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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:15

Le premier défi que François Hollande avait à relever: la défition, sur le terrain, de la politique franco-allemande. Les conditions ne paraissaient pas favorables : la coalition de droite qui commande à Berlin ne voyait pas d'un bon oeil la victoire de la gauche. La difficulté principale consistait à rassurer sans pour autant céder sur les principes défendus par François Hollande pendant la toute récente campagne électorale. Je ne suis pas le seul à estimer que le pari a été gagné par le nouveau président. Mieux encore, après ce que les boxeurs appellent 'round d'observation', une relation que je qualifierais de paisible, s'est établie entre les deux dirigeants. La chancelière a apprécié, nous dit-on, le style d'un Chef d'Etat sachant exposer sa pensée avec clarté, sans dissimuler pour autant les points de désaccord. Une fois ces derniers actés, on peut, disent les Allemands, apprécier les possibilités de compromis. Angela Merkel devant, par la suite, s'expliquer avec des associés difficiles, démocrates-chrétiens bavarois (CSU) et libéraux. Mme Merkel a pour principal atout la confiance majoritaire des électeurs allemands.

La relation avec l'ami américain est en position d'attente. Mais avant que le peuple ne décide, François Hollande a noué une relation, fondée sur la sympathie réciproque, de confiance avec le président Obama. A Paris on peine à dissimuler que l'Elysée souhaite la réélection.

La politique de la France vis à vis de ses anciennes colonies constitue aussi un enjeu de taille. En Afrique sub-saharienne chacun, même à droite, reconnait que le courant est passé entre le président français et les peuples de la région, par delà les sentiments politiques de leurs dirigeants. En Afrique du Nord, les responsables observent  la nouvelle donne politique en France. Autant qu'ils se savent observés. Mais l'intérêt principal se centre sur l'Algérie que François Hollande visitera le mois prochain. Des deux côtés de la Méditerranée on parle de visite historique. A Alger on compte bien que, si la page de la guerre doit être tournée, cela ne signifiera pas oubli des crimes du colonialisme de 1839 à 1962.

En un mot, Holllande a réalisé un sans faute jusqu'ici en politique internationale, y compris dans sa visite à l'ONU à l'occasion de son Assemblée Générale annuelle. S'il n"a rien apporté de nouveau dans le paysage mondial, son discours a été généralement apprécié positivement.

Antoine Blanca

 

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 11:46

La société commence seulement à faire sa (timide) autocritique sur la manière dont a été traitée l'affaire Mohamed Merah. Incontestablement il y a eu erreur d'appréciation sur la dangérosité du personnage. On savait de ses voyages dans des pays accueillants pour les djihadistes. Mais en France il ne se comportait pas en bon musulman : consommait de l'alcool, allait en boîte, flirtait avec des filles et, surtout avait des comportements de délinquant de droit commun. Les services spécialisés espéraient sans doute en faire un sous-marin, un agent de renseignement. Peut-être est-ce la raison pour laquelle on n'a pas procédé à une perquisition à son domicile dès son premier attentat contre un soldat. Apparemment on savait tout de lui. A l'exception du principal, l'arsenal  d'armes à son domicile, armes dont il savait très bien se servir.

Mais c'est à une autre affaire Mérah que nous sommes confrontés aujourd'hui : les sympathisants d'Al Qaïda en France et dans le reste de l'Europe ont entrepris une vaste opération de communication. Il s'agit de convertir Mérah en super-héros et même en martyr de l'Islam. Cela se passe sous nos yeux, chaque jour. Comment contrarier, démystifier une telle campagne. En écartant, bien entendu le recours à la force. Le gouvernement devrait réfléchir d'urgence à la mise en place de groupes de brain storming pour réunir un maximum de pistes afin d'aborder ce grave problème dans les meilleures conditions. Dans nos cités, dans les collèges et les centres d'apprentissage les propagandistes pro-Al Qaïda exploitent à fond la disponibilité d'ados et de jeunes originaires d'Afrique du Nord. En mal, je dirais, de héros qui seuls les vengeraient de la société honnie dans laquelle ils ne veulent voir que les aspects négatifs. J'ai observé, impuissant, se développer la campagne, dans la perspective d'un match de foot France-Algérie au Stade de France, en présence du Premier ministre Lionel Jospin. La Marseillaise fut sifflée, la France insultée par une foule d'adolescents, presque tous nés dans l'hexagone et de nationalité française. On était loin de l'attentat, bien entendu. Mais le principe de manipulation des esprits d'une jeunesse à la recherche de certitudes et d'identité est le même.

