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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 10:41

Jean-Luc Mélenchon a raison de rappeler que l'ancienne ville minière ne saurait être tenue pour "le fief de Marine Le Pen", comme le répètent à satiété la plupart des medias. Les chiffres du scrutin du 6 mai sont d'ailleurs clairs: Hollande 58%, Sarkozy 42%. Sans appel donc, il n'y a pas photo à l'arrivée du peloton. Mais l'auto- parachutage de Jean-Luc Mélenchon est-il, pour autant, justifié dans sa forme, comme sur le fond? Encore une fois les chiffres prouvent le contraire: si le 22 avril la candidate d'extrême-droite est bien arrivée en tête, avec 35,5 %, elle était suivie du candidat PS à 27%, tandis que celui du Front de gauche totalisait moins de 12%.

Alors, oui, la gauche unie est, au final, largement majoritaire. Mais certainement pas Mélenchon lui-même qui tente, en cette occasion, un de ses coups d'éclat médiatiques habituels. Une opération plus personnelle qu'unitaire. Car, en arrivant en cette terra incognita pour lui, il a émaillé ses déclamations routinières de railleries contre les socialistes et de persiflages insultants contre leur Internationale.

Si l'alliance PC/Parti de Gauche est parfaitement en droit de présenter son propre candidat, le PS a, lui, le devoir impérieux de défendre sa position a priori dominante au premier tour. Le désistement, au sein de la gauche, sera, de toute manière, automatique au second. Que décidera le parti du Président Hollande? Je ne suis pas dans la confidence. Mais je pressens que d'aucuns sont complexés par l'inconduite de l'ancien maire socialiste de Hénin-Beaumont qui avait même été condamné à de la prison ferme.

A mes yeux c'est là une raison supplémentaire pour ne pas céder le terrain. Pour faire la preuve que notre combat continue sous la double bannière de la probité et de l'efficacité. Après nous être débarrassés du fruit pourri. Et il serait en outre inconvenant de donner je ne sais quelle prime au culot. Mélenchon en a beaucoup. C'est même sa marque de fabrique. Il ne faut jamais le laisser seul...

Antoine Bllanca

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 09:53

42% de participation, contre 35% en 2007, 145 femmes parlementaires, contre 30 il y a cinq ans (mais le nombre de députés a été augmenté): le bilan a été jugé globalement positif par les 500 observateurs étrangers envoyés par l'Union européenne, l'OUA et la Ligue arabe. Les ambassades à Alger s'accordent pour souligner qu'aucun incident majeur n'a été signalé au cours du scrutin et que la participation a été particulièrement faible (20%) en Kabylie, fief du FFS d'Aït Ahmed (21 élus) et du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), lequel avait estimé que les conditions du scrutin ne permettaient pas de présenter des candidats avec des garanties de transparence suffisantes.

Le  FLN et son allié le RND* (rassemblement national démocratique) vont pouvoir offrir au Chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, la majorité absolue confortable qu'il appelait de ses voeux. La surprise vient plutôt de l'affaissement de l'Alliance des partis islamistes dits "modérés", qui espéraient réaliser une bonne percée à l'image de leurs frères Tunisiens, Marocains et Egyptiens. Du coup les barbus crient à "la manipulation", alors que, plus subtils, les socialistes du FFS constatent que "le système a déployé toute son ingéniosité pour se consolider au pouvoir". Et de prendre, dans la foulée, "acte des résultats". Une manière de le valider, malgré tout, le vote.

Les pessimistes diront que rien n'a changé. Les mêmes vont continuer de gouverner le pays avec l'appui vigilant des forces armées, l'ANP. Le pouvoir va être utilisé comme un butin de guerre, garantir l'impunité des corrompus. L'opulence indécente d'une minorité face à la misère assistée du plus grand nombre...Je pense que la réalité est un peu différente. A regarder les choses avec plus d'objectivité, les résultats des élections vont plutôt dans le bon sens. Les citoyens algériens doivent secouer leur pessimisme naturel (justifié il est vrai par un récent passé) et prendre une partie de leur avenir en mains. Refuser le fatalisme, interpeller leurs députés et faire pression sur eux sans crainte. leur rappeler avec vigueur qu'ils sont là pour servir le peuple et la nation.

