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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 18:29

J'ai écrit ces toutes dernières années 713 articles. Ils portaient sur des sujets divers, tous de caractère politique. Mon engagement était clair, mais je tentais de conserver quelque distance avec mes points de vue militants. Chaque fois que j'en ai éprouvé le besoin je n'ai pas hésité à utiliser l'arme de l'ironie mordante au détriment de ceux et celles qui étaient censés être mes propres amis.
En fait j'avais la prétention de faire bénéficier mes lecteurs de mon expérience. Ma vie s'est déroulée sur des théâtres très variés: l'Espagne, en tant qu'enfant de la guerre civile de 36/39, l'Algérie où j'ai vécu enfance et adolescence et participé à bien de luttes, la SFIO et le PS auxquels mon attachement demeure aussi complet que libre, mes pérégrinations internationales comme responsable politique puis comme diplomate français. L'ONU où j'ai occupé quatre ans durant le poste de numéro deux de la hiérachie...

J'ai eu l'outrecuidance de penser que mes écrits pourraient intéresser un bon nombre de lecteurs.

Mais je crois l'heure venue de faire au moins une pause, de faire le point.

J'interromps donc mes petits messages.

Peut-être à bientôt...

Antoine Blanca

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 10:24

Aux antipodes des manifestants des 'printemps arabes', et surtout de l'esprit qui les animait, les intégristes musulmans, qui s'étaient bel et bien infiltrés dans les rangs des révoltés, profitent brutalement des nouveaux espaces de liberté que les démocrates ont gagné, souvent en payant le prix du sang, sur les dictatures policières. Le tabassage en règle, par un groupe de barbus en mal d'exercice spirituel, d'un élu socialiste sarthois qui visitait Bizerte (ville dont sa famille est originaire), est venu ternir l'effet positif du voyage officiel du nouveau président tunisien dont nous avons, ici, salué le discours devant notre Assemblée Nationale.

La violence xénophobe n'est certes pas le fait de son gouvernement. Mais cette nouvelle forme de barbarie est de toute évidence lâchement tolérée par le nouveau pouvoir. Nous nous permettons de le mettre en garde: une telle passivité, si elle devient la règle, engendrera de nouvelles formes d'activités criminelles. Aux insultes et aux gourdins succéderont les kalachnikovs et les poignards égorgeurs. Les voisins algériens en savent quelque chose! Des années de guerre civile, des dizaines de milliers de vies sacrifiées pour mettre enfin à nu l'hypocrisie assassine de ceux qui s'approprient le nom d'Allah et de son Prophète! Il faut, dès à présent, démasquer et mettre ces brutes hors d'état de nuire. Ces minorités agissantes, se situant volontairement hors la loi, peuvent affaiblir nationalement et internationalement la République tunisienne.

Mais ayons surtout conscience de la perversité de certains royaumes et émirats, impudiquement courtisés par les démocraties occidentales pour leurs richesses pétrolières, qui assurent subsistance et armement à ces monstres de l'intolérance. Si ce n'est leur gouvernement lui-même, ce sont des membres des familles régnantes qui entretiennent cette agitation au nom de l'interprétation wahabbite de l'Islam.

Il n'est pas digne de l'Europe, pas digne des Etats-Unis, d'ignorer ces réalités nauséabondes. Quand on commencera enfin à se boucher les narines, il pourrait être trop tard.

Antoine Blanca

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 10:24

En annonçant pendant la dernière campagne qu'il serait 'un président normal', François Hollande mesurait-il la dimension que les médias, français et internationaux, donneraient à cette phrase? Car Dieu sait qu'elle en a fait couler de l'encre et usé des cordes vocales! Elle a été analysée, décortiquée, contestée ou approuvée. Son interprétation a été parfois péjorative ou ironique. La persistance du phénomène surprend. Respecter l'esprit et la lettre de la Constitution ne signifie pas, pour le Chef de l'Etat, manquer de charisme ou de détermination.

