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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 13:27

On nous annonce que c'est Harlem Désir qui succédera à Martine Aubry à la direction du PS. Bravo, bon courage pour le suite et félicitations.

Ceci  dit, nous  ne faisons que jouer sur le mots, les concepts, voire sur les équivoques. Personne, rue Soférino, n'est en mesure de succéder à Martine. Du moins sans bousculer gravement les équilibres. Candidat officieux jusqu'à la nuit dernière, J.Ch.Cambadélis a de l'autorité et de la faconde. Bon orateur dans les débats télévisés, il sait occuper l'écran, bien jouer de sa belle voix. Avec sa solide culture marxiste et léniniste, il peut improviser une riposte argumentée sur tous les thèmes. Essayer de "doubler" l'équipe présidentielle ne lui  viendrait jamais à l'esprit.

Non parce qu'il serait loyal par nature, mais parce qu'il ne voudrait pas courir un tel risque, alors qu'il n'a ni équipe, ni amis politiques proches. En dehors de ceux et de celles dont il coordonnait le travail pour préparer  le retour de DSK. Non pas les documents de réflexion et de documentation, en vue de l'exercice du pouvoir, mais l'organisation de la nouvelle machinerie électorale. Une sorte de parti dans le parti, pour noyauter le moment venu sections, fédérations et organisations d'élus. Ce que l'expérience d'un ancien trotsko sait faire de mieux.Expertise reconnue.

Camba n'a d'ailleurs jamais travaillé vraiment. Ces dernières années il a consolidé, sans lever le petit doigt, son fief de député du XIXe. Le maire de l'arrondissement, sans être pour autant un 'fan' du personnage, faisait le nécessaire auprès des militants et des électeurs. La vague 'hollandaise' s'est chargée du reste. Mais en dehors des intrigues de couloir et de salles de réunion, le candidat n'apparaissait que rarement, toujours en regardant sa montre-bracelet. Chargé de l'Internationale au Secrétariat PS, son action a été tout aussi nulle. Sur les marchés les distributeurs de tracts ont décidé, depuis fort longtemps, de ne plus l'attendre.

Le porter à la direction du Parti eût été littéralement scandaleux. Je ne suis pas malheureux de ne pas avoir, avec d'autres, à le dénoncer publiquement. Même s'il s'agit d'un travail de tâcheron, encore faut-il que, pour le moins, de tâcheron il y en ait un.

Antoine Blanca

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 11:21

Il faut en avoir cconscience: si le Ministère de l'Intérieur est toujours difficile à manier, pour un homme de gauche cela peut  résulter carrément  mortel. Quand la gauche a exercé le pouvoir, elle a toujours  fait appel à des vétérans réputés pour avoir le cuir épais. Roger Salengro, n'y survécut pas, assassiné par l'intensité de la campagne fasciste. Son succeseur Marx Dormoy fut dynamité par la Cagoule. En des temps plus civilisés, François Mitterrand ne prit aucun risque: il y nomma successivement Defferre et P.Joxe, hommes d'expérience et de caractère...Arrêtons les souvenirs: ils soulignent assez, par eux-mêmes, l'effet de surprise causé par la nomination de Manuel Valls. Un ami frappé au coeur par l'événement,  a d'ailleurs choisi le diminutif de Manolo pour 'nom de guerre'( et occasionnellement, de plume), me donnant  ici l'occasion, indirecte, de le taquiner. Quoi, se sont écriés quelques bons esprits, on nomme un 'bizuth' pour animer la classe qui inspira 'Graine de violence'? *. Ah! L'angélisme de  ces socialos!...*Ce sont bien des profs"!

Ils avaient mal lu son CV. Plus que socialiste de l'aile droite ('social-démocrate' précise-t-il à l'occasion), il a fait ses armes dans les cabinets ministériels, y compris dans celui de Matignon. Avant de se bâtir une réputation de maire énergique et imaginatif dans le chef-lieu de l'Essonne. Banlieue et ses problèmes, commune en devenir...L'UMP ne sait quoi dire. Ou plutôt si. Rappeler qu'avec Sarkozy il partageait une grosse erreur (vertueuse pour la droite=: avoir foi en l'expertise sécuritaire de M. Alain Bauer). Ou encore de faire proclamer (un triomphe pour le lauréat), que Valls est 'le seul bon ministre de J.M. Ayrault (par une autre grande experte, l'immense Rachida).

