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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 16:03

Mariano Rajoy, Président du gouvernement conservateur espagnol depuis sept mois, avait juré ne pas appeler au secours la Commission européenne. Il s'en sortirait seul comme un grand avec sa majorité aux Cortes (parlement) et la compréhension de ses amis du grand patronat. Il vient d'être contraint de céder devant la cruauté des réalités.

Avec toute l'humilité requise, il vient de proposer à Bruxelles un plan suppémentaire de rigueur. En tout 102 milliards d'euros d'économies jusqu'à la fin de 2014. Il attendra le mois de septembre pour savoir si les maîtres de la Commission approuvent son projet. Ce sera sans doute le cas, puisqu'il a devancé, avec beaucoup de zèle, les souhaits de ces hyper-libéraux.

En effet qui va faire les frais de ce nouvel ajustement? Uniquement les salariés et les services publics. La totalité des budgets des ministères vont être concernés. Pas de diiscrimination entre eux, assure-t-il. On se soignera moins bien et plus cher, on aura un accès limité aux études quand on n'est pas héritier d'un 'bonne famille', on devra attendre d'avoir 67 ans pour bénéficier du droit à la retraite et les demandes à une retraite anticipé ne seront plus examinées qu'au compte-gouttes. 

En revanche les gros revenus et les grandes fortunes ne seront pas concernées par les nouvelles mesures. 'Elles seraient contre-productives et décourageraient l'indispensable reprise...' L'Italien Mario Monti, qui appartient pourtant au même monde politique conservateur, s'est au moins verbalement  insurgé contre l'imposition, par Bruxelles, de mesures récessives qui bloqueraient, a-t-il affirmé, toute croissance. Mais Rajoy, lui, est un vrai orthodoxe du libéralisme économique.

Tous les Espagnols appartenant au monde du travail peuvent constater les différence fondamentales entre la politique de la France sous l'impulsion de François Hollande et celle de la droite espagnole. L'une et l'autre se voient contraintes de resserrer les boulons. Mais les principes sur lesquelles ces politiques sont bâties sont complétement différents. Priorité aux salariés et aux créateurs de croissance pour Paris. Protection des privilégiés et de la Finance sans frontière pour Madrid.

Antoine Blanca

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:00

Le bon vieux Marché Commun européen a inspiré la création de Mercosur, le marché, plus ou moins commun lui, entre des Etats sud-américains. 'Plus ou moins' dit sans volonté ironique. Pour deux raisons: parce que l'appartenance à Mercosur est à géométrie variable, et parce que l'institution n'est dotée d'aucune infrastructure administrative chargée de son fonctionnement.

Nous venons d'avoir, une nouvelle fois, la démonstration de cette souplesse: une réunion au sommet de Mercosur vient d'exclure de ses rangs le Paraguay, et d'admettre le Venezuela. Sans autre forme de procès. La nation paraguayenne a été sanctionnée parce que le Parlement de ce pays avait démis le Président Fernando Lugo de sa haute fonction. Décision jugée douteuse au regard du texte constitutionnel. Et, dans le même mouvement le Venezuela, dont le gouvernement le souhaitait depuis longtemps, a fini par y être, reçu presque triomphalement.

En réalité les présidents brésilien, argentin et uruguayen* se sont en quelque sorte attribués le rôle de tribunal suprême pour sanctionner le comportement des députés d'un autre pays membre. La destitution de Fernando Lugo a été qualifiée de 'coup d'Etat parlementaire'. Le souci d'intransigeance démocratique est, en l'occurrence, sans doute authentique. Il demeure toutefois que la décision est autant économique que politique. On se sépare des lourdeurs d'un pays pauvre vivant d'agriculture extensive et d'élevage. Et fait entrer une grande puissance pétrolière**. 

Significativement aussi la géographie de Mercosur s'élargit vers le nord. En effet l'institution était, à l'origine, essentiellement composée de pays du cône sud. Le Brésil et l'Argentine menaient la danse. Avec l'arrivée de Caracas, elle vient de changer de nature et il ne devrait plus y avoir d'obstacle de principe à l'admission d'autres Etats comme le Pérou, la Colombie et l'Equateur.

