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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:57

Sans doute s'y est-il préparé, mais cela n'apparaît nulle part: Hollande, probablement notre prochain Chef de l'Etat, va se trouver, dès son installation, confronté à un monde où les inconnues, l'incertitude l'emportent, de très loin, sur la stabilité souhaitable à la recherche de la paix et du développement. Pour adopter le langage onusien...

L'ONU, justement. C'est à dire nous tous, la communauté des nations et des peuples. Impuissante face aux drames qui menacent de faire exploser le Moyen Orient. Car il n'y a pas que la Syrie, actuel épicentre de l'horreur absolue: il y a aussi son voisin le plus immédiat, le Liban où des combats sporadiques se produisent; sans oublier le Yémen et Bahrein, que l'Arabie saoudite ( l'associée stratégique par excellence de l'Occident) tient pour essentiels à sa sécurité et à celle des pays du Golfe. Et plus près de nous géographiquement, le Machrek et le Maghreb toujours à la recherche de nouveaux équilibres. La Libye, par exemple, retrouve la tradition douteuse des luttes tribales. Il y a tant d'armes en libre service sur les sables des déserts!

Dans l'immense Mali, que nous étions censés protéger, seule démocratie de la région, la guerre civile bat son plein. Et son Président légitimé par les urnes, se voit contraint à la démission. Une région, nous ne saurions l'oublier, où se trouve aussi le Niger et ses mines d'uranium qui alimentent nos centrales nucléaires.

Et, alors que nous ignorons encore qui dirigera, dans les semaines ou les mois à venir, les deux super-puissances que sont la Russie et les Etats-Unis, la guerre, la vraie, la plus moderne, menace entre l'Iran des mollahs et l'Israël de Nétanyahou. A la fin du printemps, l'été ou l'automne prochains? On pouvait espérer mieux en guise de cérémonie de bienvenue internationale pour notre élu du 6 mai!

Loin de moi l'idée de vouloir gâter la fête électorale où les relations extérieures ne figurent qu'occasionnellement, comme par effraction. Mais la réalité finira par s'imposer. Encore faut-il être prêts à l'affronter.

Antoine Blanca

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:45

François Hollande, dans une interview au quotidien britannique The Guardian (centre-gauche), a cru devoir rassurer les lecteurs anglais: "en France, il n'y a plus de communistes, ou très peu". Autrement dit, le bolchevik au couteau entre les dents, c'est fini. Etait-ce bien nécessaire de le préciser et de donner matière à polémique? Surtout quand on préside un Conseil général, en Corrèze, où le groupe PC fait partie de la majorité qui le soutient. En Limousin, le PCF respire toujours de manière bien audible...

Mais pour l'essentiel, le candidat du PS à la présidentielle n'a fait qu'énoncer une évidence, défoncer des portes ouvertes. En France, même la droite la plus obtuse a cessé d'agiter le spectre de la "menace communiste". Mais il faut croire que le petit monde anglo-saxon ne renonce pas à ses vieux fantômes. Laissons-les mourir idiots...

Car le formidable mouvement international né de la Révolution de 1917 s'est désintégré à l'échelle mondiale. Même en Chine, où il continue théoriquement à exercer le pouvoir, on a peine à le reconnaître. Une société industrielle en pleine expansion, avec ses milliardaires, ses inégalités profondes, son Shanghaï hyper futuriste et son Hong-Kong inclassable. La Corée du Nord, me direz-vous? Une caricature qui ne fait pas rire, un monde de survivants d'une époque révolue.

En Europe occidentale, les deux forces politiques de poids, en France et en Italie, que l'on pensait enracinées pour toujours dans la vie démocratique et sociale de leur nation, ne font plus partie que de l'histoire. Chez nous elle conserve un certain pouvoir électoral local, dans le cadre de l'alliance avec le reste de la gauche; en Italie elle s'est sacrifiée sur l'autel d'un front anti-Berlusconi très large. Le Parti démocrate (son nouveau nom) n'a plus rien de commun avec ce que fut le parti de Togliatti ou de Berlinguer.

