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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 10:23

Ainsi, désormais, les ambassades ont été rouvertes, les drapeaux, hissés tandis que les consulats généraux vont, de part et d'autre, retrouver leurs fonctions avec la normalisation des relations entre deux pays proches par la géographie mais que l'histoire récente a vigoureusement opposé. Bien entendu, normalisation de relations diplomatiques n'est pas rapprochement politique. Le contentieux entre les deux voisins est bien antérieur à la victoire de Fidel et à l'annonce du caractère socialiste de la révolution. Les Cubains ont eu le sentiment, confirmé par par les faits, que Washington avait volé l'indépendance, conquise sur le terrain par les combats des "Cambises", mais précipitée par les yankees lesquels, en provoquant une guerre avec l'Espagne, s'étaient appropriés, en 1898, des anciennes colonies du vieux pays européen (Porto Rico et les Philippines) et devait prendre le contrôle de l'avenir de Cuba en imposant le fameux 'amendement Pratt'(1903) qui mettait La Havane sous tutelle de Washington.

La régularisation qui vient d'intervenir va profiter à tous. Avant même qu'intervienne la levée, tant espérée, de l'embargo. Décision qui ne dépend pas du seul gouvernement Obama.

On mesure mal, encore, l'ampleur des changements qui vont intervenir. Cuba aura tenu bon, pendant 55 ans, face à l'agressivité cruelle de la plus grande puissance du monde. La grande île Caraïbe a vaincu tous les obstacles. Elle est même sortie grandie de l'effondrement de l'Union soviétique avec laquelle elle effectuait, en 1990, 83% de ses échanges économiques.

Aujourd'hui tout est ouvert. Bien au-delà du seul amour commun à Cubains et "Etats-Uniens": le base-ball.

Antoine Blanca

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 12:47

Si pour nous, Français, ce mois de juillet est surtout marqué par une vague de chaleur incommodante, pour d'autres, géographiquement bien proches, c'est la poursuite, voire l'amplification, d'une terrible tragédie.

Au Proche-Orient deux grands pays arabes, la Syrie et l'Irak, voient, dans les faits, leurs frontières rétrécir. La guerre entre sunnites et chiites, dans laquelle les royaume saoudite fait désormais jouer à fond sa puissance de feu...Et le prétendu "Etat islamique", s'il prend des coups, souvent durs, ne conserve pas moins une bonne partie du terrain conquis. Dont un riche site pétrolier (Mossoul). Aujourd'hui encore les barbares ont frappé cruellement près de Bagdad, le jour de l'Aïd el-Fitr, tuant plus d'une centaine de musulmans, hommes, femmes, enfants. Leur crime: être de confession chiite...

Et puis, même si elle n'est pas reconnue formellement par la communauté internationale, une nouvelle nation est née avec les Kurdes d'Irak dont les combattants, les peshmergas, ont été salués par tous les amis de la tolérance du monde entier.

L'émir djihadiste prétend vouloir fonder un nouveau Califat. Il ne parviendra pas à ses fins, mais il a humilié les deux grandes capitales califales historiques, Damas et Bagdad.

Force est de reconnaître qu'une coalition internationale, effective seulement dans le domaine aérien, ne fait que contenir une armée pirate fanatisée.

Antoine Blanca

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 13:02

Personne, en Grèce, n'est en mesure d'offrir plus de garanties à ses partenaires européens que le Premier ministre Alexis Tsipras. Au parlement de son pays tout le monde l'appuie, sauf les dinosaures communistes et les fascistes. Cette situation unique, devrait logiquement favoriser un accord général. La France livre un combat discret mais efficace en faveur d'une sotie de crise acceptable pour tous. Mais la droite dure européenne ne veut rien entendre. La raison invoquée par ceux qui veulent que les Grecs implorent le pardon à genoux, c'est la fiabilité du pays concerné à respecter ses engagements. La droite montre ses muscles. Le ministre des finances allemand n'est pas seul à mener le combat, loin de là. A l'extérieur de ses frontières il a l'appui des pays baltes, de la Finlande, avec une vigueur particulière...Les Français tiennent bon face au clan des faucons, la croissance contre l'austérité, la raison contre la sans-raison, la dignité contre l'humiliation. La pénitence à laquelle le peuple hellène est déjà soumis doit être amplifiée. Adoucie, préconise Berlin, par une "aide humanitaire". Autrement dit, un geste de charité chrétienne.

