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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 11:38

La presse française a beau titrer sur la "victoire des indépendantistes", il n'est pas moins clair que le président de la Generalitat, Artur Mas, et ses alliés de gauche et d'extrême gauche, ont échoué dans leur tentative de transformer cette élection régionale en référendum souverainiste.

Un référendum se compte en effet en voix, non en sièges. Les forces partisanes du OUI n'auraient obtenu que 47,8% des suffrages exprimés. Pis encore, dans les villes importantes (Barcelone 37%, Tarragona 27%, Lerida 24%...) la réserve vis-à-vis de ce coup de force électoral s'est fortement exprimée dans les urnes. C'est la Catalogne des campagnes et des bourgs qui a adhéré nettement au projet "rupturiste". Encore que dans les provinces de Lerida et de Tarragone l'enthousiasme n'y est vraiment pas...

Bien entendu les séparatistes ne reconnaîtront pas leur défaite puisque, avec l'appui des négationnistes de la gauche extrême (10% des suffrages), ils pourront continuer de gouverner, comme ils le faisaient depuis longtemps.

De fait Artur Mas et ses alliés de circonstance de la "Ezquerra republicana" ont perdu leur pari. On ne peut gouverner une Catalogne, dynamique et très européenne, avec la séparation d'avec le reste de l'Espagne pour unique objectif.

Les autres grands perdants sont Rajoy et son parti conservateur, le PP. Leur résultat est divisé par deux (11% de l'électorat)! Mais aussi les "indéterminés" de Podemos (alors qu'une de leurs amis est maire de Barelone) qui n'existeront pas dans la région. Plus de droite, plus de "nouvelle gauche" par conséquent...En revanche le PS catalan a notablement progressé tout comme les nouveaux venus des listes "ciudadanos (citoyens)" entrés en force en milieu urbain ( marginalisant la droite classique).

En définitive: une majorité d'électeurs ne veut pas de l'indépendance. Et celle-ci ne pourrait être proclamée au nom de seulement 47% des habitants de la Catalogne...Alors, messieurs les éditorialistes français, cessez de chanter la victoire de la sécession...

Antoine Blanca

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 09:29

Depuis que le Grand journal de Canal+ a changé de formule et de présentateurs, nous avions pris l'habitude, ma femme et moi, de suivre, après les infos menées au pas de charge, mais non sans finesse, par un journaliste porteur de l'essentiel, le début de l'interview de l'invité politique par Maïtena Biraben et sa petite équipe. Hier jeudi 24 l'invité-vedette était Me Dupond-Moretti et le thème, la question des réfugiés. Habitué à toutes les formes d'affrontement, à l'intérieur comme à l'extérieur du prétoire, le célèbre juriste a tout de même accusé le coup en se voyant sèchement agresser par Mme Biraben. Sans nuance la journaliste a repris point par point les slogans habituels du FN (premier parti de France selon elle), le seul à tenir un "langage de vérité". Et de poursuivre dans la même veine avec des accents militants. Nous avons, mon épouse et moi, eu de la peine à croire nos oreilles.

Si la grande chaîne cryptée avait été l'organe télévisuel de Marine Le Pen, on n'aurait pas été choqués par de tels propos. Mais à ma connaissance tel n'est pas encore le cas. Nous serons donc nombreux à demander, avec vigueur, à la direction de "Canal" qu'elle exige des explications à sa walkyrie préférée. Et, dans toute la mesure du possible, qu'elle organise son départ pour des journaux qui lui conviendraient mieux. "Valeurs actuelles" ou, pourquoi pas, "Minute". Son salaire s'en ressentirait fortement. Mais au moins se sentirait-elle à l'aise politiquement. Moi aussi, je veux parler vrai!

Antoine Blanca

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 10:39

Il n'est malheureusement pas étonnant que Régis Debray ait choisi de confier à l'hebdo de droite LE POINT ce que la revue qualifie de testament politique (Régis est-il mort?). Depuis son engagement révolutionnaire des années 60, qui l'avaient conduit de La Havane aux terribles épreuves qu'il a subies dans les cachots boliviens, le brillant philosophe qu'il était alors avait entrepris une révision idéologique relativement douce. Après Santiago du Chili, où il avait publié un remarquable livre d'entretiens avec Allende, il avait atterri sur la terre de la social-démocratie à la française en devenant conseiller de la campagne de François Mitterrand en 74. Sept ans plus tard il aura son bureau à l'Elysée. Jusqu'à sa nomination au Conseil d'Etat en 86 (il s'y ennuyait ferme et ne tarda pas à démissionner) il conserva des liens amicaux ou cordiaux avec le cercle mitterrandien. Aujourd'hui, en pleine dérive mystique, ses confessions testamentaires permettent à "Le Point" de faire sa couverture sur son visage torturé de nouveau janséniste avec le titre : REGIS DEBRAY ACHEVE LA GAUCHE. La revue évoque cette dérive comme celle d'un homme qui a parcouru "le chemin tortueux qui mène de Che Guevara à Dieu"...

