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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 10:20

Ne soyons pas hypocrites: si la France s'était qualifiée pour les 1/2 finales de l'Euro, personne n'aurait parlé du montant des primes de qualification* et le débat sur les écarts de langage de tel ou tel joueur ne se serait pas déroulé de la même façon.

Ce que l'on feint d'ignorer c'est que le sport de haut niveau, et le foot en particulier, sont soumis à la loi commune du système social et économique libéral qui nous régit. Le coeur, la conscience, l'amour de la patrie comptent. Mais le salaire et les primes comptent bien davantage. C'est le lot commun à tous les pays. Nos vedettes, formées dans des clubs français, n'aspirent qu'à une chose: signer un gros contrat avec le Real, Manchester City ou United, le Bayern ou Dortmund. Dès que l'un des deux "mercato"(terme significatif) approche, nos as du ballon rond le font savoir. Et apparemment cela ne choque personne**. Nous sommes dans le cadre de la loi de l'offre et de la demande.

Quand le seul club de premier plan de la capitale, le PSG (Londres et sa banlieue en comptent huit) a voulu réunir une équipe digne de la ville Lumière, elle a dû accepter de se vendre à un prince des Mille et Une Nuits venu du Qatar. D'autres, en Europe, nous avaient précédés dans ce type de choix qui peut impliquer aussi des oligarques russes.

Peut-on tenter d'autres formules? Au temps de l'Union soviétique le sport de haut niveau, toutes disciplines confondues, étaient entre les mains de l'Etat et les vedettes étaient des fonctionnaires rémunérés au top (beaucoup de primes en plus). Armée, KGB, grands combinats industriels avaient leurs "oeuvres". Les stars se voyaient dotées de grades et de titres artificiels: colonel, commissaire divisionnaire, ingénieur. Impensable de nos jours.

Alors cessons de vilipender nos joueurs après un échec, alors que c'est tout un système mondial qui est en cause. En foot presque tous les champions sont issus des classes populaires. Des spécialistes les ont aidés à perfectionner leur jeu. Rarement leur éducation. La FFF devrait encourager davantage les centres de formation. Un bon entraîneur devrait être aussi un grand frère ou un papa, voire un conseiller fiscal**. Il devrait être recruté en fonction de ce type de qualité. Que peut-il arriver quand, à 19 ans, sortant de son escalier d'une HLM, on se retrouve multi-millionnaire, adulé ou attaqué par la presse spécialisée? Les fédérations sportives et, en particulier la FFF et sa Ligue professionnelle devraient s'attaquer aux véritables problèmes de fond. Aidées et conseillées par le Ministère des Sports.

Changer globalement de logique économique est une tout autre affaire. Et ce n'est pas notre propos aujourd'hui.

Antoine Blanca

* L'Espagne, pourtant en situation de crise profonde, avait accordé à chaque joueur une prime équivalente à celle perçue par les Français pour leur qualification en quarts. Autant pour être parvenus en 1/2 et, s'il sont champions, la prime individuelle sera de un million d'euros. Portugais, Anglais, Allemands, Italiens bénéficient aussi de ce type de régime. Alors, on le voit, l'étalage de nos complexes est quelque peu désuet.

** Le quotidien l'Equipe, si à cheval sur le langage ordurier de Nasri, ne tient pas moins une chronique quotidienne sur le dernier "mercato". Telle vedette a été achetée par tel club anglais pour un montant de...Telle autre a été démarchée par...mais préférerait aller à...Tel gros club a des vues sur...on discute chiffres pour le moment...

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:03

Depuis la signature, en 1972, des accords établissant, entre le PS, le PCF et les radicaux de gauche, une stratégie d'union politique, les choses ont bien fonctionné, avec des hauts et des bas. A tous les niveaux: municipal, départemental, régional et national. Lors des récentes consultations les désistements réciproques n'ont donné lieu à aucune discussion préalable. Comme si tout cela allait de soi. Il n'y a pas eu de bavure, même quand l'écart de voix entre un socialiste et un communiste était minime au premier tour. C'est que personne n'aurait trouvé avantage à casser la mécanique. Le PS ne veut pas avoir les Verts pour uniques alliés. Trop fragiles, très capricieux, assurément imprévisibles. Pour sa part les dirigeants du PCF ne veulent pas du seul tête à tête avec un Mélenchon qui, à tout moment, peut les dérouter, les prendre à contre-pied. Même diminué par une prestation individuelle décevante, le personnage les inquiète et les incite à la prudence.

