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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 11:02

Le Président François Hollande est arrivé au siège de l'ONU à New-York. Sauf bouleversement imprévisible de dernière minute, seul le Président et sa petite suite repartiront enrichis d'une nouvelle expérience. Les habitués  de la traditionnelle Assemblée générale de septembre, diplomates et journalistes, se contenteront de regarder, un rien blasés, passer les cortèges dans les salons et les couloirs. Une fois encore la France ne sera pas au coeur de l'événement : en principe il ne devrait pas y en avoir de majeur, au cours de cette session d'automne.
Les Français n'ont pas provoqué de choc significatif, dans le cadre onusien, depuis le discours, brillamment argumenté, prononcé par notre Ministre de Villepin, à la veille de la 2e guerre d'Irak. L'univers, qui retenait son souffle, constata alors que nous préférions respecter la Charte des Nations Unis à nous soumettre aux mensonges cyniques et sanglants de George Jr. Bush. On n'envoie des troupes de ses Etats membres au combat que si le Conseil de Sécurité l'autorise. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni  défièrent cette règle d'or communément acceptée. Il s'avéra vite que, si la France avait raison sur la forme, son NON devait être aussi salué sur le fond comme celui de la raison.

Car le regime de Saddam ne cachait pas de stock d'armes de destruction massive. La France avait, seule, fait preuve de clairvoyance contre presque tous ses alliés occidentaux.

Aujourd'hui, pour nous, le dossier le plus urgent est celui du Mali. dont le nord est occupé par des djihadistes proches d'Al Qaïda. Indirectement la France est menacée, derrière plusieurs pays amis de cette région du Sahel, Dont l'Algérie. Aucune inquiétude par rapport à la légalité internationale  d'une probable intervention : tout se fera dans le cadre  de l'ONU et les troupes de terrain seront fournies par des pays de la région.

Le discours du Président Hollande sera important parce qu'il fera le point sur notre manière de juger la politique internationale. Mais n'attendons rien de plus de ce passage obligé à Manhattan: les choses importantes, si toutefois il y en a, se dérouleront à l'abri des oreilles indiscrètes. Voire des photographes. Utiliser les conflits de la planète pour distraire l'opinion nationale de ses difficultés intérieures, ne correspond pas au style humaniste et dépouillé de l'hôte de l'Elysée. Il ne gouvernera pas en tentant de surprendre par des coups de théâtre, mais en suivant pas à pas son propre programme.

Antoiine Blanca

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 11:50

Une alliance avec EELV pour gagner les élections du printemps 2012 était inévitable. Incontournable comme on dit de plus en plus aujourd'hui. Les socialistes connaissent bien ces associés de longue date. En doutant toujours de leur fiabilité. A l'image des scientifiques qui tentent de mieux cerner la notion de mouvement perpétuel. On s'approche, on s'éloigne, on croit tenir enfin la vérité...puis tout part dans tous les sens. Les 'écolos', c'est leur nature que de rester globalement indéfinissables. Une addition de bribes d'idéalisme usagé, d'ambitions excluantes ou contradictoires. Recherche aussi de confort matériel pour financer une machine politique qui n'en sera jamais vraiment une. Sans oublier leurs propres indemnités de fonction aux uns et aux autres...On veut enfin avoir pignon sur rue, des groupes de pression constitués, des permanents appointés. Désormais EELV bénéficie des avantages de disposer d'une force parlementaire autonome, tout en demeurant une addition d'individualités. Addition, qui n'est pas synthèse. On veut le beurre sans avoir à traire de vache, le numéraire résultant de la vente du produit, sans nouvelle charge fiscale.

Le PACS entre PS et Verts a donné tous les fruits qu'il pouvait donner. Depuis que des accords ont été conclus pour le gouvernement des affaires locales, départementales et  régionales, les deux parties ont appris à cohabiter, le plus souvent dans la douleur. Nous voilà à l'étape supérieure, celle du gouvernement de la France. C'est là que les coups de canif dans le contrat risquent de faire le plus de dégâts. Mais nous savons que nous devons vivre avec. Sans résignation. Mais avec clairvoyance.

