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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 14:45

Deux personnalités de premier plan du pouvoir actuel, interrogées sur les propos "civilisateurs" de Guéant, ont fait des réponses identiques, après s'être râclé la gorge avec embarras: " ce que Claude Guéant a voulu dire..."Ainsi tant Juppé que Guaino se sont vu contraints d'interpréter les déclarations d'un autre grand commis de l'Etat. Cela pourrait être cocasse. Mais c'est en réalité déplorable. Surtout aux yeux du Ministre des Affaires Etrangères qui a déjà vu un pan entier de sa politique (Méditerranée et Moyen Orient) partiellement détruit par un calcul électoral de son Président (pénalisation de la négation du génocide arménien) [1], et qui est aujourd'hui informé par ses missions diplomatiques des réactions irritées (même si elles sont encore sourdes) des pays musulmans au discours de notre ministre de l'intérieur, chargé de mépris hautain vis-à-vis de leur culture commune. De Rabat à Karachi, nous venons de perdre beaucoup d'amis.

L'ère sarkozienne avait pourtant commencé sous de meilleurs auspices. Affreusement coûteuse, la Conférence de l'Union pour la Méditerranée avait eu le mérite d'esquisser de grandes ambitions et d'amorcer des dialogues qui ont été incomplétement prolongés. Pour la France, il est vrai, les lendemains s'étaient limités à une réception en fanfare de Kadhafi et à la présence, à la droite du Président, de Bachar el Assad au défilé du 14 juillet à Paris...La "grande Méditerranée" a sombré comme tous les autres projets sautillants de M.Sarkozy, lequel a désormais pour seule ambition de se raccrocher désespérément à la juppe de Mme Merkel, qui n'en peut mais...

Les divagations agressives de M.Guéant ont donc, d'ores et déjà, des repercussions négatives au-delà de nos frontières, comme c'est le cas pour l'utilisation mal appropriée de l'Histoire pour des motifs électoralistes mesquins.

Antoine Blanca

1- j'ai le regret de rappeler que la plupart des parlementaires socialistes sont tombés dans ce piège de perdition, conduits, sans arrière-pensée électorale faut-il le dire, par les collègues qui ont une importante communauté arménienne dans leur municipalité...

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:00

Claude Guéant ne pouvait pas avoir choisi meilleur auditoire que celui des activistes et sympathisants de l'UNI, cette anti-UNEF idéologiquement liée à la droite extrême. Jeune Nation et Occident hier, FN et ses semblables, groupuscules adversaires ou alliés, aujourd'hui. Les propos du ministre sur les civilisations ne risquaient nullement d'être contredits par des participants ravis...Mais sans doute pas dupés par la supercherie.

Même s'il a évité de se montrer trop spécifique, il est évident qu'il se référait à la civilisation arabo-musulmane, l'inférieure, face à la judéo-chrétienne, l'Unique. Les Croisés contre Saladin. La chose est tellement énorme, a si peu,  de place, a priori, dans l'actuel débat électoral, qu'il serait tentant de répondre à la provocation par le silence.

Le thème des civilisations a inspiré des milliers de colloques dans des centaines d'universités, un sans-nombre de thèses doctorales n'ont pas fini d'épuiser le sujet, quand un ministre de la République tranche la chose en quelques mots destinés à exprimer son mépris pour tout un univers. Une nuance surprenante: plus que de civilisation chrétienne, il se réfère textuellement à celle qui loue les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité. Reconnaissons qu'il fait très fort dans l'entretien de l'ambigüité. Nous imaginons bien les farouches guerriers Croisés "délivrant le tombeau du Christ à Jérusalem" en criant leur foi dans la devise de la République, ou Saint Jacques de Compostelle (que les Espagnols appellent Santiago Matamoros) sabrant les musulmans au cri de vive la démocratie!

Pardonnez-moi: j'ai réagi malgré moi en quelques mots. Mais Guéant savait très bien qu'il allait provoquer l'intelligence universelle. Il n'est ni un sot, ni un ignorant. Il mise sur l'éventualité d'une Marine Le Pen incapable de réunir les 500 signatures. Et drague son électorat dès le premier tour. C'est aussi mesquin que cela. Les Civilisations? Oublions-les.

