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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 10:48

Le Président Hugo Chàvez est, on le sait, de retour à Caracas après avoir subi une quatrième, et sans doute ultime, opération à Cuba. Malheureusement pour le 'Comandante', et ceux qui ressentent de l'amitié pour lui, son retour au pays ne signifie pas guérison de son cancer dans la région abdominale. C'est sur un lit d'hôpital qu'on l'a photographié avec ses deux filles. La publication de la photo avait pour but de rassurer. C'est raté. Le fondateur du bolivarisme socialiste avait de la peine à esquisser un sourire. Mais il n'est pas parvenu à masquer sa profonde tristesse intime

.

Celle qui vous envahit quand on dit adieu à la vie

.

Mais la préoccupation de Chàvez et du premier cercle chaviste est d'assurer la continuité du pouvoir dans le respect de la Constitution.

L'opposition avait déjà opposé un recours contre la prestation de serment du vice-Président Nicolàs Maduro, en absence du Chef de l'Etat qui avait été réélu dès le premier tour avec 56% des voix. Mais le Tribunal suprême avait validé la procédure et désormais Maduro assure légitimement l'intérim présidentiel.


L'urgence aujourd'hui est que, Chàvez étant de retour au pays, il soit en mesure de prêter, lui-même, serment de fidèlité à la Constitution. S'il vient à disparaître, une nouvelle élection ne serait alors plus nécessaire pour installer Maduro au palais de Miraflores.


Dernier obstacle: Chàvez étant intransportable, c'est le Tribunal Suprême qui devrait aller auprès du malade à l'hôpital. Les chavistes espèrent que les hauts magistrats accepteront de se prêter à cette innovation.


On en est là pour le moment. Et le temps presse. D'autant que la désignation de Nicolàs Maduro, venu du syndicalisme et très lié à la base du PSUV, a bousculé certaines ambitions. Dont celle du président de l'Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, officier de carrière et représentant le chavisme militaire...Quant à l'opposition elle ne désarme pas, même si les récentes élections dans les Etats fédérés se sont transformées, pour elle, en déroute. Trois postes de gouverneurs sauvés, sur 24. Celui de Miranda, Henrique Capriles, fait cependant partie des miraculés, malgré un très bon score du chavisme.

L'évolution de la situation est suivie avec intérêt par toute l'Amérique latine que Chàvez a, d'ores et déjà, marqué de son empreinte.

 

Antoine Blanca

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 15:57

Les élections municipales auront lieu dans un peu plus d'un an à Paris, mais déjà le petit monde de la droite parisienne, et des environs, est parti en guerre pour l'hypothétique succession du Maire de la capitale. Dégoulinante d'ambition mal placée, oublieuse déjà de sa bonne ville de Longjumeau, où elle n'aura fait que passer, Nathalie Kosciuscko Morizet (alias NKM) n'est pas la dernière à avoir fait acte prématuré de candidature.

Du coup on ne parle plus de l'ex-Premier ministre Fillon, éternel indécis, qui ne veut pas courir le risque d'un camouflet électoral d'envergure. Il est passé expert à les éviter. Député et maire de Sablé, dans la Sarthe, assuré d'une défaite douloureuse aux législatives, il a préféré la sécurité dans une confortable circonscription parisienne vainement convoitée par Rachida Dati. Et revoilà cette dernière pré-candidate, elle aussi, à l'investiture UMP à l'Hôtel de Ville. Certes le mode de désignation de la tête de liste n'a pas encore été arrêté, mais on sent déjà que la bataille sera chaude. Et incertaine.