Mélenchon est le dernier a pouvoir nier l'affaiblissement extrême des communistes: à lui tout seul, il a réussi une OPA qui fait du PCF une simple force d'appoint à sa candidature...

Antoine Blanca

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:50

En Espagne, si la droite a gagné sans même avoir présenté de programme, elle s'empresse, une fois installée, d'afficher sa détermination à mettre en marche un projet réactionnaire impressionnant. Au sens propre du mot réactionnaire: un retour en arrière de plus d'un demi-siècle. Car elle est emblématique, la décision de donner carte blanche aux employeurs pour licencier, sans préavis ni payer d'indemnités, leurs salariés. Une mesure qui ouvre la voie à beaucoup d'autres du même acabit.

Quelle sera la riposte politique et syndicale? La gauche, essentiellement le PSOE, est KO debout depuis sa toute récente défaite électorale. Elle a du mal à retrouver son souffle. Quant aux deux grandes confédérations de travailleurs, UGT socialiste et Commissions ouvrières, organisation née dans la clandestinité anti-franquiste (proche des communistes), elles ont appelé à une manifestation unitaire ( la semaine prochaine) et envisagent de convoquer une grève générale à une date non précisée...

Mais il s'agit là d'une sorte de service minimum et le scepticisme, quant à l'efficacité immédiate de telles actions, domine les esprits.

Les débordements répétés, par des groupes violents, en Grèce (où les syndicats souhaitaient faire des démonstrations pacifiques de force), inquiètent la gauche espagnole qui est en train de renforcer son propre service d'ordre. Le chaos pour le chaos n'a jamais fait avancer la cause démocratique.(1)

Le constat, douloureux pour salariés, retraités, travailleurs des villes et des campagnes, est que ces mouvements de protestation se heurtent à un mur invisible mais insurmontable. D'où, Impuissance, désarroi. Que faire alors que l'on promet de plus en plus de sang et de larmes pour le seul profit de Wall Street, la City de Londres et le CAC 40 (dont on vient d'annoncer que les profits ont augmenté de 37% en 2011, par rapport à l'année précédente).

Que faire? Analyser le plus froidement possible la situation au niveau européen, tant au niveau des partis de la gauche démocratique qu'à celui des organisations syndicales. La période électorale actuelle n'est pas propice aux projets de réorganisation portant sur le moyen et le long terme. Mais le début de l'espoir pourrait venir de France avec la victoire probable de François Hollande. A condition que la gauche européenne la considère comme la première lueur d'espoir au milieu de tous ces décombres (2).

Antoine Blanca

1- Combien de manifs, de grèves générales se sont avérées inopérentes, désespérantes en Grèce? Espagnols, Portugais veulent éviter les mobilisations qui demeureraient symboliques.

2- Nous sommes inquiets de constater la décrépitude des partis démocrates socialistes (et des confédérations qu'ils contrôlaient) dans la plupart des pays scandinaves tout comme dans le Royaume Uni. Sans idées et sans ressort. Les Français peuvent-ils contribuer au renouveau? Il faut l'espérer. Car la droite gouverne en Europe par défaut.

La solution ne peut être que politique, fruit d'un long et profond exercice de reconstruction à l'échelle européenne.

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 09:53

Je viens de lire le texte de l'entretien que le Premier Ministre François Fillon a accordé au journal Le Monde, et j'ai ressenti un curieux malaise, celui qui vous saisit, par exemple, autour d'une table, quand l'un des participants au débat tente d'expliquer l'inexplicable, bafouille sans conviction des arguments mal échafaudés. Fillon m'est apparu aussi comme un représentant de commerce qui ne croit pas, ou plus, au produit qu'il est chargé de vendre. Mais il lui faut tenir son cahier de charges et il le fait avec une abnégation ennuyée.

Relisons la page correspondante du Monde:

L'urgence de convoquer les électeurs à des référendums? C'est que, depuis que le Sénat a viré à gauche, on ne peut plus légiférer, sans risque pour l'exécutif, par voie parlementaire. Or le changement de majorité sénatoriale est récent. Le pouvoir n'avait-il pas, pendant quatre ans, la possibilité de répondre à ces supposées "urgences législatives"?

