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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:27

A Cannes notre président et celui de Etats-Unis ont déclaré terminée l'opération militaire en Libye. Pour eux, il faut désormais laisser la place  aux compagnies pétrolières et gazières. Mais en réalité, pour les libyens et pour leurs voisins africains et méditerranéens, tout commence. Et pas seulement pour les grandes entreprises internationales de BTP qui se disputent déjà les juteux contrats de reconstruction de villes entières. Les services de sécurité sont partout en alerte maximale.

Les riches arsenaux du régime déchu sont en train de se répandre. Car la Libye, comme l'écrit Noureddine Khelassi (la Tribune, Alger), "est devenue un bazar d'armes à ciel ouvert". Comme nous l'avons déjà rappelé, Al-Qaida au Maghreb arabe est en train de faire d'importantes emplettes. D'autres ne sont pas en reste. Il s'agit, par exemple, de quelque 5000 missiles surface-air de type SA-7 Grail (soviétiques ou bulgares) déjà portés disparus. Et sans doute pas perdus pour tout le monde.

Naturellement les mêmes services de sécurité, comme nombre de chacelleries diplomatiques, s'interrogent. Et sur les futurs textes constitutionnels (quelle substance prendra leur conformité avec la Charia), et sur les hommes qui saisiront l'avenir en mains. Les préférés des occidentaux sont deux anciens dignitaires du kadhafisme: Mustapha Abdel Jalil et Mahmoud Jibril. Mais leur représentativité est plutôt théorique. Comme l'a dit ce dernier: " [la règle du jeu politique en Libye] est désormais définie par des courants qui ont pris les armes, l'argent, les structures et possèdent parfois même l'information".  Parmi ces courants, trois principaux: ils viennent de Misrata, de Benghazi et de Tripoli. Et à suivre avec une particulière attention: le chef de guerre Abou Abdallah el Sadek (un alias), ingénieur, 46 ans, ancien de Tchétchénie et d'Afghanistan, djihaddiste notoire, figure de proue du GICL (groupe islamiste combattant libyen). 

Antoine Blanca

 NB = Le vrai nom d'Abou Abdallah est Abdelkrim Belhadj

Ceci dit, sans vouloir empiéter sur les hautes compétences du nouvel expert ès-Libye, Bernard Henri Lévy. Momentanément indisponible: il vend son livre.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:33

Parmi les vertus, sans doute très nombreuses, dont le philosophe (et écrivain, et humaniste et sauveur de peuples en péril) Bernard Henri Lévy est riche, celle de pouvoir écrire, corriger et publier 600 pages en deux semaines, nous était encore inconnue. Le "Grand journal" de Canal+ vient de nous la révéler dans sa magnitude. BHL y est venu présenter son volumineux bouquin. Partant du principe universel que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, il nous a rapporté, dans le détail, ses exploits libyens et élyséens, nous a confié son mépris pour le respect des institutions gouvernementales (pourquoi perdre son temps au Quai d'Orsay quand des milliers de vies sont menacées à Benghazi?), et loué  l'esprit de décision de Sarkozy, qui a eu la clairvoyance de l'écouter et de le suivre. Sans consulter un Juppé et son Ministère sclérosés par nature.

Et Benghazi a été sauvé.

Hormis l'étrange duo tragi-comique Vergés/Dumas, je ne connais personne qui ait regretté la fin du kadhafisme. Même si le lynchage du"Guide" fou nous prive d'un grand procès qui aurait pu être fertile en révélations dangereuses pour beaucoup de monde. La destruction totale de Syrte, les exécutions en masse des derniers fidèles du tyran et autres mercenaires ne seront pas, non plus, des titres de gloire pour leurs auteurs et les mentors de ces derniers. Ils ne valent pas mieux, finalement, que ceux qui avaient ravagé Misrata.

Mais surtout rien n'est fini en Libye. Les exportations de cru ont beau avoir  partiellement repris, Total allant, sans doute, participer enfin de la grande fête pétrolière, l'avenir démocratique du pays demeure une inquiétante inconnue. Cela fera peut-être l'objet d'un prochain ouvrage fleuve de BHL. Lequel oublie, comme en passant, que nos forces n'auraient rien pu faire sans la participation de nos alliés et sans la haute technologie que les Etats-Unis avaient mis à disposition de l'intervention occidentale.

Pendant que nous écrivons, plus lentement que BHL et gratuitement, le massacre se poursuit en Syrie et reprend de plus belle au Yémen... 