Bien entendu, si Bertrand Delanoë avait envisagé de se représenter, on aurait eu très certainement moins de postulants. Mais le Maire ne se représentera pas. Treize ans, estime-t-il, c'est suffisant. Il a bien servi Paris. C'est une tâche exaltante. Demain, il veut s'ouvrir d'autres horizons. Et rien ne le fera changer d'avis. Tous ceux qui le connaissent bien vous le confirmeront. En outre il s'est engagé à soutenir celle qui l'a secondé, avec fidélité et compétence, en tant que 1er adjointe. Anne Hidalgo. Il ira jusqu'au bout de sa décision. Jusqu'à la victoire, espère-t-il, d'une femme, la première à être investie d'une telle responsabilité. D'ores et déjà il observe la bataille impitoyable à droite avec un certain sourire.


Mais lui, quelles sont ses ambitions d'avenir? Je crois que personne n'est en mesure de répondre à cette question. Pas même lui, peut-être. Quand il s'est lancé dans la bataille des primaires de la capitale, il avait affaire, en principe, à forte partie. Pour tout dire Jack Lang s'y voyait déjà, fort de son ego sur-dimensionné, et de son goût pour le bling-bling. Mais Bertrand, qui avait présidé pendant des années le groupe minoritaire socialiste au Conseil de Paris, l'emporta haut la main. Depuis il a traversé quelques épreuves (la moindre n'a pas été celle du grave attentat, d'un coup de poignard, lors de la première Nuit Blanche!), mais s'est rapidement affirmé comme une personnalité de premier plan de la vie politique nationale. Au PS, son double talent de gestionnaire et d'orateur est reconnu. Il a été aussi, en d'autres temps, député puis sénateur...Que peut-il ambitionner désormais sinon un grand ministère ou...davantage.

Mais sur ce point nous entrons dans le domaine des intuitions. Et, quand nous en avons une, il est prudent de ne pas la révéler...

 

Antoine Blanca

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 16:14

Rafael Correa vient d'être réélu pour un mandat de 4 ans à la tête de l'Equateur. Il fêtera ses cinquante ans le 6 avril prochain. L'homme inspire respect et confiance. Par son physique de rugbyman (un sport non pratiqué dans son pays), visage volontaire, large d'épaules, trapu, bien sur ses appuis; par sa pugnacité politique jamais démentie. Selon les critères latinos, c'est un homme de gauche, même si cette qualification ne fait pas partie de son vocabulaire. Les conservateurs de la région lui ont d'abord collé l'étiquette de 'chaviste'. Il ne se donne pas la peine de démentir. En vérité il entretient un dialogue d'égal à égal avec son bouillant voisin vénézuélien, comme d'ailleurs avec Fidel, qu'il respecte sans obséquiosité. Il veille surtout à être en bons termes avec ceux qui gouvernent les pays ayant une frontière avec le sien.

Politiquement c'est avec Lula qu'il avait établi la meilleure relation de confiance. Pendant le nouveau mandat qui commence il va s'efforcer d'élargir le champ de ses relations. Avec Ollanta Humala, du Pérou; avec Dilma Rousseff, du Brésil, avec Peña Nieto du puissant, mais plus lointain, Mexique.

Une solide formation universitaire d'économiste (à Quito, puis à Louvain et à Chicago où il soutiendra avec brio sa thèse de doctorat). En Belgique il avait épousé une belle francophone, avec laquelle il a fait trois enfants. Il est raisonnablement catholique.

Il avait déjà, avant de s'installer au palais, une expérience de l'exercice du pouvoir comme conseiller du président Palacio qu'il quittera après avoir manifesté son désaccord. La servilité vis-à-vis du FMI et de la Banque Mondiale n'atait pas son genre. Devenu président en 2006 il dénoncera leur manière de soumettre les Etats faibles à leur conception ultra libérale de l'économie. Depuis il s'est complètement libéré de leur lourde tutelle. Sans rompre: il ne traite que d'égal à égal. Comportement identique vis à vis du 'grand frère' de Washington.

A voir les résultats de l'élection d'hier (56% dès le premier tour), il a réussi sur toute la ligne.