Fillon n'aurait pas tenu les mêmes propos que Guéant, affirme-t-il (et nous le croyons), mais il ne tente pas moins de les illustrer, sinon de les justifier comme l'a fait Sarkozy. Le résultat est pitoyable. Tout y passe: le danger du "communautarisme" que Hollande favoriserait. Ah, bon! Où et quand le PS et son candidat l'ont-ils préconisé? La religion musulmane, les droits des femmes, l'intégrisme...Autrefois c'était l'Eglise catholique qui menaçait le libre exercice de nos libertés, concède le pieux Fillon; aujourd'hui c'est l'Islam (de manière cononcturelle, tient-il, prudent, à préciser) qui a pris la relève. Quel raccourci historique audacieux! 

Inutile de revenir sur tous les développaments de l'entretien. Tous sont de la même veine, frappés au sceau de la mauvaise foi, de l'embarras. Un devoir un peu bâclé, parce qu'imposé, qu'il fallait remettre au professeur principal, avant les vacances. Rédigé sous la contrainte de l'autorité supérieure, cela ne fait jamais de la bonne littérature.

Celui qui continue de se dire le disciple de Philippe Seguin (mais qui peut encore le croire), a sans doute beaucoup enduré au cours de ces cinq dernières années. Par calcul, par ambition. Aujourd'hui, il donne le sentiment d'avoir hâte que tout cela soit fini. Il lui faudra bien, pourtant, boire le calice jusqu'à la lie.

Antoine Blanca

PS: Combien avons-nous d'électeurs français, de confession musulmane, qui se sentent visés, humiliés par les campagnes islamophobes de la droite sarkozyste? On peut estimer que leur nombre est suffisamment important pour que les froids calculs des spécialistes en électoralisme le prennent en considération. Si c'est le cas, l'UMP ne cesse de se tirer des balles dans le pied. Car ils sont bien naïfs ceux qui croient au "vote arménien" venant compenser l'hostilité du vote musulman. Essentiellement parce que les descendants des survivants du génocide votent traditionnellement à gauche, et que leur suffrage n'est pas achetable.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 10:05

Hier, samedi 11 février, les centristes de tout poil sont devenus fiévreux.

Spécialiste de la présidentielle, sorte de sphynx quinquennal de la politique, François Bayrou  a été le premier a sonner la révolte. Alors qu'il entamait un flirt discret avec la droite (orthodoxie économique et financière, chantre d'une nouvelle rigueur), il a douloureusement découvert, en lisant Le Figaro magazine, que Sarkozy ne s'intéressait plus à lui. Comme une épouse humiliée il a poussé des gémissements de veuve sicilienne, juré que sa démarche était essentiellement inspirée par l'humanisme, qu'elle était donc à l'opposé du sarkozysme (dernière version). Et, sans attendre davantage, il s'est adressé, refoulant des sanglots, à tous ses amis (très nombreux) qui l'avaient abandonné en mai 2007. Devenu biblique, il leur a dit: revenez à la maison du Père, il vous sera beaucoup pardonné. Et de conclure, revenu sur Terre: votez pour moi!

Mais l'éveil le plus brutal a été celui de Jean-Louis Borloo. Son visage était celui d'un homme voulant secouer une pesante gueule de bois. C'est que, celui qui a été, quatre  ans durant, le N°2 du gouvernement Sarkozy-Fillon, venait de découvrir, le grand naïf, l'ampleur de la dernière manoeuvre tactique du (bientôt) candidat Sarko. Faisant preuve de sa témérité coutumière, l'ancien super-ministre s'est exclamé: "je ne laissera pas passer ces déclarations sans réagir!" Exégètes du borlooïsme, au travail...