Bref, j'avoue avoir longtemps péché par scepticisme à l'égard de l'ancien député d'Evry. Je rectifie volontiers. Son action  répond bien à ce qu'on est en droit d'espérer d'un bon gouvernant dans la fonction qu'il exerce. Il est à la fois lucide, énergique, et sait pondérer ses jugements quand la situation l'exige. Jamais il ne se déplace pour les seules caméras (cela n'empêche pas l'amour), ses visites sont suivies d'actions et de plans concrets. Il est clair dans ses expositions que chacun peut, d'ailleurs, appréhender.

Bref, comme lui et moi partageons l'amour de la tauromachie, je peux m'écrier, sans arrière pensée électorale: Chapeau Manolo...et même entonner une strophe du pasodoble qui célèbre le Grand Manolete. **

Antoine Blanca

* "Gaine de violence " fut un immense triomphe du début des années 1950, et la musique qui l'accompagna lança le rock en France. Acteur principal, Glenn Ford...Et, n'n déplaise à l'UMP, le prof finit par imposer sa loi.

** Manuel Rodriguez, dit Manolete. Matador cordouan dont le style sobre et hautain me fait le surnommmer le Greco de la corrida. Mort à l'âge de 30 ans, à Linarés.

NB: Faena, interprétation en matière d'oeuvre tauromachique.

 

 

 

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:22

Mélenchon voulait en savoir davantage sur l'auto-proclamée 'révolution bolivarienne'. Et pour cela il faut absolument aller à Caracas. L'ambassadeur vénézuélien à Paris est un ignare qui bénéficie d'une seule qualité : il est originaire du même village que son président, avec lequel il a usé ses fonds de culotte à l'école. Jean-Luc a préféré le maître à l'ancien condisciple. On le comprend. Selon Mediapart (qui a publié le seul article sérieux sur la visite), le 'Comandante et Présidente' a pardonné à son visiteur de l'avoir un moment distrait de sa campagne de réélection*. Chàvez aime ce type de distraction imprévue.

Et ne croyons pas un instant que le leader du Front de gauche se soit contenté d'écouter passivement les longues et tumultueuses explications du 'grand frère boliivarien'. Comme à son habitude il s'est fait aussi entendre en contre, haut et fort: "choisissez mieux vos amis", lui a-t-il dit en substance."Ahmadinejad est un fasciste et vous en avez fait un interlocuteur privilégié!" (marchons, vous et moi, main dans la main, comme Jésus et Mahomet le font au ciel...Hugo Chàvez dixit)**. Mélenchon n'a pas avalé cette bondieuserie primaire. Il a la laïcité rivée au coeur. Peut-être sa principale qualité militante.

Mélenchon reviendra aux Amériques, visiter d'autres pays et connaître leurs chefs et leur manière particulière d'être de gauche. C'est sans doute un bon projet global. Apprendre par soi-même est important. Pourquoi avoir commencé par le pays de Bolivar (et accessoirement d'Hugo Chàvez?) Nous espérons qu'il ne prévoit pas de prendre son régime comme modèle politique. Certes le 'gouvernement bolivarien' et son chef  ne méritent pas la boue que la propagande occidentale déverse quotidiennement  sur eux. Mais cela ne nous convient nullement.

Hugo Chàvez aime passionnément son pays et son peuple. Il manipule aussi avec adresse la figure historique du Libertador. Mais il a le verbe et les manières brutales et se verrait bien en 'despote éclairé'. Souhaitons lui un vrai rétablissement et qu'il n'oublie jamais que, si Mélenchon lui a apporté le réconfort du verbe, c'est aux médecins cubains qu'il devra d'avoir vaincu le cancer.