Antoine Blanca

* Brésil: Dilma Rousseff. Argentine: Cristina Fernandez. Uruguay: José (Pepe) Mùjica.

** Les latinos aiment à appeler le pays de naissance de Simon Bolivar, 'Venezuela saoudite'.

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 10:22

Il n'existe pas de meilleur négociateur dans la diplomatie internationale que Kofi Annan. Il fait ce métier depuis l'âge de 25 ans, quand il a commencé sa carrière onusienne qui devait le conduire jusqu'à la fonction suprême. Il l'a exercée pendant deux mandats. Dix années de lourde responsabilité, de dialogue et de vigilance. Il connaît tout son monde, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. J'espère qu'un jour il racontera, sans trop de précautions de langage, son immense parcours. J'en doute cependant: chez les hommes de sa formation on ne se débarrasse pas facilement de ce qu'ils considèrent être leur devoir de réserve.

Kofi le Ghanéen ne pourra pas être remplacé. Sinon de manière formelle. Les gouvernements occidentaux le savent. A commencer par celui des Etats-Unis. Hillary Clinton vient d'exprimer ses craintes avec une clarté rare. Pour la première fois il a été annoncé que la CIA était autorisée à agir sur le terrain. Cela témoigne d'une inquiétude accentuée partagée par tous les gouvernements occidentaux et par nombre de pays de la région: la crainte d'une talibanisation de la Syrie.

Al Qaïda n'a pas été frappée à mort par la liquidation de son fondateur. Bien au contraire. La voilà, mettant en oeuvre toutes les possibilités que lui offre sa décentralisation, en Afrique saharienne, au Nigéria, (en attendant 'mieux') et semant la panique en Irak qui est en train de connaître le ramadan le plus sanglant de son histoire. Salafistes, djihadistes et autres intégristes ont fortement infiltré la confrérie des Frères musulmans, jusqu'ici seule force d'opposition bien implantée en Syrie. Là-bas, la guerre civile tend de plus en plus à prendre une dimension régionale. Et des puissances financères et religieuses de l'Arabie et des Emirats se sont mis à jouer un drôle de jeu.

Il faut être aussi intellectuellement malhonnête que BHL pour proclamer que François Hollande pourrait résoudre le problème, à lui tout seul, avec un peu de volontarisme. Et, bien entendu, en bénéficiant des conseils éclairés du philosophe de Saint-Germain-des-prés...

Antoine Blanca

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 10:10

On espère, année après année, que le Département d'Etat va enfin faire preuve d'honnêteté intellectuelle dans la publication rituelle de sa liste d' "Etats  sponsors du terrorisme international'. Hélas, en 2012, Washington a prolongé et confirmé le mensonge. Cuba est toujours montrée du doigt sans que les auteurs de ce document puissent avancer le moindre élément de preuve à l'appui de leurs dires.

C'est d'autant plus injuste que le but recherché est double: justifier le maintien de l'embargo-blocus contre la Grande Ile, et donner carte blanche aux saboteurs qui continuent de s'entraîner impunément quelque part en Floride, sponsorisés par des organisations d'exilés liées à des services 'action' du pays d'accueil. Car si la République de Cuba n'a été impliquée dans aucune opération de type terroriste, elle a été, encore récemment, l'objet d'actes criminels dans le but de nuire, par exemple, au développement de son tourisme. Le Ministère des Relations extérieures de La Havane est en mesure de démontrer que, depuis le début des années 1960, le pays de José Martì a eu à déplorer 3478 morts et 2099 handicaapés du fait des gangs contre-révolutionnaires basés à Miami.

