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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:34

Emu. J'avais de la peine pour Ségolène hier soir, oubliant un moment combien son style avait le don de m'agacer et son personnalisme, de m'irriter. La vue d'une "diva" diminuée provoque souvent, pourtant, une réaction affective. Notre championne de 2007, même battue, faisait  partie de mon petit paysage personnel. Comme toute diva, elle ne concevait la vie politique que tournant autour d'elle. Entourée d'adulateurs et d'adulatrices, plus proches de fans de star du music-hall, que de militants ouvriers. Elle les avait organisés en petits clubs locaux qu'elle avait fédérés sous un sigle plutôt "cul-cul", Désirs d'avenir". D.A., disaient ses adhérents, en initiés d'un monde à part. A part du PS.

Tandis que Ségolène essuyait des larmes, Montebourg triomphait, sa belle compagne levant bien haut son verre de mojito. Mais dès dimanche soir on entendait les journalistes spéculer: à qui le bel Arnaud va-t-il "donner" ses voix? La réponse, sans attendre les propos pleins de morgue, à venir, du camarade Montebourg, je vais vous la donner. Les 17% réunies par le sympathique avocat ne lui appartiennent pas. Les votants sont des militants ou des sympathisants d'un grand parti de gauche, et ils n'ont pas besoin de guide. Surtout d'un guide aussi évolutif que l'intéréssé, qui sera passé par tous les courants, toutes les adhésions avant de créer sa propre firme. J'ai été stupéfait d'apprendre qu'il incarnait la gauche du PS, parce qu'il avait parlé de démondialisation (sans jamais définir clairement ce concept) et de protectionnisme (sans quitter la logique d'union européenne). Quelle est sa doctrine? Je crains qu'elle ne se limite à l'énoncé de son nom.

On a perdu une diva qui avait sa cour. On retrouve un "divo" qui aime une belle journaliste. Et, surtout, s'aime beaucoup.

Antoine Blanca

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 16:25

Tout se passe comme si le but ultime de la tournée de Sarkozy dans le Caucase était une rupture politique avec la Turquie. Pourquoi? Les observateurs n'y voient aucune explication rationnelle, qu'elle soit diplomatique ou militaire. Certains situent cette série de visites-éclair comme partie de la campagne électorale en vue de sa réélection en 2012. EIle viserait les citoyens français d'origine arménienne, le plus souvent tentés, jusqu'à présent, par le vote à gauche. En ce sens, il préfère obtenir le soutien d'Aznavour (1) au dialogue avec M.  Erdogan, le puissant Premier ministre turc qui vient d'être confirmé dans sa fonction par les électeurs. Si tel était le cas, la légèreté du personnage qui nous dirige nous ferait toucher le fond.

La Turquie est en train de redevenir une grande puissance régionale. En Europe, en Asie comme au Moyen-Orient. Il n'y a pas si longtemps ce pays était surtout considéré comme une pièce maîtresse de la stratégie géopolitique de l'OTAN. C'est à dire des Etats-Unis. Depuis la consolidation des conservateurs islamistes, il a pris ses distances avec Israël,  retrouvé le prestige perdu dans nombre de pays de l'ancien empire ottoman (notamment dans la nouvelle Egypte) et s'apprête à jouer un rôle central dans la recherche d'une sortie de crise en Syrie. Sarkozy rend un mauvais service à la France en claquant, désormais de manière offensante, la porte au nez à cette grande nation qui souhaite entrer dans l'Union européenne (2).

En passant, notre président nous a aussi fâchés avec la Russie. En grand stratège il joue la carte de la Georgie et de sa souveraineté perdue en Abkhazie et en Ossétie du sud. On a mal à croire à tant d'inconséquence. Hier, il humiliait la Roumanie, aujourd'hui il tire la langue à Moscou et pointe un doigt d'honneur en direction d'Ankara. Décidément, ce n'est pas uniquement en politique intérieure, économique, sociale et scolaire qu'il nous faudra réparer les dégâts en mai 2012: nos relations diplomatiques seront aussi en lambeaux.

Antoine Blanca

(1) Aznavour est un bon citoyen qui, pour éviter le fisc de son pays est réfugié, depuis de longues années, en Suisse.