Antoine Blanca

* Les élections auront lieu dimanche 7 octobre. L'opposition (droite, centre et une partie de la gauche) présente un candidat unique choisi au terme d'une primaire démocratique. L'anti-Chàvez se nommme Henrique Capriles.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 12:53

L'appelation incontrôlée 'première dame' nous vient tout droit de la Maison Blanche*. Pour autant que je le sache, les épouses de nos présidents de la IIIe et de la IVe République ne se sont jamais vu attribuer de titre. Tout a commencé avec Yvonne De Gaulle. Elle ne revendiquait pourtant rien de la sorte. Mais à partir des années 1960 la presse a pris goût à cette espèce d'anoblissement. Le retour en arrière étant devenu impensable, nous allons vivre désormais avec cette dérive de style monarchique...Tout dépendra donc des qualités intellectuelles et morales de la personne concernée. Et de sa discrétion (qui ne signifie pas effacement)...

Heureusement pour les Français, l'attention mondiale s'est provisoirement déplacée de La Rochelle au sud des Etats-Unis. A la lumière de ces grandes représentations de cirque que sont les Conventions républicaine et démocrate. Mme Rodney a ouvert le bal en épouse aimante, blonde et bien nourrie, bonne maman et bonne croyante, Bible toujours en bandoulière. Elle a fait le discours que les délégués du parti de l'éléphant espéraient. On peut lui donner un satisfecit.

Mais deux jours plus tard, pas loin de là, patatras, Michelle Obama, devant un tout autre parterre, l'a renvoyée à sa ringardise naturelle. Et rangée au cabinet des accessoires de campagne. C'est là toute la différence entre une actrice acceptable de série B, et une grande intellectuelle ouverte sur la société contemporaine, sensible aux grands changements qui secouent ou menacent le monde.

Nous ne dirons pas "bravo l'artiste!", tout simplement parce que la 'première dame' sortante ne jouait visiblement pas un rôle. Elle était dans SON rôle. Naturellement. Impressionnante.

Avec qui la comparer? Sans aucun doute avec Eleanor Roosvelt. Davantage que 'première dama', l'une et l'autre laisseront le souvenir de 'grande' dame.  La différence entre les deux est pourtant réelle. Mme Roosvelt faisait partie de l'aristocratie WASP** de l'est. Une famille choisie, nièce de Président (Théodore Roosvelt). Michelle est, quant à elle, chacun peut le voir, noire, et a dû cravacher pour briller dans les études à force de talent et de ténacité. 

Ces fortes personnalités concevaient (utilisons le 'présent' pour Michelle) leur présence aux côtés du Chef de l'Etat comme particulièrement dynamique. Mais il était inimaginable qu'elles deviennent un obstacle à la projection au premier plan de leur époux, le seul à avoir la légitimité du suffrage universel.

Antoine Blanca

* Disons que Mme Franklin D. Roosvelt a unauguré la saga des premières dames en 1933. Ses idées progressistes étaient très connues dans ses années d'étudiante. Après la mort du Président en 1945 elle milita en faveur des droits civiques et, officiellement, présida la Commission de l'ONU qui devait aboutir la 10 décembre 1948, à l'adoption par son Assemblée générale de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen.

** White anglo-saxon protestant....

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:37

Une part de notre avenir collectif va dépendre du résultat de l'élection présidentielle américaine. Une défaite d'Obama mettrait en péril les délicats équilibres sur lesquels reposent la paix et la sécurité de la planète. Sans compter les enjeux propres à son immense pays lui-même: la liquidation de tout effort en faveur de plus de justice sociale, de liberté de conscience, d'égalité des droits.

Non que nous considérions que le duel entre le champion démocrate et son homologue républicain soit une sorte de combat entre le Bien et le Mal. Après tout, c'est un président démocrate qui a décidé le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, et un autre qui a brûlé et empoisonné pour longtemps une bonne partie de la forêt vietnamienne. Tandis qu'on peut mettre au crédit de ce fieffé coquin de Nixon la conclusion d'un accord avec la Chine qui remit la puissance asiatique sur la voie de la coexistence pacifique. C'était audacieux à cette époque.

Mais les enjeux sont différents aujourd'hui. Obama a entrepris de moderniser la société, d'économiser sur le budget de la Défense (qui confinait à une aberration en permettant, par exemple, la signature de contrats avec des armées privées composées de mercenaires), d'accorder aux plus démunis le droit à un minimum de soins médicaux. Et, en dépit des limites imposées par un Congrès conservateur, de faire passer dans les esprits une sorte de souffle frais, celui du renouveau.