Le gouvernement français est parfaitement au courant de ces réalités. Aussi continue-t-il d'agir en toute indépendance dans la région, entretenant de bonnes relations économiques et culturelles avec cette nation traditionnellement amie de la France. Personne ne doit oublier que, avec nos départements des Antilles et, en Amérique du sud, de Guyane, nous sommes un pays de la région. Et nous prenons note aussi, avec satisfaction, que Cuba a désormais établi de solides relations diplomatiques, économiques, culturelles et sociales avec la totalité de ses voisins de langue espagnole, portugaise, française ou anglaise(1), comme avec le Canada. Aux dernières réunions inter-américaines, ce sont les Etats-Unis qui se sont trouvés isolés sur le dossier cubain.

Voilà qui est assez significatif.

Antoine Blanca

  1--Et Haïti, demandez-vous? Ce pays a deux langues officielles, le Français et le Créole. Déjà ravagé par la misère, il a été en partie détruit par les éléments déchaînés. Port-aux-Princes est en face  de Santiago de Cuba. Une grande fraternité s'est établie depuis longtemps entre les deux grandes villes peuplées, dans leur grande majorité, de descendants d'esclaves africains. Le gouvernement cubain a aidé de toutes ses forces les populations sinistrées par le tremblement de terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:21

Le gouvernement conservateur espagnol fait eau de toute part. Son président, Mariano Rajoy envoie vainement des signaux de détresse. Ses amis politiques européens du PPE les ignorent avec une certaine ostentation. La CDU de Mme Merkel en tout premier lieu. Non qu'elle soit personnellement insensible à ce drame, mais parce qu'elle a, à Berlin, des alliés indispensables qui laisseraient volontiers les européens du sud disparaître à jamais dans les eaux profondes. Comme la Ligue du Nord hier en Italie, certains ont beaucoup de mal à considérer les Méridionaux, ces bronzés  'indisciplinés et paresseux' comme de vrais compatriotes. C'est le cas, en Allemagne, de la démocratie chrétienne bavaroise, la CSU. L'Europe tout entière souffre de ces défections arrogantes.

Notons cependant l'attitude, beaucoup plus ouverte, de François Hollande. Abandonner l'Espagne, l'Italie et le Portugal* est pour notre Président une disposition inconcevable. Rajoy et Monti, quant à eux, comptent beaucoup sur la France et sur sa volonté de miser autant sur la croissance que sur la rigueur pour sortir l'UE de l'ornière. Cette alliance factuelle est intéressante à observer.

Mais revenons à l'Espagne et à la droite qui y exerce le pouvoir. Nos bonnes dispositions à l'égard de ce grand voisin ne signifient en rien une approbation de sa politique intérieure. Celle-ci, à bien d'égards, est purement réactionnaire. L'alarme qui a été donnée il y trois semaines vient d'être confirmée: Rajoy a entamé le processus régulier visant à d'interdire toute forme d'avortement, même quand une malformation de foetus est médicalement diagnostiquée. On ne va pas contre la volonté de Dieu, même quand elle est assassine.

En ces temps difficiles la droite fait comme toujours en Espagne: elle cherche l'appui de l'Eglise et de son Vatican. A tout prix: fut-il celui de la vie de femmes et d'enfants. Comme le proclamaient les généraux insurgés en 1936 contre la République: Viva Dios! Viva la Muerte!

Antoine Blanca

* Je n'oublie pas la Grèce. Mais sauver ce cher pays exige une politique particulière. Il s'agit en effet de sauvetage en haute mer, et en pleine tempête d'équinoxe.

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 17:57

Une chaîne TV d'info en continu, fait paraître en médaillon, depuis le 16 mai, une photographie du Président avec l'inscription: les cent jours de Hollande. Sont-ils conscients, à BFM, de ce que cette mention pourrait suggérer aux mal-pensants? Dans l'histoire de France 'les Cent Jours' annoncent un Waterloo. Une telle prédiction est-elle concevable, disons pour le 21 août?

