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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 12:24

Dans un village corse la fête de fin d'année scolaire vient d'être bêtement gâchée. Une chanson en Arabe a été le prétexte à des gestes d'arabophobie qu'on ne peut expliquer que par l'ignorance. Mais qui traduisent aussi la persistance d'une xénophobie latente.

Mon père, réfugié politique espagnol vivant dans le sud de l'Algérie, tenait à ce que je parle et écrive couramment la langue arabe. Le dialecte parlé dans le pays, d'abord, le classique (aujourd'hui officiel) ensuite. Un notable de notre bourg, descendant d'une riche famille (mais ruiné), m'initia à l'écriture et me fit la conversation illustrée par des blagues sorties des Mille et une nuits. Le tout en arabe dialectal.

Au lycée, mon père, au risque de me faire échouer aux examens, m'imposa l'Arabe (classique) en 1ère langue. J'étais le seul européen dans ce cas et eus toutes les peines du monde à ne pas sombrer, plombé par des notes médiocres dans cette matière...Mais aujourd'hui je regrette de ne pas m'être impliqué davantage dans cette langue aux sonorités merveilleuses, faites autant pour les sciences que pour la poésie et la musique, et dont la calligraphie est un art en soi.

Dans l'univers culturel le nom illustre de Ibn Khaldoun me vient à l'esprit avec son Livre des exemples, un des grands ouvrages de l'humanité. Il était né à Tunis et devait mourir au Caire, non sans s'être illustré à Grenade...Mais je pourrais aussi citer Ibn al Arab, Abou al Kassim, Avenzour. Et des intellectuells plus modernes comme Gibran Khalil.

Les xénophobes pèchent d'abord par ignorance crasse. Les Corses viennent, à cause de quelques méchants crétins, vivre un malaise et une contradiction: n'ont-t-ils pas pour emblème la 'tête de maure'. Et nombre d'entre eux descendent clairement de Berbères ou d'Arabes. Souvenons-nous du très célèbre avocat Moro-Giafferi (autrement dit, le maure Djaffar).

Antoine Blanca

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 17:27

Malgré les pressions fortes et multiples qui s'exercent sur lui et sur son gouvernement, Tsipras ne peut que résister. Sa victoire électorale avait ouvert la porte de l'espoir à un peuple qui n'avait plus rien à offrir en sacrifice. On lui demande, le FMI en particulier, de capituler en rase campagne, ce qui est inacceptable pour lui.

La Grèce a été admise dans l'Europe communautaire par une sorte d'erreur. Le gouvernement de l'époque avait présenté des comptes et un bilan manipulés...Et Bruxelles, le FMI, la Banque centrale européenne et tutti quanti ne se sont pas posés de question. Pourtant chacun savait que le nouveau membre était un Etat au fonctionnement d'une autre époque, n'accédant à la modernité qu'à petites doses. Là où il aurait fallu un grand chamboulement. Tsipras sera-t-il l'homme qui, par la force des choses, le provoquera...

Pour le moment il espère qu'au jeu de la peur, ses partenaires seront les premiers à céder. Mais personne n'est assuré de rien. Qui a le plus à perdre dans cette affaire? La faillite de l'Etat va-t-elle être officialisée à Athènes. Entraînant celle du système bancaire tout entier?

Je veux croire, pour ma part, qu'un début d'arrangement pourra être trouvé entre partenaires, permettant, une nouvelle fois, de donner du temps au temps. Et à Tsipras de ne pas passer pour un briseur de rêves...

Antoine Blanca

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 09:27

En Espagne, depuis le 13 juin, les maires issus des municipales du 24 mai ont reçu la 'vara de mando', bâton de commandement. Et, à l'exception des très rares cas où une liste partisane avait obtenu, par elle-même, la majorité absolue, les différents groupes d'élus ont été amenés à converser. Faute d'accord, la loi prévoit que la tête de la liste arrivée en tête assume automatiquement la première magistrature. Cela a été parfois le cas...Mais d'une manière générale la gauche, sous toutes ses formes, l'a emporté.

Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, s'est retrouvé tout nu. L'attitude conséquente des socialistes a facilité les choses. Dans les trois principales villes du pays (Madrid, Barcelone, Valence) leurs conseillers ont voté pour celui, ou celle, qui avait moralement gagné les élections: Carmena, magistrate madrilène de 71 ans, déjà héroïne du temps de la dictature; Colau, jeune femme, activiste, sans véritable expérience autre qu'associative, sera maire de Barcelone; un nationaliste valencien va, quant à lui, diriger la 3e ville du pays...

Nous verrons bien ce que donneront ces expériences. A mon avis il aurait mieux valu que des pactes soient conclus, des programmes de mandature élaborés. Mais, comme disait le poète Antonio Machado: "caminante, no hay camino, se hace camino al andar" (marcheur, il n'y a pas de chemin, on trace chemin en marchant...

Politiquement une chose est certaine. La gauche, l'ancienne comme la nouvelle, a gagné. Les socialistes retrouvent souvent des positions traditionnelles qu'il avaient perdues, parfois depuis 20 ans. Comme à Alicante et à Elche, villes chères à mon coeur. Je n'ai pas l'intention de bouder mon petit bonheur..

Restent à élire les juntes exécutives des communautés autonomes. Autrement dit, des régions. Là aussi, la droite a perdu et la gauche, surtout socialiste, devrait récolter les fruits d'un succès avéré.

Antoine Blanca

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 15:22

Depuis que le monde du foot de haut niveau s'est professionnalisé, l'argent est entré dans le jeu. Avec ses excès. Et ses excès de langage. Le président Blatter a eu trop de pouvoir, pendant trop longtemps. La réaction, peut-être salutaire (?), intervient bien tard. Certains projets ne pourront de toute façon pas être corrigés. Mais, même si j'ai des doutes sur le désintéressement des dénonciateurs, l'impartialité des enquêteurs, cet épisode a été salutaire.

Ce qui est encore moins admissible ce sont les grossiers dérapages verbaux. Comme celui commis par ce menteur congénital de Diego Maradona. Heureusement il n'y a rien de crédible dans son affirmation faisant état de la "confidence" que lui aurait faite Michel Platini à Dubaï. On imagine notre compatriote de l'UEFA, se confiant à la vedette argentine: "tu sais, Diego, j'ai truqué 187 matchs internationaux, à l'unité près..."

Même pour répandre une rumeur, il faut garder une certaine mesure pour rester crédible. Nous avions pu être amusés quand il avouait son but de la main contre les Anglais à Mexico en 86. "La manita de Dios", avait-t-il dit avec un humour divin.

Aujourd'hui, même avec un effort, je ne peux pas sourire.

Antoine Blanca

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 10:14

Le Mexique est, on le sait, le pays hispanophone le plus peuplé. Riche d'une histoire précolombienne (Aztèques, Mayas...) passionnante, son peuple l'avait fait entrer dans le XXe siècle en triomphant dans la première grande révolution sociale des temps modernes (Zapata, Pancho Villa...). Volontairement discret dans sa démarche diplomatique, gérant avec prudence ses 3200 km de frontière avec les Etats-Unis, il a su manifester à plusieurs reprises son indépendance en des moments de confrontation entre l'Oncle Sam et l'Amérique latine*.

Dans ce contexte nous sommes conduits à observer avec une attention particulière la situation politique et économique intérieure d'une nation dont la stabilité est susceptible de garantir celle de toute une région. Dimanche 7 juin on votait dans l'ensemble du Mexique pour élire, notamment, les 500 députés, 900 des maires et 9 des 31 gouverneurs de cette fédération d'Etats dont certains, comme celui de Guerrero, traversent une période tumultueuse. Les résultats de la consultation nous ont rassurés: le parti du président Enrique Pena Nieto, le fameux PRI** (au pouvoir, à l'exception des 12 premières années 2000), garde sa majorité relative et sera en mesure de légiférer avec l'appui de ses alliés, notamment écologistes. La démocratie et le pluralisme sortent renforcés. Le PRI reste bien le parti dominant, mais n'est plus dominateur.

Quoiqu'en disent certains observateurs, l'exécutif est en train de faire avancer le cours des choses dans la bonne direction. La grande criminalité est en diminution (elle a même baissé de 95% dans la grande ville frontière de Ciudad Juàrez) et le gouvernement contrôle de mieux en mieux les forces de l'ordre fédérales. La presse est libre, souvent de grande qualité, et la vie culturelle intense, surtout dans la capitale.

