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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 13:07

Au cours d'un très récent "13h" de France-Inter, le journaliste qui officiait a qualifié le président réélu du Venezuela de "caudillo". A plusieurs reprises, dans son billet concernant les incertitudes qui pèseraient sur la présence effective de Hugo Chàvez à la cérémonie d'investiture présidentielle. Ignorance ou volonté de troubler l'auditeur ? En tout cas la qualification de 'caudillo" est tout à fait inapropiée. Pourquoi ? Explication de texte :

En langue espagnole le terme de caudillo qualifie un chef militaire ou paramilitaire. Parfois aussi un leader politique charismatique et violent. Mais à partir de la guerre d'Espagne, ce titre s'identifie à la figure du général Franco, dernier dictateur dans l'Europe moderne. Il avait commandé les troupes qui avaient liquidé la république espagnole. A l'époque de sa proclamation l'Italie était commandée par un Duce, l'Allemagne par un Fuhrer. L'Espagne le serait par un Caudillo.

Pendant les 36 ans de dictature franquiste la Banque d'Espagne frappait monnaie à l'effigie du Généralissime avec cette inscription: "Francisco Franco, Caudillo d'Espagne par la grâce de Dieu".

Quel que soit le jugement que l'on puisse porter sur la politique de Hugo Chàvez, on ne peut légitimement le traiter de dictateur.

Attendons des nouvelles de la santé du Chef de l'Etat vénézuélien pour savoir s'il pourra, comme le spécifie la constitution, prêter serment et entrer une nouvelle fois au palais de Miraflores. Faute de quoi, le vice-président, Nicolàs Maduro assurera un intérim au terme duquel de nouvelles élections devront être célébrées.

Rien de plus démocratique, somme toute...

 

Antoine Blanca


 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 12:53

Plusieurs de mes lecteurs ont réagi à mes articles concernant le monde musulman (Mali, Syrie, Algérie et Maroc, Egypte). Les actes de barbarie perpétrés à Tombouctou contre des monuments historiques, classés par l'UNESCO, a particulièrement heurté le sentiment de mes amis. Et d'aucuns de s'étonner du silence des musulmans de France alors que des criminels, au nom de l'Islam, démolissent des monuments précieux bâtis au nom de cette religion. On me dit: vous dites que l'immense majorité des musulmans de France ne se reconnaissent pas dans cette barbarie. Si cela est vrai, pourquoi ne font-ils pas connaître leurs sentiments, par l'intermédiaire de leurs  représentants.

En vérité les musulmans de France ne se reconnaissent pas de représentants: le "Conseil représentatif des musulmans de France", ils peuvent le respecter sans s'identifier à ses rares déclarations. Les musulmans de France, majoritairement sunnites et arabo-berbères, vivent repliés sur leur famille ou sur leur cercle d'amis. Généralement ils travaillent dur et ont des raisons de se méfier de tous ceux qui les poussent à sortir de leur mutisme. Prudence est le maître mot. Leur cercle d'intimes est leur frontière. C'est là qu'ils s'expriment.

Les sunnites n'ont pas de clergé, donc pas de hiérarchie religieuse qui pourrait être leur porte-parole. L'imam est simplement chargé de veiller sur la bonne tenue du lieu de culte et d'organiser la prière. Certains sont plus estimés que d'autres. Le conseils des Oulémas sont des organismes consultatifs composés d'experts coraniques et de l'interprétation des hadith. En France ils rendent rarement publics les résultats de leurs délibérations.

La pratique religieuse est discrète. Plus sociétale que mystique. Très rares sont ceux qui ne respctent pas, au moins à minima, les préceptes de l'Islam. Le mois  de jeûne du Ramadan et les restrictions alimentaires. On ne mange pas du porc, et on évite de boire de l'alcool, du moins en public.

La prière pouvant être pratiquée en privé, seule la celle du vendredi est l'objet de rassemblements. A  y  regarder de près, seule une minorité est assidue à la prière.

