaine et caraïbéenne. Celle à laquelle rêvait Simon Bolivar.

Je n'esquiverai pas l'intimité du chavisme avec Cuba. Horrible, crieront en coeur Le Figaro, ARTE ou Le Point. Sans exiger parallèlement que les Etats-Unis mettent fin à un embargo criminel qui vise à étouffer le peuple cubain, à le faire courber l'échine. En revanche la quasi totalité des capitales latinos approuvent, ou comprennent, cette grande proximité qui a rétabli un certain équilibre économique et culturel dans la région. 

Très modestement cet article vise à expliquer les raisons d'une incompréhension persistante concernant l'interprétation de la démarche du président disparu**. Et à aider à la surmonter.

 

Antoine Blanca

 

* Le Venezuela est, depuis son indépendance, un pays laïc. Malgré les dérapages verbaux de Chàvez sur  le petit Jésus...Folklore qu'il aurait pu nous épargner.

** En dépit du fait que Chàvez a été élu et réelu dans une compétition pluraliste incontestée, on est parvenu à faire croire à beaucoup d'Européens qu'il a été un dictateur. Une grande partie de la presse, de chaînes privées et des stations de radio sont indépendantes ou hostiles au gouvernement.

 


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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:44

La mort du 'Comandante-Presidente' n'aura pas surpris les lecteurs de ce blog. Elle avait été annoncée, avec une évocation des conséquences que cette dispation allait entraîner, dès le 20 février dans mon article de ce jour-là. Cette mort a plongé le petit peuple dans la douleur et l'incertitude. Même si sa succession avait été soigneusement préparée depuis son retour de La Havane, par son successeur potentiel Nicolàs Maduro, et par les activistes de son parti 'socialiste bolivarien'. Son état était déjà désespéré, après quatre opérations subies à Cuba. Le cancer a finalement été le plus fort. Le mal ne l'avait d'ailleurs pas quitté pendant la campagne présidentielle qu'il avait largement remportée dès le premier tour face au candidat unique de l'opposition, le gouverneur de l'Etat de Miranda, proche de la capitale. Il était seulement en rémission précaire.

Si Chàvez avait été physiquement en mesure de prêter serment pour un nouveau mandat devant le Tribunal Constitutionnel, une nouvelle élection présidentielle aurait pu être évitée. Le Vice-président aurait été investi à la mort du premier magistrat. Cela n'ayant pas été le cas, il y aura une nouvellle élection début avril.

Le résultat attendu devrait être sans surprise: Maduro remportera la victoire. Il pourra s'appuyer, pour gouverner, sur une large majorité parlementaire et sur 21 des 24 gouverneurs d'Etat. Car le PSUV a démontré qu'il pouvait gagner dans presque toutes les régions, en absence du Chef, alors de retour à La Havane pour une douloureuse épreuve chirugicale ultime.

Le soutien des masses à ce leader hors normes s'explique facilement. Il a sans doute été le premier président à porter une attention prioritaire à la vie des plus humbles, ces oubliés de la manne pétrolière. La pauvreté a fortement reculé, les vénézuéliens sont mieux logés, mieux éduqués, mieux soignés. Sans que, pour autant, les privilégiés de l'argent soient persécutés. Les très riches continuent à jouir de leurs biens, à l'abri de leurs clubs privés où les terrains de golf sont toujours bien entretenus par un personnel dévoué et compétent.

La sécurité des personnes et des biens s'est-elle améliorée? Difficile de se fier aux statistiques, si ce n'est que pour rappeler que les plus menacés par les criminels, occasionnels ou organisés, sont les classes populaires.

 

Ce qui n'a pas été réussi:

D'abord la dépendance de l'économie du pays de la production pétrolière. Avant l'irruption de l'or noir, le Venezuela était un grand pays d'éleveurs de bovins dans la région des Llanos (lire  ou relire Doña Bàrbara, du futur Prix Nobel de Littérature Ròmulo Gallegos*); de produits tropicaux; d'exportation de bois précieux...Autant d'activités et de richesses qui sont partiellement négligées depuis 80 ans. Dès la fin des années 30 un érudit et homme politique avertissait : "Il faut planter le pétrole". Aucun gouvenrement ne l'a vraiment entendu.

Ensuite Chàvez comme tous ses prédécesseurs ne s'est sérieusement préoccupé de mettre en ordre le pays, de bien utiliser toutes les compétences. Ce beau pays demeure un pays disons, pagailleux.

 

Demeurera avant tout, dans le domaine latino-américain, la contribution importante de Hugo Chàvez à la transfiguration de l'Amérique du sud et des Caraïbes. Davantage d'unité, davantage d'autonomie. Il  n'est que voir la réaction des gouvernements à l'annonce du décès du leader bolivarien. Si le président chilien s'est montré prudent, tous les autres ont fait connaître leur chagrin, leur affection profonde à l'égard du disparu.