Loin de nous une interprétation aussi funeste. Je pense au contraire que le premier Conseil des Ministres de la rentrée se fera  sous le signe de l'optimisme raisonnable. Et cela pour au moins deux raisons:

-- parce que les fameux Cent Jours de François Hollande auront été une préparation, à  la  fois volontariste et réaliste, de la mise en oeuvre d'un programme qui ne doit rien à l'improvisation. Les acteurs du changement sont solidement en place, et la nature des principaux obstacles a été convenablement appréciée. Reste à se donner les moyens, notamment législatifs, de les surmonter.

-- parce que les citoyens sont très conscients des difficultés qu'il nous revient de surmonter ensemble. Le PS et ses alliés n'ont rien promis qui ne pourra être tenu. Et cela est apprécié à sa juste valeur. Le gouvernement Ayrault et la majorité qui le soutient, à l'Assemblée comme au Sénat, ont déjà donné le sentiment de bien maîtriser leurs sujets. Ils ont su nous mettre en confiance, à la fois par leur détermination et par leur mesure. On avance, parfois on accélère. Mais nous sommes fondés à croire qu'il n'y aura ni pause, ni précipitation.

Nos partenaires européens, principaux interlocuteurs sur tous les dosssiers, nous ont observés. Les uns avec réserve ou espoir. D'autres avec un préjugé politique hostile. Ils sont tous, aujourd'hui, rassurés quant à notre fiabilité. C'est ensemble que nous redonnerons une nouvelle espérance à l'Europe. Et à sa monnaie. D'autres défis doivent être relevés, en Afrique et au Moyen Orient notamment. La France est la première, parfois la seule, sur ces fronts. Ils se situent par delà la seule diplomatie. C'est notre rôle historique d'être en première ligne. Et il n'y aura pas de dérobade. 

Antoine Blanca

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 10:13

Les Kurdes de Syrie sont environ 2,5 millions et, dans la drôle de guerre qui saigne le pays dont ils sont citoyens, ils se sont faits, jusqu'ici aussi discrets que possible. Tant que les opérations ne toucheront pas leur région ils continueront de faire le dos rond. Mais les choses commencent à changer depuis que les incidents se multiplient à la frontière turque.

La Turquie est à la fois leur bastion ethnique et culturel (plus de la moitié d'entre eux en sont originaires), et l'Etat qui leur accorde le moins de liberté de mouvement. La Turquie est une république très centralisée, où tout part et revient à Ankara. Les événements qui agitent la Syrie voisine inquiétent d'autant plus le gouvernement Erdogan qu'ils mettent en péril la trêve fragile qu'il avait conclue officieusement avec les combattants du PKK, bras armé des Kurdes de Turquie. Quant aux kurdes syriens, ils se sont rassemblés autour de leurs chefs naturels et observent, l'arme au pied, les événements. Qui tirera le premier?

La minorité kurde de Syrie vivait jusqu'ici en paix avec le régime de Damas. Bien que musulmane sunnite, elle ressent une forte méfiance vis-à-vis de la seule opposition syrienne réelle, la confrérie des Frères, à la fois sunnite, très centraliste arabe, et favorable à l'instauration de la Charia. Le pouvoir des Assad leur accordait, au contraire, une notable liberté coutumière et culturelle. En particulier pour l'usage de la langue kurde et de ses dialectes. Bref les représentants de cette minorité étaient traités avec des égards particuliers, aussi bien par l'exécutif, par l'Armée que par le parlement.

Si l'on venait à mettre le feu aux poudres dans le Kurdistan syrien, cela ne manquerait pas d'avoir des conséquences majeures. En Turquie d'abord, bien entendu, mais aussi en Irak (où les kurdes exercent dans leur région la réalité du pouvoir et lorgnent vers d'importantes richesses pétrolières), et en Iran où la cohabitation est pacifique avec les mollahs.

La problématique kurde a été jusqu'à présent ignorée par la Communauté internationale à propos de la Syrie. Le risque d'explosion destructrice pour toute une région est pourtant bien réel.

