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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 22:58

Comment Claude Guéant ose-t-il s'en réjouir bruyamment? Le nombre de naturalisations a baissé dans une forte proportion, 30%, tandis que celui des expulsions du territoire augmentait bien au-delà des objectifs "ambitieux" que s'était fixés le gouvernement. Les résultats sont là: à force de pressions, d' intimidations, d'humiliations les postulants potentiels à obtenir notre nationalité ont été  découragés par la multiplication des obstacles semés sur leur chemin. La plupart de ceux qui ont vocation à devenir Français sont de bons professionnels dans leur spécialité. Ils iront offrir leurs compétences ailleurs. Il y a, parmi ceux qui renoncent à déposer un dossier, des milliers de médecins, généralistes ou spécialistes. Nous en manquons cruellement: les étrangers n'hésitent pas à servir dans nos départements les plus affectés par la crise des  vocations...Il s'agit d'un exemple parmi d'autres: aux Etats-Unis le chiffre des naturalisés a, lui, progressé. Et la Maison Blanche s'en est félicitée.

Heureusement cette recherche malsaine de complaire à un certain électorat, n'empêche pas la France généreuse  de faire un triomphe à des films comme "Welcome", ou "Le Havre", ces réalisations battent ou ont battu d'extraordinaires records d'audience. Sans compter que les personnalités préférées de nos compatriotes sont, dans l'ordre, Noah, Zidane et Omar.

Un bel échantillon de couleurs.


Qu'on veuille le reconnaître ou non, Marine Le Pen n'a pas quitté certaines limites. Et Sarkozy reste, au premier tour, derrière Hollande (entre 2 et 4 points), et se fait étriller au second.

Mais, naturellement, attendons prudemment la fin.

Antoine Blanca

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 11:43

Un ami m'alerte: attention, me dit-il, nombre de personnalités de la droite réputée modérée est en train de rejoindre la candidature Bayrou. Et d'exprimer la crainte qu'il puisse s'agir d'une opération "entriste", mise au point par la machine UMP, qui ferait du Béarnais l'instrument récupérateur du sarkozysme à la dérive. On cite Arthuis, Douste-Blazy, d'autres anciens ministres dont je n'ai pas les noms en tête.

Je pense que les craintes de mon interlocuteur ne sont pas fondées. Dans son état actuel le parti présidentiel n'est pas en position de procéder à de tels montages. A droite on cherche simplement, quand on le peut encore, à quitter la chaloupe en perdition. A regarder les visages décomposés de certains toujours sur le pont, il est évident qu'ils se posent des questions existentielles. Aussi les nouveaux arrivants chez M. Bayrou sont-ils des anciens centristes, restes épars de ce qui fut l'UDF de Giscard. A la recherche d'une terre d'accueil, ils ont attendu que les sondages frémissent fortement à la hausse pour l'ancien ministre de Balladur, que la déconfiture de Morin soit totale, pour passer de l'intention à l'acte.

Il demeure que l'éternelle renaissance du Béarnais est en soi un mystère politique. C'est en 2007 qu'il avait effectué sa véritable percée. Avec un  matelas respectable de suffrages comme trésor de guerre, l'éleveur de chevaux  de race aurait dû s'installer solidement au Parlement, gagner des villes, des départements et des régions. Au contraire, autour de lui, la désertion a été quasi totale. Et les déserteurs, toute honte bue, sont allés mendier chez l'UMP, qui un mandat électif, qui une mission ou, pourquoi pas ?, un Secrétariat d'Etat ou un ministère. Pourquoi ce retour en fanfare aujourd'hui? A mes yeux, rien objectivement ne le justifie. Outre qu'il n'a rien de nouveau à proposer, l'intéressé se comporte, malgré qu'il en ait, en donneur de leçons hautain et méprisant. Des leçons de quoi, grands dieux!

Un mystère, cet homme sans charisme, sans humanisme naturel, sans générosité. Son passage rue de Grenelle (Education nationale) n'a laissé aucune trace. L'UMP n'a pas à infiltrer son fantomatique MODEM: cette construction  a minima est toute dans la prudence et le non-dit.

