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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 10:44

Disons le sans ambages: sous un nom ou sous un autre (ou d'autres), la droite existera toujours. Il faut rappeler que, contrairement à ce qui se passe dans d'autres démocraties occidentales, la France conservatrice ne s'est jamais montrée fidèle à une marque de fabrique ou à une autre. Après la guerre on la croyait stabilisée autour du RPF, pour les gaullistes, du MRP pour les démo-chrétiens et des 'indépendants' dont le 'Centre national' représentait bien ce que la nouvelle génération UMP qualifie de 'droite 'décomplexée'. Jusqu'à la proclamation de la Ve République, et bien au-delà, la droite ne se revendiquait jamais comme telle. Désormais les choses  ont changé. Et c'est tant mieux pour la clarté du débat.

L'UMP n'est que le sigle du dernier regroupement de la droite française, toutes tendances confondues. Avec la probable disparition de l'organisation, ses 'actionnaires' vont bel et bien se voir contraints d'éclairer l'opinion publique. Alors? Un, deux noms? Davantage? Personne ne va pleurer sur une 'union' de circonstance dont le destin a rapidement été de servir un leader devenu président*. Du fait de son tempérament, ce dernier occupait un tel espace, que personne ne pouvait le remplacer dans le même rôle, en accumulant les mêmes pouvoirs. Copé et Fillon ont bien tenté le coup. Et ils ont perdu.

L'UMP se divisera donc en deux ou trois partis. Ce sera probablement, de nouveau, sous d'autres sigles, le RPR et l'UDF. Pour le moment, et c'est ce qui inquiète la droite responsable, la question urgente est : qui héritera, et des dettes, et des millionnaires dotations publiques auxquelles un parti de son importance, et avec un tel électorat, a droit ?

Sarkozy va déjeuner demain, mardi, avec Fillon. Il verra aussi, sans doute, rapidement, Copé. On leur souhaite un bon appétit. Mais au menu viendra inévitablement (entrées ou desserts ?) la question des finances. Car si Sarkozy nous a laissés, à nous tous, une France au bord de la faillite, il a abandonné aussi à son triste sort une UMP presque ruinée**. Et en l'occurrence on ne pourra pas appeler le FMI à la rescousse...

 

Antoine Blanca

* Une incertitude a longtemps  subsistée, entretenue par les dirigeants, sur la signification du sigle UMP. 'Union pour la majorité présidentelle' ou 'Union pour le Mouvement Populaire';

** Rappelons que le trou dans les finsnces du parti s'est vu considérablement élargi par le don millionnaire de Sarko à Chirac, pour que ce dernier puisse rembourser, sans toucher à ses propres économies, les 200 millions qu'il avait irrégulièrement prélevés sur les finances  de la Ville de Paris, afin de payer les salaires (et les charges) de quelques dizaines de permanents.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 11:10

Nous le reconnaissons tous : la gauche gouverne dans des conditions difficiles à l'extrême, confrontée à un héritage social et économique désastreux, avec des alliés inconstants, incertains, Et avec d'anciens  alliés naturels, dans la famille historique républicaine, qui se sont livrés mains et pieds liés à un mégalomane, aventureux par nature, soucieux avant tout de combattre son ancien parti. 

François Hollande et son gouvernement doivent pouvoir s'appuyer sur une force militante en acier trempé, capable de répondre aux attaques de l'adversaire sur le terrain. Mais aussi, et peut-être surtout, de répondre avec énergie et clarté aux interrogations de notre propre électorat.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ni l'Elysée, ni Matignon ne .leur facilitant pas les choses. Les militants, élus ou pas sont trop souvent désappointés. Sur le terrain, les camarades n'osent plus défendre avec la certitude voulue,  des positions qui peuvent être nuancées, voire remises en cause le lendemain.

 

Deux exemples récents illustrent mon propos:

1- L'incroyable maladresse présidentielle devant les maires de France. Pourquoi parler de cas de conscience, à propos de la célébration d'un mariage de couple homosexuel, quand la loi permet (et elle est mise en pratique quotidiennement) de donner délégation à un autre élu pour y procéder.