Antoine Blanca

NB: On estime que les Kurdes, peuple indo-européen très attaché à sa langue, à ses traditions, et à sa culture, sont 30 à 35 millions. Les plus fortes populations se trouvent en Turquie, 20 millions environ ('capitale' Diyarbakir), en Irak, en Syrie et en Iran. Mais il y a des groupes minoritaires oeganisés un peu partout au Moyen Orient et en Asie centrale. La diaspora, elle aussi très solidaire, est importante en Europe (Allemagne) et aux Etats-Unis. 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 09:47

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais tout cela finit par me fatiguer. Londres, sa City, son gouvernement conservateur à la fois incompétent et arrogant. L'Anglais que l'on parle partout, comme s'il allait de soi que tout le monde le comprend. Mais surtout les journalistes de radio et de télévision qui font des efforts pour prononcer british sans égards pour nos compatriotes lingüistiquement moins bien lotis. Au point de donner des complexes aux pauvres ignorants que nous sommes.

Nous avions eu, plusieurs jours durant (apéritif, entrées, plat de résistance et porridge à la menthe en dessert), les fastueuses célébrations des 60 ans de règne de la vieille dame aux chapeaux. On ne pouvait déjà pas tourner un bouton sans tomber sur cette fête rétro. Tellement rétro qu'on a passé en revue toute l'histoire du Royaume Uni, Saxons, Vikings et Normands compris. Marie Drucker et Stéphane Bern se sont efforcés de nous faire oublier le grand Léon Zitrone. Mais peut-être nous regarde-t-il de là-haut. Ou, mieux, est-il chargé du commentaire pour une ORTF céleste!

Et voilà dix jours déjà que l'on baigne dans les JO britanniques. Deux semaines de plus et ce sera la cérémonie de clôture. Sans doute aurons-nous droit encore à une bonne semaine de post-JO, avant que chacun retourne au travail. Du moins pour ceux et celles qui ont la chance d'en avoir un. Il y aura alors quelques cimetières de plus en Syrie, un gouvernement taliban dans le nord du Mali, une reprise de la guerre entre les différents Soudan et entre le Rwanda et la RDC. Les Grecs se seront enfoncés davantage dans la Mer Egée. Berlusconi sera de retour pour sauver l'Italie. Et nous aurons tous amélioré notre prononciation de l'anglais.

Grosse consolation: Paris aura échappé aux Jeux et au sur-endettement qui en aurait résulté. Camaron, lui, ne saura plus que faire de tant d'installations superfétatoires qu'il avait espéré pouvoir exporter en pièces détachées. Il devra le faire au prix de la casse...

...Et pourra toujours y ajouter ses fameux tapis rouges. Que les fugueurs français du fisc auront boudé.

Antoine Blanca

Note explicative: que les lecteurs ne s'inquiètent pas, la mauvais humeur manifesté dans l'article n'est que passagère. Une fois les choses dites, et surtout écrites, on se sent libérés d'un poids. Soyons excessifs de temps à autre, c'est bon pour notre âme de grands pécheurs...

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:22

Pierre de Coubertin avait ressucité les J.O. en 1896 en proclamant le célèbre principe "l'important c'est de participer". L'amateurisme  des athlètes devait être attesté. La période durant laquelle allaient se dérouler les épreuves devait être marquée par la paix. Pour lui et ses amis la référence suprême se situait dans l'Antiquité grecque (oubliant un peu qu'à partir de 165 après J.C. l'empire romain avait pris la relève). Le vainqueur de chaque épreuve recevait pour tout salaire une couronne de lauriers.

Beau comme une légende. Parce que Coubertin était davantage dans la légende que dans la vérité historique. Car les champions connaissaient gloire et richesse une fois de retour dans leur ville. Et, déjà, ceux qu'on appelerait aujourd'hui 'sponsors' jouaient un rôle déterminant...

Les premiers Jeux modernes s'efforcèrent de respecter les voeux de leur (re)fondateur. C'est ainsi que l'Américain Jim Thorpe, double vainqueur du pentathlon et du décathlon (Stockhom 1912) perdit tous ses trophées pour avoir perçu un petit salaire d'une équipe de base-ball d'une ligue mineure. Il mourut en 1953 dans la plus complète misère (il fut réhébilité par le CIO trente ans après sa mort).