Né à Guayaquil, sur la côte Pacifique, il a pourtant les silences et la réserve des équatoriens de la Sierra. Il a donné des gages aux peuples indigènes de l'Amazone comme à ceux des montagnes. Deux langues 'indiennes' sont devenues langues officielles aux côtés du Castillan. Il a démontré son souci de l'écologie (les îles Galapagos sont en Equateur, par exemple), en renonçant à plusieurs exploitations pétrolières représentant 800 millions de dollars de revenu par an.

Mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir des réserves importantes en matière d'hydro-carbures. Bientôt l'Equateur sera un gros producteur d'or noir. Cela aide à affirmer son indépendance...La plus grande critique que je fais au président Correa c'est sa méfiance, presque institutionnelle, et du parlement, et des partis organisés. Son présidentialisme trouvera inévitablement sa limite en 2017, quand il ne sera pas rééligible. Quels hommes assureront la continuité de son oeuvre?

 

Antoine Blanca

N.B.: la République de l'Equateur s'étend sur 270.000 km2. C'est à la fois un pays de l'ocean Pacifique, avec son grand port de Guayaquil (où Bolivar et San Martin signèrent 'la paix des braves'); un pays andin avec la capitale Quito; un pays amazonien. Anecdote: c'est en Equateur qu'on confectionne les célèbres chapeaux 'Panama'. Le pays qui leur a donné le nom se contente de les commercialiser. Les paysannes andines récoltent et manipulent la précieuse fibre qui donne à la fois élégance et souplesse aux amateurs de couvre-chefs tropicaux de luxe. Méfiez-vous des contre-façons...

Avec le Vénezuela et la Colombie (certains ajoutent le Pérou), l'Equateur fait partie des pays bolivariens, cf. les couleurs identiques des drapeaux des trois pays considérés.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 11:34

Valencia C.F. l'orgueil sportif du peuple valencien, recevait dans son stade historique, Mestalla, le PSG, pour les huitièmes de finale de la coupe des clubs champions. Une des trois meilleures équipes de la péninsule ibérique au palmarès international glorieux. L'apparence de la crise est visible à proximité immédiate de la rencontre: le nouveau stade à moitié construit et qui ne sera, sans doute, jamais terminé. Mestalla Nou*, projet ambitieux avec une capacité de 70.000 places, inspiré par le Nou Camp de Barcelone. Heureusement, lui, depuis longtemps inauguré. Et même rentabilisé grâce aux exploits du Barça.


Que vient faire le foot dans un article sur la crise espagnole, me direz-vous? Simplement parce que la situation du football valencien illustre bien le drame que vit actuellement le pays tout entier. Le prestigieux club a enregistré au 1er janvier 2013, 360 millions de dettes. L'équivalent de son budget annuel...! Le Conseil régional du  Pays valencien**, a accepté de garantir cette dette, conjointement avec la banque BANKIA. Vous savez, celle qui avait fait bâtir, au temps de sa récente splendeur, deux spectaculaires tours jumelles penchées l'une vers l'autre, formant une sorte d'arche triomphale sur la plus grande avenue de Madrid. Or tant la Conseil régional que l'établissement financier, sont aujourd'hui en cessation de paiements***. Ces deux institutions ont appelé elles-mêmes au secours l'Etat espagnol. Lequel ne peut faire autrement que de couvrir tout le monde****. Un Etat pourtant aux abois (le déficit de l'Espagne pour l'année 2012 est le plus catastrophique de son histoire, tout comme le déficit cumulé des 40 dernières années). En réalité le grand pays est devenu insolvable, comme le sont les espagnols endettés.  Soit 60% des foyers...


En résumé un club de foot professionnel en cessation de paiements, est couvert par deux institutions souffrant du même mal, couvertes enfin par un Etat à bout de souffle, voire ruiné.


