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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:00

J'ai entendu un commentateur sur une chaîne de télé, qualifier l'acteur Gérard Depardieu de citoyen franco-russe. Je m'empresse de dire que cette nationalité n'existe pas. Aux yeux de la loi française la qualité de bi-national n'existe pas. Bien entendu chacun de nous connaît des amis qui bénéficient, pour des raisons très diverses, d'un autre passeport. Ils ne sont pas dans l'illégalité pour autant. Mais aux yeux de la France, tant du Ministère des Affaires étrangères que de celui de l'Intérieur, aucun de nos concitoyens ne peut se prévaloir, devant la loi, d'une autre nationalité que la française.

 

Le cas de Depardieu est singulier. En croyant servir ses intérêts d'homme d'affaires ayant des intérêts en Russie, il a surtout servi ceux du président Poutine. C'est ce dernier qui a tiré les ficelles jusqu'au bout. Disons aussi en passant que, dans une vraie démocratie, il est des règles à respecter, des processus à suivre, des documents à fournir pour obtenir la naturalisation. Dans l'affaire Depardieu le patron de toutes les Russies s'est comporté en monarque absolu. Du jour au lendemain il a pu sortir un passeport de son sac à malices. Inimaginable dans un pays, quel qu'il soit, de l'Union européenne.

 

Notons tout de même, avec satisfaction, que l'acteur a profité de son passage footballistique à Zurich pour réaffirmer son appartenance à la communauté des français. "Si j'avais choisi l'exil fiscal, je l'aurais fait il y a 20 ans. Comme Delon ou Aznavour (il aurait pu ajouter beaucoup de noms qui n'ont pas attendu l'arrivée d'une gauche au couteau entre les dents au pouvoir pour se domicilier en Suisse). Mais, a précisé Depardieu, Français je suis, Français je reste. J'ai toujours payé mes impôts en France et je continuerai de le faire". Fini donc le passeport déchiré ou rendu. On s'en réjouit. Mais on a du mal à suivre le feuilleton.

 

Antoine Blanca


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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:09

Cela n'est pas arrivé depuis longtemps: des prêtres, des évêques même parfois, sont montés en chaire pour appeler les fidèles à descendre dans la rue. Appel aussitôt relayé par la droite en mal d'une vraie cause mobilisatrice. Pourquoi avoir choisi de manifester aussi clairement le positionnement de l'église romaine aux côtés du conservatisme politique? On parle de "provocation" du gouvernement. Or c'est le secrétaire général de l'enseignement 'libre' qui a déclenché la polémique. En demandant aux établissements scolaires de sa juridiction d'organiser des débats sur le projet de loi portant sur le mariage pour tous, il ne pouvait ignorer que le Ministre de l'Education Nationale se verrait contraint à rappeler certains principes essentiels à la préservation de la neutralité dans l'enseignement. A souligner que l'appel de cette personnalité à déroger aux règles fondamentales, aux conventions liant l'Etat à l'enseignement privé, rendait une mise au point du gouvernement inévitable.

Alors qui provoque la polémique?

On rapproche cette situation de celle de 1984, quand l'Eglise et les partisans du privé s'étaient mobilisés en masse, d'abord dans les provinces, puis dans une puissante manifestation parisienne. Mais il s'agissait alors de faire reculer le pouvoir et de le faire renoncer à une série de projets de loi renforçant l'Education Nationale. Laïque et publique, naturellement. Le gouvernement Mauroy était à la manoeuvre. Le 'privé' pouvait se dire 'agressé'. Pas cette fois: le projet de loi  portant sur le mariage pour tous ne concerne, ni de près, ni de loin, l'enseignement. C'est délibérément que l'Eglise choisit la rue avec les partis et les mouvements de droite et d'extrême droite.
C'est donc une situation nouvelle.