Ce travail  de vérité sera long, commencera par l'Education Nationale. Encore faut-il définir les priorités de ce travail de vérité. Mais il ne faut pas attendre davantage pour entreprendre.

Antoine Blanca 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 15:05

Edith Cresson fut nommée à Matignon pour succéder à Michel Rocard. Ce dernier a été à la tête du gouvernement pendant trois ans et, de l'avis général, a bien fait son travail. Logiquement il aurait dû rester à son poste. Mais, nous le savions tous, François Mitterrand ne le suppportait pas. Le Président avait agi sagement en le nommant à Matignon. Il incarnait bien le modèle de la gauche réformiste, disposée à dialoguer avec une partie du patronat et très proche  de la CFDT. Les militants, avec plus ou moins d'enthousiasme, respectaient le choix de leur leader.

Mais le contentieux entre les deux hommes était trop riche pour que le Président supporte au-delà de trois ans une cohabitation intime avec un homme qu'il n'avait jamais aimé. Et qui, en 1979 encore avait tout mis en oeuvre pour le déboulonnner (Congrès de Metz). Il décida, à froid, sans crise majeure à l'horizon, de ne plus supporter cette relation obligée. Encore fallait-il que le magicien sorte une nouveauté de son chapeau: ce fut Edith Cressonn première femme à occuper cette haute fonction. Comme il avait "donné à la France le plus jeune des Premiers Ministres" avec Fabius. C'était au début de l'été de 1984.

Mais cela ne marcha pas. Ni parmi les dirigeants, ni dans les groupes parlementaires, ni auprès des militants. Edith Cresson vécut des mois de douloureuse solitude.

Ce n'est pas le cas de Jean-Marc Ayrault. Il est populaire parmi les élus, il a dirigé avec énergie, dans l'opposition, le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale et il  a été un des premiers soutiens de la candidature de François Hollande. Sa nomination était naturelle et le Congrès de Toulouse a démontré le profond soutien des militants. Il est entouré de ministres qui font preuve de loyauté, n'en déplaise à une certaine presse qui feint de découvrir des complots partout. Dernière invention: le rapprochement de son cas avec celui d'Edith Cresson, c'est à dire celle qui, malgré elle, annonçait le commencement de la fin du pouvoir socialiste. Le rapprochement n'est donc pas innocent.

Antoine Blanca

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 12:09

Copé a menacé de faire descendre la droite dans la rue. Peut-on prendre  le Secrétaire général  de l'UMP au mot ? Certainement pas dans les circonstances présentes. Certainement pas à l'appel  d'un parti politique. Dans ma déjà longue vie je n'ai vu que 2 fois le peuple de droite battre massivemment le pavé. A la fin du mois de mai 1968 quand des non-grévistes de l'ORTF, invoquant le nom du Général, appelèrent tous ceux et celles qui avaient ras le bol de la fameuse "chienlit", à se rassembler place de la Concorde. J'ai le souvenir des députés de droite observant la place depuis le Palais Bourbon tout proche. Ils avaient sorti leur écharpe tricolore du placard et évaluaient la force du rassemblement avant de s'y joindre. Ils ne descendirent qu'après s'être assurés que la manif de droite serait un succès. Ce fut le cas, une foule considérable était au rendez-vous. Ce beau monde, du général en  civil à la concierge du 32 bis avenue Foch, venaient de vaincre la peur après avoir entendu la voix du vieux Président appeler, avec des mots très forts, à la fin de la récréation. "L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme". La sentence de Victor Hugo me vint alors à l'esprit*...