Les musulmans sénégalais vivent souvent en confréries et acceptent l'autorité d'une chef spirituel. Le soufisme est répandu dans cette communauté qui évite toute ostentation. La démarche pour adhérer à cette interprétation des préceptes de l'Islam est initiatique. Les soufis sont particulièrement souciieux de respecter toutes les religions issues du Livre.

Voilà quelques indications de base sur les musulmans de France qui se sont sentis diabolisés par la dernière période du  gouvernement Sarkozy et par les excès verbaux de la droite au cours de la campagne électorale. Du coup, affaire Merah aidant, ils se sont repliés davantage sur eux-mêmes.

 

Antoine Blanca

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 11:47

L'Egypte s'est doté d'une nouvelle constitution marquée par une interprétation étroite de la loi islamique, la Charia, et par la volonté de perpétuer la  main mise des Frères musulmans, parti actuellement majoritaire, sur la vie politique du pays.

A y regarder de plus près, au-delà du triomphe apparent des barbus (63,8% des suffrages exprimés), nous estimons que, si l'opposition laïque tire toutes les leçons de ces résultats et s'organise  de manière unitaire, il n'y a pas de raison de désespérer de l'avenir.

1 -- En premier lieu, l'opposition démocratique, tout en s'opposant dans la rue des grandes villes au texte  présenté par le nouveau pouvoir, n'a pas mobilisé les électeurs. En dénonçant à l'avance le texte comme liberticide, les partisans du 'Non' ont laissé entendre à la population que les jeux étaient faits d'avance. Si Le Caire et d'autres grandes villes ont voté contre Morsi, la masse des bourgs et des campagnes ne s'est pas sentie concernée. C'est que les Frères musulmans, depuis des décennies, ont mis en place un système d'assistance alimentaire, sanitaire et vestimentaire aux plus miséreux. Le plus souvent illétrée, cette masse ne s'est pas reconnue dans les manifestations citadines.

2 -- Les 2/3 des électeurs ne sont pas allés aux urnes. Un échec évident pour le gouvernement des Frères qui avait mis tous les moyens de l'Etat pour fabriquer une machine à voter en leur faveur.

3 -- L'avenir est sombre pour les nouveaux hommes forts du pays. L'Egypte trouvait une grande partie de ses ressources dans le tourisme et l'exploitation d'une industrie cinématographique prospère peu compatible avec une interprétation de l'Islam qui prétend dénoncer la musique, la danse, les chants, les tenues vestimentaires non conformes à la 'décence'. Avec la tartufferie religieuse au pouvoir, que vont devenir ces activités. Le tourisme ne s'accomode pas de l'obscurantisme ; les films sont très répandus, et prisés dans tout le monde arabe.

Dans l'histoire moderne l'Egypte n'a jamais eu à supporter de dictature talibanisée.

 

Questions subsidiaires:

que vont devenir, sous un tel régime, les 12% de chrétiens (coptes) égyptiens, déjà persécutés (il ne se passe pas de jour sans que l'un des leurs soit assassiné, de mois sans qu'une église soit incendiée ;

que se passe-t-il à l'intérieur des casernes jusqu'ici bien silencieuse ? Morsi a bien changé ses principaux chefs. Mais Gamal Abdel Nasser n'était que colonel... 

 

Antoine Blanca


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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 12:54

Schröder, devenu homme d'affaires, vient de se manifester de nouveau pour fustiger la politique du gouvernement français. Pourquoi cet acharnement? A quels intérêts obéit-il?

L'acharnement s'explique par la mauvaise conscience qui habite ceux qui ont changé de camp. Par intérêt.