Par delà le commentaire ironique, quelque chose de sérieux est en train de se passer: ayant tout misé sur l'absence de la Le Pen au 1er tour, Sarkozy s'est privé de son aile modérée. Il  a choisi d'écouter Buisson,  Mariani,  Estrosi, Ciotti et autres grands intellectuels contre des compères plus classiques. Il a préparé son coup avec le JDD de la semaine dernière, avec son sondage "Et si le FN...?" Le chemin du désespoir en fait: car au lieu de subir en silence, comme d'habitude, les délaissés centristes se sont mis à donner de la voix.

Et de renforcer ainsi notre conviction première: de toute manière l'ancien maire de Neuilly est f...

Antoine Blanca

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:03

J'ai bien ri en entendant Sarkozy s'exclamer, tout à son indignation, devant des travailleurs inquiets d'un centrale nucléaire: "ceux qui veulent la fermer, sont des politicards, tout cela est de la pure politicaillerie!" En d'autres circonstances et sur d'autres sujets, cela aurait pu passer pour de l'auto-critique. Non, bien entendu, il parlait bien de Hollande et, accessoirement, des Verts...

C'était en réalité un prélude à son nouveau ton de campagne: tous les mauvais coups vont être permis. S'il lui arrive d'écouter ses conseillers, il a toujours, in fine, agi en suivant son propre instinct. Mauvais élève à l'école et au lycée, coutumier des fonds de classe et de la proximité du radiateur, il est pourtant toujours parvenu à ses fins. Ainsi a-t-il fini par obtenir sa robe d'avocat. Par la porte de service, certes, mais il est entré au Barreau. Il est devenu maire de Neuilly en écartant son premier mentor, super-Pasqua, un expert pourtant en coups tordus. A cette époque le petit Nicolas commençait à peine à se raser. Il n'a connu sa première déconvenue qu'avec la défaite de Sa Suffisance Balladur. Mais, tel une balle en caoutchouc, il n'a guère tardé à rebondir.

Jeudi il entrera donc officiellement en campagne et dimanche 19 il fera son "grand meeting"inaugural. En PACA tous les élus UMP et assimilés sont censés être sur le pont pour ratisser large. Ce sera dur de remplir une grande salle, mais avec de gros moyens on y parviendra. "Evitez de ne nous envoyer que des vieillards par bus entiers à partir des maisons de retraite", aurait demandé le Château. Même si trouver des jeunes pour agiter des drapeaux n'est plus une tâche facile. L'UMP arrivera à sauver les apparences.

Après le meeting, le nouveau candidat déclaré improvisera. Jusqu'ici il l'a fait avec un relatif succès. Il y a eu les temps des débauchages à gauche, à droite, au centre, dans la "diversité". Le Président payait de sa personne, séduisait et récompensait à tout va. Ces  derniers mois la machine s'est grippée et il a eu beau utiliser toute sorte d'huiles mécaniques, elle ne marche plus qu'en grinçant douloureusement. Sarko est maintenant tout seul à la manoeuvre. Ou presque. Autour de lui ils sont rares à y croire encore un peu. Alors il va tout tenter, tous les coups, surtout ses préférés, ceux qu'on envoie en bas de la ceinture. Mais ses trucs sont par trop usés, notoirement connus. 

Le 6 mai, il fera ses adieux à la scène. Et quand il voudra revenir, il y aura beaucoup de concurrence.

Antoine Blanca

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 12:04

L'inquiétude est de plus en plus vive dans les pays de l'Union les plus vulnérables. Comme vient de le dire un diplomate européen (cité par The Economist), le nouveau pacte budgétaire que l'Allemagne veut imposer aux Etats de la zone euro "est un traité qui rend le keynésianisme illégal". C'est l'accélération d'un processus que la droite au pouvoir à Bruxelles vise à mener à son terme: rendre en pratique illégale ou impraticable une politique de gauche.

