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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 11:04

Le psycho-drame Depardieu a une seule vertu : celle de nous alerter sur un point faible d'importance dans la construction de l'Union. Nous sommes nombreux à nous sentir chez nous quand nous nous rendons en Belgique, en particulier dans sa partie francophone. Alors pourquoi cette crise émotionnelle entre deux pays que tout unit ? Cette crise porte un nom : fiscalité.

Non que la Belgique soit ce qu'on appelle un paradis fiscal. Globalement en tout cas c'est un Etat où les luttes sociales ont abouti à l'établissement d'une législation progressiste pour le monde du travail. La Fédération générale des travailleurs belges (FGTB) est bien structurée et a remporté depuis 1945 des succès solides, tout comme le réseau serré de mutuelles protectrices. Il n'existe pas cette dispersion de confédérations syndicales qui nous affaibli, nous Français.

Les Belges paient tous des impôts. Même ceux dont les salaires sont microscopiques. Alors, pourquoi des français fortunés et des retraités très bien pourvus prennent-ils 'refuge fiscal" chez nos plus proches voisins ? Parce que justement les intérêts des plus riches y sont, eux, plus protégés. En Belgique, un Français riche est encore plus riche, et se sent comme tel.

Cette faille, il convient de la corriger parce qu'elle affaiblit l'idée que nous nous nous faisons de l'Europe unie. Et, si l'on parle tant des 'réfugiés fiscaux' d'outre Quiévrain, c'est pour jeter un voile pudique sur nos moyennes fortunes qui vont s'installer en Espagne, surtout en Catalogne, géographiquement si proche de la frontière et au climat méditerranéen plus agréable.

Plus conscient que jamais de cette situation d'inégalité devant l'impôt, nous devrions nous appliquer à corriger ce défaut porteur de crises et de divisions à venir.

Car ni la Belgique, ni l'Espagne, ne sont des membres marginaux de l'Union. Rien de comparable avec la Roumanie, la Bulgarie ou les pays baltes. 

Rechercher l'harmonisation des fiscalités doit devenir une tâche prioritaire des Européens. La stabilité de nos institutions communes est à ce prix.

 

Antoine Blanca

 

Antoine Blanca

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 12:51

François Hollande et Abdelaziz Bouteflika : ils veulent que les relations entre leurs pays respectifs fassent peau neuve.

Les deux présidents vont avoir de quoi s'occuper, tant les thèmes de discussion sont riches en nombre et en substance. Les gestes amicaux ne manqueront pas, de part et d'autre, pour contribuer à mettre de l'huile dans les rouages. Le plus significatif sera la visite française à Tlemcem, capitale culturelle de l'ouest. et aussi ville natale de Bouteflika. Le symbole est d'autant plus fort que cette ville, située en moyenne altitude, se situe à la frontière avec le Maroc. Faisant face à Oujda, symbole chérifien de la solidarité avec les combattants algériens pendant la guerre d'indépendance. Bouteflika était alors le fleuron de ce que l'on connaissait comme 'groupe d'Oujda',qui s'appliquait à combattre une idée reçue très répandue selon laquelle la patrie algérienne se bâtissait avec les hommes du Constantinois. On évoquait le triangle BTS (Batna, Tébessa, Sétif)*.

Mais ce qui risquait de perturber cette lune de miel franco-algérienne annoncée avait un nom : Maroc.

C'est pour apaiser les inquiétudes de Rabat, que Hollande vient d'envoyer son Premier Ministre dans le pays qui revendique l'ancien Sahara espagnol, aujourd'hui internationalement connu comme RASD, reconnu par une quarantaine de membres de l'ONU. Et soutenu ardemment par Alger, quitte à avoir longtemps hermétiquement fermé sa frontière avec le pays frère voisin. Avec lequel il n'entretient plus de relations diplomatiques directes.

Les Marocains, pour leur part, sont d'une sensibilité chatouilleuse concernant leur revendication de souveraineté sur l'ancienne colonie espagnole**. "Notre rapprochement avec l'Algérie ne se fera pas au détriment de nos relations que l'on veut excellentes avec votre pays", a dit, en substance, Jean-Marc Ayrault à Mohamed VI. Avec une ostensible volonté de rassurer.

En alerte permanente depuis le vote par l'AG de l'ONU de la résolution 34/37, qui reconnaissait la république sahraoui (souvenons-nous de la Marche Verte' dont Hassan II avait pris la tête et qui se veut point de non-retour), le pouvoir royal sait qu'il ne peut risquer de s'exposer à un référendum...S'il n'est pas certain de l'emporter largement. Faute de quoi, ce serait la chute de la monarchie...