Antoine Blanca

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:36

Chaque PS a ses règles. Celles du français ont beaucoup évolué ces dernières années pour donner l'avantage, dans  toute désignation à une resposabilité individuelle, au vote direct des militants. Sans rappeler la dernière innovation, de taille: des primaires ouvertes pour choisir le candidat à l'élection présidentielle. Les Espagnols, comme tous les grands partis frères d'Europe, sont restés fidèles à leurs origines: élection des délégués qui auront seuls mandat de représenter la masse des adhérents au Congrès (appelé fédéral au PSOE).

Cela a permis au PSOE de réagir rapidement à la situation de crise issue de sa défaite  aux dernières élections. Quelques semaines ont suffi pour réunir le XXXVIIIe Congrès, accepter formellement la démission de José-Luis Rodriguez Zapatero, ancien Président du gouvernement et, dans la tradition espagnole, chef simultanément du Parti, lui rendre un rapide hommage (il va quitter la politique active et justifier par écrit de son action de chef de l'exécutif pendant huit ans) et élire le nouveau Secrétaire général. Sur ce point essentiel de l'ordre du jour du congrès de Séville, la lutte a été serrée, l'ambiance, tendue.

Un candidat (Alfredo Pérez Rubalcaba, l'ancien ministre de l'Intérieur qui vient de mener la bataille des législatives), et Carme Chacòn, elle-même ancien ministre de la Défense, étaient en lice.
Rubalcaba l'a emporté de 27 voix sur un petit millier de délégués ayant voté (de fait, ils l'ont tous fait).

Il va avoir pour tâche de doter le PSOE d'un programme susceptible de le conduire à le victoire contre la droite, dans quatre ans, de veiller à l'unité de l'organisation qui s'est davantage divisé sur les personnalités que sur les questions de fond, de redonner du souffle aux provinces et aux communautés que le parti a cessé de contrôler. Carme Chacòn, malgré l'étroitesse de sa défaite, se dit disposée à aider le nouveau Secrétaire général sans restriction.

Je crois à sa sincérité et à celle des forces qui l'ont soutenue, en particulier le PSC (parti socialiste catalan) 1). Pour l'anecdote, signalons que le "match" Chacòn/Rubalcaba ramenait d'une certaine manière les Espagnols au football. La première étant naturellement fan' du Barça, le FC Barcelone. Tandis que Rubalcaba, depuis son adolescence, est un inconditionnel du Real de Madrid...

Antoine Blanca

1) Le PSOE est un parti fédérant des partis autonomes, comme le PS catalan et le PS d'Euzkadi, pays basque.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:08

Pour beaucoup d'entre nous, ceux qui avions voulu voir dans les manifestations massives, répétitives, contagieuses, des masses indignées en Afrique du Nord et au Moyen Orient, un mouvement irréversible vers la liberté et la probité, les apparents coups d'arrêt, sanglants ou électoraux, sont autant de motifs de déception.

Or, en dépit des événements de Port Saïd et du Caire, quelle que soit notre révolte face à l'intensification indicible de la répression en Syrie, le monde arabophone, hier figé dans un absolutisme sans faille, continue d'avancer, à pas mal assurés, vers une démocratie qui finira bien par trouver ses propres marques et ses repères. En Egypte, un pouvoir militaire, longtemps protecteur de l'inavouable, ne cesse de rappeler qu'il détient toujours le monopole de la force, qu'il est le seul garant de la sécurité publique (donc de la manne touristique). Sous d'autres aspects, l'instabilité persiste au quotidien en Tunisie comme en Libye...