L'Algérie dispose encore de beaucoup d'atouts. Encore faut-il vouloir et savoir les jouer.

Antoine Blanca

*parti du premier ministre Ahmed Ouyahia; une "alliance" de 3 partis islamistes modéré, participait également au gouvernement sortant.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 17:16

On ne peut converser avec un diplomate, voire avec un journaliste de l'Afrique sub-saharienne, sans être interpellé:"quelle politique va adopter François Hollande sur les questions africaines?"

Comment donner un début de réponse à ce type d'interrogation, quand on sait que les seuls dossiers internationaux qui ont préoccupé l'équipe de campagne concernaient l'Europe, la Chine et les relations avec les Etats-Unis. Bien entendu l'élection ne s'est pas jouée sur la politique extérieure (et même sur les thèmes de politique intérieure le candidat sortant a veillé à maintenir le débat au ras des pâquerettes; parfois même au niveau des bouches d'égoût...). Mais chacun sait que les équipes ministérielles du futur gouvernement commencent à se mettre en place, qu'un conseiller diplomatique présidentiel (Paul Jean-Ortiz, ex-directeur de cabinet de Védrine, bon connaisseur de l'Asie) a été désigné, et d'autres diplomates, retenus. On attend aujourd'hui le parole du nouveau Chef de l'Etat. Avec une impatience mal dissimulée.

Avec Sarkozy, il n'y a pas eu de lune de miel franco-africaine. Mais des habitudes ont été prises, des relations se sont nouées. Personne, sur le continent, n'a oublié le détestable, méprisant discours de Dakar, la distance évidente que veillait à garder le Président vis à vis des terres et des hommes de cette partie du monde qu'il n'a jamais su appréhender. Mais les intermédiaires jouaient leur rôle. Et les hommes politiques africains sont des gens attachés à leurs habitudes. Ils répugnent à changer d'interlocuteurs. Hollande et ses équipes devront apprendre, vite et bien, à approcher cet univers parfois nouveau pour eux.

Les motifs de préoccupation sont grands. Chez les francophones, la situation au Mali est dramatique. Et rien ne s'y fera sans une concertation réaliste avec l'Algérie. Le Niger, le Tchad, le nouveau président du Sénégal, la Mauritanie, nous observent avec anxiété.

En dehors du monde francophone, les inquiétudes sont encore plus manifestes: dans les deux Soudan où la guerre menace de reprendre, au Nigéria où tout peut exploser, dans l'Afrique lusophone (les militaires ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau) où nous n'avons jamais su développer un bon niveau de relation...

Pour ce vieux, grand continent, riche en ressources de toute nature la France représente beaucoup. Et nous ne devons pas décevoir ses peuples. Et puis regarder vers l'Afrique c'est aussi veiller sur des intérêts mutuels énormes. Ceux qui existent, comme  ceux qui sont en devenir.

Antoine Blanca

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:10

Si, d'une manière générale, les premiers pas du changement n'ont pas donné lieu à des incidents notables, certaines réactions du clan des vaincus n'ont pas manqué d'être relevées. Je passe sur la déclaration aberrante de la députée-maire d'Aix ("je ne reconnais pas la légitimité de l'élection") ou celle, à la fois"patriotique"(sic) et pathétique, de Frédéric Lefebvre, se réjouissant à l'avance de la rebuffade que Mme Merkel réserverait, à croire cet illustre disciple de "Zadig et Voltaire", à Hollande en guise d'accueil. Je ne résiste pas, toutefois, au plaisir de m'attarder davantage sur les énormités proférées par Mme Morano et qui font la joie des journalistes.

A la fête de la Bastille, dans la nuit du 6 au 7 mai, elle a vu, avec répulsion, des drapeaux "étrangers" participer à la célébration. Tout autre que la députée de Moselle s'en serait réjouie. Fierté de voir que l' écho des élections françaises est ressenti au-delà des limites communales de Romorantin et de Saint-Cécile-les-Vignes. Mais notre pétulante lorraine y voit, au contraire, une intolérable immixtion dans les affaires intérieures françaises. "Le 10 mai [aujourd'hui] on vote en Algérie. Imaginez-vous les Algériens tolérer qu'on brandisse des drapeaux français* dans les places des villes de ce pays?"

