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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 10:03

Depuis que la droite a repris le pouvoir en Espagne elle s'applique à donner un visage réactionnaire quasi-caricatural à son gouvernement.

Ses mesures d'austérité, touchant essentiellement les retraités, les intérimaires, les emplois précaires, viennent de se voir étendues à l'ensemble des secteurs relevant de l'éducation et de la  santé. "Nous revenons trente ans en arrière. On est en train de démolir toute l'oeuvre de modernisation qu'étaient parvenus à mener à bien le président Felipe Gonzalez et sa majorité, à partir de la fin de 1981. On avait alors sorti le pays de l'ère franquiste. Mariano Rajoy nous fait y retourner", m'a dit hier un politologue espagnol de l'université complutense.

Retour à certaines "valeurs" du franquisme, c'est naturellement avant tout  un retour vers le sécuritaire musclé. A l'autoritarisme le plus affirmé. Le Claude Guéant espagnol se nomme Jorge Fernàndez Diaz. La nouvelle politique va s'inspirer de la législation anti-terroriste adoptée au plus chaud de la guerre interne contre ETA, cette bande criminelle qui défiait quotidiennement l'état de droit et ensanglantait le pays. Désormais les nouvelles mesures viseront les manifestants de tout poil, des syndicalistes aux "indignados". Les conservateurs souhaitent en effet qualifier "la résistance passive ou active" comme un délit "d'atteinte à l'autorité".
Dans le journal Pùblico de Madrid on cite le ministre de l'intérieur:"il ne s'agit pas seulement de réagir juridiquement aux initiatives de guérilla urbaine...mais de refuser l'angélisme juridique". Autrement dit,"l'angélisme" qui caractéiserait la gauche quand elle gouverne(ce prétendu angélisme qui avait permis au gouvernement Zapatero de surmonter l'épreuve des  indignados sans un seul blessé, ni une seule arrestation et de ramener solidement le Pays Basque à une complète normalité démocratique...).

Le Code pénal espagnol est pourtant déjà l'un des plus répressifsd'Europe.

C'est dire que, en guise de réponse aux protestations contre une politique économique et sociale anti-populaire, Rajoy met en place un encadrement légal de la répression à venir.

Antoine Blanca

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 15:56

L'information des lecteurs, des auditeurs et des télespectateurs ne devrait pas être victime d'une recherche de l'équilibre à tout prix (laissons cela au CSA, dont c'est la charge). C'est pourtant la pénible impression que nous avons en constatant que, d'un même mouvement, journalistes, commentateurs et dessinateurs de presse mettent sur un même plan la présence de DSK à une soirée d'anniversaire, dans un petit bistro de la rue Saint Denis, et les révélations de Médiapart (appuyées sur des documents contestés, mais pas forcément contestables), sur un riche financement occulte de la campagne de 2007 de Sarkozy par la Libye de Kadhafi.

D'un côté un fait divers, une démarche privée, une erreur de jugement de la puissance invitante, de l'autre la possibilité d'un scandale de dimension mondiale. La disproportion entre les deux affaires saute aux yeux. Et l'innocence du PS ne saurait, en aucune manière, être en cause. Aux yeux de l'opinion le président sortant n'est pas crédible quand il affirme que l'hebdo dirigé (entre autres) par Edwy Plénel est à la "solde de François Hollande". La preuve: les socialistes n'ont jamais été à l'abri de l'indépendance débridée de l'ancien directeur du "Monde". Sarkozy, que l'approche du scrutin rend visiblement très nerveux, se défend, sans parvenir à convaincre, à propos de la générosité supposée de Kadhafi (les hypothèses  sur les contre-parties offertes s'additionnent, sans pour autant se contredire).

Sarkozy va plus loin encore dans son abaissement: il intervient en personne pour ironiser sur DSK (qu'il avait fait nommer au FMI en multipliant les pressions internationales), et n'hésite pas à évoquer, lui, l'encore Chef de l'Etat, la rue Saint Denis, sa réputation et la petite fête d'anniversaire de Julien Dray, événement qui aurait gagné, il est vrai, à rester privé et discret.