Il fallut attendre 1984 pour voir la droite prendre la rue. Pour défendre l'école privée. Couronnant une série de manifs, toutes réussies, en province, il y eut le défilé triomphal à Paris. Mais si les partis de droite s'étaient joints à cette démonstration, ils n'en étaient, en aucune manière, les organisateurs. Ce furent les APEL, les associations de défense de l'enseignement dit libre qui avaient pris la tête de la révolte. Et cette force réactionnaire, mêlant évêchés, religieux et religieuses et surtout familles bien décidées à ne pas envoyer leurs enfants se sataniser à l'école laïque, l'emporta sur le gouvernement Mauroy ( lequel démissionna).

Les partis de droite n'avaient fait que suivre le mouvement. M.Copé, dont tous les actes sont aujourd'hui liés à sa candidature à la présidence de l'UMP, ne se hasardera certainement pas à passer de la menace à l'acte.

Antoine Blanca

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 12:55

Jamais gouvernement ne s'est montré aussi disponible pour débattre, pour répondre sans faux-semblants aux questions que se posent les citoyens. Il sait leurs inquiétudes et ne veut contourner aucun problème. Les journalistes, eux, font leurs choux gras de cette présence médiatique, de cette transparence. Ils ont, sous la main, des ministres, et même un Premier ministre, que l'on s'efforce de pousser à la faute. Or plus on s'exprime sans retenue, plus on s'expose à voir une phrase, sortie de son contexte, vous exploser au visage. Dans ces conditions le risque existe de voir le pouvoir se réfugier, sinon dans le mutisme, du moins dans  la langue de bois. Dans le précédent gouvernement personne n'affrontait la presse sans avoir en poche une fiche dite "éléments de langage" rédigée par le cabinet de l'Elysée. Est-ce vraiment le but recherché par la presse? Les ministres récitant avec docilité les mêmes refrains?

Je ne le pense pas, même si nos journalistes les plus aguerris sont tentés de s'inspirer du style américain, connu pour son agressivité la plus violente. La droite, aujourd'hui dans l'opposition, se délecte de cette situation embarrassante pour la gauche. Au bon temps de Sarkozy, de tels embarras n'existaient pas. Ni le Président, ni son Premier ministre ne s'exposaient à un débat dont les questions n'avaient pas été convenues à l'avance. Pas de risque de couac. Du moins dans les grandes entrevues télévisées et radiodiffusées.

C'est dire qu'aujourd'hui tous ses amis appellent Jean-Marc Ayrault à se montrer prudent, réservé dans sa relation avec la presse.

Les ténors de la droite, eux, ne risquent pas de se contredire : pour la bonne raison que l'UMP n'a strictement rien à dire. Il suffit, pour s'en convaincre, de relire les 'minutes' du récent débat Fillon/Copé. Un débat pour rien, qui donne une sensation de vide absolu. Alors, faute d'avoir quelque chose à exposer, la droite  cible les personnalités de gauche en faisant étalage d'une férocité quasi animale. Les militants socialistes, qui se voient assaillir au bureau, à l'atelier ou par un voisin, sont désarçonnés, sans avoir toujours la possibilité immédiate de riposter avec vigueur. Amis du gouvernement, pensez aussi à eux quand vous vous laissez aller avec la presse. Confortez nous dans la certitude que nous soutenons un gouvernement de gauche, sérieux, loyal et constructif. Aimant la France et l'Europe.

