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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:51

Si l'on voulait aller jusqu'à la caricature, on pourrait résumer ainsi la défense/contre-attaque de l'UMP: 'pourquoi avoir changé une équipe qui perd?!' De l'ex-Premier ministre à tous ses anciens collègues, en passant par son toujours Secrétaire général Copé, on défile sur les étranges lucarnes pour se dégager, avec un aplomb extravagant, de toute responsabilité dans les difficultés de toute sorte que doit affronter le gouvernement Ayrault. C'est le programme présidentiel 'hollandais', et le début de son application, qui seraient, à les croire, responsables de tout. On effraie le patronat sans pour autant rassurer les salariés, on démolit le précieux édifice créatif du sarkozysme...Ah, mais...

Même le discours de François Hollande sur la rafle du Vel d'Hiv est l'objet de lourdes critiques, certains néo-gaullistes allant jusqu'à nier la responsabilité de la France dans ce crime majeur historique. La vraie France était à Londres. C'est aussi notre avis. Mais comment nier les images d'archives montrant policiers et gendarmes français à l'oeuvre par la seule volonté de Pétain, désireux de devancer les désirs de ses maîtres hitlériens. Honneur aux Justes qui sauvèrent tant de vies au risque de la leur. Mais la vérité nous contraint à rappeler qu'ils étaient peu nombreux en juillet 1942.

Quittons l'Histoire douloureuse pour la complexité de l'actualité. Le gouvernement fait face, avec toutes ses armes, y compris celle de l'imagination créative, pour sauver des industries et des emplois et ouvrir, à court terme, la voie à la croissance. Le sarkozysme avait mis la poussière sous les tapis pour tenter de garder le pouvoir. C'est Hollande et les siens, désormais, qui doivent procéder au grand nettoyage. Une grande remise en ordre commence qui exige courage et ambition. Heureusement que le changement d'hommes et de politique a fini par s'imposer: si par malheur le sortant avait été réélu, la réaction populaire aurait sans doute été violente. Et vite incontrôlable.

Antoine Blanca

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:24

En ce début du mois de Ramadan, où tant de condisciples de mon enfance sacrifient au jeûne rituel, par dévotion ou par obligation familiale et sociale, je me suis senti forcément interpellé par des déclarations, diffusées par des télés, de chefs religieux affirmant doctement que la musique et le chant sont contraires à la prédication du Prophète et au Coran. Pour ces saints hommes, de telles expressions de bonheur simple détourneraient les fidèles de la prière et de la méditation pieuse...

Le hasard, forcément infernal, fait que France Inter nous fait entendre en ce moment la voix céleste d'Ibn Khaldoum chantant 'Ya habibi' (ô mon aimé). La grande égyptienne, sans doute la plus impressionnante interprète arabe des temps modernes. Me voilà adolescent, dans la salle de Médéa spécialisée dans la projection de films égyptiens et, accessoirement, indiens. Presque tous sont des comédies musicales. Je suis l'un des rares européens à la fréquenter de temps à autre. C'est là que j'ai vu et entendu pour la première fois la diva du Nil. Des copains du Lycée m'avaient déjà beaucoup parlé d'elle et d'autres stars, masculines, comme l'auteur-chanteur-compositeur Mohamed Abdelwahab. Aujourd'hui je me demande, en entendant les intégristes islamistes: les Algériens* pouvaient-ils être de bons croyants, eux qui aimaient tant à entonner des mélopées, dans un pays où musique, chanteurs et musiciens sont l'objet d'un véritable culte. Avec une préférence pour les compositions dites arabo-andalouses.

Pour les dirigeants du Hamas qui tiennent Gaza sous tutelle, produire et écouter de la musique, rire et chanter, sont des péchés. Il en va de même pour les  Talibans et les intégristes en général. Ils ont décrété que les textes sacrés l'exigent, mais ont beaucoup de mal à trouver les références qui viendraient en appui de leur prédication sectaire. Ces moines inquisiteurs voudraient transformer les croyants en pénitents.