On fera sans doute appel à l'ONU et à son programme alimentaire mondial (PAM), à l'UNICEF...

Antoine Blanca

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:44

En Bolivie le pape François a été reçu par le seul Chef d'Etat indien du continent américain. Evo Morales est un aymara authentique. Il en parle la langue et se reconnaît dans cette culture. Indiens aymaras et quechuas représentent 75% des Boliviens. Mais le pays avait toujours été dirigé par les maîtres espagnols ou par des boliviens d'origine européenne. Appartenant à la droite, à la gauche ou au militarisme fascisant. Jusqu'à l'élection du leader du MAS (mouvement vers le socialisme), un petit bonhomme surgi des entrailles des hauts plateaux andins, celui qui a mâché des feuilles de coca* à la tribune des Nations Unies.

Le bon père venu de Rome a fait une bien belle homélie après avoir dit la messe à Santa-Cruz, ville majoritairement blanche de la plaine amazonienne. On a sans doute bien fait d'éviter à cet homme âgé de 79 ans les fatigues de l'altitude. La Paz, capitale du pays, culminant à 4100 mètres...François a parlé d'or, dénonçant avec une rare vigueur les injustices du système économique et social qui domine le monde et condamne les plus pauvres à un cycle de misère éternelle. Mais, faute de temps, il n'est pas revenu sur l'histoire tragique du pays qu'il visitait. Il n'y aura pas eu de sermon de la montagne au pays des sommets andins.

S'il avait visité la ville de Potosi**, il aurait dû évoquer les mines d'argent qui avaient permis aux Habsbourg d'Espagne de dilapider des fortunes en guerres de conquête. Et avaient condamné les autochtones au travail forcé et à la mort, par centaines de milliers, par étouffement ou du fait des éboulements dans les profondes galeries souterraines.

Antoine Blanca

* La feuille de coca ne se transforme en cocaïne que par un laborieux procédé chimique. La feuille naturelle est mâché par les peuples andins depuis des temps immémoriaux. Cela aide à supporter le mal de l'altitude, donne des vitamines et calme la faim. En Amérique du sud elle est vendue comme tisane dans toutes les épiceries et grandes surfaces. C'était ma tisane préférée.
* J'avais visité Potosi en compagnie d'un leader historique du syndicat des mineurs, Juan Lechin. Il était alors devenu président de la COB (Confédération ouvrière bolivienne). La ville avait été au XVIIe siècle, avec ses 200.000 habitants, la plus peuplée de l'empire espagnol des Amériques, après Mexico. Potosi se situe à 4070 mètres, dominée par le Cerro Rico, montagne dont le sommet est à 4870 mètres.
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:43

Les Grecs pouvaient-ils répondre OUI à la poursuite d'une politique d'austérité étouffante pour les plus faibles? Donner leur accord à un plan imposant la remise en ordre douloureuse d'un système profondément désordonné? Une large majorité s'est dégagé pour refuser le sacrifice librement consenti, estimant n'avoir rien à perdre à plonger dans l'inconnu. Au fond le résultat de la consultation est logique qui embarrasse l'Europe sans rien résoudre, pour autant, en Grèce.

Si la France, manifestement ouverte à la poursuite du dialogue constructif, ne parvient pas à convaincre l'Allemagne de la nécessité de montrer une certaine souplesse dans une négociation à venir, on serait dans l'impasse. Et si l' Union européenne n'en sortirait pas grandie, c'est bien la Grèce et son peuple qui finiraient par payer la facture.

Souhaitons que la raison finisse par l'emporter. Et qu'une réflexion sérieuse s'engage entre partenaires pour mettre à profit la crise actuelle pour se dégager d'une politique de stricte orthodoxie libérale. En faveur de la croissance.

Sinon la fête n'aura duré qu'une nuit à Athènes. Et Tsipras aura remporté une victoire à la Pyrrhus.

Antoine Blanca

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 10:25

Il est aventureux de qualifier tous les groupes récemment entrés dans l'arène politique en Europe, type les "Podemos" qui fleurissent, sous diverses appellations locales, dans le territoire espagnol, de 'gauche radicale'. Cette dernière s'est organisée depuis longtemps autour de l'IU (Gauche unie) et comprend le PC (et toute son histoire), des progressistes chrétiens ou indépendants et, de fait, les Commissions ouvrières, l'importante centrale syndicale née dans la clandestinité au temps du franquisme. La semaine dernière, le populaire porte-parole de PODEMOS, Pablo Iglesias dit queue de cheval, s'est fait envoyer sur les roses, sans trop de manières par le leader d'IU à qui il était venu demander de se joindre à lui.