2- Hier encore les militants avaient déployé tout un arsenal pour répondre aux quelques agités du bocage, en révolte quelque peu artificielle et. dont la mobilisation faiblissait à vue d'oeil. Et voilà que la conciliation prend le dessus sur la loi et l'intérêt général. Il est vrai que la mise en oeuvre du projet a déjà 40 ans de retard. Alors, quelques mois de plus ou de moins...

 

Alors, amis de la Présidence et du gouvernement, cessez de mettre vos amis en porte-à-faux. Parce que trop de flexibilité fatigue les corps et les esprits...

 

Antoine Blanca


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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:39

Le président Hollande l'a confirmé à plusieurs reprises : la France veut  aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale. Sans intervenir directement dans les opérations, faut-il le dire...

Mais que se passe-t-il vraiment sur le terrain ?

-- L'Algérie et le Burkina-Faso jouent la carte de la négociation via le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad, touaregs plutôt laïcs) et Ansar el Dina (défenseurs de l'Islam et narco-islamistes notoires). J'avoue que les subtilités de la diplomatie algérienne m'échappent, Le Matin, quotidien algérois, écrit ainsi: "Aux frontières fermées avec le Maroc, se sont ajoutés les 900 kilomètres avec la Libye et les 1400 de la frontière avec le Mali. A l'image de son président qui s'enferme dans son palais, l'Algérie se bunkérise...à défaut d'influer sur ces voisins" (1). Bon courage à François Hollande qui visitera l'Algérie le mois prochain et espère convaincre son homologue de jouer un rôle important dans l'opération militaire qui devrait se concrétiser au début du printemps prochain, pour libérer le Mali.

-- Bamako, premier intéressé en l'affaire, a du mal à reconstruire une armée dont l'indiscipline porte une lourde responsabilité dans la situation présente. Forte de 7000 hommes au début de l'année elle n'en compte plus que 4000 après sa tentative de coup d'Etat du mois de mars. En outre son unité d'élite parachutiste (qui assurait la sécurité présidentielle), a été disloquée.

On ne sait pas aujourd'hui, avec certitude, de combien de combattants disposera la force d'intervention de l'ouest-africain appelée à libérer le nord du Mali des envahisseurs.

Dans ces conditions il est douteux que le rôle de l'Europe, et en premier lieu de la France, se limitera à celui de conseiller, de formateur et d'intendant. Les unités qui sont déjà sur le terrain seront appelées à intervenir directement, d'une manière ou d'une autre.

Le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo, a eu le courage d'écrire (L'indépendant, de Bamako) "...Je suis indigné et révolté. Mon pays est agressé et occupé dans ses deux-tiers par des bandits armés, des barbares apatrides et autres mécréants qui, au nom d'un Islam mal assimilé, sèment la terreur...[l'armée malienne] doit se réconcilier avec elle-même afin d'aller à la reconquête des territoires perdus...L'armée malienne après sa défaite a cessé le combat; elle a rangé le matériel et attend aujourd'hui un miracle..."L'officier indigné est aujourd'hui aux arrêts.

Son indignation est justifiée. La pagaille et la corruption ont rendu possible le désastre que connaît un grand pays. Un demi-siècle d'indépendance, et voilà que le sort du Mali dépend de la bonne disposition qu'auront les voisins (tous d'abord attentifs à leurs propres intérêts) et, surtout de l'ancienne puissance colonisatrice, la France.

La communauté internationale devra tirer les leçons de tous ces disfonctionnements. L'ONU, bien absente en l'occurrence, en premier lieu. Il est vrai qu'elle est trop inquiète par l'occupation du Kivu, par un prétendu mouvement rebelle tutsi(2), en réalité aux ordres du Rwanda voisin. Les richesses minières de cette province de la RDC sont vraiment trop attirantes, surtout devant la passivité de l'armée du président Kabila...

 

Antoine Blanca

1- Cela témoigne de la liberté de la presse en Algérie.

