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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 12:42

La droite française s'essouffle à courir derrière tous les wagons qui passent et ne sait plus à quel saint se vouer. Ayant cru trouver un bon cheval avec la mobilisation contre le mariage pour tous, elle s'est accrochée à sa queue. Mais c'était l'inénarrable Frigid Barjot qui conduisait la monture forte de multiples bénédictions vaticanes. Copé et les siens se traînaient en queue de peloton. Les intégristes et les soutanes de Saint Nicolas-du Chardonnet étaient plus visibles que la poignée d'élus de l'UMP. Le Saint Esprit avait du mal à inspirer ces malhureux élus.

Ils pensaient remonter le cortège en faisant du bruit et de l'obstruction à l'Assemblée Nationale. Au bout d'une semaine ils ont dû baisser pavillon, la queue basse. Ils avaient fini par comprendre que même la France de droite était lasse de la médiocrité de leur discours répétitif. Finalement, l'héroïne de l'épisode aura été la ministre Christiane Taubire dont on a pu découvrir la force de la réplique et le sens contagieux de l'humour...

 

L'intervention française au Mali était, pour la droite ordinaire, difficile à condamner. Alors, à travers leur presse officielle (Le Figaro), ou officieuse (L'Express, Le Point), ses plumitifs ont commencé à flatter le porte-monnaie du contribuable moyen. Sur les airs bien connus de: "combien de temps va-t-on rester là bas", "combien l'aventure va-t-elle nous coûter", "ne risque -t-on pas l'ensablement saharien"...?

Le ministre de la Défense a été à la hauteur. Il a choisi la transparence, donné des chiffres précis sur le coût de l'opération, et sur les premiers bilans: des centaines de morts chez les terroristes et libération de toutes les villes occupées par la barbarie. Difficile à contester. Raisonnablement la France ne peut abandonner le terrain reconquis qu'en passant le témoin à une force compétente. Aujourd'hui, dans tout le Mali, les terroristes des différentes factions salafistes sont des bêtes traquées dans des reliefs arides. Incapables de tout mouvement offensif.

Nos soldats savent que la relève se prépare. Mais cela prendra du temps*. Bien entendu des attentats terroristes sont toujours possibles. Des tentatives kamikazes ont déjà eu lieu, détectées le plus souvent par une population malienne, massivement hostile au djihadisme et à ses méthodes.


La droite en mal de cause sera toujours plus à l'aise dans la critique du social et de l'économique. Nos inconstants alliés naturels d'une certaine gauche sont disposés, hélas, à lui faciliter la tâche. Mais l'opinion publique est en train de se rendre compte que, pour la première fois depuis dix ans, le pouvoir met tout en oeuvre pour défendre et promouvoir la production nationale et pour sauver des emplois. Avec les limites que nous impose un monde acquis au système libéral. Notre Europe n'y échappe pas...

 

Antoine Blanca

 

* Nous avions prévu une intervention conjointe avec une armée malienne reconstituée pour le milieu du printemps. Il fallait que les militaires de ce pays ami pansent leurs plaies et entreprennent, avec notre aide, une formation qui les rende aptes à affronter une situation nouvelle: reprendre la partie occupée par les ennemis. L'offensive terroriste sur Bamako a tout précipité. Nous avons été appelés au secours. L'ONU a encouragé l'intervention. Nos soldats ont fait, et continuent de faire le nécessaire.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 11:43

Inutile de chercher dans le presse une analyse objective des résultats du dernier sommet européen. Les quotidiens, dans tous les pays membres, sont la propriété de conservateurs partisans d'une Europe des Etats*. A Francfort par exemple, le quotidien qui était favorable au SPD va passer à la trappe, ou devenir la propriété de son adversaire pro-CDU. En France Le Figaro chante sur six colonnes ce que son propriétaire (Serge Dassault, sénateur UMP) qualifie de 'victoire de Cameron et de Merkel'. Lire entre les lignes: 'Hollande a perdu'.**

Toutes ces affirmations méritent d'être nuancées. En réalité notre Président voulait, avant tout, préserver l'aide à notre agriculture (que Londres voulait supprimer), et sauver les subsides aux grandes organisations humanitaires qui aident les plus démunis (ssubsides que la droite voulait diminuer de manière drastique). Sur ces deux points il a fait reculer Londres et Berlin. Mais il est vrai qu'une alliance diabolique, contraire à l'esprit européen, s'est nouée pendant le dernier sommet. A l'axe traditionnel, constitutif du Marché Commun, Paris/Berlin, s'est substitué celui, sulfureux, Londres/Berlin.