Tout cela devrait m'être indifférent. Je suis étranger à toute affirmation dogmatique, quelle qu'elle soit. Mais la manipulation de l'Islam par des groupes fanatiques ou criminels revêt aujourd'hui une dimension proprement épouvantable. Leur parole est fondée sur le mensonge. Sauf que des millions d'hommes y croient au point, pour certains, d'être prêts à s'immoler pour lui. C'est la monstruosité du phénomène que je souhaite dénoncer, au moment où les nouveaux maîtres du Nord-Mali interdisent la musique, le chant et le rire.

Antoine Blanca

* En fait les Algérien sont en bonne compagnie. L'Espagne musulmane avait déjà des musiciens et des compositeurs restés célébres. Les premiers califes, censés garantir la diffusion de la prédication de Mahomet, encourageaient la crétion musicale, la poésie et de nouveaux instruments voyaient le jour. Quant au rire!...

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 16:47

C'est toujours quand la gauche revient au pouvoir que les comptables d'un genre particulier refont surface. C'est ainsi que l'on entend dire ou murmurer: ah! c'est facile pour monsieur Hollande de diminuer son salaire de 30%, quand son précécesseur s'était lui-même augmenté de 170%! Au bout du compte le nouveau président s'y retrouve largement. Les mêmes détaillent, avec une apparente précision, les avantages fiscaux dont jouissent les parlementaires pour certaines de leurs primes, s'interrogent sur la nécessité pour les ministres de disposer de voiture avec chauffeur, de policiers chargés de veiller sur leur sécurité. Dans leur élan, sans craindre la contradiction, ils raillent les déplacements présidentiels par train ou par route (de la frime, assurent-ils), proposent de diminuer de moitié le nombre de députés et de supprimer le Sénat...

Arrêtons la recapitulation des économies qui pourraient prétendument être faites par l'Etat. La liste, bien entendu, pourrait être beaucoup plus longue. La période de crise ne saurait, à elle seule, expliquer ces indignations partisanes ou sincères. Cette argumentation sert, dans tous les cas, à alimenter les propos de comptoir propres au Front National. On serait conduits à penser que les institutions de notre république et les organismes qui assurent son foctionnement viennent d'être fondés après le 6 mai 2012...Essentiellement pourtant, tout cela n'a pas changé depuis la proclamation de la IIIe République. Des distorsions existent, que la majorité actuelle commence à corriger. On ne doit pas s'installer dans la pérennisation des "avantages acquis".

La démocratie a un coût. Il est infiniment moindre que celui d'une dictature échappant à tout contrôle. La volonté autoritaire du Chef et de son parti unique primant alors sur tout autre considération. Dans l'opacité la plus complète. Naturellement il convient de veiller à ce que toute dépense soit justifiée, faire la chasse à la gabégie et aux cumuls abusifs. Il faut un Etat plus économe des deniers des contribuables. Nos élus doivent être au-dessus de tout soupçon. Globalement j'affirme que c'est le cas. A l'exception, il faut le rappeler, des maires (se comptant sur les doigts d'une main) issus du FN: ils ont tous fini devant la justice.

En vérité la démagogie anti-parlementaire, anti-gouvernementale, permet de masquer une douloureuse réalité. L'enrichissement cynique, obscène, d'un certain monde de la haute finance et de bon nombre de PDG. Leurs revenus n'ont rien à voir avec le salaire du fonctionnaire au sommet de la hiérarchie et en fin de carrière, ni avec celui du premier des ministres. Sans parler de ceux qui font quotidiennement fortune grâce à leur portefeuille d'actions. Mitterrand disait, avec à propos, que ces derniers s'enrichissaient en dormant...

Antoine Blanca 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 13:30

Le nouveau plan d'austérité mis en place par le gouvernement Rajoy a été jugé absurde et contre-productif par le Prix Nobel d'économie Paul Krugman. Ce dernier n'est pas le seul à faire connaître un tel sentiment, parfois mêlé de stupéfaction. Un plan qui coupe les ailes de l'éducation dans un pays où elle est déjà déficiente, liquide le budget de la recherche, désespère l'esprit d'initiative. Bref, des mesures destinées à satisfaire les politiques de Berlin et les financiers de Francfort. Lesquels se moquant pas mal de l'Espagne et des Espagnols. Ce sont de purs comptables sans coeur et sans âme. Normal pour des messieurs tiroir-caisse sans vision européenne, mais regrettable quand on prétend s'inscrire, comme Mme Merkel, dans l'espérance d'une Europe unie.