Dans le contexte qui prévaut dans le camp républicain, nous estimons que Mitt Romney a cessé d'être un ancien gouverneur modéré d'un Etat de l'Est, pour devenir l'otage des plus invraisemblables réactionnaires issus des Tea Party. L'homme est aujourd'hui dangereux pour nous tous. Entouré de 'fous de la Bible', il a invité, par exemple, Israél à déclarer la guerre à l'Iran. Il faut absolument que les électeurs le renvoient à ses foyers et dans les bras d'une épouse qui s'exhibe aimante...

Antoine Blanca

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:45

L'avez-vous su? Le 24e congrès de l'Internationale socialiste vient d'être célébré au Cap, le grand port du bout de l'Afrique. En France cette réunion, avec ses 700 délégués représentant des dizaines de millions d'adhérents dans 115 pays et des centaines de millions d'électeurs, est mediatiquement passée inaperçue. Enfin presque: Ségolène Royal l'a sauvée du total anonymat en accordant un entretien à un journaliste du Figaro. Elle l'a littéralement inondé de larmes. "Je viens de subir une humiliation, une injustice", a-t-elle dit en substance. Il était question de La Rochelle, de son élection perdue, de son absence à l'Université d'été du PS. Ses dirigeants l'ont envoyée dans l'hémisphère sud pour y représenter la France. Une consolation ou une préfiguration des tâches qui attendent la toujours présidente de Poitou-Charentes. Pas mal pensé: pour Ségolène, Ségolène est le monde, et le monde est Ségolène.

Mais mon propos voulait surtout souligner la quasi-inexistence politique, de nos jours, de l'IS. Au Cap on s'est contenté d'adopter à l'unanimité des textes préparés à l'avance par la commission des résolutions réunie à Londres (siège du secrétariat général). On peut y lire, grosso modo, que le Bien est mieux que le Mal, que la justice sociale est souhaitable pour tous les peuples de la planète, que le paix vaut mieux que la guerre...Les dernières fois que le socialisme a manifesté un internationalisme actif se situaient dans les années 1970 (coup d'Etat au Chili, dictatures dans le Cône sud des Amériques, renaissance démocratique au Portugal et en Espagne...). A partir du milieu des années 1980, l'IS a fermé pour non-travaux.

Le seul fait éminemment positif que je retiens: le congrès s'est tenu en République sud-africaine, reçue par l'ANC, le parti de Mandela. Cela a donc été un événement majeur pour un continent qui connaît de grands bouleversements.

Pour les pays européens, pour débattre des crises du Moyen-Orient, parler de paix, de guerre et d'utilisation pacifique du nucléaire en Iran et ailleurs, il est préférable de rester dans le cadre du Parti socialiste européen, le PSE. Car l'IS n'est plus qu'un décor, une cathédrale n'ouvrant ses portes que pour des messes chantées.

Antoine Blanca

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 12:37

Avec la fin de l'été, médias et politiciens de droite se sont déchaînés, avec un bel ensemble, contre François Hollande et la majorité que dirige Jean-Marc Ayrault. Baisse plus ou moins forte dans les sondages (tout de même entre 44 et 49% d'opinions positives), avalanche de livres à deux balles sur les relations de couple du Président, présentation tendencieuse des réformes entreprises ou annoncées. Le verbe à la mode chez les journalistes en panne d'idées: détricoter. Le pouvoir ne ferait que 'détricoter' l'oeuvre législative de Sarkozy.

Tout cela me paraît un peu fort d'eau de rose. Un observateur soucieux d'objectivité ne pourrait que reconnaître que la gauche ouvre, l'un après l'autre, tous les chantiers annoncés. La fidélité aux engagements du candidat Hollande est remarquable. Avec, bien entendu, des adaptations ici et là: la situation de la France, de l'Europe, du monde n'est pas restée statique depuis la rédaction du projet présidentiel. Mais les orientations sont claires. Et il avait bel et bien été proclamé qu'on ne pourrait pas faire de miracle alors que l'on affronte, du moins à l'échelle européenne, une crise de grande envergure. Quant au détricotage, on aurait bien du mal à y procéder: Sarkozy a fait adopter une telle quantité de lois, au gré de l'actualité et de sa fantaisie du moment, qu'il serait laborieux de les corriger toutes. Heureusement la plupart d'entre elles n'ont pas été suivies de décrets d'application. Des lois mort-nées en quelque sorte. Mortalité ayant la précipitation et l'impréparation pour causes.