On souhaite l'affrontement. Une contre-manif des laïcs, de la gauche unie. Nous  n'aurions aucun mal à rassembler un million de personnes. Mais je pense qu'il est préférable de ne pas céder à cette tentation de l'épreuve de force. Nous avons la majorité dans les deux assemblées. Nous ferons passer nos textes. Et par conséquent nous sommes assurés de la victoire. Laissons-les défiler...

 

Antoine Blanca

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:19

Deux adoslescentes avaient quitté le domicile parental pour rejoindre le site lointain, à l'autre bout de l'hexagone, de Notre-Dame des Landes, dans le pays nantais. On peut supposer qu'on leur avait parlé d'une fête écologiste et d'un rassemblement libertaire et joyeux. L'une et l'autre sont désormais  de retour à la maison.

Quelques centaines de jeunes gens, pas forcément mineurs, et une poignée  de vieux nostalgiques, venus de divers coins de France, se sont aussi rendus hier sur le site du futur aéroport, pour un concert en terrain boueux.

On peut expliquer la démarche d'un José Bové, en mal de légende, qui voudrait revivre l'exaltation d'un nouveau Larzac, à l'abri de sa pipe et de  sa moustache gauloisse. Et de son respectable mandat de député européen. D'autres écolos, appartenant à différentes écoles, se positionnent à l'intérieur d'Europe Ecologie/Les Verts en vue de futures batailles internes à leur mouvement. Aucune surprise de ce côté-là. Ce type d'agitation est un peu leur raison d'exister.

Mais que vient faire dans cette galère l'extrême gauche, celle qui se réclame du marxisme, voire du marxisme-léninisme. Selon la propre prédication de ces groupes on voit mal pourquoi ils s'oposeraient au progrès et au développement. A la création de centaines, sans doute même de milliers de postes de travail. La raison est pourtant aussi claire qu'inavouable: créér des problèmes à un gouvernement de gauche. Sans aucune contre-proposition à la clé.

Revenons à l'essentiel: la construction du nouvel aéroport est reconnue comme indispensable au développement de toute une région. Les élus se sont prononcés nettement, ont adopté des textes dont l'application est retardée par des agitations diverses depuis des décennies. L'aéroport est souhaité paar l'immense majorité de la population concernée.

Il faut désormais se mettre à l'oeuvre.

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En pays nantais on attend avec impatience que les travaux entrent dans une phase créative.

Il s'agit désormais d'appliquer les décisions prises démocratiquement.

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 11:32

La presse espagnole titrait hier "50 000 espagnols ont émigré en Allemagne en 2012". D'aucuns se diront qu'il faut vraiment être désespéré pour choisir volontairement de vivre en Allemagne. Mais les Allemands n'ont pas l'exclusivité, loin de là d'être le bénéficiaire cet exode. Le Brésil, (et Saõ Paulo en particulier) accueillit, au cours de la même période, plusieurs dizaines de milliers d'arrivants. Aujourd'hui ces départs massifs sont une surprise. Mais c'est oublier que l'Espagne a été, depuis toujours, une terre d'émigration.

A l'exception de la période s'étendant de 1972 à 2010, quand le pays avait trouvé un souffle économique et social extraordinaire (surtout après son admission au sein de ce qui était alors la Communauté européenne), les jeunes de la terre de Cervantés ont été pionniers en matière d'émigration.

Cela a commencé dès le XVIe siècle, quand la conquête des Amériques leur offrait une incroyable opportunité de vie nouvelle. La colonisation d'une autre Espagne faisait rêver les plus intrépides, les plus aventureux. Comme dans le même temps Maures et Juifs étaient contraints à l'exil (ou à la conversion), le pays perdit beaucoup de sa richesse humaine, de son esprit d'entreprise.

L'or qui arrivait par galions entiers des territoires conquis, s'il offrait, à la monarchie, les moyens matériels à des guerres incessantes, si les victoires en Flandres donnaient à Madrid le sentiment d'être une grande puissance, rien ne compensait une perte continue de substance. Le réveil fut atroce quand, en 1898, ce peuple fier prit conscience de la réalité, avec la perte humiliante de ses dernières colonies : Cuba, Porto Rico et les Philipinnes*.