Voilà bientôt vingt ans que les premiers documents ont été signés, qui définissaient le cadre de la vie commune, de la gestion des biens, de la communauté des acquis. Les Verts y ont beaucoup gagné. Ils disposent désormais de niches politiques dans toute la France. Si le PS a marché dans l'affaire, c'est qu'il y a aussi trouvé son  compte. Jusqu'à présent. On réfléchit encore à la réponse à donner à des alliés qui viennent d'annoncer qu'ils  abandonneraient volontiers, sans scrupule, leur partenaire en pleine mer, sans eau ni vivres. Epreuve à surmonter. Elle faisait partie des risques prévisibles, on le savait au 10 de la rue Solférino.

Surmontée, l'épreuve le sera. Et Hollande maintiendra le cap, tenant la barre d'autant plus fort, qu'il connaît désormais un nouveau visage à ses compagnons de voyage. Pas beau à voir.

Antoine Blanca

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 12:20

Utiliser, en boomrang, l'un des principes fondamentaux de la France républicaine, la Laïcité, pour affaiblir ses défenseurs: Marine Le Pen avait commencé à construire son arme pendant la dernière présidentielle. Elle vient de passer à la vitesse supérieure. La laïcité pour assurer la promotion empoisonnée de l'arabophobie, de l'islamophobie et finalement de la xénophobie, certains, à droite, y pensaient sérieusement dès 2009. Marine, elle, l'a fait. Et pour faire bonne mesure, pourquoi ne pas ajouter une dose anti-israélite en instituant l'interdiction du port de la kippa dans les lieux publics...Là aussi, elle l'a fait.

Si la question n'était pas aussi sérieuse, on pourrait parler d'un grand pied-de-nez à la démocratie. On s'amuse follement du côté du siège du FN à Saint-Cloud. Iront-ils jusqu'à organiser un défilé annuel à la mémoire de Jules Ferry pour prolonger une protestation contre l'IVG ou contre le vote de la loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe? Tout devient possible, ici et maintenant.

Il est vrai que le discours sarkozyste avait bien préparé le terrain à ces détournements des principes originels. "La parole d'un homme d'église, c'est tout de même d'un autre niveau que le discours d'un instituteur..."Et d'aller personnellement  se faire sacrer chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran, et de multiplier les ostensibles signes de croix devant les caméras...D'insister aussi sur la profondeur de nos racines chrétiennes...Et puis, ajoutait-il, il ne faut pas confondre laïcs durs et laïcs modérés...Cela nous avait sans doute alertés, à l'époque, mais sans provoquer plus de remous que ça. On commençait pourtant, avec le Chef de l'Etat lui-même, à enterrer la République et ses valeurs.

Le Chanoine honoraire de Latran, laïc modéré (ou modérément laïc) a sans doute semé la mauvaise graine dont le lepénisme espère récolter les fruits détestables. Il nous faut donc bien revenir d'urgence à une laïcité de combat pour mettre fin à ces dérives qui pourraient nous conduire à l'abîme.

Antoine Blanca

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 11:30

En mal d'un peu de sensationnel, une partie de la presse française s'est jetée, comme la misère sur le pauvre monde, sur la réponse de Martine Aubry à la question essentielle: 'envisagez-vous la possibilité d'être un jour Premier Ministre?'. Incroyable réponse de la Maire de Lille: 'pourquoi pas?'. Voilà de quoi donner matière à quelques interviews à venir. Les journalistes se contentent désormais, il est vrai, de peu de chose. Le bonheur parfait aurait été que l'encore Première secrétaire du PS réponde, sourcils froncés et menton défiant lancé en avant: 'Mon objectif est de me payer la tête de Jean-Marc'. Quel bouleversement alors: tout le reste de l'actualité, de la Syrie à Tombouctou, en passant par la mort à Benghazi d'un ambassadeur américain, serait vite passée à l'arrière plan avec ses flammes, son sang et ses larmes...Pour ne pas évoquer la possibilité qu'avait Martine de sonner son interlocuteur d'un ultime crochet au foie: 'Comment, vous l'ignoriez? J'ai décidé, après le congrès de Toulouse, de faire retraite au monastère des carmélites du Cateau-Cambrésis! Je ne manquerai pas de prier pour vous...'