Il obéit aux intérêts du monde de la finance et de la spéculation dont la bourse de Francfort est, avec la City de Londres, le temple. Il n'est que de lire la presse quotidienne et hebdomadaire de cette capitale de l'argent. On ne pardonnera jamais à Hollande-candidat, d'avoir condamné ce monde souterrain qui dirige effectivement le monde. Ces gens-là demandent de temps à autre à l'ancien Chancelier fédéral socialiste, de payer les bienfaits dont il a été couvert, après qu'il ait abandonné formellement la vie publique en 2005.

Abandon honteux, ne l'oublions pas. Les électeurs allemands ne lui pardonneront sans doute jamais de s'être soumis à toutes les demandes des conservateurs, de Berlin, de Munich et de Francfort. Il a liquidé tout le système de protection du monde du travail. Il l'a fait sans scrupule, d'un simple trait de plume. Il est passé dans l'autre camp.

Et le voilà officiellement "homme d'affaires". Prospère.

C'est d'autant plus désespérant que l'homme vient d'un milieu défavorisé, qu'il a exercé de petits métiers avant d'entrer à l'Université. Et d'obtenir des diplôles de droit. Il a gravi un par un tous les échelons du SPD. Président fédéral des Jeunesses (Jusos), Ministre-Président de Basse-Saxe où il essaye la coalition rouge-verte. Pour finir par faire adopter, lors de son deuxième mandat de Chancelier fédéral, la tristement célèbre agenda 2010. Ce lugubre chant du cygne, annonça l'effondrement électoral du SPD et le début de l'ère Merkel.

En faisant porter le poids de la crise sur les seules classes laborieuses, Schröder devint exemplaire...pour la droite et le monde de la finance.

Pour ces gens-là il est important de faire échouer le gouvernement de gauche en France. Un succès serait catastrophique, s'll incitait les réformistes de gauche en Europe à retrouver les chemins de l'espoir.

Alors Gerhard Schröder est appelé à sortir un moment de son nouvel univers des finances, et de prendre sa part de l'oeuvre de sabotage.

 

Antoine Blanca

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:53

Madame Lagarde est une dame comme il faut. Elle a des diplômes universitaires (pas dans le domaine de l'économie et des finances, comme on serait fondé à le penser), garde la belle allure de la sportive qu'elle a été, et son expression orale est aussi aisée en français qu'en anglais-américain. Comme chacun le sait, elle a succédé à DSK à la Direction générale du Fonds Monétaire International.

A ce titre elle est autorisée à rendre publiques les analyses et les projections des services spécialisés du FMI concernant les perspectives, à court et moyen terme, dans les domaines de l'économie, des finances, de chacun des pays membres. C'est même la vocation première de cette institution créée, avec la Banque mondiale, à la conférence de Bretton Woods, dès la fin de la seconde guerre mondiale. FMI et Banque devaient contribuer à la régulation des budgets, des marchés, afin de prévenir tout dérapage. Les institutions dites de Bretton Woods étaient supposées éviter une crise de la dimension de celle qui, dans les années 1930, avaient plongé les pays industrialisés dans la récession profonde et le chômage.

La patronne du FMI pouvait donc, en toute  légitimité, émettre un jugement sur les estimations du gouvernement français, et en particulier sur son engagement de réduire le déficit budgétaire de la France à 3% l'année prochaine. Le FMI de Madame Lagarde a fait savoir que cet objectif ne lui paraissait pas réaliste. Et que ce sera plutôt 3,5%. Ce qui nous paraît moins légitime c'est que ce soit une responsable de premier plan de ce déséquilibre budgétaire, la même personnne qui a dirigé Bercy pendant plus de quatre ans. Passant de l'autre côté de la barrière, la voilà qui fait la leçon à ses successeurs, forte sans doute de son héritage catastrophique. Sa politique est responsable de l"explosion des déficits budgétaires et commerciaux de la France.

Un peu de modestie, Madame. Vous qui avez directement, par décision personnelle, régalienne, contribué à nos embarras en attribuant à Bernard Tapie plusieurs centaines de millions d'euros, prélevés sur le budget de l'Etat, sur le produit de nos impôts, en lieu et place du Crédit Lyonnais, banque qu'une décision de justice avait condamnée.