 

Antoine Blanca

 

* Cette idée était très répandue au temps du GPRA et dans les 20 premières années de l'indépendance. Elle est contredite par les faits. Le premier à avoir brandi le drapeau rebelle fut l'émir Abdelkader, depuis son fief de Mascara (Oranais). Le premier président de la République, Ahmed Ben Bella, était originaire de Marnia (Oranais) et, comme on vient de le rappeler, Bouteflika est tlemcénien. En passant, d'ailleurs, le fameux BTS oubliait que nombre de combattants de l'indépendance étaient originaires de la Kabylie.

** La Mauritanie, sous pression intrnationale, a abandonné sa revendication et reconnu le Polisario. Quant à la fameuse 'Marche Verte', ce fut un geste ambitieux de Hassan II qui rassembla des centaines de milliers de ses compatriotes sous son commandement. Cette marche consolida le trône, alors un peu branlant...

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 11:44

Demain dimanche 16 décembre, les militants PS sont appelés par leur direction à descendre dans la rue pour défendre le projet de loi sur le droit au mariage pour tous. Et même plus, si je puis le dire...Je ne doute pas qu'il s'agisse là de bouleversements de société annoncés dans le programme présidentiel et formellement ratifiés par les instances régulières du Parti.

Le militant que je suis se conformera donc à la discipline. Ma manière de m'aligner consistera à me taire. Si j'avais  été parlementaire j'aurai voté avec mon groupe.

Mais que l'on ne me demande pas, en outre, de descendre dans l'arène avec des pancartes. C'est là le rôle d'associations en quelque sorte spécialisées dans ce type de revendication. Des lobbystes. Pas celui d'un combattant de la Cause socialiste.

Je m'explique mieux: j'ai approuvé avec vigueur l'adoption du PACS. Même si des dispositions de son contenu peuvent certes être améliorées, voire étendues. Cela résout les problèmes essentiels auxquels se trouvaient confrontés des couples du même sexe. Le PACS aura été une victoire dans notre combat permanent contre les discriminations.

Mais pourquoi le mariage? Au moment même où cette institution est bousculée par les couples hétéro qui avaient franchi le pas. On n'a jamais tant divorcé, on ne s'est jamais autant séparés ! Ces chose arrivent parfois après une très longue expérience de vie commune!!!. Non, le mariage n'a pas le vent en poupe. Alors quel démon nous pousse à améliorer les finances des avocats spécialisés...?

Bien entendu j'enregistre comme une démonstration d'ouverture d'esprit, les sondages attestant que le 'mariage pour tous' est approuvé par une majorité de nos concitoyens. J'avais déjà trouvé stupéfiant que l'Espagne soit pionnière dans le domaine législatif et sociétal en question.

Rien n'est donc impossible au pays des processions de Semaine Sainte, et de Torquemada.

Mais je note aussi que les socialistes espagnols qui ont fait adopter le mariage 'pour tous', n'ont pas donné la priorité à la proclamation de la séparation des églises et de l'Etat, à l'école publique, laïque et obligatoire. Les Espagnols sont donc en avance sur le secondaire et très en retard sur le principal.

Mes lecteurs l'ont compris : je ne défilerai pas le 16 décembre.

 

Antoine Blanca

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:56

S'il y avait une certitude dans l'esprit de François Hollande en entrant à l'Elysée il y a aujourd'hui 7 mois, c'est que la tourmente l'attendait. Immédiatement. Pas d'état de grâce. Ni l'environnement européen, ni la situation économique et sociale, ni les drames qui se jouaient dans le monde n'allaient lui laisser de répit. Ses principaux atouts en politique intérieure : la majorité absolue PS à l'Assemblée et, grande première, la majorité de gauche au Sénat. Mais les inconnues étaient innombrables :

-- on avait l'expérience de l'union de la gauche, mais pas celle d'un face à face avec des écolos toujours en recherche de maturité ; et dont la candidate présidentielle venait d'être l'objet d'un rejet électoral cinglant ;

-- une opposition inhabituelle : celle à laquelle participait un PCF sous l'emprise, mal supportée mais réelle, d'un Mélenchon hargneux et envieux ;

-- une dispersion des conflits sociaux où les interlocuteurs du pouvoir n'étaient pas les confédérations syndicales, déjà trop nombreuses, mais les militants locaux qui communiquaient leur révolte naturelle au travers de médias disponibles et compréhensives ;

-- les egos mal contrôlés de certains ministres socialistes ;

-- les incartades de quelques parlementaires PS (dits de 'gauche') acharnés parfois à harceler le Président et son gouvernement...