Même si on évite, à gauche, de trop le bousculer: même immobile, c'est surtout aux amis de François Holllande qu'il pique des voix.

Antoine Blanca   

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 11:09

Ledit article, paru dans le numéro de janvier du célèbre mensuel, met en cause, à longueur de paragraphe, l'action (ou l'inaction), de l'Internationale socialiste en Amérique latine. La mode étant à la mise en scène politique de personnalités de la BD. les socialistes européens dans la région considérée, ont été habillés, dès le titre, en Pieds Nickelés par Maurice Lemoine. De petits truands en situation d'échec diraient certains aujourd'hui.
L'auteur est venu me voir quand il préparait son papier. J'y suis cité à plusieurs reprises et mes propos n'ont pas été déformés. Bien qu'ils vinssent toujours en appui de l'argumentation voulue par le mensuel.

C'est donc en tant que Pied Nickelé que je fais quelques courtes mises au point.

Dès les années 1920 et 1930, en dépit des problèmes de communication d'alors, il a été tenté de jeter des ponts entre le vieux et le nouveau continent. Jean Jaurès avait même été pionnier en la matière. La guerre en Europe et ses conséquences, la division du mouvement ouvrier voulue par la IIIe internationale, allaient être un obstacle difficile à surmonter. Lorsqu'en 1933 le PS chilien fut fondé, avec la participation du jeune médecin Salvador Allende, le nouveau venu préféra l'isolationnisme à ce qu'il craignait pouvoir être une nouvelle invasion culturelle. L'Amérique métisse était déjà mise en avant par l'APRA et par sa section péruvienne le PAP.

De fait la gauche latino ne fit pas grande chose pour communiquer, c'est à dire, d'abord, expliquer son propre monde. Avec la guerre froide tout allait se compliquer. Ou se simplifier. La démocratie socialiste devait choisir son camp. Elle le fit, et ce fut dur mais inévitable. Le goulag, et les procès,  la burocratisation à outrance, les cultes de la personnalité n'étaient pas dans la culture des hommes libres. 

En 1954 au Guatemala, en 1963 et 1965 en République Dominicaine, on pu voir le plus méchant visage, version guerre froide, des Etats-Unis. Je commençais alors à avoir voix au chapitre et me battis seul, dans les instances dirigeantes, pour dénoncer coups d'Etat camouflés et invasions mercenaires. Mais la guerre froide battait son plein et la crise des fusées fut un coup très dur à supporter pour les amis de Fidel. Le PS resta vigilant cependant aux côtés de l'Unité Populaire et amplifia son implication latino en Uruguay, et l'Argentine, Les militaires brésiliens, pionniers dans ce type d'intervention de guerre froide, s'en sortirent presque indemnes en Europe, grâce surtout aux manoeuvres habiles des maîtres d'Itamaraty.

Que peut-on dire aujourd'hui, alors qu'on assiste à un nouveau repli de la gauche européenne sur elle-même. Elle ne veut rien comprendre à ce qui se passe. Globalement les relations partisanes n'existent pas avec Evo, pas plus qu'avec Rafael Correa. Mais on regarde ces leaders avec sympathie. Je n'ai pas vu de dure critique contre Daniel Ortega, qui la mériterait bien, pourtant. Les Présidents de El Salvador et d'Uruguay sont respectés. Quant à Lula et Dilma, ils sont portés aux nues et tout le monde se moque que leur parti appartienne ou non à l'I.S.

En revanche Hugo Chàvez fait l'impossible pour brouiller son image. La gauche européenne, même la mieux disposée, juge aberrantes ses embrassades amoureuses avec Ahmadinedjad et reste bouche-bée, après ses discours élogieux pour Kadhafi. Le chef bolivarien devrait le savoir: il y a une seule gauche qui fait le poids en Europe, celle du PSE*. Le reste ce sont, au mieux, des groupes de pression.