La dernière grande migration fut européenne. Par centaines de milliers, des travailleurs et des travailleuses espagnoles partirent pour la France, l'Allemagne, la Belgique et la Suisse**. Les premiers pour les usines, les secondes pour être employées de maison. Ces émigrants, quand ils revenaient au pays, pour des vacances ou pour s'y réinstaller, donnaient un nouveau souffle à la gauche clandestine qui combattait Franco. Ils avaient connu, ailleurs, une autre réalité sociale. L'Espagne s'en imprégna et la  dictature fut débordée.

La nouvelle émigration, fille de la crise actuelle, est cependant différente. Ce ne sont pas des ouvriers et des femmes de ménage qui partent, mais des jeunes diplômés désespérés de ne pas trouver de débouchés correspondant à leurs études.

Heureusement l'Espagne et son génie ne meurent jamais. A chaque épreuve correspond dans l'histoire une nouvelle génération littéraire et artistique. C'est la grandeur d'un immense pays.

 

Antoine Blanca


*cette défaite fit éclore une génération intellectuelle féconde en matière de littérature et de philosophie. On l'appela "génération du 98".

**600 000 travailleurs arrivèrent en renfort de l'industrie française entre 1960 et 1965 et 400 000 en Allemagne.

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 11:34

Le cas personnel de Dépardieu me peine, car j'aimais bien le personnage, mais il ne devient politiquement intéressant qu'à partir de l'intervention de Poutine dans le débat public. Cet ancien commandant du KGB, nous a obligés à nous pencher sur le système russe en matière de fiscalité. Ce qu'on proclamait, il y a peu, 'patrie des prolétaires du monde entier' * est devenu le berceau des oligarques. Autrement dit de ceux qui, de cadres supérieurs d'entreprises d'Etat, en sont devenus les propriétaires, et accédé ainsi au statut de milliardaires. Ils peuvent continuer à prospérer pour autant qu'ils jouent docilement le jeu du pouvoir en place. Et versent leur dîme à la trésorerie des campagnes électorales bien inspirées.

Ce qui fut le 'berceau lumineux' de Lénine s'est donc transformé en refuge pour les persécutés fiscaux de la social-démocratie européenne. Pensionnaire dans un lycée en Algérie, au début des années 50 (à Médéa, le seul établissement du pays à porter le nom d'un poète local, Bencheneb, et à ne pas avoir été débaptisé après l'indépendance), à ceux d'entre nous qui se réclamaient du socialisme, nos camarades staliniens nous faisaient la leçon: "vous n'êtes pas socialistes puisque vous vous contentez de réformer le capitalisme; seuls les communistes sont 'conséquents', en rejetant totalement la propiété privée. En URSS on vit dans une société socialiste qui prépare l'avènement d'une authentique société communiste" **.

Nous, les 'social-traîtres' nous référions parfois à ce qui était pour nous une source d'inspiration. La Suède social-démocrate, qui avait l'ambition de parvenir à une société plus juste, notamment par la réforme fiscale, qui frappait très durement les hauts revenus. Il y eut alors des exilés fiscaux. Le plus célèbre: Ingmar Bergman, le grand réalisateur qui avait longtemps professé des idées de gauche.

Aujourd'hui, au moment où le léninisme s'est effondré partout, y compris dans les quelques pays que le PC dirige encore, je ne peux m'empêcher d'estimer que c'étaient nous, les 'social-traîtres', qui avions raison dans le vieux débat commencé en 1920.

 

Antoine Blanca


* Bien entendu, je n'ignore pas que la Russie n'était que l'une des composantes, certes très majoritaire, de feu-l'URSS. Je suis conscient de la facilité de la démarche de cet article; Je demande votre indulgence.