2-Le M23


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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 18:02

On parle beaucoup des négociations en cours, simultanément à La Havane et à Oslo, en vue de la signature d'une paix définitive en Colombie par la démobilisation de la guérilla marxiste des FARC. Ce que presque personne ne rappelle, c'est qu'il ne s'agit pas là d'une 'première'. En effet, au début des années 1980, un accord entre le gouvernement et les FARC avait déjà permis le retour à la paix civile des insurgés révolutionnaires. Ces derniers avaient constitué, avec d'autres forces politiques, dont le PC, un parti politique : l'Union Patriotique. Et cela s'était concrétisé par la participation de l'UP aux divers processus électoraux qui avaient suivi. Le nouveau parti avait d'ailleurs gagné plusieurs municipalités, et obtenu des sièges de député et de sénateur.

Mais des forces mystérieuses sont intervenues, manoeuvrées par les para-militaires et financées par les gros propriétaires terriens (ou non...) et par les narcotrafiquants. Cette 'main noire' s'est livrée à ce qui peut s'apparenter à un génocide politique. En peu de temps on estime que, entre 3600 et 5000 militants et cadres, furent assassinés par les tueurs à gages. Je me souviens ainsi de la mise à mort en 1987 de Jaime Pardo Leal et, en 1990 de Bernardo Jaràn, l'un et l'autre candidats à la présidence de la République. La dernière personnalité victime de ces actions criminellles fut le sénateur Manuel Cepeda Vargas, criblé de balles alors qu'il avait déjà pris place dans un avion de ligne (1994)...

On peut comprendre que les militants des FARC réfléchissent à deux fois avant de baisser la garde et de quitter l'abri de la jungle. Pour le moment, en tout cas, ils ont surpris tout le monde en décrétant une trêve unilatérale. Cette décision est de bonne augure. Mais on attend la réponse des autorités. Quelles garanties est-on disposé à consentir en faveur de l'intégrité physique des personnes et pour assurer, aux démobilisés, les moyens de s'établir dans leur pays, et de vivre une nouvelle vie pacifique avec leur famille ?

 

Antoine Blanca

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 10:53

La pression de l'actualité n'a pas permis aux analystes politiques de traiter la question, pourtant primordiale, des conséquences d'une scission sur le financement de la droite (un ou deux commentateurs l'ont fait, comme en passant).

Le train de vie de l'UMP, pendant les années Sarkozy, était princier. On ne se refusait rien. Aussi le trésorier du parti a-t-il perdu le sommeil au lendemain de la défaite à la présidentiellle et à l'Assemblée Nationale. Beaucoup de dettes, et moins de rentrées...

En effet les partis représentés au Parlement sont financés sur la base du nombre de voix obtenues et sur celle du nombre d'élus. Tout le reste (cotisations des adhérents par exemple), est secondaire. Or le 30 novembre, au plus tard, chaque formation représentée à l'Assemblée doit déclarer la compositiond de son groupe. Personne ne voyant comment l'unité de l'UMP pourrait être préservée, ses groupes parlementaires au Sénat comme au Palais Bourbon, se diviseront eux aussi. Désormais présidée par Copé, l'UMP sera privée l'année prochaine d'une grande partie de ses moyens financiers. Le 'fillonisme' récoltera le reste pour faire vivre la formation que cette faction ne peut manquer de constituer.

La scission, désormais inévitable, aura des conséquences sur l'occupation du fastueux siège de la rue de Vaugirard, sur les salariés du parti et des groupes parlementaires...Cela donnera lieu, au mieux à de laborieux marchandages, au pire à des recours devant la justice. Bref, le spectacle ne fait que commencer.

On comprendra davantage, à la lumière de ces événements en gestation, l'importance accordée par l'ensemble des partis politiques à l'obtention de groupes parlementaires. Ainsi le FN ne peut-il compter, pour alimenter sa trésorerie, que sur la prime accordée au nombre de ses électeurs. Une négociation avec un PS généreux a permis aux Verts de réunir des groupes parlementaires...et d'éviter ainsi la faillite qui menaçait leur formation...Les partisans de Borloo continuent, eux, à l'image de leur chef, à se chercher un avenir. Et un destin.

