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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 11:30

Chaque fois qu'il est question d'opérations terroristes de disciples de Ben Laden, la question de la présence d'occidentaux, Français ou non, de la participation de convertis occidentaux, est remise sur le tapis.

A ce propos je ferai les observations suivantes :

-- Il faut se garder de confondre convertis à l'Islam et nouveaux soldats du terrorisme islamiste. C'est pourtant ce que nous faisons tous plus ou moins consciemment. Chaque année il y a, en France, environ 300 conversions. Ceux qui tentent de prendre contact avec un groupe terroriste sont en quantité infime. Quand on parle de Français adhérents à la mouvance 'al qaïdiste', il s'agit le plus souvent de musulmans, souvent très jeunes, de nationalité française et se sentant rejetés par la société. 

-- Il y a toujours eu, chez des sujets révoltés ou mal dans leur peau, un besoin d'absolu. Dans les années 1960 à 1970, ces individus adhéraient à des groupes d'extrême gauche ; Fraction armée rouge, en Allemagne ; Brigades rouges en Italie ; Action Directe en France (leur dernier assasinat remonte à Paris au milieu des années 80). Aujourd'hui la gauche révolutionnaire n'est plus à la mode, du fait de la disparition des modèles (maoïste par exemple). Ceux qui sont en quête de radicalité se convertissent et entrent en guerre contre la société dont ils sont issus. C'est le grand frisson : on subit une petite opération du 'zizi', on se laisse pousser la barbe et on s'habille comme un montagnard yéménite. La rupture est multiforme. On change même de nom de baptême et on pratique une religion au rite à la fois très simple et très exigeant dans sa pratique.

 

Mais le besoin de sensationnalisme de la presse tend à exagérer le phénomène. Chez les occidentaux les convertis au nouveau djihad sont en nombre infinitésimal. Le véritable danger vient des pays pauvres. Des paysans miséreux qui sont témoins de la corruption des grands ; de soldats dont la maigre solde n'est pas payée des mois durant ; de rares intellectuels qui trouvent un nouveau terrain d'exploration des mystères de l'Islam*...

Améliorer les conditions de vie et l'éducation dans les pays qui fournissent les principaux contingents de néo-djihadistes, ouvrir les chemins de l'éducation, seraient les meilleurs remèdes contre un mouvement qui compte avant tout sur l'ignorance et la révolte diffuse contre l'injustice.

 

Il reste que chez nous, en Europe, il ne faut pas se poser d'autres questions immédiates que celles touchant à notre sécurité collecrive et à  celle de nos proches : éradication impitoyable du terrorisme, quelles que soient ses formes, voilà notre programme en ce domaine. En répondant militairement à l'appel des Maliens, nous faisons aussi de la prévention.

 

Antoine Blanca


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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 11:01

Les accusateurs occidentaux de l'Algérie ont été les premiers à vouloir ignorer la guerre que le terrorisme salafiste a menée, pendant près de sept ans, contre l'Etat, tout en prenant le peuple en otage. Je me souviens personnellement de la présence active à Washington (Département d'Etat), et à New-York (à l'ombre de la mission permanente US à l'ONU), d'une véritable diplomatie parallèle du FIS* qui venait de gagner les municipales en Algérie et s'apprêtait à prendre le contrôle de la République. Les 'diplomates' en question n'étaient ni barbus, ni habillés à l'afghane.  Cheveux courts et gominés, costumés et cravatés de gris, ils parlaient un anglais oxfordien. Jusqu'au brutal réveil du 11 septembre 2011, la politique algérienne des USA était très ambivalente.

Aussi le pouvoir algérien, tout en préservant une 'classe' diplomatique active et compétente, a décidé de ne compter que sur son appareil d'Etat pour assurer sa défense. L'amnistie de 1999 (qui blanchissait les chefs du GIA** encore vivants) mettait aussi fin à ce que le peuple appelle : 'le temps du terrorisme'. Des chefs de katibas du GIA tiennent à présent boutique ou des cabinets comptables. Il semble qu'ils aient mis définitivement leur kakachnikov au grenier, avec leur djellaba de maquis.