Quel gouvernement est contraint d'affronter ce désastre? Il est non seulement lui-même en lambeaux, mais encore miné par les scandales à répétition qui frappent le parti au pouvoir. Et en premier lieu son chef, Mariano Rajoy. Tout comme, d'ailleurs, toutes les communautés, locales, provinciales et régionales que son parti, le Parti populaire, dirige. La droite espagnole a les bras profondément enfouis dans le cambouis. Pour ne pas utiliser un autre vocabulaire. Comme dans la fable de La Fontaine, ' Les animaux malades de la peste': "ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés".


On me dira: la France est elle-même en crise. La différence c'est qu'en Espagne (comme au Portugal d'ailleurs), la dite crise s'est transformée en débâcle.

Seul un plan de sauvetage, à l'échelle européenne, construit dans un esprit de solidarité et de générosité bien comprise, peut éviter un désastre majeur qui ne laisserait aucun pays indemne. Y compris la rigide et hautaine Allemagne dont beaucoup de choses dépendent.

 

Pessimisme de notre part? Certainement pas. L'Espagne n'est pas une nation que l'on fait disparaître dans les mers, aussi déchaînées soient-elles. La grandeur est dans le coeur de chaque espagnol. Elle est donc indestructible. En 1898 le pays de Cervantés et de l'Escorial perdait ses  dernières colonies lointaines. Cuba, Porto Rico, les Philippines. Elle se réveilla en état de choc. Se croyant, la veille encore, à la tête d'un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, l'Espagne se découvrait enfin dans sa nudité. Une nation de plus du sud de l'Europe, avec se châteaux vides de leurs occupants. Et les fantômes d'un passé glorieux. Mais cela finit par donner une génération littéraire et artistique comme elle n'en avait pas connu depuis El Siglo de Oro.

La Generacion del 98 allait rayonner dans tout le pays et dans l'Amérique hispanophone pendant quatre décennies.

 J'ai l'intime certitude que la génération intellectuelle issue de la nouvelle crise fera, elle aussi, éclater son génie. Car les grands peuples relèvent toujours la tête.

 

Antoine Blanca

 

* Mestalla, quartier de Valence qui abrite le stade. "Mestalla Nou", ou nouveau Mestalla s'inspire du Nou Camp, le "nouveau" stade du Barça. Le Valencien et le Catalan sont des langues soeurs.

** Plus précisément il s'agit de la Generalitat, parlement autonome du Pays valencien.

*** Bankia avait bâti sa gigantesque fortune sur les prêts immobiliers et avait convaincu 10 millions de foyers espagnols d'acheter leur logement à crédit, parfois étendu sur plus de 18 ans.

**** Les clubs de foot professionnels espagnols ont au total une dette de 5 milliards d'euros. Personne ne comprend comment ils peuvent continuer le championnat et 'acheter' de nouvelles vedettes...

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:28

La confrérie des 'Frères musulmans' a participé à toutes les  élections depuis que Moubarak avait tenté de se donner un  vernis de pluralisme. Après la 'révolution' des scrutins enfin démocratiques ont porté les "Frères" au pouvoir, tant au Parlement qu'à la présidence (Mohamed Morsi, élu au 2e tour). S'ils n'ont pas obtenu la majorité absolue, la loi électorale leur permet d'exercer la totalité des pouvoirs*. La seule force susceptible de s'opposer à leur hégémonie est l'armée. Aussi Morsi a-t-il décapité son haut commandement dès les premiers jours de son mandat. Quant à l'opposition laïque, elle s'est réunifiée bien trop tard. Quand les jeux étaient déjà  faits. Depuis le nouveau régime réprime, à l'ancienne, toutes les manifestations. 

Les 'Frères' ne paraissent pas impressionnés. Impavides, ils ont laissé passer la grande tempête.