Antoine Blanca

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:35

Nous, Européens, devons tenir sous les chocs. Ce n'est plus, comme hier, par idéal, mais par impérieuse nécessité. Le chemin qui est devant nous n'a rien d'enthousiasmant, mais le retour sur nos pas est simplement irréalisable. Parce qu'Impraticable et semé de mines anti-personnel. A cet égard le cas Berlusconi, pour être caricatural, n'est pas moins représentatif de notre mal collectif. Que ce personnage, --qui pouvait amuser ici et là--, ait pu bénficier d'une telle longévité au pouvoir, en dépit de ses énormes problèmes judiciaires (auquels il cherchait à rémédier en changeant la Loi), de ses scandales libertins, assumés sans complexe, de ses provocations diplomatiques et de son affairisme de haut vol, qu'il ait pu étaler, des années durant, son incroyable impudeur, n'a été possible qu'avec une double complicité: celle de ses concitoyens, et celle de la plupart de ses collègues européens.Et, plus loin encore, celle de la Russie et des Etats-Unis.

S'il est aujourd'hui enfin chassé de la présidence du conseil des ministres italien, c'est du fait de la panique des marchés et des menaces qui pèsent  sur la monnaie unique européenne. Sa seule  présence autour de la table commune était devenu un poison. Les marchés et les institutions financières ont fait ce que la Démocratie a été incapable de faire.

Vont lui rester, pour le moment du moins, ses chaînes de télé, les journaux à grande diffusion, le grand club de foot milanais et une fortune incalculable en actions, meubles et immeubles. Dans une Europe unie, jouissant de bonne santé, un tel personnage, avec ses relations politiques dangereuses et sa vie dissolue, n'aurait pas résisté plus de quelques semaines à la tête d'un grand pays industrialisé.

Oui, la maladie dont souffre notre Union est inquiétante. Et nous n'avons pas su mesurer à temps la gravité extrême du symptôme Berlusconi. Espérons que l'infection ne s'avèrera pas incurable. Mais avons-nous les bons médecins et les médecines appropriées? En tout cas il est temps pour les peuples de défendre une précieuse conquête, la plus précieuse du dernier demi-siècle. 

Antoine Blanca

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 12:11

L'Espagne vote le 20 novembre. En avance sur le calendrier électoral et avec un président de gouvernement, Zapatero, qui a laissé sa place à son camarade Rubalcaba pour conduire les socialistes à la bataille.

Un affrontement droite-gauche? En Espagne les choses ne sont pas si simples. Les partis nationalistes, essentiellement catalans et basques brouillent toujours les cartes. Et cela joue essentiellement en défaveur du PS espagnol: pendant la guerre civile 36-39 ces partis autonomistes ou indépendantistes choisirent de combattre pour la République. Leurs adhérents et sympathisants furent d'ailleurs persécutés, eux aussi, pendant la longue nuit franquiste. Aujourd'hui, pourtant, ils font souvent le jeu du conservatisme castillan. C'est de leur fait, par exemple, si le PSC (parti socialiste catalan-PSOE), a perdu le contrôle de la Generalitat (exécutif autonome) et de la ville de Barcelone.

En revanche la droite fait bloc. Pas de FN en Espagne. Autrement dit, pas de parti post-franquiste. Les nostalgiques du dictateur disparu, et ses nouveaux admirateurs inavoués, représenteraient pourtant entre 12 et 16% de l'électorat. Or ils se reconnaissent unanimement dans le Parti populaire, le PP dont le chef est aujourd'hui M.Rajoy. Le prédécesseur de ce dernier, Aznar, est le descendant d'une lignée d'idéologues et de dignitaires de la Phalange, le parti fasciste espagnol. Chez nos voisins donc, UMP et FN forment un parti unique.

Pareille situation contribue à expliquer la violence extrême du ton utilisé par le PP pour contrer un PSOE dont l'action, au cours des 22 ans d'exercice du pouvoir(1), n'a été marquée d'aucun excès. Son contrôle légal des rouages de l'Etat ne s'est pas traduit, par exemple, par des lois équivalentes à celles de 1885 (Jules Ferry, gratuité et laïcité) ou de 1905 (séparation des églises et de l'Etat). La République proclamée en avril 1931 avait accompli davantage de chemin dans cette direction. Tant Felipe Gonzalez que Rodriguez Zapatero ont adopté une démarche prudente, respectueuse de l'adversaire. Ce n'est pas le cas dans le camp qui va sans doute être en mesure de gouverner le pays après le vote du 20 Novembre.