Moi-même j'ai beaucoup aimé lire celui que j'ai considéré comme un écrivain de talent. Nous étions, du moins en avais-je le sentiment, devenus amis. Quand il agonisait chaque jour dans les basses fosses de la minable dictature bolivienne, je m'étais beaucoup agité auprès des socialistes de France et du monde pour qu'ils interviennent pour lui sauver la vie. Je l'ai connu à son retour du Chili(où Allende l'avait accueilli à sa sortie de prison) et nous avons longtemps partagé notre passion commune pour l'Amérique latine.

Sa haine vis-à-vis de la gauche française n'a d'autre explication que la torture intellectuelle qu'il s'attache à cultiver, comme un mal existentiel dont il ne peut se défaire. De la "Révolution dans la révolution" de ses jeunes années d'enfant de la bourgeoisie révolté, à son rejet violent de ceux qui ne lui firent que du bien, tout témoigne d'un mal de vivre, d'une torture permanente de son être. Cela le conduira-t-il un jour à partager la même tribune avec un Sarkozy? Impensable même si...entre grands mystiques les pensées sont impénétrables!?!?!?

Antoine Blanca

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 10:47

Les relations entre Cuba et le Vatican continuent d'être pour le moins cordiales. Lors du triomphe de la Révolution il y avait bien eu des frottements sérieux avec l'église cubaine entièrement colonisée par l'Espagne franquiste: 134 prêtres avaient été renvoyés vers leur mère-patrie...Mais les liens avec Rome avaient été préservés par l'intermédiaire, surtout, des Jésuites. C'est dans un collège dirigé par cette institution que les enfants Castro (Ramon, Fidel et Raùl) avaient fait leurs études secondaires études secondaires. Fidel avait particulièrement brillé et avait impressionné à ce point les Pères qu'ils étaient intervenus vigoureusement en sa faveur lors du procès que la dictature fit aux vaincus de la révolution manquée de juillet 1953. Les frères Castro risquaient la peine de mort.

Mais la grande presse se trompe en assimilant l'Eglise de Cuba à ses soeurs latino-américaine. Sur la grande île en effet les grandes masses n'ont jamais fréquenté la messe. La religion du petit peuple est la santeria, une variante atypique du vaudou. Papa Castro appartenait, lui, à la classe aisée, un propriétaire terrien, un latifundario. Aussi envoya-t-il ses fils chez les pères jésuites. Cela devait plus tard éviter le peloton d'exécution aux frères Castro.

Ces considérations n'enlèvent rien à l'importance qu'il convient d'attacher à la visite du pape François à La Havane. D'autant que ce dernier poursuivait son voyage vers Washington. Où il a plaidé pour la levée de l'embargo. Si sa plaidoirie ne sera pas décisive auprès des congressistes, elle constitue un renfort important pour Obama qui lutte pour faire valider sa politique par un parlement où la droite conservatrice est majoritaire.

Antoine Blanca

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 11:02

On a beaucoup parlé de gauche radicale en Grèce et ailleurs. Au bout d'un chemin aventureux, c'est finalement la voie du réformisme qui s'impose dans l'Europe telle qu'elle est. Et qu'elle sera dans les décennies qui vont suivre...La social-démocratie n'est pas parfaite. Mais tout autre choix conduit au désastre. En Grèce, qui à la ruine sans espoir de rédemption, a préféré les épreuves de la reconstruction. En France, où l'alternative à la démocratie sociale est une forme ou une autre de fascisme. Concrètement l'abandon de l'idéal européen, tant décrié par les corporatismes de tout poil, mais qui garantit les préoccupations humanistes.

Au bord du précipice, le peuple grec n'a vu de salut que dans les propositions de Tsipras: s'enraciner dans l'Europe, négocier durement en visant l'équilibre budgétaire à long terme, moderniser un vieux pays où il reste bien de privilèges, énormes ou petits, à abolir. Supprimer aussi les coutumes qui conduisent à des pratiques de corruption et qui sont bien ancrées dans les mentalités. Procéder à ces réformes, c'est rassurer les investisseurs...