C'est que, comme l'écrit Eric Trager dans la revue Foreign Policy**, "les Frères musulmans sont avant tout une organisation politique...qui utilise la religion comme instrument de mobilisation".
La direction suprême du parti, appelée 'Conseil de guidance' compte 20 membres désignés dans des conditions plutôt mystérieuses. En fait la confrérie se compose de deux catégories de membres: les 'membres actifs', qui ont subi un processus d'avancement d'une durée de cinq à huit ans, avec des évaluations régulières par des cadres; la piétaille composée de fantassins du petit peuple, eux-mêmes divisés en 'familles'. Le système couvre tout le pays tel une vaste toile d'araignée. Cette base est appelée à se mobiliser dans la rue ou à fournir les milices musclées. Celles-ci encadrent toute manifestation ou menacent les adversaires. En échange de ces services, la confrérie les assiste socialement (aide alimentaiire, vestimentaire, médicale...).  

L'élite (formée des membres actifs) a dû franchir quatre échelons. La formation comprend, certes, la récitation par coeur du Coran, mais surtout les enseignements des fondateurs de la confrérie, Hassan el Banna et Saïd Kateb. Si le premier point est banal (tout bon musulman est supposé connaître son catéchisme), le second fait l'objet d'un endoctrinement impitoyable.

La confrérie a renoncé à utiliser l'assassinat politique et la terreur*** comme modes d'action (Nasser échappa à plusieurs attentats et, bien avant, le grand père de Boutros Ghali, seul chrétien copte à être devenu Premier ministre, fut mis à mort). 

En tout cas, contrairement à ce qui s'est dit dans certains milieux occidentaux, la confrérie a peu de chose à voir avec un équivalent islamique de la Démocratie chrétienne.

Il s'agit d'un parti totalitaire ayant pour objectif central l'établissement d'un pouvoir totalitaire. 

 

Antoine Blanca 

 

* Morsi n'est qu'un dirigeant mineur de la confrérie, partie visible d'un redoutable iceberg.

** Cette revue est publiée à Washington et fait appel aux meilleurs spécialistes en matière de politique étrangère.

*** La terreur subsiste contre la minorité chrétienne. Les coptes, 10% de la population, ne sont pas des convertis au christianisme. Leur communauté est vieille de presque 2000 ans et résista, aux VIIe et VIIie siècle, à l'islamisation du pays. Ils sont arabophones et aussi égyptiens que les autres.

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 22:34

Oui, on ne le dira jamais assez: Benoït XVI a enfin innové. En prenant à 85 ans une retraite anticipée. Notre presse a exploité l'événement à fond. Et ce n'est qu'un début: avec le Concile qui se prépare il va y avoir matière à spéculations. Dieu seul sait si on n'organisera pas un PMU spécial pour l'occasion.

Pourquoi pas un Africain disent certains. Histoire d'amuser la galerie. Interrogé à ce sujet, au terme de sa visite à l'Elysée, le président nigérian a répondu par un sonore éclat de rire. Il avait raison. Cette hypothèse n'est prise au sérieux par personne...Dison que le seul fait immédiatement sensible est la chute de Berlusconi dans les sondages (les Italiens votent dans dix jours). Il était en train de rattraper le candidat de gauche quand, soudain, les électeurs italiens ont réalisé que, malgré ses chirurgies faciales multiples, et ses prétendus exploits sexuels, Il Cavalieri, avait largement dépassé l'âge de la retraite...

 

En vérité nous sommes fondés à croire que l'Eglise catholique romaine va poursuivre, intensifier sa dérive droitière, voire réactionnaire. De tous les lobbies qui froufroutent à Rome, le plus efficace, le plus riche, le mieux introduit est celui de  l'Opus Dei. En outre la petite foule de nouveaux cardinaux promus par Jean-Paul II, et par son successeur, est venu renforcer puissamment la tendance conservatrice. Nous sommes loin du temps de la théologie de la libération, des prêtres qui militaient contre le colonialisme, innovaient en matière de dialogue avec les autres croyances et avec les non croyants. Jean-Paul II avait serré les boulons et Ratzinger a eu à coeur de vérifier, jour après jour, qu'il n'y avait pas de jeu dans les rouages.