On n'a pas assez souligné, enfin, l'énorme effort de solidarité consenti par le Venezuela en faveur de Haïti et des Haïtiens après le terrible tremblement de terre qui avait détruit Port aux Princes et sa région, faisant des centaines de milliers de morts.

 

Antoine Blanca


* Ròmulo Gallegos a été aussi Président de son pays au lendemain de la 2e guerre mondiale. Il fut renversé par un général, Pérez Jimenez. Homme de gauche, il avait fondé un parti, Acciòn Democràtica, socialiste au début, plus réformiste par la suite. L'AD a gagné plusieurs élections présidentielles, avec Ròmulo Betancourt, Raùl Leoni, Carlos Andrés Perez, Jaime Luisinchi (ce dernier d'origine corse). L'AD fait désormais partie de la coalition anti-Chàvez, qui va de la droite extrême au centre gauche.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:50

Nos voisins suisses appellent ça une 'votation d'initiative populaire'. Cela leur arrive régulièrement. Le plus souvent pour des affaires que je qualifierais de 'helvéto-suisses' que nous, profanes, avons du mal à comprendre. Les préoccupations plus terre-à-terre à tendance populiste ne manquent pas, hélas, elles non plus, dans la longue histoire des votations. Mais je dois dire que, cette fois-ci, le sujet a de quoi interpeller leurs voisins français. Surtout quand le suffrage universel a porté dans leur pays la gauche au pouvoir.

Il ne s'agit pas moins que de limiter, avec des conditions et des menaces pénales très dures, le montant des parachutes dorés et autres super-primes que s'octroient les grands, et parfois moins grands patrons. Trop, c'est trop, ont dit en résumé les électeurs du pays des banques discrètes et des grandes compagnies d'assurances accomodantes. A ce train là ils vont finir par faire payer des impôts à Aznavour et à Delon! Décidément Depardieu a bien fait de choisir l'exil en Russie. Où allons-nous, ma bonne dame, à ce train-là???.

Bref on va imposer plus durement les très riches que l'horrible impôt, préconisé par Hollande, visant à taxer à 75% les revenus individuels pour la tranche allant au-delà de 1 million d'euros par an.

 

Il est peut-être temps de nous réveiller, en France, et de passer des annonces aux actes. On a compris que, dans  l'environnement politique et économique actuels, on ait dû rassurer Bruxelles, la City, Wall Street et les terrifiantes 'agences de notation'. La Bourse de Paris et le CAC 40 dorment aussi à peu près en paix. Il est temps alors de penser au peuple de gauche. Des signes tangibles en sa direction seraient les bienvenus.

 

Antoine Blanca

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 12:03

Le Portugal est un petit pays qui n'a jamais oublié les temps où il était grande puissance. Puissance américaine (Brésil), asiatique (Macao, Goa) et, jusqu'en 1975, africaine avec l'Angola, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Cap-Vert etc...La langue de Camoês est langue officielle pour près de 300 millions d'individus. Notre histoire européenne doit beaucoup à ses grands voyageurs qui, au XVIe siècle découvrirent, faisant preuve d'une audace inouïe, des terres inconnues, avec des richesses humaines et économiques inestimables.

Ce petit rappel historique ne vous est pas destiné, amis lecteurs dont je pressens la richesse culturelle. Mais je vous invite à rappeler autour de vous que les Portugais ne sont pas seulement un peuple de concierges de loges d'immeubles bourgeois, d'artisans compétents et besogneux, de travailleurs discrets et fidèles, comme on voudrait le croire dans les quartiers huppés de Paris.

Le grand tournant pour le Portugal moderne fut  la révolution des capitaines de l'armée coloniale, le 25 avril 1974, quand les fusils étaient armés d'oeillets rouge sang. La fin de la dictature ouvrait le pays sur l'univers, la vraie vie, en marge desquels le salazarisme médiocre, cruel et obtus prétendait le maintenir.

Et surtout la démocratie reconquise redonnait, à un peuple à l'orgueil retenu, l'accès à l'Europe en voie d'unification. Donc l'accès à la prospérité. Du moins le pensait-il.

Ce fut d'ailleurs une belle réalité jusqu'à la grande crise. Le choix fait par Bruxelles, sous la pression impériale de l'Allemagne conservatrice et dominatrice, du 'tout-austérité', est en train d'étouffer un pays tout entier. Que prétend-on faire payer à ce pauvre peuple, qui avait su, pourtant bien administrer ses deniers? Pourquoi lui refuser l'oxygène de la croissance. Pourquoi le condamner à la mort lente?

Par pur sectarisme doctrinaire liibéral !

Quand un million et demi de personnes descendent dans la rue,  pour hurler leur désespoir, il est temps pour l'Europe de prendre garde. Le mépris de Berlin pour les pays et les peuples du sud risque bien de lui coûter cher un jour très prochain. Et de nous coûter cher à nous tous.

Les Portugais ne sont pas des exaltés. Ils forment une grande nation cultivée et laborieuse. Ils méritent un respect que l'Allemagne piétine inconsidérément.

 

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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