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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 17:51

Ce blog n'a pas coutume de commenter l'actualité médicale. Sauf quand celle-ci est susceptible d'interférer sur la vie politique d'un pays. A fortiori d'une puissance ayant la dimension du Brésil, une puissance qui a cessé d'être régionale pour devenir universelle. Nous voulons parler de l'annonce, par Lula lui-même, du mal qui va restreindre ses activités pendant quelques mois, un cancer du larynx.

Il est remarquable de constater que le Chef de l'Etat en fonction, Dilma Rousseff, avait elle-même fait connaître au public cette même affection, dont le seul nom est terrifiant, il y a trois ans et demi. Elle était alors le bras droit de Luiz Inàcio Lula da Silva, et beaucoup savaient que ce dernier la proposerait, le moment venu, pour assurer sa succession. "Je vais me soigner et je guérirai". Elle n'hésita pas à se laisser photographier amaigrie et tondue. Puis elle disparut pour reparaître un an plus tard en pleine forme, plus mûre, plus pondérée mais aussi plus déterminée que jamais.

L'ex-cancéreuse dirige le Brésil avec une compétence reconnue. Un espoir pour beaucoup de malades reconnus ou potentiels. Et un encouragement à toutes les personnalités importantes à pratiquer, sans crainte, la transparence.

Et voilà que son prédécesseur, son ami et son mentor, est à son tour frappé. Sans hésiter, il a informé les Brésiliens de son état.

Cette sincérité fera, nous l'espérons des émules. L'avenir du Brésil intéresse le reste du monde. Et cet avenir passe sans doute par la personnalité de Lula. On peut prédire que celui-ci surmontera l'épreuve et en sortira renforcé en sagesse et en expérience. Dilma, elle, est en train de faire la  preuve qu'elle n'assure pas un simple intérim. Mais elle-même souhaite voir le plus éminent de ses compatriotes assurer un (sans doute) dernier mandat présidentiel.

C'est souhaitable à la consolidation du rôle des pays émergents dont il est, sans doute, le meilleur représentant.

Antoine Blanca

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:02

Le roi d'Espagne était bien présent à Asunciòn, en compagnie de Zapatero et de sa ministre de Relations extérieures, Trinidad Jimenez. Mais onze Chefs d'Etat manquaient à l'appel: Argentine, Brésil, Colombie, Costa Rica, Cuba, El Salvador, Honduras, Nicaragua, République Dominicaine, Venezuela et Uruguay. Une première depuis le 1er sommet ibéro-américain en 1991. Juan-Carlos 1er (encore convalescent d'une intervention chirurgicale), et son (encore) chef de gouvernement, ont eu beau téléphoner à leurs homologues, les presser de faire un effort, chacun avait un solide prétexte pour justifier son absence. Les Espagnols étaient mortifiés. Ces réunions entre hauts représentants de pays frères, ayant tant de choses en partage, donnent à leur pays une dimension universelle dont ils peuvent se prévaloir en Europe.

Il y a vingt ans le premier sommet avait été, pour Madrid et pour le Président Felipe Gonzalez, une double manifestation de solidarité avec des nations et des peuples qui, pour bon nombre d'entre eux, s'étaient libérés, depuis peu, de cruelles dictatures ou de sanglantes guerres civiles; ils avaient, en outre, beaucoup de mal à se remettre de la profonde crise qui avait secoué leur économie et déchiré leur société. Aujourd'hui la situation s'est un peu inversée. L'Amérique latine va plutôt bien, parfois très bien, en matière de croissance et de maîtrise de la dette, alors que les deux pays péninsulaires attendent, sans le dire trop fort, de sa part, une sorte de renvoi d'ascenseur.