 

Le cas d'Arnaud Montebourg est, à bien des égards, symbolique. Le Président lui a confié le rôle ingrat, mais potentiellement médiatique, d'être à la fois pompier et rebâtisseur. La presse a tendance à ne mettre en avant que ses gestes de mauvaise humeur, sa mésentente notoire avec le Premier Ministre, au détriment de ses réussites. Ces dernières sont pourtant relativement nombreuses, même si on évite de les proclamer par une espèce de superstition.

Or Arnaud Montebourg n'a surpris aucun des proches du Président. Ce dernier a pris un risque assumé choisissant ce rebelle par tempérament, mais un rebelle flamboyant désireux de relever les défis difficiles. Hollande préfère que les signaux d'alerte se mettent au rouge, à ceux qui sont en panne.


A l'Elysée on veut de l'homogénéité gouvernementale, pas de l'uniformité.

Après tout, un Président normal est un homme en débat avec d'autres hommes. Il doit à la fois diriger et composer. François Hollande aime ça.

 

Antoine Blanca

Au moins savons-nous que personne ne se cache derrière un épais rideau du bureau présidentiel pour être le vrai calife à la place du calife.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 17:39

Je me souviens qu'à la fin du règne de Franco en Espagne, un dialogue s'était établi entre les descendants des "rouges" et une certaine droite qu'on avait appelée à Madrid 'droite civilisée'. En France Sarkozy avait imposé au contraire, à la fin de son mandat, et pendant la campagne, un débat malsain par la violence des propos et l'intolérance sur certains thèmes de société. Cette manière de faire de la politique a laissé des traces dans l'actualité.

François Hollande, il faut lui en rendre justice, n'est jamais entré dans ce drôle de jeu. Il l'a évité pendant les ''primaires socialistes', en dépit du fait que certains de ses camarades/concurrents n'hésitaient pas à utiliser un vocabulaire inutilement agressif, voire dégradant pour la personnalité du futur candidat. Mais il  faut reconnaître que l'unité a retrouvé toute sa force à la minute même de la désignation du champion de la gauche.

La droite est dans son rôle quand elle pratique une dure polémique vis-à-vis de son adversaire naturel. Mais en général elle a plutôt généralisé le recours à l'insulte au moyen de la déformation de la vérité. Même des hommes, que certains persistent à croire modérés, tel Fillon, mentent avec un aplomb digne de politiciens extrémistes. C'est d'autant plus impardonnable que les auteurs de ces écarts ont pleinement conscience de leurs mensonges. Cela s'appelle cynisme.

Pourtant, la pénible prolongation du duel Jean-François/François, aura eu le mérite de ramener plusieurs personnalités de droite à plus de pondération dans les propos. Et, disons-le sur certains thèmes (comme celui de l'évasion fiscale) à une appréciation plus patriotique des choses. Cela répond bien à la manière d'être de notre Président, homme de dialogue par excellence. Tout en restant un polémiste de talent. Tolérance n'est pas mollesse.

La situation économique et sociale en Europe, les drames qui se jouent dans le vaste monde alors que l'ONU ne peut que mesurer l'étendue de son impuissance (celle de la communauté internationale en fait), devraient nous imposer, à tous, plus de mesure.

Les citoyens français finiront bien par rendre justice à tous leurs hommes politiques qui se veulent équilibrés, mesurés dans leur comportement.

Renforçons la démocratie dans la réflexion, et nous ajouterons des pierres solides à la construction de la paix.

 

Antoine Blanca

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 10:19

Ces derniers jours le meilleur du Brésil était à Paris. L'ancien président Lula Da Silva (2 mandats) dont l'Institut qu'il a fondé (et qui porte son nom), co-organisait avec la Fondation Jean Jaurès un grand 'Forum du progrès social' sur le thème : "choisir la croissance pour sortir de la crise". Il est venu dire son sentiment, sa vérité sur la situation économique et sociale. A l'échelle de la planète, mais surtout telle qu'elle est vue et jugée par les pays et les peuples du sous-continent américain. Quant à la présidente en exercice, la trépidante, parfois implacable en matière d'éthique, Dilma Rousseff, elle était en voyage officiel dans notre capitale, répondant à une invitation de François Hollande.