Notre pays, grâce à la sagesse diplomatique des uns et des autres, a rétabli une relation bilatérale que l'aventurisme et les caprices de Sarkozy avait sottement compromise (il avait ainsi annulé les manifestations prévues de l'année de la France au Mexique***). Tant De Gaulle que Mitterrand avaient fait de la relation avec la nation aztèque une priorité. A nous de veiller à sauvegarder ce privilège culturel et économique.

Antoine Blanca

* Ce fut le cas lors de la crise entre Cuba et les Etats-Unis: le Mexique fut le seul gouvernement à refuser de rompre ses relations diplomatiques avec La Havane.
** Parti révolutionnaire institutionnel, une création politique atypique supposée garantir une continuité gouvernementale tout en garantissant une apparence de pluralisme et les libertés fondamentales..
*** Sarkozy avait exigé la libération d'une compatriote condamnée pour délits de droit commun. Démarche maladroite qui avait heurté la susceptibilité des Mexicains.
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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 10:57

La presse tente de défaire les noeuds de la confusion née des derniers résultats en Espagne et des difficultés du gouvernement Tsipras en Grèce.

Les indignés de Podemos (de gauche en principe), de Ciudadanos (issus du centre libéral catalan), sont nés d'un rejet des grands partis traditionnels. En Grèce, au contraire, Syriza se situe dans un contexte de rénovation des partis communistes et de connotation marxiste implantés depuis la fin de la dernière guerre dans le pays des Hellènes (jusqu'ici marginalisés par un PASOK conquérant).

Syriza est soumis à l'épreuve du pouvoir depuis plusieurs mois. Son sympathique, rayonnant leader, un ancien du PC, voit se creuser, le temps passant, le fossé entre ses revendications (justifiées dans leur principe) et la réalité de l'environnement économique et financier international. Mais leur pratique idéologique, la formation de leurs ministres, les a conduits à négocier avec les partenaires européens et avec les institutions financières mondiales. L'intransigeance sera abandonnée.

En Espagne les clones du mouvement hétérodoxe des "indignés", faute de véritable fonds commun idéologique, n'ont d'autre option, dans la réalité de l'après élections municipales et des communautés autonomes, que de refuser pactes et négociations. On ne cède sur rien. A Madrid ou Barcelone, ne disposant pas de majorité absolue, leur victoire du "1er" tour peut se transformer en défaite. La démocratie représentative est à ce prix: ou on obtient la majorité absolue ou on négocie avec ceux qui apportent le complément indispensable.

Pour les municipalités la loi exige que le 13 juin (jour de mon 'saint patron St Antoine de Padoue'), si les groupes politiques ne se sont pas accordés sur un nom de maire ou de mairesse, c'est la tête de liste du parti placé en tête par le suffrage universel qui s'installe. Samedi en huit, donc, la victoire de l'opposition de gauche et de centre gauche peut se transformer en échec dans nombre de villes et bourgs. Les 'indignés' pourront certes continuer à exprimer leur colère. Sur les places, dans les rues, puis...dans leur salle à manger.

Le choix leur appartient. Gare donc aux lendemains qui déchantent...

Antoine Blanca

Antoine Blanca

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 11:27

Le scandale qui touche la FIFA en profondeur aurait pu éclater depuis longtemps. Comme il peut éclater un jour au sein du CIO, le Comité international olympique. Ayant vécu, pendant vingt ans, dans le vaste monde diplomatique, ayant à ce titre sillonné l'univers, j'ai pu entrevoir les dessous du fonctionnement des organisations sportives à vocation mondiale. Expérience édifiante bien que partielle où il faut interpréter les silences et les non-dits. Où rien ne se gagne et tout a un prix.

Le CIO a très longtemps été placé sous la férule d'un aristo catalan, qui fut dignitaire de la Phalange, le parti fasciste espagnol. Je garde en mémoire l'image de Juan Antonio Samaranch, en grand uniforme de ce parti, prêtant serment de fidélité à Franco, à genoux devant un énorme crucifix. Il était alors ministre des sports du caudillo. Avant de diriger le CIO. Il allait y régner longtemps, après avoir tissé sa toile d'araignée dans laquelle les uns se laissaient piéger, d'autres devant regretter, trop tard, de ne pas avoir fait le nécessaire pour convaincre maître et obligés.