Antoine Blanca

* Parti socialiste européen, pour l'essentiel le groupe parlementaire des partis membres de l'IS, pas encore une force supra-nationale.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:51

Oui, nous le savons: Sarkozy est d'autant moins pris au sérieux quand il joue à prétendre l'être. C'était pourtant entendu, le chef de la droite allait désormais, et le plus longtemps possible, se mettre dans les habits du Chef de l'Etat, s'employer jour et nuit à sauver la France et, dans le même mouvement l'Europe...Le reste du monde attendrait un peu. Quoique si l'on regarde du côté de Benghazi...à condition de se dépêcher car les vents de sable ont déjà emporté beaucoup de choses dans le désert.

Bref, il est prouvé, désormais, qu'en cette circonstance, comme il en fut  pour toutes ses autres résolutions, il n'a pas pu tenir la distance. Car il ne suffit pas de prendre les poses de maître de cérémonie de service funéraire, d'adopter les couleurs sombres en matière de costume et de cravate, pour faire oublier l'accumulation des reniements, la succession de lourds échecs (y compris en matière de sécurité), la perte du triple A (la France est déjà traitée en triple B en matière de crédit international). Pour se sauver du naufrage total, il lui faudra beaucoup ramer. Et ce n'est pas son sport de prédilection.

Mais c'est à Domrémy-la-pucelle, Vosges, qu'il est tombé dans la caricature de son propre personnage. Cette fois il courait après...Marine Le Pen. Et ne pouvait que s'impliquer personnellement. Flanqué de l'inénarrable Nadine Morano, il a lu, avec une visible envie "d'ailleurs", un texte affirmant que notre Jeanne nationale n'appartenait à "aucun parti". Et même, qu'elle n'avait aucune carte... Ici, on ne procédait plus par allusion. On avançait du pas lourd d'un pachyderme.

Il est vrai que le Président ne va pas pouvoir compter, du moins pour quelque temps, sur Claude Guéant. Celui-ci, entré en fanfare mais prématurément, dans la course à la députation dans la circonscription (sans risque, croyait-il?) de Boulogne-Billancourt, est d'ores et déjà battu par une personnalité de la droite locale. Ulcérée d'avoir été traitée sans ménagement. Décidément les choses ne sont plus ce qu'on avait espérées, et dans l'UMP, et dans les Hauts-de-Seine.

Antoine Blanca

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 13:23

En ces temps de comméroration de Coluche et de ses restos, il était temps d'actualiser la populaire expression "c'est l'histoire d'un mec". Sarkozy l'a fait proclamer, à la sortie du Conseil des Ministre SVP, par une Morano écumante. "Il a traité le Président de sale mec". Et d'appeler à la vengeance électorale (un Conseil au cours duquel il avait été donné consigne aus participants de continuer leur travail sans souci de la prochaine échénce, avait rappelé la communication officielle).

Le plumitif du "Parisien" avait été le seul à entendre l'insulte. Hollande est homme à préférer la solide l'argumentation à l'invective. Il sait être vif, agressif, mordant, sans être vulgaire. Le style "casse-toi pauv'con" n'est pas le sien. Le sien serait plutôt, en pareille circonstance:"descends, camarade, on parlera"...

Heureusement il y avait d'autres journalistes au petit-déjeuner de presse. Le représentant de l'AFP a donné une tout autre version de ce qu'aucun de ses confrères n'avait considéré comme un incident digne d'être noté. Le "Parisien" lui-même le met, comme en passant, en petits caractères, à la fin du papier. Mais les scrutateurs de Sarko peuvent avoir une bonne vue sélective.

Tout cela devrait être tenu pour dérisoire s'il ne venait s'ajouter à d'autres symptômes de l'affolement élyséen. Le sortant commence soudain à s'enthousiasmer pour des projets de reprise ouvrière qu'il venait de condamner avec force. En faveur d'une, provisoirement nommée TVA sociale, qu'il fustigeait hier encore comme diabolique. Pour...j'arrêterais là. Cela veut dire: "je suis prêt à commettre n'importe quelle vilénie, à souscrire à n'importe quel reniement pour rester en poste". Une menace pour son principal challenger? Il n'en espérait pas moins face à un adversaire que les scrupules n'ont jamais étouffé. Une menace indirecte, mais plus sérieuse pour ses concurrents de droite qui pourraient être tentés de...