(2) Nous ne voulons pas dire pour autant que nous devons manquer de vigilance pour que ce pouvoir ne touche pas aux principes fondamentaux de laïcité de l'Etat, héritage de Mustapha Kamal.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 15:27

Il n'y a aucun doute, la campagne des primaires citoyennes, décidée, lancée et organisée par le PS, sont un succès médiatique extraordinaire. L'adversaire de droite ne sait comment se sortir d'embarras. Il apparaît comme le has been avec un chef, hier encore tout puissant, à court d'idées après avoir à peu près tout essayé pour faire encore partie de l'actualité. Même les alliés naturels des socialistes ont le souffle coupé. La championne écologiste, celle qui a écarté le célèbre Nicolas Hulot, a comme disparu du paysage; il faut dire qu'à côté du fracas des primaires citoyennes, la bataille de la famille "Verte" relève presque de la dispute de clocher ou de lavoir. Tandis que Mélenchon semble ne tenir sa légitimité que d'un meeting dominical à la fête de l'Huma.

Demain dimanche nous irons donc voter, nous aussi, les militants du PS. Et, comme des millions de citoyens, nous aurons le sourire aux lèvres, celui des jours de victoire. Une première, alors qu'aucun résultat définitif de la bataille en cours ne sera connu avant de longs mois. Mais je ne sentirai pas moins, comme beaucoup de mes semblables, qu'un monde de certitudes s'effondre autour de nous. Nous ne serons plus les militants qui montreront avec fierté leur carte du Parti, à jour de leurs cotisations. Mais des électeurs comme les autres devant signer, à l'occasion d'un scrutin un peu spécial, une charte d'adhésion aux valeurs de la gauche et payer une contribution volontaire pour les frais. Comme mon voisin qui disait encore, il y a peu, sa fierté de n'avoir jamais appartenu à un parti. "Je suis un homme libre", affirmait-il, comme si le citoyen engagé ne l'était pas.

Les militants ont pourtant fait, pendant des semaines et des semaines, tout le travail, et feront encore tout le travail de scrutateurs et de "dépouilleurs" deux dimanches de suite. La plupart ont consacré une partie de leurs heures de loisir à distribuer des tracts sur les marchés, à faire la claque dans les réunions d'information du candidat de leur choix, parfois à coller des affiches. Et "on remettra ça", en plus grand, une fois le candidat ou la candidate désigné(e).

Bref le militant  et le militantisme ne seront plus jamais ce qu'ils étaient.

C'est une histoire toute nouvelle qui commence pour la gauche. Et, l'urgence électorale passée, il faudra nous donner le temps de réfléchir à la signification de ce changement et aux conéquences qu'il entraîne.

Antoine Blanca

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 10:51

Dans sa quête incessante pour se positionner à l'aile droite du PS, le talentueux Manuel Valls  a tenté de sortir la figure de François Bayrou de sa maigre valise aux accessoires. On n'a pas de mal à le comprendre tant sa démarche est conforme au personnage qu'il veut incarner. Assuré de ne pas être présent au 2e tour de la primaire, incapable de réunir, comme ses principaux concurrents, des foules pour un dernier meeting avant la consultation de dimanche 9 octobre, le maire d'Evry est parvenu à retenir l'intérêt médiatique en apparaissant dans les étranges lucarnes pour brandir le fantôme de l'alliance au centre.

Sur le plan strictement personnel, c'est peut-être bien joué, puisque les médias ont encore parlé de lui. Une confirmation de sa logique politique qui n'a surpris que ceux qui ont fait semblant de l'être.

Mais l'objectif collectif est ailleurs. Battre la droite et Sarkozy en 2012 c'est d'abord rassembler ceux qui veulent le vrai changement, c'est à dire le plus largement possible les forces de gauche. Ce n'est qu'au soir du 1er tour de la présidentielle que nous pourrons apprécier la véritable représentativité des uns et des autres. En 2007 François Bayrou avait réalisé un résultat plus qu'estimable. Mais au moment décisif, pour le 2e tour, il s'était refusé à choisir entre la candidate de la gauche et le champion de la droite, un ancien balladurien comme lui.