Mais une minorité créa les GSPC***, mouvante et active dans le nord du pays ou, plus tard, AQMI****. Naturellement la guerre des chefs provoqua des divisions et la naissance de nouveaux groupes entraînant la disparition d'autres. La mouvance AQMI regardait du côté des grands espaces sahariens, mettant à profit des frontièères mal définies pour pratiquer des trafics en tout genre avec la mobiité des nomades d'autrefois. En Algérie quelques ministres islamistes leur garantissaient une certaine impunité dans le cadre de 'la paix des braves' de 1999.

Je ne doute pas qu'après les événements d'In Aminas, le pouvoir algérien va réviser et sa politique de défense, et son appréciation du salafisme armé. Ce dernier a rompu le pacte non écrit qui sanctuarisait, notamment, les installations pétrolières et gazières du Sahara algérien. Dans les semaines qui viennent la présidence et l'Etat-Major de l'ANP vont mettre à plat toute la politique de protection des sites, redéfinir le rôle du renseignement militaire, celui de la gendarmerie et des forces spéciales d'intervention rapide. Ils repenseront le plan de redéploiement des uns et des autres, en considérant, par exemple, une certaine porosité de la frontière avec la Libye...

Il y aura aussi un regard neuf vers les pays frontaliers du sud. C'est en cela, par exemple, que l'opération française pour sécuriser le Mali, sera réevalué à Alger. Se bunkériser derrière une frontière immense ne suffit pas. Il faudra aussi pouvoir compter sur les gouvernements en place de l'autre côté des lignes. L'Algérie va devenir plus africaine, une puissance régionale et, pour cela, devra renforcer une communication confiante avec une France au coeur et à l'esprit ouverts, qui a remisé son passé colonial sur les rayons des bibliothèques historiques.

 

Antoine Blanca

 

* FIS, Front Islamique du Salut, parti déclaré officiellement; il gagne les municipales et le premier tour des législatives. Sur le point de s'installer par la voie des urnes au pouvoir, l'ANP intervient avant le deuxième tour et une longue et sanglante guerre civile commence. L'immense majorité des Algériens rejette désormais l'islamisme radical.

** GIA, Groupes islamiques armés, issus du FIS
*** GSPC  Groupes salafistes pour la prédication et le combat, issus du GIA regroupant ceux qui refusent l'amnistie et poursuivent l'action terroriste.

**** AQMI : 'Al qaïda au Maghreb islamique', basés au sud du Sahara algérien et pouvant nomadiser au Mali, au Niger et en Mauritanie....

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 17:54

Nous comprenons mieux, aujourd'hui, les raisons qu'avait la France de retarder une intervention décidée de longue date. Au Ministère de la Défense on parlait du printemps 2013. Nous sommes contraints de constater que nos alliés potentiels dans une opération, destinée à rétablir le Mali dans sa souveraineté territoriale, n'étaient nullement prêts ni formés. A commencer par la plus directement concernée, l'armée malienne. L'offensive des terroristes sur Bamako nous a conduits à ne plus attendre. Et, en conséquence, à y aller presque seuls. Chacun a bien compris qu'il n'y avait dans notre esprit aucune arrière pensée néo-colonialiste. Nous avons simplement répondu à un appel au secours de l'un des pays les plus pauvres du monde. Et seule la France était déjà sur place.

Le gouvernement Ayrault était fondé à penser, encore hier soir, à un soutien complet de l'opposition. Copé s'est chargé de le détromper. Même sans illusion sur le personnage, on peut difficilement imaginer quelqu'un de plus tordu que le président controversé  de l'UMP.