Mais il y a eu des élections, même si le processsus est inachevé en Egypte et s'il n'est pas encore programmé en Libye. On dit : mais ce sont les "islamistes" qui l'ont emporté! C'est jeter les bébés avec l'eau du bain. Au Maroc comme en Tunisie et au pays des Pharaons, les "frères" étaient les seuls organisés, avaient le contact avec les plus humbles des villes et des campagnes, apparaissaient comme les garants d'une timide société de redistribution et d'une certaine pratique morale fondée sur le Coran. Je n'ai jamais souhaité leur victoire, mais je l'ai toujours jugée inévitable. Aidons ces nouveaux élus à s'installer, reconnaissons leur incontestable représentativité: ce sont eux qui se chargeront de l'établissement de nouveaux équilibres. Retrouver une stabilité durable est essentiel.

Donnons moins de leçons et montrons nous plus solidaires. Une brèche a été ouverte qui permet de poursuivre le chemin. Mais construire la route menant à la Démocratie exigera encore de longs et pénibles efforts.

Antoine Blanca

 

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 10:40

C'est avec une modestie qui l'honore que le candidat socialiste, François Hollande, est allé se soumettre à la mise en demeure de la fondation Abbé Pierre en faveur du logement social. En d'autres circonstances il aurait pu présenter avec vigueur la question préalable suivante: je signe par sympathie pour votre action globale, mais, en tant que socialiste, je n'ai pas à me faire le moindre reproche en matière de droit au logement. Notre camarade Henri Sellier (1883-1943), maire de Suresnes pendant 22 ans, a été le maître à penser et la figure de proue de l'urbanisme social. Fondateur, dès 1919, de l'Ecole des hautes études urbaines (aujourd'hui Institut d'urbanisme de Paris) il a tracé le bon chemin. Au lendemain de la Grande Guerre, il se consacra entièrement à l'amélioration de l'habitat des populations défavorisées (en 1921 la publication de sa thèse "La crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitat populaire" marquera les esprits humanistes et fera des centaines d'émules parmi les élus municipaux).

Henri Sellier n'a pas attendu son élection à la mairie de Suresnes pour travailler au nouvel édifice: administrateur, puis président, en 1916, de l'Office départemental des Habitations à bon marché de la Seine, il fit entrer dans l'histoire de l'urbanisme les Cités Jardins, ces villes nouvelles d'avant-garde où les travailleurs et leur famille trouvent un cadre de vie "fait de lumière, de joie et de santé" à proximité de leur lieu de travail. Au cours de l'entre deux guerres il s'en créa onze dans ce qui était alors le département de la Seine.

C'est la gauche, et la gauche avant tout, qui porte depuis la cause de l'habitat social. Certes, après 1945 on fut contraint de construire dans l'urgence absolue des logements en masse. L'idéal de la Cité Jardin fut un long moment laissé de côté. Mais les communes dirigées par la gauche prolongèrent l'action de celui qui fut aussi ministre de la Santé du Front populaire. La plupart des villes dirigées par les conservateurs, préfèrent payer l'amende plutôt que de favoriser la construction de HLM. Maire de Neuilly, Nicolas Sarkozy ne dérogea pas à cette règle établie par ses prédécesseurs.

C'est pour quoi les activistes de la Fondation Abbé Pierre, footballeurs ou non, devraient cesser de mettre tous les élus dans un même panier à linge sale. Ils devraient même regarder le candidat socialiste avec l'humilité due à l'héritier d'un pionnier de la Cause qu'ils défendent aujourd'hui.

Antoine Blanca

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 11:13

Les choses sont désormais claires: la grande relance, préparée par l'Elysée pour redonner du souffle à la candidature (toujours pas officialisée) du président sotant, n'a donné aucun résultat positif. Il a eu beau mobiliser huit ou neuf chaînes, un dimanche soir, pour un entretien avec des journalistes qui ne lui voulaient que du bien, lancer des projets prétendûment audacieux (mais opérationnels dans un futur lointain), tenter une auto-critique sélective (mais sans surprise) de certaines de ses initiatives réprouvées moralement par l'opinion, manifester ici ou là son indignation mesurée dans le domaine social, les citoyens n'ont cru ni en ses vertus pédagogiques, ni en sa sincérité.

