On parle peu, et souvent de manière partiale ou incomplète, de l'Organisation des Nations Unies. Et pourtant si l'ONU ne
peut remplir pleinement son rôle, c'est simplement parce que les quelque 200 Etats membres ne le souhaitent pas. Et que les grandes puissances ne lui donnent pas les moyens de le faire.
Bien entendu les pays qui se moquent du respect des droits de l'homme, veulent perpétuer ce triste statu quo.
Ceux qui ont des soucis avec le Loi internationale (respect des frontières reconnues par l'Assemblée générale par exemple) font le nécessaire pour la maintenir à distance.
La plupart veulent bien bénficier du système mis en place par son réseau d'agences spécialisées, mais refusent de céder ne serait-ce qu'une parcelle de leur souveraineté.
On maintient l'UNESCO, le Programme pour l'alimentation, l'UNICEF, le PNUD ou la FAO à la marge.
Et surtout on se garde de faire intervenir l'ONU pour le réglement des grands conflits comme ceux du Moyen-Orient ou de l'Afghanistan, de l'Afrique centrale et orientale ou des deux Corées. Du
moins fait-on en sorte qu'elle serve d'alibi, mais jamais de fondement d'une solution.
Les Etats-Unis, par exemple, dépensent en une semaine à Kaboul, ce qu'ils donnent à l'ONU et à ses agences en un an.
Ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.
L'Organisation a tous les défauts du monde. Mais ils sont le miroir des nôtres.
Antoine Blanca, ancien Directeur général de l'ONU et du Palais des Nations de Genève
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