En tout cas ses homologues de la droite européenne ont, après que leur presse l'ait fait, définitivement tranché. Sarkozy, c'est fini.

Et c'est dans cette position de grand malade qu'il abordera les prochaines réunions européennes.

 Antoine Blanca

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 10:15

On peut aisément mesurer l'inquiétude des quelques amis qui lui restent et, peut-être, celle de ses humbles voisins de la Place des Vosges, à Paris. Ces derniers, qui imaginaient déjà la sécurité renforcée en ce lieu qui fut cher, aussi, à Victor Hugo, devront se contenter des nuées de photographes guettant le moindre geste de DSK ou d'Anne Sinclair. Quant à Jack Lang, il est bien le seul à croire encore en son destin. Seul à espérer que le Secrétariat aux élections lui offrira une circonscription "sûre" sur un plateau d'argent. Car l'ancien ministre de la Culture, puis de l'Education nationale, ne peut admettre que désormais il n'est qu'un encombrant élément décoratif que l'on voudrait bien pouvoir pendre à un clou pour...l'oublier sur son mur.

Partout où le Professeur Lang est passé, l'herbe socialiste a eu beaucoup de mal à repousser. A Blois, dont il était député-maire, on avait tout perdu avant que, sept ans plus tard, un camarade regagne un siège que l'on avait tenu pour "sûr". Aujourd'hui les militants, sypathisants et élus de Boulogne-sur mer ont pris les devants en lui signifiant, fermement, son congé définif. Sanglots du congédié devant tant d'ingratitude.

On ne sait pourquoi, la direction du PS a aussitôt fait savoir "qu'elle prenait les chose en mains". On continue donc, rue Soférino à chercher la circonscription miracle. Or le citoyen en question a tenté de passer à l'adversaire à plusieurs reprises depuis 2007. Missions diplomatiques spéciales à La Havane et en Corée du Nord. Il fut aussi sondé pour un ministère:"d'accord pour les Affaires culturelles, mais avec des moyens budgétaires accrus". Ce fut niet.

Cela devrait nous convaincre: le personnage n'est pas fiable. Il s'est montré en "cravate-noire", Monique, en robe longue, à se côtés, à tous les dîners de gala élyséens. Depuis un peu plus d'un an il fait des efforts pour faire oublier ses grossières ambigüités. Il fait de visibles mamours verbaux à notre candidat...Moi je dis: laissons-le aller où il veut. Qui notera son absence.

Antoine Blanca

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:43

Comme beaucoup de mes compatriotes j'ai écouté la courte allocution présidentielle de fin d'année. C'est plus facile de s'imposer ce devoir quand on se trouve en province. Le rite annuel y est observé avec plus de constance que dans les villes. Après tout les passages essentiels du sermon sont repris pendant les deux jours suivants par journaux, la TV, les radios. Et si d'aventure il  y a de l'inattendu vous êtes assurés de le savoir rapidement.

Cette fois pourtant il y a eu un changement dans la continuité: même dans la forme, M.Sarkozy a été, au mot près, répétitif. On pouvait imaginer qu'il tiendrait à faire travailler son imagination et celle de ses plumitifs. Au final, il a repris rapidement les thèmes utilisés tout au long de l'année 2011. Il a martelé les mêmes promesses, celles que, définitivement, il n'a pas tenues, et celles qu'il ne pourra, de toute manière, pas tenir (vieille rengaine de la TVA sociale...).

On a eu clairement le sentiment d'avoir devant nous un homme à bout de souffle, incapable d'articuler un argumentaire pour la France. Une France qui souffre de la crise européenne, mais qui souffre davantage encore quand elle est conduite par un homme épuisé par les échecs cumulés.