Les drapeaux qui indignent tant la députée étaient (j'ai pris des notes) : syriens (deux), agités par des exilés politiques, bannières aux couleurs du pays de leur père portées, par des Français d'origine algérienne, tunisienne ou marocaine, drapeaux de pays d'Amérique du sud (Uruguay, Brésil, Chili) brandis, comme un geste d'action de grâce, par des enfants de réfugiés politiques qui avaient dû fuir les dictatures militaires des années 70 et 80, et avaient été accueillis fraternellement par le peuple français. A Toulouse, place du Capitole, j'ai aussi remarqué des drapeaux républicains espagnols. Là, les responsables de l'ingérence étaient des petits fils (tous Français) d'exilés de 1939. Tout ce monde avait ressenti comme une offense la campagne xénophobe sarkozyste. Il est naturel que la victoire de la gauche les ait réconforté.

On peut estimer que les dires et médires de la citoyenne Morano ne méritent pas tant d'intérêt. Je crois, au contraire, qu'il faut instruire les uns et les autres sur la signification de certains symboles. Et l'internationalisme est partie à la culture généreuse, solidaire, de la gauche. Sans compter que la dame en question est un peu la porte-parole informelle de tout un courant de non-pensée. En grand besoin d'instruction civique.

Antoine Blanca

*La comparaison de Mme Morano avec l'Algérie est d'autant plus mal venue que notre drapeau y a flotté sans partage, pendant 130 ans. Et surtout, on peut douter que les électeurs algériens éprouvent, dans la nuit des résultats, le besoin de fêter quoi que ce soit...

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 09:41

En décidant de s'attaquer sans nuance  aux syndicats en général, et à la CGT en particulier, Sarkozy avait, comme c'est sa pratique ordinaire, travesti la vérité, joué avec l'histoire tant française qu'internationale. Pour la clarté de mon propos, je me limiterai à l'Europe occidentale.

Les partis socialistes et démocrate-socialistes (et non "sociaux-démocrates"comme on a pris l'habitude de dire) et les confédérations syndicales sont nées d'un même mouvement, parallèlement à l'industrialisation, dans les dernières décennies du XIXe siècle. En Allemagne, en Grande-Bretagne, en Autriche, dans les pays scandinaves, mais aussi en Espagne, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas, les premières confédérations de syndicats se confondaient avec le parti de classe. Ce dernier était en quelque sorte l'expression politique de l'organisation ouvrière à laquelle il était intimement lié.

En contradiction avec ce qu'a été le thème de la droite à la fin de la campagne présidentielle, si la France est une exception, c'est bien parce que force syndicale et force politique de gauche ont été séparées par une barrière infranchissable qui a pour nom "Charte d'Amiens". Partout ailleurs la relations sont restées très étroites. Et quand venait l'heure des élections, cela a été  très longtemps la règle, la confédération appelait à voter pour le parti frère. 

La Charte d'Amiens*est une marque de fabrique purement française. A l'origine il s'agissait, dans l'esprit de ses rédacteurs, de préserver le "syndicalisme révolutionnaire" des pratiques politiques porteuses du virus du compromis. La participation de socialistes au gouvernement de guerre en 14/18, n'a fait que conforter les durs du syndicalisme dans leur conviction. L'irruption du bolchévisme à partir des années 1920 a changé bien de choses, surtout quand, après la Libération, le PCF s'est emparé de la direction de la CGT, et que son chef devint, ipso facto, membre du Bureau politique. C'est Bernard Thibault qui a rompu avec cette pratique.

Dans ses déclarations ultimes, Sarkozy était donc dans l'erreur. Volontaire ou involontaire. Quant à l'adoption du drapeau rouge par tous ceux qui s'identifient à l'histoire du Mouvement ouvrier, elle est totalement compatible avec le drapeau de la République. La Résistance a démontré combien la gauche lui a donné de martyrs.  