Bayrou est imprévisible, insaisissable. Valls qui veut, personne ne peut en douter, la victoire de la candidature PS soutenue par l'ensemble de la gauche, se trompe de timing. Et oublie que le Béarnais, qui n'est même pas prophète en son pays (il avait piteusement échoué à la porte de la Mairie de Pau), devra d'abord démontrer sa capacité à rassembler son camp dispersé (en 2007 il s'était vite retrouvé tout nu à l'Assemblée Nationale). Lui tendre la main par avance c'est risquer la rebuffade d'un homme seul et quelque peu mégalomane. C'est aussi semer la confusion dans notre propre camp.

Pour le moment laissons Bayrou dans son sarcophage.

Antoine Blanca

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:29

Au moment où la campagne des primaires fut lancé, le mot d'ordre, émanant de l'Elysée consistait à faire marteler, par le parti sarkozyste, ce mot d'ordre:"primaires PS=fichage politique". Jean-François Copé s'adressait alors à la presse, à partir du siège de l'UMP, avec une affiche en toile de fond clamant ledit slogan. Naturellement tous les zélateurs reprenaient le refrain avec de rares variantes et peu de conviction. Mais en privé d'abord, publiquement plus tard, des chefs de la droite, comme Estrosi, exprimaient leur scepticisme. Et finissaient par dire tout le bien qu'ils pensaient d'un moyen de désignation du candidat aussi démocratique. "Pourquoi pas chez nous aussi?" s'exclamaient-ils en substance. 

Les affiches dont Copé voulait faire une arme de guerre ne couvrirent jamais les murs de nos villes. Cette nouvelle campagne reposant, une fois encore, sur la peur, était mort-née. Le matériel imprimé fut relégué aux poubelles à recyclables.

Et voilà que, à la veille du premier tour de la primaire, le Premier ministre Fillon prend clairement position en faveur de ce "moyen démocratique et moderne de désignation des candidats aux élections importantes"(1). Et de préciser même que la méthode en question était prescrite par les statuts de l'UMP. Il est donc temps pour Copé, Morano, Pécresse et les autres de les relire, ces sacrés statuts! Trois mois de réflexion en salle de lecture, alors que les socialistes et leurs alliés étaient en campagne depuis, officiellement, trois longs mois. Mais les dieux de la politique sont miséricordieux avec les nouveaux convertis...

Cette découverte vaut reconnaissance du succès du PS. Tous ceux qui espéraient des déchirements entre candidats à la candidature en ont été pour leurs frais. Les différences ont été affichées. Chacun a son propre caractère, ses amours et ses désamours. Mais les trois débats (on avait hâte que cela finisse) ont fait, presque exclusivement, l'actualité politique.

Ce matin, une journaliste de Canal+ se demandait "comment il serait possible pour les anciens candidats de s'entendre pour gouverner". Je peux par avance la rassurer. Les socialistes sont depuis longtemps les champions de la synthèse, et elle sera d'autant plus facile à réaliser que les différences affichées sont finalement minimes.

Et, ne l'oublions pas: la date de l'élection décisive est encore bien lointaine...

Antoine Blanca

1- sans crainte de se contredire, M.Fillon s'est empressé de dire que cela ne pouvait pas concerner 2012 puisqu'il y avait un candidat naturel.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 11:05

Ce n'est jamais impunément que l'on jongle avec les appartenances en politique, et que l'on ridiculise ceux qui ont voulu participer ou applaudir au spectacle. M.Borloo avait déjà tenté en vain, pendant des semaines, de faire pression sur le Président pour se faire nommer Premier ministre. Une nouveauté absolue sous la Ve République. Moralement obligé, après son échec retentissant, de quitter le gouvernement, il s'était lancé dans une opération plus noble: préparer sa candidature à la présidentielle, au nom du Parti radical valoisien, qu'il est supposé présider. De bonne foi, ou par calcul ( difficile à démêler...), certaines personnalités de la majorité sont venues l'appuyer. Et voilà qu'il les a abandonnées, en rase campagne, pour revenir, la crête basse et repentant, au bercail sarkozien. Rama Yade l'accompagne jusqu'à une porte dérobée de l'Elysée, le coeur gros et la parole humble de la femme trompée mais consentante. Elle croyait participer à une aventure. Ce n'était en fait qu'une médiocre escapade. Un tour de prestigiditateur en fin de carrière. Jongleur ou prestigiditateur, c'est toujours du cirque et des propos de comptoir.

