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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 12:23

Michel Onfray est un homme intéressant. Au-delà de la philosophie qu'il pratique toujours avec conviction, parfois avec clarté, il a retroussé ses manches. L'Université populaire qu'il a fondée, et qu'il anime à Caen, est l'un de ses succès. Il a renouvelé le discours de Renan sur la religion et le besoin de Dieu ou de dieux. Son athéisme est rafraichissant. Onfray a la provocation tranquille parce que solidement démonstrative. Il a rétabli, dans un récent ouvrage, Albert Camus dans la vérité de sa pensée humaniste.


Nous sommes nombreux à considérer tout cela comme un apport positif. Même s'il n'a pas inventé le concept d'université populaire. Il était au coeur de la vie des Maisons du Peuple. Un syndicalisme créateur les avaient portées contre vents et marées, dans des conditions matérielles et politiques autrement difficiles que celles rencontrées par Onfray dans la capitale de la basse Normandie.

En revanche quand le philosophe s'exprime en homme politique, il dérape gravement. Il se définit comme libertaire (et classe arbitrairement Camus dans ce courant de pensée). Etre libertaire c'est tout et n'importe quoi. Classe-t-il Mélenchon dans cette catégorie? En tout cas je l'ai entendu dire: "je suis d'accord avec le chef du Parti de Gauche à 100%. Sauf quand il adhère à Fidel Castro et à Hugo Chàvez". Il pourrait ajouter à cette copieuse restriction, l'identification partielle du camarade en question au PCF. Héritier naturel du communisme dont Onfray démonte simultananément, sans concession, toutes les erreurs sanglantes, dont son adhésion au pacte germano-soviétique qu'il a très bien disséquée.

Cette adhésion à la démarche mélenchonienne se limiterait donc à son hostilité à la construction européenne et au réformisme de gauche. Le choix des électeurs occidentaux se rétrécirait, selon lui, à l'alternance entre deux centres: l'un penchant à droite, l'autre à gauche.


Une conclusion bien commode. Le courage, disait Jaurès, c'est de chercher la vérité et de la dire. La vérité est que le changement social et économique, dans le monde où nous vivons, se situe bien dans la relativité qu'il dénonce. Mais Onfray aurait bien du mal à nous expliquer comment on mettrait en pratique une transformation plus radicale de la société. Les conditions objectives d'une telle transformation sont-elles réunies, aussi bien en France que n'importe où dans le vaste monde? La réponse est, évidemment, non. Onfray le sait-il? A mon avis il préfère le confort intellectuel. Cela consiste à se proclamer, comme le fait notre philosophe, tout à la fois anar et, très partiellement, mélenchonien. Marx, Boukharine, Trotsky et Camus... La grande confusion.

 

Décidément Michel Onfray devrait rester dans les domaines où il excelle. Philosophie, édition de plusieurs livres par an, animation de son université populaire. Quand il aborde la politique du quotidien, la légèreté de sa pensée l'enfonce en terrain boueux.

 

Antoine Blanca

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 13:15

Je l'ai écrit il y a déjà cinq mois, quand des chaînes et des radios occidentales identifiaient les forces armées combattant Assad comme celles de la liberté face à l'oppression. Chaque jour plus nombreux, des groupes djihadistes, instruits dans les camps de la zone tribale au Pakistan, et dans les régions de l'Afghanistan échappant à l'armée et à la police régulières, arrivent en Syrie ou à ses frontières. Aujourd'hui, reconnaît un colonel syrien en rupture avec le régime Assad, "nous ne pouvons plus nous passer des djihadistes internationaux, car nous en avons d'autant plus besoin que ce sont des soldats exceptionnels". Et j'ajouterais: motivés. Si Damas venait à tomber dans leur scarcelle, c'est une ancienne capitale califale qui serait 'récupérée' par les 'vrais croyants'. Un puissant symbole.