On ne sait pas si un combiné de vitamines miracle viendra lui donner le tonus qui lui fait cruellement défaut. On le retrouverait alors aussi agité qu'au premier jour. Mordant, dangereux comme peut l'être la bête acculée. Mais en aucun cas il ne pourra être illuminé par les dieux des solutions politiques: enfermé qu'il est dans une logique, celle du Fouquet's, des patrons du CAC 40 et de l'hyper-libéralisme financier qu'il menace de temps à autre sans jamais le mordre.

En quelques minutes d'allocution nous avons eu le priviège de voir les deux France: celle à laquelle on ne touche pas, et celle à laquelle on promet. Avant de vite enterrer les promesses.

Ecoutez donc les voeux des Français: on ne veut plus vous voir dans la même fonction l'an prochain.

Antoine Blanca

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 10:50

Le Nigéria devrait être un pays africain prospère, une sorte de phare pour le continent. Son sous-sol déborde de pétrole dont l'exploitation et le commerce pourraient garantir le progrès soutenu dans tous les domaines. Les réalités sont bien différentes: pauvreté, sous-développement culturel et éducatif, insuffisance alimentaire, anarchie administrative de ce Etat fédéral. Et pour couronner le tout, guerre de réligions. Hélas, le Nigéria n'a pas l'exclusivité de ce type de conflit criminel, destructeur et sanglant. Les derniers chrétiens irakiens sont contraints de quitter le pays de leurs ancêtres, 12 millions de coptes vivent en Egypte dans l'alerte permanente. La faute aux salafistes et autres adeptes du djihad? Pas du tout, si l'on se tourne vers l'actualité ou vers l'histoire. Les sectes extrémistes juives veulent imposer leur loi à leurs frères de Jérusalem, comme ils sont en train d'exclure les Palestiniens de cette ville qui devrait être le centre de la tolérance religieuse. Et les terroristes sunnites d'Irak multiplient les assassinats de masse de chiites, dans un pays où ces derniers sont majoritaires.

L'histoire nous apprend que les guerres de religion n'ont jamais cessé. En Espagne, de 711 à 1492, Chrétiens, Musulmans et Juifs ont cohabité, de manière chaotique, mais authentique, pour la plus grande gloire des Arts, des Lettres, des Sciences et d'une agriculture performante. Mais dès la chute du royaume de Grenade, l'intolérance fut érigée en principe et en système. Islam et Judaïsme ont disparu de la péninsule, par la  force brutale. L'Espagne est devenu un pays pauvre, ratatiné sur des certitudes imposées, en même temps que ce royaume se transformait en puissance  planétaire...

De 1O95 à 1099, la première croisade ouvrait un cycle qui ne s'est jamais refermé. Croisade, Djihad, les grands maux étaient lachés. Franco qualifia la guerre contre la démocratie en "glorieuse croisade contre le communisme", et Bush jr., son invasion de l'Irak, de "croisade contre le terrorisme". Sans oublier le "djihad" d'al Qaïda, des Talibans et consorts (Et le drame algérien, au nom des mêmes principes, qui endeuilla la fin du XXe siècle dans le grand pays nord-africain). Partout le paroxysme de l'intolérance.

Que peut faire la Communauté internationale pour changer cet état de choses. Rien. Ou peu de chose. En revanche les peuples et leurs explosions d'indignation peuvent beaucoup. Contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, les "printemps arabes" sont en train de faire progresser le principe de tolérance. Même si des partis d'inspiration religieuse gagnent des élections, les extrémistes sont marginalisés et le débat sur le fond s'ouvre, pas à pas. Chez les intellectuels et les jeunes citadins d'abord. Il ne peut que s'étendre. 

Antoine Blanca

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 12:34

A quoi servira désormais l'OEA(1)? Pratiquement à rien. Si ce n'est à caser, de temps à autre, un ancien président ou un ancien ministre latino en recherche d'emploi. Dans le contexte de libération politique et de croissance économique, générales actuellement dans la région, les gouvernements des pays latinos et caraïbéens, souhaitent pouvoir débattre entre eux, à l'abri des lourdes ingérences de Washington.