En fait, selon moi, il ne faut pas dramatiser cet échec inattendu. Il y a beaucoup de lassitude du fait de la multiplication de sommets et de réunions internationales dont l'utilité n'est pas toujours évidente. La pratique démocratique implique aussi que l'on tienne davantage compte des sentiments d'un électorat qui regarde, souvent, d'un mauvais oeil ces coûteux voyages de leurs gouvernants. Ils préfèrent les avoir sous la main. Enfin des amis diplomates affirment discrètement que le président actuel du Paraguay, l'ancien évêque Fernando Lugo, outre qu'il n'est pas très apprécié par ses collègues du continent, n'a fait aucun effort pour manifester l'enthousiasme d'un hôte qui, pourtant, n'a que de rares occasions de recevoir.
L'an prochain le sommet se célébrera au Panama. Une occasion pour les participants de se poser la question de la convenance de maintenir le rythme annuel des réunions.

Antoine Blanca

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:31

Pour les Etats-Unis, l'Arabie saoudite est le seul allié sûr au Moyen-Orient. En contradiction avec ce que ses diplomates et ses militaires affirment, cet Etat théocratique médiéval, est le financier, le cerveau et le fournisseur d'armes de tous les mouvements extrémistes se réclamant de l'Islam. C'est autour de lui que s'est organisée la contre-attaque en Afghanistan après l'invasion soviétique de 1979. C'est lui qui a financé les "brigades internationales" djihadistes qui ont permis de former les cadres de la lutte armée contre d'autres nations "soeurs" comme l'Algérie. C'est d'Arabie et de sa famille régnante qu'a surgi Al Qaïda et son chef. Et ce pays demeure le représentant le plus intransigeant d'une interprétation, à mes yeux aberrante et criminelle, des textes originels du Coran et des haddiths(1).

Mais la monarchie saoudienne reste en dépit de tout, pour le Pentagone et pour le Département d'Etat, le rempart contre les dangers de dérives politico-militaro-religieuses au Moyen-Orient. Même si cette monarchie considère l'objectif de la destruction d'Israël comme un dogme. Washington a bâti sur ce fief du wahabbisme des bases stratégiques sur-équipées, terrestres, maritimes et aériennes. Le pays pilule d'agents de tous les services "d'intelligence" US. C'est le joyau de la couronne impériale, comme jadis l'Inde l'était pour le Royaume Uni.

A mon avis, il est urgent pour notre grand allié de réviser tout cela à la lumière des nouvelles réalités qui s'imposent. L'Arabie vit dans un état comateux, à l'image de ses princes. Inévitablement, Washington devra appprofondir ses relations, déjà fortes, avec la Turquie, et encourager l'évolution de l'Egypte, singulièrement de son armée, vers la tolérance, le pluralisme, sans manquer pour autant à la scrupuleuse, indispensable  vigilance.

Quant à la France, elle doit éviter de rester à la remorque d'une politique qui s'est avérée erronée sur toute la ligne. Notre attitude, lors du début de la 2e guerre d'Irak, est à cet égard exemplaire. Et notre participation à l'aventure afghane, le contre-exemple. Par amitié pour nos amis américains, nous devons demeurer un recours. On le voit bien, aujourd'hui, quand le Pentagone annonce le rapide retrait de ses militaires d'Afghanistan, en affirmant, abusivement, que leur mission est terminée.

Antoine Blanca

1- Hadith: tout ce qui est rapporté des actes et des paroles du Prophète par ceux qui l'ont connu, fréquenté, accompagné. Cet ensemble constitue "la Sunna ou sounna" pour les musulmans qui se réclament du sunnisme. Le wahabbisme est une conception extrême, particulièrement dogmatique, fermée à toute évolution, du sunnisme.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 11:50
 

Le nom de celui qui aurait dû rester un obscur officier de la Marine de guerre argentine est pourtant tristement familier en France et résonne toujours aux oreilles attentives des ONG du monde entier, du moins de celles qui se préoccupent en priorité de la défense des Droits de l’Homme. Trente quatre ans après les faits pour lesquels il était inculpé, vingt huit après la fin de la dictature militaire, Alfredo Astiz a été définitivement condamné, en compagnie de plusieurs officiers supérieurs et généraux de son Arme, à passer le reste de sa vie en prison.