Dès lundi 30 janvier tombait le premier verdict. Accablant pour l'ancien maire de Neuilly: 63% ne l'avaient pas trouvé convaincant. Puis sont venus d'autres sondages, montrant une progression des intentions de vote en faveur de François Hollande, tandis que le maître de conférences du dimanche soir stagnait, au premier tour, et continuait de se faire écraser au second.

Naturellement, avec plus ou moins de discrétion, les équipes élyséennes se sont mises en recherche d'emploi. Le premier cercle est lui-même désarçonné. On comprend que les semaines seront encore longues avant le scrutin, que toute euphorie précoce est interdite. Mais on se demande bien ce que, même le plus pervers des sarkozystes, peut encore sortir de son chapeau à malices. Dans l'Etat-Major de Hollande le mot d'ordre est à la vigilance et à l'intensification du travail. A la modestie aussi.

Ni Le Pen, ni Bayrou ne parviennent à décoller vraiment. Seul Mélenchon donne le sentiment de progresser. C'est on ne peut plus naturel. Les deux candidats NPA et Lutte ouvrière sont à 0% et ne réuniront certainement pas les parrainages nécessaires. Or, jusqu'ici, ces candidatures parvenaient à rassembler entre 7 et 8% des voix. Mélenchon n'en retrouve qu'une petite partie.

Désastre confirmé pour Eva Joly...

Antoine Blanca

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:03

Le juge Baltasar Garzòn est un homme de conviction et de principes. Cela fait deux décennies qu'il lutte contre sa hiérarchie et contre les forces établies pour faire triompher la vérité. En Espagne, mais aussi au-delà des frontières du pays de Cervantés. Nous sommes nombreux à l'admirer. Bien entendu je n'ai pas toujours été d'accord, en toute chose, avec l'intransigeance de ce magistrat. Peut-être parce que je suis moi-même très engagé, et ne supporte pas que l'on créé des problèmes à mes amis de la gauche espagnole. J'avoue volontiers cette faiblesse. Cela n'a jamais empêché Garzòn de foncer en défense de ce qu'il estime être le bon droit.

Personne pourtant ne saurait oublier que c'est grâce à son opiniâtreté, à son sens de l'intervention opportune s'appuyant sur la législation internationale la plus récente, que le dictateur chilien Augusto Pinochet fut arrêté, avant d'être assigné à résidence à Londres. Cela dura presque une année. Une année de bonheur incroyable pour des gens comme moi. C'était, rappelons-le, dans cette immense capitale qu'il se sentait le plus à l'abri, protégé par le haut de gamme du conservantisme britannique. Mrs. Thatcher ne lui avait-elle pas octroyé le titre de "démocrate exemplaire"!

Mais c'est naturellement dans l'Espagne reconquise par la droite (et, en son sein, le néo-franquisme), que ses ennemis se sont regroupés et s'acharnent à le faire mettre "hors-circuit". C'est que la procédure qu'il a ouverte pour le rétablissement de la vérité sur les crimes du franquisme, progressait dangereusement. Il ne s'agit pourtant pas de rouvrir des procès contre les personnes coupables d'assassinats expéditifs. Non, répétons-le, il s'agit de connaître la vérité, de savoir dans quel bord de route, sous quel talus se trouvent les restes des suppliciés. En particulier ceux liquidés dans les zones que les forces franco-phalangistes et cléricales avaient occupées dès le premier jour du soulèvement militaire. L'alibi de la guerre civile ne vaut pas pour une grande partie de la vieille Castille, de l'Extrémadoure, de l'Andalousie. On y fusilla sommairement pourtant sans procès des dizaines de milliers de républicains, syndicalistes, intellectuels, pratiquement tous les instituteurs, membres des clubs artistiques et culturels. Par simple goût du massacre. Et les familles ne savent même pas où déposer une couronne de fleurs ou une simple plaque du souvenir.
Alors on veut écarter le juge courageux à tout prix, le mettre professionnellement hors d'état de nuire. Avec l'aide du gouvernement Rajoy.

Nous ne laisserons pas faire.