Antoine Blanca

1- Felipe Gonzalez a présidé le gouvernement de 1982 à 1996 et José-Luis Rodriguez Zapatero le préside depuis 2003.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 11:26

Les forces armées en Amérique latine sont en recherche d'emploi. Depuis la fin de la guerre froide elles ne sont plus nécessaires, aux yeux de Washington, au combat régional contre "l'ennemi marxiste". Quand elles avaient été autorisées, de facto, à laisser de côté leur mission naturelle de défense du territoire national, pour traquer sans merci tous ceux qui prétendaient remettre en cause les équilibres économiques et sociaux reconnus pertinents par les Etats-Unis. On ne va pas énumérer les coups d'Etat dirigés à partir du Département d'Etat et du Pentagone qui ont été suivis de cruelles, intenses répressions. Aujourd'hui, c'est terminé. Le grand frère du Nord ne s'intéresse plus de la même manière aux pays du Sud. Depuis la première guerre du Golfe, on ne regarde plus que du côté du Moyen Orient et de l'Afghanistan. Il est significatif que, dans ses Mémoires, récemment publiées, Condoleeza Rice (1) ne consacre que 2% de son texte à l'Amérique latine.

Du coup les militaires font profil bas. Activités réduites de patrouille aux frontières terrestres, aériennes et maritimes. Dans les limites du carburant et du matériel disponibles. Ambassadeur de France au Pérou pendant quatre ans, à la fin de siècle dernier, je n'ai jamais vu voler l'un de ses Mirage 2000. On se contentait de les entretenir au sol, bien alignés, moteurs huilés et astiqués après qu'on les ait fait tourner une fois par quinzaine.

Le pouvoir civil a mis à profit cette situation pour domestiquer ces rebelles potentiels en uniforme et consolider ainsi le système démocratique. Du coup des officiers supérieurs et généraux attendent avec impatience le jour de leur retraite pour tenter leur chance devant les électeurs. Avec succès parfois: dimanche dernier, au Guatemala, le général de réserve Otto Pérez Molina a été élu Président sur un programme sécuritaire musclé. Agé seulement de 59 ans il avait exercé ses talents répressifs en prenant pour cible des révoltes paysannes de pauvres indiens et des groupes guérilléros sous-équipés. C'est dire qu'il lui reste beaucoup d'énergie à exercer. En premier lieu contre les trafiquants de drogue, leurs petits bi-moteurs furtifs et leurs gangs bien armés et entraînés.

Car au Mexique comme au Salvador, en Colombie comme au Brésil, la lutte contre le gangstérisme, grand ou petit, issu du commerce illicite des drogues est, pour partie, confiée désormais aux militaires des trois armes. Et pas seulement parce qu'il faut bien les occuper alors que ce genre de mission est du ressort exclusif de la police et de ses services. Mais aussi parce que ces derniers sont notoirement corrompus alors que les militaires ne le sont pas encore...

Antoine Blanca

1- Secrétaire d'Etat sous Bush junior.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:13

En Colombie, le président J.M. Santos ne cesse de marquer des points. Et pas seulement contre les FARC. Une semaine avant la mort au combat de Alfonso Cano, leader idéologique de ce mouvement de guérilla se réclamant encore du marxisme-léninisme, le Chef de l'Etat du grand pays sud-américain avait donné un vigoureux coup de balai, sans concession, en changeant toute la direction des puissants services secrets et en procédant à leur totale réorganisation sous un sigle différent. Un geste apprécié par tous les Colombiens, contre la corruption généralisée de ce "corps d'élite", et contre la CIA et la DEA qui, de fait, en avaient le contrôle.

Les FARC sont en phase de destruction politique et militaire. Les petits chefs vont désormais s'adonner, ensemble ou séparément, au trafic de drogue, au commerce de la rançon et à d'autres activités illicites. Créée par un militant respecté, presque légendaire, Manuel Marulanda dit "Tirofijo", l'organisation n'a plus aujourd'hui de véritable objectif de lutte. Surtout pas celui de prendre le pouvoir au moyen de la lutte armée.

Mais on doit comprendre aussi que personne ne paraît en mesure de  garantir réellement la vie sauve aux maquisards qui viendraient à déposer les armes. Quand la plupart l'avaient fait,  il y a trente ans (en créant un parti légal, l'Union patriotique), ils s'étaient tous fait assassiner par des tueurs professionnels obéissant à des puissances politiques et financières (4000 morts en six mois). Le président Santos, s'il veut vraiment le retour des soldats perdus à la vie civile, doit faire davantage que des promesses.