Il faut aussi, sans délai, créer les conditions du retour à la confiance dans l'avenir, notamment pour les jeunes diplômés qui rêvent de Canada ou d'Australie...Alors que ce sont la Grèce et l'Europe qui ont financé leur formation...

Dans ma jeunesse, je chantais à pleine voix, plein d'espoir "nous construirons sur les ruines, le socialisme ordre nouveau". "La jeune garde" demeure un chant par moi vénéré, qui évoque des souvenirs heureux de militantisme partagé. Mais ses paroles ne sont pas d'actualité dans notre société démocratique, empreinte à la fois de libéralisme et de socialisme humaniste. Tsipras l'a compris qui, par amour de son pays et de ses hommes, a préféré choisir l'action contre la tentation d'abandon dans les bras flétris de la nostalgie douloureuse. Alexis Tsipras est en train de devenir un social-démocrate de terrain. Atypique? Ils l'ont tous été.

Antoine Blanca

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 11:17

En Europe, en France en particulier, on se hâte souvent de cataloguer le événements qui secouent l'Afrique sous-saharienne. Pour nous, la partie de l'ouest africain que nous avons longtemps colonisée ne devrait pas être terra incognita. La langue française y est pratiquée officiellement et notre diplomatie joue, plus ou moins discrètement, un rôle particulier (même si les socialistes au pouvoir sont parvenus à mettre fin aux ténébreuses pratiques inaugurées par les mains noires du gaullisme). La monnaie est toujours le franc CFA sur lequel la Banque de France garde une sorte de "droit de regard".

C'est dire que notre pays a une forme de 'devoir d'intérêt' au Burkina. Le régiment d'élite du pays, la garde présidentielle, a remplacé le gouvernement de transition mis en place après que Campaoré ait été contraint au départ en exil. Le général-président de facto a promis, au nom de l'auto-proclamé CND (Conseil National pour la Démocratie), d'organiser des élections libres. Les partis politiques sont d'ailleurs réunis, au moment où j'écris ces lignes, pour examiner la situation politique. Ce n'est donc pas un coup à la Pinochet. En revanche il s'agit bien d'un constat d'échec de la transition. Ceux qui étaient en charge de la gérer ont failli en interdisant la candidature aux élections de nombreuses personnalités au prétexte, qu'à un moment où à un autre, elles avaient servi Blaise Campaoré au cours de ses 27 ans passés à la tête de l'Etat. Ces interdictions arbitraires constituaient une faute majeure aux yeux de nombreux observateurs compétents et impartiaux.

Grâce à internet je peux lire, presque au quotidien, la presse burkinabée que je tiens en haute estime. C'est une excellente observatrice critique de toute l'actualité africaine. Il existe des journaux culturels intéressants; et même ce que j'appellerais un "Canard enchaîné" local qui témoigne chaque jeudi, du sens de l'humour des journalistes du "pays des hommes intègres".

Le Burkina est une vieille nation, qui a une histoire pré-coloniale particulièrement riche. Le Burkina est aussi pauvre économiquement qu'il est riche en talents intellectuels à tous les niveaux, dans tous les domaines. Ne jugeons donc les événements actuels que sur les actes vérifiés. Non en fonction d'a priori dictés par des commentateurs parfois de bonne foi...Et trop souvent ignorants.

Antoine Blanca

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:26

On parle beaucoup, un peu à tort et à travers, de "gauche radicale". En Espagne à propos de la récente percée du mouvement "Podemos"(ou de ses proches); au Royaume-Uni avec la victoire interne de Jeremy Corbyn au Labour; en Grèce où nous saurons, dans peu de jours, à quel résultat ont abouti les douloureuses marches et contre-marches de Tsipras et de Syriza...Chez nous, L'OBS s'interroge aujourd'hui sur la convenance, pour le PS, de définir 'une autre manière' de 'faire de la politique'. Tout cela est bel et bon. Mais concrètement comment doit-on procéder si l'on veut rester dans l'air du temps? Observons ce qui s'est passé en réalité dans les 3 pays que nous venons de considérer:

1- Espagne: les élus appuyés par Podemos ont refusé, partout, de conclure des pactes avec la gauche traditionnelle. Celle-ci a permis l'élection au fauteuil de maire de la tête de liste "podemos" à Madrid et à Barcelone. Et de la même manière les amis de ces dernières ont laissé élire, sans signer toutefois un quelconque accord, des maires socialistes là où ces derniers étaient en tête. Pour le reste il s'est agi d'adopter un nouveau style de gouvernance. Ainsi la maire de Barcelone va travailler en empruntant le métro et, refuse d'occuper le bureau de son prédécesseur. Elle s'est installée dans celui de son adjoint. Tout est donc symbole et virginité.