Mais passons à l'essentiel : en s'en prenant à une importante base gazière en territoire algérien, AQMI va obliger le gouvernement de M. Bouteflika à réagir. Ce défi doit être relevé. Et, à mon avis, le sens de notre opération va s'élargir : l'ANP est la meilleure armée sur le terrain du désert qu'elle défend depuis de nombreuses années contre les terroristes. En outre, c'est une grande compagnie britannique qui a été la cible du commando d'AQMI, BP et, semble-t-il, plusieurs citoyens américains et britanniques ont été pris en otage.

 

Antoine Blanca

De franco-malienne, avec appui de l'ONU, l'affaire devient internationale. Et ce, du fait d'un choix des terroristes d'Al Qaïda au Maghreb islamique.

Mais, selon Copé, l'important est de savoir ce que tout cela va coûter...

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 10:43

Mamère, Mélenchon deux personnalités de gauche qui ne sont pas en phase avec la réalité. Volontairement ou non, ils ne sont pas connectés, non plus, avec la vérité. On peut mentir par imprudence, par ignorance ou par désir de nuire. Dans tous les cas ils tirent contre leur propre camp.

Mélenchon d'abord, hier encore candidat, affirmait-il, à Matignon. Interrogé par une chaîne télé sur l'intervention française au Mali, sa réponse m'a littéralement estomaqué: "Pourquoi intervenir. Les Africains sont des grands garçons. Ils ont chacun leur armée...Tenez: pourquoi ne pas avoir laissé les Algériens et leurs militaires bien armés, bien entraînés et qui connaissent parfaitement le terrain faire le boulot"....

Visiblement ce pauvre Jean-Luc est mal informé. La France aurait préféré que l'ANP* prenne part à la liquidation d'AQMI**, dont le chef est Algérien et effectue de temps à autre des raids meutriers en Algérie. Mais le président Bouteflika ne juge pas qu'une telle intervention corresponde aux intérêts de son pays. En revanche, résultat de sa bonne relation personnelle avec Hollande, l'Algérie a autorisé le survol de son espace aérien par des avions militaires français. Une première.


Quant à Mamère il s'est plaint de ce qu'un débat parlementaire n'ait pas précédé l'envoi de troupes françaises sur le terrain. Avec Mamère président les terroristes seraient déjà à Bamako...

 

Le fond de la question est pourtant simple: la France (François Hollande nommément), a été appelé à la rescousse par le président du Mali. A l'aide ont crié les Maliens presque unanimes. Le Conseil de Sécurité a aussi encouragé une intervention en défense de l'intégrité territoriale du Mali. La France eut préféré n'intervenir qu'en renfort de troupes africaines. Mais l'urgence a prévalu sur la convenance***. "Nous pensons que les forces africaines seront sur le terrain dans une semaine", a dit le président Hollande ce matin. Ce seront elles qui permettront la reconquête complète du Mali. Auparavant nos troupes auront sécurisé le terrain et neutralisé les forteresses terroristes.

Alors, Mamère, Mélenchon, vous considérez-vous comme informés, à présent?

 

Antoine Blanca

 

*  ANP, Armée Nationale Populaire, dénomination officielle des forces armées de l'Algérie.

**    AQMI, Al Qaîda au Maghreb islamique.

***  Les armées de plusieurs pays d'Afrique occidentale étaient en préparation pour une intervention prévue au printemps 2013, avec la France en appui logistique et opérationnel. L'offensive des terroristes a conduit la France et ses alliés à accélérer les choses.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 11:34

La manif co-organisée par l'église catholique (avec les associations qui lui sont proches) et une incertaine Frigide Barjot, élevée, pour la circonstance, au rang de grande prêtresse, n'aura atteint aucun de ses objectifs. En d'autres temps, en mobilisant de la plus lointaine des paroisses aux chaisières de Notre Dame, on rassemblait infiniment plus de paroissiens/paroissiennes. Un ami très cher, venu de Gex (frontière suisse) avait quitté le gros de la sainte troupe à mi-chemin. Il avait mal aux jambes et le bruit l'incommodait. Son petit drapeau enroulé sous le bras, il est venu se reposer un peu chez le démon. Le soir, il repartait. Un père huguenot, une mère anglicane ne le prédisposaient pas forcément à chanter l'Ave Maria en procession. Mais il avait épousé une philippine très  'tala'* qui l'avait poussé à fréquenter son église apostolique et romaine. Et même à animer le groupe diocésain "la famille d'abord". Pour sa première manif il aurait pu mieux choisir. Mais, tolérants avant tout, nous lui avons fait bon accueil. Cela ne nous a nullement empêchés de trouver la situation cocasse...