Avec une partie de cette somme astronomique Tapie est en train de s'offrir toute la presse de la région PACA. Merci encore, Madame Lagarde!

 

Antoine Blanca

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 12:16

La visite du Président en Algérie a été un succès sur toute la ligne. Chacun le reconnaît. Il y a tout de même une ombre au tableau : François Hollande n'est pas parvenu à convaincre Abdelaziz Bouteflika de faire participer son armée à une force internationale pour libérer le nord du Mali occupée par différents groupes armés d'inspiration djihadiste.

Les Français étaient fondés à espérer une réponse positive des Algériens : ces derniers étaient la cible d'expéditions meurtrières de la part d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ; plusieurs militaires de l'ANP sont retenus en otage en terroire malien occupé ; l'existence d'une base arrière consolidée pour ces terroristes constitue une menace permanente. Mais l'analyse du gouvernement algérien était différente.

L'Algérie s'est libérée, grâce au sacrifice de son armée, des groupe de miliciens civils, et surtout de son peuple qui avait fini par découvrir le véritable visage de l'extrémisme religieux, après avoir été, un moment, séduit par leur prédication. Le FIS (Front islamique du salut) avait démocratiquement pris le contrôle des 2/3 des municipalités et s'apprêtaient à s'emparer du pouvoir. L'ANP s'opposa par la force à ce qu'elle considérait comme un péril majeur. Une guerre civile s'engagea qui fit plusieurs dizaines de milliers de morts. Le pouvoir s'imposa. De ce fait le peuple algérien est vacciné contre l'islamisme. Contrairement à ses voisins de l'est et de l'ouest. Quand on demande, toutefois, à l'Algérie, de combattre ce même extrémisme au-delà de ses frontières, son président estime que les Algériens ont en quelque sorte 'déjà donné'. L'ANP surveille une frontière immense, et veille à empêcher toute pénétration indésirable. Bouteflika se 'bunkerise", disent certains commentateurs de la presse algérienne. Mais la majorité des citoyens l'approuve.

Que faire alors pour libérer le nord du Mali ? La plupart des pays voisins sont réticents à fournir des troupes aguerries dans le cadre d'une coalition qui bénéfcierait de la reconnaissance de l'ONU. Ce pays dispose, sur le papier, d'une armée de 120 00 hommes. Mais cela reste théorique. Il n'y a pas de gouvernement civil stable et un capitaine renvoie, et nomme à son gré les premiers ministres, tout en proclamant que le territoire national sera libéré par les Maliens eux-mêmes. Mais les proclamations ne valent pas action.

La France est très embarrassée. Elle ne veut pas de ces talibans du désert dans une région avec laquelle ellle entretient, dans tous les domaines, une relation privilégiée.

Mais il n'est pas question d'intervention directe de l'Armée française qu'on taxerait aussitôt de néo-colonialisme.

Pour la France, comme pour les pays africains directement concernés, le problème malien demeure donc entier.

 

Antoine Blanca

 


 

Antoine Blanca 

 

 


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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 10:39

Quand on vit au quotidien les activités de l'ONU, de ses agences spécialisés comme le PNUD*, l'UNICEF, le PAM, ses organisations associées telles l'OMS, l'OAA, l'OIT**, on est en droit de se demander comment les foctionnaires qui y travaillent peuvent parvenir à concilier le sommeil, à garder une dose de bonne humeur et à jouir partiellement d'une vie de famille. La réponse est: parce qu'ils ont fini par se forger une cuirasse émotionnelle, à conserver une distance avec l'événement.