A l'origine c'est la confrérie des Frères musulmans, dont les membres vivaient en prison ou dans la clandestinité, qui a appelé le salafisme de guerre à la rescousse. Des sunnites comme eux, mais partisans de la prédication par les armes.

Dans l'armée rebelle, ils sont désormais en terrain conquis, organisent des attentats kamikazes, imposent la loi de la terreur, maniant des armes modernes redoutables.

Désormais la chose est connue de tous les services secrets occidentaux: le commandement Al Qaïda a donné l'ordre de donner la priorité absolue à la Syrie pour l'envoi de nouveaux soldats ayant reçu une formation guerrière et terroriste. La mot d'ordre est: pas un djanoud pour le Mali. Tout pour la Syrie.

C'est une bonne nouvelle pour ceux qui, comme les Tchadiens, les Maliens et les Français, sont en train de liquider les dernières poches de résistance des groupes terroristes. Mais un signal d'alerte pour nos diplomates et nos humanitaires qui agissent autour  du drame syrien. Le massacre des minorités religieuses existant en Syrie est déjà en cours.

 

Antoine Blanca

NB: Les centres d'entraînement et l'appréciation des priorités à accorder à différents fronts constituent la seule activité ayant un centre décisionnel centralisé d'Al Qaïda. 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 12:19

Je ne me rendais pas compte, moi qui tente de suivre avec attention les pas du Brésil et des Brésiliens, à quel point les socialistes, dans leurs versions multiples, nationales ou internationales, sont présents, actifs, singuliers aussi, dans cette communauté fédérale  tout entière. Inévitablement donc, le proche avenir du plus grand pays d'Amérique latine sera démocrate socialiste. Une situation unique au monde. Et à mes yeux, joyeuse.

Amis, ne quittez pas la lecture de ce 'papier', car le meilleur est à venir.


Après avoir rappelé que les Parti des Travailleurs est au pouvoir depuis 11 ans (2 mandats de 4 ans de Lula, 1 mandat en cours pour Dilma), que le Parti social-démocrate (PSDB) avait exercé, avec son fondateur, Fernando Henrique Cardoso*, la direction suprême du pays pendant les huit années précédentes, je redécouvre que le Parti socialiste brésilien, l'original, celui fondé par l'ancien gouverneur de l'Etat de Pernambouc, Miguel Arraês, combattant de première ligne de la dictature militaire (1964-1985), est de nouveau en pleine expansion.

Certes, actuellement, le PSB  participe encore, avec deux ministres, au gouvernement de Dilma Rousseff. Mais les choses pourraient rapidement changer si le patron du parti, Eduardo Campos, confirme sa candidature à la présidentielle de l'an prochain. Lui-même ancien ministre de Lula, fort de sa solide expérience parlementaire et ministérielle, cet intellectuel de 48 ans, familialement lié à Arraês, est de toute manière très courtisé. On le comprend: non seulement son parti est uni, mais encore sa progression, dans le paysage politique, est-elle spectaculaire. Trente députés fédéraux (dans 16 Etats), 4 sénateurs, 6 gouverneurs et, aux municipales de l'an dernier, 433 maires, soit un gain de 40%.

Le PT de Lula et de la présidente en fonction, Dilma Rousseff, ont senti le danger à un moment où la progression du PIB marque le pas, où le 'miracle' fait une pause. Ami personnel de Campos, depuis de longues années, Lula lui a proposé un 'deal': "tu acceptes la vice-présidence en 2014 et nous te soutenons quatre ans plus tard pour la présidence. Un 'ticket' PT/PSB est donc envisageable, même si pour le moment le leader socialiste intensifie sa critique de la politique économique de Dilma...A suivre. A suivre aussi, parallèlement, les discussions entre le PSDB et le PS. 'On' a deux fers au feu. C'est que le Brésil est un pays où la démocratie s'accompagne de souplesse idéologique. Rien n'y est figé. En démocratie, discuter n'est pas trahir.

