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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 11:44

Durant toute cette période de crise économique et sociale, de changement politique en France et de drames quotidiens vécus par les peuples d'Europe du sud, ( la Grèce, l'Espagne, l'Italie et le Portugal pour être précis) un nom est revenu jour après jour, en toute occasion, sur les lèvres et au bout de la plume des journalistes qui servent la droite et la grande finance de Francfort:  Gerhard Schröder.

Il a été le dernier dirigeant du SPD à occuper la Chancellerie en Allemagne.

A croire la grande presse européenne, et les hommes politiques qu'elle a pour vocation première de servir, le 'camarade Schröder' est doté de toutes les vertus. Pour un homme de gauche s'entend. Il s'est aligné, point par point sur les principes de l'hypre libéralisme. Et ne s'est pas contenté de mesures économiques de circonstance, de corrections programmatiques: il est allé au coeur du problème en supprimant tous les acquis structurels que les travailleurs de son pays avaient conquis. Par les luttes ou par le vote. Après son passage on ne s'étonnera pas de ce que le SPD ne soit plus revenu au pouvoir. Aujourd'hui, malgré la crise et une très longue période d'opposition, le parti démocrate socialiste n'est crédité que de 23% des suffrages. Lors de l'historique congrès de Bad Godesberg, au milieu des années 1950, le parti des travailleurs allemands n'obtenait jamais moins du tiers des suffrages. Sous la présidence de Willy Brandt, après le congrès mentionné plus haut, il lui arriva de flirter avec la majorité absolue.

Ajoutons que le déficit de vote populaire ne bénéficie pas au parti d'Oscar Lafontaine, le parti de gauche allié à ce qu'il reste du PC de la RDA.

En France le PS gouverne en temps de crise en adaptant ses réformes aux impératifs de son environnement et à son appartenance à l'Union européenne. Mais jamais le PS de François Hollande ne remettra en cause les conquêtes fondamentales. Celles de 36, de la Libération ou de 1981. C'est toute la différence avec l'ancien chancelier Schröder. La différence avec le reniement absolu.
Reniement bien retribué d'ailleurs. M. Shröder travaille aujourd'hui pour les milieux de la grande banque d'affaires et fait le beau quand ses patrons lui demandent de fustiger la politique de la France. Oui, celui que les syndicalistes allemands appellent "le camarade des patrons" mérite notre mépris. Il a bel et bien franchi  le ligne rouge du reniement.

 

Antoine Blanca

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:33

La presse avait, chacun s'en souvient, beaucoup spéculé sur la définition de la  "normalité", qui aurait caractérisé la présidence de François Hollande. Je ne pense pas que de telles interrogations étaient sincères. Chacun savait que le candidat en campagne évoquait son attitude par rapport au touche-à-tout sarkozien, celui qui qualifiait le Premier Ministre Fillon de collaborateur et qui devançait les membres du gouvernement dans toute prise de décision. Le candidat socialiste souhaitait simplement revenir à une application plus claire de l'esprit et de la lettre de la Constitution.

Cependant, l'expérience d'un premier semestre à l'Elysée a eu ses conséquences en bien de domaines. En dépit de trois expériences de cohabitation qui ont renforcé le rôle de Matignon, l'opinion citoyenne veut voir leur Président à la manoeuvre. C'est lui qu'elle a élu. Le citoyen-électeur estime que c'est au Président qu'il appartient de montrer et de tracer le chemin.

François Hollande, hier, a accusé réception du message. Cinq sur cinq. Il était difficile de le prendre en défaut tant il possédait tous les dossiers, économiques, sociaux, internationaux. Même les plus délicats. On pourrait ajouter surtout les plus délicats. Et s'il y a eu des corrections en chemin, elles ont été assumées avec ce sens remarquable de la responsabilité qui le caractérise. Un regret toutefois : il touche au droit de vote des étrangers non communautaires vivant depuis plus de cinq ans sur notre territoire. A mon avis, il aurait dû aller jusqu'au bout, quitte à ne pas réunir la majorité des 3/5es nécessaire pour ce type de loi. J'espère que cela ne sera pas enterré.

En face à droite, l'absence de vrai débat étant tout aussi assourdissant, l'opinion citoyenne aura, c'est à espérer, apprécié la différence de qualité entre le message de gauche et les conservateurs. 