Hollande et ses amis en tout cas, n'ont jamais sombré dans la vulgarité, quand l'UMP dérive si fréquemment vers l'infamie. Les informateurs le savent, comme ils sentent que la position du candidat sortant est désespérée. Mais dans le même temps, ils n'ont pas intérêt à publier que la messe est dite... Pas plus d'ailleurs, reconnaissons-le, que les deux finalistes. L'un parce qu'il ne veut pas prononcer son discours d'adieu avant le terme, l'autre parce qu'il veut garder son électorat mobilisé jusqu'au 6 mai

Antoine Blanca.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 10:29

Aujourd'hui dimanche 55 marches citoyennes sont organisées dans les principales villes espagnoles. Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy est en train de s'enfoncer dans les profondeurs de la crise à laquelle il n'apporte d'autre réponse que l'aggravation de la rigueur frappant les plus exposés. Des coupes gigantesques prévoient de détruire tout le système de santé et d'écorner sérieusement celui de l'éducation. La droite s'était acharné contre le gouvernement Zapatero (qui avait fait un pas de côté et laissé la place à une nouvelle équipe), mais avait sollicité les suffrages des Espagnols sans présenter de programme. Aujourd'hui l'Espagne, effondrée, découvre l'étendue du désastre qui avait été préparé en secret.

Champion de l'ultra-libéralisme économique, Rajoy n'est pas pour autant soutenu par le capitalisme, pas plus l'espagnol que le mondial. Les agences de notation ont une nouvelle fois dégradé l'Espagne tandis que  Bruxelles et Berlin ignorent les appels au secours. Et on découvre chaque jour les conséquences de la gestion catastrophique des communautés régionales majoritairement dirigées par le Parti populaire.

En attendant le 6 mai, François Hollande a déjà remporté une première victoire. Bruxelles et Berlin se sont décidés à considérer positivement la nécessité de relancer l'économie européenne en favorisant la consommation et la croissance. Un grand pas significatif est en train d'être franchi grâce aux socialistes français. C'est pourquoi on nous regarde, avec espoir et sympathie de l'autre côté des Pyrénées.

Le journaliste Miguel Mira écrit ainsi, depuis Paris, pour le quotidien El Pais:

...L'élection présidentielle française est sans aucun doute la plus importante qu'ait vécue l'Europe ces dernières décennies. Le visage de l'UE dépendra en grande partie de la décision que prendront 44 millions d'électeurs de l'Hexagone. Le temps nous dira si nous allons continuer d'être un continent désossé par le chômage, le populisme, la récession, les restrictions budgétaires et les égoïsmes nationaux, ou une Europe plus solidaire, capable de retrouver les chemins de la croissance, de mieux protéger ses citoyens comme ses entreprises, et de freiner l'inquiétante progression de la xénopobie et de l'ignorance...

Nous ne voyons rien à ajouter.

Antoine Blanca

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:56

On spécule beaucoup sur le nom et les qualités du Premier Ministre que le Président Hollande nommerait, s'il est élu comme c'est probable, pour diriger le gouvernement et la majorité. Pour ma part je voudrais, plus modestement, m'interroger ici sur les qualités que devra réunir le futur Ministre des Affaires étrangères.

La responsabilité qu'il portera sera particulièrement lourde. Pour deux raisons essentielles:

-- la première consistera à contribuer à former le Chef de l'Etat à la conduite d'une politique extérieure ambitieuse. Il y aura des choix, presque immédiats, à faire.  Dans le bilatéral comme dans le multilatéral. Théoriquement la France est partie au cercle restreint des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, avec les devoirs que cette appartenance implique. Mais la réalité est différente: nos possibilités, tant financières que militaires sont limitées. Comment correspondre à notre passé prestigieux avec notre statut de puissance moyenne? Comment être ambitieux pour notre pays sans tomber dans la rhétorique ou succomber, comme De Gaulle hier, à l'illusion de la démesure.

-- la seconde devra se donner comme tâche de motiver la représentation nationale, laquelle a eu tendance, au cours de ces  vingt dernières années, à ne rien voir au-delà du bout de son pré. L'indigence des délégations parlementaires que j'ai été amené à recevoir en tant qu'Ambassadeur m'ont toujours consterné.

François Hollande sent chaque jour davantage vers quoi doit s'orienter la vocation européenne d'une France dirigée par la gauche. Mais quelles seront ses priorités pour le reste du monde, tout en sachant que nous ne pouvons être partout, peser sur tous les dossiers, dans tous les continents? Sarkozy aura eu quelques intuitions, mais aucun vrai dessein. Que fera son successeur alors que son parti, le PS, n'a eu, ces dernières années, aucune politique internationale? Beaucoup dépendra de la personnalité qui sera investie au Quai d'Orsay et du degré de confiance que le nouveau Président lui accordera. Kouchner n'avait fait que barboter dans la mare du pouvoir, et Juppé, que conforter son statut de ressucité pour préparer un hypothétique avenir.