Le gouvernement de droite espagnol a rencontré davantage de compréhension de la part de la France socialiste, que de celle de ses frères d'armes conservateurs germaniques.

Certes la situation de la cigale espagnole d'hier a de quoi inquiéter ses partenaires. Les ménages, qui ont tout misé sur le 'droit' à devenir propriétaires de leur logement, s'enfoncent irrémédiablement, par centaines de milliers, dans le rouge. Les mauvaises nouvelles s'accumulent, qui viennent de toutes parts. La supposée riche Communauté valencienne* vient, dans les faits, de se déclarer en état de faillite (même si l'expression n'est pas juridiquement appopriée). Cela présage que d'autres vont suivre. La Generalitat de Catalunya** est déjà, elle aussi, sur le point de franchir le même mauvais pas. Un véritable film d'angoisse post-Buñuel.

La jeune démocratie espagnole n'avait pas connu de pareils mouvements de masse. Si les mesures d'économie avaient été équilibrées, elles auraient été majoritairement comprises. Dans la douleur bien entendu. Mais le plan supplementaire d'austérité, criminel, annoncé cette dernière semaine a été reçu comme une provocation. Tout le monde sait que l'Etat espagnol est bien structuré, qu'il est organisé pour faire raisonnablement rentrer l'impôt, qu'il a été aussi transparent que possible au regard des exigences de la Commission européenne. Bref, sans vouloir vexer personne, l'Espagne n'a pas le fonctionnement opaque de l'Etat grec. Or les Espagnols se sont vus encadrés comme on le fait, au collège, pour des élèves récalcitrants.

L'ampleur des manifestations est impressionnante. Mais, hormis des actions violentes isolées de groupes incontrôlés, la démonstration de force continue d'être pacifique. Pourquoi? Non parce que l'indignation, la colère, soient moindres, mais parce que l'on ignore sur quelle solution est susceptible de déboucher une véritable insurrection. Les Espagnols ont trop payé de leur liberté et de leur sang le prix de la véritable indignation. C'est cela qui empêche, pour l'heure, l'Espagne d'exploser.

Antoine Blanca

* La Communauté valencienne (provinces d'Alicante, de Castellon et de Valence), est dirigée depuis 12 ans par une droite représentative de la bourgeoisie enrichie par la demande du marché, les subventions européennes et l'expansion touristique. On l'accuse de gabegie, d'arrogance et, souvent, de corruption.

** La Generalitat, gouvernement très autonome de la Catalogne, est aujourd'hui dirigée par la droite nationaliste appuyée par la droite espagnoliste.

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 09:47

Dès les premiers pas de la nouvelle législature, une partie des élus du groupe UMP a donné un triste spectacle. Ces représentants du peuple ont chahuté sans interruption le discours d'investiture du Premier ministre, tels des collégiens, cancres de fond de classe. Certes les manifestations bruyantes ont été monnaie courante dans l'histoire parlementaire, les incidents de séance parfois spectaculaires. Mais c'est la première fois que la première intervention du chef de la nouvelle majorité  aura été l'objet d'un tel choeur de quolibets, voire d'insultes, dans le but affiché de la rendre inaudible par les télespectateurs. Depuis, ce type de comportement irresponsable a marqué chacun des débats de l'Assemblée. Certains, à droite, ont marqué ostensiblement leur distance avec ces grossiers vociférants. Mais en de telles circonstances la discrétion démocratique passe presque inaperçue.

La première explication invoquée par les observateurs à  ce manque de civisme, est la difficulté éprouvée par la droite à accepter la nouvelle réalité politique. Au pouvoir sans partage depuis dix ans, ses représentants réagissent trop souvent comme des gamins privés de leurs jouets préférés. D'autant que la droite française a toujours eu tendance à estimer que l'exercice du pouvoir leur revient naturellement.

L'autre raison est la bataille interne qui a déjà commencé à l'UMP en vue du congrès décisif convoqué pour cet automne. Sarkozy décidait de tout, avait tout le monde à sa botte. Son effacement politique, peut-être définitif, a ouvert la saison de la chasse au premier fauteuil. Mais la dite bataille ne se livre pas uniquement dans les fédérations dépatementales ou les groupes parlementaires. Il faut aussi que les prétendants et leurs alliés fassent leurs preuves dans l'anti-socialisme primaire.