Tous les drames de la planète, et dieu sait s'ils sont nombreux, atterrissent au siège central de New-York ou aux autres sièges de Rome, de Genève ou d' Addis- Abeba...Crises alimentaires massives, sécheresses menaçant la flore et la faune, guerres  ethniques masquant de gros intérêts miniers, alerte permanente au Moyen Orient où les conflits locaux peuvent, à tout moment, se transformer en conflit mondial, en catastrophe économique généralisée..,les responsables de l'organisation internationale ne peuvent faire face qu'en conservant leur sang-froid et leurs facultés d'analyse objective. Malheureusement cette attitude finit souvent par se transformer en indifférence.

C'est que l'on demande beaucoup aux institutions onusiennes, mais on les prive des dotations budgétaires et humaines qui leur permettraient de faire face au malheur. Chaque responsable sur le site des sinistres mesure son impuissance. Souvenons-nous de la mission de l'ONU à Kaboul, chargée, avec une poignée d'hommes d'expérience et de bonne volonté, de veiller à la paix au lendemain du départ de l'armée soviétique en 1989. Les Talibans règnent sur Kaboul et s'emparent des locaux de l'Organisation où s'était réfugié le dernier chef de gouvernement pro-russe, l'exécutent sous les yeux de ceux qui lui avaient accordé asile diplomatique. Impuissance toujours. Même impuissance à Bagdad après l'occupation américaine. Au lendemain du énième attentat, la destruction totale de son immeuble, l'ONU quitte le pays répondant aux souhaits des Américains et d'Al Qaïda. Impuissance encore de l'UNICF et du PAM au sud-Soudan en voyant des milliers de familles mourir de soif avant de rejoindre une point d'eau. Impuissance d'une poignée de casques bleus devant l'arrivéee massive de troupes rwandaises  qui  occuperont une province de la RDC***, le Kivu, pour massacrer les Hutus et s'emparer des richesses minières. La guerre qui suivit dura des années et fit trois millions de morts sans provoquer d'émotion chez les vrais maîtres du monde.

Je m'arrête là. Mais je voudrais que, quand on s'exclame: "mais que fait donc, l'ONU?", chacun mesure sa propre responsabilité de citoyan du monde.

 

Antoine Blanca

 

* PNUD, UNICEF, WFP, sigles anglophones pour le Programme des Nations Unies pour le développement, Fonds de Nations Unies pour  l'enfance, Programme alimentaire mondial, qui ont le statut d'agences spécialisées de l'ONU et répondant directement devant son Secrétaire général. Lequel nomme le Secrétaire exécutif.


**Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agricultue, Organisation Mondiale de la santé, Organisation inrternationale du Travail.

ces organisations sont autonomes et le Secrétaire général de l'ONU n'exerce qu'une tutelle morale et de conttôle, mais ne nomme pas le Directeur général.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 13:15

La Présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui vient de terminer une visite d'Etat en France, a fait savoir à son hôte, François Hollande, avec beaucoup de clarté et de force, que le Brésil, et tous les pays latino-américains, sont décidés à appuyer une politique favorable au retour à la croissance. Elle considère que la France joue un rôle pionnier dans une Europe plombée par le rigorisme allemand et la frilosité britannique.

Un appui bienvenu alors que les Français se préparent à un combat alliant une bonne dose de pédagogie, à l'indispensable pratique diplomatique, afin de faire partager leur point de vue à d'autres membres de l'Union. 

La démarche brésilienne s'explique par le ralentissement de leur propre croissance économique, ressentie aussi par tous les pays de la région. Une certaine euphorie commençait à les gagner il y a seulement un an. Aujourd'hui l'inquiétude a remplacé l'euphorie. Le ralentissement est perceptible. Et tous mettent en cause la menace de récession en Europe.

La présidente brésilienne est au centre d'un vaste réseau d'alliances qui unit les pays membres de Mercosur, les autres pays frères du sous-continent américain et les plus importants pays africains. En écoutant le discours brésilien nous savions qu'elle  se faisait la porte parole d'un univers comprenant pays émergents et pays en développement.