Antoine Blanca

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:34

Ce qui va se jouer aux Etats-Unis le 6 novembre n'est pas une élection comme les autres. En premier lieu parce que ce qui sépare, idéologiquement et socialement les deux candidats, va au-delà de l'habituelle différence entre les deux grands partis traditionnels. Ce qui était un ruisseau qu'on pouvait traverser à gué en certaines saisons, est devenu un abîme sans fin. Nous jouons tous gros, nous qui ne sommes, en apparence, que de lointains spectateurs du drame qui se joue. Que Mitt Romney s'installe à la Maison Blanche en janvier 2013 et ce ne sera pas un simple retour à l'ultra-libéralisme de Reagan, aux jeux de la guerre, chers aux deux Bush. Même en ayant à l'esprit toutes les catastrophes que la politique de ces champions de la droite dure ont provoquées, ce ne sera rien en comparaison de ce qui nous attend avec Mitt Romney.

N'y voyez aucune personnalisation abusive de ma part. Mitt Romney n'est pas un monstre par définition. Mais compte tenu qu'il sera l'élu du parti de l'armement à outrance, de la discrimination rampante, de la religiosité moyennageuse, il sera simplement le jouet de toutes ces forces obscures. Cela ne pourra qu'entraîner le vaste parti armé de l'intolérance plus loin encore sur la voie du terrorisme. En Afghanistan, par exemple, on peut être certains que Mitt Romney à la présidence, ce sera les Talibans à Kaboul et une série de guerres sur les frontières syriennes. Sunnites contre chiites, Al Qaïda contre Hezbollah, Kurdes contre tous ceux qui s'opposent à leur indépendance.

Mais surtout, ce sera les Etats-Unis contre l'Union européenne que les républicains ont toujours voulu affaiblir.

Alors, dans la nuit du  6 au 7 novembre, croisons les  doigts...pour que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

Antoine Blanca

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 12:50

Un artiste qui ne renie pas son appartenance à la gauche, proche du PS, précise-t-il dans ses bons jours, a affirmé, mettant les rieurs et les journalistes de droite de son côté, que notre Premier Ministre avait le charisme d'unee moule. Une occasion pour se demander: quels sont les ingrédients nécessaires pour devenir charismatique, ou pour pouvoiir s'affirmer comme tel?

J'avais écrit un article sur la personnalité du Maire de Nantes, la veille de sa nomination. Je prédisais par avance qu'il ne fallait pas attendre de lui les grandes  envolées oratoires, les phrases qui font mouche pour avoir été élaborées longuement avec des conseillers communication, ces phrases que les éditorialistes reprennent d'autant plus qu'elles sont vides de sens. Mais Jean-Marc n'est pas, pour autant, une sorte de rat de bibliothèque enfermé dans ses dossiers. Il est même à l'opposé de cette image, lui qui aime travailler en équipe, est un ami discret mais fidèle. Il ne baratine pas: il explique et il communique. Il sait commander aussi.


Alors? Où est dans tout cela le charisme qu'on attend de l'orateur  ? Si Jean Jaurès était un tribun de génie, ce n'était pas le cas de Léon Blum, desservi en outre par une voix éraillée qu'il ne parvint jammais à corriger totalement. François Mitterrand lui-même ne se transforma en orateur charimastique que sur le tard, après avoir été onze fois ministre dans des gouvernements de la IVe République. D'un naturel réservé, voire timide, il préféra longtemps les débats improvisés dans des cours d'école ou sur un champ de foire. 

Alors faisons confiance à Jean-Marc Ayrault et à la solidité de ses convictions. A sa compétence aussi. La haute fonction qu'il occupe transformera l'homme. Les batailles qu'il va livrer, sur différents fronts, vont aussi transformer le prof en chef de guerre. A nous, socialistes, de lui épargner d'avoir à livrer aussi bataille sur le front intérieur au PS.

Antoine Blanca

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 12:01

Le Congrès PS qui va s'ouvrir aujourd'hui, ne marquera pas les esprits: ce ne sera ni un congrès de division, ni un congrès de changement de ligne. Les socialistes ne sont jamais à l'aise pour débattre librement tout en exerçant le pouvoir. Même les délégués les plus critiques retiennent leur plume ou leur langue. Spontanément. On est à la limite de l'auto-censure.