La création récente du CELAC(cf article précédent) prouve que les gouvernements de la région ont de la suite dans les idées. Sa création a été approuvée par les 35 Etats représentés à la récente conférence de Caracas, où la délégation de Cuba côtoyait, sans problème, celles du Chili et du Costa Rica.

Notre satisfaction mérite toutefois d'être nuancée. On en est aujourd'hui au stade des principes, des intentions affichées. Quand on parlera financement d'une structure, fréquence et niveau des réunions, application des décisions, l'expérience nous apprend que ce sera une autre paire de manches. Mais il demeure qu'un pas vers l'émancipation des peuples et des Etats a été franchi et qu'il sera difficile de revenir en arrière. D'autant que Washington paraît s'accommoder de la situation, trop occupée qu'est la grande puissance, dans d'autres parties du monde, pour consacrer du temps à sa propre région dont l'évolution ne paraît d'ailleurs pas l'inquièter outre mesure.

Le sud du continent a, pour sa part, créé il y a près de 5 ans, UNASUR (Union des nations sud-américaines). Il s'agissait alors de contrer un vieux projet de Bush jr, la ZLEA (Zone de libre échange américaine), dans la droite ligne idéologique de la droite républicaine. Douze pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay, Venezuela) se sont engagés en avril 2007 à constituer l'UNASUR avec pour objectif, en apparence démesuré, l'adoption d'une monnaie unique, d'une même citoyenneté (passeport commun), d'un parlement sud-américain. Cet ensemble représentera, s'il vient à se concrétiser, une population de 360 millions d'habitants, sur 17 millions de km2.

L'avenir nous dira si l'Amérique du Sud est bien passée aux actes.

Antoine Blanca

1-- Organisation des Etats Américains siégeant dans la capitale des Etats-Unis.

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 11:32

L'élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil avait été accueillie avec une sympathie prudente, tant par les Brésiliens, que par les observateurs internationaux. Elle succédait à celui qui, au terme des deux mandats consécutifs autorisés par la Constitution, était devenu une icône mondiale, un Pelé de la politique. Dilma avait certes été une super-ministre, sa capacité de travail étourdissait, les milieux d'affaires reconnaissaient à contre-coeur sa compétence et la gauche n'oubliait pas ses combats de jeunesse contre la dictature militaire qui l'avaient conduite à la prison et aux chambres de torture. Mais c'était une femme, la première au Brésil à occuper cette haute dignité, et elle n'avait jamais brigué, auparavant, de fonction élective. Sans compter qu'elle avait dû interrompre son exercice ministériel pour soigner un cancer...

Or, au terme de sa première année au Planalto (coeur du pouvoir à Brasilia), elle recueille 53% d'approbation quand ses deux brillants prédécesseurs (F.H.Cardoso et Lula) n'avaient obtenu, durant la même période que, respectivement, 43 et 41%. L'action du gouvernement est elle-même approuvée par 56% des Brésiliens. C'est que Dilma s'est vraiment attaquée à la corruption, n'a pas hésité à renvoyer sept ministres que l'on considérait comme indéboulonnables et annoncé que, désormais, ce ne seront plus les partis de la majorité qui désigneraient leurs représentants à l'Exécutif. Ce serait la Présidente, et elle seule. Il faut s'attendre d'ailleurs, dans le même esprit, à un sérieux tour de vis en janvier 2012.

Et puis les résultats sont là: le Brésil est devenu la 7e puissance économique mondiale. Précédée seulement par les Etats-Unis, la Chine, le Japon, et la France. Le colosse sud-américain devancerait désormais le Royaume-Uni ( déplacé au 8e rang). Au cours de la prochaine décennie on prévoit que la Russie et l'Inde rejoindraient le haut du tableau.

NB: rappelons que le Brésil, avec ses 200 millions d'habitants, avait enregistré un taux de croissance de 7,8% en 2010. En 2011 ce ne sera que 3,5% (repercussion de la crise en Europe). Et Dilma a prédit, pour 2012, 5,5%. En outre la classe moyenne est aujourd'hui majoritaire, la grande pauvreté en net recul et l'illétrisme en voie de disparition.

 Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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