Les succès de Santos ne signifient pas que tout rentre dans "son" ordre libéral-conservateur. Ainsi la gauche vient de remporter un triomphe électoral qui fait sensation dans toutes les Amériques: une personnalité socialiste, ancien guérilléro du M19 ( mouvement de  gauche nationaliste), va s'installer dans le fabuleux fauteuil de Maire de la capitale, Bogotà. Les Colombiens estiment en général qu'il sera, de facto, le numéro 2 de la République.

Un événement qui contribue, d'une certaine manière, à la normaisation d'un pays qui n'a jamais vraiment connu la paix depuis son indépendance.

Antoine Blanca

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 16:22

Aucun démocrate ne saurait admettre une atteinte à la liberté de la presse, donc à la liberté d'expression. Un journal satirique est en droit d'exercer, dans les limites de la loi, son droit à caricaturer. Charly hebdo a édité un numéro avec le prophète Mahomet pour rédacteur en chef fictif. Une publication danoise avait eu l'idée la première. Elle avait mis en boîte le fondateur de l'Islam sans violer pour autant la législation en vigueur dans son pays; mais avait offert un prétexte exceptionnel aux salafistes et aux extrêmistes de tout poil pour crier à la provocation, à la profanation. Charly hebdo avait déjà, alors, emboîté le pas de ses confrères danois.

Ceux qui, dans la communauté musulmane de France, réagissent avec violence à de telles initiatives, constituent une infime minorité. Mais le nombre de ceux qui se tiennent pour insultés dans leur foi est, lui, infini. Pourquoi? Parce que la religion coranique est née dans la lutte violente contre le polydéisme. Mahomet détruisit, à l'intérieur de la grande pierre noire de la Kaaba, à La Mecque(1), les statues des dieux et déesses alors vénérées en Arabie. Mahomet ne dut la vie sauve qu'à sa fuite à Médine (622), ville à partir de laquelle il partit au combat pour faire triompher la nouvelle prédication. Celle qui affirmait qu'il n'y avait qu'un seul Dieu. Mahomet, lui, n'était qu'un homme parmi les hommes, le porteur du message d'Allah. Les fidèles ne devaient, à aucun prix,  le transformer en divinité. D'où l'interdiction absolue de prétendre reproduire son image. Avec tout ce qui suivrait: l'édification de statues le représentant, susceptibles de donner lieu à de nouveaux cultes impies.

Comme une campagne anti-musulmane et anti-islam se développe dans toute l'Europe, avec parfois des conséquences tragiques, la sensibilité de nos compatriotes visés par cette nouvelle discrimination, est à fleur de peau. Beaucoup considèrent, à tort, que le numéro de Charly est associé à un épisode de l'islamophobie entretenue par l'extrême droite et encouragée par une partie de la droite. C'est un malentendu. Mon article veut, modestement, contribuer à le dissiper...

Antoine Blanca

1- la pierre est aujourd'hui un monument sacré que les pélerins faisant le voyage de La Mecque visitent en tournant autour d'elle et en récitant ce qui est le fondement, au fond très simple, de l'Islam: il n'est de Dieu qu'Allah, et Mahomet est son prophète (ou son messager).

 

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 09:43

Le G20 avait été créé pour faire un pendant réaliste au G7 des grands pays occidentaux. Le Brésil, l'Inde, l'Argentine, la Chine et...les autres: ce n'est pas rien.

Mais que s'est-il passé à Cannes? Doublement obsédé par la crise de l'euro et par la perspective de la prochaine présidentielle en France le président en exercice du conclave à 20 a manipulé la réunion et, au mieux, l'a converti en une tentative de démonstration de sa puissance de feu: Obama et moi, sommes les seuls vrais shériffs du monde.
Conséquence:

Frustration tournant au mécontentement des représentants des "émergents". Pour qui nous prend-on? A part la Chine, très sollicitée pour raisons financières, tous les autres sont des oubliés qui nous le feront savoir à la première occasion.

C'est ce que m'a confié en synthèse un ami journaliste dans un grand hebdo brésilien qui suivait la Présidente Dilma Rousseff.

 

Antoine Blanca

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 13:02

Les présidents Sarkozy et Obama nous ont offert un étonnant numéro de duettistes. Profitant pleinement de son tour de président du G20, le Chef de l'Etat a cueilli son homologue américain dès sa descente de l'avion qui l'avait conduit à l'aéroport de Nice. Et l'a accaparé pour offrir un spectacle électoral qui, finalement, convenait aussi au visiteur. Car Obama est, lui aussi, en campagne pour sa réelection. Et les manifestations de haute considération du représentant de la droite française à son égard ne peuvent que lui convenir. Ses adversaires républicains enregistreront, comme nos compatriotes socialistes se voient contraints de le faire, impuissants, les propos laudateurs pour Sarkozy, venant d'un président démocrate.