On retourne dans un très ancien fief de  la gauche jauressienne? Même si la parenthèse centriste fut bien longue à l'Hôtel de Ville avec la famille Baudis et une courte apparition, de Douste-Blazy. Avec Pierre Cohen, le PS retrouvait une situation plus normale. Aux dernières législatives ses candidats totalisaient plus de 60% des  suffrages.

Le Congrès du Parti ne s'était plus tenu dans la ville rose depuis 1957. C'était alors le Parti socialiste SFIO (section française de l'Internationale ouvrière). Le chef du Parti venait de diriger, pendant 16 mois, le gouvernement. Qui ne fut pas seulement celui au cours duquel "les événements" devinrent guerre d'Algérie. Il y eut aussi d'importantes avancées sociales, comme la 3e semaine de congés payés, la réduction des abattements de zone, le minimum vieillesse etc... Un grand pas avait été fait également en direction de la décolonisation: une loi cadre, présentée par Gaston Defferre, allait permettre la création de parlements et de gouvernements autonomes. Cela facilita, on l'oublie trop souvent, l'accession postérieure à l'indépendance, "dans le cadre de la Communauté" voulue par De Gaulle.

Mais dans le souvenir du peuple de gauche et du monde intellectuel, seul resta la guerre d'Algérie avec ses douleurs et ses larmes;

Aussi le Congrès de 1957 fut le dernier de la SFIO. Sans que les délégués le sachent tant le décor des salles et des halls d'entrée était élaboré, et l'orientation marxiste du Parti affirmé dès l'entrée: une énorme banderole portait une citation de Rosa Luxembourg. Au cours de la séance consacrée à l'International, ce fut le discours du chef du Labour, Aneurin Beavan, qui retint l'attention : il était entièrement consacré à la guerre d'Algérie et constituait un assassinat en règle de son camarade Guy Mollet.

Ce dernier congrès du socialisme français traditionnel, fut aussi le dernier où chaque orateur se référait à la parole des grands anciens. A Toulouse vous ne les retrouverez qu'en consultant les documents disponibles  au stand de l'OURS (Office universitaire de recherche socialiste).

Antoine Blanca

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:46

Contrairement au message empoisonné que prétendent distiller certains commentateurs de presse (inutile de parler d'une opposition vociférante), François Hollande n'avait annoncé  dans son programme que des réformes, des engagements qu'il était persuadé de pouvoir tenir. Les militants avaient accepté de manière presque unanime, ce programme fait de modération et de réalisme. Ce n'était pas facile pour beaucoup d'entre nous qui vivions dans la nostalgie du changement tumultueux de 1981, pour ne pas parler du souvenir historique de 36, et des quelques mois de fête populaire qui ont précédé, puis suivi sa victoire*. Aujourd'hui on parle davantage de réduction des déficits, de relance de la production industrielle, d'équilibre du commerce extérieur...Des ministres donnent parfois une image de pompiers répondant aux appels d'urgence, tandis que les syndicalistes défendent la survie de leur entreprise sans se siituer toujours  dans le cadre plus global de la lutte pour l'emploi et de la défense des droits des travailleurs.

La base du PS était disposée à comprendre et même à accepter des entorses à son idéal. Les excès verbaux d'une opposition partagée entre réactionnaires et conservateurs ne nous touche pas. En revanche les militants ont du mal à contenir leur indignation face aux bévues ministérielles qui se multiplient et qui donnent du grain à moudre à ceux qui parlent d'amateurisme de la gauche. La précipitation infantile qui a obligé le Conseil Constitutionnel à rétoquer la loi sur le logement social est sans doute l'exemple le plus douloureux de ce comportement bien léger. Et que dire de son couronnement par le Premier Ministre lui-même annonçant une décision que les 'Sages' n'avaient pas encore prise officiellemennt. Nous préférons oublier les manquements au devoir de réserve de certaines de nos excellences, imbues de leur personnalité, pressées de gravir les échelons du pouvoir. Peiilon n'a-il rien de mieux à faire, à l'Education Nationale par exemple, que de s'occuper de la dépénalisation du canabis? Montebourg, pour son immodeste part, peut-il supporter de rester une semaine sans faire, d'une manière ou d'une autre, le buzz des médias...