** Pour les communistes orthodoxes, le socialisme n'est qu'une étape de la construction d'une société communiste.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 12:31

Dans la grande ville andalouse  de Grenade, ce début de l'année 2013 est politiquement agité. Pour comprendre les raisons de cette agitation, un mot d'histoire:

Il y a exactement 521 ans le roi maure de Grenade déposait les armes devant les "rois catholiques", Isabel de Castille et Ferdinand d'Aragon. Dernier bastion musulman en Espagne, cette reddition signifiait la fin de 'l'Espagne musulmane' (cf. Histoire de l'Espagne musulmane du Prof. Levi-Provençal, 3 t.). Cette présence avait duré 8 siècles et Cordoue avait même été capitale d'un califat omeyyade. L'empreinte laissée par cette longue cohabitation de Maures*et de Chrétiens, mais aussi de Juifs (la grande sinagogue de Tolède mérite votre visite) est remarquable. La 'Reconquête' était achevée. Rapidement la Monarchie à deux couronnes**, mit en demeure Mahométans et Juifs de se convertir au catholisisme ou de quitter l'Espagne. A Rome, SS. le Pape jubilait.

Longtemps la fin de la Reconquête, a été célébré par des réjouissances. Mais aujourd'hui la Ville de Grenade veut (majorité de droite)  faire un pas de plus en demandant formellement que la prise de leur ville 'par les Chrétiens' soit inscrite au patrimoine immatériel de l'Humanité par l'UNESCO.

Il va sans dire que cette tentative de la droite espagnole, teinté qu'elle est d'islamophobie, voire de  d'anti-sémitislme, n'a aucune chance d'aboutir. Le vrai patrimoine de l'Humanité des huit siècles de présence musulmane est immense. Il se matérialise par les magnifiques monuments comme la Grande Mosquée de Cordoue, l'Alhambra de Grenade, les palais de Séville...la liste serait interminable. Le monde musulman et israêlite d' Espagne a donné à la Connaissance universelle de grands mathématiciens, d'immenses philosophes et poètes, des architectes et des artisans géniaux, des compositeurs et des musiciens d'exception. 

La brutale expulsion de ces communnautés solidement enracinées fit entrer l'Espagne dans l'obscurantisme de l'Inquisition. Pour la Pensée et pour l'Art, pour l'agriculture et l'artisanat, l'appauvrissement fut certain et durable.

Oui, vraiment, ni l'Espagne, ni l'Humanité ont quelque chose à célébrer.

N'en déplaise à la droite espagnole au pouvoir, et qui devrait avoir d'autres sujets de préoccupation.

 

Antoine Blanca

* Les Espagnols parlent toujours de 'Moros' pour désigner des musulmans d'origine arabe ou berbère.

** Le Roi et la Reine avaient, lors de la prise de Grenade (qui coîncida à quelques mois près avec la ddécouverte de l'Amérique par Christophe Colomb le 12 octobre 1492), des pouvoirs identiques. On disait officiellemment " Tanto monta, monta tanto, Isabel como Fernando".

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 11:39

Le dernier appel à une intervention armée des 'Casques bleus' de l'ONU concerne le Kivu, province de la RDC* envahie de nouveau par des troupes d'un pseudo mouvement 'rebelle' appelé M23. Agissant en réalité sur ordre de deux pays frontaliers, le Rwanda et l'Ouganda....eux-mêmes manipulés par de grandes compagnies minières, qui convoitent avec avidité les richesses en métaux rares de la région envahie...**

Voilà le tableau en apparence simple. Le malheur est que le Kivu n'est pas un désert. Alors il faut faire partir les habitants. En les tuant ou en les terrorisant pour provoquer leur fuite. On est revenu au Moyen-Age quand les mercenaires étaient autorisés à ne pas faire de quartier. A piller, violer, massacrer. On assiste dans certaines parties de l'Afrique à la résurrection des 'grandes compagnies' qui désolèrent l'Europe au au XIIIe et XIVe siècle. La grande différence est qu'aujourd'hui, il y a partout des Etats constitués et, depuis la fin de la 2e guerre mondiale, une loi internationale dont l'ONU est censée être la gardienne vigilante.