Aussi, la prédication de Hollande pendant la campagne, et son élection, avaient-ils été accueillis avec intérêt, et souvent avec espoir, par tous ceux que Mme Rousseff représentait informellement.

En l'invitant à venir en visite d'Etat dans notre pays, dès le lendemain de son installation à l'Elysée, François Hollande faisait savoir, dans le même mouvement, aux gouvernement latinos et à tous les pays en développement, qu'il partageait leurs préoccupations.

Une prise de contact directe avec le nouveau président mexicain, Peña Nieto, qui a prêté serment le 1er décembre, est en préparation. Il faut inscrire son grand pays dans la nouvelle alliance. La croissance est naturellement compatible avec la rigueur budgétaire dans la mesure où celle-ci ne freine pas le développement.

Obama a parlé, sans ambigüité, dans ce sens. Et on sait que les Chinois sont en état d'alerte économique. Eux aussi regardent du côté de l'Europe et espèrent une nette reprise, dans les deux ans à venir, de l'économie dans les pays de l'Union.

Dans tous les cas de figure, il est réconfortant de constater que la politique conduite par François Hollande compte sur de nombreux appuis à l'échelle mondiale.

 

Antoine Blanca

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:08

Il suffit de mentionner le mot Algérie, et les passions se déchaînent en France. Le Président a connu l'Algérie indépendante quand l'ENA l'envoya faire son stage à l'Ambassade de France à Alger. Il y retournera plus tard, pour une visite purement politique, en tant que Premier secrétaire du PS. L'Algérie française, il n'a pu que l'imaginer à travers ses lectures ou des  discussions orageuses avec un père de droite

Le paysage urbain des grandes et des petites villes a cependant dû parler au jeune stagiaire : une petite France, désormais sans Français qui vivaient leur vie comme des métropolitains, votaient comme eux et discutaient des mêmes thèmes. Ignorant le monde arabophone et berberophone qui s'entassait dans les quartiers périphériques. Ce monde là représentait pourtant 85% de la population. Il n'accédait que rarement aux lycées et aux collèges. Quelques privilégiés entraient à l'université. En 1960 les étudiants étaient à 90% européens. Etre instituteur ou conducteur de tram était en soi un triomphe professionnel. Tous avaient une nationalité étrange : celle de Français-Musulman. Une aberration dans une République laïque qui répétait que l'Algérie était la France, avec ses Préfets et ses Sous-Préfets, ses directeurs de grandes administrations, sa police et ses garnisons.
Les nationalistes étaient surveillés de près, objet d'arrestations arbitraires fréquentes. J'en ai le souvenir très précis car, dans mon village ils étaient amis de mon père. Les voir passer, les poignets menottés dans le dos me déchirait le coeur.  C'était pourtant une élite, lecteurs avides de livres et de revues. Ils se référaient aux principes de notre Révolution, Autodidactes pour la plupart, ils pratiquaient la religion à minima.

Nombre de ceux qui déclenchèrent les évènements du 1er novembre 1954 avaient participé, comme sous-officiers, à la libération de la France, à la campagne d'Italie et au débarquement en Provence. De retour au pays ils étaient entrés dans des organisations clandestines, persuadés que seule la lutte armée pouvait exprimer leur révolte. Pas question de participer à des manifestations publiques comme celle du 8 mai 1945 qui, de Sétif à Guelma, avait conduit à des massacres impitoyables.

La guerre d'Algérie s'est terminée en désastre. L'OAS et ses activités criminelles finirent par rendre inapplicables les accords signés à Evian par la France et le GPRA. En juillet 1962 il ne restait qu'une poignée de Français dans le pays. Tous les autres avaient été 'rapatriés' à la hâte. Rapatrié, terme impropre s'il en est, pour des gens qui, pour la plupart, ne connaissaient pas la Métropole, n'y avaient aucune attache familiale. Ils avaient abandonné leur maison, la ville ou le village où ils étaient nés. Ils payaient très cher les erreurs de la France et leur propre ignorance, parfois méprisante, de leurs voisins arabo-berbères.