Les résultats électoraux médiocres, la suprématie parlementaire d'un PS peu disposé à faire des concessions sur son programme pour consentir une place à des ministres communistes, sont autant de facteurs qui contraignent le parti à dépendre davantage encore de la prédication mélenchonienne. C'est ainsi qu'il va être décidé de ne pas voter la confiance au gouvernement Ayrault. De ce fait l'union de la gauche n'existera bientôt plus en tant que stratégie d'exercice du pouvoir. Seul le pragmatisme au cas par cas va prévaloir. C'est, d'une certaine manière, accorder la pratique à la réalité de terrain.

Pourtant le discours du candidat présidentiel du Front de gauche n'offre aucune perspective dans une démocratie européenne telle que la nôtre. En Allemagne la tentative d'Oskar Lafontaine de fédérer un petit univers néo-marxiste venu du SPD, et les rénovateurs survivants du parti unique de la RDA, n'est désormais porteuse d'aucune espérance. Et en Grèce la coalition de petits partis progressistes est empêtré dans ses innombrables contradictions. Le moment ne tardera pas qui obligera le PCF à revenir à la stratégie traditionnelle d'alliance qui est, pour lui, la garantie d'une certaine forme de survie.

Antoine Blanca

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 10:50

Voilà la rentrée parlementaire, la vraie. On va élire le Président et le bureau  de l'Assemblée, les nouveaux promus vont prendre possession de leurs bureaux, installer des collaborateurs de confiance et découvrir les fonctionnaires qui assurent la bonne continuité administrative. Claude Bartolone, député expérimenté, ne connaissait le Palais de Lassay que comme visiteur. Le voilà locataire. Un pied-à-terre parisien de luxe pour l'homme du 93. Nul doute: il saura ouvrir plus grandes les portes que son prédécesseur immédiat. Les vice-présidents disposent aussi d'un appartement, plus modeste, de fonction. Toutes ces opérations d'emménagement sont bien rodées grâce à la compétence des serviteurs de la République. L'Assemblée et le Sénat sont des maisons qui tournent bien dans notre démocratie.

Dans les palais ministériels les choses sont moins balisées. Les attributions et leurs titres obligent à l'impression de papier à lettres par dizaines de milliers de rames, à distribuer les bureaux aux 'ministres délégués' et aux membres de leur cabinet. Beaucoup de psycho-drames, de crises de jalousie. De haines naissantes qui deviennent parfois éternelles. Heureusement on en parle peu dans la presse.

Cette dernière s'est montrée bien discrète sur la disproportion du nombre de ministres délégués. Il y a comme de la résignation dans l'air. En fait la promesse de former un gouvernement restreint est recurrente: tous les candidats s'y engagent. Parfois très sincèrement. Et puis la politique s'impose. Il faut contenter le plus de monde possible au sein de la nouvelle majorité. Conforter toutes les sensibilités pour pouvoir travailler en paix. En passant de 38 à 42 ministres entre Ayrault 1 et Ayrault 2 on est resté dans les normes. Mais ce sont, à mon sens, de mauvaises normes.

Finalement, si le plan de table du Conseil hebdomadaire sera, une fois encore, bien rempli, tous les initiés savent que les choses sérieuses se passeront dans des réunions restreintes autour du Premier Ministre ou du Président. Ou des deux. Le Conseil des ministres continuera d'être une chambre d'enregistrement de décisions prises ailleurs.

Antoine Blanca

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 10:20

Le Président, démocratiquement élu, du Paraguay, a été renvoyé par un vote parlementaire. Ses voisins et partenaires du marché commun régional, Mercosur, ont retiré leurs ambassadeurs, en signe de protestation.