Oui mais, voilà : l'ONU ne peut agir qu'avec l'accord des pays membres et fondamentalement celui du Conseil de Sécurité. En fait celui de ses cinq membres permanents Russie, USA, France, Royaume Uni et Chine. Autant dire que la décision est rarement rapide. D'autant qu'avec la décision d'intervenir suppose qu'on fournisse des troupes bien entraînées et le budget nécessaire à armer et à payer les soldats. L'ONU ne dispose pas d'une force militaire permanente propre aux ordres du Secrétaire général. Il peut y avoir des casques bleus déjà sur place (il y en a au Kivu); mais ils sont en nombre insuffisant, contraints de rester l'arme au pied. Ils sont d'une certaine manière de simples observateurs. Comme ce fut le cas lors du génocide de Tutsis par les Hutus au Rwanda.

Naturellement la logique serait que les militaires de chaque Etat veillent sur la préservation de l'intégrité du territoire national. Ce serait théoriquement possible au Mali comme en RDC. Mais là, c'est une autre histoire...En tout cas, n'accablons pas l'ONU de nos sarcasmes.

 

Antoine Blanca

 

*   RDC : République démocraatique du Congo, ancien Zaïre

** Notons aussi que les grandes compagnies et sociétés minières ont souvent leur siège dans de grands pays membres permanents du Conseil de Sécurité. Aux Etats-Unis en particulier.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:34

Sur le plan politique, je porterai un toast à un Obama bien inspiré dans son deuxième mandat, et un autre, plus chaleureux encore, à François Hollande dont on découvrira, progressivement, le vrai visage fait de résolution et de vérité.

Expectative plus que certitude. Mais n'est-ce pas la définition de l'espoir?


Il en est de même pour les mondes arabo-berbère et pour le reste de l'humanité musulmane à la recherche d'une mutation qui fera enfin éclore son esprit d'ouverture et de vraie fraternité universelle. Enfin libérée du carcan étouffant de l'intolérance, de la barbarie criminelle.


Laissons une place à l'optimisme. Les pays occidentaux sauront-ils vaincre la crise sans condamner, les uns à la misère plus ou moins assistée, les autres à vivre dans l'interminable, finalement sinistre, tyrannie de l'argent surabondant, celui dont on ne sait que faire, une fois satisfaites toutes leurs fantaisies de luxe et de débauche.


Au Maroc, encore discrètement, en Tunisie, en Egypte de manière plus tumultueuse, une génération est en train de renaître à la Lumière de la démocratie qui est tolérance, culture et liberté. Je demeure confiant dans le moyen terme.

En revanche je ne ferai aucun pari pour la Syrie. Je crains que, dans le court terme, la guerre civile débouche sur une anarchie sanglante. Désormais, contrairement à ce que les occidentaux veulent espérer, il n'y pas là-bas des 'bons' luttant contre les 'mauvais'. Mais des minorités religieuses, ethniques et politiques terrorisées et prêtes à lutter pour leur vie et celle de leur famille. Des pays frontaliers en alerte rouge.


Comment l'Afghanistan va-t-il vivre le départ des 'protecteurs' occidentaux? Je crois que l'heure de vérité va arriver pour la majorité silencieuse qui ne veut pas des fous assassins qui veulent un retour vers le VIIe siècle, celui de la naissance du Prophète.


Aux lecteurs, plus ou moins fidèles, de ce blog, je souhaite de participer à la longue marche vers une humanitémeilleure,  plus juste et plus éclairée.

 

Antoine Blanca

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 12:27

La décision du Conseil Constitutionnel de censurer, très partiellement, la loi de finances pour 2012, en particulier l'imposition à 75% du revenu des personnes excédant un million d'euros par an (ce taux concerne la partie supérieure à un million d'euros), m'irrite moins que les commentaires que cette sentence a suscités. Pas tellement les criailleries des politiciens de droite, qui ont décrété, depuis longtemps, que les élus PS sont des 'amateurs', que les paroles et les écrits de journalistes chevronnés.