Il suffit de regarder la scène européenne où la France et l'Allemagne doivent jouer un rôle prédominant dans la résolution d'une grave crise. François Hollande est demeuré ferme sur les positions françaises, sans se montrer pour autant intransigeant. Mme Merkel, qui abordait le dialogue franco-allemand avec appréhension, voire avec un a priori négatif, respecte désormais son interlocuteur au point d'accepter, de plus en plus souvent, la valeur de son argumentation. Car notre président est un homme redoutable dans le débat, même s'il a le goût de convaincre et déteste tant la gesticulation que le choc des mots, aussi grandiloquents que creux.

L'hebdo Courrier international, qui sélectionne pour ses lecteurs des articles de la grande presse mondiale, titrait hier:"la presse allemande dénonce l'immobilisme français". Outre qu'à lire le fond des 'papiers' des journaux d'Outre-Rhin on a de la peine à retrouver la justification d'un titre aussi négatif, nous ajouterons volontiers que la situation n'est pas si rose chez nos grands voisins. Même sur le plan industriel et sur celui de l'emploi. Et surtout la stabilité de la majorité gouvernementale est mise à mal à Berlin. A la fois par la fragilité de l'allié libéral et par la fronde permanente de la puissante branche bavaroise, la CSU, de la Démocratie chrétienne.

En France, au contraire, le Président et son gouvernement peuvent compter sur une majorité solide. En 1981 'La Force tranquille' de François Mitterrand ne disposait pas de semblables atouts: une confortable base dans les assemblées territoriales et, surtout, une majorité au Sénat.

Ce n'est pas pour autant que nous devons nager dans l'auto-satisfaction. Nous connaissons les difficultés que nous affrontons et celles que nous aurons à affronter dans le proche avenir. L'arrogance n'est pas de mise: elle a même passé le Rhin et s'étale en gros caractères dans Der Spiegel qui se permet d'écrire que "la France est un pays nostalgique et narcissique qui se voudrait du Nord quand son coeur appartient au Sud". J'ai connu le grand journal de Hambourg mieux inspiré. Car il est évident que nous sommes à la fois du Nord et du Sud. Au coeur de l'Europe. Un avantage sur ceux qui émigrent en masse vers les rivages méridionaux en quête de soleil, de chaleur et, disons-le, de mieux vivre.

Antoine Blanca

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 09:58

En dépit du plâtre qui devrait l'handicaper*, Fillon veut faire la course à l'échalote UMP en tête, et prendre de court son seul adversaire sérieux, le carnassier jazzman Copé. Et le voilà parti sur la piste mal cendrée. Du pied droit, bien entendu. Sur le plan social il  éradiquera une bonne fois pour toutes les 35 heures (cinq ans passés à Matignon ne lui auront donc pas permis de procéder à cette contre-réforme jugée 'indispensable'...), mettre enfin au travail ces fainéants de fonctionnaires (trop nombreux, faut-il le dire). Mais le coeur de l'esquisse de son projet tient en deux résolutions, a priori contradictoires: faire du sarkozysme d'une part, s'émanciper en parallèle de l'image de l'EX en ce qu'elle a d'imprésentable.

Car, à reprendre les réflexions qu'il vient de livrer au Point, on ne peut que remarquer sa critique de l'action passée, celle qui a conduit à la défaite. Le thème est clair: 'quand j'ai eu les mains libres, on a fait avancer la machine dans le bon sens; quand on m'a lié les mains (sous-entendu, le Président et les gens de son premier cercle), on a commis de lourdes erreurs'...On enterre Sarkozy, mais sous une montagne de chrysanthèmes.

Aucune véritable critique, cependant, du virage vers l'extrême droite qui a caractérisé la fin de la dernière campagne. On retrouve là une ambigüité qui ne surprendra que les non initiés: Fillon est un vendéen (calotte, travail, famille...) dissimulé derrière une réputation mal fondée de 'gaulliste de gauche' ("Sarkozy n'est pas mon mentor en politique, car mon mentor c'était Philippe Seguin", répondait-il, à la fin de l'année dernière, à un journaliste qui l'interrogeait sur sa filiation idéologique). Bref, le nouveau député de Paris est fait pour plaire à la droite 'convenable', au bourgeois de base. Il fait en quelque sorte partie d'un improbable 'institut pour la conservation du patrimoine' héritier de Thiers et de Mac Mahon.