Le geste est symbolique: personne ne veut, dans les Amériques, un retour aux coups de force. Non seulement cela fait mauvais genre, mais la démarche pourrait donner des idées à d'autres (naturellement mauvaises). Car en l'occurrence la Constitution n'a pas été  respectée, même si c'est le vice-président* qui a été désigné par les députés. Pas un coup de feu, pas une goutte de sang, le Chef de l'Etat déchu a eu beaucoup de peine à rassembler quelques centaines de partisans pour l'entendre dénoncer les conditions de sa destitution. Mais on aurait tous préféré que le mandat de Fernando Lugo aille jusqu'à son terme ou qu'il soit traduit devant une cour de justice.

Il faut préciser que Fernando Lugo devenait un poids trop lourd à porter pour les Paraguayens. Elu à la tête de l'Etat par les électeurs, celui qui  aimait à se faire appeler 'évêque des pauvres', Fernando Lugo, avait intrigué tous ceux (bien rares hélas) qui s'intéressent à la vie dans cette partie du monde. En fait tous ceux qui rejetaient la routine des partis traditionnels (surtout le 'parti colorado' qui s'identifiait presque à la république et avait donné une base populaire à la dictature nazillonne de Alfredo Stroessner). Une masse de petites gens s'étaient reconnue dans la promesse d'un prélat qui donnait des garanties d'humilité, des promesses de protection paternelle, des signes d'ouverture sur le reste du continent.

La réalité s'est avérée rapidement être bien différente. L'homme d'église avait autant de femmes (et d'enfants les accompagnant) qu'un Cheikh d'Arabie. Et les soupçons de prévarication, de corruption, paraissent s'être, chaque jour davantage, confirmés. Il est vrai que Lugo a une immense famille à nourrir. Besoin fait-il loi? L'intéressé devait le penser. Son comportement méritait bien d'être sévèrement sanctionné. Mais on pouvait le faire, dans le respect des institutions. L'impatience l'a emporté sur le raisonnable.

Le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay ont donc condamné une violation de la Constitution. Mais dans cette histoire, ces trois pays passent mal aux yeux du peuple guarani**: au terme d'une guerre déclenchée par ce qui était encore l'empire brésilien, rapidement rejoint par les républiques d'Argentine et de l'Uruguay, les vainqueurs se partagèrent de vastes territoires contestés depuis le départ des colonisateurs espagnols. De 1865 à 1870 les Paraguayens résistèrent avec un héroïsme suicidaire: le pays perdit les deux tiers de sa population et la quasi totalité de ses hommes.

Informez-vous sur le Paraguay: il demeure un grand pays sans accès à la mer, mais doté d'un vécu impressionnant. Vous ne serez pas déçus...

Antoine Blanca

* Il s'appelle Federico Franco

** Les indiens guaranis constituent la majorité de la population. La langue guarani est l'autre langue officielle (avec l'Espagnol) du Paraguay.

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 10:36

Dans l'analyse des résultats d'un sommet réunissant les représentants de 150 pays, comme ce fut le cas pour celui de Rio, il y a toujours des interprétations diverses. Ainsi, au prétexte que les très grands de ce monde n'avaient pas tous pris le chemin du Brésil après la réunion des 20 à Los Cabos (Mexique)*, certains se sont hâtés de conclure à l'échec.

C'est quelque peu expéditif. On oublie que les plus éminents experts du monde avaient travaillé pendant des semaines (parfois des mois) à la rédaction du projet de déclaration finale, que l'ambiance avait été particulièrement studieuse sous les auspices de l'ONU (dont l'agence spécialisée pour l'environnement se trouve au Kenya), qu'une bonne entente s'est immédiatement établie entre représentants des pays riches et les autres. Aujourd'hui le réseau international des spécialistes en thèmes écologiques est bien en place et les grandes ONG jouent pleinement leur rôle de lien. Critiques et propositions constructives ne sont pas incompatibles. De plus en plus les gouvernements acceptent les premières, sans se plier forcément aux secondes. On les écoute sans pour autant forcément les entendre. Mais au bout du compte l'avancée est réelle.