A la veille de l'arrivée d'un nouveau souverain pontife le Sacré Collège est en ordre de marche. En avant donc pour une nouvelle contre-réforme.

Dieu merci.

 

Antoine Blanca

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:01

Ses prises de position contre l'intervention de la France au Mali sont pratiquement passées inaperçues. Visiblement les médias avaient, en ce moment, beaucoup mieux à faire que de se préoccuper des incartades  de Mélenchon. Après tout le co-président du Front de gauche ne représente pas beaucoup plus que sa mégalomaniaque personne. Au PS ses diatribes ne sont pourtant pas passées sans provoquer des interrogations. Certains responsables ont manifesté, dans le premier cercle du 10 rue Solférino, leur inquiétude. Jean-Luc s'était-il concerté, préalablement, avec ses camarades de route du PCF? Dans cette éventualité il y aurait forcément des conséquences dans la préparation des élections municipales de mars 2014. Mais le Bureau national n'a pas retenu cette hypothèse et a décidé, pour le moment, d'ignorer cette nouvelle agression verbale de l'ancien Secrétaire d'Etat du gouvernement Jospin.

 

Jean-Luc ne s'est pas limité à critiquer, à l'intérieur de nos frontières, la décision du Président Hollande de se porter au secours du vaste pays africain dont la capitale, Bamako, était ciblée par l'offensive des bandits salafo-djihadistes. Il s'est aussi répandu dans la presse algérienne, encore sous le choc du drame du site pétrolier d'In Aménas, en attaques contre le gouvernement de gauche de son propre pays. En dehors de cercles politico-religieux ultra minoritaires, les propos mélenchoniens sont  mal passés à Alger.

 

Sur quels arguments se fonde le leader du Parti de Gauche pour critiquer l'intervention française? Sur le fait que le gouvernement malien, qui appelait la France à son secours, ne serait pas légitime aux yeux de ce puriste*. La loi internationale aurait été bafouée. Quand j'ai entendu, puis lu et relu ses déclarations, les bras m'en sont tombés. C'est doublement en accord avec le Droit, tous les juristes le confirmeront, que nos troupes ont stoppé, puis provoqué la déroute des auto-proclamés djihaddistes: 1) parce que nous agissions en vertu d'accords franco-maliens d'assistance réciproque; 2) parce que l'intervention était autorisée, et même ardemment souhaitée, par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

 

A contrario, si l'on suit jusqu'au bout la pensée de l'ancien sénateur PS, le gouvernement français aurait dû rester les bras croisés, assister passivement à l'installation d'un pouvoir extrémiste. Au Mali d'abord, dans une bonne partie de l'Afrique de l'ouest ensuite. Les fous d'Allah et autres moines soldats  auraient alors mis ces pays en coupe réglée, appliqué leur interprétation démoniaque de la Charia, étendu le champ de leurs trafics en tout genre, utilisé le territoire conquis comme base  de leurs actions terroristes et mafieuses..

 

On a du mal à croire à une complicité consciente de la part de celui qui fut un militant ardent de la cause laïque. Lui seul pourrait débrouiller les méandres de la démarche obscure qui est la sienne. Pour ma part je préfère ne pas tenter de l'interpréter.

 

Antoine Blanca

 

* Le Président actuel du Mali dirige un gouvernement de transition destiné à mettre un terme à une dangereuse instabilité civile et militaire. Il est également chargé d'organiser des élections transparentes. Le droit international a donc été respecté à tous égards.

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 10:34

La réunion du Conseil de l'Internationale socialiste s'est tenue dans la station balnéaire de Cascais (près de la Lisbonne) avec le ronron qui lui est habituel. Présentation de bilans, par les dirigeants, interventions convenues des délégués, applaudissements polis des mêmes délégués. Une réunion soporiphique à l'image de la ville qui la reacevait: celle-ci survit au ralenti en cette période hivernale. Non que l'IS ne soit plus d'aucune utilité: elle permet, par exemple d'occuper un peu, pour le PS, une Ségolène qui se traîne comme une âme en peine de l'Ile Maurice à Niort. Comme Brighton en Angleterre, Cascais devient un centre de congrès et de conférences pendant la période creuse.