Dès ma nomination en tant qu’Ambassadeur itinérant pour les pays d’Amérique du sud, d’Amérique centrale et des Caraïbes, le Président Mitterrand m’envoya en mission à Buenos-Aires afin de signifier aux autorités du régime encore en place, l’attention spéciale qu’il portait au sort de nos 17 compatriotes portés disparus, victimes de la répression qui avait suivi le coup d’Etat de mars 1976. Une manière de manifester aussi notre totale solidarité avec les familles de tous les autres disparus (entre 15 et 30000), Argentins ou étrangers.

Alfredo Astiz était particulièrement en cause dans le cas de deux religieuses françaises, Alice Domon et Léonie Duquet, qui assistaient celles qu’on appellera bientôt « Mères de la Place de Mai », dans la recherche de leurs enfants. Elles avaient fait d’une petite paroisse de la capitale, le centre de leurs activités. Astiz s’y était introduit, avec son beau sourire d’ange blond. Il aidait tout ce petit monde, transportait les militants en voiture, rendait mille petits services…et tenait informé les commandos d’action de l’amiral Massera, basés à l’ESMA (Escuela superior de Mecànica de la Armada), centre de torture, d’assassinats et  des spécialistes de la disparition des corps. Les enlèvements se multiplièrent parmi ceux et celles qui fréquentaient l’église. On ne les reverra jamais. Ce fut le cas, notamment, de nos deux compatriotes et d’une jeune suédoise, Dagmar Hagelin. Astiz partit, et poursuivit sa carrière militaire de manière plus conventionnelle.

Il allait être découvert à la fin de la guerre des Malouines, grâce à une photo publiée dans la presse londonienne (fin mai 1982), représentant la reddition peu glorieuse d’un jeune officier chargé d’occuper un îlot de l’archipel. Des « madres » reconnurent alors celui qui avait infiltré leur groupe pour envoyer leurs enfants à la mort. En dépit de quelques arrestations, toutes sans conséquence, la traque du sinistre personnage ne s’arrêta jamais.   

Antoine Blanca

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 09:54

Personne n'a été surpris par le résultat. Même si pour ma part je plaçais Ennahda en tête, je situais son résultat entre 25 à 35% des votants. En fait ce pronostic "à vue de nez" s'est avéré erroné. Ce parti a finalement obtenu 41% des sièges. 90 élus sur 217. Il lui faudra donc conclure des alliances. Et pour gouverner, et pour adopter la nouvelle constitution. C'est dans la négociation démocratique que l'on pourra apprécier l'esprit d'ouverture de la formation politique désormais majoritaire, mais contrainte de rechercher des alliances. Un exercice sain pour vivre le régime du dialogue permanent.

Il n'y a aucune raison valable pour suspecter a priori Ennahda de ne pas vouloir inscrire son action dans le respect du pluralisme. Plus que tout autre pays la France, hier puissance coloniale peu respectueuse des libertés fondamentales et des Droits de l'Homme, doit faire preuve de mesure, de modestie dans ses jugements. Evitons les procès d'intention à l'égard du nouveau pouvoir qui va se mettre en place. Manifestons au contraire notre bonne disposition désintéressée à aider à la reconstruction républicaine, dans un pays qui nous est si proche.

Je voudrais bien, comme nombre de mes compatriotes et beaucoup d'amis tunisiens, que le nouveau gouvernement soit composé, à Tunis, de disciples de  Jules Ferry, du petit père Combes et, pourquoi pas, de Jean Jaurès. Ce ne sera pas le cas et c'est, au fond, bien naturel puisque telle est la décision du peuple. La démocratie à la tunisienne est en train de se mettre en place dans les esprits avant de l'être dans les textes. Rendons nous disponibles pour contribuer, si cela nous est demandé, à construire le chemin du droit et de la raison. Mais ne nous posons pas en censeurs. Nous ne sommes nullement fondés à le faire.