Antoine Blanca

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:49

Nous assistons à quelque chose de nouveau dans l'histoire de la Ve République: un président sortant qui court après l'un de ses concurrents pour tenter de s'emparer de ses idées ou de les dénaturer. Car c'est bien le cas de Sarkozy. Il refuse de revendiquer son bilan, qu'il doit juger lui-même imprésentable, hésite à déposer formellement sa candidature, s'empêtre dans des propositions alambiquées toutes, à l'exception de l'augmentation de la TVA, inapplicables dans un avenir proche, prétend enterrer les 35 heures sans les remettre légalement en cause, spécule sur des accords patronat/syndicats tout en connaissant l'hostilité des seconds à la systématisation d'une telle procédure...

Il redécouvre l'Allemagne, devenue soudain la référence absolue. Et fait la leçon à nos concitoyens, enfonçant à grands coups de bélier des portes ouvertes. Comment? Vous ignoriez que nos voisins sont nos premiers clients et nos premiers fournisseurs? Je vous le confirme donc. Et savez-vous qu'un Chancelier SPD avait, non sans un certain succès, mis en marche ce que je propose dans le domaine des relations contractuelles au sein des entreprises!? Et de s'exclamer: il faut vraiment être un socialiste français, bourré de pathologie idéologique, pour contester la bonté d'un tel système relationnel.

Eh bien, à mon tour de faire la leçon au Président: Schröder, puisque c'est lui le Chancelier dont il est question, en tant que leader de fait de son parti, était aussi, suivant la tradition du socialisme allemand, un peu le chef spirituel de la Confédération syndicale DGB. Son autorité était réelle, alors que M.Sarkozy est considéré par le monde du travail comme l'incarnation de l'ennemi de classe. Son exemple ne vaut pas. Tout au plus peut-il se réjouir de l'évolution personnelle de M. Schröder, devenu un haut gradé (avec le salaire correspondant) d'une grande boîte financière internationale. Il a franchi, dans le mauvais sens, la ligne rouge(1).

Nous arrêterons là. Le président sortant n'a plus de réserves. Ni en matière d'idées, ni en matière de temps. Il  ne peut plus improviser. Restent les coups bas. J'en attendais hier, dimanche. A part sa mauvaise humeur, son agitation, son agressivité même  vis-à-vis de Claire Chazal pourtant choisie pour sa docilité, rien n'est venu. A quoi va-t-il s'occuper ces prochaines semaines? Il est chaque jour davantage le seul à penser qu'il peut encore rebondir...Je pense pour ma part que la véritable grande inconnue a pour nom Marine Le Pen: qu'adviendra-t-il si cette candidate, créditée de 20% des suffrages, ne réunit pas le nombre de parrainages nécessaires?

Antoine Blanca
1- rappelons aussi que l'Allemagne est un pays fédéral et qu'il n'y a pas d'autre organisation syndicale représentative que la puissante DGB.

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 09:54

Chacun le sait: pour des milliers d'adolescents africains, devenir joueur de foot professionnel constitue le rêve absolu. Pour le réaliser pleinement, il faut quitter le continent, du moins sa partie sub-saharienne. L'objectif est simple: décrocher un contrat de formation dans un club européen, meilleure rampe de lancement vers la gloire...

Et, à ce stade, les élus sont finalement très rares. Dans la presse européenne on ne parle que de salaires astronomiques d'une poignée de super-champions. Pour l'Afrique, il n'est question que du libérien Wéah (qui voulut être Président de son pays), tandis que des prodiges comme Didier Drogba (Ivoirien) ou Samuel Eto'o (Camerounais) ont atteint,depuis des années, le firmament. Mais on ne parle jamais de la masse misérable, exploitée par des "agents" sans scrupule. Nombreux sont ceux qui font étape au Maroc, dans l'espoir de trouver un club et de décrocher un contrat (2 à 400 euros mensuels versés irrégulièrement). Ils se disent que les recruteurs européens et orientaux y passent fréquemment et peuvent les remarquer. Ensuite, les portes du paradis seront ouvertes...En vérité la Botola 1 ou 2 (Championnat marocain) a peu de chose à offrir. Les clubs sont pauvres, et le nombre d'étrangers autorisés à y jouer est limité par la loi.