Le Conseil de l'IS contribuait donc à sortir la station de son coma, l'espace de deux jours. Et puis le scandale est arrivé. Une jeune socialiste espagnole, Beatriz Talegòn, présidente de l'IUSY (internationale des Jeunesses socialistes, ayant Vienne pour siège*) est appelée à présenter son rapport. Et là, stupeur, elle se livre à une attaque en règle des dirigeants de l'organisation (l'IS a pour siège Londres), dénonce l'opacité de ses comptes, le train de vie des dirigeants de tous les partis représentés, le choix d'hôtels 5 étoiles pour les réunions statutaires, le cortège de limousines au service des chefs de délégation..."Tout cela n'est pas conforme au message que nous devons transmettre!". Un court moment en état de choc, l'assistance sort de sa torpeur et ovationne longuement la jeune oratrice. A l'heure de la pause les délégués ne parlaient que de l'événement.

L'expression de la (presque) juste colère de Beatriz est réjouissante et bien venue. Mais je ferais observer volontiers que le fond du problème de ce qui fut l'Internationale ouvrière (2e Internationale), est que cette organisation a été incapable, ces trente dernières années, de procéder à une analyse sérieuse de la crise que nous vivons, crise de société, crise du système capitaliste, crise syndicale, place des pays émergents et de la gauche atypique dont ils ont accouché, effondrement du communisme... Comment les démocrates socialistes ont vécu la fin de la guerre froide et quelles conséquences ils en ont tiré. Quelle explication donner au fait que tant le parti de Ben Ali, que celui de Moubarak, étaient membres de l'IS. Voilà les vraies questions de fond qui se posent et auxquelles personne ne répondra. Le reste est anecdotique: les grands hôtels des stations balnéaires offrent des prix imbattables hors saison touristique, et le pays d'accueil (ici le Portugal) assure les transports des personnalités. Quant au train de vie personnelle des dirigeants, elle ne se caractérise pas, dans la majorité des cas, par le luxe ostentatoire.

 

Antoine Blanca

 

* Vienne, la capitale de l'Autriche. Pas la petite ville française de l'Isère...

 

* Tant l'IS, à Londres, que l'IUSY, à Vienne vivent modestement avec une petite poignée de permanents. Mais l'organisation jeune, à Vienne, dépend beaucoup de l'aide de sa soeur aînée de Londres qui ne se montre jamais généreuse.

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 15:42

Le ministère de l'Education Nationale annonce 37% de grévistes parmi les profs des écoles. Je ne m'attendais pas à une telle audience. Naïvement, sans doute, j'avais pensé que ces enseignants ne repecteraient pas la consigne des syndicats.
En premier lieu parce que la réforme annoncée des rythmes scolaires est non seulement logique, mais indispensable. La pause de midi doit être prolongée et les heures de cours davantage étalées. La majorité des pédagogues européens confirmeront la pertinence de cette réforme. Bien entendu, la discussion est toujours possible. Mais arrive toujours le moment de décider. Et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault l'a fait. La concertation avait été très large et les responsables du Ministère en avaient tiré le sentiment qu'il y avait consensus sur l'aménagement envisagé.*

Les désaccords sont possibles. Mais ils ne justifient ni manifestation, ni grève. François Hollande est en train de mettre en oeuvre ses 60 engagements. Huit mois après 40 d'entre eux sont déjà tenus ou en voie de l'être. Dont celui concernant l'Education. 60.000 postes créés à l'issue du quinquennat. Nous sommes, à l'heure actuelle, le seul pays d'Europe à consentir un effort d'une telle envergure.