Enfin je relève sans surprise la hargne baveuse de Mélenchon. Chacun comprendrait qu'il éprouvât le besoin de marquer son territoire à gauche du PS. Cela lui serait d'autant plus facile que son petit parti ne participe pas au gouvernement. Mais point n'est besoin d'ajouter l'insulte à la critique. Pour avoir été membre du gouvernement Jospin, Jean-Luc connaît bien les limites qui s'imposent à un pouvoir en démocratie parlementaire. Nous mettons, par ailleurs, en garde ses alliés PC au sein du Front de gauche. Ses élus n'existent et ne se meuvent que parce que les socialistes le jugent souhaitable. Aussi est-on habilités à suggérer aux cadres de la Place du Colonel Fabien de ne pas laisser trop de liberté aux foucades mélenchonesques. Ils pourraient avoir à le regretter dans les villles, les  départements et les régions.

 

Antoine Blanca

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 10:56

En Allemagne une campagne de la presse à gros tirage a été déclenchée, avec une intensité inouie, visant la France, les Français, et leur goût prétendu pour la facilité et la vie gourmande. Mais, chacun le sait, la véritable cible de l'opération sont François Hollande et la gauche réformiste de notre pays. Chez nous, cette médiocre campagne est relayée par des personnalités de droite qui ont choisi de frapper sans discernement tout ce que fait ou propose la majorité.

Si l'opposition joue son rôle en critiquant le pouvoir en place, il reste que la manière, consistant à affaiblir son propre pays en chantant les louanges de son principal associé européen, la RFA, quand ce dernier s'en prend à notre choix politique pour sortir de la crise (ne rien faire qui puisse compromettre la reprise, la croissance à venir), me paraît tout à fait condamnable.

A deux titres au moins:

1) parce que la plus élémentaire réflexion confirme que sans consommateurs, il n'y aura pas de croissance, et sans baisse sensible du chômage, l'Europe entière continuera de s'enfoncer.

2) parce que l'opposition de droite n'a elle-même rien de constructif à proposer.

Même si la bataille Copé/Fillon ( peu glorieuse au demeurent  dans le domaine des propositions programmatiques de l'un et de l'autre), accapare l'attention de la base, il est des domaines où un peu de patriotisme est autorisé. Or la campagne anti-française entreprise de l'autre côté du Rhin, est sottement motif à réjouissance de la droite française et de son "Figaro". Je ne voudrais pas que, en retour, la gauche française retrouve des accents germanophobes. La construction  européenne mérite mieux que cela.


Antoine Blanca


NB: Dans un autre domaine, mais en jouant sur le même régistre destructeur, la droite a poussé des cris d'orfraie à la vue de récentes statistiques concernant la délinquance, grand et petite. Manuel Valls n'a eu aucune peine à démontrer combien ces chiffres étaient fallacieux, résultant de la politique artificielle du chiffre et des primes pratiquée par Sarkozy et ses successeurs. Mais ce qui m'a surtout frappé, cest la médiocrité de l'explication à ces chiffres fournie par la droite. "Ce n'est pas la faute de l'Intérieur, mais celle de Taubira. En supprimnt les tribunaux correctionnels pour mineurs et les 'peines-plancher', ellle a encouragé la déliquance". Comment prêter aux voyous une telle rapidité d'analyse?  

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:20

On se retrouve difficilement dans les expliications qu'on nous offre pour justifier les mouvements de protestation mêlant internes des hôpitaux, médecins libéraux et hospitaliers, chirurgiens etc...

Ma première réaction est l'étonnement: tout ce que l'on prétend dénoncer aujourd'hui pouvait l'être dans les mois précédents. Pourquoi avoir attendu, pour s'agiter, que la gauche gagne les élections ? Mais mes amis me  diront que les médecins libéraux ont toujours attaqué quand les socialistes gouvernaient...