 

Pour achever cette photo de famille élargie, je me garderais d'oublier Marina Silva, l'ancienne ministre écologiste qui va annoncer la création  de son nouveau parti. A gauche, lui aussi. Marina avait été candidate à la dernière présidentielle. 20% des suffrages: à prendre donc au sérieux cette amazonienne à l'aise dans la jungle politique...

 

Antoine Blanca

NB: que mes lecteurs de droite (s'il y en a) se rassurent. Les partisans d'un certain libéralisme, les conservateurs qui ne disent pas leur nom, existent aussi. A en croire, du moins, la grande presse, quotidienne ou hebdomadaire, de São Paulo...Et ses correspondants à Paris.

 

* Fernando Henrique Cardoso a été un opposant déterminé du régime militaire. Furieusement francophone il a vécu une grande partie de son exil en France. Ses collègues universitaires le connaissent bien. Il a fondé le PSDB et a été par deux fois Président de son pays.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:24

Dans mon article sur Vincent Peillon, dans lequel je m'en prenais à la tendance du ministre à lancer "des pistes de réflexion" (Harlem Désir dixit) qui jetaient le trouble dans les salles  des profs, sans proposer pour autant de vrais changements concrets. J'avais ainsi écrit : "...il bouscule une catégorie professionnelle qui est part du patrimoine électoral génétique de la gauche". Plusieurs amis lecteurs m'ont dit que, sur ce sujet,  j'avais manifestement un train de retard sur la réalité. Certes, la majorité des enseignants continue de voter pour les candidats progressistes; mais ce n'est pas par engagement. C'est par esprit corporatiste; parce que, tout bien pesé, ils font le calcul qu'un gouvernement PS protégera mieux leurs intérêts matériels et leur confort qu'un pouvoir, disons, sarkozyste.

Pour ces critiques la meilleure preuve de ce corporatisme est le dernier mouvement de grève et les manifs de rue qui l'ont accompagné. En vérité la préoccupation pédagogique, l'éducation des enfants  et des adolescents, passe loin derrière la préservation de leurs périodes de vacances ou de la valorisation de l'échelle salariale.

Je ne partage pas un tel pessimisme en dépit de la part de vérité contenue dans les arguments avancés. La défense de l'école publique, des principes de laïcité n'intéresserait plus autant qu'hier le monde de l'enseignement. Mais qui porte la responsabilité de cette détérioration politique et sociale? J'ai le sentiment que le gouvernement Jean-Marc Ayrault est très soucieux d'améliorer les programmes de formation des jeunes profs. Nous verrons sans doute dans les mois à venir les progrès réalisés dans ce sens. Dans son programme présidentiel François Hollande faisait de l'Education une priorité et ce n'était pas un gadget électoraliste. C'est même l'une de ses passions intimes.

Mais, amis qui avez cru voir dans l'article cité plus haut une preuve de mon ignorance, naïve, des réalités je dis: "je sais bien que nous ne sommes plus au temps où les instits étaient formés dans des Ecoles Normales fonctionnant comme de véritables séminaires laïcs. Je suis aussi conscient, et sur ce point rien n'a changé depuis des décennies*, de l'absence complète de préoccupation pédagogique pour les professeurs du secondaire. Là dessus aussi des changements positifs sont prévus à court terme.

 

Antoine Blanca

 

* On jette dans des classes bondées de jeunes profs, recrutés sur la seule base de leur longue liste de diplômes, sans aucune préparation, notamment pédagogique.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 11:32