Si Hollande gagne, comme c'est probable, les élections présidentielle et législatives, il faudra se préparer à mener ce nouveau combat. Notre choix d'une Europe unie, n'est pas un choix inégalitaire, encore moins celui de se soumettre à la volonté d'un ou de plusieurs pays dominants. En commençant par la Grèce (les autres pays d'Europe du sud ne tarderaient pas à suivre), un Etat endetté ne serait plus souverain dans la conduite de sa politique intérieure en matière financière et budgétaire. Sa souveraineté serait, demande Mme Merkel, transféréee par l'Eurogroupe à un commissaire. Le Secrétaire général du PS portugais a estimé que cette proposition de Berlin violait les principes de base de la souveraineté et "la dignité même des peuples (l'hebdo lisboète Pùblico rappelle la proposition, touchante de délicatesse, du Commissaire à l'énergie, Gunther Oettinger, de mettre les drapeaux des pays trop endettés en berne devant les bâtiments de l'UE.

Sous la houlette de la droite allemande, certains Etats membres sont en train d'abandonner toute idée de solidarité et de cohésion, d'égalité même. Tout pourrait se passer comme si "les riches" étaient déterminés à soumettre les Etats qui connaissent des difficultés, à commencer par ceux de l'Europe  du sud. A les exploiter et à les humilier au moyen du mécanisme de la dette.

Ce n'est pas dans cet esprit que nous avons nourri notre idéal européen.

Antoine Blanca

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 10:49

"Travailleurs du monde entier, unissez vous!", tel était le cri de ralliement des fondateurs de l'internationalisme. La gauche peut, à bon droit, revendiquer cet héritage, même s'il a connu des fortunes diverses. Surtout après que la SFIO en France, le SPD en Allemagne furent incapables d'arrêter la marche vers la plus horrible des boucheries. Notre Jaurès, "tombé au devant des armées", demeurera pour toujours le symbole sacrificiel d'une quête désespérée de paix. La Grande Guerre fut l'échec le plus douloureux de l'idéal de fraternité entre les peuples.

A gauche l'internationalisme est naturel, originel. Il est actuellement en panne d'initiative et surtout de grandeur. Peut-être parce qu'il avait, électoralement, grandi trop vite. Mais les structures existent, qui ne demandent qu'à être réactivées, et les coeurs militants à travers le monde ont gardé leur mémoire. On regrettera qu'elle ne retrouve sa plénitude que dans les temps de malheur, quand un peuple est frappé par la dictature et les persécutions. Grèce, Chili, Espagne, Portugal, Cône Sud de l'Amérique...Mais nous sommes en droit aussi d'attendre beaucoup d'un Parti socialiste européen qui ne vit, pour le moment, que par l'action de son groupe parlementaire. C'est un début, mais il s'avère bien insuffisant.

L'internationalisme à droite, lui, n'est pas fondé à exister. Il est même contre nature, uniquement destiné à défendre des intérêts inavouables et forcément, à un moment ou à un autre, contradictoires. C'est le cas pour les amours tardifs entre Angela et Nicolas. La première a été rendue furieuse par le projet de François Hollande de renégocier le Traité franco-allemand, lequel s'est révélé avec le temps, par trop favorable à son pays. Le second est soudain persuadé que seul l'appui public de la Chancelière est susceptible de le faire sortir de l'impasse électorale dans laquelle il s'est enfermé.

Chez les conservateurs l'idéologie ne s'élève jamais au-dessus de la mesquinerie quotidienne. Elle touche le porte-feuille, jamais le coeur. La présence de Mme Merkel dans un meeting sarkozien équivaudra à celle des pompiers de service. Dans un meeting socialiste, au contraire, celle de leaders  de partis frères serait reçue avec la ferveur due à une très ancienne tradition ouvrière.

Le bon côté immédiat des choses est que la participation de la droite allemande à la politique intérieure française sera sans aucun doute mal reçue par l'opinion. A trop s'agiter pour sortir du trou on risque fort de s'y enfoncer davantage. On le lui souhaite, en tout cas...