Antoine Blanca

* En 1905 les différentes factions socialistes s'unifièrent pour former le PS-SFIO (section française de l'Internationale ouvrière). Mais en 1906 des socialistes alliés aux anarchistes adopèrent un texte proclamant une stricte séparation du syndicalisme et de la politique. Il fut connu, à partir de 1912, sous le nom de Charte d'Amiens. Lors du Front populaire la CGT, alors dirigée par le socialiste Léon Jouhaud, travailla en étroite intelligence avec Léon Blum. En 1945 elle appuya sans restriction le programme du CNR à la rédaction duquel ses leaders avaient contribué.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 17:10

Je n'ai pas été touché par les images venues ce matin de la cérémonie  du Souvenir à l'Arc de Triomphe. Cela sentait trop l'artifice, tant le président battu est incapable de grandeur ou même de simple générosité. En vérité, il pouvait difficilement échapper à l'obligation civique d'inviter son vainqueur, tout comme ce dernier ne pouvait se dérober. Tout était donc froid, figé, sans âme. Fut-elle républicaine.

On ne saurait effacer en quelques heures les traces des paroles et des idées qui blessent. Jamais un Chef d'Etat républicain n'a été si loin dans le défi aux valeurs qui nous ont été inculquées à l'école publique. Et pas seulement au plus fort de la campagne électorale: il y a eu, dès 2007, les allusions directes aux "français d'origine étrangère" (il en fait pourtant partie), à la supériorité du curé, du rabbin, du muphti sur l'instituteur, à nos "racines chrétiennes qui ne doivent pas être oubliées", à "l'apparence musulmane" de soldats venus de nos DOM-TOM...Et puis il y a eu les génuflexions et les signes de croix ostensibles, destinés à faire un pied de nez au principe constitutionnel de laïcité, avant de distinguer entre "laïcs modérés" et les autres. On pourrait revenir sur tous les tristes exploits qui ont émaillé le quinquennat. Ce serait interminable. 

Mais le pire était à venir. C'est au cours de la campagne elle-même que Sarkozy a donné, si l'on ose dire, "le meilleur de lui-même". Il a banalisé les plus repoussantes idées xénophobes au point de mettre en danger l'unité nationale. Aussi sa défaite a-t-elle été accueillie comme avec un profond soulagement par tous nos compatriotes qu'il avait visés dans ses propos discriminatoires. Soulagement visible dans les visages de ceux que nous croisions, dans la rue ou les transports  en commun, au soir du dimanche 6 mai.

Alors pardonnez à ceux qui n'ont senti passer aucun frisson historique, ce matin du 8 mai, Place de l'Etoile. Rien à voir avec Mitterrand et Kohl se tenant par la main en communiant dans le souvenir de Verdun. On se dit aujourd'hui, simplement; qu'il parte, qu'il parte vite. Et, surtout, qu'on ne le revoie plus jamais!

Antoine Blanca

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:02

La journée d'hier dimanche nous a paru bien longue. Et de nuit, il n'y en a point eu. François Hollande est infatigable, inusable. Il ne court pas. Il va, simplement, d'un pas serein. Sans jamais marquer de pause. Celle qui l'a adoptée et le couve comme fils illustre, la Corrèze, le soutient avec tendresse. Je connais bien et j'aime ce Limousin. J'ai parfois, moi-même  du mal à me persuader que je ne suis pas né Creusois. C'est une terre de Culture, de cultures, d'élevages, de dur labeur et de Résistance acharnée. Ici, point besoin d'agiter furieusement des drapeaux tricolores pour être patriote. On l'est par nature, de naissance. Les limousins sont des Jacobins tranquilles qui se rassemblent dans leurs villages, le 11 novembre et le 8 mai, pour relire les noms de leurs parents sur le Monument aux Morts pour la France.  L'honneur ne se proclame pas: il s'écrit en lettres de sang.