Ce qui m'indigne dans l'indignation de beaucoup, c'est qu'ils clament violemment leurs désaccords sans jamais proposer de solution alternative. Stéphane, dans son petit livre rouge d'indignation lui, a toujours été dans le projet d'avenir. Dans sa jeunesse d'étudiant brillant, comme dans un mouvement de résistance à l'occupant. Il agissait. Dans la reconstruction d'une autre Europe, comme dans la préparation des conférences internationales auxquelles il a participé à différents niveaux. De celui de conseiller à celui de chef de délégation avec le titre d'Ambassadeur. Il s'est toujours senti plus à l'aise dans le domaine du multilatéral, qu'à la tête de l'une des grandes directions du Quai d'Orsay. C'était l'époque où une partie de la diplomatie française persistait à vivre dans une société qui, dans son ensemble, avait disparu. On était à l'aise dans les réceptions et les dîners de gala. Ce n'était pas le cas de Stéphane Hessel qui n'a d'ailleurs jamais été nommé à la tête d'un poste territorial.

On le regardait avec un mélange de respect et de méfiance.

J'ai déjeuné plusieurs fois avec lui en tout petit comité. Il s'adressait toujours à ses cadets avec  clarté, simplicité, sans condescendance. On retirait toujours quelque chose de ces entretiens improvisés. Son appartement, dans le 14e, que j'ai visité à plusieurs reprises, reflétait bien son austérité naturelle. La place avait bien besoin d'une rénovation, d'un sérieux coup de peinture. Et ses meubles auraient trouvé leur place chez un brocanteur. Davantage en tout cas qu'au domicile d'un Ambassadeur de France dignitaire.

Avec la Résistance, ses grandes causes étaient celle des Droits de l'Homme, celle de l'Europe unie, celle de l'ONU, celle du rétablissement du peuple palestinien dans ses droits et sa patrie. Non qu'il fut anti-israélien. Il avait, bien au contraire, assisté avec espoir à la naissance du jeune pays. C'est l'Israël devenu nation guerrière, expansionniste, ignorante de la Loi internationale qu'il dénonçait. Il souhaitait une Palestine divisée en deux Etats, une région pacifique dont Jérusalem serait la capitale commune. C'est l'intérêt bien compris du peuple juif, disait-il.

Je rappelle aussi, puisque la presse prétend ignorer le fait, que Stéphane fut un militant socialiste toute sa vie durant. Nous avions reçu sur le même podium, à la Mutualité, des mains du Premier secrétaire de l'époque, François Hollande, la médaille distinguant les militants comptant 50 ans (ou plus) de fidélité au Socialisme.

 

Antoine Blanca

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 10:42

Certes, il n'est pas de petit peuple. Mais l'Italien fait partie des ceux qui ont profondément marqué l'histoire de l'humanité. Dans l'histoire moderne ils ont aussi contribué à donner de grands noms à la littérature, à la peinture, à la sculpture, au théâtre et au cinéma. Au lendemain des épreuves subies avec la période fasciste, les tragédies et les humiliations de la guerre, ils ont su vaincre moralement la misère et la douleur en nous offrant des films aussi déchirants que 'Rome ville ouverte' et riches d'autodérision comme les 'Vitelloni'. Ils ont fait rire et pleurer. Jamais désespérer.

 

Mais ce qu'ils ont fait collectivement dimanche et lundi en donnant 50% de leurs voix (Beppo Grillo+Berlusconi) à un bateleur et à un chevalier d'industrie qui a tant contribué au désastre qu'ils connaissent aujourd'hui, n'est pas à mettre à leur crédit.

 

Bien entendu, les Italiens finissent toujours par s'en sortir. Après tout, on connaît mal les députés qui se sont rangés derrière un bouffon. Pour autant qu'ils se connaissent entre eux. Un bon alchimiste peut parvenir à réunir une majorité. Même après son échec électoral, Monti peut aussi, raisonnablement, contribuer à un gouvernement de centre-gauche.

 

Mais il demeure que le choix des Italiens est, pour l'essentiel, irresponsable. Ils savent d'habitude manier l'humour. Là nous sommes dans le mauvais humour. Celui qui ne fait ni rire, no sourire.