Antoine Blanca

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:20

A Bruxelles, les dirigeants de l'Europe, surtout les 17 du groupe Euro, n'auront pas dormi pour parvenir à un accord de principe qui, nous l'espérons tous, va sauver la Grèce, donc, provisoirement, la monnaie unique, et retarder l'explosion italienne. Mais au-delà des déclarations macro-économiques, il est  légitime d'éclairer les citoyens sur les arrière- pensées des uns et des autres autour de la table de négociation.
En France, notre représentant en chef n'avait en tête que l'élection de 2012. Ce soir, sur TF1, devant deux interlocuteurs choisis pour leur capacité à lui servir la soupe, Sarkozy va se pavaner (allez donc trouver un autre négociateur ayant une telle classe!), et présenter le paquet de mesures comme le résultat, peu ou prou, de son intervention personnelle.

Derrière ses mots de petit chef de guerre, les Français ne vont pas tarder à voir (et à subir) d'autres réalités, bien concrètes et immédiates:

1- sur le sommet lui-même: c'est Angela Merkel, forte d'un mandat voté à la quasi-unanimité par son parlement, qui a mené la danse, imposé ses points de vue;

2- d'énormes inconnues demeurent concernant, notamment, le rôle que pourrait jouer la Chine dans le sauvetage de l'euro et ce que cette puissance exigera en échange;

3- la situation de la société française en marge du dossier européen: chômage installé durablement à la hausse, industrie touchée en profondeur, croissance en berne: pour la première fois le gouvernement a dû se résigner à annoncer, en plein débat budgétaire, une dramatique baisse des prévisions de croissance (elle passe de 1,75% à 1%, sans doute même, en réalité, à 0,8%). On devra donc trouver 8 milliards d'euros de recettes supplémentaires, et on ira les chercher dans les poches des classes moyennes et des consommateurs.

M.Sarkozy, dans son entretien télévisé de ce soir, pourra difficilement esquiver ces problèmes quelle que soit la docilité de ses interlocuteurs.

Pout terminer sur la crise européenne, je donne la parole, une fois n'est pas coutume, à M. Giscard d'Estaing:

On exagère...Nous avons une monnaie unique. Aujourd'hui qu'est-ce qu'elle fait? Elle monte. Donc, dans toute cette affaire, je suis frappé par le fait qu'elle est traitée dans l'agitation et avec un niveau de compétence relativement faible. Les politiques disent toujours que l'heure est grave parce que, si cela va mal, ils l'auront annoncé; et si cela va bien, ils auront eu le mérite d'avoir résolu les problèmes..."

VGE sait de quoi il parle. Et puis, il a toujours été si bon camarade avec ceux de son camp!

Antoine Blanca

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 14:45

La mise au monde de l'Europe nouvelle avait été une longue et pénible épreuve. Elle demandait beaucoup d'enthousiasme et même de foi. Il y avait du bonheur dans les visages des signataires du Traité de Rome en 1957. Les images en témoignent. On s'émancipait ensemble, alliés et ennemis de la veille, des pesanteurs de l'histoire comme on se protégeait de la menace du stalinisme et de l'étouffante proximité étatsunienne. Plus de guerres, mais sans angélisme dans la sauvegarde de la paix. Plus de totalitarismes, mais sans oubli. Salazar pouvait imposer sa présence à l'OTAN, Franco s'en montrer bien trop proche...La porte de l'Europe unie, elle, leur resterait fermée. En attendant leur disparition de la scène.

Ce temps des bâtisseurs comportait nombre de dangers. Mais les partisans de la construction du nouveau temple à la déesse Europa vivaient dans une sorte d'exaltation perpétuelle.