Cela nous a permis de découvrir les nouvellles installations du Centre de Conférences du Ministère des Affaires Etrangères. Spacieuses, modernes, dotées des derniers outils technologiques, le Centre s'est substitué avantageusement à celui que l'Etat possédait avenue Kléber, très Second Empire. Au passage, une fois n'est pas coutume, la France a réalisé une bonne opération immobilière.

Le Président de la République a ouvert le colloque par un discours qui trace clairement un nouveau chemin de sortie de crise. S"adressait-il principalement aux Français ? Si tel est le cas, ils n'en sauront pas grande chose tant la presse, écrite, parlée, télévisée, a fait preuve de discrétion. Il est vrai qu'elle est déjà mobilisée par la querelle Copé-Fillon et par le dernier tweet à la mode.

Pour Hollande, la rigueur budgétaire n'est que l'une des composantes du rémède auquel il faut recourir dans le court terme. Sans reprise de la consommation et de la croissance, nous resterons englués dans une crise de plus en plus désespérante.

Dilma Rousseff a parlé beaucoup plus longuement. Au point que l'on a pu penser que son discours s'adressait avant tout aux Brésilienes à travers les médias qui l'avaient accompagnée...Ce que nous retenons surtout c'est la totale coïncidence de points de vue entre les deux Chefs d'Etat. Le colloque est clôturé en ce moment par Lionel Jospin, Lula et le Directeur général de la Fondation Jean Jaurès, Gilles Fincheltein. L'économiste Daniel Cohen, le professeur Nicholas Stern (London School of Economics), Pierre Moscovici ont animé les différents ateliers. Principaux thèmes:

-- La croissance durable, un défi mondial ;

-- pour une gouvernance mondiale juste et efficace ;

-- quelle justice sociale dans une économie mondialisée ?

 

Pour recevoir les documents rapportant les conclusions du colloque: "Fondation Jean Jaurès, 12 Cité Malesherbes 75009 Paris" (à partir du 15 janvier 2013).

NB: Pierre Mauroy préside la Fondation.

 

Antoine Blanca


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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:50

Hugo Chàvez a fini par imposer sa personnalité. Au Venezuela, bien entendu (il vient de gagner la présidentielle pour un troisième mandat, face à un front unitaire de l'opposition), mais aussi au-delà des frontières de la patrie de Miranda et de Bolivar. Cette notoriété explique que les péripéties imposées par son cancer, paraissent intéresser le monde entier. Avant de subir une énième opération à Cuba (seul pays où il se sent en sécurité), il a cru devoir faire connaître le nom de celui qui hériterait de la couronne bolivarienne. En cas de malheur...Le nouveau numéro 2 est d'ores et déjà l'homme fort du régime, après son fondateur.

Qui est Nicolàs Maduro, nouveau vice-président constitutionnel? C'est un grand gaillard, brun et moustachu. Dès l'Université, il fit partie de la 'Liga socialista'. Dans les années 70 il était syndicaliste et devait jouer un rôle pionnier dans la formation du 'Movimiento revolucionnario bolivariano', noyau dur de l'actuel parti chaviste, le PSUV*. Il a été chef du groupe parlementaire, président de l'Assemblée nationale. Avant sa dernière promotion, il était en charge du Ministère des relations extérieures. Il a su, généralement, se faire apprécier de ses interlocuteurs par son abord cordial, et par sa bonne connaissance des dossiers (à Caracas cela relève du prodige).

J'avais pressenti sa désignation en apprenant  que, lors de la première opération 'en urgence' du Président, il l'avait accompagné à La Havane. Fidel et Raùl Castro paraissaient beaucoup l'apprécier. Or ce sont les seuls vrais confidents de Chàvez, en dehors du premier cercle de sa famille. Le Président dit notamment de son dauphin: "Avec sa main ferme, son regard franc, son coeur d'homme du peuple, son amour des autres, il a conquis ses galons". Cela démontre que le 'comandante-presidente' l'observait depuis longtemps avec une particulière attention.

Cette désignation est rassurante, tant l'entourage politique du leader 'bolivarien' ressemblait à un panier de crabes. D'ailleurs Nicolàs Maduro devra, si le moment vient, remettre à leur juste place l'ancien vice-président Elìas Jaua et le président du Parlement, Diosdado Cabello, dont le sentiment de frustration est mal contenu. Les forces armées (Chàvez est aussi un militaire très attaché à sa maison-mère), sont encore une inconnue politique. Elles demeurent au coeur du dispositif et le Président lequel a pleine confiance dans l'encadrement qu'il lui-même investi.