Ensuite, je dirais  que l'on ne peut accuser la Ministre Mari-Sol Touraine d'attentisme, d'avoir laissé pourrir la situation. C'est même le contraire qui s'est produit. La Ministre a ouvert une négociation, qui s'est avérée longue,  épuisante, avec toutes les parties intéressées par les dépassements d'honoraires. Les syndicats les plus représentatifs ont souscrit à l'accord. Que veulent donc ces drôles de 'blouses blanches' en descendant dans la rue comme des métallos menacés de chômage, sinon surcharger encore la Sécurité Sociale et mettre en péril le pouvoir d'achat des salariés ? Que ne dénoncent-ils pas certains chirurgiens comme Bernard Debré, chirurgien certes de renom, député du XVIe, Conseiller de Paris, qui cumule sa charge électorale avec l'exercice de sa profession médicale (qui n'est pas rénumérée au SMIC) et de juteux extras quand il va opérer de riches patients dans les pays du Golfe Arabique!

En revanche je sais la surcharge de travail horaire des internes des hôpitaux. Mais il s'agit là d'une question bien différente et d'une tout autre négociation.


Antoine Blanca

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 12:25

Depuis mon enfance je vis avec le coeur serré une guerre que, ni moi, ni mes proches, avons directement vécue. Je suis en effet descendant d'une famille espagnole, un Français d'origine étrangère comme disait il y a peu, avec aplomb quand on sait sa propre ascendance, l'ex-président Sarkozy. Chaque 11 novembre j'évoque avec une vraie émotion cette hécatombe qui vit dans le monument aux morts du moindre village de France, avec leur longue liste d'hommes jeunes arrachés prématurément à la vie. C'est que dans ma famille paternelle (singulièrement mon grand père prof, puis directeur d'Ecole Normale) on avait pris position clairement en faveur  de la France. En vérité il s'agissait d'une très longue tradition de la gauche espagnole: cette dernière s'identifiait au pays du siècle des Lumières, des Sans-Culottes et de la Commune. Et, depuis le conflit franco-prussien de 1870 (avec la Commune de Paris en toile de fond), la droite de la péninsule se rangeait unanimement derrière les Allemands. Les Espagnols vivaient ainsi la Grande Guerre comme une répétition de ce que serait plus tard leur guerre civile. Mais un aspect encore plus ignoré fut le vécu, dans les nouvelles terres d'immigration, du conflit de 14-18. Je m'y suis intéressé avec deux pays que j'ai bien connus: l'Argentine et l'Uruguay. Les deux accueillaient par dizaines de milliers, depuis la fin du XIXe, des Français et des Allemands. Les batailles rangées éclataient souvent entre les deux communautés, à coups de gourdin plutôt qu'avec des armes à feu. Heureusement. Le théâtre des opérations se situait dans les lieux publics, et particulièrement les cafés et les restaurants. Il n'était pas rare, d'ailleurs, que la rue s'embrasât et devint champ de bataille. De vieux Argentins m'ont rapporté que, parfois, les Français recevaient le renfort, numériquement très appréciable là-bas, de la communauté italienne.

J'ai pensé utile de rappeler ces aspects de petites guerres loin de la grande, et loin de nos  frontières.

Un tango argentin qu'interprétait le grand Carlos Gardel (né à Toulouse et Français de naissance), silencio en la noche, parle avec beaucoup de larmes et d'émotion mal contenue, d'une digne maman française qui a perdu ses cinq fils dans les tranchées. "Elle resta toute seule avec les cinq médailles que la Patrie lui attribua pour ses cinq héros". Ce tango n'est plus dans le répertoire des chanteurs de tango. Il n'évoque plus  rien dans les coeurs et les mémoires. Je suis resté le dernier à le chanter, à la fin de dîners entre amis "gardéliens", pour qu'il en reste quelque chose... 


Antoine Blanca

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 10:54

Une manifestation monstre a envahi les grandes avenues de Buenos-Aires pour protester contre le projet, annoncé par la présidente Cristina Fernàndez de Kirchner, de modifier la Constitution de la République fédérale. Dans le but d'autoriser un troisième mandat de quatre ans au Chef de l'Etat. L'opposition a des raisons de voir dans ce projet une tentative du parti péroniste et de sa leader naturelle, de pérenniser son emprise sur la vie publique du pays. Le parti fondé par Juan Peròn (parti justicialiste) n'est pas un parti comme les autres. Quand un péroniste entre à la Casa Rosada*, il n'en sort jamais au terme naturel d'une échéance constitutionnelle. Carlos Menem, qui avait adopté une politique ultra-libérale, contraire à l'évangile populiste de son parti, ne quitta le pouvoir qu'accablé par les accustions de corruption massive et d'abus de toute sorte**. L'élection, puis la réélection de Néstor Kirchner, purent créer une illusion démocratique. Sa mort soudaine permit à son épouse Cristina (ex-sénatrice) de lui succéder pacifiquement. Certains crurent à une stabilisation du système. Oubliant que ce type de stabilité est contraire à la prédication autoritaire du péronisme. A l'approche de la fin de son deuxième mandat, la "reine Cristina" se rebiffe avec sa camarilla de caciques politiques et syndicaux. L'argument avancé est imparable : "nous n'avons pas eu le temps de mettre en oeuvre notre programme". 