 

Le projet de loi sera présenté dans son intégralité aux députés, d'abord, au Sénat ensuite. Il sera vite adopté. Le débat sur la PMA aura bien lieu, à sa juste place, dans le cadre du débat sur la famille. Le thème mérite une discussion spécifique. Pas un vote à la sauvette.

 

Un référendum? Pour quelle raison? Nous sommes une démocratie normale, avec son Parlement. Et la discussion et l'adoption des lois est le privilège de ce dernier. S'il est un pays que je n'aurais jamais imaginé adoptant le mariage pour tous et la PMA, c'est bien l'Espagne. Ce pays a joué pourtant un rôle pionnier. Malgré les foules réunies par la Sainte Eglise, là-bas encore puissante, et puant toujours le franquisme.

Voilà quelques années que le nouveau cours fonctionne dans toute la péninsule (le Portugal étant de la partie). Cela ne choque plus personne, Les 'mariages pour tous' comptent pour 2% du total annuel. 400 sur 20000. Des Françaises voulant bénéficier de la PMA sont aussi nombreuses à aller en Espagne...

 

Les manifestants du 13 janvier sont les héritiers de ceux qui faisaient pleurer Simone Veil quand elle rapportait sur l'IVG, les petits frères et petites soeurs de ceux qui étaient dans la rue contre le PACS de Jospin. Et, même si je reconnais être parfois excessif, les gardiens de la flamme de ceux qui priaient pour la santé du Maréchal de Vichy...Cette même flamme qui avait, en d'autres temps, allumé les fagots qui brûlaient les mécréants. Peut-être que les inquisiteurs s'en seraient pris alors à Frigide Barjot pour avoir bondi, comme diable de sa boîte, de l'infiniment inconnu à la chancelante lumière des cierges. 

 

Antoine Blanca

 

* tala: contraction ironique pour "vaTALAmesse" longtemps utilisée par les normaliens de la rue d'Ulm pour nommer, avec une amicale dérision, leurs camarades catholiques pratiquants.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:39

A peine PS et Europe-Ecolgie s'étaient-ils installés dans les différents ministères, qu'une grande partie de la presse sortait de son chapeau la 'méthode Shröder'. Celle du 'bon socialiste' qui était parvenu à faire plier les syndicats, au terme d'une longue négociation avec un patronat qui avait du mal à contenir son enthousiasme. Quelques mois après le SPD était écrasé aux élections.

Alors les mêmes commentateurs, donnant en exemple la méthode de l'ancien Chancelier, invitaient Hollande à imiter son camarade(?) d'outre-Rhin. Pour assainir une bonne fois pour toutes l'économie française, il convenait, pour ces bonnes âmes, de soumettre les salariés à une diète rigoureuse. Sans que le patronat ait à faire la moindre concession.


On pourrait dire, avec une bonne dose de mauvaise foi, que le gouvernement français a bien suivi ce type de recommandation. Il a, lui aussi, placé les centrales syndicales et les représentants du patronat autour d'une table et leur a demandé de mettre noir sur blanc les termes d'un accord. Il leur a imposé aussi, comme l'aurait fait sans doute feu Mendès-France, une date limite pour conclure. Faute de quoi il légiférerait. Et cela s'est bien  terminé. Par la conclusion d'un 'bon accord'.