Plus sérieusement, serait-il si inconcevable de vouloir se consacrer, prioritairement, pour un temps indéterminé, à la vie d'une puissante métropole, comme celle de Lille/Roubaix/Tourcoing et d'observer la vie politique du haut du magnifique beffroi de l'ancienne capitale des Flandres? Cette position étant idéale pour décocher de temps à  autre une flèche raisonnablement empoisonnée.

Tel est, semble-t-il, le projet de Martine (le beffroi, pas forcément les flèches). On la sent gourmande de cette perspective. En tout cas nullement amère. Ce n'est pas le cas de Ségolène. Et dans les bureaux de l'Elysée on antend des voix angoissées murmurer: 'Il faut "lui" trouver quelque chose à faire!'

J'ignorais  qu'une telle obligation figurât dans les statuts du PS. Notre Royal camarade est tout de même Présidente d'une grande et belle région. Ce n'est donc pas une SDF politique. Elle a les moyens de rebondir si elle se sent à l'étroit...Si elle cesse, du moins, de se lamenter pour passer à l'action disciplinée ordonnée et constructive.

Antoine Blanca

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 12:15

Tout le monde sait que:

1- la Maison Blanche n'est pour rien dans la réalisation du bout de film/trash qui a déjà fait couler tant de  sang et provoqué tant de dégâts. Le Chef charismatique du Hezbollah du Liban le sait. Les salafistes de Tunis et du Caire le savent. Comme tous savent parfaitement que les autorités françaises ne fabriquent pas de journal satirique provocateur. Les tueurs de Benghazi n'ont pas moins détruit une ambassade et mis à mort son ambassadeur, celui des Etats-Unis. Commme ils détruisent des écoles, et leurs jumeaux extrémistes de  Nord du Mali, des statues musulmanes classées au Patrimoine de l'Humanité.

C'est donc manipulation et mensonge que de dire au petit peuple révolté,  par la misère et l'injustice quotidiennes, que les démocraties occidentales ont organisé blasphèmes et profanations. Mais de la vérité et de la justice, ces nouveaux mauvais apôtres du Coran n'ont cure.

2- qu'il est d'autres urgences dans le monde que celle consistant à fabriquer  de nouveaux prétextes pour détruire, incendier, massacrer.

3- que les uns veulent faire diversion, fut-elle sanglante, de leurs échecs et de la vraie guerre de religion qui s'installe entre chiites et sunnites, entre Kurdes et gouvernements centraux, entre confréries civiles et  forces armées et policières. Tandis que d'autres veulent faire politiquement main basse sur le désarroi des masses...

Mais à la veille de ce vendredi, jour de grande prière, la mise en alerte ciblée lancée par le gouvernement français est devenue indispensable. Poour protéger nos immeubles et les personnes qui  y travaillent au quotidien. Nous le devons bien aussi au droit inaliénable à la liberté d'expression de caricaturistes et de journalistes de Charlie. Les événements vont contribuer à masquer un peu le vide de leur talent satirique et la médiocrité de leurs dessins.

Antoine Blanca

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 11:54

A mes yeux l'Europe, celle que nous avons commencé de bâtir  à Rome, en 1957, est notre plus belle réalisation collective depuis la fin de la IIe guerre mondiale. Elle a fortement contribué au rejet et à la liquidation des dernières dictatures (franquiste, salazariste, militaire grecque), est parvenue à consolider une nouvelle relation économique, culturelle et sociale avec les pays qui venaient d'accéder à l'indépendance, mis la défense des Droits de l'Homme au coeur d'un nouveau dispositif judiciaire international qui terrorise les autocrates d'hier, et prévient les possibles tentations de demain.