Je crains, pour ma part que le seul vaincu en la circonstance ce soit l'esprit européen. Le scepticisme britannique à l'égard des institutions de Bruxelles est bien connu depuis les lamentables déclarations de Mme Thatcher dans les années 80 :"Give us our monnaie back!", exigeait alors cette championne du nationalisme étroit et de l'égoïsme des riches. Son lointain successeur, David Cameron, a été poussé à adopter cette même ligne par sa majorité parlementaire composite.

Les partisans authentiques des Etats-Unis d'Europe sont bel et bien acculés à la défensive. Et il n'y aura plus d'avancée tant que le Royaume-Uni campera sur ses positions (dans ce cas, il serait convenable qu'il s'en aille tenter l'aventure solitaire, sous l'aile protectrice mais gourmande de l'Oncle Sam); et que les allemands voudront utiliser leur force économique actuelle, pour établir une préséance durable de la RFA.

Dans la situation présente on peut mettre quelque espoir dans la Parlement de Strasbourg et sur son droit de veto.

Nous suivrons ses prochains débats avec attention...

 

Antoine Blanca

 

* Les exceptions sont rares et, souvent, douteuses (The Guardian, Liberation, propriété d'un Rotschild).

** Nous constatons une fois de plus que, quand la gauche est majoritaire, les hommes et les femmes de droite (et leurs journaux), oublient leur nationalité pour privilégier leurs intérêts particuliers et le système qui les favorise...


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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 11:22

La grève générale convoquée aujourd'hui en Tunisie par l'UGTT*signifie aussi le retour de la gauche sur le devant de la scène politique et sociale. Ce sont des centaines de milliers de citoyens et de citoyennes (il s'agit du pays arabe le plus progressiste en matière de féminisation) qui vont dire leur colère et tenter de vaincre leur chagrin pour donner sa chance à l'espoir. Des manifestations ont mobilisé toutes les villes. Un deuil national du peuple qui ne supporte plus le despotisme, qu'il soit notoire ou qu'il avance masqué.


C'est la grande confédération syndicale qui appelle à l'épreuve de force avec le nouveau parti dominant. Ses militants savent que son histoire est douloureusement marquée par un assassinat politique, celui de son leader historique, Ferhat Hached, en décembre 1952. La Tunisie était alors un protectorat français, et l'UGTT luttait, aux côtés de Habib Bourguiba et du Néo-Destour, pour obtenir l'indépendance. La lumière n'a toujours pas été faite sur un meurtre qui marqua le point de départ de la lutte armée dans le pays**. Des manifestations massives de solidarité eurent lieu partout dans les pays arabes et ce que l'on appelait alors le Tiers Monde. Aujourd'hui le député socialiste Pouria Amirshahi, secrétaire de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale, a demandé l'ouverture de nos archives sur ce point obscur de notre passé colonial. Le PS et ses ministres au gouvernement devraient appuyer sans délai cette exigeance de vérité.

 

En dépit de tant de raisons d'alarme, un puissant rayon de lumière apparaît grâce à ces mobilisations qui, au Caire comme à Tunis, annoncent une renaissance de la vraie gauche et de ses principes. La laïcité de l'Etat et de la société civile est la première exigence, proclamée sur les places et dans les rues. Face aux ténèbres de la théocratie politique. Les idées progressistes sont en marche et finiront par s'imposer, imposer l'égalité des sexes, l'égalité effective devant la loi. Les Tunisiens aujourd'hui, comme les Egyptiens hier et demain, refusent la loi des barbus, celle de l'intolérance et du retour aux temps des croisades.