Alors, camarades du gouvernement, pensez  un peu plus à ceux qui ont passé des mois à se battre pour une victoire qui n'est, qu'en partie, la vôtore. Les membres de vos cabinets respectifs ne sont pas toujours en phase avec la masse des militants. La plupart d'entre eux ne sont à l'aise que dans les luttes de pouvoir. Ils jouent une sorte de reality show, mettent en pratique ce qu'ils ont appris à l'ENA. Alors, camarades du gouvernement, ne perdez jamais le fil de ce qui vous rattache aux profondeurs du peuple de gauche.

C'est lui seul qui vous a placés là où vous êtes.

Antoine Blanca

* On tend à oublier, tant notre désir est grand de privilégier la légende, que la victoire de 36 fut suivie par le déclenchement de la guerre civile en Espagne, et les premiers trains emportant les enfants des congéés payés, par l'adhésion à la politique de non intervention. En 81 la victouire fut suivie par le vote de grandes réformes: nationalisation de la banque par exemple. 85 des 110 propositions étaint adoptées en un temps record. Mais en même temps le monde libéral s'organisait, nous entraînait dans la spirale de l'inflation incontrôlée, du déficit ddu commerce extérieur. Reagan et Mme Thatcher avaient allumé les contre-feux. S'il n'y a pas d'amour heureux, il n'y a pas non plus de victoire de la gauche navigant sur un petit nuage de pur bonheur...

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 16:32

Bernard-Henri Lévy veut être sur tous les fronts. Hier encore il était fêté par Tsahal, l'armée israélienne qu'il qualifiait 'd'armée la plus humaniste du monde'. Un peu plus tard, le voilà forçant les portes de l'Elysée de Sarkozy, se montrant à ses côtés en toute occasion, collé au Chef de l'Etat comme moule à son rocher. Bien calculé : Kadhafi était déjà condamné par la communauté internationale. La France jouait déjà un rôle déterminant dans le sauvetage de la ville de Ben Ghazi. Mais ce qui devait rester pour la postérité était bien la photo montrant BHL jouant à être le bras  droit, bien qu'encombrant, de M. Sarkozy.

Aujourd'hui le même philosophe prétend jouer un rôle équivalent, de mouche du coche, auprès de François Hollande. Refaire à Damas le coup de Tripoli. En jouant à celui qui ne voit pas les réalités. La première, qui s'impose à tous : le Conseil de Sécurité s'est déjà opposé, à plusieurs reprises, à toute intervention. Si nous entrions, seuls, dans ce drôle de jeu, nous serions aussitôt condamnés par le communauté internationale.C'est un luxe que les Etats-Unis peuvent s'offrir de temps en temps. Pas la France.

J'ajouterais volontiers, last but not least, que les événements de Syrie ont largement débordé les frontières de ce pays. La guerre concerne désormais ouvertement Turcs et Libanais, Jordaniens et Irakiens, Kurdes et Palestiniens. Aux côtés de qui et contre qui enverrions-nous nos soldats, nos chars, nos avions. Intervenant en solo, comme on nous le demande, sans alliés, sans soutien dans la région...Nous serions vite condamnés par ceux-là mêmes qui nous couvrent de fleurs aujourd'hui. La France n'est pas l'armée que l'ONU n'a pas.

Oui, il est à craindre que cette fois il n'y aura pas de photo montrant BHL, chemise plus blanche que le blanc, veste noire négligeamment posée sur l'épaule, foulant le sable d'une plage syrienne, cheveux noirs emportés par le vent et regard perdu dans le lointain.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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