Que c'était émouvant de voir hier, dans la nuit à la fois pluvieuse et flamboyante de Tulle, le président du Conseil régional et ses amis jouer un air d'accordéon! Apaisant. Convivial. Et bon pour le commerce et pour l'exportation: la dernière manufacture française d'accordéons prospère toujours dans le chef lieu du département.

Dans mon précédent article j'avais extériorisé mes craintes de voir la cote de Sarkozy remonter. Je me suis fait gourmander par nombre de mes amis lecteurs. En fait il s'agissait d'une mise en garde contre l'excès de confiance. Il reste encore à la gauche à gagner les législatives. Victoire indispensable pour que le Président que les Français ont élu puisse appliquer son programme. Sur sa volonté de le faire je n'exprime aucun doute. La droite, elle, est divisée. Et pas seulement entre FN et UMP. Au sein de l'ex-majorité on va, certes, tenter de calmer, de dissimuler le jeu des ambitions jusqu'au soir du 17 juin (2e tour). Mais les rancunes sont déjà mal contenues.

J'ai lu la presse européenne ce matin. Elle est pratiquement unanime pour reconnaître que le nouveau président français va apporter à l'Europe l'espoir de la croissance économique, d'un nouveau pacte social, d'une manière plus juste de vivre ensemble. A Lisbonne et à Porto, les gens sont descendus dans les rues pour fêter une promesse d'espérance. Mais les portugais ne sont pas les  seuls à respirer cet air frais qui vient de France.

L'austérité comme seul  remède à la crise vient de commencer son agonie. Elle sera longue, mais porte en elle, comme une promesse, l'enfant de la renaissance.

Antoine Blanca

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 12:09

J'écris ces lignes un peu pour conjurer le mauvais sort. Sans doute aussi parce que la sorte d'euphorie que j'ai connue ces dernières semaines en a pris un coup au lendemain du débat entre les deux finalistes de la présidentielle. Car, enfin, comment accorder un minimum de rationalité au fait que, François Hollande s'étant une fois de plus révélé dans toute sa force au cours du face-à-face que l'on affirmait décisif, l'éternel indécis Bayrou s'étant prononcé en sa faveur, les sondages se soient mis à fonctionner dans le mauvais sens à l'approche de la ligne d'arrivée?

Certes, le pronostic demeure favorable, mais ce changement de tendance, pour moi inattendu, m'a un peu gâché la fin de semaine. En fait, à l'heure de la décision finale, la masse électorale de la droite refait surface, reforme son bouclier conservateur. Son score a rarement été inférieur à 47/48%. Notre candidat, en privé, ne cessait de rappeler cette réalité, mais nous étions nombreux à avoir du mal à l'accepter à la vue des sondages qui ne cessaient de se répéter positivement.

Depuis Sarkozy s'efforce de convaincre ses auditoires que le résultat final se jouera sur le fil du rasoir. Alors même que ses lieutenants préparent activement les conditions de sa succession. C'est que, sans doute, ils ne pensent pas la victoire d'un chef, qu'ils ont davantage subi que supporté, comme encore vraisemblable.

Mais si par malheur un retournement se produisait dimanche, cela n'annoncerait rien de bon pour la France. Personne ne sait si la droite pourrait réunir une majorité à l'Assembléee Nationale. Et, même si la contradiction dans l'expression de leur vote serait alors évidente, la France profonde ne veut plus de l'encore président. Alors les lendemains seront si durs à vivre que le chaos pourrait bien s'installer

François Hollande voulait créer les conditions du progrès dans l'apaisement. Nicolas Sarkozy, au contraire, s'est attaché à réveiller tous les méchants démons qui sont en nous.

Allons! Ne nous laissons pas dominer par des inquiétudes plus subjectives qu'objectives. Je reprendrai la plume après la fête pour commenter la victoire...

Antoine Blanca

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 11:01

La décision de François Bayrou de voter Hollande est symbolique. Cet ancien ministre de Balladur et de Chirac n'est pas devenu pour autant un homme de gauche. Il a simplement, à titre personnel, tranché un cas de conscience: le démocrate modéré a voulu ainsi démontrer qu'il n'est pas modérément démocrate. C'est que Sarkozy l'a poussé à bout, comme il a déconcerté nombre d'humanistes centristes. Car le président sortant va laisser en héritage une droite défigurée par ses prises de position favorables aux thèmes extrêmes de la xénophobie, de l'islamophobie, de l'arabophobie, du rejet de l'étranger, de l'exaltation des "racines chrétiennes" porteuses de "valeurs supérieures"à celles des "autres civilisations".