Malheureusement pour l'autoritarisme propre au péronisme, le virus démocratique a pénétré profondément la société argentine. La réaction populaire a été impressionnante. Comme la tentatiive autoritaire coïncide avec une violente aggravation de la crise économique et sociale, on peut penser que l'ampleur de la mobilisation contiendra le projet 'kirchnériste'. Car on a des raisons de penser que les temps des coups de force,  fussent-ils habillés de légalisme, sont révolus en Amérique latine.

Ainsi, au Brésil, les élections municipales se sont déroulées dans la plus stricte normalité. Et si le parti de Lula et de Dilma (actuelle présidente) a enlevé brillamment à l'opposition centriste la plus grande métropole d'Amérique, São Paulo, il a aussi perdu, à la loyale, plusieurs villes, grandes et moyennes. Au Mexique, le nouveau président Peña Nieto s'installera au palais présidentiel le 1er décembre, cinq mois après son élection. Ce pays, le plus peuplé des nations hispanophones, aura vécu 83 ans sans une seule interruption du processus électoral. La Colombie négocie la paix avec la guérilla des FARC (à Oslo et à La Havane). Au Chili l'opposition de gauche et de centre-gauche a remporté les municipales (dont la capitale Santiago, qui a élu un socialiste du PPD de Lagos)***...

En un mot, seule l'Argentine me donne actuellement des motifs d'inquiétude. Ce blog continuera de parler d'une région du monde qui n' intéresse que très moyennement la presse française. 

Antoine Blanca 

* Normalement la durée du mandat présidentiel était, en Argentine, de 6 ans. Le président Menem, changea partiellement la Constitution au terme d'une négociation avec le chef de l'opposition d'alors, l'ex président Raùl Alfonsin. Cet accord est connu comme "pacto de Olivos (nom de la résidence du président dans la commune de banlieue d'Olivos où le pacte fut négocié) qui ramenait la durée du mandat présidentiel à quatre ans, mais avec possibilité de réélection immédiate=.

** L'ex-président Menem après un court exil vit tranquillement dans son pays où il a été convaincu d'un fabuleux enrichissement personnel  au détriment des deniers publics.

*** Il y a, au Chili 3 partis membres de l'Internationale socialiste: le PS de Salvador Allende, le Part populaire démocratique de l'ex-président Ricardo Lagos, et le Parti radical. C'est dire que cette appartenance à l'IS est devenue anecdotique....

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 12:51

Je persiste à estimer que le PS a eu raison de négocier un accord de législature avec EELV. A l'époque il s'agissait de régulariser un partenariat qui fonctionnait depuis des années aux niveaux municipal, départemental, régional. Même si le PS, à lui seul, est majoritaire à l'Assemblée avec ses fidèles alliés radicaux de gauche, il était logique de rechercher une base plus large susceptible de garantir, en cas de victoire électorale, une stabilité durable au gouvernement de gauche. Pour y parvenir le parti majoritaire devait consentir des sacrifices. Dans le domaine programmatique naturellement. Mais aussi, ce que les écolos recherchaient avec avidité, la possibilité de disposer de deux groupes parlementaires, l'un au Sénat, l'autre à l'Assemblée.

L'écologie politique française est un mélange d'idéalisme et d'ambitions individuelles. Comment apprécier le degré de leur représentativité quand on peut passer d'un type d'élection à une autre de 2% (dernière présidentielle) à 14% (dernièrs européennes)? Le PS a choisi de  considérer une appréciation moyenne, à savoir autour de 8%.