Camouflet, gifle pour Hollande. Ils savent bien, pourtant, que le texte  d'un projet de loi peut toujours donner lieu à des interprétations différentes. Une Cour de justice est confrontée à cette même problématique. Les mêmes commentateurs ne peuvent ignorer que, au cours des cinq années de sarkozysme, nombre de lois ont été jugées, par les Sages, non-conformes à la Constitution. Certains élus de droite s'étaient alors laissés aller à des qualifications insultantes sur le président de cette institution, Jean-Louis Debré, réputé chiraquien donc, disaient-ils, hostile à Sarkozy.

Les  socialistes ne  s'abandonneront jamais à de telles dérives de langage. On respecte trop les fondements de la République. Pourtant, en 1981 et en 1982, le Conseil, alors présidé par un gaulliste, authentique mais clairement réactionnaire, retoqua les articles 4,6,13-1,18,30 et 32 de la loi portant sur les nationalisations. Argument fondamental des censeurs: "l'inviolabilité du droit de propriété". Grosso modo cela se traduisit par une augmentation sensible de l'indemnisation compensatoire. Des milliards de francs passèrent des caisses de l'Etat aux poches des pauvres milliardaires. Voilà pour la moralité (?) de la fable...

Peu de gens de presse ont rappelé cet  antécédant, pourtant monumental.

La décision du Conseil Constitutionnel a moins censuré Hollande, et sa majorité, que les citoyens et les citoyennes qui avaient adopté, en pleine connaissance de cause, cet impôt touchant les très riches.

 

Antoine Blanca

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 11:10

En se disant 'disponible' pour répondre à une invitation du Président à remplacer Jean-Marc Ayrault à Matignon, Jean-Luc Mélenchon a, d'une certaine façon, tourné le dos au gauchisme habituel. Bien entendu, une telle éventualié est du domaine de l'extra-terrestre. Mais cette fois son propos ne doit rien à l'improvisation. Peut-être même s'est-il concerté avec ses alliés du PCF. Place du Colonel Fabien on est attentif à ne pas se couper des socialistes. Dans la perspective des municipales de 2014, bien entendu. Mais pas seulement. Les communistes ne s'imaginent pas dans la marginalité politique. Le gauchisme continue d'être regardé comme maladie infantile du communisme.

De fait, ce qui survit encore en France de la mouvance marxiste-léniniste a assumé pleinement le réformisme de gauche. On n'a pas manqué d'observer que le communisme n'exerce pratiquement le pouvoir nulle part. La République Démocratique de Corée, Corée du Nord, est une caricature et la grande Chine Populaire inscrit son action et son économie dans un libéralisme encore inavoué. Les textes adoptés lors du dernier congrès du PCCh sont un modèle de pragmatisme absolu. Quant au communisme cubain, il est très spécifique (Fidel l'a écrit pendant sa convalescence: "nous ne voulons être un modèle pour personne"). En premier lieu on regarde  vers les Amériques latines auxquelles on s'estime intimément lié.


Alors les rodomontades, brillantes mais stériles, d'un Besancenot ou l'hemétisme doctrinal de Lutte ouvrière s'incrivent dans un tout autre petit monde. Garder un contact étroit avec les confédérations syndicales, avec la CGT en premier lieu, est pour le PCF une priorité absolue. Or la vie syndicale vit une période d'adaptation aux nouvelles, souvent angoissantes, réalités. Dans tous les conflits qui éclatent, on constate que ce sont les leaders locaux qui font l'actualité. Et souvent ils agissent comme des électrons libres. Avec comme unique objectif la préservation de l'emploi.

Chacun sait que la gravité de la crise mondiale a contraint les travailleurs, dans les pays industrialisés, à adopter une stratégie défensive...Pas de place pour la révolution.

 

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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