Je ne pense pas que ces imbroglios soient de nature à passionner les citoyens...En revanche ils sont pain béni pour une presse en mal d'inspiration.

 

Antoine Blanca


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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:23

A vrai dire les commentateurs du discours que le Président Hollande vient de prononcer, devant le Congrès des maires de France, n'avaient que très peu de grain à moudre. Aussi se sont-ils rués sur les propos du Chef de l'Etat, qui se voulaient rassurants pour les édiles qui répugneraient à présider à l'union, par mariage, de couples homosexuels. Ces journalistes sont presque tous tombés dans le panneau que leur tendait l'ancien maire de Tulle: "rassurez-vous", avait-il dit en substance,"les Maires pourront toujours déléguer leurs pouvoirs à un autre élu, fut-il de l'opposition (municipale)". Grande découverte en vérité: cela est inscrit dans la loi en vigueur. Et sans doute une majorité de couples ont-ils été unis par un adjoint ou un conseiller municipal. 

Ainsi, tout en se voulant conciliant, le Président n'a fait que rappeler la lettre de la loi. Mais, le message était clair: les nouvelles dispositions ne devaient pas être motif à discorde. C'est avec esprit de conciliation qu'il entend diriger le pays, en ces temps difficiles. A cette fin, il joue de tous les régistres: c'est particulièrement aisé quand il peut se limiter à rappeler, comme il l'a fait devant l'AMF*, les textes législatifs.

Nous sommes, en revanche, moins d'accord quand la conciliation peut s'apparenter à un abandon. C'est ainsi que j'ai interprété sa déclaration concernant le droit de vote des étrangers non communautaires (ayant plus de 5 ans de présence sur notre sol). On ne poussera pas la logique parlementaire jusqu'au bout "pour ne pas créer un motif supplémentaire de division entre Français". J'y vois là une absurdité, Je crois, au contraire, qu'il faut saisir cette occasion pour provoquer un débat de fond. Le choix, en connaissance de cause des uns et des autres, sera éclairant.

Il ne faut pas, non plus, céder d'un pouce sur nos engagements les plus marqués à gauche. En matière d'imposition par exemple. Faire payer les gros revenus est une méthode raisonnable et unitaire. Pourquoi nous montrer conciliants vis-à-vis de contribuables, qui, dès qu'ils en ont l'occasion, manifestent un comportement apatride? La finance internationale, elle, ne fait pas dans la dentelle: 'The Economist', l'hebdo à gros tirage porte-parole du capitalisme anglo-saxon consacre, semaine après semaine, de longs articles destinés à démolir le gouvernement de gauche de la France. Tout comme le fait la presse représentative de la droite allemande. Ces gens-là ont choisi de nous combattre, quoi que nous fassions. Le possible succès de Hollande serait un échec supplémentaire pour la grande finance. Et l'exemple pourrait s'avérer contagieux...Une dynamique réformiste de gauche mettrait en péril l'Europe conservatrice bien établie dans les instances de Bruxelles.


La conciliation tactique est une forme intelligente de combat. Pas la faiblesse face à l'ennemi, la grande finance destructrice d'emplois et, finalement, de vies.

 

Antoine Blanca


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 10:50

Tous les observateurs l'ont constaté: alors que les Palestiniens de Gaza subissaient bombardements et pénuries, ceux de Cisjordanie vaquaient à leurs occupations normalement; et les rares manifestations de solidarité avec les 'frères gazaouis' étaient très loin d'attirer les foules. Le nouveau conflit ouvert entre la bande de Gaza gouvernée par le Hamas, et l'Etat d'Israël a creusé davantage encore le fossé séparant les deux Palestines.

On avait pu croire, il y a peu de mois, que le rapprochement affiché entre Gaza et Ramallah allait fortifier, au contraire, la volonté d'unité du peuple palestinien opprimé. Les chefs se rencontraient, il y avait des embrassades, des promesses de nouvelles rencontres. On se trompait. Plus que jamais les palestiniens de Ramallah ont pour premier objectif celui d'être enfin reconnus comme formant un Etat régulièrement doté d'un statut par l'ONU. Dans ses différentes instances, en commençant par l'Assemblée Générale. Le président Abou Abbas met tout en oeuvre pour inspirer respectabilité et sens de la mesure. En fait, aujourd'hui, seuls les Etats-Unis sont un obstacle à l'obtention d'un tel statut.