Un édifice de cette dimension, à la mesure d'une immense ambition, présente inévitablement des failles. Mais je considère que l'essentiel est de réparer, au fur et à mesure, en considérant que tout retour en arrière est impensable.

Avec une hargne  que la crise ne peut que fortifier, les insuffiances du système sont mises en lumière par les adversaires provenant d'un peu partout. Dénoncées par tous, et en même temps. Mais toujours pour des motifs contradictoires. Les opposants actuels à l'Europe unie n'ont pas de solution crédible à proposer. Ni ensemble, ni séparément. Ils se contentent de casser les jouets en faisant le plus de bruit possible. Nous sommes nombreux, à gauche, à être en désaccord avec certaines des orientations néo-libérales de Bruxelles. Mais nous savons aussi qu'il n'y aura de changement que par la voie des urnes. Il appartiendra, notamment, au PSE, la force qui nous est commune, aux socialistes et aux réformistes de gauche, de  transformer ce changement en réalité, avec le concours des grandes confédérations syndicales. En France, on nous dit qu'il y a des tiraillements dans la majorité gouvernementale. Cela ne nous étonne guère, même si cette constatation est à mes yeux lamentable.

Ce type d'agitation n'a rien de positif. Elle s'inscrit pourtant dans la tradition de cette frange de gauche, minoritaire par vocation, qui profite de chaque occasion, quitte à la provoquer, pour retarder la marche. Certains continuent de regarder avec sympathie cette nébuleuse anti-européenne ('Europe américaine', 'Europe des trusts', dénonçait-elle naguère). Nous ne croyons pas qu'une seule vraie proposition alternative pourra émaner un jour de leurs rangs. Mais la prédication anti-européenne mobilise des voix de militants et de  sympathisants.

Antoine Blanca

PSE,Parti socialiste européen

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 11:58

Si j'avais été député, et qu'on m'avait demandé d'être signataire de l'article collecif, publié par "Le Monde", suppliant l'Exécutif de ne plus tergiverser pour faire adopter le droit de vote des étrangers non communautaires, vivant depuis cinq ans et plus sur notre sol en bons contribuables, je n'aurais pas hésité une seconde.

Et ce pour aux moins trois raisons:

- parce qu'il s'agit d'une évolution logique de notre société avancée,

- parce qu'il est juste de voir ceux et celles qui partagent quotidiennement nos préoccupations, contribuent à l'animation de la vie locale (associative, par exemple), pouvoir donner leur avis sur la bonne marche de la Cité,

- parce que dans les pays proches où cette législation a déjà été adoptée, tout a fonctionné à la satisfaction générale,

- enfin parce qu'il s'agit d'un engagement du candidat Hollande, et que je ne pense pas qu'il faille lui donner le même destin que la proposition (une parmi les 110 de 1981) sur la base desquelles Mitterrand était entré à l'Elysée. La gauche bénéficie aujourd'hui d'une position très confortable, au Sénat comme dans les assemblées territoriales. Et nous ne jouerons plus, en la matière, il s'en faut de beaucoup, un rôle pionnier. C'est tellement vrai que Sarkozy y a été longtemps favorable: c'est assez dire que la question n'a plus rien de révolutionnaire...

J'ai la certitude  que François Hollande tiendra parole. Nous lui demandons seulement de ne pas prolonger inconsidérément sa réflexion. Quant aux réticences de Manuel Valls (il les avait exprimées en termes identiques pendant les primaires  citoyennes), elles sont les mêmes, sur le fond, que celles qui avaient retardé longtemps l'abolition de la peine de mort. "L'opinion n'est pas encore prête..."Eh bien, préparons-la. Sans tarder.