Soyons par la pensée, en ce vendredi 8 février, aux côtés de ceux qui se souviennent des martyrs, symboles nord-africains de la lutte pour la liberté, Ferhat Hached, Mehdi Ben Barka, Mohamed Larizi***, sa femme et sa petite fille, les travailleurs algériens abattus le 17 octobre 1962 sur les boulevards et les berges de la Seine à Paris. La liste pourrait s'avérer infinie.

 

Aujourd'hui c'est une colère de gauche qui s'exprime en solidarité avec l'homme de gauche assassiné par l'obscurantisme. Ce même obscurantisme sinistre que Voltaire condamnait dans son livre sur l'affaire Calas****. Demain c'est à la jeunesse qu'il faudra parler, avec toute la patience et la pédagogie voulues, pour démonter les interprétations grossièrement travesties de la religion qu'on prétend lui imposer. Et ouvrir ainsi de vrais chemins à ceux qui, étant à  la recherche d'une noble cause, tombent parfois dans le piège des recruteurs de la terreur.

 

Antoine Blanca

 

*   UGTT:  Union générale des Travailleurs tunisiens

** En 1954 le gouvernement Pierre Mendés-France négocia avec les nationalistes tunisiens, dirigés par Habib Bourguiba, un statut d'autonomie interne qui préparait l'indépendance.

***Le cas de Mohamed Larizi, marocain assassiné en même temps que sa famille par une 'main noire' que l'on dit 'proche du Trône', est intimément lié à  celui de Mehdi Ben Barka, enlevé en plein Paris par de vrais-faux policiers, des barbouzes qui le torturèrent et l'assassinèrent. Son corps n'a jamais été retrouvé.

**** Un cas réel qui eut pour cadre la ville de Toulouse. Jean Calas, négociant, de religion protestante fut supplicié et mis à mort en 1762, accusé d'avoir tué son fils pour l'empêcher de se convertir au catholicisme. Voltaire obtint sa réhabilitation en 1765. Ce fut sans doute le dernier crime de caractère inquisitorial commis en France par l'Eglise et la monarchie.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:41

L'assassinat de Chokri Belaïd, dirigeant du Front populaire*, intervient au lendemain de véhémentes dénonciations par la gauche tunisienne d'instructions qu'aurait données le gouvernement tunisien, dominé par Ennahda (parti islamiste au pouvoir), de multiplier les violences et les intimidations contre les opposants.

L'observateur amical que je suis de la vie d'un pays qui nous est très proche, tout en s'attendant à la multiplication d'incidents et de provocations, n'envisageait nullement à ce qu'intervienne, dans le paysage de cette jeune démocratie, l'assassinat politique. Des méthodes qui n'étaient pas dans les moeurs d'une nation traditionnellement ouverte au dialogue citoyen.


Qui a tué Chokri Belaïd?

Forcément un tueur professionnel. Sans jouer au flic aguerri il est clair que l'assassin avait bien planifié son crime et qu'il n'était pas seul. Deux balles dans la tête, une dans la poitrine: la victime ne pouvait survivre à une frappe aussi chirurgicale.

Les donneurs d'ordre savaient ce qu'ils allaient provoquer: la riposte populaire très rapide, chargée d'émotion et de colère. Et le parti au pouvoir, Ennahda, fidèle réplique des 'Frères musulmans' d'Egypte et de Syrie, a été spontanément désigné comme responsable du meurtre, par les masses d'opposants à la théocratie politique.


C'est aller bien vite en besogne.

 

A moins que ses chefs n'aient perdu le sens des réalités, je vois mal le bénéfice que le gouvernement peut tirer de la violence généralisée qui devient prévisible. Elle ne peut profiter qu'aux extrêmes. A la partie des salafistes liée à la mouvance Al Qaïda. Aux services secrets de l'ancien régime dont la main d'oeuvre spécialisée est aujourd'hui au chômage. Telle est l'alternative.