Antoine Blanca

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:40

Le professeur, l'intellectuel Tariq Ramadan devrait nous intéresser au-delà de son intervention indirecte, sans doute involontaire, dans le débat électoral français. Professeur d'études islamiques contemporaines à Oxford, ce citoyen suisse de confession musulmane domine admirablement notre langue et, à ma connaissance, il est l'une des rares personnalités à parler, avec compétence et clarté, des origines et des fondements d'une religion pratiquée par plus de 2 millions de nos concitoyens ou de résidents légaux dans notre pays. Chaque fois qu'il a été consulté sur des questions pratiques ou théologiques, en relation avec l'Islam, ses explications ont été équilibrées, étayées sur les textes reconnus ou, quand cela était possible, sur l'histoire. Parfois avec un brin de provocation qui prête sourire aux uns, à irriter les autres.

Homme libre de toute affirmation dogmatique, je suis pour ma part toujours curieux de mieux connaître les raisons qui conduisent d'aucuns à croire en une divinité suprême. En France l'islam et les musulmans sont trop souvent l'objet de manipulations basées sur le mensonge et l'utilisation du comportement d'extrêmistes explosifs, mais fort heureusement très  minoritaires. Dans le but de provoquer des réflexes défensifs de la part des Français. Plus que jamais Nicolas Sarkozy travaille, joue avec le feu sur le régistre de la vérité travestie. Son dernier exploit: attribuer à Tariq Ramadan un appui à la candidature de François Hollande en tronquant, sans retenue, ses propos. Rappelons que ce citoyen helvétique n'a pas le droit de vote chez nous.

Mais le vrai problème est ailleurs. Il s'agit, dans l'esprit du candidat sortant, de donner à entendre que le professeur Ramadan est une sorte de terroriste, de Ben Laden en puissance. Or il a toujours été à l'opposé de l'interprétation religieuse criminelle propre à Al qaïda. Le fondateur de l'organisation citée n'avait au demeurant aucune qualification, aucune formation l'autorisant à prononcer de fatwas ou à se poser en expert de l'islam en général et du Coran en particulier.

Tout se passe comme si Sarkozy souhaitait radicaliser les musulmans de France, à force de provocations, comme il est parvenu à le faire avec une partie de la droite républicaine. 

Antoine Blanca

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:59

Le raccourci est tentant et nombre de commentateurs, voire des caricaturistes de talent comme Plantu dans Le Monde, s'y sont laissés prendre: assimiler la démarche de la gauche à celle des sarkozystes pour ramener dans leur camp respectif, à l'occasion du vote décisif, les électeurs du Front National. L'une est pourtant à l'opposé de l'autre et nous voudrions dire pourquoi.

Dans le vote Le Pen (16,90% pour le papa en 2002, un point de plus pour sa fille en 2012), il y a deux sortes, bien différentes, de motivation. L'une est liée à l'extrême droite, à son histoire et à ses nostalgies. Xénophobie et racisme, revanche éternelle à prendre contre les Sans-Culottes, les dreyfusards, les décolonisateurs. Héritage de Maurras et de Pétain, du poujadisme (Jean-Marie a été député de l'UDCA en 56*) et de l'OAS...Le rapppel serait trop long à compléter.

L'autre motivation nous interpelle davantage. Celle des désarrois cumulés  des régions qui se sentent, à tort ou à raison, abandonnées par la République. Monde rural et zones industrielles hier puissantes et prospères. Villages désertés par médecins et commerçants d'un côté; usines fermées, hauts fourneaux éteints, mines devenues musées, de l'autre. Voilà près de vingt ans que le FN progresse, là où la droite classique, ou le PCF, réalisaient de redoutables scores.

Entre une gauche qui cherche à interpréter le désarroi social d'électeurs désemparés, et un sarkozysme qui hurle avec les loups, fait de la surenchère sur les thèmes chers à la droite fascisante, la différence est abyssale. La démarche de la première est légitime, nécessaire. La seconde est moralement criminelle.