L'épouse de Nicolàs Maduro, une avocate et militante bolivarienne, Cilia Flores, est adepte du monde d'un gourou de l'Inde nommé Satthya Sai Baba. Et elle a entraîné parfois son mari dans ses pélérinages là-bas. Elle entoure d'ailleurs son mari d'amulettes et de colifichets divers, censés le protéger des mauvaises vibrations...Il va peut-être en avoir bientôt besoin, tant je pourrais nommer, par noms et prénoms, ces 'mauvaises vibrations'...

 

Antoine Blanca


*PSUV: parti socialiste uni du Venezuela

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 10:51

Le résultat des trois législatives partielles d'hier ne nous ont nullement surpris. Le résultat est plus ou moins conforme à nos analyses préalables.

DROITE: ne pas confondre élécteurs de base et adhérents d'un parti. Les premiers ne veulent connaître, dans une circonscription, que l'élue locale. Cela s'est confirmé à Béziers comme à Antony. Dans les deux cas le représentant de la droite parlementaire était une personne très implantée dans le territoire concerné. L'électorat conservateur est fidèle, hors étiquette partisane, à son camp et se préoccupe rarement des querelles de chefs. A Béziers, d'ailleurs, cette querelle n'existait pas.
En effet, dans la 6e de l'Hérault la candidate portant les couleurs de l'UMP était la  sortante en juin dernier. Elle avait été battue dans une triangulaire. Cette fois, outre qu'elle n'avait pas  d'adversaire proche de sa famille, elle a bénéficié de sa réputation de conservatrice dure. La candidate PS a perdu 1 point par rapport à il y a six mois. Et la totalité des partis de gauche étaient dans la compétition. Nous verrons au second tour s'il y a rassemblement des voix. Mais la victoire n'est pas envisageable attendu qu'il n'y aura pas de  triangulaire (le FN a été éliminé faute d'avoir obtenu 12,5% des inscrits).

A Antony, Hauts-de-Seine, Devedjian bénéficie d'une très ancienne implantation, comme député, maire, président du Conseil général. En juin, la bataille entre courants UMP dans le département de Sarkozy, faisait rage. Pour les sarkozystes durs, Devedjian était l'homme à abattre...Cette fois le sortant était seul en course dans la famille. Aucun analyste du PS ne rêvait de conquérir cette circonscription que Devedjian avait enlevé au PC il y a fort longtemps.

La troisième bataille concernait une circonscription sociologiquement appelée à rester éternellement à droite. C'est un petit Neuilly dans le Val-de-Marne...

En fait le PS avait une seule sortante qui l'avait emporté dans une triangulaire et qui a conservé son pourcentage des élections générales. Enfin la participation, comme prévu, a été très faible.

En résumé, ces partielles n'ont été pour les socialistes ni une surprise, ni une déception. Je dirais même que, compte tenu de la sale atmosphère que certains entretiennent à gauche, je m'attendais à un résultat encore plus négatif.


Antoine Blanca


NB: aujourd'hui, 10 décembre, c'est la 'Journée des Nations Unies'. Celle aussi des Droits de l'Homme. Je crois convenable de le rappeler.


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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 12:14

J'avais du mal à en croire mes oreilles : même si Mélenchon aime à pratiquer le paradoxe, sans retenue, sa revendication à être nommé Premier Ministre est abracadabrantesque. D'une part parce  que cela va à l'encontre de son verbe violemment anti-gouvernemental, mais surtout parce que son hypothétique désignation à la tête de Matignon impliquerait son acceptation, inévitable, d'un contexte européen, économique, financier et politique qu'il perçoit comme inacceptable*. Commment se libérerait-il de ces réalités contraignantes.

A une telle objection il répondra qu'il suffit de manifester la volonté de s'en libérer. Volontarisme pour détruire le mur des engagements d'Etat. Des réalités.

Facile à dire. Impossible à faire. Hollande a le courage d'affronter avec lucidité et détermination tous les obstacles. Ceux dressés par la grande majorité de nos partenaires européens, à commencer par le principal d'entre eux, à savoir l'Allemagne. Il sait qu'on ne surmonte pas les difficultés en les niant. Il a choisi d'expliquer inlassablement la signification et la portée de ses choix. Il agit en fonction des moyens dont il dispose, non de ceux dont il souhaiterait pouvoir disposer.