Blatter n'a pas bénéficié de la même indulgence. On ne voyait pas comment le souverain suisse du football mondial, après l'arrestation de ses proches collaborateurs, pourrait se sortir de la lourde attaque américaine. Mais, sûr de la fidélité de ses protégés, il a tenu bon jusqu'à sa réélection. La fédération française lui a, d'ailleurs, apporté son obole, donnant des raisons vaseuses pour expliquer son indulgence.

En fait Samaranch hier au CIO, Blatter aujourd'hui à la FIFA, ont acquis la science de rendre et de recevoir des services. Rien ne se donne et tout se paie. Gardons nos jeunes à l'abri de cette étrange diplomatie qui a si peu à voir avec le vrai sport.

Antoine Blanca

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:04

L'Espagne démocratique est comme frappée de torpeur au lendemain du tsunami électoral du 24 mai. Personne* ne montre ses cartes, ni se prépare à négocier vraiment. A commencer par la révélation de l'événement, Pablo Iglesias/queue de cheval. Il se prononce contre le PP, la droite au pouvoir avec Rajoy. Pas surprenant. Alors? Négocier avec le PSOE? Le jeune leader esquive: "nous sommes contre les coalitions". Réponse stupéfiante, qui défie toute logique. Alors qu'une négociation avec les partis de gauche assurerait à ses proches les mairies de Barcelone et de Madrid. Tout se passe comme si PODEMOS avait franchi le Rubicon de l'action électorale...pour pêcher à la ligne.

Dans mon article du 25 mai j'avais annoncé, sur la foi d'une dépêche, que le groupe CIUDADANOS**, lui aussi nouveau dans le paysage politique, avait signé un accord avec les socialistes andalous pour gouverner avec eux à Séville. Erreur de ma part. La candidate à sa réélection à la présidence de la Junte d'Andalousie, Susana Diaz, est toujours à la recherche d'alliances. Or voilà plusieurs semaines que les socialistes ont gagné, sans obtenir toutefois la majorité absolue. Combien de semaines faudra-t-il attendre pour voir de nouveaux exécutifs installés dans les régions autonomes et les municipalités où l'on a voté il y a 5 jours seulement?

Il serait lamentable d'avoir à constater que l'immobilisme prenne le pas sur le mouvement.

Antoine Blanca

* Le Secrétaire général du PSOE (Pedro Sànchez) se dit prêt à signer des accords avec ses partenaires de gauche, notamment avec PODEMOS. Mais personne ne lui fait écho à l'exception de la Gauche unie (IU avec le PCE)) dont les scores ont été trop maigres pour aider à conformer des majorités.
** CIUDADANOS, Citoyens, un groupe d'indignés venus du centre-droit catalan, a présenté des candidats un peu partout dans la péninsule sous son sigle ou sur des sigles locaux.
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 16:43

Les élections du 24 mai en Espagne concernaient les communautés autonomes (sauf l'Andalousie qui a voté il y a un mois, la Galice et les parlements basque et catalan), la totalité des municipalités, y compris celles d'Euzkadi et de Catalogne, Ceuta, Melilla et les Canaries.

Le grand perdant est le PP, la droite de M.Rajoy (27% des voix contre 37% en 2011). Les socialistes du PSOE ne profitent pas mécaniquement de la lourde défaite des "populaires". Ils perdent même 3 points (25% contre 28 en 2011).

Les nouveaux venus dans l'arène politique sont PODEMOS, CIUDADANOS et quelques autres comme, en Pays valencien, COMPROMIS ('engagement' en langue valencienne). Mais le mouvement Podemos ne s'est présenté nulle part sous son propre sigle. Ses résultats les plus spectaculaires il les obtient dans les deux plus grandes villes du pays, Madrid et Barcelone, mais dans le cadre d'un tissu d'alliances très complexe. Ni Ada Colau dans la capitale catalane, ni Manuela Carmena à Madrid, futures maires, ne proviennent du mouvement fondé par Pablo Iglesias, le jeune homme indigné à la queue de cheval. La première, qui n'avait jamais fait de politique est une activiste ONG contre les expulsions de locataires, la seconde, une juge à la retraite, ancienne militante du PC.