Avec sa raie bien tracée, ses cheveux gominés et son sourire contenu, il fait plus 'messe du dimanche en famille' que chanteur de tango. Je respecte trop la mémoire de Carlos Gardel* pour oser cette dernière comparaison.

Antoine Blanca

* figure emblématique du tango, né à Toulouse, parti, encore enfant, en Argentine avec ses parents, via Montevideo. Avec le général San Martin, c'est l'autre Gloire de l'Argentine.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 10:28

Quand la mode des prétendues 'universités d'été' a-t-elle commencé à se manifester. Quel mouvement politique a-t-il joué le rôle pionnier en la matière? Aucun, grand, moyen ou petit n'y échappe ces dernières années. C'est un exercice politique et social tout à la fois informel et sérieux. Retrouvailles festives pour certains, opportunité de faire étalage de ses muscles bronzés pour d'autres. La grande presse suit les choses de près et l'opinion, amusée ou intéressée, compte les points. Le spectacle est gratuit, divertissant et sans risque.

Le PS, après avoir un peu vagabondé, a installé solidement ses quartiers à La Rochelle. Et les récents événements mettant aux prises la présidente de Poitou-Charentes et une personnalité rochelaise, très populaire parmi les habitués de la réunion, n'y ont rien changé. A croire que l'ancienne place forte protestante est devenue irremplaçable. On est autant dans le festival culturel par l'ambiance que dans le congrès politique par les thèmes qui y sont traités. Le 'vrai congrès' lui-même devant se tenir un mois plus tard à Toulouse, 'La Rochelle' pourrait se transformer cette fois  en exercice d'échauffement avant le vrai match. Les mêmes ténors en seront les vedettes. Et il ne devrait pas y avoir de  carton rouge. Ni d'ailleurs, hélas, de drapeau de la même couleur.

Les militants de ma génération s'habituent progressivement à ce côté "convention à l'américaine" des grandes messes socialistes. Nous vivions alors dans un univers activiste beaucoup plus limité. Les moyens financiers dont on disposait n'avaient rien de comparable avec ce qu'ils sont devenus grâce au subventionnement public de la vie politique. Il ne s'agit pas de s'attendrir sur le passé. Le PS est devenu une puissance autour de laquelle s'organisent ceux qui mettent leur espoir dans le gouvernement de la gauche, par la gauche avec ses diverses composantes. Nous avons le devoir de nous en réjouir...

En attendant, sourions un peu. A La Rochelle les chambres d'hôtel sont retenues, les tables réservées dans les restaurants à fruits de mer, les stands de fondations et associations amies sont approvisionnés en livres et en gadgets. Quand dimanche, 26 août vers 13 heures, la Première secrétaire aura terminé son discours de clôture: nul n'en doute, la classe prolétarienne aura franchi un nouveau pas vers son émancipation.

Antoine Blanca

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 12:40

Jean-Luc Mélenchon n'est pas le premier venu. La signature d'un PACS électoral avec le PC aura été une manifestation de son génie opportuniste. Il a  imposé sa démarche personnelle, quasi-solitaire, à un appareil désemparé autour d'un Front de Gauche dont il est la vedette unique. Mais il continue de dépendre de troupes, certes amoindries, demeurées attachées à l'esprit du vieux parti de la place du Colonel Fabien. Mélenchon les a davantage séduites que convaincues.