Une conséquence diplomatique inattendue: une partie des députés UMP a boycotté le Président démocratiquement élu d'un pays ami, la Tunisie. Moncef Marzouki est un proche de la France et des Français. La constitution lui donne des pouvoirs réels limités, plus proches de ceux, symboliques, exercés par nos présidents de la IVe République que de ceux de notre Ve. Il doit composer avec un parlement où Ennahda, le parti des "islamistes modérés", dispose d'une majorité relative. Marzouki est allé, geste de bonne volonté exceptionnel, jusqu'à expliquer les raisons de sa politique devant les représentants d'un pays étranger. Lui tourner le dos, comme l'a fait, parmi d'autres, Pierre Lellouche, ancien Secrétaire d'Etat au Quai d'Orsay (qui devrait mieux connaître les usages), est un geste inexcusable.

Peut-être regrette-t-il, telle Mme Alliot-Marie, le bon vieux temps où Ben Ali couvrait d'égards multiples les visites touristiques des excellences françaises. 

Antoine Blanca

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 10:23

Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'éventuelle défaite du pouvoir en place à Damas se traduirait par davantage de démocratie, d'équilibre entre les communautés et de paix dans le Moyen Orient. C'est une situation déchirante. L'Etat fondé par le père de l'actuel président, Hafez el Assad, fondé sur une alliance autour du parti Baas* avec la minorité religieuse alaouite** dont il est issu, avait tenu le pays d'une main de fer. Une police secrète terrifiante, une armée qui était par elle-même une puissance régionale, un système d'alliances complexe: regard tutelaire sur le Liban, paix armée avec Israël (qui occupe toujours le Golan), accords militaires avec les Russes, complicité intense avec la République islamique d'Iran. Ce qui n'empêchait pas Bachar de développer une diplomatie tous azimuts avec les Occidentaux (on se souvient du chef syrien présidant le 14 juillet au côté de son homologue Sarkozy).

Depuis le début du soulévement populaire la situation sur le terrain a beaucoup évolué. A la phase de résistance populaire atrocement réprimée, vient de succéder une sorte de guerre civile, sans qu'existe pour autant une ligne de front. Les combattants (les Frères musulmans, ennemis traditionnels du Baas, sunnites intransigeants) sont désormais dotés d'armes lourdes fournies par les monarchies furieusement anti-chiites du Golfe. Les renforts sont aussi arrivés en provenance de la mouvance d'Al Qaïda. Par centaines, ces "soldats d'Allah" sont venus contribuer à la destruction de "l'Infidèle".

Dans la situation présente, hors une sortie de crise négociée par l'ONU avec l'appui de toutes les grandes puissances, il est vraisemblable qu'une chute de régime, encore aux commandes, donnerait une place prépondérante à la confrérie des Frères musulmans (et à leur soif de vengeance) appuyée par les djihadistes d'Al Qaïda. Cette dernière pourrait ainsi édifier une nouvelle base pour ses commandos en territoire syrien.

Antoine Blanca

*BAAS, parti socialiste et nationaliste arabe, originellement laïc fondé par des chrétien, des musulmans de différentes pratiques. Il détenait aussi le pouvoir dans l'Irak de Saddam, frère ennemi de Hafez.

* Alaouites, secte que l'on dit proche du chiisme mais qui est aussi initiatique et cultive le goût du secret. Ses membres ont été longtemps persécutés par les sunnites et se sont réfugiés dans des zones montagneuses.

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 10:31

Tenir compte des réalités constitue-t-il un comportement de gauche? C'est la question que l'on refuse de se poser dans certains milieux se réclamant du progressisme. Pour ma part je considère que cette forme de négationnisme est surtout une fuite devant la dure vérité. Et, d'une certaine manière, une lâcheté. En tout cas, le contraire de la notion de courage proclamée par Jean Jaurès dans son célèbre discours à la jeunesse.