Le pays hôte du sommet, le Brésil, incarne bien ce vécu conflictuel entre impératif du développement, protection de la flore et de la faune, respect des droits des peuples indigènes et projection dans l'avenir. C'est toujours douloureux, surtout quand les pays émergents ont le sentiment que les puissances industrialisées préfèrent donner des leçons que prêcher par l'exemple. Tous les participants se sont accordés pour dire que Dilma Rousseff, l'étonnante présidente du grand pays sud-américain, a été impériale comme organisatrice et animatrice des travaux.

Même si ses résultats n'ont pas été spectaculaires, le sommet de Rio a fait progresser le débat mondial en maintenant les peuples et leurs gouvernants en alerte sur les dangers qui les menacent. Qui nous menacent.

Antoine Blanca

* Le Président français, François Hollande avait, quant à lui, participé personnellement au Sommet.

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 11:21

Michel Rocard ne supporte pas d'être oublié. Bien entendu il n'est pas le seul dans ce cas: la tentation de faire parler de soi est irrésistible parmi ceux qui ont connu la gloire. D'autant qu'ils se disent que cette dernière peut leur tomber dessus très tard dans la vie. Stéphane Hessel, grand ami d'ailleurs de l'ancien premier ministre, peut en témoigner qui a connu la célébrité mondiale pour avoir écrit 26 pages à 92 ans passés. Il a partagé ce qu'il avait sur le coeur et il a rencontré de millions d'adhésions qu'il n'attendait pas. Seuls les initiés connaissaient le grand résistant, le diplomate intrépide et éclairé. Mais c'est finalement son indignation qui l'a rendu illustre.

Alors Michel Rocard se dit peut-être que...Pourtant il n'a jamais été un anonyme, du moins depuis sa sortie de l'ENA en 1956, son brillant parcours à la tête des étudiants socialistes et sa proximité avec Pierre Mendés-France. Un parcours politique chaotique ne devait pas l'empêcher d'occuper de hautes fonctions. Matignon sera son bâton de Maréchal. Insuffisant à ses yeux. Son plus gros problème a toujours été l'électorat. Cet Inspecteur général des finances ne peut l'admettre. Aussi est-il toujours resté ouvert à toute proposition digne d'intérêt, venant de la droite par exemple. Sarkozy n'avait pas manqué de mettre à profit cette disponibilité. Faire un pied de nez à la gauche. Rocard s'était prêté à ce jeu  peu reluisant.

Aujourd'hui, dans l'obscurité qui se fait autour de lui après le 6 mai, l'ancien PM refait surface avec une proposition qui se veut à la fois révolutionnaire et compatible avec les efforts de réduction des déficits. "Supprimons la dissuasion nucléaire et nous économiserons 18 milliards" (il oublie de dire que cinq ans seraient nécessaires pour atteindre ce chiffre). Qu'importe: Michel veut faire parler de lui.

Je suis bien d'accord: le sujet est d'importance et mérite débat de fond. Paul Quilés,  ancien ministre de la Défense expose très bien les données du problème dans un livre qu'il vient de publier; dans un tout autre esprit que le pur budgétaire. Michel Rocard est bien léger qui veut évacuer la question au détour d'une phrase. Ne craignons pas, bien au contraire de tout remettre sur la table. Sans tabou ni préjugé.

Antoine Blanca

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:41

Nous avons assisté avant hier, consternés mais pas surpris, à une grande première dans les relations entre pays membres de l'Union européenne. La presse et le monde politique ont voulu voir, dans le comportement de Premier ministre britannique [invitation aux riches contribuables français, et aux entreprises qu'ils dirigent, à s'exiler au Royaume-Uni...'nous sommes prêts à leur dérouler le tapis rouge'], une très mauvaise manière faite au Président français et à son gouvernement socialiste. A mon avis cette interprétation est un peu courte.

A mes yeux c'est plutôt la triste confirmation de l'hostilité chronique de la droite britannique à toute idée d'intégration européenne. Avoir l'opportunité de rappeler ces mauvaises dispositions à travers la condamnation de mesures fiscales d'un gouvernement de gauche en France, était, pour David Cameron, une sorte de bénédiction. La brutalité de la déclaration, absolument contraire à tous les usages, met en lumière la vraie nature des tories qui n'ont pas changé depuis Margaret Thatcher. Son lointain successeur (son collaborateur dans ses jeunes années) s'est simplement montré beaucoup plus grossier. Bien la peine d'avoir fait son collège à Eton et son Doctorat dans une fac prestigieuse d'Oxford.