Depuis 50 ans les relations entre l'Algérie nouvelle et la France sont compliquées. Tout est émotionnel. Quand Boumédiène décida l'arabisation totale de l'enseignement et des administrations, ce fut la fin  d'un monde.

Aujourd'hui notre langue est devenue, officiellement, une langue étrangère et les plus jeunes ont appris dans les écoles que l'Algérie avait été occupée, que 'la Révolution' les avait libérés du joug colonialiste.

En dépit de tout cela, aujourd'hui, les choses ont changé da. ns les esprits. Et depuis l'élection de Hollande un vent nouveau souffle en faveur de l'établissement d'une relation spéciale avec la France. Les masses sont persuadées que de grands progrès vont marquer la visite d'Etat du président français dans leur pays. 

Hollande a entre ses mains la possibilité historique de combler les fossés qui nous séparent d'un pays qui se veut désormais notre ami.

Cela ne résultera pas du miracle, mais des hommes qui, de part et d'autre, ont préparé les dossiers. Leur contenu peut être le point de départ d'un changement extraordinaire. Bénéfique pour les deux parties.

 

Antoine Blanca


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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:43

Alors que les rumeurs les plus contradictoires courent le pays, voire le monde entier, sur l'état de santé du Président Chàvez, les élections dans les 24 Etats de cette république fédérale (élection du gouverneur et des députés provinciaux) ont été un triomphe chaviste tel que le gouvernement, et les dirigeants du parti majoritaire, ont été pris par surprise ( agréable, bien entendu). 

Personne n'espérait voir les chavistes remporter 21 postes de gouverneur et une véritable avalanche de députés.

Ce scrutin n'ayant été contesté par personne (d'ailleurs le candidat unique de l'opposition lors de la récente présidentielle, Henrique Capriles a, lui, été réelu dans son Etat de Miranda), il démontre que la prédication 'bolivarienne' du bouillant comandante est ancrée dans les profondeurs de l'électorat vénézuélien. Au-delà même  de sa personne et de son charisme personnel. C'est aussi une confirmation du choix, par le Chef de l'Etat, de l'actuel ministre des Relations extérieures, Nicolàs Maduro, comme vice-président de la République. Ce réconfort, d'une ampleur inhabituelle, est d'autant plus bienvenu que d'autres dauphins potentiels ont du mal à masquer leur déception.

Comme dans presque tous les pays américains le président élu n'entre en fonction que plusieurs semaines, voire plusieurs mois après son élection. A l'image de ce qui se passe aux Etats-Unis.

Les vénézuéliens attendent, désormais avec moins de fébrilité, des nouvelles sur la  santé du Chef de l'Etat qui vient, une nouvelle fois, d'être opéré d'un cancer à La Havane. On sait que l'intervention elle-même a été une réussite. Mais cette dernière ne garantit rien, Chàvez se meurt, disent les uns. Mais le gouvernement croit pouvoir annoncer le prochain retour aux affaires d'un Chàvez en pleine possession de ses moyens.

 

C'est que, pour la première fois un pouvoir a pris les plus humbles en considération. Les richesses basées sur l'exportation du brut ont été partagées. La scolarisation et la santé sont désormais l'objet d'une attention particulière. Chàvez communique par radio chaque semaine avec les citoyens, s'adressant particulièrent aux masses défavorisées. Cette pédagogie a porté ses fruits.

Le verbe généreux du président du Venezuela nous irrite souvent par ses excès. J'avoue être plus d'une fois désorienté par une agressivité que j'estime , inutile voire contre-productive. Mais il faut croire que la majorité du peuple ne partage pas mes inquiétudes d'observateur attentif à tout ce qui se passe en Amérique latine.

 

Antoine Blanca




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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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