Mais en dépit des apparences on est loin de la méthode Schröder. Ce dernier avait mis dans la balance tout le poids du SPD, lequel contrôle la centrale syndicale unique (DGB), pour conduire les salariés allemands à abdiquer la plupart des droits conquis au cours des luttes passées. Sans la moindre compensation du côté du patronat.


En France on a signé, tout au contraire, un texte parfaitement équilibré. Le Président français n'a, en l'occurrence, imité personne: cette démarche correspondait en tout point à son programme de campagne*.

Deux observations pour conclure:

a) dans la tradition française, depuis la signature au début du siècle dernier de la Charte d'Amiens, les syndicats sont, non seulement indépendants par rapport au parti 'de classe', mais encore les confédérations sont-elles multiples et variées. En concurrence permanente. Parvenir à l'accord du 11 janvier, au bout de trois jours, est une sorte d'exploit.

b) personne, à la tête de l'exécutif français, n'attend de 'récompense'. Schröder, lui, après avoir conduit son parti au désastre électoral, a obtenu la présidence d'une gigantesque compagnie gazière. Un job particulièrement rémunérateur. Le patronat sait parfois être reconnaissant.

 

Antoine Blanca


* en France pour qu'un accord social soit valable, il faut qu'il soit signé par au moins trois centrales syndicales officiellement reconnues. La CGT et FO n'ont pas souscrit à l'accord du 11 janvier. Lors du débat parlementaire qui doit avoir lieu il faut donc s'attendre à ce que le groupe communiste et assimilés vote contre. Mais au bout d'un aller et retour entre les 2 assemblées, le texte du gouvernement sera adopté.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 14:50

 

En apprenant l'intervention française au Mali, j'ai relu mon article écrit hier, avant que la nouvelle tombe. Les 'al qaïdistes' marchaient sur Bamako, la capitale. Il a donc fallu réagir dans l'urgence.

Non que nos militaires ne fussent pas préparés à l'intervention. Mais pas les Africains. En particulier pas les plus directement concernés, l'armée malienne. En haut lieu on préférait attendre le printemps: d'ici là on escomptait  avoir avancé dans la formation des maliens*, et fini de convaincrer Nigérians et Sénégalais de conformer une coalition avec la France et, peut-être, même symboliquement, d'autres pays occidentaux.

François Hollande a décidé d'intervenir immédiatement pour arrêter la marche vers le sud des terroristes, parmi lesquels les Maliens sont une infimme minorité. En outre la France avait la loi internationale pour elle: l'ONU ayant approuvé par avance une opération destinée à préserver l'intégrité territoriale de l'un de ses Etats membres.

Nous saurons dans les jours qui viennent si, non seulement l'offensive terroriste sur Bamako a été stoppée, mais encore si leurs bases militaires sur le territoire malien étaient définitivement neutralisées. Une fois ces objectifs atteints, il appartiendra aux Maliens, aidés éventuellement par leurs alliés de l'ouest africain, de rétablir la souveraineté nationale dans le reste du pays en prenant le contrôle des frontières.

Restera à veiller à ce que le Mali soit en mesure d'empêcher toute nouvelle incursion terroriste lourde, avec occupation de villes et prise en otage de leurs habitants.

 

Antoine Blanca


* L'armée malienne a été durement perturbée, nous l'avons déjà écrit, par des divisions à l'occasion de tentatives de putsch qui ont affaibli sa capacité opérationnelle. Cette agitation, et des mouvements autonomistes au sein du peuple touareg, ont sans doute été mis à profit par les terroristes pour intervenir et, finalement s'établir dans le nord du Mali. Ils avaient commencé à y faire régner leur loi barbare.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 10:58

Je suis étonné par l'intérêt limité que portent le monde politique et la presse internationale à la conquête, par des groupes militarisés islamistes, d'une grande partie du Mali. On nous a bien dit, en substance, "ils ne perdent rien pour attendre, une offensive d'envergure est en train de se préparer pour le printemps 2013". Au Quai d'Orsay on nous répète que la France apportera un appui logistique important à l'opération, sans intervenir directement sur le terrain. C'est une sage décision: il ne manquerait plus que l'on offre aux djihaddiste le double argument de néo-colonialisme et de nouveaux 'croisés'.