Il s'agit moins d'hostilité conservatrice à toute forme de démocratie socialiste, que de refus profond de l'idée même d'Europe unie. S'étant prononcé contre l'adhésion à l'euro, freinant en permanence tout progrès vers la constitution des Etats-Unis d'Europe, M. Cameron se sent beaucoup plus proche de Washington que de Bruxelles. S'il reste dans l'Union, c'est pour les avantages qu'il pense encore en tirer. Mais toute idée de 'devoir' en retour lui répugne profondément. Aucune illusion ne doit être permise à ce sujet.

Un homme d'affaires belge me confiait, après avoir enregistré l'agression du leader conservateur:"Les gens peu informés peuvent déduire de ces propos que tout va bien au Royaume Uni. C'est faux. Tout va au contraire plus mal qu'en France et, naturellement, qu'en Allemagne. Pas de croissance, chômage persistant, tissu industriel mal en point, services publics désastreux, collectivités territoriales endettées au-delà du raisonnable, Jeux Olympiques restant à financer...Dans sa provocation il y a aussi le dépit d'un chef de gouvernement sans majorité torie propre (alliance contraignante avec les libéraux-démocrates) qui peine à préserver un équilibre parlementaire fragile et se voit attaquer de tous côtés (sa relation scandaleuse avec la presse Murdoch, la réputation lamentable de certains de ses ministres...). Il y a de l'envie et de la jalousie dans cette conférence de presse tenue en marge de la réunion de Los Cabos".

Antoine Blanca

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 11:25

Les nouveaux élus sont arrivés les premiers. Pour la plupart, dès le lundi 19 juin. Ils et elles étaient plus nombreux que de coutume. 40% nous dit-on. Sans compter une féminisation, certes insuffisante, mais notable malgré tout. Au Palais Bourbon, fonctionnaires et, surtout, huissiers, sont très sollicités pour répondre aux interrogations des bizuths. Heureusement pour les premiers, dès le lendemain, mardi, les anciens ont pris le relais pour aider leurs jeunes camarades à répérer les lieux, à mieux connaître les us et coutumes de l'auguste assemblée en général et de leur groupe politique en particulier.

On parle encore, très lointain souvenir, du débarquement d'un parlementaire creusois, authentique agriculteur, maire d'une commune rurale, prénommé Anselme. C'était en 1956 et ils s'agissait d'un militant socialiste chevronné. Il était arrivé le tout premier et voulait tout savoir: comment trouver à se loger, de quelles facilités pouvait bénéficier un élu de la République pour vivre la vie parisienne (transports urbains, spectacles, guide des bonnes tables à un prix accessible). Un vrai conte digne de Voltaire. Un paysan à Paris. Cet épisode figure dans les annales.

Mais l'atmosphère de ruche ne concerne pas que les députés. Tous ceux qui travaillent au Palais Bourbon sont touchés par le vent du changement. Les locaux d'abord. Le groupe UMP doit céder ses bureaux et ses salles de réunion à l'adversaire socialiste devenu le plus nombreux. Les hommes et les femmes du PS disposeront de davantage de collaborateurs. Il faudra donc recruter tandis que l'on débauchera à droite. Déménagements en masse, cartons que l'on fait et que l'on défait. Au restaurant de la rue de l'Université tout le monde est à l'ouvrage, après quelques semaines de chômage technique, on se prépare à un été inhabituellement actif.

Ce sont là quelques uns des aspects méconnus, ignorés, d'un bouleversement politique. Avec, donnée prévisible, une assiduité en hausse une fois que la loi sur le non-cumul de mandats aura été adoptée.

Antoine Blanca

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 10:13

Je compatis avec nombre de mes amis restés attachés au Parti communiste. Le voir disparître lentement, avec quelques périodes de rémission, des rechutes brusques et d'intenses tentatives de recourir à de nouvelles médecines, fait très mal au bout du chemin. Surtout quand on a cru voir le bout du tunnel. Le dernier traitement de choc, 'la mélenchonine', avait provoqué un sursaut. On a même cru à un nouveau printemps. En défilant de la Nation à la Bastille, en entonnant 'l'Internationale' sur la place du Capitole à Toulouse, en retrouvant la ferveur d'être ensemble au Palais des Sports de Lille, les militants jeunes et moins jeunes se sont vus transportés trente-cinq ans en arrière, ou ont retrouvé les récits de leurs aînés qu'ils ne pensaient jamais vivre.