 

Antoine Blanca

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:45

Je suis rarement d'accord avec les éditoriaux d'Hervé Gattegno, du Point et de RTL, mais je coïncide avec lui quand il écrit: " Peillon n'est pas un homme politique". L'intéressé a, certes, soif de réformes. Et plus encore besoin que l'on parle d'elles. Ce qui fait par contre-coup parler de lui. En bien ou en mal. Mais gouverner est une expérience collective. Lancer des bombes sans prévenir ses camarades et ses collègues est dangereux pour tout le monde.


Et surtout pour Vincent Peillon. Allumer le feu autour de l'école, c'est s'attaquer au patrimoine génétique du PS. Alors, avant de provoquer le débat public, on se concerte avec le Président et avec le Premier ministre. A propos de la réduction des vacances d'été à six semaines et la création de deux zones, le chef du PS, Harlem Désir, a dû minimiser la portée de la question posée: il s'agit d'une piste de réflexion, a-t-il dit.


C'est sans doute vrai. Mais ce n'est pas à un Ministre, investi d'une fonction officielle au service de l'Etat, de lancer de telles pistes de réflexion. C'est en revanche la vocation d'un parlementaire, beaucoup plus libre de sa parole. Il peut, à tout moment, poser une question au gouvernement. Et l'amener ainsi à préciser l'état de sa réflexion sur une sujet déterminé.


Et surtout, Peillon ne doit pas les accumuler, ces fameuses pistes de réflexion qui mettent ses amis sur la défensive. Ils n'avaient pas eu le temps d'essuyer la sueur qui perlait de leur front, après avoir planché, en tout lieu et à tout moment, sur la semaine de 4 jours et demi (et ce qui allait avec), qu'ils doivent revenir sur le terrain de la bataille scolaire. La durée des vacances d'été, ce n'est pas une mince affaire. La division en deux zones, qui rendra souvent difficiles les retrouvailles entre familles et amis à la belle saaison, ce n'est pas une chose à traiter à la légère.


Sans vouloir faire des rapprochements déplacés, ni être désobligeant, Allègre avait, en son temps, déjà secoué inconsidérément le mamouth. Celui-ci lui était tombé dessus. En ébranlant au passage, les murs du 10 rue Solférino.


Alors, ouvrons des pistes, mais faisons en sorte que leur tracé contourne les lieux habités.

 

Antoine Blanca

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 13:29

Certains ont critiqué François Hollande pour être allé en Grèce. Sous couvert de solidarité avec un pays et un peuple en détresse, disent-ils, le Président s'est fait accompagner de ceux que Mélenchon qualifie de 'charognards'. Les chefs d'entreprise français. En quête de bonnes affaires. Dans la société qui est la nôtre, pourtant, le Président a raison. La participation active de dirigeants d'entreprise  aux délégations présidentielles, lors des visites officielles à l'étranger, est consistante avec notre volonté de dynamiser une expansion économique nationale actuellement dans le rouge. En Grèce comme partout ailleurs. La violence des attaques anti-socialistes du co-président du Front de Gauche est celle d'un irresponsable. Il a d'autant plus les mains blanches qu'il n'a pas de mains. Il serait bien incapable de citer un seul pays dans le monde exempt de préoccupations commerciales.

 

Ce qui n'exclut nullement les convictions. Celle de notre gouvernement en faveur d'une politique tournée vers la croissance n'est plus à démontrer. Désormais plusieurs gouvernement conservateurs y adhérent. Y compris celui de la Grèce, dont les citoyens ont de plus en plus de mal à respirer. Et qui se voient contraints de vendre leur pays au plus offrant. Sans leur offrir autre chose que du sang et des larmes. La France de gauche leur tend la main d'une amitié sincère. Et propose une autre Europe.