Mais en matière d'offensive, le gouvernement malien a été devancé par les islamistes radicaux: ils viennent d'avancer vers le sud, et de faire la conquête d'une ville malienne jugée  stratégique. L'armée du pays* n'a pas bougé et ses alliés ont brillé par leur apparente indifférence.

La question est posée: va-t-on assister à une talibanisation de l'Afrique de l'Ouest?

En apparence une telle éventualité est improbable. Même si la plupart des nations frontalières du Mali sont aussi majoritairement musulmanes, les djihaddistes constituent une infime minorité. Ils arrivent toutefois à marquer des points auprès d'une jeunesse sans emploi, ni perspective, en dénonçant la corruption de nombre de dirigeants. Qu'on oppose à la prétendue pureté monacale des islamistes radicaux.

Une autre caractéristique des activistes: ils reçoivent le renfort en hommes et en argent de certains pays musulmans. En Afghanistan des milliers de  volontaires étaient venus renforcer la résistance afghane contre l'envahisseur soviétique. A partir de 1989 ils étaient retournés chez eux. Sans déposer les armes pour autant. L'exemple de l'Algérie est, de ce point de vue, terrifiant.

Dans la partie occupée du Mali, les 'volontaires' djihaddistes commencent à arriver.

Aux gouvernements de l'Afrique de l'Ouest de manifester leur volonté d'empêcher une talabanisation dela région en utilisant leurs forces armées. Et en mettant de l'ordre dans leur propre maison. Qu'ils ne comptent ni sur l'Algérie, ni sur le Maroc: ils se sont barricadés derrière leur immense frontière. Quant à la France, chacun sait qu'elle ne sera pas neutre...

 

Antoine Blanca

 

* une partie des officiers et des sous-officiers de l'armée malienne est avant tout occupée à la préparation de coups d'Etat plus ou moins tordus...

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 11:28

C'est aujourd'hui, 10 janvier, que le commandant Hugo Chàvez, réelu pour un mandat de six ans à la tête de son pays, devait prêter serment. Mais son état de santé l'empêche de quitter la clinique cubaine où il a été opéré, pour la quatrième fois, d'une tumeur maligne. Selon mes sources, l'opération elle-même a été un succès. Les complications post-opératoires sont dues à une infection pulmonaire dont le traitement demandera encore plusieurs semaines.

Si la date du début du nouveau mandat constitutionnel est bien fixée au 10 janvier dans la Constitution, le Conseil Suprême de Justice, saisi par l'opposition et par  son leader Henrique Capriles (gouverneur de l'Etat de Miranda), a considéré que le nouveau mandat peut commencer en l'absence provisoire du Président élu. Il pourra prêter serment à son retour. En attendant le vice-Président, l'ancien Ministre des Relations extérieures Nicolàs Maduro, exercera la fonction présidentielle.

L'opposition est furieuse. Mais elle est bel et bien en position de faiblesse. Elle vient de se faire écraser électoralement dans les Etats fédérés (21 gouvernorats sur 24 seront dirigés pas le chavisme, du Parti vénézuélien bolivarien socialiste uni) et il est douteux que l'OEA (Organisation des Etats  Américains, siégeant à Washington) lui donne raison. Hier aux ordres du Département d'Etat, l'OEA fait désormais de la résistance. Une sorte de rebellion tranquille.

La quasi totalité des présidents latinos avaient promis leur présence aux cérémonies d'investiture, ou devaient s'y faire repréenter à haut niveau. La présidente argentine, Cristina Fernàndez, en visite à La Havane, s'est rendue au chevet de Hugo Chàvez. Les présidents de Bolivie et de Haïti sont malgré tout arrivés à Caracas.