Obstacles aussi dressés par une presse nationale et internationale qui déteste les socialistes**, caricature sans vergogne leur politique, tente de participer au blocus anti-français qui se dessine. La peur de la contagion de gauche, dans les élections qui vont se tenir dans les deux ans dans nombre de pays membre de l'Union.

Enfin, obstacles venus d'une certaine gauche française. Et mon propos va au-delà du seul 'parti de gauche' et du Front qu'il a constitué avec le PCF. En effet quelques députés socialistes, se prétendant plus vertueux que les autres, avant tout anti-européens (il faut le rappeler car ce combat négatif est déjà ancien***), multiplient leurs déclarations hostiles à leur propre parti.

C'est dire que le calme démontré par le Président est méritoire. L'immense majorité estime lui devoir loyauté sincère en retour. Les interrogations sont légitimes. Mais une fois l'éclairage donné, on est en droit d'espérer que les militants se feront à leur tour  les avocats du gouvernement qu'ils ont voulu.

 

Il n'y a pas de solution intermédiaire : ou on soutient le gouvernement de gauche actuel, ou en passe à droite avec armes et bagages.

 

Antoine Blanca

* Jean-Luc Mélenchon sait bien tout cela. Il a été militant PS de 1978 à 2006, et même, pendant cinq ans, membre du gouvernement Jospin.

** Cette grande presse aux mains des puissances de l'argent (Londres, Francfort,, New-York...), craint surtout un retour significatif de la social-démocratie en Europe. La présidence Hollande est une sorte d'avant-garde qui suscite toutes les peurs, comme si elle annonçait la révolution bolchévique...

*** ces militants PS sont les survivants du groupe qui avait voté contre Maastricht.


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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 10:45

Voilà une semaine que les masses citadines sont dans la rue pour empêcher les "Frères Musulmans' de concrétiser leur projet de dictature. Nous sommes surpris par l'ampleur et l'enracinement de mouvement. D'autant que les annonces autoritaires du président Mohamed Morsi sont, pour raisons d'opportunité tactique, appuyées par les Américains et par Israël. Quand il s'était agi de renverser Moubarak et l'autoritarisme militaire, les 'Frères' participaient au mouvement.

La différence entre la Confrérie politico-religieuse et les démocrates est désormais claire: les premiers voulaient remplacer un dictateur par leur dictature propre; les seconds veulent libérer les institutions du pays et le moderniser. Morsi a voulu prendre tout le monde de vitesse avec une rapidité de mouvement qui surprend venant d'un homme de sa corpulence*. La riposte a été, elle aussi, fulgurante.

"La dictature que veut Morsi, c'est celle de Moubarak plus les 'Frères'. Nous avions le pouvoir d'une caste et d'une famille, nous risquons d'avoir celui d'une force déjà organisée dans le moindre recoin du pays", me dit un ami Copte d'Alexandrie...qui ajoute qu'il n'est pas de jour sans qu'un quartier chrétien ou une église soit vandalisé au nom d'Allah. Sans que les forces de l'ordre bougent le petit doigt. La Confrérie prétend établir une théocratie dans laquelle toute forme de pluralisme serait bannie.

Mais cela ne se passe pas du tout comme les inquisiteurs l'espéraient. Ayant tiré les leçons de leur échec électoral du fait de la dispersion de leurs forces, les démocrates sont en train de bâtir un grand parti démocrate. Tous les intellectuels et la majorité des jeunes de la ville participent de cette volonté.

Restent deux inconnues: 1-les campagnes où vit la majorité de la population et qui ont été socialement colonisées par l'assistanat pratiqué par les barbus avec l'argent des pays sunnites du Golfe; 2- l'Armée, toute puissante il y a encore un an, elle se contente pour le moment d'observer. Cela ne durera que le temps nécessaire à se trouver un leader.

 

Antoine Blanca


* Pour sourire un peu: Morsi me fait penser, en plus petit de taille, à Francis Blanche. On voit déjà le film qu'on aurait pu exploiter avec le célèbre comique en dictateur religieux.

Gamal Abdel Nasser se plaisait à railler, avec succès, les 'barbus' crasseux, cupides, ignorants. En Iran, avant Khoméini, les mollahs étaient la cible préférée de la fin des repas familiaux chez les citadins cultivés. Hélas ces moqueries n'ont pas, jusqu'ici, empêché ces frères inquisiteurs d'imposer leur théocratie. Mais les choses sont peut-être en train de changer...

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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