La démarche de François Hollande est la seule juste. Elle consiste à affronter les difficultés résultant d'un héritage empoisonné, à inscrire son action dans le cadre des engagements signés par la France au sein de l'Union européenne, à prendre acte des limites que nous imposent les partenariats que la France a conclus, en Europe comme dans le monde. Les proclamations révolutionnaires, économiques et sociales, font sans doute du bien à l'âme des socialistes, mais relèvent du film de science-fiction si l'on observe objectivement le monde autour de nous.

En 1981 la gauche s'était donné un programme audacieux. Sans être, à proprement parler, socialiste, il faisait un pas important dans cette direction. Un héritage précieux que j'aime, pour ma part à revendiquer. Mais nous en avons tiré aussi les leçons de la part d'échec de la mise en application de ce projet. On avait vu, par exemple, combien était grande la différence entre nationalisations (avec les colossales compensations financières qui les accompagnent) et 'appropriation' des biens de production et d'échange. Augmenter de manière volontariste les salaires, le pouvoir d'achat, c'est aussi accroître l'inflation et le déficit commercial. On dira du côté d'une certaine gauche radicale: faisons la révolution, dénonçons tous les traités, quittons cette Europe bourgeoise, changeons la valeur de la monnaie etc...etc...Ceux qui disent cela nous mentent ou, plus probablement, se mentent.

Le seul chemin, c'est celui de l'Europe. Il faut la transformer, Oui, mais ensemble. Renforçons l'union des partis socialistes et réformistes, progressistes du continent, la concertation de l'action syndicale, multiplions les propositions communes. Apprenons à travailler ensemble sans nous contenter de vagues déclarations de congrès sans consistance. L'Europe est notre meilleure chance si nous lui donnons une orientation, un contenu démocratique économique et social d'avant-garde. Le véritable courage, c'est de nous préparer à ce combat sans céder au confort des slogans.

Antoine Blanca

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:22

Cette année le débat sur la signification du 14 juillet a porté sur l'interrogation suivante: était-ce la prise de la Bastille qui venait d'être commémorée, ou la Fête de la Fédération, célébrée un an plus tard, le 14 juillet 1790. Très intéressant pour élaborer des hypothèses. Mais celles-ci restent ce qu'elles sont, des hypothèses. En revanche il est une certitude que seul le Président Hollande, au travers d'un texte de Léon Gambetta qu'il avait choisi de faire réciter face à la tribune officielle en prélude du traditionnel défilé: notre fête nationale est aussi une date universelle.

Nous l'avons toujours su dans notre famille puisque mon grand-père paternel avait tenu à se marier un 14 juillet. Il a laissé, lui qui a quitté ce monde en 1920, la trace écrite des raisons symboliques de cette volonté. Espagnol, professeur, directeur d'Ecole Normale d'instituteurs, il considérait la geste des Sans-culottes comme ayant marqué le début d'une révolution émancipatrice universelle. Si elle a fait bouger tous les peuples d'Europe, le monde hispanique a le premier levé l'étendard de la grande révolte. Aux Amériques, c'est le mouvement irrésistible vers l'indépendance, du Mexique à la Terre de feu, à partir de 1810. Dans la métropole espagnole, c'est la réunion à Cadix des Cortes (parlement) de la Liberté, en 1812*. Elles devaient  adopter la première Constitution démocratique du monde ibérique, à partir des principes définis par nos encyclopédistes. Ces principes mêmes qui avaient, auparavant, inspiré les assermentés du Jeu de Paume. Qui a oublié l'historique Nuit du 4 août, quand les privilèges des puissants avaient été abolis par les représentants de la Nation.

Oui, le 14 juillet est la bien la première fête. internationaliste de l'histoire de l'humanité.

Antoine Blanca

* Le 200e anniversaire de cet événement sera célébré par un sommet ibéro-américain convoqué par Juan-Carlos 1er. A Cadix, bien entendu.

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 16:02

La droite et les journalistes qui la servent avaient jugé le moment opportun de lancer une offensive sournoise contre François Hollande et le gouvernement Ayrault. En termes de boxe, ils ont déjà perdu le 1er raound.

Evénements à expoiter?

- La multiplication des plans sociaux, retardés par les campagnes électorales, avec en prime la véritable bombe lâchée par PSA/Ciroën dans la plupart de ses sites en France.