2- Labour: son chef, est désormais Jeremy Corbyn, député travailliste depuis trente ans; sa démarche tranche avec celle de Blair et de son New Labour. Essentiellement, d'ailleurs, en matière de politique étrangère: Tony Blair avait surtout choqué les électeurs de gauche en s'alignant inconditionnellement sur George W.Bush, son invasion de l'Irak avec son cortège de massacres et en cautionnant les atrocités de la prison de Guantànamo. Avec Corbyn, cela ne serait certainement pas arrivé. Et le monde occidental est en train de payer cash cette erreur politique majeure. Mais dans le domaine économique et social Corbyn préconise un simple retour aux "fondamentaux" du travaillisme. Ce n'est pas la révolution...

3- On sait ce qu'il est advenu du "radicalisme anti-austérité" de Syriza. Si, comme je l'espère, Tsipras garde une majorité de gouvernement, il s'alliera avec le bon vieux PASOK social-démocrate. L'ancien ministre des finances, Varoufakis, a mis un terme à sa carrière d'illusionniste politique en promenant tristement sa grande carcasse à la Fête de l'Huma...

Oui, avant de trancher sur les définitions, il faut savoir ce que l'on met derrière les mots. Et si les commentateurs de presse contribuent à brouiller le panorama, reconnaissons aussi que le PS aux affaires nous déconcerte trop souvent par ses tâtonnements...

Antoine Blanca

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 11:24

Depuis le début de la guerre en Syrie 4 millions de ses habitants ont fui le pays. La grande majorité d'entre eux se trouvent au Liban ou en Turquie. Les autres ont rejoint, ou tentent de rejoindre un pays de l'Union européenne. En France, la droite et l'extrême droite poussent de grands cris. Sarkozy va jusqu'à évoquer le risque d'une perte de notre identité nationale. Ces craintes (ou supposées telles), sont-elles fondées?
Je réponds NON. Pourquoi?

1) La France est le grand pays européen le moins recherché par les réfugiés, loin derrière l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède et même la Hongrie(c'est dire!). Ce constat est d'ailleurs, à mes yeux, plutôt inquiétant. Pour quelles raisons présentons-nous si peu d'intérêt auprès de cette population migrante provenant des classes moyennes ou aisées, fuyant moins la misère que les destructions et la mort? C'est une perte pour le pays qui a formé tous ces diplômés, ces cadres. Pas pour nous.

2) Sarkozy est obsédé par la liberté de circulation dans l'espace Schengen. Il faut, proclame-t-il depuis 2012, revoir entièrement ces dispositions. Mais les arguments avancés en faveur de sa position ne la justifient pas. D'ailleurs la situation particulière du Royaume-Uni, si frileuse au sein de l'Europe, n'empêche nullement les migrants de le rechercher comme terre d'asile. Sans compter que chaque pays membre de l'Union reste, en dernier ressort, maître de ses frontières. Schengen est une ouverture, pas une révolution.

3) La France est héritière de sa longue histoire au Moyen-Orient. Des liens étroits nous unissent au Liban et à la Syrie qui avaient été des pays placés sous mandat français au lendemain de la 1ère guerre mondiale. En conséquence la détresse actuelle de leurs habitants ne saurait nous laisser indifférents.

La droite sarkozyste ou celle bleue-marine veut rétrécir les habits de Marianne. La gauche veut, au contraire, qu'elle ouvre ses bras à ceux qui sont dans la détresse. J'ajouterais, plus terre-à-terre, qu'elle a intérêt à le faire. La France n'a jamais eu à regretter l'accueil réservé aux Russes, blancs ou trotskystes, aux Arméniens, aux Italiens anti-fascistes, aux Espagnols républicains...

Antoine Blanca

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 10:12

On feint aujourd'hui de s'extasier sur la véritable crise de générosité qui frappe l'Allemagne, longtemps pourtant très frileuse s'agissant de demandeurs d'asile. Je précise "demandeurs d'asile" et non émigrés économiques. Depuis longtemps, en effet, les Allemands ont reçu à bras ouverts, des travailleurs Turcs ou provenant du Centre et de l'Est de l'Europe. Accueil purement intéressé s'expliquant par la croissance régulière de son économie qui allait de pair avec une inquiétante baisse de sa démographie. Pressée par l'accélération des événements au Moyen-Orient, Mme Merkel revêt aujourd'hui des habits humanistes, en montrant sa disposition à un examen favorable à l'accueil de 800000 demandeurs d'asile dans les 5 prochaines années. Je me félicite de ce retournement, mais je ne me prosterne pas devant cet étalage de prétendue grandeur d'âme.