On a du mal à comprendre. Dans la conjoncture difficile** à laquelle nous sommes confrontés les parents d'élèves, très majoritairement, sont favorables à une réforme qui se fait dans l'intérêt des enfants. Et surtout les travailleurs des secteurs les plus menacés par la crise admettent difficilement que ceux et celles qui n'ont aucune inquiétude pour leur emploi descendent dans la rue pour défendre leur confort horaire personnel.

Cela frôle l'indécence.

 

Antoine Blanca

 

* Le syndicat majoritaire ne remet d'ailleurs pas en cause le fond de la réforme, mais son calendrier. Pour lui, elle devrait intervenir à la rentrée 2014/2015.

** La Cour des Comptes vient encore de réprimander l'Exécutif. Elle lui demande de faire davantage d'économies...

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:49

En attendant que la Justice se prononce sur la plainte  en diffamation déposée par Jérôme Cahuzac, la Suisse a apporté un puissant éclairage sur cette surprenante affaire: l'actuel ministre du Budget n'a pas eu de compte en Suisse pour la période allant de 2006 à nos jours. On ne pouvait donner d'information pour la période antérieure à 2006 du fait de la législation helvète. On se souvient que, pour Mediapart, cette personnalité socialiste aurait eu un compte à la banque UBS jusqu'en 2010, date de son élection à lé présidence de la commission des finances de l'Assemblée Nationale (par un accord entre les groupes PS et UMP toujours en vigueur après le changement de majorité, un UMP présidant ainsi aujourd'hui la dite commission). Mediapart allait jusqu'à préciser que le compte litigieux avait été transféré à Singapour...

Si Mediapart insiste, c'est que la revue en ligne dit s'être procurée un enregistrement téléphonique dans lequel on entendrait le député PS parler avec son épouse du fameux compte. Acculé par les questions de se confrères, Edwy Plenel a fini par avouer que toute son "information" lui avait été communiquée par l'adversaire politique local de Cahuzac. L'enregistrement, forcément 'pirate', donc a priori douteux, remonterait à 2010.

Le journal de M.Plenel n'a pas procédé à d'autre vérification malgré le caractère douteux et intéressé de la source.

Aujourd'hui, en dépit de la mise au point suisse, Mediapart s'accroche à sa version contestée. Chez Plenel, c'est une habitude. Il a, en matière de fausses nouvelles, un passé bien lourd.

En août 1991, au terme d'un long périple latino-américain, il affirme dans un article intitulé 'scandale au Panama' détenir la preuve que la campagne de Mitterrand en 1988 avait été, partiellement, financée par le général Noriega, devenu dictateur de la petite république qui contrôle le Canal. Le PS dément et Le Monde, alors employeur de Plenel, se voit, après avoir hésité quelques jours, contraint à 'présenter ses excuses à ses lecteurs et aux intéressés': les deux lettres à en-tête de l'Ambassade de France sur lesquelles s'appuyait l'article de leur reporter vedette étaient des faux, des faux grossiers*. Il aurait suffi de vérifier auprès du Quai d'Orsay: le prétendu signataire des lettres incriminant le PS, n'était plus en poste à la date indiquée. En outre, l'ancien ambassadeur que je suis est bien placé pour savoir que des informations confidentielles de ce type ne font pas l'objet d'une lettre signée par un conseiller, mais d'un télégramme diplomatique chiffré signé par le chef de poste.

Une nouvelle fois M.Plenel est pris la main dans le sac. Une information est toujours bonne à prendre. La vérification prend du temps et risque d'infirmer le contenu du scoop. Il y a un journalisme fiable et un autre non fiable. Mediapart fait partie de la seconde catégorie.

 

Antoine Blanca

* La direction du Monde, malgré son embarras, ne sanctionna Plenel qu'à six mois de suspension de signature. Et plus tard le journaliste se vit confier la direction de l'informationdu grand quotidien du soir.

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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