Antoine Blanca

* UDCA, Union des commerçants et artisans, fondée et animée par Pierre Poujade, boutiquier à Saint-Céré. En fait il avait, mêlant corporatisme et anti-sémitisme, ressucité une extrême droite qui se cachait depuis la Libération. Aux élections de 1956, l'UDCA obtint, à la proportionnelle, 54 sièges de députés (14% des voix). Parmi eux plusieurs militants fascisants tels Le Pen et le commissaire Dides.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 10:30

Le président sortant continue de nous saouler de fumée. De multiplier les propos contradictoires. J'ai particulièrement retenu son appel à "ceux qui travaillent et qui souffrent sans rien demander, sans rien revendiquer, sans jamais protester". Pour conclure par un: "rejoignez-moi, aidez-moi", tout en ouvrant  dramatiquement les bras, tel un prêtre au moment de proclamer la messe dite. Des accents gaulliens, tout droit sortis de l'appel à la mobilisation de Londres, en juin 40, quand Sarkozy s'adresse à la France qui se tait, qui baisse la tête sans révolte, qui subit et se résigne.

C'est le Général qui glorifierait le comportement pétainiste. Les Français qui s'accomodaient hier de l'occupation et de la défaite, celle qui se refusait à résister. Insupportable.

Le 1er mai que convoque Sarkozy est celui du troupeau de brebis, rassemblé pour chanter les vertus de l'abattoir et de ses tueurs.

Pour ma part, j'ai été heureux d'entendre le Secrétaire général de F.O. rappeler que le 1er mai, pour les hommes et les femmes de progrès, est une journée de revendication, d'internationalisme, de mobilisation des travailleurs. Le terme même de "fête du Travail"est équivoque. Il a d'ailleurs  été inventé par le gouvernement du Maréchal.

Voilà où en est le bouillant locataire de l'Elysée. Il va finir par nous apitoyer sur son sort. Surtout que, sans le dire, ses troupes parlementaires l'abandonnent pour rejoindre leur circonscription respective. Souvent très menacées. Le "chacun pour soi" ne fait d'ailleurs que commencer.

Le petit roi est déjà nu.

Antoine Blanca

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:05

Les comparaisons en matière de politique et de société sont toujours, en partie tout au moins, hasardeuses. Je prendrai tout de même le risque de rapprocher le désarroi des communistes espagnols en 1977 (premières élections libres après la mort de Franco), et la désillusion des militants du Front de Gauche après l'annonce des résultats de la présidentielle (1er tour), le 22 avril. Les premiers avaient, pendant les interminables années de clandestinité, payé le prix le plus élevé de la résistance à la dictature. Les seconds pensaient avoir réussi leur campagne au-delà de toutes leurs espérances, retrouvé les joies du drapeau rouge brandi et de "l'Internationale" hurlée à pleins poumons. A Madrid comme à Paris, ce sont les socialistes, les "satanés" réformistes, qui ont finalement chanté victoire. Les Espagnols ont estimé, en leur âme et conscience, que c'était le leur, le bon chemin.

Et pourtant...Si on avait proposé à Mélenchon et à ses alliés PC, en entrant en campagne, de signer pour 11% des voix, ils l'auraient fait des deux mains. Meetings, défilés, rassemblements réussis sont ensuite passés par là et regonflé à bloc candidat et supporteurs. Au-delà du raisonné et du raisonnable. Et notre bon Jean-Luc de rêver tout haut à une place de finaliste. 

Le verdict du 22 a dû le ramener sur terre. Le score total de la gauche non socialiste est finalement resté dans la fourchette, haute, habituelle depuis 1981. Mais en dépit des déceptions affichées, le résultat se révèle, à bien le peser, positif. Tant pour le bouillant candidat comme pour le PCF lui-même. Le premier est devenu une figure politique remarquée, le second a cessé d'être une force marginale descendue des sommets.

La leçon que nous nous voyons contraints de tirer: les citoyens, y compris ceux qui aiment, comme moi-même, les drapeaux prolétariens et les chants de "La Commune de Paris", ne sont pas disposés à se sacrifier pour une révolution incertaine. Et les slogans ne suffisent pas. Nous savons bien que "la révolution citoyenne" du camarade Mélenchon ne peut se réaliser qu'avec le vote libre des citoyens eux-mêmes.

Antoine Blanca

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 12:18

La tactique électorale du sortant avait été la suivante:

-- Draguer la clientèle d'extrême droite jusqu'à marginaliser son résultat,

-- convaincre les électeurs de "l'inconsistance" de la personnalité de François Hollande,

-- multiplier les propositions nouvelles pour faire diversion sur l'examen de son bilan...