Le Hamas est, lui, prisonnier de ses tuteurs et de ses alliances chiites ( Iran, Hezbollah du Liban). Si l'on ne saurait mettre en doute le sentiment de fraternité du peuple de Cisjordanie, des territoires occupés et de la vaste diaspora, avec les victimes des bombardements israéliens, la dictature fondamentaliste qui impose la loi brutale aux gazaouis est jugée avec sévérité, sinon avec hostilité.

Comment ce conflit peut-il trouver un dénouement pacifique, du moins provisoire? Dans la mesure où Tel Aviv n'a pas décidé d'une sorte "d'offensive finale", une solution est envisageable avec la médiation de l'ONU et la bonne volonté égyptienne qui vient de renouer oostensiblement avec le pouvoir en place à Gaza. La France souhaite le retour à la paix, fut-elle armée, et n'a pas manqué de le faire savoir en envoyant Laurent Fabius sur le terrain.
Pour ma part, et je suis en bonne compagnie, j'estime que la communauté internationale se grandirait en  reconnaissant l'Etat palestinien avec Ramallah pour capitale provisoire. Et en déployant toute sa diplomatie pour convaincre Israël de mettre fin à la colonisation illégale de terres, source permanente de conflits. Sur ce point nous ne saurions nous situer que du côté des victimes, c'est à dire des Palestiniens spoliés.

 

Antoine Blanca

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 11:57

Les relations, déjà délicates, entre le bouillonnant Mélenchon et le précationneux PCF se sont tendues davantage avec l'affaire de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Cette fois le choc entre l'ancien candidat présidentiel et la Place du Colonel Fabien est stratégiquement  frontal. Alors  que les communistes veillent à ne rien faire qui puisse provoquer une rupture avec le reste de la  gauche, le co-président du Front de Gauche a adopté une tout autre stratégie: combattre sans merci le gouvernement, provoquer une rupture entre PS et Verts, amener à lui l'aile la moins européenne du socialisme français. Son ambitieux scénario consiste à devenir le chef d'une gauche alternative, directement opposée à la construction européenne, à l'euro et à la cohabitation pacifique avec des gouvernements de centre-droit dans le cadre de l'UE.

Inacceptable pour le PCF. Depuis 1972, avec des hauts et des bas, en passant par la participation de ministres communistes à deux gouvernements, sa stratégie politique est basée sur l'Union de la Gauche. Elle est appliquée avec succès à tous les niveaux, municipal, départemental et régional. En ce qui concerne le futur aéroport international de Nantes, le PC a confirmé, à plusieurs reprises, son soutien au projet. Sa réalisation correspond à son orientation politique constante. La fédération PC de Loire-Atlantique a confirmé son accord vigoureux avec toutes les forces vives de la région: elles veulent toutes la concrétisation, toujours différée depuis près de 40 ans, d'un projet qui donnera un nouveau souffle économique à une partie de la France touchée par la crise des chantiers navals, et générera des milliers d'emplois. La bataille d'arrière-garde menée par écolos, gauchistes soixante-huitards et partisans de la décroissance, n'est guère appréciée par les syndicalistes de la région.

En fait, après l'échec avéré du rassemblement anti-aéroport de samedi  dernier, Mélenchon se trouve en position délicate vis-à-vis de sa base. Mais la grande explication entre composantes du Front de gauche sera encore différée. C'est que les deux parties ont, pour le moment, besoin l'une de l'autre pour survivre...

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:49

Peut-être l'avez-vous remarqué sur vos petits écrans. Si tel n'est pas le cas, ce ne sera pas la faute de l'intéressé, Jean-Vincent Placé, qui remue prestement ses lourdeurs dès qu'une caméra apparaît à l'horizon.