 

Ceci étant dit, j'ai la certitude intime de l'échec complet de la politique économique et financière imposée par la Commission européenne aux Etats membres. Incapable de vrais gestes de solidarité à l'égard des pays en grave difficulté, ceux du sud, pour l'essentiel, elle vient encore de publier des bilans et d'annoncer des résultats plus que catastrophiques: désespérants. En persistant dans sa politique du 'tout austérité' la Commission condamne des pays et des peuples à l'exclusion, sans la moindre lueur de rédemption.

 

Je ne suis pas le seul à le dire. Dix des plus grands économistes du monde, dont plusieurs Prix Nobel d'économie, sont de cet avis. L'un d'eux est allé jusqu'à dire:"la Commission ne corrige jamais ses erreurs, contrairement au FMI". L'entêtement libéral dogmatique du Président Duraõ Barroso prend des proportions dramatiques.

 

Ce n'est pas de cette Europe de technocrates sans génie et sans âme que nous avions voulu. Malheureusement nous n'avons d'autre choix que de retenir publiquement notre mépris et notre colère. J'ai la conviction que le gouvernement français agira pour contraindre ce groupe de médiocres présomptueux à corriger une dérive qui peut s'avérer mortelle. L'échec évident de leurs recettes devrait, dans un proche avenir, venir à la rescousse de notre démarche.

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Antoine Blanca

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:49

En toute franchise, et en m'efforçant d'être aussi objectif que de coutume, la réunion, à la Maison de la Chimie à Paris, des "amis de Nicolas Sarkozy", est à classer à mi-chemin entre l'échec et la pantalonnade. Visiblement Hortefeux et son équipe de nostalgiques avaient pourtant raclé tous les fonds de tiroir* de la droite. Aux côtés des inconditionnels de toujours (autrement dit de ceux qui savent que leur existence en politique dépend entièrement de l'ancien président), on pouvait reconnaître le sourire carnassier de Copé, le sourire contraint de Fillon, le regard fouineur de Dati en quête de bouée de sauvetage politique, et les applaudissements retenus de beaucoup d'assistants qui se demandaient s'ils avaient bien fait de venir...

C'est que ce type de colloque n'a de sens qu'en trois types de circonstance:

-  la veillée funèbre où les uns et les autres prononcent l'éloge du défunt;

 - la consultation informelle avant de décider de l'opportunité de relancer un leader vaincu;

-  l'annonce du retour de ce dernier au premier plan.

Comme il ne s'agissait de rien de tout cela, il fallait bien s'attendre à ce que personne ne sache vraiment ce qu'il était convenable de dire ou de ne pas dire. En fait c'était un cirque où seuls les clowns tristes étaient invités à la performance, où prédateurs et charognards devaient rester dans leur tanière, avant d'être autorisés à se disputer le cadavre du zèbre.

Conséquence, le spectacle fut mortel. Seul point positif pour Sarkozy, lequel tire les grosses ficelles en coulisse: il a été démontré que sans sa petite personne, la droite n'existe pas. Ou plus. Ou pas encore...Le bateleur professionnel, l'illusionniste sans illusion, le premier producteur mondial de projets de lois sans suivi, demeure, pour le moment, le seul espoir d'un conservatisme sans idées, incapable de proposer un programme de sortie de crise.

Les Français l'avons échappé belle: si François Hollande avait été battu, la moitié de la France serait aujourd'hui dans la rue, l'autre en train de se préparer  au voyage. Cela n'empêche nullement les parlementaires UMP d'expliquer en substance: "ah! Si nous avions été au pouvoir ces dix dernières années, nous n'en serions pas là!!!".

 

Antoine Blanca

* On est même allé chercher Ingrid Bétancourt pour qu'elle exprime sa reconnaissance publique à l'ancien président. L'héroïne franco-colombienne a du culot. Elle aurait pu tout aussi bien saluer le soutien sans faille de Delanoë qui avait affiché, sur le façade de la place de l'Hôtel de Ville, un portrait géant de la sainte. Pendant six ou sept mois. Mais la vérité est qu'elle, (et une poignée d'autres ôtages), fut libérée par un commando de l'armée colombienne. La Colombie où elle avait été candidate à la présidence (quand elle fut capturée elle était créditée de 0,5 à 1% des suffrages). C'est en cherchant un scoop médiatique, qu'elle se jeta pratiquement dans les bras des FARC en pleine forêt tropicale. Les Colombiens se demandent encore: qu'était-elle allé chercher dans cette galère?