Le résultat des récents événements est en somme plus que mitigé: certes leur candidat présidentiel a-t-il obtenu un résultat sans commune mesure avec celui de Marie-George-Buffet en 2007. Mais, outre qu'il a été très inférieur aux espérances nées du succès du rassemblement de la Bastille*, il reste que, tous comptes faits, le nombre de députés communistes a été divisé par deux à l'issue des législatives. C'est dire que l'ancien Secrétaire d'Etat de Jospin, ancien sénateur PS, ne s'impose que bien imparfaitement au sein de cette "gauche de la gauche" à la tête de laquelle il prétendait pouvoir peser dans le débat public. Son cuisant échec à Hénin-Beaumont a encore restreint sa marge de manoeuvre.

Aujourd'hui, alors que la gauche gouverne, il aurait pu choisir la voie de la critique constructive. Or il reste au niveau des rodomontades les plus creuses lesquelles, se voulant méchantes, font surtout la joie de la droite et de sa presse. Gardons à l'esprit que, pendant la campagne du 1er tour de la présidentielle, le leader du Front de gauche était devenu le chouchou du Figaro et, nous le savons, l'espoir caché de sarkozystes au bord du désespoir.

Heureusement ses alliés du PCF ne font pas dans ce pauvre régistre. Libres de toute resposabilité gouvernementale directe, ils sont en droit de mettre à profit cette autonomie dans la parole et le mouvement. Mais ils ont trop le sens de leurs responsabilités pour ne pas mesurer les limites qu'ils doivent s'imposer dans l'action.

  Antoine Blanca

* Jean-Luc, dans son euphorie, laissait alors espérer à ses électeurs qu'il serait en tête des candidats de gauche. A l'Elysée, on se frottait les mains avec gourmandise...

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 10:47

Dans le courrier des lecteurs du grand quotidien madrilène El Pais, j'ai noté des réactions intéressantes de citoyens qui comparaient l'Espagne et la France, Rajoy et Hollande. En synthèse ils opposaient frontalement les choix du conservantisme le plus obtus à ceux, éclairés et justes à leurs yeux, du pouvoir démocrate socialiste en France. C'est en effet à l'étranger que l'on est le plus à même d'apprécier la portée politique et le sérieux économique des 100 premiers jours de la gauche à l'Elysée et à Matignon. Et de mesurer, en contre-point, l'étendue du désespoir de la majorité des Espagnols auxquels aucune perspective n'est ouverte. "Au moins vous, en France, pouvez espérer des jours meilleurs. Nous, au contraire, sommes assurés, chaque matin, que les choses iront de plus en plus mal et que les solutions proposées pour affronter la crise seront toujours plus injustes!"

Il est vrai cependant qu'un estivant européen sur la côte méditerranéenne peut repartir, les vacances finies, avec un sentiment beaucoup plus mitigé. Un consommateur de soleil, de 'tapas' et de loisirs peut se contenter de son quotidien de petits bonheurs accumulés. Surtout s'il ne lit pas les journaux et n'a aucune intimité avec des citoyens ordinaires. Les Espagnols ne sont pas enclins à s'apitoyer sur leur sort devant des étrangers auxquels ne leur lie aucune relation personnelle. Moi, je suis, sur ce point, très avantagé. J'ai des parents et des amis proches dans le pays. Et je peux affirmer, à mon retour de la péninsule, que le pire, là-bas, est seulement à venir.

Quelques exemples simples qui justifient mon inquiétude: les autorités calculent que le taux de chômage devrait atteindre 30% au milieu de l'année prochaine ( 52% pour les jeunes moins de 25 ans); 70% des propriétaires de logements (les Espagnols sont, dans leur grande majorité, propriétaires de leur appart') ne pourront pas faire face à leur remboursement mensuel et 3 Caisses d'Epargne sur 4 ont dû renoncer à leur tentative de survivre; les licenciements secs ne sont pas limités au salariat du secteur privé. Ainsi un fonctionnaire d'Etat sur cinq et 2 sur 5 dans les administrations territoriales s'attendent à être limogés avant la fin de l'année*; l'accès aux soins hospitaliers est interdit aux travailleurs non déclarés (sauf dans des cas extrêmes); l'allocation pour études est rabotée et celle concernant le logement des étudiants va être supprimée pour ceux ayant des parents en position de les loger...En résumé, chacun est ( ou va être) frappé au coeur par la crise. Seuls les très privilégiés s'en sortiront. D'ailleurs aucune restriction nouvelle ne les vise. C'est même presque caricatural!