Je crois sincérement que la négociation conduite, côté PS, par Martine Aubry, a abouti à un bon compromis qui a été, comme on a pu le voir à l'occasion des législatives, ratifié par le vote populaire. Les électeurs socialistes ont été très discipinés au deuxième tour en votant massivement pour des Verts qui allaient occuper le siège gagné, à force de constance militante, par les camarades des sections de la circonscription. EELV a aussi, de ce fait, obtenu une autonomie financière qui les a  sauvés de la banqueroute?

Aussi les lamentations du sénateur Placé ont été considérées comme mal venues par la direction d'EELV. Comme si son parti voulait ajouter aux difficultés du moment. Certes M. Placé n'a pas obtenu de ministère. Voilà, dit-on, l'origine de sa rancoeur. Nombre de ses camarades de parti jugent sévèrément sa "sortie" personnelle. Elle est en tout cas inélégante. Il ne faudra pas l'oublier.

Antoine Blanca

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 11:21

WASP pour white anglo-saxon protestant. Chacun savait que ces initiales prétendent désigner l'espèce, politiquement et économiquement dominante aux Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'à l'élection de Barack Obama tous les hôtes de la Maison Blanche en étaient issus. Avec un seul accroc au contrat : John Kennedy était catholique et Irlandais. Mais, comme on le sait, la parenthèse ne dura que trois ans... En revanche avec le président Obama le bouleversement est consommé. Fils de Kenyan, métis, il n'est pas seulement en rupture avec la tradition établie, mais encore a-t-il été élu, par deux  fois déjà, avec l'appui de toutes les minorités importantes : noire, hispanique, asiatique. 

Les WASP survivants se sont, eux, réfugiés massivement dans le vote républicain. Quelle rupture. Rien ne s'oppose désormais à ce qu'un Garcia ou un Martinez  s'installe un jour à la Maison Blanche avec son épouse Carmencita et ses enfants Panchito, Mari-Luz et Angelina. Car  même si de nombreux WASP se refusent encore à l'admettre, la nation fondée par Jefferson et autres Fils de la Lumière, a une étonnante capacité d'intégration, puisqu'elle admet la différence dans l'unité, et ne s'offusque pas de voir les minorités célébrer ses propres fêtes pourvu que tout le monde, le moment venu, chante l'hymne main sur le coeur, et parte faire la guerre au nom de la bannière étoilée...

A ce compte là, les xénophobes frileux des Tea Parties seront toujours perdants. Une majorité veut voir son pays à la fois un et multiple. Et pourtant...On nous dit que plus de 70% des hispaniques ont voté  Obama. Mais rarement Président américain s'est si peu intéressé à  l'Amérique latine où il n'est allé qu'une seule fois pendant son premier mandat. Sans doute va-t-il reconsidérer cette attitude au cours du second, ne serait-ce que parce que son pays a trop à gagner à une bonne cohabitation avec ses plus proches voisins américains comme le Mexique ou le Brésil. Et naturellement nous voulons que cet intérêt soit celui d'un associé,  non d'un maître. Et pourquoi ne pas s'attarder un moment sur la toute proche Cuba, en corrigeant tout ce que l'attitude de Washington a eu, depuis un demi-siècle, de négatif et d'hostile

Antoine Blanca.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 11:30

Ce matin il eut semblé logique de parler de la réélection de Barack Obama. Mais j'ai estimé que je me serais trouvé en nombreuse et talentueuse compagnie. Seule la défaite est orpheline. Alors j'ai rapatrié ma plume sur le vieux continent. J'ai trouvé qu'il était pertinent de répondre à l'inquiétude de nombreux sympathisants de gauche qui, presque par instinct, condamnent le principe même d'extradition concernant un militant politique. Or pour ces compatriotes, l'activiste d'ETA qui va être extradée vers l'Espagne, en exécution d'une demande de la Justice, est une militante progressiste.

Je souhaite rétablir la vérité des mots:

1) En premier lieu une personne armée, appartenant à une bande terroriste n'est pas, à proprement parler, une militante. A mes yeux cela revient à dégrader ce terme qui, en démocratie ou dans la lutte pour la conquérir, qualifie un engagement en faveur d'une idée, d'un idéal. Ce n'est pas le cas pour ETA qui n'a jamais formellement renoncé à la lutte armée. Or 30 années après l'adoption, en 1977, d'une constitution faisant de l'Espagne une démocratie authentique, ETA a multiplié les attentats, a collectionné les assassinats. Au Pays Basque (Euskadi), dans le reste de l'Espagne et, trop souvent, en territoire français considéré comme sa base arrière. Pour les exécutions ETA a ses propres professionnels de la gâchette*.