Mais, préventivement, il s'était appliqué à empêcher toute concurrence au sein de la droite (exit Boutin, Morin, Borloo, Villepin).


Sur les trois premiers points il a non seulement échoué, mais encore a-t-il assuré la promotion du FN en mettant au premier plan ses thèmes de prédilection; démontré ensuite, comme en réaction, la volonté, la compétence et l'énergie naturelles du candidat socialiste; étourdi enfin l'électeur par cette accumulation de nouveaux projets présentés par un homme qui, venant d'exercer tous les pouvoirs pendant près de cinq ans, avait perdu beaucoup de sa crédibilité en matière d'innovation.

Si l'on pouvait parler scientifiquement sur le thème électoral, je dirais que la messe est dite: François Hollande sera bien le deuxième président PS de la Ve République. Mais l'expérience nous recommande de rester prudents. Même si le candidat, devenu celui de toute la gauche et des bons républicains, n'aura commis jusqu'ici aucune erreur notable. Une garantie pour l'avenir. Sa décision d'attendre les résultats à Tulle est un bon point supplémentaire dans sa déjà riche escarcelle. Les Français aimons les hommes de terroir.

Mon dernier commentaire, aujourd'hui, concerne le score élevé réalisé par Marine Le Pen. 18%. Soit un point de plus que son papa en 2002. Lequel, en outre, avait été finaliste. Je crois que, tout en étant vigilants, nous ne devons pas tomber dans le piège de la panique. Une fois dépouillée de la partie purement protestataire, négative, de son vote, elle se verra réduite, idéologiquement, à peu de chose. Cela se vérifiera d'ailleurs lors des législatives.

Le succès du PS et de François Hollande se situe dans la continuité de ceux obtenus dans les élections locales, départementales, régionales et sénatoriales. La victoire finale du 6 mai sera parfaitement logique. Il nous appartient de bien piloter le paquebot sur une mer tourmentée.

Antoine Blanca

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 11:32

Nonagénaire, mais toujours bon pied, bon oeil, Jean d'Ormesson, de l'Académie et du Figaro, a prononcé un dernier verdict d'avant premier tour: "seul Sarkozy a une étoffe de chef". Je ne ferais pas du mauvais esprit en rappelant que "chef" se dit "Duce" en italien et "führer" en allemand. Ce serait d'un goût contestable, éloigné, en outre, de la vérité. Voilà dix ans que nous voyons le personnage Sarkozy à l'oeuvre, velléitaire, dans l'agitation permanente, adepte de l'autosatisfaction et des fausses repentances, tacticien plus que stratège, il aura été chef...de clan plus que leader. Il manquera aux imitateurs et aux humoristes comme, dans un tout autre domaine, à ses copains grands héritiers dont il a bien protégé la fortune. Sans doute ne l'oublieront-ils pas.

François Hollande appartient à un tout autre monde. Son univers est celui de l'étude et du labeur, de la pratique d'une éthique provinciale, de la curiosité profonde de mieux connaître la France et les Français. De longues années à la tête du parti le plus compliqué du monde l'ont préparé à affronter tous les obstacles, à ménager les susceptibilités, à trancher sans blesser, à choisir sans désunir. Diriger le PS est un dur apprentissage à la direction de l'Etat. Il s'y est fait des amitiés solides, et des adversités surmontables et, finalement, toujours surmontées.

Mais sa plus remarquable expériennce de terrain a eu pour cadre le Limousin et, précisement le département de la Corrèze.  Terre républicaine et résistante elle fut bien représentée par le radical Henri Queuille* avant d'être colonisée par la droite chiraquienne, dans sa version consensuelle. François y a atterri en étranger. Il l'a conquise avec patience en faisant, électeur par électeur, partager ses convictions sans prétendre les imposer. Incarner en profondeur ce monde limousin jaloux de son histoire et de son identité, n'est donné qu'à des hommes politiques faits de caractère puissant et de sincérité tolérante.

Il n'avait présenté sa candidature à la primaire citoyenne qu'après avoir vérifié dans les urnes que sa province continuait de lui faire confiance. Aujourd'hui c'est donc tout naturellement qu'il demande celle des Français.

Antoine Blanca 

* radical valoisien, républicain modéré, sans être modérément républicain.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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