C'est la première fois que j'ai rencontré tant de proches, amis et  parents, littéralement en état de choc. Hésitant encore entre résignation et révolte.

Antoine Blanca

* Naturellement toutes les primes ont été supprimées et les traitements diminués de 10 à 20%. Nous sommes en droit de nous demander: comment l'économie, dans ces conditions, pourrait un jour repartir...

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 09:29

On l'imagine aisément: Sarkozy n'en pouvait plus de tourner en rond, de ne plus être dans le coup alors que Fillon et Copé se disputent férocement son héritage. Il a donc décidé de remonter à la surface des eaux du Cap Nègre. De la pire des façons à notre avis: en attaquant la politique extérieure de la France à un moment particulièrement délicat. Ce n'est pas beau. C'est Sarkozy...

Sur la forme, son communiqué de résurrection a déjà quelque chose de d'insolite. D'une manière générale les hommes politiques d'un certain niveau, évitent de mettre en cause la politique extérieure suivie par leur pays. Sur le thème de la Syrie, dans les circonstances présentes, la réserve paraît s'imposer à un ancien Chef de l'Etat. Le PS, par la voix de sa première secrétaire, avait appuyé sans restriction les initiatives françaises, dans le cadre et dans les limites fixées par l'ONU, pour secourir (avec nos alliés) les insurgés de Benghazi sur le point de succomber. Sarkozy, lui, tire dans le dos du Quai d'Orsay et de l'Elysée.

Mais c'est le fond de la démarche qui nous révolte. De manière unilatérale il 'rend compte' d'un entretien téléphonique  de 40 minutes avec le président du Conseil national syrien, une des coordinations de l'opposition. Et il se permet de rapporter ce  que son interlocuteur lui aurait dit: 'la situation prévalant en Syrie est comparable à celle de la Libye (à l'époque)'. Tous les obsevateurs en sont d'accord, il s'agit là d'une pure (et pauvre) manipulation de la vérité.

L'homme qui avait dit à la presse au lendemain de sa défaite du 6 mai:'vous n'entendrez plus parler de moi!', ne veut pas être oublié. Surtout par les gens de son parti. Encore moins par Fillon et par Copéqui l'ont déjà enterré. C'est l'UMP qui est en cause. Le PS ne peut que se réjouir discrétement du retour aux affaires médiatiques de ce troublion de luxe. Il avait déjà encouragé 'ses amis' à s'organiser. Estrosi, Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres complotent depuis quelques semaines déjà. On n'attendait plus que le petit 'zorro' de Neuilly. Le voilà sorti de son trou de luxe.

Antoine Blanca

PAUSE estivale: le blog reprendra sa parution après le 20 août.

En mai certains avaient cru entrevoir un Sarkozy sortant par la grande porte. Le voilà qui revient par le trou de la serrure.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 13:16

François Hollande et son Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont acquis une conviction à propos du drame syrien: seules les démarches et les pressions diplomatiques peuvent, au vu de la situation présente, contribuer à un commencement de solution. Aussi, tant au Quai d'Orsay que dans les Ambassades, ou encore à notre mission auprès de l'ONU à New-York, tout le monde est sur le pont. S'il est vrai que le régime encore au pouvoir à Damas s'affaiblit politiquement de jour en jour, les gros bras de Moscou et de Pékin ne sont pas pour autant disposés à l'abandonner. A moins, estime Paris, que l'on réunisse les conditions d'une sortie de crise auxquelles Bachar el Assad se verrait contraint de souscrire. La France ne renonce pas, mais nos diplomates reconnaissent, en privé, que le scepticisme progresse dans les esprits.

D'autant que les urgences se multiplient.