Tout va dépendre des négociations qui vont s'ouvrir entre les socialistes, Podemos, et parfois les 'Citoyens'(libéraux anti-corruption), IU (Gauche Unie philo-communiste). Dans la Communauté autonome de Valence, par exemple, les socialistes peuvent enlever la présidence à un PP réputé très corrompu dans cette riche région, s'ils parviennent à un accord avec COMPROMIS (prononcer le S final). Si les conversations aboutissent entre les socialistes et certains mouvements, dont PODEMOS, le PSOE (qui a déjà conquis l'Extrémadoure), peut prendre plusieurs présidences de régions autonomes (dont celles de Madrid, Valence, Aragon, Castille/la Mancha, Cantabrie et les Baléares, qui s'ajouteront à l'Andalousie et aux Asturies, ses fiefs jamais perdus (la droite ne pourra même pas gouverner seule dans la très conservatrice Castille/Leon.

La carte politique du pays devrait se trouver bouleversée en profondeur. Le patron du PSOE, Pedro Sànchez, s'est montré très ouvert au dialogue, interprétant les résultats comme un coup de barre à gauche bienvenu. Mais on ne peut rien prévoir concernant le comportement futur des nouveaux venus sur la scène. Il existe le précédent andalou: les socialistes dirigent la plus vaste région d'Espagne avec le mouvement centriste C's (citoyens).

Les deux semaines à venir ne seront pas dénuées d'intérêt.

Antoine Blanca

PS: les indépendantistes catalans ont aussi pris un sérieux coup derrière la tête. Leur aile droite (CiU) a déjà perdu leur capitale, et la (sans doute) future maire, Ada Colau, a prononcé son discours victorieux en Castillan...
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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 11:51

Aux dernières nouvelles les troupes de Daesh (Abou Bakar pour émir), poursuivent leur progression vers Bagdad et Damas, démentant les précédentes infos qui attestaient que, après la reprise de la stratégique Tikrit, riveraine du Tigre, les djihadistes étaient désormais sur la défensive. On célébrait alors le succès de l'appui aérien apporté aux combattants irakiens et syriens par les occidentaux et leurs amis du Golfe.

La réalité du terrain est tout autre.

Si les peshmergas kurdes* ont consolidé leurs positions sur leurs terres, Mossoul, 2e ville d'Irak, riche en pétrole et en gaz, n'a pas été libérée, comme espéré. Partout ailleurs les fous de dieu de l'Etat islamique progressent. Tant en Syrie (prise de Palmyr) qu'en Irak (chute de Hamidi). Comment expliquer les débandades fréquentes de l'armée irakienne et la faiblesse des syriens, malgré l'aide massive de l'aviation US et française?

En premier lieu parce que Daesh a réussi sa grande opération de communication en convertissant le conflit en guerre des Sunnites contre les Chiites. L'armée irakienne étant composée et commandée par des chiites (65% des citoyens irakiens le sont), les djihadistes se revendiquent comme champions du sunnisme. Bénéficiant ainsi de sympathies populaires dans les zones au nord de Bagdad, et d'un certain soutien secret de la part de certains petits Etats du Golfe.

En second lieu parce que, en Syrie, l'armée officielle est aussi combattue par les anti-Bachar de l'armée syrienne libre. Ce qui profite à Abou Bakar (calife auto-proclamé). Si Damas tombe, les minorités religieuses et ethniques (Alaouites, Chrétiens, Chiites, Houttistes, Kurdes, Druzes...) seront massacrées. Il faut s'attendre à de nouvelles vagues de réfugiés.

La quadrature du cercle: l'Arabie et ses alliés du Golfe n'aideront pas le pouvoir de Bagdad considéré comme ami de Téhéran. Pour le moment ils s'occupent de liquider chiites et houttistes du Yémen, d'aider le Cheikh de Bahrein contre ses habitants très majoritairement chiites...

Ami lecteur: si tu parviens à démêler cet imbroglio sanglant, fais le savoir à la Maison Blanche où son locataire me paraît un peu perdu...

Antoine Blanca

* précisons que les Kurdes sont de confession musulmane sunnite et leur combat contre Daesh est motivé avant tout par la défense de leur quasi-indépendance au nord de l'Irak. Leur résistance lors de l'offensive surprise des djihadistes (chute de Mossoul...) leur a permis de recevoir un équipement militaire moderne que Bagdad leur refusait.
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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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