 

Arrêtons-là les spéculations. A notre sens la recherche d'une solution, si l'on veut éviter que l'incendie ne devienne incontrôlable, est entre les mains du Président de la République, Moncef Marzouki. La situation lui a donné des pouvoirs de fait que la Constitution ne lui attribue pas spécifiquement. A lui de convoquer d'urgence une conférence réunissant tous les leaders représentatifs des différents courants présents au Parlement. Il faut décider des mesures d'apaisement durable indispensables à la consolidation démocratique. Faute de quoi le pays court le risque de se disloquer politiquement et économiquement.

 

Antoine Blanca


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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 15:59

Hollande s'est adressé ce matin au Parlement européen. Il a situé les vrais enjeux politiques, économiques, monétaires et sociaux pour la France et pour les pays de l'Union. On a remarqué, assis au premier rang de l'hémicycle, un Cohn-Bendit ravi par les propos de 'François'. C'est par son prénom qu'il a amicalement interpellé le Chef de l'Etat français qu'il tutoyait, par ailleurs, sans façon, chose protocolairement inhabituelle en séance publique. C'était le VRAI européen qui reconnaissait un homologue authentique en des  temps difficiles, alors que le Premier Ministre britannique parle de désengagement, et que la Chancelière préfère montrer les muscles de son pays à aider à retrouver la voie de la croissance.

 

L'intervention française au Mali a été un test pour les Européens. Si tous ont poussé un ouf de soulagement audible, et partiicipé, d'une manière symbolique mais significative à l'effort de guerre, l'Allemagne n'a envoyé que deux avions ravitailleurs. Dont l'équipage avait pour instruction de ne laisser monter aucun militaire français à bord.

Mais de ce qui pouvait fâcher, François Hollande n'a parlé qu'à l'intention de ceux qui savent déchiffrer les messages codés. Son discours, bref mais plein de substance voulait dire avant tout: c'est davantage d'Europe qu'il nous faut. Pas une Europe rétrécie comme le souhaitent certains. Il n'y aura pas de sortie individuelle de la crise. Alors, ne laissons aucun ami sur le bord du chemin. Notre commerce extérieur souffre d'une monnaie trop forte, alors que les Japonais manient la leur à leur gré et que la Chine joue le jeu à sa guise...Qu'on se rassure, je ne vais pas procéder à une analyse exhaustive des paroles de notre président. Je me contente d'interpréter librement leur tendance, ce que j'ai cru comprendre derrière les mots. Et l'indispensable diplomatie.

 

En France, pendant ce temps le médias déraillent en accentuant tous les faits divers passant à portée de leur plume. Et nos parlementaires, exténués mais encore volubiles, prolongent, du fait de l'entêtement de la droite, un débat que les électeurs considèrent, eux, comme déjà tranché. On vient d'annoncer tout de même, qu'une séance va être consacrée à notre intervention au Mali. Mais toutes les questions urgentes touchant à la vie quotidienne des Français vont  encore attendre la fin des invectives..

 

Antoine Blanca.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 11:51

Selon nos spécialistes,  le renseignement français, tant militaire que civil, a réalisé un énorme travail, amplifié encore aujourd'hui pour assurer la meilleure performance aux opérations françaises et africaines au nord-est du Mali. C'est ainsi que les frappes aériennes, déclenchées à proximité de la ville libérée de Kidal, ont pu être d'une précision chirurgicale. L'ennemi terroriste aspire aujourd'hui à se réorganiser en Libye, dans la région frontalière (Mali, Niger), Celle que contrôlent des tribus armées ralliées au salafisme au lendemain de la mort par lynchage de Kadhafi.

Côté Mali les troupes françaises ont accueilli avec soulagement l'arrivée d'un millier de soldats tchadiens dont la familiarité avec le terrain désertique montagneux est reconnue comme optimale. C'est que Kidal est un fief Touareg. On a fait savoir, après la fuite des djihadistes que, si l'armée française était la bienvenue, il n'en allait pas de même pour la malienne. Kidal est en quelque sorte une ville ouverte, mais les français préfèrent ne pas y entrer comme le ferait une force d'occupation. Le faire avec leurs camarades tchadiens revêt un tout autre caractère.