2) L'extradition, en application d'une décision de justice, ne serait condamnable que si le pays requérant ne garantit pas un procès équitable. Tel n'est pas le cas de l'Espagne. Et nous pouvons affirmer que l'inculpée bénéficiera de toutes les garanties auxquelles a droit un (une) inculpé(e).

3) ETA d'hier et d'aujourd'hui: pendant l'interminable dictature franquiste ETA faisait partie, comme d'autres mouvements nationalistes basques, de la coalition informelle contre la dictature militaro-cléricale. Elle utilisait d'autres moyens de lutte, mais nous devions reconnaître que certaines de ses actions, essentiellement la liquidation physique du numéro 2 du régime, l'amiral Carrero Blanco, avait été saluée par tous les anti-fascistes**. Aujourd'hui le Pays Basque, Euskadi, bénéficie d'un statut de large autonomie, avec son gouvernement, son président (Lendakari), son parlement, sa police, sa langue etc...

ETA veut l'indépendance? Qu'elle renonce publiquement à la lutte armée pour l'obtenir. Et manifeste sa revendication sécessionniste par la voie des urnes. Ce que, d'une certaine manière elle fait déjà d'ailleurs. Dans ce cas que fait cette activiste en France avec son arme?

Antoine Blanca

* Si vous en avez l'occasion voyez le film "Un tir dans la tête", véritable documentaire relatant l'assassinat, à Mont-de-Marsan, de 2 jeunes garde-civils espagnols. Tout est authentique, au millimètre près, et donne froid dans le dos.

** Les  auteurs de cette opération ('operacion Ogro'), ont condamné la voie terroriste en démocratie.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 10:23

On peut lire, dans le "Don Quichotte de  la Mancha" cette phrase qui est bien évocatrice de l'illustre personnage de Cervantés : "La raison de la sans-raison qui en moi se fait raison". Quel rapport, me direz-vous, avec le traitement de la destructrice crise qui secoue l'Europe ? Ce rapport est pourtant évident quand on observe l'offensive de la droite du vieux continent, et de sa presse, qui synthétisent ainsi leur position : réduire au maximum le pouvoir  d'achat des salariés (ce qu'ils préfèrent qualifier de 'réduction du coût du travail'), protéger les hauts revenus ('ce sont eux qui investissent'), diminuer sensiblement la participation de l'Etat au fonctionnement des services publics (éducation, santé, entretien des réseaux routiers etc...). On va jusqu'à oser prendre comme exemple de politique économique et sociale, celle des gouvernements espagnol, italien et grec. Il est vrai qu'ils sont en train de 'noyer le bébé dans l'eau de son bain' pour le mieux soigner...

En réalité cette attaque concertée contre le France s'est amplifiée à l'approche de la date fixée pour la remise, par Louis Gallois, du rapport que François Hollande lui avait commandé peu après son entrée à l'Elysée. Personne ne l'a lu, hormis son auteur et ses proches collabrorateurs. Mais on spécule beaucoup sur son contenu, à droite et à gauche, en se donnant des  airs d'être dans la confidence. Je ne doute pas que le document  sera intéressant et que notre gouvernement l'étudiera avec le plus grand sérieux. Mais nous supportons de plus en plus mal les discours couvrant d'éloges immérités les politiques conservatrices des allemands, des britanniques, voire même des pays scandinaves. Et d'insister sur le 'courage' de leurs dirigeants qui osent, eux, liquider une partie des droits que les travailleurs ont conquis par la négociation ou par la lutte.

Il est vrai que je ne suis pas économiste de formation, mais je m'interroge sur la possibilité de permettre à des pays européens de sortir de la gravissime crise économique et financière, en asphyxiant les consommateurs et en sacrifiant leur jeunesse. Pour moi la politique préconisée par François Hollande, même si elle nécessite un certain nombre d'ajustements, est seule susceptible de faire sortir l'Europe de la crise en favorisant un  retour à la croissance.

Mais peut-être que la droite qui gouverne l'Union européenne craint précisément que François Holllande ne réussisse dans son entreprise. Et mette ainsi à nu les erreurs et les contradictions des politiciens de droite qui se posent en experts de gestion

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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