Quand on apprend ainsi que, près de la capitale syrienne, une soixantaine de citoyens iraniens ont été enlevés par les 'rebelles', on est en droit de s'interroger sur les conséquences d'une action d'une telle ampleur. Pour Téhéran, en effet, les victimes sont des pélérins chiites qui étaient en visite pieuse à la mosquée érigée à la mémoire de le fille de "l'Imam" Ali, gendre du Prophète. Le mausolée consacré à Saïda Zineb est un lieu sacré de la confession chiite. Cette version est très vraisemblable, même si l'on est en droit d'estimer que les pélérins ont mal choisi le lieu et le moment pour manifester leur piété.

Les pays de la région qui pouvaient le mieux participer à la recherche de la paix, sont eux-mêmes retenus par des  difficultés internes majeures. Les Egyptiens à leur frontière avec Gaza (16 gardes ont été tués); les Turcs avec leur minorité kurde de nouveau en ébullition; les Libanais, certes partagés en deux camps, mais celui soutenant Damas étant le mieux organisé et, surtout, le mieux armé (le Hezbollah). Sans compter que, chaque jour davantage, les chrétiens d'Orient sont menacés par les extrémistes...Enfin, comme nous l'avons déjà écrit, la pénétration d'Al Qaïda est toujours plus effective sur le terrain des combats du côté des insurgés.

Reste donc bien l'activité diplomatique intense. Elle est moins spectaculaire qu'une opération militaire (d'ailleurs, qui frapper? où frapper? dans le cadre de quelle alliance?). Mais c'est la seule à pouvoir faire avancer les choses.

Antoine Blanca

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 11:01

La présidente Dilma Rousseff avait ouvert la voie de la lutte sans concession contre la corruption à grande échelle qui abîmait l'image de la grande puissance sud-américaine. Le Tribunal Suprême du Brésil s'y est engouffré en décidant d'un procès sans précédent. Sur le banc des accusés: trois anciens ministres et 35 autres personnalités. Parlementaires, banquierss, et chefs d'entreprises. Parmi ce beau monde, des anciens dirigeants du Parti des travailleurs, le PT, celui qui exerce le pouvoir depuis la première élection de Luiz Inàcio Lula Da Silva en 2003. Principal inculpé, José Dirceu, longtemps homme de confiance de Lula. Mais il y aura aussi de hauts responsables  de partis ayant participé à la coalition gouvernementale pendant les deux mandats du charismatique président. Il fallait bien payer le prix d'une majorité au Congrès de Brasilia!

Lula n'est pas personnellement mis en cause. Encore moins celle qui lui a succédé, Dilma Rousseff. Cette dernière a acquis une incontestable crédibilité en procédant elle-même, à ses risques et périls, au nettoyage des écuries d'Augias, en liquidant politiquement une bonne poignée de ministres et d'autres dirigeants, réputés intouchables, de sa propre formation. Après avoir pris les rênes du pouvoir, elle n'a jamais faibli dans sa détermination.

En vérité c'est le procès d'un état d'esprit généralisé qui vient de commencer. Le Brésil et la société brésilienne se sont longtemps montrés indulgents vis-à-vis de la corruption quotidienne, la grande comme la petite. Une forme de fatalisme. "Que voulez-vous, les choses se passent comme cela ici, et nous n'y pouvons rien!". On se souvient encore de cet ancien maire, puis gouverneur de Saõ Paulo, le "turco" Maluf, qui proclamait, avant d'être  réélu triomphalement: "Je vole, je suis peut-être le plus grand voleur du Brésil, mais je réalise [des choses]!"

Bien entendu, si la Justice avait agi, si le pouvoir fédéral l'avait vraiment  voulu, il y aurait eu, dans le passé, des dizaines de procès du type de celui qui vient de s'ouvrir. Mais il est certain que l'énergique et clairvoyante Dilma a décidé d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire de la démocratie brésilienne. On ne mettra plus la poussière sous le tapis. Et le Brésil en sortira encore plus grand.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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