Voilà donc que la stabilité dans le nord du Sahara est menacée par un pays, la Libye, que l'on avait proclamé libéré. C'est malheureusement très loin d'être le cas, comme en témoigne le terrible attentat de Benghazi contre les installations diplomatiques américaines (l'ambassadeur US compte parmi les victimes mortelles). Dans cette ville, la deuxième du pays, aucun occidental ne peut désormais y entrer, même s'il y a une rue 'Sarkozy'. Et dans toute le Libye le tribalisme est de retour. Seule la capitale, Tripoli, offre une façade de respectabilité et le sentiment qu'une autorité d'Etat fonctionne encore.

Souvenons-nous: quand le président Sarkozy a pris l'initiative de sauver Benghazi (appuyé par l'OTAN et, particuli-rement, par le Royaume-Uni, le PS, par la voix de celle qui en était Premier secrétaire, a apporté un appui sans restriction.

L'actuelle opposition de droite, l'effet de surprise passé, a tout de suite échafaudé des éléments de langage pour tenter d'affaiblir la position du Président Hollande. Thèmes préférés (vite démentis par les faits): la France est isolée, avons-nous les moyens d'un tel effort  budgétaire, risque d'enlisement...La visite inattendue (et triomphale) de Hollande au Mali, les a laissés sans voix. Avant de s'empêtrer dans une autre argumentation à la limite de l'absurde (la  victoire, on la doit d'abord à nos soldats, à un bon équipement....). J'ai entendu une Alliot-Marie, aussi mal inspirée que d'habitude, disqualifier le discours présidentiel de Bamako mieux adapté, a-t-elle proféré, à un discours devant le Conseil général de Corrèze qu'à un grand moment historique...

Ne pas s'identifier sans arrière-pensée, à une France en opération de guerre et à son chef, n'est pas digne d'élus du peuple. François Hollande ne restera au Mali que le temps nécessaire à l'établissement d'une paix durable. Nous savons désormais que tel n'a pas été le cas en Libye...

 

Antoine Blanca

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:38

Le grand quotidien madrilène EL PAIS titre sur une pleine page: "l'ouragan qui menace le gouvernement Rajoy". Une première manifestation a eu lieu hier pour demander sa démission: la police a empêché qu'elle parvienne au siège du PP (Parti populaire, droite, au pouvoir). Mais beaucoup d'autres sont annoncées. La promesse du Président du gouvernement d'ouvrir tous ses comptes personnels n'a pas du tout calmé les esprits. Et ne les calmera pas.

On va comprendre pourquoi.

Les lecteurs de mon blog se souviennent peut-être de mon article relatant comment on avait découvert que le trésorier de cette formation politique, Luis Bàrcenas, tenait une comptabilité parallèle, appelée 'comptabilité B'. On y gérait de la forme la plus opaque les sommes récoltées par le parti chez les riches particuliers et les grandes firmes. Les dons étaient anonymes. Ce procédé était régulier jusqu'à ce que M. Zapatero y mette fin en 2005 en faisant adopter une modification de la loi portant sur le financement des partis. La transparence avait gagné. Mais cela n'empêchait pas les irrégularités du passé.

Le fameux Bàrcenas a avoué que, chaque mois, il remettait une enveloppe à chaque dirigeant ou responsable administratif du parti. M. Rajoy ne pouvait que compter parmi les bénéficiaires. La publication par Rajoy de ses comptes personnels n'exclut nullement qu'il ait reçu des enveloppes mensuelles...

Les Espagnols, déjà désespérés par l'ampleur de la crise, ne contiennent plus leur fureur.

C'est au milieu de tout cela que l'on a appris  que l'ancien trésorier Bàrcenas avait tenu un petit journal, pendant 18 ans, notant minutieusement ce que EL PAIS qualifie de "secrets comptables du PP". On a appris aussi l'existence en Suisse d'un compte du PP d'un montant de 22 millions d'euros.

Personne ne peut répondre à la question: jusqu'où cela ira? On n'imagine pas, en tout cas, d'aboutissement heureux pour la démocratie espagnole.