Le drame grec n'a fait qu'ajouter du piquant à une mise en scène médiatique, préparée depuis deux semaines par l'Elysée, en soignant tous les détails. Et à laquelle Washington s'est prêté de bonne grâce. "Cela peut finalement être bon pour nous aussi", a estimé le groupe de com' obamiste. Alors le spectacle a pu commencer. Dans un environnement particulièrement propice aux activités cinématographiques. Cannes et la Côte d'Azur. Avec rappel émouvant de la guerre mondiale et, surtout, de la contribution stratégique de l'OTAN (à l'initiative de Sarkozy, faut-il le redire...) à la "libération" de la Libye. Il n'a manqué que la montée des escaliers du Festival. Qui dit encore que ces deux personnalités ne s'aiment pas?

L'apothéose aura été, sur les écrans de TF1, l'entretien (sans risque) accordé par les deux grands hommes au couple Chazal/ Pujadas...Bravo l'artiste!

Presque au même moment François Hollande, en Corrèze dans ses fonctions de Président du Conseil général, inaugurait une fête traditionnelle locale. Et se voyait interroger par la presse sur la position du PS vis-à-vis de Jean-Noël Guérini. Aux électeurs de faire la différence entre un grand leader mondial et le provincial aspirant à lui succéder. Même si ce dernier caracole encore en tête des sondages.

Et penser qu'officiellement Sarkozy n'entrera en campagne que fin janvier 2012!

Antoine Blanca

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 12:54

Dernière humiliation pour le Premier ministre grec: Merkel et Sarkozy ont insisté sur la signification de sa présence ce soir à Cannes, en marge du G20 dont la Grèce ne fait pas partie: il y a été convoqué, comme un écolier pris en faute. La précédente humiliation, il l'avait ramenée dans sa valise, déjà bien chargée, de la réunion de Bruxelles: son pays était mis sous la lourde tutelle de la République fédérale allemande. Cela fait mal à une nation que l'histoire moderne a déjà beaucoup malmené: les Ottomans, les Italiens de Mussolini, les Allemands à Croix Gammée...Le peuple grec avait vaillamment résisté, avait connu la guerre civile "chaude" annonciatrice de la guerre froide...

Aujourd'hui, on dit avec raison que la société et l'économie grecques n'étaient pas encore préparées à entrer dans la zone Euro. Sarkozy l'a lourdement rappelé en chargeant ses prédécesseurs, avec l'élégance qui lui est coutumière: Chirac et Jospin, il y a douze ans, n'avaient rien vu venir, dit-il, en admettant dans le saint des  saints monétaires un pays qu'il tient, avec ses propres limites culturelles, pour un peuple d'éléveurs de chèvres et de mangeurs d'olives noires. D'autres ont pu relire, avant lui,  une autre page de l'histoire, considérer que l'Europe ne pouvait être elle-même que si elle admettait dans son Union l'une de ses mères fondatrices.

Papandreou aurait pu, en 2009, après avoir gagné les élections, rejeter sur la dynastie politique de droite, les Caramanlis,  la faute de l'état critique dans lequel il allait trouver l'économie et les finances. Il aurait même dû faire établir un audit transparent pour faire acter l'incompétence et l'irresponsabilité de douze ans de conservatisme et de clientélisme primaires. Il a préféré confronter les dures réalités. Par patriotisme peut-être, pour ne pas ajouter de la panique à la crise. Par ignorance sans doute aussi, tant les réalités étaient ensevelies sous des tonnes d'artifices. Et gérées par une administration courtelinesque.

L'appel au peuple en vue d'une sanction populaire est une chose. Continuer de faire le ménage en est une autre. Diviser par deux, pour le moins, le budget d'une armée qui n'aura pas à affronter, quoi qu'on en dise, les féroces janissaires à une date prévisible. Le gouvernement grec vient d'envoyer un signal fort dans cette direction en limmogeant l'Etat Major. S'attaquer aux privilèges inouïs de l'Eglise. Le PS pourrait utilement faire parvenir à ses camarades du PASOK les textes des lois "de séparation" de 1905. En finir enfin avec les privilèges insultants des armateurs...

M. Papandreou: faites en sorte que le peuple de gauche soit derrière vous. Ce n'est pas incompatible avec la remise en ordre des comptes de la nation.

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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