N'insistons pas sur la partie 'trêve mondiale' et fraternité universelle. L'actualité est cruelle. Et il en va ainsi depuis 1936 quand Hitler tenta de transformer les Jeux de Berlin en fête du nazisme (un peu gâchée, par bonheur, par les triomphes éclatants de noir américain Owen).

Ajoutons que ces épreuves ont toujours coûté très cher. Princes, empereurs et riches grecs et romains étaient déjà largement mis à contribution. Les organisateurs devaient affronter de grosses dificultés en matière d'infrastructures. Embouteillages monstres dès 500 avant J.C., manque d'eau et d'installations hygiéniques...

Et puis la sécurité. Curieusement, pour revenir à Londres 2012, David Cameron vient de faire une étonnante déclaration: 'L'important c'est d'assurer la sécurité'. Et, en effet, la capitale britannique a été transformée en une sorte de Zone Verte de Bagdad. Sécurité, budgets astronomiques et, accessoirement peut-être, sport...Une actualisation du fameux 'esprit des Jeux'!

Antoine Blanca

NB: Je signale à mes lecteurs l'excellent article du Guardian de Londres que publie, dûment traduit, Courrier international du 26 juillet. L'auteure, l'historienne Mary Beard, professeur à l'Université de Cambridge, est une spécialiste reconnue de l'Antiquité.

Je ne résiste pas, pure méchanceté de ma part, à mentionner la 'médaille d'or' de poésie remportée par Pierre de Coubertin en 1912: sous le titre 'Ode au sport', il s'exclame, entre autres vers atroces: "O Sport, tu es l'Audace.../O Sport, tu es l'Honneur.../ O Sport, tu es la Fécondité!  Il pensait sans doute que Victor Hugo lui avait ainsi passé le témoin.

 

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 11:17

Il va falloir s'y faire: le débat interne à l'UMP s'annonce décoiffant. C'est totalement nouveau. L'opinion va avoir du mal à s'y habituer. Pendant plus de cinq ans les congrès de l'hyper-parti de la droite se limitaient à un 'one man show' de Sarkozy. Il maniait tout à sa guise, au gré son humeur du moment, improvisait des virages à droite ou à gauche, se plaisait à surprendre et parvenait, presque toujours, à domestiquer les tentatives  (toujours incertaines) de rébellion. A la veille de la présidentielle, il n'y avait plus de 'nouveaux' centristes, plus de villepinisme, plus de borlooïsme, plus de démocratie chrétienne. Sarko était passé maître dans l'art de jouer avec la faiblesse des hommes, des petites ambitions et du besoin de survie politique.

Tout cela est bel et bien fini. La préparation du congrès UMP de l'automne prochain s'annonce savoureuse. François Fillon vient d'allumer le feu: il veut un débat et un congrès ouverts, quand Copé, qui tient la machine, assis sur les statuts, les souhaite limités aux seuls adhérents. Le syndrome 'primaires citoyennes' du PS est en train de frapper durement le camp adverse. Cela peut être divertissant pour l'esprit.

Aujourd'hui, dèjà, sous couvert d'attaques contre la majorité de gauche, les personnalités de droite ne pensent qu'à la bataille interne. Les anciens ministres se positionnent les uns contre les autres, tout en paraissant assumer leur rôle d'opposants. Le prélude incontournable aux passes d'armes à venir: qui sera appelé à élire le président du parti, celui qui sera candidat de la droite en 2017? C'est explicitement la question posée par Fillon qui se sait minoritaire parmi les 'encartés' et a des raisons d'espérer que son audience serait meilleure au sein de l'électorat moyen de la droite classique. Voilà qui est prometteur.

Sans compter que des embusqués comme Jean-Louis Borloo vont, tôt ou tard, se voir contraints à sortir du maquis. De quoi lui donner la gueule de bois...

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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