 

Antoine Blanca

 

Antoine Blanca

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:08

La réception réservée par les habitants de Tombouctou à François Holllande, donc à la France, m'a personnellement ému aux larmes. Cette ville était, il  y a peu de jours encore, occupée par des guerriers du Moyen-Age, pratiquant une justice barbare contre d'honnêtes musulmans. Pratiquement aucun d'eux n'a voulu se reconnaître dans cette pratique de leur religion. Pour la première fois dans une ancienne colonie, notre président et nos sodats sont vus et accueillis en libérateurs. Historique. Des réceptions colorées, festives, ont été certes réservées à nos Chefs de l'Etat en visite officielle. C'était convenu, ordonné et vigoureusement applaudi par des foules bien alignées  qui chantaient ou criaient les slogans d'amitié décidés par le parti officiel. Cela n'a pas été le cas pour Hollande au Mali. N'importe quel téléspectateur a pu constater combien les débordements étaient spontanés. Les femmes passaient outre le service d'ordre pour embrasser le  premier des français, exténué, mais visiblement heureux. C'était le libérateur. Pour un habitant de Tombouctou c'était un peu  ce que fut pour Paris la descente des Champs Elysées en août 44 par le Comité National de la Libération autour de son chef. Rapprochement volontairement osé...

La qualité et le forme de la réception par le peuple de Tombouctou, signifiait aussi la fin définitive de la françafrique. Ce n'est plus la puissance tutélaire qu'on reçoit avec un protocole décidé d'en haut, mais un ami qui est venu  vous sortir d'un affreux cauchemar.


Il est définitivement établi, le Président l'a dit et repété avec solennité, que nos forces combattantes ne resteront pas au Mali un jour de plus que nécessaire. Mais le bon travail de nos troupes ne sera pas bâclé. Le gros des militaires africains de la nouvelle mission ne sont encore pas là. Et pour assurer la reconquête il faudra aussi obtenir la coopération des Touaregs. La France peut faciliter l'indispensable dialogue. 

Toutes les villes ont été reprises dans le nord du Mali. Reste donc à prendre le contrôle des refuges où se cachent les terroristes en fuite, qui vont tenter de se réorganiser. Ils sont toujours bien armés, enrichis par l'arsenal abandonné par Kadhafi (les Touaregs du MNLA y ont aussi pris leur part).

 

Tous ceux qui ont connu la folie sanglante des "al qaïdistes" au pouvoir, ou en guerre pour le conquérir (c'est le cas pour l'Algérie), sont définitivement vaccinés contre toute tentation de les y réinstaller...

Comme vient de le dire une personnalité spitituelle malienne*: "il n'est pas acceptable, ni raisonnable, de vouloir islamiser des musulmans"...

 

Antoine Blanca

 

* Bendiougou Gakou, intellectuel soufi

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 15:51

Le grand rêve du colonel Nasser, l'unification du monde arabe, ne s'est jamais  vraiment concrétisé. Seuls l'Egypte et la Syrie fondèrent, un moment, une éphémère République Arabe Unie (le Yémen y adhéra pendant quelques mois). Le grand projet avorta dès 1961. Depuis la mort subite du Raïs égyptien (fin 1970), les peuples arabes n'ont plus de leader charismatique.


En pensant au drame que vivent aujourd'hui les deux pays fondateurs de la défunte RAU, les péripéties qui présidèrent à sa naissance sont remontées de mes souvenirs de jeune homme.

Non que je confonde la nature des maux qui frappent le pays des pharaons et l'ancien califat omeyyade de Damas. Le second est incendié par une vraie guerre civile, même si le clan des insurgés est devenu, avec le temps, politiquement et militairement indéfinissable.


La guerre civile qui secoue l'Egypte est d'une tout autre nature. Une guerre civile 'froide' en quelque sorte.