Non, si le nouveau conglomérat d'Iglesias est de sensibilité de gauche, il ne s'est pas radicalisé pour autant et en aucun cas une rupture avec l'Europe et avec l'euro n'est envisagé. C'est une gauche qui se veut moderne, en rupture avec les dérives de certains politiciens de droite (dans la Communauté valencienne la corruption à tous les niveaux était devenue un scandale majeur) et dans le fief socialiste de l'Andalousie son leader historique, aujourd'hui écarté par le PSOE, a des soucis avec la justice.

L'homonyme du fondateur du PSOE et de l'UGT veut faire de la politique autrement, moderniser sa démarche, se défaire des politicards et mettre l'imagination au pouvoir. Après avoir été embrasser Tsipras, lors de sa victoire électorale, Iglesias vient de prendre clairement ses distances avec le conglomérat Syriza. Et, marquant son désir de contribuer à la vie démocratique, il a conclu de nombreux accords locaux et régionaux avec les socialistes permettant à ces derniers de reprendre des parlements régionaux, dont la riche Generalitat de Valence.

Prochaines échéances espagnoles: renouvellement du parlement autonome de Catalogne (dernier dimanche de septembre) et élections des Cortés avant Noël. A Barcelone tout se passera entre les différents courants souverainistes et pour les législatives générales on note que l'ancien président Aznar vient de déclarer la guerre à son successeur Rajoy, ce qui pourrait confirmer le diagnostic:la défaite de la droite en décembre.

Antoine Blanca

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 10:58

Dans les pays occidentaux et en Afrique du Nord les terroristes sont exclusivement sunnites. A la différence du Moyen-Orient où les deux grandes branches de l'Islam se massacrent à grands coups d'attentats monstrueux. Le salafisme armé sunnite est désormais dirigé par l'Etat islamique, EI ou Daech. Al Qaïda et al-Nosra ont été relégués au second plan.

En France, ce qui rend difficile la prévention de ce type de criminalité c'est le fait qu'il n'existe pas de réseau terroriste structuré. Des "religieux" sont à l'affût des "vocations" potentielles. Repéré, l'apprenti martyr est introduit dans la filière qui peut passer par un camp d'entraînement en Proche Orient. On lui fournit les armes. Il choisit la ou les cibles. Cette "souplesse" dans le recrutement complique grandement la tâche des agences de police spécialisées. On ne peut mettre un agent derrière chaque musulman, qu'il le soit par origine ou par conversion, qui vient à manifester un intérêt assidu pour l'intégrisme.

Selon mes informations, d'ailleurs, nos services de prévention font un excellent travail de repérage et de neutralisation. Les prédicateurs dangereux sont catalogués et notés selon leur degré de nuisance potentielle. La France est visée tout spécialement par le djihadisme à cause de son implication armée en Afrique et au Moyen-Orient. Accuser le gouvernement de laxisme comme le fait une certaine droite (Sarko, son chef officiel notamment), est à la fois irresponsable et dangereux. D'autant qu'une certaine politique anti-islamique, sous couvert de laïcité (c'est fou le nombre de nouveaux laïcs que compte le conservatisme!), est perçue comme une forme de rejet par une jeunesse mal dans sa peau.

Quel est le sens des prêches extrémistes? Il est proclamé que les occidentaux sont des "croisés" contre la religion d'Allah. Au Nigeria, par exemple, Boko Haram peut être traduit par "l'Occident, c'est péché". Le bon musulman ne ferait que se défendre contre les impies. Par la guerre sainte. Qui transforme le suicide (expressément condamné par le Coran) en sacrifice pour la cause de Dieu...Quant au "croisé", il peut être autant dessinateur de presse que vacancier rôtissant au soleil de Sousse.