Aujourd'hui le décor a changé autant que l'atmosphère. Tout a grandi très vite, trop vite, toujours dans l'urgence, l'improvisation, l'approximation. Avec la crise de l'euro, qui concerne 17 des 27 Etats membres, le règne des comptables a définitivement pris le relais de celui des idéalistes. Notre inquiétude se mesure en chiffres, non plus en battements de coeur.

Les raisons de douter peuvent se multiplier, une réalité demeure. La construction de l'Europe unie est un impératif. Juger les choses différemment équivaudrait à un recul, à un abandon que les générations à venir ne nous pardonneraient pas. Beaucoup trop d'obstacles ont été franchis avec succès pour que nous refusions celui qui est devant nous.

Antoine Blanca

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 12:17

François Mitterrand avait été le génial pourfendeur du présidentialisme gaullien, façon Ve République. Son ouvrage "le coup d'Etat permanent" avait démonté, point par point, un système de pouvoir qui, selon lui, déséquilibrait dangereusement les institutions au bénéfice unique du Chef de l'Etat. Je suis persuadé de la sincérité de son engagement. Avant qu'il ne réalise qu'il pouvait transformer le handicap en atout, conduire la gauche non communiste à se rassembler autour de sa personne, et renverser, historiquement, le rapport des forces au profit des socialistes.

En 1965, l'occasion lui fut donnée de passer de l'analyse aux actes. Première élection du Président au suffrage universel, une SFIO réticente à présenter son propre candidat, un PC peu désireux de compter ses électeurs autour de l'un de leurs dirigeants. François Mitterrand était là, prêt à faire don de sa personne à une gauche désorientée. La défaite fut presque glorieuse et la Fédération de la gauche, FGDS, naquit dans la foulée. Avec celui, qui avait réussi l'exploit de mettre le Général en ballotage, à sa tête.

Le peuple de gauche faisait une entrée fracassante dans un système, qu'en principe, il condamnait. Et François Mitterrand devenait son incontournable champion. Même si la suite fut tortueuse,, douloureuse parfois. Le nouveau parti, celui qui devait avoir le nouveau visage du socialisme français, ne prit forme, dans sa plénitude, qu'en 1971 à Epinay-sur-Seine. Après être passée tout près du précipice deux ans plus tôt.

Et tout a tourné, depuis, autour du candidat à l'élection présidentielle. La stratégie du leader du Parti s'avéra payante sur toute la ligne. L'union de la gauche mit le PS en tête et, quand vint l'heure du triomphe, l'inimaginable devint réalité avec une double majorité, à l'Elysée, et au Palais Bourbon (1). Le candidat à l'élection a toujours été  désigné en accord avec les statuts: en 1974 (hâtivement, par une convention à la Mutualité) et en 1981 par la même instance au palais des sports de Créteil; formellement en 1988 et, en 1995 et 2007 directement, pour la première fois, par tous les adhérents. En cette dernière occasion le corps électoral avait été élargi: une adhésion spécifique à prix réduit (20 euros) avait été créée. Une étape vers ce qui se transformera en "primaires citoyennes".

François Hollande aura, lui, été le seul à sortir vainqueur d'un ample et pacifique affrontement, avec meetings, collages d'affiches et, surtout, débats télévisés. S'il est élu en mai prochain, on pourra légitimement lui donner le titre de François le Second. Comme il a conservé le sens de l'humour, faute d'avoir gardé tous ses kilos, il sourira de l'amicale plaisanterie. 

Antoine Blanca

1- la majorité au Sénat, on n'y rêvait même pas!

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:40

L'écrivain chilien Ariel Dorfman, a publié, dans la quotidien madrilène El Pais, un article qui aurait dû retenir davantage l'attention des autres medias: l'ex-vice Président US Dick Cheney pourrait être arrêté, et mis en examen, s'il voyageait dans un pays ayant ratifié (comme les Etats-Unis en 1994) la convention internationale contre la pratique de la torture et ceux qui l'ont favorisée. En un mot, à Paris comme à Madrid ou à Londres, l'ancien patron de la plus grande entreprise privée de fabrication d'armements du monde (Halliburton), pourrait se faire "pinochétiser" (allusion à l'arrestation-surprise de l'ancien dictateur chilien à Londres en 1998).