En Syrie on parle souvent de l'armée, de la police et des truands qui les secondent, comme obéissant aux ordres d'un affreux tyran. Or, la réalité est plus complexe. En fondant sa dictature du parti BAAS (socialiste et panarabiste), Hafez, père de Bachar, se fit aussi le protecteur de toutes les minorités ethniques et religieuses (alaouites, chrétiens, chiites, druzes et même kurdes). Alors que chez les rebelles, les sunnites extrémistes, liés au salafisme djihadiste, sont sur le point de prendre clairement le dessus (et ont déjà détruit des villages chrétiens et druzes), toutes les minorités  paraissent avoir lié leur sort, individuel et communautaire, au régime en place. Elles luttent pour leur survie avec l'énergie du désespoir.


En Egypte les armes ne parlent pas, du moins massivement. Mais la réalité du pouvoir, de plus en plus despotique, est partagé entre les deux seules grandes forces structurées. L'Armée, qui retient les privilèges extravagants hérités du nassérisme, et les Frères Musulmans. Le président Morsi n'est que la face visible de la redoutable confrérie. Celle-ci a conservé son organisation clandestine. C'est son mode de fonctionnement depuis sa fondation il y a 90 ans. Un appareil secret est aux commandes. Il ne renoncera jamais à la part de pouvoir qu'il vient de conquérir. Il a déjà créé sa milice de gros bras souvent venus de la pègre. Comme l'avait fait Moubarak. Vieux réflexe des systèmes dictatoriaux...


D'une certaine manière, deux pays unis autrefois par le rêve panarabiste, sont aujourd'hui rassemblés par le malheur. Les perspectives sont sombres.

 

Antoine Blanca


NB: ne pas confondre les émeutes de Port Saïd, qui sont souvent le fait de voyous déguisés en supporters de foot, et les manifestations démocratiques du Caire, d'Alexandrie et d'autres villes. Seule la répression brutale, criminelle fréquemment, est de même nature...

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 15:43

La réalité de la situation économique et sociale européenne étant ce que nous savons qu'elle est, certaines attitudes, individuelles ou collectives, présentent parfois un caractère surréaliste. Il en va ainsi, à mon avis, du récent mouvement de grève des enseignants du public comme des manifs de fonctionnaires d'aujourd'hui 31 janvier. L'un et les autres n'ont d'ailleurs rencontré qu'un bien faible écho parmi les agents appelés à protester. La majorité d'entre eux préfère manier les revendications avec précaution, pressentant que beaucoup d'autres salariés, du public comme du privé, les considèrent, à tort, comme des privilégiés dans la dure période que nous traversons.


Je ferais volontiers observer, pour ma part : 1) Que les rythmes scolaires dans le primaire, tels qu'ils sont proposés par le Ministère, me paraissent de toute évidence répondre,  de manière raisonnable, aux exigences pédagogiques. Sans alourdir, pour autant, la servitude horaire des enseignants.

2) Que le gouvernement ne me paraît  contrevenir, en aucune façon, aux engagements du candidat Hollande, ce dernier n'ayant jamais caché que, dans la plupart des ministères, il n'y aurait pas compensation automatique des départs à la retraite. La création de 60 000 postes, sur cinq ans, dans les métiers liés au monde scolaire, toutes activités confondues, a été confirmée dans les annonces comme dans les faits. En revanche, dans le secteur hospitalier comme dans tout ce qui relève du Ministère de la santé publique, la réalité du terrain s'avère encore plus noire que prévue. C'est assurément dans ce domaine qu'il y a la plus grande urgence à agir. 'Urgence' étant, de toute évidence, le terme approprié à bien des égards.


Il est vrai que nous sommes contraints d'agir dans la logique d'une Europe libérale, avec toutes les injustices que cette idéologie entraîne. Notre marge de correction est forcément limitée. C'est une dure obligation pour les socialistes, comme pour tous les réformistes de gauche, s'ils sont conséquents avec leurs principes.

Mais je défie quiconque d'emprunter une autre voie. Les discours d'une certaine gauche du verbe, malgré la radicalité des propos, ne reposent que sur l'assurance qu'ils ont, intimement, de ne jamais être investis de responsabilités de gestion. A moins de penser que les conditions d'un nouvel 'octobre rouge' sont sur le point d'être réunies.

Mais cela, personne ne prend encore le risque de le prédire.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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