Si la France doit coordonner avec son principal partenaire européen une politique migratoire liée à des événements dont les conséquences étaient imprévisibles par leur ampleur, elle n'a pas moins, depuis des décennies, pratiquée une vaste politique d'accueil des persécutés. Les témoignages en sont nombreux depuis le XIXe siècle. Aujourd'hui des millions de travailleurs, accompagnés de leur famille, ont fait souche, enfants nord-africains, africains et malgaches de notre ancienne politique coloniale. Mais dans le domaine plus précis des réfugiés politiques, la France s'est vue, pratiquement seule, confrontée, par exemple, en 1939, à l'arrivée brutale de centaines de milliers d'Espagnols en "retirada" devant la barbarie de la répression fasciste ("ici on fusille comme on déboise" écrivait le catholique Georges Bernanos depuis les Baléares); puis, à un degré moindre, à celle de Portugais à la fin des années 60. Il n'est qu'à observer, dans le domaine sportif, le nombre de jeunes d'origine étrangère heureusement bien identifiés à notre société. N'oublions pas, non plus, que les latino-américains contraints à l'exil par les tyrannies militaires ont trouvé, encore récemment, chez-nous un peuple qui leur ouvrait les bras. Les Chiliens, parmi d'autres, pourraient en témoigner...

Alors, évitons les mea-culpa. Au sein de l'Europe c'est Hollande qui prêchait jusqu'ici le générosité, l'Allemagne et le Royaume-Uni qui serraient les vis. La très récente conversion à l'ouverture relative, des 2 gouvernements mentionnés, doit être saluée, sans pour autant nous tromper quant à sa motivation. N'oublions pas que tous nos ennuis à Calais et autour de ce port nous viennent de migrants qui ne souhaitent surtout pas rester en France. Et auxquels Londres persiste à fermer la porte au nez.

En attendant, si notre patrie doit rester fidèle à la tradition qui s'impose au pays des Droits de l'Homme et des principes de 89, n'oublions pas ce que recommandait le grand Jaurès: il faut aller à l'idéal et comprendre le réel.

Antoine Blanca

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 10:56

Crise des réfugiés: si le gouvernement marche un peu sur des oeufs, recherche avant tout un nécessaire consensus européen, de nombreuses municipalités socialistes ont pris des initiatives que leur Fédération nationale, la FNESR, devrait approuver vigoureusement, et sans tarder. En tête de ce mouvement les maires PS de Haute-Garonne et celui de Strasbourg. On attend avec intérêt que se manifestent Paris, Lyon, Lille, par exemple. La droite, elle, prenant sans doute en compte un sondage qui révèle que 53% de nos compatriotes seraient hostiles à l'accueil de réfugiés, a réagi par le voix du président de l'association des maires de France, François Baroin: ne créons pas des nouveaux Calais, s'est-il officiellement exclamé. Il met, volontairement, à côté de la plaque. Mais il frappe là où cela peut faire mal: le spectre de la chienlit est toujours bon à exploiter. Notons toutefois que Baroin rompt aussi (pour la 2e fois d'ailleurs) avec une tradition républicaine: jusqu'ici le président de TOUS les maires de France évitait les déclarations trop partisanes. Avec le maire de Troyes on s'affiche clairement à droite. Prenons acte...

Le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU accomplit déjà une oeuvre considérable. Il faut que la communauté internationale l'aide davantage: au Liban, par exemple, il s'occupe de plus d'un million de personnes alors que les organisations onusiennes manquent notoirement de moyens. Le HCR a depuis longtemps sur les bras les centaines de milliers de Palestinens privés de patrie.

Signalons enfin, pour être pratiques et un peu terre-à-terre, que les réfugiés syriens, irakiens ou érythréens (notamment) qui souhaiteront venir chez nous, ont presque toujours des points d'accueil (parents ou/et amis proches). Ils ont fui la guerre, les destructions et la mort. Pas le désespoir de la misère.

Antoine Blanca

Fils moi-même de réfugiés politiques espagnol fuyant la certitude du peloton d'exécution après la victoire fasciste, je me sens particulièrement solidaire de la détresse de ceux qui frappent à nos portes. Il n'est pas étonnant que ce soit dans la région toulousaine et dans le Languedoc que l'on affiche sa solidarité: là-bas on se souvient toujours de la "retirada" de 39.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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