Borloo se sera fait tailler, au passage, un costume de velléitaire dont il ne pourra plus changer. Tout ce qu'il peut espérer, désormais, c'est un retour en mairie de Valenciennes. Il n'a pas su apprécier la longueur du saut à effectuer pour atteindre les sommets de l'exécutif. Mais, surtout, il a trahi des fidélités naissantes. Un suicide en politique. De ceux qui sont, l'effet de surprise passé, totalement ignorés.

Quant au radicalisme ordinaire, celui qui occupait un siège prestigieux, rue de Valois, et qui a joué un rôle fondamental pendant toute la IIIe République, il lui aura porté un coup qui peut s'avérer mortel sur un corps déjà bien fragilisé par l'incurable maladie de l'inutilité. Une mmaladie sans remède. Son dernier président authentique, Robert Fabre, était d'ailleurs pharmacien dans une petite ville du Rouergue. Les remontants qu'il avait alors tenté de lui administrer n'avaient eu aucun effet. 

Depuis, les radicaux de gauche sont les seuls héritiers présentables d'une tradition plus ou moins glorieuse. Les valoisiens eux, sont entrés, grâce au citoyen Borloo, en état de coma dépassé. A moins qu'ils ne le fussent déjà auparavant. Sans le savoir, naturellement. 

Antoine Blanca

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 10:43

De l'Egypte, le plus peuplé des pays arabes libérés par un mouvement populaire, on parle désormais peu, et mal. Les medias rapportent, de temps à autre, une nouvelle manifestation sur l'historique place Tahrir, mais sans préciser davantage les raisons de cette nouvelle agitation revendicatrice. A dire vrai l'avenir du pays est encore en négociation, entre le Conseil des Forces Armées et les délégués de la révolution démocratique. Essentiellement les laïcs, puisque les Frères musulmans se sentent assez forts pour conduire leurs propres négociations: les Etats-Unis les considèrent (et le leur ont fait savoir) comme une puissance incontournable et cela suffit à imposer le respect à tous...

Les négociations seront longues, tant les militaires sont désireux de gagner du temps pour gagner, à terme, du pouvoir.

C'est dans le domaine de la presse, et des medias en général, que les choses vont le plus vite. D'abord parce que les grands organes d'information, hier encore aux ordres du régime déchu, ont tous retourné brutalement leur veste démodée (1). Au point que certains révolutionnaires se disent gênés en se voyant ainsi encensés sans mesure par les mêmes qui voulaient les envoyer à la potence. Ensuite parce que les écrivains, les dramaturges, les acteurs, n'ont pas attendu une nouvelle législation pour libérer leur plume et leur parole. Une nouvelle chaîne de TV, la 25 (pour rappeler le 25 janvier, date du début du mouvement émancipateur), produite et animée par une équipe de jeunes, réalise des émissions politiques originales, ouvertes à tous les courants de pensée, même aux obscurantistes du salafisme.

Tout le monde espère que le temps de la censure, qui utilisait souvent des prétextes religieux pour sévir, aura bientôt complétement disparu. Moubarak avait ainsi fait interdire "Zorba le Grec", de Kazantzàkis et "l'insoutenable légèreté de l'être" de Kundera. Mais aussi un ouvrage de BD qui se moquait de la corruption au quotidien, au prétexte qu'il montrait une femme nue. On avait aussi remonté le temps en interdisant les oeuvres du penseur soufi andalou Ibn Arabi (1165-1240) et un groupe d'avocats illuminés avait déposé plainte pour faire interdire "les Mille et une nuits" pour incitation au vice et au péché ! Enfin n'oublions pas que l'oeuvre 'le fils de la médina" du seul Prix Nobel arabe de littérature, Naguib Mahfouz, avait été censurée et l'auteur lui-même attaqué et blessé par arme blanche.

Ce passé est-il, vraiment, définitivement, passé? Nous voudrions tous en être certains. La solidarité internationale ne doit pas baisser la garde.

Antoine Blanca

1- ils attendirent cependant le départ de Moubarak et de sa famille pour Charm-el-Cheikh...