Antoine Blanca

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 15:53

Inutile de rappeler que, observant les événements d'un peu loin. je dois , tant dans mes analyses que dans mes conclusions, faire preuve d'humilité. Cette précaution prise, je suis en mesure d'affirmer que Bachar el Assad a gagné une terrible partie, et qu'il fait actuellement procéder, dans les zones rurales d'Alep, à une sorte de nettoyage final. Mes sources sont fiables sur ce point.

Les analystes indépendants s'accordent aussi pour dire que les chancelleries occidentales, Quai d'Orsay excepté*, ont mal apprécié la réalité du terrain et la situation aux frontières. Ce n'est  que depuis la fin du mois de juillet, après l'explosion qui avait causé la mort de plusieurs dignitaires syriens, qu'on avait commencé à émettre des doutes sur les appuis réels dont disposait la rebellion civile et militaire. Et pris acte du fait que l'équilibre avait basculé. En faveur du pouvoir.

Pour quelles raisons?

1) parce que la nature du spectaculaire attentat de juillet administrait une preuve définitive du nouveau rôle tenu par Al Qaïda dans le soulèvement. L'attentat portait sa marque. L'organisation fondée par feu Ben Laden avait infiltré avec succès la confrérie des Frères musulmans, traditionnels ennemis sunnites du régime. Dans nombre de secteurs clés de l'armée rebelle, Al Qaïda était désormais aux commandes.

2) parce que les gouvernements des pays frontaliers avaient pris, tous, leurs distances avec l'insurrection. La Turquie à cause des kurdes et de leur PKK, considérés par le pouvoir comme menace principale du pouvoir. Les Libanais avaient commencé, entre sunnites et chiites (dont les alaouites de Bachar sont proches), une guerre civile qui s'annonçait impitoyable. Enfin l'Irak voyait des ennemis partout dans ce drôle de conflit: Kurdes d'Irak, déjà aux trois-quart indépendants, prétendant élargir encore leur espace pétrolier, sunnites minoritaires mais revanchards contre le nouveau régime chiite qui les avait supplantés.

3) les Etats-Unis et leurs alliés commençaient à prendre davantage de précautions de langage. Visiblement, côté occidental, on tentait d'imaginer d'autres voies de sortie avec Lakhdar Brahimi, le nouvel envoyé spécial, algérien comptant sur de puissants alliés familiaux dans le Golfe.

Bref, Bachar n'est plus considéré comme le fils de famille un peu perdu entre la multiplicité des services secrets, et les chefs de la vieille garde. Il a tout réorganisé à sa guise, et son principal collaborateur est désormais le général Ali Mamlouk, le grand réformateur du système.

Antoine Blanca

* La diplomatie française n'a cessé de mettre  en garde le Ministre contre l'euphorie qui gagnait certains cercles gouvernementaux...

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:30

La droite française est bien désemparée. Si elle en avait encore les moyens, elle aurait volontiers payé pour que l'on ne filmât point leurs dernières réunions estivales, déjà balayées par un cruel vent d'automne. Le tableau est aussi désolant que les discours immuables des chefs de clan en leur morne compétition. Rien ne vient en renfort de leurs affirmations hautaines anti-Hollande. Car si les résultats statistiques, tant sociaux qu'économiques sont pénibles à lire et à entendre, il est facile de vérifier qu'ils avaient été anticipés, intégrés pour leur plus grande part dans le projet du candidat. Et si la popularité de l'exécutif est actuellement en berne, celle de l'opposition ne bénéficie guère, pour autant, de l'avantage.

Chaînes de télé, grands hebdos, alliés récalcitrants du parti Vert (Noêl Mamère 's'illustre' une nouvelle fois comme mauvais camarade), cracheur de feu attitré du 'parti de la gauche', rivalisent bien, à haut débit,  de profession de mauvaise  foi. Mais il est au bout du compte délicat d'allier l'eau et le feu. Aussi l'exercice collectif de démolition a dû être, provisoiremment peut-être, mis de côté. Les uns et les autres vont refaire 'cuisine à part'.