En réalité, ce sont les orientations fondamentales qui ont changé, avec l'approbation prudente des Français. L'opinion, elle, à en croire tous les sondages, ne regrette pas la droite. Et ce n'est pas le triste spectacle que donne la campagne des 'primaires' de l'UMP qui va enthousiasmer les masses. La droite, sans projet et sans chef, demeure engluée dans le passé.

Et cela, les médias vont tout de même finir par le remarquer...

Antoine Blanca

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 13:08

Qui sont les membres des Conseils des Oulémas, inégalement répandus dans tout le monde musulman sunnite. Evitons les rapprochements avec, par exemple, la hiérarchie de l'Eglise catholique*. Il s'agit de groupes de lettrés reconnus par les communautés comme experts du Coran et des textes consacrés. Leur autorité est purement morale. Ces 'docteurs de la loi' sont consultés dans les cas difficiles où ils peuvent aider à l'interprétation des textes. Ils peuvent aussi décider par eux-mêmes de se prononcer sur tel ou tel événement. Ils l'ont fait souvent en Algérie, avant le déclenchement de la lutte armée. En vain: la France a toujours superbement ignoré leurs avertissements empreints de sagesse et de modération.

Au Pakistan, pays qui abrite la plus nombreuse population musulmane de la planète après l'Indonésie, les Oulémas sont très respectés, tant par l'autorité politique que par le pouvoir judiciaire. Leur conseil va aujourd'hui sauver la vie d'une fillette appartenant à la petite minorité chrétienne. Handicapée mentale de surcroît. La justice pakistanaise, application de la 'charia' oblige, l'avait condamnée à mort** pour avoir, affirmait-t-elle, brûlé des versets du Coran.

Beaucoup découvriront à cette occasion le rôle que peuvent jouer les sages oulémas face à la multiplication d'actes de violence perpétrés par des intégristes. Souvent ignorants, déclassés, ces fanatiques pourraient difficilement contester la valeur d'un jugement émanant des oulémas. Leur groupe de Bizerte, par exemple, aurait pu judicieusement condamner le tabassage par des 'barbus', d'un élu socialiste français.

En ces temps incertains où le vote démocratique a porté au pouvoir des partis musulmans en Afrique du Nord et en Egypte, le recours aux avis de ces 'sages' pourrait éviter bien des excès. L'exemple pakistanais pourra-t-il servir?

Antoine Blanca

* Je rappelle que l'Islam sunnite n'a pas de clergé. L'imam n'est pas un prêtre mais une sorte de sacristain. Lors de la prière collective, il oriente le groupe de fidèles dans leurs mouvements et les murmures psalmodiques.

** pour blasphème

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 17:07

Quelle incongruité avait-il proféré, Hollande, en promettant être un 'Président normal', s'il venait à être élu? En général en mal d'inspiration, pour ne pas dire mal inspirée, la presse n'a pas fini, depuis des mois, de se repaître de cette promesse, lui donnant les interprétations les plus contradictoires, tandis que caricaturistes et humoristes, orphelins de l'anomalie chronique de Sarkozy, continuent de faire leurs choux (plutôt maigres) de cette normalité un peu trop lisse à leurs yeux.

Une première baisse dans les sondages, et cela a été le déchaînement vorace. 'On va te la faire avaler, ta normalité!' se sont dit les uns et les autres. Nos compatriotes, imprégnés qu'ils sont de présidentialisme, reçoivent avec indulgence cette campagne vorace contre la 'normalité' présidentielle. Certes ils en avaient assez du nombrilisme et des inconstances du prédécesseur de Hollande. Mais dans la direction des affaires de la Nation ils ne veulent voir qu'un seul Chef. Il y a encore beaucoup à faire pour parvenir à imposer une interprétation correcte de la Constitution de la Ve République. Le nouveau président a voulu l'imposer en prêchant par l'exemple. Presse et opinion n'en continuent pas moins de partager une vision beaucoup plus bonapartiste des institutions.