L'opposition n'est pas en état non plus d'affronter les chavistes dans la  rue. Ces derniers sont bien organisés dans les quartiers populaires et peuvent, en quelques heures, mettre 20000 'chemises rouges' sur le pavé. La haine de classe est perceptible dans un pays où les différences sociales sont très sensibles. Si le Tribunal Suprême avait pris une décision anti-chaviste, les conséquences auraient été imprévisibles.

Il demeure que, du fait de l'excessive concentration des pouvoirs entre les mains de Chàvez, de nombreux programmes sociaux accusent de grands retards du fait de cette longue maladie. En particulier dans le secteur du logement où il y a d'énormes attentes dans l'électorat populaire. Le chavisme doit être conscient qu'il y a urgence à y répondre autrement que par des discours.

 

Antoine Blanca

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 12:08

Nous avons toujours su que la participation du Royaume-Uni à l'Europe était conditionnelle, empreinte de réticences de part et d'autre. Mais jusqu'à présent nous ne nous étions jamais posé sérieusement la question d'une vraie rupture entre Londres et ses partenaires du continent. Mais quand un ancien président  de la Commission de Bruxelles, une personnalité aussi identifiée à la construction européenne que Jacques Delors, exprime son ras-le-bol, excédé qu'il est par "l'euroscepticisme" permanent du gouvernament britannique, pour souhaiter le départ de la Grande-Bretagne, il est temps de se poser concrètement la question.

En premier lieu il convient de prendre en compte l'hostilité majoritaire des électeurs britanniques au projet européen. Les explications sont nombreuses. L'insularité, la volonté de ne jamais dépendre d'une loi qui leur soit extérieure, le fait historique que les îles britanniques n'ont pas subi d'invasion depuis près d'un  milénaire ('nous nous sommes toujours défendus tout seuls, nous n'avons besoin de personne'). Cet état d'esprit est entretenu au quotidien par une presse appartenant à des Australiens...

Aveuglés par leur 'splendide isolement' les Britanniques ne voient pas les avantages que leur apporte l'appartenance à l'Europe. Les pays européens, sensiblement ceux de la zone euro, sont les meilleurs clients commerciaux de Londres. Déjà au bord du gouffre, l'économie britannique souffrirait  davantage de son départ que ses actuels partenaires continentaux. Dominée jusqu'ici par le couple franco-allemand auquel s'associait souvent la Grande-Bretagne, le centre politique de l'Union se déplacerait vers l'est, singulièrement  vers l'ambitieuse Pologne.

Les Anglais mettent souvent en avant la place financière de la City, la plus importante après Wall Street. Or cette dernière est en pleine décadence, et sur un autre plan, entretient le mythe du Marché, qui ne se trompe jamais et doit donc imposer sa loi. Les Britanniques sont pourtant les premiers à souffrir de ce dogme néfaste dans une société moderne. Enfin on est en droit de se demander jusqu'à quand on pourra parler de 'Royaume Uni'   si l'Ecosse choisit l'indépendance et demande à adhérer à Bruxelles.

Enfin, une séparation, a toujours des conséquences matérielles et financières, dans un couple comme dans une Union d'Etats. Ces conséquences, Londres devra les affronter, et ce sera à son détriment. D'ailleurs les "séparatistes' précisent qu'ils demanderont à faire partie de l'Espace économique européen. Comme la Norvège. Laquelle, n'a jamais adhéré à l'Europe après l'avoir rejeté deux fois par référendums. Dans le cas britannique la demande se ferait après une rupture. Il y aura des conditions...

Pour le moment nous sommes encore dans la politique-fiction. Mais si, pour gagner les élections de 2015, Mr. Cameron organise un référendum et quitte l'Europe, avec effet en 2016, tout ce qui est dit dans l'article deviendrait réalité. Sans doute une telle éventualité serait préférable à la posiition ambigûe des Britanniques, position qui freine tout élan de véritable intégration.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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