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 15:28

L'Italie vote dimanche et lundi. Chez nos voisins l'élection des députés est décisive. Son résultat détermine l'orientation poliitique du gouvernement du pays. Bref, c'est une peu comme nous, sous la IVe République. La gauche a des chances de l'emporter. Une gauche qui a beaucoup  changé. Sous les coups de scandales de corruption, de l'embrouillamini démagogique berlusconien, de l'effacement du plus important PC d'Europe occidentale et de la Démocratie Chrétienne. Aujourd'hui, c'est le Parti Démocratique qui porte essentiellement les espoirs d'un changement. Une force de rassemblement qui avait innové en organisant les premières 'primaires ouvertes' en Europe (en France le PS s'en était inspiré). Si cette gauche l'emporte, le résultat sera bénéfique pour ses amis Français. Hollande ne sera plus isolé dans l'Union européenne. L'Italie esr un pays pionnier de la Communauté. C'est à Rome que fut signé, en 1957, le Traité fondateur. Un potentiel allié de poids pour Hollande.

Quelles sont ses chances? Si Mario Monti a contribué à réduire le déficit public et à restaurer la confiance des marchés (sa rigueur et sa probité méritent le respect), l'économie demeure fragile, le chômage atteint des niveaux historiques et l'ensemble de la classe moyenne est aujourd'hui précarisé. De retour sur la scène, Berlusconi promet à tour de bras (même la suppression des impôts et des taxes ---il est toujours aussi propriétaire de plusieurs chaînes de TV et de journaux à gros tirage). Il possède en outre  l'AC Milan, l'équipe de foot qui vient de battre le FC Barcelone. Un grand de la Ligue des Champions ! En Italie, ça compte...

Un bateleur peut séduire enfin des désespérés de la politique...Une sorte de Jérémy le Grillon qui n'aurait jamais dû sortir de son théâtre.

En un mot, le Parti démocratique est le seul à incarner un changement raisonnablement porteur.


La journaliste Concita de Gregorio écrit dans La Repubblica:" Nous sommes engourdis dans une campagne qui s'enlise dans les débats sur les retraites et les impôts, le drame des préretraités et  les cotisations. Le monde politique à la chasse aux voix, s'adresse uniquement à ceux qui travaillent ou ont travaillé. Mais presque la moitié du pays est sans emploi, travaille au noir ou pour une revenu inérieur à 1000 euros...On est à des années lumière des polémiques sur l'ISF"...

Bien pour l'analyse, la description d'une situation. Mais concrètement, que faire pour retrouver la croissance par la consommation, tout en continuant à mettre de l'ordre dans la machine économique et financière. La Commission européenne a des exigences qu'elle rend publiques, chiffres dans une main, prévisions pessimistes, donc démobilisatrices, dans l'autre. Elle est bien le reflet doctrinaire de l'Europe libérale, voire thatchérienne.

 

Avec, peut-être dès la semaine prochaine, une France et une Italie de gauche, les choses peuvent, par contagion naturelle, commencer à changer. En continuant l'orientation classique, basée sur moins d'Etat, moins de services publics, moins d'aide aux plus démunis (sur les 26 milliards d'euros de réductions des dépenses publiques dans le plan d'austérité triennal de Monti, 5 concernent les dépenses de santé), nous allons droit dans le mur.

En bonne logique on voit mal comment ces politiques d'austérité peuvent conduire au retour à la croissance. Certains veulent pourtant nous le faire croire. Par rigidité idéologique ou, le plus souvent, pour satisfaire un égoïsme de privilégié.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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