La droite sociale et économique a cru trouver, elle, une sorte de Graal pour saboter le travail de Hollande et de son Premier ministre: il a nom,  'Allemagne', et un visage, celui d'Angela Merkel. Nos amis germaniques ont tout réussi, là où nous aurions échoué. Et sur tous les plataeux nous voyons arriver, tour à tour, Marc Fiorentino, chantre de la City et orgueil de la presse financière universelle, sourire lustré et très propre sur lui; accompagné d' une grande blonde, élégance discrète, éternelle correspondante du très conservateur 'The Economist', bible hebdomadaire britannique du patronat international. Pour ces deux vedettes du Stock Exchange, imitées sans effort par les 'combattants' esseulés, de l'UMP (cela rempllit leur grand vide cérébral et patriotique), si l'on veut réussir, il faut sacriifier à "l'Imitation du nouveau prophète de l'orthodoxie", le gouvernement de Berlin. Puisque là, tout, absolument tout, va pour le mieux.

Le montage a beau être grossier, il peut séduire un moment. Un moment, celui d'une première lecture. Car tout est faux, de A à Z. L'Allemagne connaît une crise profonde, encore amplifiée par les difficultés des Lander, les divisions au sein du camp chrétien-démocrate et les divergences de ce dernier avec le FDP. Quant aux finances, elles sont presque partout en mauvais état, contrairement à ce que l'on ne cesse de nous marteler. Et si nous parlions de La Mecque des deux journalistes de parade cités plus haut, je veux parler de la City de Londres, et du gouvernement Cameron? Toute la presse 'libérale' le sait et le tait: le Royaume  va aussi mal sans doute que l'Italie ou que l'Espagne.

Mais...chut! entre gens du monde ces choses ne se disent pas. Secret de famille. Bruxelles va devoir recourir aux services d'Hercule Poirot pour éclaircir le mystère...

Antoine Blanca

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:41

Il y a une différence fondamentale entre les circonstances de la mort de l'ambassadeur américain en Lybie, et l'assassinat, il y a 21 ans à Beyrouth, de son collègue Français Louis Delamare: seul ce dernier a été 'professionnellement' ciblé, et la commanditaire du meurtre est connu. C'était la crise au Moyen-Orient et le rôle direct qu'y jouait alors notre pays qui a coûté la vie à Delamare. Et on connaissait le commanditaire du meurtre: Hafez el Assad (le 'papa'fondateur du régime) dont nous gênions le projet de tutelle sur le Liban.

Ce qui vient de se passer à Ben Ghazi est la traduction sanglante d'une tout autre problématique qui empoisonne les relations du monde démocratique avec la Umma, la communauté musulmane universelle. En septembre 1981, la mort de Delamare avait donné lieu à des réunions nationales et internationales fiévreuses, tant civiles que militaires. Les acteurs (Syriens, Libanais, Palestiniens...) du drame étaient répertoriés, même si l'on hésitait sur la forme d'une risposte efficace.

Aujourd'hui la plus impressionnante puissance armée que la Planète ait jamais connue ne sait quoi faire. Nous nous découvrons tout nus, vivant dans une vulnérabilité effrayante. On peut disposer avec succès de drones et des moyens les plus sophistiqués pour combattre en terrain inconnu, mais on est démuni face au gigantisme de la bêtise humaine. A tout moment, n'importe qui, pour n'importe quel motif, peut allumer la mèche de l'incendie. Des salafistes peuvent le faire en sachant pouvoir compter sur la droite xénophobe universelle pour attiser les flammes...

En matière religieuse, seuls des musulmans sont en mesure d'éclairer leurs frères sur la nature des manipulations dont ils sont aussi les victimes. En politique, il nous appartient, à nous démocrates occidentaux, d'éviter la facilité des caricatures blessantes, des simplifications outrageantes qui amplifient l'ignorance de nos concitoyens. Et les rendent plus vulnérables aux manipulations coupables.

Antoine Blanca

 

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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