C'est l'ancien conseiller de Colin Powell, Lawrence Wilkerson, qui révèle l'info et utilise le délicieux néologisme pinochétiser. Cheney redoute ainsi, désormais, de passer une frontière, même celle du Canada. Il se souvient que Pinochet avait dû souffrir un an et demi en résidence forcée imposée, à Londres, par la justice britannique agissant sur mandat international.

Journalisme-fiction selon Ariel Dorfman: "une fois qu'on lui aurait pris ses empreintes digitales, il serait conduit devant un magistrat et informé que, en vertu des lois internationales (ratifiées par Washington), il est accusé d'avoir favorisé des actes de torture (Guantanamo et Irak, faits démontrés, notamment) ce que condamne la convention internationale...Ensuite il aurait la possibilité, contrairement à ses victimes présumées, de se faire défendre par des avocats et de récuser les arguments de ses accusateurs.

Cheney est donc désormais contraint de rester au chaud dans son pays. Ou de voyager dans les rares Etats n'ayant pas ratifié la fameuse convention. Par exemple au Yémen et à Bahrein.

Notons que George Bush Jr se trouve dans le même embarras que son ancien Numéro2.
Quel rêve: voir les deux personnages en question embastillés, même provisoirement, en pays étranger. Une jouissance morale qui peut s'avérer trop intense, à mon âge!

Antoine Blanca

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 16:15

Le gouvernement provisoire qui tente d'organiser la Libye, le CNT, ne s'est considéré totalement libre de ses actes qu'après la confirmation de la mort du grand mégalomane qui a dirigé le pays pendant 42 ans. Si la Libération complète du territoire a pu être ainsi officialisée, il n'est pas dit, pour autant, que cette nation faite de mer, d'oasis, de sable et de puits de pétrole (2), ne continuera pas d'être hantée par le fantôme de son auto-proclamé "guide".

Les circonstances et le lieu de sa mort, sa ville natale de Syrte vont, je le crains, donner prétexte aux poètes de sa grande tribu, et de celles qu'il avait ralliées à force d'honneurs, de prébendes et de titres de propriété, à commencer un jour prochain à lui tresser une couronne de héros, voire de martyr. Sur le thème: "Il a lutté jusqu'à la mort, comme il l'avait annoncé. Sur la terre qui l'a vu naître. Terrassé par une frappe de l'OTAN et lynché par des guerriers de tribus ennemies". Un commandant de l'armée hier encore "rebelle" décrit un Kadhafi dressé devant ses assaillants, tenant d'une main une kalchnikov, de l'autre un pistolet en or, prêt à vendre chèrement sa vie. Tous les ingrédients d'une future mélopée bédouine, chantée autour du feu de camp d'un village de tentes en poil de chameau...

Espérons que les nouvelles autorités s'accordent vite sur une nouvelle politique; en commençant par mettre fin à leurs querelles de moins en moins sourdes. Il est essentiel de batir une programme visant à une généreuse réconciliation nationale, de lancer dans les délais les plus brefs un plan ambitieux de reconstruction des cités détruites ou anéanties. Comme Syrte dont il ne reste rien et dont les habitants ont fui, dans la panique et l'amertume. Celle qui est proche de la haine.

Transformer le satrape sinistre et sanglant, en personnage shakespearien, voilà qui ferait injure à l'histoire.

Antoine Blanca

(1) C'est un ancien ambassadeur de France à Tripoli, Guy Georgy, qui, séduit par le jeune officier Kadhafi, a écrit une biographie hagiographique portant ce titre.

(2) sans compter d'inestimables richesses archéologiques...

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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