- Le traité européen sur la stabilité budgétaire.

- Les mesures d'économie dans les différents ministères.

C'était le menu qui était offert au Président en clôture du défilé du 14 juillet. Ses deux interlocuteurs l'ont mis au défi de s'expliquer, oubliant la flagornerie d'autrefois, ce dont il faut les féliciter. Le Président n'a rien esquivé. La responsabilité du groupe industriel a été soulignée, sans concession, ni démagogie. Les pouvoirs publics agiront, mais leur marge de manoeuvre est institutionnellement restreinte. Le traité de stabilité budgétaire? Hollande a souligné qu'un compromis avait prévalu, chacun ayant dû mettre du sien pour y parvenir. Relations franco-allemandes? Elles demeurent la clé de voûte de la construction européenne. Tout le monde comprend que François et Angela ne s'embrassent pas sur la bouche chaque matin. Ils ont d'ailleurs des goûts (politiques) différents. Mais le réalisme et le bien commun, le besoin d'Europe, prévaudront toujours. Sur le plan intérieur, le Chef de l'Etat a rappelé quelles étaient ses priorités, et qu'il y aura des économies dans les différents départements ministériels, à l'exception de trois d'entre eux.

La veille de cet entretien télévisé, il avait beaucoup été question de François Hollande au 'grand journal' de Canal+. Et nous avons eu confirmation du rôle d'opposant résolu que joue J.M. Aphatie dans le petit monde de la presse. Insidieux, mais toujours aussi médiocre, le journaliste, qui sévit en outre à RTL, n'hésite pas à manipuler l'information à coups d'extraits de déclarations sorties de leur contexte (et des archives). Mauvaise caricature sans l'humour de ses confrères des Guignols. Il fait d'autant plus fort qu'il n'a personne, en face de lui, pour lui répondre.

'Le Figaro' tire de front. Aphatie le fait dans le dos. Avis à ceux qui répondront à son invitation à RTL.

Antoine Blanca

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 19:31

David Cameron, soucieux de complaire ses amis eurosceptiques, fait de plus en plus fort dans la caricature. On n'a pas oublié son attaque frontale contre le gouvernement français, au mépris des règles les plus élémentaires du savoir-vivre. A son invitation à l'exil des fraudeurs fiscaux dans son pays, tapis rouge compris ( François Hollande a feint, avec à propos, de croire à de l'humour british), Cameron a ajouté nombre d'autres provocations contre les institutions de Bruxelles et ses partenaires de l'UE.

La question que je me pose est: faut-il  garder ce perturbateur dans la classe? Une belle lueur d'espoir cependant: une partie de la presse anglaise se fait de plus en plus critique à son égard et l'audience électorale de l'opposition travailliste ne cesse de se renforcer (le Labour vient de gagner les municipales). Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques passages d'un article du quotidien modéré londonien The Independent, repris par Courrier International:

'...Voilà le Premier ministre né dans l'opulence, scandalisé par ces gens qui ont tout sans avoir à lever le petit doigt...Fort de son bon droit, Mr. Cameron a décidé de s'attaquer à cette catégorie de tire-au-flanc que sont les jeunes de moins de 25 ans bénéficiaires de l'allocation logement. Mais il n'a toujours pas dit comment il comptait botter les fesses à ceux qui gagnent de l'argent sans payer leurs impôts et qui coûtent pourtant 90 milliards de livres (112 Mds de Euros) par an à l'Etat. Il faut donc supposer que si les prestataires de l'allocation logement sont une priorité, c'est qu'ils doivent s'en mettre plein les poches. Les jeunes sont une ruine pour la nation.

'On nous dit qu'ils n'ont pas besoin d'allocation logement parce qu'ils peuvent retourner vivre chez leurs parents. Une chambre d'enfant avec un couvre-lit à motifs de dauphins pour un titulaire d'un diplôme d'ingénieur...Pourquoi aussi ne pas leur interdire l'accès aux bibliothèques? Leurs mères peuvent encore leur lire des histoires....et s'ils ont faim, ils peuvent toujours téter le sein maternel...'

L'article est signé Mark Steel. Ah!  cet humour anglais si prisé par notre Président!

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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