Jean- Luc Mélenchon avait soufflé sur les quelques braises encore vivantes, le feu était reparti et des copains, des copines ne cessaient d'apporter de nouvelles bûches bien sèches pour l'alimenter. "Bientôt une nouvelle jeunesse viendra au devant de nos rangs!" L'ancienne marche des 'jeunesses' murmurait aux oreilles nostalgiques qui ne demandaient qu'à croire en la résurrection.

Je regardais tout cela avec tendresse et scepticisme. L'homme de peu de foi a, hélas, triomphé de nouveau en moi. Les vents nouveaux n'ont soufflé que pour nous, réformistes de gauche, toujours suspects de timidité, de préférer le pédalo qui finit par arriver sur une plage abritée, au torpédo qui s'écrase presque toujours contre une barrière du port en béton armé.

Au soir du 17 juin le résultat a été pire que dans le plus sinistre des cauchemars. Le PC a perdu la moitié de ses sièges. Après avoir abandonné la Seine-Sait-Denis, voilà qu'il abandonne le Val-de-Marne. Pis: Ivry-sur-Seine, Maurice Thorez et Georges et Pierre Gosnat. Le PS, mon parti, rafle la mise. Et je ne masque pas une certaine tristesse, comme quand on perd un vieux compagnon.

Antoine Blanca

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:44

Pendant que j'écris ces lignes, notre Président est en train de voler vers le Mexique où se réunit le G20, le groupe qui réunit les pays riches et les émergents, en particulier ceux formant le fameux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, République Sud-africaine). Il va arriver auréolé de sa victoire et de celle, historique, remportée à l'occasion des législatives. Un haut dirigeant d'un membre permanent du Conseil de Sécurité dont on attend, avec autant de curiosité que d'espoir, beaucoup sur la scène internationale.

L'ordre du jour de la réunion de Los Cobos (sud de la Californie mexicaine) sera particulièrement chargé. Les pays émergents, à commencer par le premier d'entre eux, la Chine, ne cachent pas leur agacement devant ce qu'ils qualifient de 'désordre européen'. Certains affirment, sans avancer de chiffre, leur volonté de participer à l'effort de recapitalisation nécessaire au sauvetage de l'euro. Conscients, disent-ils, de partager le même bateau économique et financier. Mais le montant d'aucune contribution potentielle n'a été, pour le moment, précisé.

Et il y a toutes les autres questions relatives à la situation au Moyen-Orient (et pas seulement en Syrie), les menaces sur le Méditerranée (Iran et ses projets nucléaires), l'Afghanistan et la 'talibanisation' partielle du Pakistan; les nuages menaçants sur l'environnement (l'Amazonie, une question majeure au sujet de laquelle la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, sera interpellée); Al Qaïda au Maghreb et l'agitation que ce groupe entretient avec ses attaques militaires et ses enlèvements d'étrangers; la Somalie et l'insécurité maritime autour de 'la corne de l'Afrique'...Nombre de sujets seront renvoyés à l'Assemblée générale de l'ONU (qui débute en septembre) mais le G20 aura utilement apporté son propre éclairage.

François Hollande arrive dans un grand pays qui s'apprête à élire un nouveau Président (le 1er juillet). Le sortant, Felipe Calderon, fera donc ses adieux à ses collègues. Le Mexique est une puissance régionale avec laquellle la France a, depuis De Gaulle en 1964, établi une relation très particulière. Sarkozy, par une série de maladresses primaires, avait gâché à Mexico, toutes les opportunités offertes par une visite officielle d'Etat. Il serait intéressant de prévoir dès à présent une mission de notre Ministre des Affaires étrangères en fin d'année. Il pourrait être porteur d'une invitation au nouveau Président mexicain à venir en France dans le courant de l'année prochaine.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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