Les autres européens s'étonnent: la France est l'unique pays de l'Union à pratiquer une politique qui s'efforce de préserver les acquis sociaux. Sans le faire au détriment de l'équilibre budgétaire. Et tout en menant le combat pour l'emploi, l'éducation, la culture et la sécurité des biens et des personnes. Au milieu de la crise profonde que nous connaissons, il ne peut y avoir rien de spectaculaire, encore moins de flamboyant. Une révolution socialiste étant inenvisageable, le réformisme de gauche ne peut avancer qu'à pas comptés. Et les résultats ne se mesurer que dans la durée.

La période à venir sera particulièrement pénible pour le pouvoir. On attend de lui qu'il fasse preuve de persévérence et de clairvoyance. Et  de tous ceux qui exercent des responsabilités, qu'ils oublient leur ego pour se consacrer à l'intérêt général. Les turbulences seront d'autant plus sensibles que la politique et le syndicalisme sont souvent englués dans des débats internes dont ils essaient de sortir en visant la seule cible commode qui leur est commune: le Chef de l'Etat. Gardons nous de tomber dans la même facilité.

Antoine Blanca

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 10:54

Note préliminaire

Le besoin éprouvé de faire part de mon inquiétude est devenu plus fort que celui de faire une pause d'écriture. Pardonnez ce qui pourrait être perçu comme de l'inconstance. En réalité je persiste à vouloir réfléchir à un changement de formule susceptible de mieux répondre à l'attente de mes lecteurs. Tout en évitant la dispersion des sujets traités. Merci de votre regard indulgent...

                                     *****************

Benjamin Netanyahou vient de s'en prendre violemment au Secrétaire général de l'ONU au prétexte que l'intéressé a accepté l'invitation de la Conférence des pays non-alignés célébrée à Téhéran. "Une honte!" s'est exclamé le Premier ministre israélien. Oubliant que Ban ki Moon ne faisait que respecter ses devoirs fondamentaux: en particulier celui d'agir partout où se joue la paix dans le monde.

Et c'est bien de la paix ou de la guerre qu'il est question alors que la dite  conférence rassemble les représentants  de 160 des 200 Etats membres de l'organisation mondiale. L'occasion était unique pour exprimer, devant un tel parterre, et en un tel lieu, l'inquiétude que les peuples de la planète seraient en droit de ressentir. L'exécutif israélien ne cache pas, rappelons-le, son intention de détruire les installations nucléaires iraniennes. Les Iraniens se défendent: nous avons le droit de fabriquer de l'énergie nucléaire pour préparer l'après-pétrole...Nos intentions sont pacifiques.

Le patron de l'ONU n'a pas manqué de leur envoyer un message public et clair: donnez-nous tous les moyens de prouver que votre projet n'est pas militaire! Visiblement la parole du 'Guide Suprême', l'ayatollah Khamenéi,  n'est pas considérée comme suffisante. Nous espérons tous une réponse sans ambigüité de sa part à la question légitime que toutes les chancelleries se posent...Mais il est à craindre que quelle que soit sa teneur, la réponse ne sera pas satisfaisante aux yeux de Nétanyahou. Les moteurs de ses bombardiers sont déjà en train de chauffer. Nous sommes donc au bord d'une crise majeure qui, de régionale, deviendrait inévitablement mondiale.

L'équilibre universel est fragile. Les Etats-Unis sont en campagne électorale et le président, élu ou réélu, ne prendra (ou reprendra) ses fonctions que fin janvier 2013. L'Europe cherche un nouveau souffle. L'Afrique est minée par des virus divers. Et le dernier de ceux-ci, venu d'ailleurs, l'islamisme terroriste n'est pas le moins toxique. La Russie et la Chine veulent peser davantage sur la scène internationale sans savoir encore de quelle manière. En attendant, ils exhibent leurs muscles.

Nous sommes donc tous menacés. Nous sommes sur un volcan proche de l'éruption. L'ONU a donc raison de tenter par tous les moyens, y compris à la conférence de Téhéran, de préserver un semblant de paix global. Et Nétanyahou a tort d'insulter l'avenir.

Antoine Blanca


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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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