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:08

Les Brésiliens pratiquent volontiers l'auto-dérision. Ils sont à la fois très fiers, au fond de leur coeur, d'appartenir à une nation à tout point de vue exceptionnelle (immensité géographique, diversité humaine, mexing-pot en apparence réussi...), mais frappée aussi structurellement par les fragilités propres à une croissance rapide du corps économique et social. "Le Brésil a été, est, et sera toujours un pays d'avenir": cette litotte, déjà ancienne, est devenue un classique pour les brésilianistes, et se doit d'être exprimée avec un sourire entendu, avec une ironie modérément retenue. Elle correspond cependant à une réalité vérifiable. Avec des hauts et des bas, passant à certaines périodes, encore récentes, tout près du précipice, le Brésil n'a jamais cessé de grandir, de mûrir, de consolider son identité. Un nouveau géant qui s'assume de plus en plus comme tel.

La nouvelle du jour est celle rapportée par une récente étude sur l'évolution des classes sociales dans cette fédération d'Etats: la classe moyenne y est désormais majoritaire (52%). Au terme des huit ans de présidence de Lula da Silva, 30 millions de pauvres ont franchi le seuil qui les séparait de la classe moyenne. Naturellement la réalité n'est jamais aussi simple et les experts discutent toujours de la défintion de cette fameuse "classe moyenne" S'agit-il de la nouvelle possibilité, pour les promus, d'acheter des appareils électro-ménagers et des télés à écran plat? Ou s'agit-il d'un concept culturel? Il y a en vérité plusieurs catégories de classe moyenne, selon que le revenu s'établit à 500 euros par mois ou à 1800 (chiffres retenus, en reales, par le statisticiens, de 1200 à 4000).(1)

Pour les hommes et les femmes politiques, c'est une nouvelle donne, une nouvelle base de travail. Dans les états-majors des grands partis politiques, essentiellement ceux du PT de Lula et de Dilma, et du PSDB qui fut celui de Fernando Henrique Cardoso (deux mandats, huit années de stabilité et de consolidation démocratiques), on s'efforce de préparer les échéances électorales à venir et les programmes, en fonction de ces nouvelles réalités.

La principale conséquence sera, le temps passant, une condamnation de plus en plus nette de la corruption, du caciquisme et du népotisme par un électorat devenu plus exigeant. Cela affaiblira, jusqu'à son quasi-anéantissement dans le quart de siècle à venir, le parti fourre-tout, le PMDB de José Sarney (ancien président et politicien par excellence), aujourd'hui majoritaire au Congrès et allié de circonstance du Parti des travailleurs. Une force politique qui s'appuie sur des"coronels"(2) et de prébendiers, une résidu, encore puissant, du Brésil de la fin du XIXe siècle.

Antoine Blanca

1- Selon l'étude il reste encore 28% de pauvres, 10% de misérables et le pourcentage de "riches" est passé de 5 à 10% en dix ans.

2- les "coronels" sont les notables, les caciques qui "faisaient" les élections dans les petites villes et les villages, parfois les quartiers des grandes villes. Des caciques entre ancien bandeirante et mafieux sicilien, qui rendent des services en échange de fidélité électorale... ou autre.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 18:18

Bien entendu, nous en sommes conscients: le 6 octobre 2009, en prenant la tête du gouvernement grec, Geòrgios Papandréou a aussi accepté un héritage particulièrement lourd laissé par son prédécesseur conservateur, Kòstas Caramanlis. Mauvaise gouvernance et clientélisme de la droite auxquels s'ajoute le goût, historique, d'un grand peuple méditerranéen pour la débrouillardise fiscale et sociale. Ces réalités ne facilitent pas (euphémisme), la tâche de Papandréou et de ses ministres.

On aurait pourtant préféré, nous hommes de gauche, que les dures mesures que doit s'imposer le peuple grec, ne soient pas destinées aux seuls travailleurs et à ce qu'il reste des classes moyennes. Comme chacun le sait, par exemple, la Grèce est le paradis fiscal des armateurs et des propriétaires de bateaux de plaisance. Ces pauvres milliardaires sont, (et le demeurent), exemptés de tout d'impôt ("si on nous taxe, on va jeter l'ancre à Monaco") . Dur à avaler pour un enseignant ou une infirmière désormais privés d'une bonne partie de leur salaire et de leurs droits.