Sarkozy a ramené la République aux années 1930, même si la "mode" était alors, pour une certaine droite, à l'anti-sémitisme avec les assassinats de masse à venir. Bayrou a été longtemps hésitant, sans pour autant, depuis le début du quinquennat, épargner le pouvoir et ses dérives les plus dangereuses. Il a finalement choisi la vraie rupture contre le sacrifice de ses convictions les plus intimes.

Le 6 mai ce ne sera pas simplement la défaite d'une droite traditionnelle.  Sarkozy lui avait donné un tout autre caractère. Il avait concentré autour de sa personne la totalité des pouvoirs. Tel n'est pourtant pas l'esprit des textes constitutionnels de la Ve République. Il a transformé la droite pour en faire une machine à exclure, à discriminer entre les  citoyens. Pour se rapprocher tactiquement de la famille Le Pen, il a revêtu l'armure des croisés d'autrefois. Mais les électeurs de cette tendance lui ont préféré l'original. Et il a perdu finalement sur tous les tableaux. Ayant décidé de tout, il est le premier responsable de son échec. Et, sans doute après les législatives, de celui de la droite tout entière.

Celle-ci va devoir se recomposer dans la douleur. En se dépouillant des oripeaux sarkozystes. Il ne sera regretté que par chansonniers et humoristes, caricaturistes et journaux satiriques.

Antoine Blanca

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:00

Hier soir, à l'issue du débat télévisé entre les deux candidats à la présidence de la République, la grande majorité des Français qui l'avaient regardé ont été convaincus au moins d'une chose: François Hollande a l'étoffe et même la stature d'un bon Chef de l'Etat. Naturellement les commentateurs politiques de la radio et des télés se sont efforcés, comme à leur habitude, de nuancer leur propos, de rechercher des équilibres là où, à l'évidence, il y avait un vainqueur et un vaincu, un opposant pugnace mais digne, d'un côté, un candidat sortant fuyant ses responsabilités et brouillant les pistes à coups de contre-vérités, voire en ayant recours à des arguments de caniveau.

Menteur, calomniateur, répétait à l'envi Sarkozy, expert en ces deux matières. Or la seul fois où il a produit un document (sur les centres de rétention pour clandestins, une lettre de F.H. au président de France Terre d'asile), il a été contredit le lendemain par le destinataire qui se sent outragé par ce qu'il qualifie de "manipulation du sortant"(il a d'ailleurs mis le document en ligne et tous les intéressés pourront vérifier qu'il y a eu tentative de détournement de la vérité).

Sarkozy doit partir. C'est devenu un impératif pour la santé de la France républicaine. Les déséquilibres de son comportement, sa tendance irrépressible à invectiver ses contradicteurs, ont épaissi un débat qui, s'il l'avait pratiqué avec honnêteté, aurait pu nous éclairer davantage.
En tout cas, pour 70%, en moyenne, de ceux qui ont suivi le débat de bout en bout, François Hollande a gagné ce que les jornalistes ont présenté comme une compétition, parfois même un match de boxe. Raccourcis faciles que j'ai du mal à accepter.

Devant le pusillanimité des analystes politiques français, je suis allé consulter la presse étrangère. Elle est unanime, en incluant celle que l'on sait conservatrice, pour reconnaître le triomphe du candidat de gauche. Certains éditorialistes paraissent avoir soudain découvert le personnage...

Le titre le plus significatif est celui du quotidien madrilène El Paìs: "Holande se crece ante Sarkozy". Hollande se grandit face à Sarkozy. Un verbe pronominal, crecerse, que l'on utilise surtout en tauromachie pour qualifier la faena exceptionnelle d'un "matador de toros". Un vrai maestro.

Antoine Blanca

 

 

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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