LE SALVADOR où la gauche l'emporte:
Jusqu'en 1991 Le Salvador était en guerre civile. Quand l'ONU proposa aux deux belligérants de négocier un accord de paix sous son égide, le pari était risqué. La lutte avait été sanglante entre l'extrême-droite, ARENA*, et le FMLN**. Le premier parti nommé contrôlait le pouvoir et ses para-militaires assassinaient ceux qui dénonçaient leurs crimes. Le FMLN, à l'origine force d'idéologie castriste, avait vu ses soutiens civils s'élargir de représentants des social-démocrates (FDR fondé par Guillermo Ungo), et de catholiques démocratiques (après l'assassinat, en pleine messe, de l'archevêque de la capitale). Quant au président du pays, l'avocat Castellani en 91, leader de l'ARENA, il commença à pressentir que cette guerre civile ruinait son pays et sa population laborieuse sans qu'une issue ait une chance d'apparaître. Tout le monde accepta de venir à New-York négocier au siège de l'ONU. Castellani occupait mon bureau***. Les guérilléros, ceux des membres de mon cabinet. L'accord fut signé à minuit pendant le Réveillon du Jour de l'An 91/92, à la minute où le Secrétaire Général, Pérez de Cuéllar, terminait son deuxième et dernier mandat.
Depuis les combats entre FMLN et ARENA sont exclusivement électoraux. Un ancien chef de maquis, Mauricio Funés termine son mandat et le premier tour de la présidentielle place son camarade Sebastian Sànchez Cerén, en tête avec 49% des voix. La victoire au tour décisif est assurée (mandat 2014-2019). Le parti ARENA est non seulement battu par les électeurs, mais encore acculé par la justice: une accusation très documentée met l'ancien président ARENA, Francisco Flores(1994-1999), sur le banc des accusés. Il aurait détourné à son profit 70 millions de dollars et quelques autres millions prélevés sur l'aide étrangère (aide au développement de Taïwan notamment) à son pays. Lâché par son parti, M.Flores est actuellement en fuite et cherche à gagner un pays frontalier(précisément le Guatemala).
VENEZUELA
Devant faire face à une opposition qui est descendue dans la rue, inquiet surtout de la tournure des derniers événements alors que des milliers d'étudiants organisaient leurs propres manifestations (la police aurait tiré sur les jeunes faisant 5 morts), le Président Arturo Maduro a pris des initiatives destinées à faciliter un dialogue constructif avec l'opposition et a fait arrêter des officiers de police présumés coupables d'avoir fait tirer à balles réelles sur la foule.
Antoine Blanca
* ARENA, Alliance républicaine nationale, parti créé avec l'appui des grands propriétaires terriens, dont les milices armées s'appliquaient à liquider toute personne ne partageant pas ses idées.
** FMLN: Farabundo Marti de Libération nationale dont les guérilléros étaient aussi des hommes politiques capables de négocier comme ils l'ont prouvé.
*** J'étais alors n°2 de l'ONU.