Et puis il y a la Sainte Eglise orthodoxe grecque. Elle est, de loin, la plus importante propriétaire terrienne du pays, et son patrimoine immobilier, ses richesses accumulées dans des cavernes d'Ali Baba, sont gigantesques. Or ses privilèges exhorbitants sont pieusement préservés. Apparemment sans que cela choque, d'ailleurs, le citoyen moyen souvent confit en dévotion chrétienne (on ne sait jamais, des fois que les Turcs reviennent...). En regardant un reportage à la télé qui montrait un jeune prêtre athénien, admirable de dévouement, organisant des soupes populaires et des distributions de vêtements, je me disais qu'il devrait commencer par demander à sa hiérarchie d'avoir la décence de se dépouiller un peu de ses richesses ostentatoires et de partager ainsi les difficultés de ses fidèles.

Alors, camarade Papandréou, président de l'Internationale socialiste depuis 2006 (1), pourquoi ne pas explorer les deux pistes que je propose pour récupérer un peu de l'ostentatoire richesse d'un petit nombre au bénéfice des grandes majorités? On dira que ce sont là des mesures archaïques.  J'assume mon archaïsme, si être moderne consiste à se placer du côté des palais boursiers, des distributions scandaleuses de gros dividendes en pleine crise, des agences de notation et des suppressions d'emplois destinées à enrichir davantage encore des gros actionnaires déjà repus.

Antoine Blanca 

  1- Auparavant le président de l'IS était un ancien premier ministre portugais, Antonio Guterres, par ailleurs membre connu de l'Opus Dei.

 

 

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 08:25

Evo Morales, Président hier bien aimé des peuples autochtones de son pays, est en train de vivre les heures les plus difficiles depuis le début de son premier mandat, il y a six ans. Et les coups ne viennent pas, cette fois, des anciens maîtres "blancs" de la Bolivie, indignés par sa politique socialiste et décidément favorable aux nations indiennes, Aymaras et Quéchuas. Ces coups, ce sont les indigènes des "basses terres" qui les ont portés, les premiers, Depuis 40 jours, ils tentaient de s'opposer à la construction d'une route, jugée indispensable au développement des relations commerciales et économiques avec le grand voisin brésilien (voir un article récent de mon blog). Mais cette route doit couper en deux le "Territoire indigène du Parc National Isidore Sécure, TIPNIS" en pleine forêt amazonienne aux sources du grand fleuve. Révoltés par ce qu'ils tenaient pour une atteinte à leur environnement et à leurs droits, les habitants organisèrent une marche sur la lointaine et élevée capitale, La Paz. Ils étaient 1500, hommes, femmes, enfants quand à l'heure de la pause du soir, ils furent attaqués mercredi 28 par les forces de l'ordre. Avec une violence qui n'était pas sans rappeler la cruauté des répressions d'antan.

La réaction populaire, représentative des masses qui constituent le socle compact d'un solide soutien à Morales, a surpris, par son ampleur, tous les observateurs: une manifestation de solidarité avec les indigènes du TIPNIS a rassemblé une foule considérable qui a parcouru les rues tortueuses de la capitale sur cinq kilomètres. Et l'historique COB (Confédération Ouvrière Bolivienne) a appelé à la grève générale dans tout le pays.

Le Président, le moment de stupéfaction passé, a  rapidement pris des mesures. Il a notamment limogé le ministre de l'intérieur, fait ouvrir une instruction judiciaire sur les événements et, surtout, fait son Mea Culpa. "Nous devons tirer les leçons de nos erreurs. Excusez moi, pardonnez moi. Je partage votre douleur et j'appelle au dialogue".

Morales assure, et je le crois, qu'il n'a pas personnellement donné l'ordre de réprimer de cette manière la marche pacifique des indigènes des "basses terres".

Mais sur le terrain l'entreprise brésilienne en charge des travaux de construction de la route n'a pas arrêté, pour le moment, le chantier. D'énormes sommes ont été déjà engagées et la subvention de 500 millions de dollars accordée par le gouvernement de Brasilia a été largement entamée.

Evo Morales doit prendre de nouvelles dispositions, sans tarder, s'il ne veut pas perdre ses fondamentaux.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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