Alors les "espoirs" venus du sud se traînent de ville en ville. Font des petits boulots pour survivre, attendent l'appel promis par un "recruteur" sans scrupule qui les a, depuis belle lurette, oubliés. La revue marocaine Tel Quel cite le cas extrême du Malien Adama qui a voyagé jusqu'à Tanger par voie terrestre: il est 16 heurs et depuis ce matin je n'ai rien mangé. Dans ces conditions, comment s'entraîner pour rester en forme?

Il est exceptionnel que la presse et l'opinion s'intéressent au monde de ceux qui n'ont pas trouvé leur place dans le foot pro pour se libérer de la misère et pouvoir aider leur famille. Les "damnés" du ballon rond sont mille fois plus nombreux que ceux qui sont parvenus à se faire une place au soleil.

Antoine Blanca

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 10:24

Le personnage ne laisse pas indifférent. A la tête d'une troupe hétéroclite que lui seul a pu, un long moment, souder, Chevènement a joué un rôle déterminant dans la renaissance du PS au Congrès d'Epinay, dans l'ancrage d'une politique fondée sur l'union de la gauche, dans la captation par le parti de François Mitterrand de ce que l'on nommerait aujourd'hui l'altermondialisme. Suivant sa philosophie affichée ("un ministre ça ferme sa gueule ou ça s'en va"), il a toujours fini par partir avant le terme de la course. Il avait davantage d'ambition que de souffle.

Ce n'était naturelllement pas son avis. Il avait même fini par se convaincre qu'il pouvait prétendre à la plus haute fonction de l'Etat. Il avait dès lors contribué à torpiller la candidature de Jospin (qui en avait pourtant fait un ministre de la Défense) avec cette affirmation curieuse: "je ne suis ni de gauche, ni de droite". De fait la campagne de 2002 aura été aussi son chant du cygne.

Cette fois, en 2012, il prétendait se présenter pour "faire bouger les lignes". Il quitte la course (cela lui est arrivé souvent dans sa vie politique), conscient d'être devenu un homme seul, et alors que certains de ses plus proches collaborateurs ont rejoint...Marine Le Pen.

Etudiant à Sciences Po, il était proche d'un mouvement "Patrie et Progrès", souverainiste, néo-gaulliste, vaguement tiers-mondiste, avec des soupirs bonapartistes...Quand il fonde le CERES (1), il rencontre Guy Mollet en pleine crise de reconversion FGDS. Le patron de la SFIO l'encourage. Cette période chaotique pour la reconstruction socialiste sera la plus porteuse pour le chévènementisme. La victoire de Mitterrand à Epinay, à une voix de majorité, sera due, en partie à la discipline quasi-bolchevique du groupe compact du CERES. Il ne découvrit son choix qu'au dernier moment. Mitterrand et la rupture avec le capitalisme.

La suite allait montrer un autre visage du groupe, celui de toutes les ambigüités, de toutes les équivoques. Sourdement anti-européen, favorable aux militaires gauchistes au Portugal (MFA), relations avec ETA en Espagne, avec le Bãas irakien de Saddam...On pouvait être déconcertés: mais le petit bloc tint bon jusqu'à la victoire du 10 mai 81. Au CERES, beaucoup prirent goût au pouvoir. Les reconversions à une prédication plus orthodoxe du socialisme furent nombreuses.

Sous le sigle du MRC, le groupe chevènementiste devint définitivement un électron libre. Les maigres troupes dispersées aux quatre vents, le chef, bien assis sur un siège de sénateur offert par le PS, tire sa révérence, sans doute pour toujours. On dit qu'il tombera à gauche, trouvant des vertus secrètes à Mélenchon. C'est désormais son problème.

Antoine Blanca

1-- CERES: Centre d'études et de recherche socialiste.

MRC: Mouvement républicain et citoyen

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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