Antoine Blanca

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 09:36

Imposer le porc dans les cantines scolaires est tout le contraire d'une décision laïque. Enfants de familles juives et musulmanes devront, s'ils suivent les coutumes de leur famille, jeûner les jours concernés par cette mesure. Ou suivre la recommandation aberrante de Sarkozy: quitter le public pour le confessionnel. C'est de la discrimination. Et surtout une mesure de basse politique destinée à attirer les voix FN en attisant l'anti-sémitisme et l'islamophobie. De tels courants contribuent puissamment à pousser de jeunes en mal d'identité à se détourner de l'intégration dans leur pays de naissance où, le plus souvent à tort, ils se sentent trop souvent mal-aimés.

Ce qui qui me paraît encore plus regrettable, c'est la position identique adoptée par l'Association des Maires de France, désormais présidée par l'ancien ministre chiraquien François Baroin.

Antoine Blanca

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 10:35

Je souhaiterais certainement me tromper, mais j'ai le sentiment que Syriza vient de se jeter à l'eau sans la certitude de savoir nager. Le Premier ministre Tsipras, devant gérer une majorité dont la cohérence n'est qu'apparente, soumis qu'il est à une aile radicale hostile à tout compromis, n'a pas rencontré, non plus, beaucoup de compréhension (pour le moins) de la part de ses anciens partenaires européens. Parmi ces derniers, le ministre allemand des Finances l'a définitivement emporté même sur sa chancelière Merkel qui, associée à Hollande, recherchait la voie du compromis. Là aussi les durs l'ont emporté.

Mais à la différence de l'exécutif grec, l'euro-groupe est d'ores et déjà en train de travailler à un plan B dans l'hypothèse d'une sortie d'Athènes de l'euro. Privé d'une administration motivée et compétente, Tsipras et ses camarades risquent la paralysie, même s'ils s'efforcent de donner une illusion de mouvement. Quant aux citoyens du pays inventeur de la démocratie, ils sont plongés dans le doute: la majorité d'entre eux souhaite encore trouver une porte de sortie permettant à la fois à la Grèce de rester au sein de l'Europe et de desserrer l'étreinte atroce qui étouffe les petites gens et la croissance économique. Un peu la quadrature du cercle...Le dernier sondage attribue 52% au oui, alors que Syriza et ses alliés appellent à voter non...

Nous dirigeons-nous vers une issue tragique de cette crise profonde dont toutes les parties sont, d'une manière ou d'une autre, responsables?

Antoine Blanca

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:44

En principe les élections générales en Espagne seront convoquées en toute fin d'année. Mais les socialistes ont pris tout le monde de court en lançant la candidature de leur secrétaire général, Pedro Sànchez. Un show très 'présidentielle américaine', avec le leader du PSOE seul sur scène avec sa légitime, un beau couple de quadragénaires dans le vent. Version moderne des Kennedy. On n'avait jamais vu ça dans l'Espagne démocratique. Autre nouveauté: le drapeau bi-colore occupant tout l'arrière plan. Or, si le drapeau des Bourbons est reconnu par tous les partis de gouvernement comme étant celui de la nation( puisqu'il est celui de la Constitution de 77 avec son blason), la gauche évite généralement de trop s'envelopper dans ses plis. Les trois couleurs de la République sont encore chères au coeur de beaucoup...*

En tout cas l'initiative PS a déclenché la première bataille d'une campagne qui sera particulièrement rude ( les Catalans élisent, eux, leur Generalitat dès le 27 septembre).

La droite au pouvoir s'est ausssitôt déchaînée contre les accords conclus entre socialistes et les différentes versions locales de PODEMOS, accords qui sont en train de redonner à la gauche les communautés autonomes perdues au cours des deux consultations précédentes. C'est que le PP de Rajoy n'a pas d'allié potentiel en dehors des 'indignés' de centre-droit (Ciudadanos, Cs). Lesquels résistent à se laisser séduire. Les conservateurs sont, désormais, sur la défensive.

Le PSOE a quelques mois devant lui pour convaincre les citoyens de sa capacité à redonner des couleurs aux idées progressistes qu'il a été le seul à porter depuis la mort de la dictature. Encore un effort et l'Espagne deviendra enfin un pays porteur des principes de laïcité de l'école et de l'Etat. Un certain chemin lui reste encore à parcourir dans la bonne direction. La société, elle, me paraît disposée à ce type de changement.

Antoine Blanca

* Le premier 'républicain' à reconnaître le drapeau rouge et or fut Santiago Carrillo, alors secrétaire général du PC alors encore clandestin. Il enleva une belle épine du pied à Felipe Gonzalez.
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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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