Il n'y a pas bien longtemps il persécutait tout responsable socialiste, parisien ou national, passant à sa portée, pour se rapppeler à son bon souvenir et lui dire combien sa parole et ses influences étaient déterminantes au sein du capricieux parti écologiste. Et ses amis avaient pour mission de préciser que c'était à un siège de sénateur qu'il aspirait. En tant qu'élu au Conseil de Paris il considérait que c'était la moindre des choses. En échange d'une bonne manière de la part de ses collègues socialistes, il promettait de mettre tout en oeuvre pour qu'une alliance, entre socialistes et écolos, soit paisible et durable.

Va pour un siège de sénateur donc. En l'occurrence il s'agirait plutôt d'un fauteuil puisque ces élus du peuple, très spéciaux, ont l'avantage, sur leurs collègues du Palais Bourbon, de  se voir attribuer un fauteuil correspondant à leurs mesures et à leur volume. Voilà qui lui convenait, lui qui ne porte que des costumes trois pièces, soigne sa coiffure comme un chanteur de tango gardélien, et choisit chaque matin sa cravate en fonction de ses obligations du jour.

Jean-Vincent Placé a une allure plus proche de celle d'un membre de la Chambre haute du temps de la IIIe République, que de celle du militant écologiste moyen. Pas de blue jean délavé, de joues et de menton mal rasés, et de vieilles chaussures de basket. En fait il est impeccable, toujours propre sur lui et brillantiné avec compétence.

Mais quand Placé, à l'heure de l'annonce de la composition du gouvernement Ayrault, apprit qu'il n'en faisait pas partie, il passa peu ou prou dans l'opposition. Nous connaissons déjà sa sortie verbale censurant le travail de la majorité dont EELV fait partie. Et voilà qu'il se trouvait, nous assure-t-on, présent à la manif de Notre-Dame-des-Landes.

Terrain boueux, flaques d'eau disséminées, détritus laissés par les guérilléros,, campeurs héroïques de l'anti-aéroport...Il nous reste à espérer que Jean-Vincent aura pris garde à ne pas trop ternir le cuir bien ciré de ses escarpins, à préserver le pli et le bas de son pantalon sur mesure, et à ne pas épuiser sa corpulence de gastronome. Mais ce sont là des risques qu'un révolutionnaire se doit de courir.

 

Antoine Blanca

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:12

J'eusse préféré que la question ne se posât pas. Mais c'était finalement inévitable: les Verts sont avant tout une addition de contradictions et une alliance avec eux ne résiste pas au premier choc. Mieux, ce sont eux qui recherchent le choc, le provoquent. "On comprend que les ministres soient tenus par la solidarité gouvernementale. Mais cela ne vaut pas pour ceux et celles qui ne sont pas ministres."Parole de Noël Mamère, qui doit considérer que tous les cadres d'EELV doivent, tous, avoir un portefeuille. Faute de quoi...Ces alliés nous mettent dans une position inconfortable.

Ce qui prime aux yeux de nos amis écologistes, c'est le besoin de se manifester comme opposants.L'agitation au sujet du projet de Notre-Dame-des-Landes vise à atteindre le Premier Ministre. Et par ricochet, Hollande lui-même. Pour le bénéfice de qui ? De la droite, bien entendu.
Demain, samedi 17, les nostalgiques du 'gardarem le Larzac' se retrouveront au coude à coude avec les gauchistes de tout poil et de...Mélenchon, qui devra expliquer sa position aux syndicalistes qui veulent les emplois que le méga-projet ne manquera pas de créér. D'ailleurs y-a-t-il eu construction d'un seul aéroport, où que ce soit dans le monde, sans empiéter sur des terrains autrefois destinés à la culture et à l'élevage. Pas plus qu'il n'y aurait de nouvelles routes, de nouvelles voies navigables.C'est ainsi, et cela est difficilement contestable.

Faut-il être léger pour s'agiter hystériquement dans le bocage nantais alors que tant de situations graves devraient mobiliser notre attention. Parfois aussi nos énergies. Tout cela est lamentable. Et il faut espérer que la force de l'action du pouvoir reléguera vite ces lamentations de fausses veuves éplorées à la place qu'elles méritent. Dans le caniveau de la République.

Antoine Blanca

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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