Antoine Blanca

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:15

 Les cartels du trafic des stupéfiants ne sont pas les seuls maux qui menacent de destabilisation l'Amérique centrale. Une étude très complète du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a dénombré 23 catégories du "crime en bande organisée" opérant dans la région. L'Agence onusienne propose à la communauté internationale la signature de conventions de sécurité entre les républiques concernées et les Etats-Unis, la France et d'autres pays européens. Pourquoi notre pays? Parce que, avec nos départements des Antilles et de la Guyane, nous ne manquerions pas d'être  touchés par l'onde de choc que provoquerait l'explosion de ces territoires. Nous nous trouvons à leur périphérie immédiate. Or, s'ajoutant à la tragique situation d'insécurité qui a motivé le rapport, les pays centre-américains connaîssent aussi un taux de misère et d'exclusion sociale qui touche la moitié de ses 40 millions d'habitants, une détérioration accélérée de l'environnement (eaux et forêts en particulier) et une fragilité politique  des institutions qui vient s'ajouter à la corruption traditionnelle.
Seul le Costa Rica échappe partiellement à ce constat.

Le PNUD souhaite que les Français participions à la mise en place d'un ambitieux programme de formation et d'équipement (patrouillage maritime et aérien aujourd'hui quasi-inexistant). Sont appelés aussi à la rescousse, Washington avec ses Agences spécialisées concernées, Ottawa et Madrid. La réponse des Etats de la région a été, en général, la militarisation de la sécurité intérieure (Guatemala, El Salvador, Honduras et Nicaragua) et le  renforcement des Corps de police au Costa Rica et au Panama (où les Forces Armées sont proscrites par la Constitution).
Pour le moment la saignée n'a pas été contenue. Et sans un effort international conséquent, sur la base de celui détaillé dans le rapport du PNUD, l'explosion du désordre généralisé ne sera pas évité dans la prochaine décennie. 

Antoine Blanca

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:51

Selon toutes les apparences les 20 Amériques latines avancent, dans la concertation, vers une coopération chaque jour plus concrète. Les gouvernements de la région ont à ce point multiplié les réunions au sein d'organismes communs, anciens et nouveaux, que l'on pourrait se demander s'ils ne vivent pas désormais en colocation... Des gestes plus que symboliques viennent renforcer ce sentiment de bon voisinage: telle l'arrestation par le Venezuela des chefs du principal cartel colombien. Le Président Santos en a remercié chaleureusement son collègue Chàvez. Il y a quelques mois les deux pays avaient interrompu leurs relations diplomatiques et on disait les deux pays frères au bord de la guerre...

Et pourtant...Comment interpréter l'escalade de grandes nations dans la course au réarmement? Alors que l'heure est aux réajustements budgétaires, et la priorité à renforcer la vigilance sociale en faveur des plus démunis, l'Amérique latine consacre de plus en plus de moyens au réarmement. 70 milliards de dollars pour la région, en 2010. Mais, surtout, une augmentation annuelle de 8,5%, dans la période 2003-2010 (défense et sécurité). Le Brésil ne cesse d'accentuer son hégémonie dans le sud-continent, améliorant sa compétitivité commerciale dans la production de matériel de guerre, et son propre équipement sophistiqué (transfert de technologie avec la France pour la construction de sous-marins nucléaires, programme Prosub). Le budget militaire pour 2012 (36 milliards de §) est en augmentation de 5,8 milliards de § par rapport à l'année précédente. Quant au Venezuela, il est devenu le 8e importateur de matériel de guerre de la planète.

De quoi être surpris quand on sait que, heureusement, aucun conflit armé ne se profile entre pays de la région. Même en prenant en compte la nécessité de veiller à la sécurité des frontières (particulièrement étendues pour le Brésil) il faut espérer que les gouvernements de la région ne vont pas alimenter la renaissance du militarisme qui a déjà fait tant de mal dans un passé relativement récent.

                                       ++++++++

En marge de ces préccupations, il est utile de rappeler qu'un sujet plus immédiat retient l'attention du monde politique et de la presse: le VIe sommet des Amériques, qui doit être célébré à Cartagena de Indias (Colombie), du 9 au 15 avril, pourrait être compromis par l'absence volontaire de certains pays. Le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, entre autres, n'y participeront que si Cuba (qui n'a pourtant rien demandé) est invitée. Les Etats-Unis s'y refusent...A suivre.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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